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Une centaine de personnes se sont réunies mardi à Bamako, et un nombre équivalent à Paris, pour réclamer la libération du journaliste français Olivier Dubois, deux mois jour pour jour après son enlèvement au Mali par un groupe jihadiste.

Journaliste indépendant de 46 ans vivant et travaillant au Mali depuis 2015, Olivier Dubois est le seul otage français connu dans le monde.

Place de la République à Paris, des représentants de Libération, du Point et de Jeune Afrique, les médias pour lesquels travaille Olivier Dubois sont venus apporter leur soutien au journaliste.

"N'oublions pas Olivier", c'est "un message important que d'informer l'opinion publique et les décideurs politiques afin de donner du poids à son dossier", a déclaré Marc De Boni, porte-parole du comité de soutien d'Olivier Dubois.

"Je crois beaucoup à la mobilisation et à la médiatisation", "se taire fait le jeu des ravisseurs", a déclaré la journaliste Florence Aubenas, otage en Irak pendant cinq mois en 2005.

Il avait lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai, expliquant avoir été kidnappé le 8 avril à Gao (Nord) par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda.

Fin mai, la France a confirmé qu'il était otage d'un groupe jihadiste.
A Paris, le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête préliminaire pour "enlèvement en bande organisée" et "en relation avec une entreprise terroriste".


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#FreeOlivierDubois

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Transcription
00:02On est là pour marquer le coup des deux mois de l'annonce de l'enlèvement d'Olivier.
00:07Ça nous semblait assez important de se concentrer un peu sur une date forte comme ça,
00:11parce qu'on a l'espoir de multiplier les messages dans les médias.
00:15Et peut-être que l'un de ces messages puisse lui parvenir,
00:18parce qu'on sait par l'entremise d'anciens otages que parfois,
00:21ils peuvent entendre certaines radios comme RFI, parfois France 24,
00:25parfois des radios locales au Mali.
00:27Donc on a décidé d'organiser ce rassemblement à Paris et à Bamako en même temps,
00:32pour pouvoir alerter à la fois l'opinion et aussi les décideurs politiques, évidemment,
00:37et essayer de donner du poids au dossier d'Olivier pour qu'il reste en haut de la pile
00:41et on l'espère trouver une issue favorable et rapide à sa situation.
00:46Puis ça nous paraissait aussi important d'alerter l'opinion française,
00:50parce que la situation d'un journaliste français qui est retenu otage au Mali,
00:54ça nous parle finalement aussi du projet de société dans lequel on veut vivre.
00:58Est-ce qu'on veut une société qui vit sur la peur, qui vit recluse, renfermée,
01:01ou est-ce qu'on veut une société curieuse du monde dans lequel elle est ?
01:05Est-ce qu'on veut des journalistes capables d'aller chercher aussi des informations difficiles
01:09sur des terrains compliqués ?
01:11Et nous, on croit que c'est fondamental pour la vitalité de la démocratie,
01:15et c'est aussi pour ça que tous les citoyens français doivent se sentir concernés,
01:19non contents que nos troupes se trouvent dans la région de Gao,
01:23à l'endroit où Olivier a été enlevé.
01:25Donc nous sommes tous concernés en France par ce sujet.
01:28La situation, elle est très compliquée sur le terrain.
01:30On l'a vu avec notamment les forces françaises, la suspension de la collaboration militaire.
01:36Nous, ce qu'on sait, c'est que le Quai d'Orsay est sur le pied de guerre.
01:39Olivier est le dernier otage français détenu à l'étranger.
01:42Et clairement, à un an de l'élection présidentielle,
01:44ce n'est pas une bonne chose pour le ministère des Affaires étrangères.
01:47Donc on n'a aucun doute sur le fait qu'ils mettent tous les moyens disponibles
01:50pour essayer de le sortir de cette situation.
01:53Maintenant, ce travail-là est un travail de discrétion,
01:56dans lequel nous, au comité de soutien, on n'a pas forcément notre place.
01:59Il est normal qu'on ne soit pas informé de tous les détails.
02:02Maintenant, ils ont toute notre confiance et tout notre soutien
02:05pour avancer rapidement selon les méthodes qu'ils connaissent.
02:09Oui, il y a beaucoup d'émotions.
02:10Et c'est vrai que la mienne est aussi toute particulière.
02:13On a tous ici notre place, RSF, qui est très mobilisée comme comité de soutien,
02:18la famille qui est là.
02:19Moi qui suis ancienne otage, il y a toujours un pincement de cœur à être là
02:23et à être passé de l'autre côté du miroir, à se dire
02:25« Ce que j'ai vécu, quelqu'un est en train de le vivre maintenant ».
02:27Et c'est vrai que ça, c'est terrible et toujours très émouvant.
02:31C'est souvent, beaucoup d'otages racontent ça,
02:33racontent qu'ils ont entendu au hasard d'une émission de radio,
02:35qu'un des ravisseurs leur a dit « Il s'est passé ça » ou « Il lui a fait
02:40écouter ».
02:41Et c'est un soutien terrible, c'est un soutien merveilleux.
02:44Et c'est vrai qu'à l'inverse,
02:47ceux qui m'ont détenu en otage disaient
02:49« En France, tout le monde vous a oublié, il faisait l'inverse ».
02:52Et c'est vrai que c'est la chose qui vous casse le moral.
02:54Tout le monde vous a oublié, plus personne ne parle de vous, c'est fini.
02:56Vous êtes au fond d'un puits et personne ne viendra vous y chercher.
02:58Et le fait de dire « Non, on est là », c'est primordial.
03:02Sache que nous, ta famille, depuis deux mois, sommes mobilisés.
03:08Et si notre pudeur n'est pas simple à comprendre pour certains,
03:12notre présence en coulisses, d'un plus que sur le devant de la scène,
03:15nous permet d'essayer d'œuvrer pour ta libération.
03:18De fait, prendre la parole aujourd'hui est pour nous un signe fort et nécessaire
03:23afin d'interpeller l'État français et obtenir des informations concrètes,
03:27tant sur le plan judiciaire que diplomatique.
03:31Les médias et les manifestations, si l'on n'abuse pas de ceux-ci,
03:35semblent être un canal pertinent afin de questionner au grand jour la France et le Mali.
03:40Et font de nous, famille d'Olivier Dubois, ressortissant français vivant à l'étranger,
03:45ce 8 juin, soit deux mois après ton enlèvement des acteurs.
03:50Avec l'aide de Franck Berton, notre avocat, et l'appui de RSF,
03:55nous espérons pouvoir te rendre à ton fils, à ta fille, à notre mère,
04:01à ton père et tes sœurs, le plus rapidement possible.
04:05Aucun grain de sable ne viendra perturber notre détermination à te ramener.
04:11Merci à tous.
04:13Applaudissements

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