00:01Allez, reprends le grand truc, comme ça.
00:06Toutes les marques autour de nous pratiquent des réductions très agressives de moins 50, moins 70% sur les vêtements
00:12qu'on achète aujourd'hui.
00:13Et nous, on a décidé de se mobiliser pour interpeller les consommateurs et les citoyens sur ce qui se cache
00:17derrière ces réductions.
00:19Et ce qui se cache derrière ces réductions, c'est l'exploitation des travailleurs qui fabriquent nos vêtements et la
00:23destruction de la planète.
00:24Ce qui se cache derrière ces prix extrêmement bas, comme vous le dites, c'est que les personnes qui fabriquent
00:29nos vêtements gagnent des salaires extrêmement bas.
00:33Elles sont payées en moyenne selon les pays de 2 à 5 fois moins par rapport à un salaire qui
00:37leur permettrait de vivre dans des conditions décentes.
00:39Des conditions décentes, c'est vraiment la base, c'est-à-dire pouvoir se nourrir, se vêtir, avoir accès à
00:45l'eau, l'éducation et la santé.
00:47Donc vraiment la base. Et ce qui se cache aussi derrière ces prix, c'est tout un modèle de surproduction
00:52qui a un impact énorme sur notre environnement
00:54et la planète. L'industrie de la mode est responsable d'environ 8% des émissions de gaz à effet
00:59de serre dans le monde.
01:00C'est plus que tous les avions et les trajets par bateau combinés. Donc c'est un impact vraiment énorme.
01:06On sait qu'aujourd'hui, le Black Friday, c'est aussi un moment où pour beaucoup de gens, c'est
01:09le seul moment dans l'année où potentiellement
01:11on peut s'offrir une belle pièce dont on avait besoin et on attendait qu'elle soit en solde pour
01:14pouvoir se l'acheter.
01:15Le but, ce n'est pas d'arrêter complètement d'acheter. Évidemment, c'est de vraiment repenser comment on consomme,
01:20consommer différemment mieux,
01:21acheter dans des pièces qui vont durer longtemps, éventuellement apprendre à les réparer comme faisaient nos grands-parents à l
01:26'époque
01:26et acheter vraiment ce dont on a besoin. On peut aussi se tourner vers des marques éthiques si on a
01:31les moyens.
01:32Et bien sûr, la seconde main où il y a énormément d'alternatives de seconde main qui existent, que ce
01:38soit dans les grandes villes ou les plus petites villes.
01:39Même à la campagne, on a beaucoup de dépôts de magasins Emmaüs, etc. Donc il y a vraiment énormément d
01:44'options qui existent aujourd'hui pour les consommateurs.
01:50Je pense qu'il y a deux chiffres qui sont assez hallucinants. 4 vêtements sur 5 terminent à la décharge.
01:57Et en fait, il paraît qu'on n'utilise que 50% de ce que nous avons dans nos armoires.
02:02Donc la surconsommation est un problème. Est un problème pour l'environnement, mais est un problème humain aussi.
02:09Parce que ça veut dire qu'on oblige les entreprises et les usines à produire chaque fois plus en peu
02:15de temps.
02:16Et cela est source de violation des droits humains.
02:19Il va y avoir un écoscore qui va se mettre en place sur les produits, qui va dire aux consommateurs
02:25quel est le bilan carbone par exemple d'un produit, quelle est la consommation d'eau d'un produit.
02:30Et c'est très bien, c'est une avancée.
02:32Nous, on aurait voulu que ce écoscore soit un écoscore social aussi.
02:37Et que les consommateurs puissent savoir aussi, quand ils ont un scoring sur un vêtement,
02:43quel est le salaire qui a été payé aux ouvriers.
02:45Je pense que les deux choses vont de pair et qu'on ne peut pas dissocier environnement et social.
02:51Parce que les hommes, nous vivons dans cette planète et nous devons vivre dignement dans cette planète.
02:57Et la planète doit être propre. Les deux choses sont indissociables pour moi.
03:05Toutes les radios ce matin, toutes les matinales, parlaient clairement d'un Black Friday certes,
03:10mais qui est critiqué.
03:11Donc oui, on dit aux gens, vous avez une possibilité de pouvoir d'achat,
03:13mais en même temps, ce n'est plus aussi simple.
03:16Et ça, c'est énorme. Pour nous, ONG, c'est une avancée gigantesque.
03:18Ça veut dire que dans l'esprit des gens, au moins, le tri est fait entre mon problème de pouvoir
03:24d'achat
03:24et le fait que derrière, il y a des êtres humains. Après, on pourra construire.
03:29C'était un bon de réduction. On vous a invité à regarder derrière les étiquettes.
03:32Je suis déjà très au fait des étiquettes. Je fais très attention.
03:37Et c'est surtout que je ne suis absolument pas une consommatrice de fringues déjà, de vêtements, depuis la nuit
03:43des temps.
03:43Vous êtes-il convaincue ?
03:45Depuis toujours. Aucun souci. Je trouve que c'est super bien ce que vous faites aujourd'hui.
03:49Franchement, il faut soutenir.
03:51Je pense que les gens sont sensibles à l'environnement, le climat, etc.
03:55Mais dès qu'on leur parle de consommation, c'est... pas touche.
03:59Voilà. La décroissance, déconsommer, là, c'est très difficile.
04:05Consommer autrement ?
04:07Consommer différent. Alors, ils le pensent, ils sont conscients, même à la maison,
04:10faire attention à l'eau, etc., les économies d'énergie,
04:15ne pas faire plus les robinets, des choses comme ça,
04:16que maintenant, les gens ont intégré. Il n'y a pas de souci.
04:19Mais alors, ne pas s'acheter des fringues, de l'électro, le dernier téléphone.
04:24C'est un peu exagéré, mais c'est un peu ça, quand même.
04:27Alors, ce qui me fait rire chez les jeunes, c'est qu'ils disent qu'on n'est pas comme
04:30vus les boomers,
04:32parce que nous, on ne s'est pas influencés par la pub.
04:34C'est fini, mais par contre, les influenceurs, les people, les personnes, c'est pire.
04:38Moi, je trouve que c'est pire.
04:39Et c'est de la pub.
04:40Et c'est de la pub.
04:42Ce qui ne dit pas son nom, mais c'est de la pub.
04:44Là, par contre, ils n'en ont pas conscience.
04:46Et moi, ça m'exaspère, parce que j'ai du mal à faire comprendre,
04:51à expliquer pourquoi l'influenceur, à la limite, c'est même pire que la pub.
04:56La pub, on a intégré, tout le monde a intégré ce que c'est.
04:59Il y a du bon, du mauvais, mais voilà.
05:01On peut dire non, je n'achète pas.
05:02Mais un influenceur, pour un plus jeune, c'est terrible.
05:05C'est terrible.
05:06Et là, il ne peut pas comprendre, il ne veut pas, je ne sais pas.
05:10C'est l'idée d'avoir besoin aussi d'un référent pipeau, un peu.
05:15Voilà.
05:18Toute initiative est bonne.
05:20Si les politiques n'ont pas réussi à le faire, ou les syndicats,
05:22les consommateurs vont peut-être le faire.
05:24Donc ça, c'est une initiative citoyenne des consommateurs.
05:27Et puis, si on arrive à récolter un million de signatures,
05:30la Commission européenne sera obligée de réfléchir à la question et d'y travailler.
05:35Donc on essaye, on essaye.