00:00Bonjour Maël Le Goff.
00:01Bonjour.
00:02Vous êtes délégué syndicat de CGT de la Fonderie de Bretagne dans le Morbihan
00:06et après six semaines de grève, le groupe Renault, actionnaire majoritaire de la Fonderie,
00:09vous a assigné en justice aujourd'hui pour le blocage du site de Codan.
00:14Alors comment s'est déroulée cette audience et comment expliquez-vous une telle dégradation du dialogue social ?
00:21La dégradation date quand même depuis le 27 avril.
00:24On a été assigné aujourd'hui, on est le 1er juin.
00:26Donc ils ont mis quand même un paquet de temps à nous assigner en justice.
00:30Pour faire constater un blocage qui n'en est pas un.
00:33On a fait constater avec un huissier qu'il n'y a pas de blocage.
00:35Il y a toujours du monde à venir sur le site.
00:39On a deux salariés en permanence qui sont là pour surveiller les fours et les fluides.
00:43On a aussi un restaurant d'entreprise, il y a des salariés, il y a un poste de garde où
00:46il y a des salariés.
00:47Donc tout le monde rentre sur le site, il n'y a pas de problème.
00:50L'assignation a fini par une demande de médiation de la part du juge, les référés,
00:55qui ne veut pas se positionner non plus parce qu'ils se rendent compte que le dossier est très complexe.
01:01Et que ce soit au-delà de la justice, mais également du côté industriel, économique et politique.
01:07Concernant cette proposition de médiation, quelle est votre position ?
01:12La position, c'est qu'on attend.
01:13Ils ont jusqu'à 19h pour dire à Renault si oui ou pas, oui ou non, ils veulent une médiation.
01:19Et en ce qui vous concerne ?
01:21Moi, j'attends 19h.
01:23Après avoir obtenu 5 milliards d'euros sous la forme d'un PGE, un prêt garancé par l'État,
01:28le groupe Renault maintient sa volonté de fermer la fonderie de Bretagne.
01:32Comment l'entreprise justifie-t-elle ce choix ?
01:35Elle justifie toujours par des termes simples.
01:38C'est la fin du thermique, c'est la fin du diesel et l'allègement du poids des voitures.
01:44Sauf que pour préciser l'histoire, c'est que nous, on ne fabrique pas de pièces pour le diesel,
01:47on fabrique des pièces pour tout type de voiture, dont la voiture électrique, la Zoé.
01:50Les portes fusées de la Zoé, c'est nous.
01:52Oui, parce que rappelez-nous les pièces que vous fabriquez dans votre Zoé.
01:55Le port de fusée, c'est un élément qui tient la roue avec le tambour de frein.
02:00Il y a le bras de suspension aussi et il y a le boîtier de différentiel.
02:04C'est ce qui sert à faire tourner les roues le volant.
02:06Et voyez-vous également un manque de volonté politique de la part des pouvoirs publics
02:11de vouloir sauver le site de Codan ?
02:13Oui, bien sûr. Il y a peut-être aussi un manque de volonté.
02:17Depuis l'année dernière, il y a un manque de volonté où l'orient réglomération est passé à droite
02:23depuis l'année dernière.
02:24Donc, on est face à des élus libéraux, on va dire, et qui n'ont pas l'habitude
02:28de contester les décisions d'industriels.
02:30Et c'est ça qui est bien dommage parce qu'ils rencontrent maintenant, preuve ennée,
02:33ils sont venus samedi à la manifestation qu'on avait organisée au niveau de la population.
02:36Il y a plus de 2000 personnes et ils sont venus nous soutenir.
02:41Malheureusement, ils auraient dû se rendre compte que la problématique,
02:43elle était là depuis l'année dernière et que faire confiance à des industriels
02:48qui ont une seule volonté de faire une entreprise, on ne peut pas leur faire confiance.
02:51C'est un combat qui faut mener.
02:54Et le combat, maintenant, on nous l'a mené seul.
02:56On espère que ça va porter ses fruits.
02:58On va continuer à se battre.
02:59On est à la sixième semaine de grève.
03:01Et voilà, on sait qu'il y a des choses qui se bougent et qui se trament derrière.
03:05On l'a vu avec les copains de Saint-Claude la semaine dernière,
03:07il y a la décision au tribunal qui a été retoquée,
03:09qui était soit une liquidation, soit un repreneur.
03:12Donc, c'est aucun des deux, c'est la région qui rentre au capital.
03:16Et après visite avec M. le Brion, on se rend bien compte,
03:19il y a des choses qui se trament.
03:20Je pense que M. le maire est en train de se faire désavouer
03:22sur sa politique industrielle en adéquation.
03:24Comment peut-on vous soutenir aujourd'hui ?
03:27On a une caisse aussi de grève en ligne sur l'ITCHI
03:31qui s'appelle « Soutien aux salariés de la FDB ex-SBFM ».
03:35Et puis, on peut aussi envoyer des chèques directement
03:37au syndicat CGT et SBFM à la ministère.
03:40Comment est la détermination des salariés aujourd'hui sur le site ?
03:45Les salariés ont conscience complètement et pleinement
03:48de la volonté de Renaud de fermer la fonderie.
03:50Donc, le combat, il est là parce que nous, ce qu'on veut,
03:53c'est continuer à travailler, périniser le site,
03:55préparer l'avenir aussi un peu sur le porte-fusée
03:58qui va passer d'ici quelques années en aluminium,
04:01sur la basse pression.
04:02Donc, voilà, c'est tout ça, c'est les propositions
04:03que nous, on fait pour faire périniser le site.
04:05Maintenant, la volonté de Renaud, elle n'est pas là.
04:07C'est pour ça qu'il y a un combat.
04:08La volonté de Renaud, c'est simplement d'aller faire
04:10les pièces hors France pour augmenter leur marge.
04:14Aujourd'hui, il y a de nombreuses pièces
04:15qui sont fabriquées en dehors du territoire ?
04:18Toutes nos pièces.
04:19En fait, on a subi un incendie en mai 2019.
04:21On a été obligé de délaisser notre production,
04:23auquel en plus, on a aidé Renaud
04:27afin de ne pas de paner les usines de montage.
04:29Et puis, voilà, on s'est fait travailler à la fin
04:31parce qu'on ne récupère pas nos volumes.
04:33Merci, Maël Le Goff.
04:34Et l'humanité continuera de suivre votre combat.
04:36Merci.
04:37Merci.
04:37Merci.
04:39Merci.
04:40Merci.
04:41Merci.
04:42Merci.
04:42Merci.