00:00Alors la première leçon de scrutin de ce soir, c'est l'abstention qui reste extrêmement élevée.
00:05D'après les premières estimations, elle serait du même ordre qu'au premier tour, c'est-à-dire autour de
00:1065%.
00:11C'est énorme et donc ça veut dire que les électeurs ont à nouveau choisi de ne pas venir voter
00:15ce soir.
00:16C'est un enseignement majeur puisque tour après tour, quels qu'eux étaient les enjeux ?
00:20On les appelle à se mobiliser pour faire gagner un camp, pour faire barrage à l'autre.
00:23Les Français n'ont pas répondu présent et ont continué à dire que ce scrutin les intéressait très peu.
00:28C'est un enjeu majeur parce qu'élection après élection, on s'aperçoit que l'abstention s'approfondit et qu
00:34'on commence à s'y habituer.
00:35Et ça c'est très très dangereux. On a vu entre les deux tours des appels à mobilisation finalement pas
00:39forcément très importants,
00:40des commentaires politiques qui relativisaient l'abstention, eu égard à l'importance de la présentielle l'année prochaine, eu égard
00:47à la pandémie, etc.
00:49Mais le message de fond, c'est quand même que le système politique ne répond plus aux aspirations des Français
00:54et qu'ils disent élection après élection, par leur vote parfois et par leur abstention souvent, qu'ils veulent en
00:59changer.
00:59Il faut absolument que ce message-là soit entendu.
01:03Il doit être entendu notamment par les forces de gauche qui ce soir peuvent sans doute se féliciter d'avoir
01:07conservé les cinq régions.
01:08Ce n'était pas gagné, c'est une bonne nouvelle pour le pays.
01:11Mais c'est aussi un résultat qui pour un bout est en trompe-l'œil.
01:14Quand il y a 30%, 35% de participation, on ne peut pas tirer de grands enseignements politiques.
01:18Donc on ne peut pas dire ce soir que la gauche sort vainqueur, bien évidemment.
01:22On ne peut pas dire non plus que la droite sort vainqueur.
01:24Et on a aussi assisté, dans cette rentrée de tour, à des débats politiques parfois surréalistes et extrêmement dangereux.
01:30Par exemple, la droite a joué le jeu, notamment en Ile-de-France, d'un espèce de front républicain à
01:34l'envers,
01:35comme si une partie de la gauche n'était pas républicaine.
01:37C'est ce qu'on pourrait appeler du mensonge ou de la manipulation.
01:40En tout cas, ça aussi, ça fait partie de la dégradation du climat démocratique
01:45et qui éloigne encore un peu plus les citoyens des urnes.
01:48La gauche existe toujours, c'est le message des électeurs.
01:51Elle a un socle de gens qui continuent à croire en elle, un socle réduit,
01:54mais sur lequel elle doit capitaliser, se réinventer pour pouvoir inventer l'avenir.
01:59C'est un vrai défi pour la gauche.
02:00Donc là, ce sont les sortants qui ont été confortés,
02:02mais on s'aperçoit aussi que dans les régions où la gauche était en conquête,
02:06où elle espérait faire de bons résultats,
02:08on pense notamment aux Hauts-de-France avec une liste d'Union totale,
02:11le résultat n'est pas au rendez-vous.
02:12C'est aussi une leçon pour la gauche.
02:14Il y a donc beaucoup, beaucoup de travail pour convaincre à gauche,
02:17notamment les classes populaires, de son utilité,
02:19de réinventer un projet qui puisse mobiliser des citoyens.
02:22Et le dernier renseignement de cette soirée,
02:23c'est évidemment l'échec relatif du Rassemblement National.
02:26Il a échoué à nouveau à conquérir une région.
02:28Il y avait la région de Provence-Alpes-Côte d'Azur,
02:31qui était vraiment très proche, avant ce deuxième tour,
02:33de basculer dans l'escarcelle de l'ERN.
02:35Ce n'est pas le cas dans une proportion assez large,
02:37d'après les premières estimations que nous avons.
02:39Ce qui veut dire qu'une fois de plus,
02:41l'ERN ne pourra pas bénéficier du tremplin régional qu'il espérait,
02:45et qu'il n'a pas réussi à convaincre une majorité de citoyens
02:48dans les régions qu'il ciblait.
02:49C'est une bonne nouvelle.
02:50Est-ce que pour autant, il faut croire que le danger de l'ERN
02:52est écarté ? Absolument pas.
02:54Il reste toujours très présent.
02:56On sait aussi que l'électorat du Rassemblement National
02:59est assez populaire, assez jeune,
03:01et que c'est un électorat qui s'abstient beaucoup.
03:03Donc c'est en fait un sursis
03:05qu'ont gagné les forces démocratiques ce soir
03:07face au Rassemblement National, mais là aussi,
03:09il ne s'agit pas de s'endormir, mais au contraire,
03:11de profiter de ce temps d'ici les prochaines échéances,
03:14l'année prochaine, pour réfléchir et inventer un nouveau projet.
03:17Parce que si on prend tous les enseignements de ce soir,
03:19c'est une alerte démocratique.
03:20Les gens ne vont pas voter,
03:22les gens votent faiblement à gauche quand elle est en conquête,
03:24les gens ont voté beaucoup,
03:27trop encore, pour le Rassemblement National,
03:29sans le porter au pouvoir.
03:30Tout ça constitue une alerte démocratique importante
03:33qu'il faut entendre,
03:34et c'est le message qu'ont envoyé les électeurs.
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