00:02On est là pour marquer le coup des deux mois de l'annonce de l'enlèvement d'Olivier.
00:07Ça nous semblait assez important de se concentrer un peu sur une date forte comme ça,
00:11parce qu'on a l'espoir de multiplier les messages dans les médias.
00:15Et peut-être que l'un de ces messages puisse lui parvenir,
00:18parce qu'on sait par l'entremise d'anciens otages que parfois,
00:21ils peuvent entendre certaines radios comme RFI, parfois France 24,
00:25parfois des radios locales au Mali.
00:27Donc on a décidé d'organiser ce rassemblement à Paris et à Bamako en même temps,
00:32pour pouvoir alerter à la fois l'opinion et aussi les décideurs politiques, évidemment,
00:37et essayer de donner du poids au dossier d'Olivier pour qu'il reste en haut de la pile
00:41et on l'espère trouver une issue favorable et rapide à sa situation.
00:46Puis ça nous paraissait aussi important d'alerter l'opinion française,
00:50parce que la situation d'un journaliste français qui est retenu otage au Mali,
00:54ça nous parle finalement aussi du projet de société dans lequel on veut vivre.
00:58Est-ce qu'on veut une société qui vit sur la peur, qui vit recluse, renfermée,
01:01ou est-ce qu'on veut une société curieuse du monde dans lequel elle est ?
01:05Est-ce qu'on veut des journalistes capables d'aller chercher aussi des informations difficiles
01:09sur des terrains compliqués ?
01:11Et nous, on croit que c'est fondamental pour la vitalité de la démocratie,
01:15et c'est aussi pour ça que tous les citoyens français doivent se sentir concernés,
01:19non contents que nos troupes se trouvent dans la région de Gao,
01:23à l'endroit où Olivier a été enlevé.
01:25Donc nous sommes tous concernés en France par ce sujet.
01:28La situation, elle est très compliquée sur le terrain.
01:30On l'a vu avec notamment les forces françaises, la suspension de la collaboration militaire.
01:36Nous, ce qu'on sait, c'est que le Quai d'Orsay est sur le pied de guerre.
01:39Olivier est le dernier otage français détenu à l'étranger.
01:42Et clairement, à un an de l'élection présidentielle,
01:44ce n'est pas une bonne chose pour le ministère des Affaires étrangères.
01:47Donc on n'a aucun doute sur le fait qu'ils mettent tous les moyens disponibles
01:50pour essayer de le sortir de cette situation.
01:53Maintenant, ce travail-là est un travail de discrétion,
01:56dans lequel nous, au comité de soutien, on n'a pas forcément notre place.
01:59Il est normal qu'on ne soit pas informé de tous les détails.
02:02Maintenant, ils ont toute notre confiance et tout notre soutien
02:05pour avancer rapidement selon les méthodes qu'ils connaissent.
02:09Oui, il y a beaucoup d'émotions.
02:10Et c'est vrai que la mienne est aussi toute particulière.
02:13On a tous ici notre place, RSF, qui est très mobilisée comme comité de soutien,
02:18la famille qui est là.
02:19Moi qui suis ancienne otage, il y a toujours un pincement de cœur à être là
02:23et à être passé de l'autre côté du miroir, à se dire
02:25« Ce que j'ai vécu, quelqu'un est en train de le vivre maintenant ».
02:27Et c'est vrai que ça, c'est terrible et toujours très émouvant.
02:31C'est souvent, beaucoup d'otages racontent ça,
02:33racontent qu'ils ont entendu au hasard d'une émission de radio,
02:35qu'un des ravisseurs leur a dit « Il s'est passé ça » ou « Il lui a fait
02:40écouter ».
02:41Et c'est un soutien terrible, c'est un soutien merveilleux.
02:44Et c'est vrai qu'à l'inverse,
02:47ceux qui m'ont détenu en otage disaient
02:49« En France, tout le monde vous a oublié, il faisait l'inverse ».
02:52Et c'est vrai que c'est la chose qui vous casse le moral.
02:54Tout le monde vous a oublié, plus personne ne parle de vous, c'est fini.
02:56Vous êtes au fond d'un puits et personne ne viendra vous y chercher.
02:58Et le fait de dire « Non, on est là », c'est primordial.
03:02Sache que nous, ta famille, depuis deux mois, sommes mobilisés.
03:08Et si notre pudeur n'est pas simple à comprendre pour certains,
03:12notre présence en coulisses, d'un plus que sur le devant de la scène,
03:15nous permet d'essayer d'œuvrer pour ta libération.
03:18De fait, prendre la parole aujourd'hui est pour nous un signe fort et nécessaire
03:23afin d'interpeller l'État français et obtenir des informations concrètes,
03:27tant sur le plan judiciaire que diplomatique.
03:31Les médias et les manifestations, si l'on n'abuse pas de ceux-ci,
03:35semblent être un canal pertinent afin de questionner au grand jour la France et le Mali.
03:40Et font de nous, famille d'Olivier Dubois, ressortissant français vivant à l'étranger,
03:45ce 8 juin, soit deux mois après ton enlèvement des acteurs.
03:50Avec l'aide de Franck Berton, notre avocat, et l'appui de RSF,
03:55nous espérons pouvoir te rendre à ton fils, à ta fille, à notre mère,
04:01à ton père et tes sœurs, le plus rapidement possible.
04:05Aucun grain de sable ne viendra perturber notre détermination à te ramener.
04:11Merci à tous.
04:13Applaudissements