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  • il y a 19 heures
Salariés, chômeurs, étudiants manifestaient mardi dans toute la France pour exiger des « réponses urgentes », notamment sur la question des salaires, et pour remettre les questions sociales au cœur du débat, à un peu plus de six mois de la présidentielle.

A Paris, plusieurs milliers de personnes, sous forte présence policière, se sont élancées peu après 14H00 de la place de la République vers Opéra. «Jeunes actifs, chômeurs et retraités, c'est tous ensemble qu'il faut lutter. Jeunes actifs, chômeurs et retraités, c'est tous ensemble qu'on va gagner », clamaient les manifestants.

« On ne va pas attendre le lendemain de l'élection présidentielle, en avril, pour augmenter les salaires », a résumé avant le départ le leader de la CGT, Philippe Martinez. « ll y a besoin d’une réponse urgente sur ce problème des salaires », a-t-il insisté, soulignant au passage d’autres urgences à prendre en compte : le sort des 2ème ligne et les questions d’emploi. « Quand les 2ème ligne seront-ils augmentés ? Quand arrêtera-t-on de supprimer des emplois alors que les grandes entreprises font des bénéfices record ? » a-t-il martelé, rappelant que la CGT réclame une hausse de 20% du Smic.

Aurélie Trouvé d’ATTAC espère elle aussi voir la question du SMIC prendre une place “centrale dans la campagne présidentielle, car avec l’explosion des factures d’électricité, d’essence et d’énergie, c’est encore une fois les plus précaires qui sont les plus touchés, car ces postes représentent une grosse part de leurs revenus”, a-t-elle rappelé. « Aujourd’hui, on ne propose rien aux plus précaires. On laisse le SMIC où il est », accuse la porte-parole d’Attac. Or, « on sait très bien qu’avec 1250 nets, on n’a pas une vie décente ». Une situation « scandaleuse » pour Aurélie Trouvé, d’autant plus que « de l’argent, il y en a ! Et beaucoup ! Regardez les Pandora Papers. L’argent se trouve dans les poches des plus riches, mais nous avons des gouvernements qui se refusent à les taxer » tacle la porte-parole d’ATTAC, qui accuse le gouvernement de faire payer le prix de la crise aux plus précaires.

La question des salaires est également, pour Eve Laborie, professeure de lettre, « un problème majeur, car nous subissons depuis des années la baisse du point d’indice ». C’est pourquoi les professeurs revendiquent une « revalorisation salariale importante afin de compenser une perte de niveau de vie qui est conséquente, notamment pour les familles monoparentales, et qui fait monter la grogne », détaille la manifestante.

Karine, cheffe d’un service logistique dans une structure handicap de la fondation Partage et Vie, regrette, elle, de ne pas pouvoir bénéficier de la prime Ségur. « Notre établissement, comme tous les établissements handicap, ne touchera pas l’augmentation Ségur ». Pourtant, déplore Karine, « nous avons été très touchés par le Covid, en tant que secteur médico-social. On a tous travaillé, on ne s’est pas confinés, on a donné beaucoup de notre personne et de nos forces ».

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Transcription
00:00Vous avez vu que le gouvernement a choisi de ne pas, contrairement à ce qu'il dit, de ne pas
00:04augmenter le SMIC
00:05puisqu'il y a juste une hausse automatique liée à l'inflation, point barre.
00:20On était censés reconnaître ce qu'on appelait notamment les deuxièmes lignes.
00:24Tous ces travailleurs qui ont continué à travailler pendant la crise, des boulots trop mal valorisés
00:29alors qu'au contraire ils sont vitaux pour la société.
00:31Et aujourd'hui on leur propose Pinot.
00:33J'espère que la question du SMIC va être centrale parce qu'on a une explosion, vous l'avez vu,
00:39des factures d'électricité, des factures d'essence, etc.
00:44Évidemment dans un revenu, c'est les plus précaires qui là encore sont les plus touchés en parts de revenus.
00:49C'est les plus précaires qui ont la plus grosse part en électricité, en essence, etc.
00:53Et on sait très bien qu'à 1250 net, le SMIC, on n'a pas une vie d'essence. C
00:57'est pas vrai.
00:59Je vais à la rencontre des salariés sur des pitiés de grève.
01:04On me parle plus de salaire, d'emploi, de conditions de travail que d'immigration.
01:10Et donc on ne veut pas que quelques-uns qui ont d'autres objectifs dans la tête
01:16confisquent le débat sur les questions sociales dans le cadre de cette campagne présidentielle.
01:20Mais je crois que les élections présidentielles, nous, ça ne nous obsède pas.
01:24Il y a besoin de réponses urgentes aux problèmes qui sont posés aujourd'hui.
01:28C'est-à-dire la question des salaires, les deuxièmes lignes.
01:29Quand est-ce qu'ils vont être augmentés ?
01:32Les questions d'emploi, quand est-ce qu'on arrête de supprimer les emplois
01:34alors que les grosses entreprises font des bénéfices records ?
01:38Quand est-ce qu'on va parler service public pour une vraie égalité territoriale dans ce pays ?
01:46On est un secteur médico-social, donc on a tous travaillé, on ne s'est pas arrêté,
01:51on n'était pas confiné.
01:53Qu'on a tous donné beaucoup de nos personnes et beaucoup de nos forces,
01:56on est une seule équipe au sein de la masse, avec plusieurs services.
02:00Et aujourd'hui, il n'y a que les soignants qui toucheront cette augmentation Ségur
02:04à partir du 1er janvier, mais dans le handicap, aucun autre secteur.
02:08Et ça, nous, on ne peut pas le supporter.
02:10Et tous les soignants de notre établissement aujourd'hui sont aussi en vrai.
02:13On n'arrive plus du tout à recruter parce qu'on n'est pas attractifs, en fait.
02:18Les soignants qui ont déjà l'augmentation Ségur vont aller vers le sanitaire
02:22ou vont aller vers les maisons de retraite qui, eux, ont l'augmentation Ségur
02:25depuis presque un an et demi maintenant.
02:27Voilà, et c'est ça le problème.
02:28On n'arrive plus à trouver de personnel chez nous.
02:34La question des salaires est une question majeure
02:36parce que déjà, on a depuis des années la baisse du point d'indice
02:41que du coup, les professeurs, qui sont des cadres quand même de la catégorie A,
02:48se trouvent un peu déconsidérés
02:50et attendent des revalorisations salariales importantes
02:54afin de compenser un petit peu notre perte de niveau de vie qui est conséquente.
02:59Voilà, d'où une grogne de la part de nombreux collègues.
03:02L'augmentation du logement, l'augmentation en ce moment de l'électricité, du gaz,
03:08fait que les enseignants se retrouvent en condition, si ce n'est difficile,
03:13mais en tout cas, notamment les femmes seules,
03:16n'arrivent plus à s'occuper correctement de leurs enfants,
03:20toutes les familles monoparentales en fait.
03:22C'est la vie finale, mon poulot et demain.
03:30Quand on est étudiant et les professeurs, les gens de l'administration et tout ça,
03:35le fait qu'eux ne soient pas assez payés ou qu'ils aient des mauvaises conditions de travail,
03:40ça influe directement sur nos études.
03:42Et même nous, du coup, on a des moins bonnes études
03:44parce qu'eux ne sont pas traités correctement.
03:46Du coup, moi, j'ai peur de ne pas avoir forcément de travail
03:49qui soit à la hauteur de ce pour quoi j'ai étudié.
03:53Par exemple, de faire un bac plus 5
03:55et au final, de ne pas non plus avoir de travail
03:57alors que c'est ce qu'on nous vend depuis le début.
04:00On nous a toujours dit de travailler à l'école et tout ça
04:02et au final, de rien avoir.

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