- il y a 18 heures
Le président des États-Unis ouvre une nouvelle ère des relations internationales avec l’enlèvement d’un président élu, Nicolas Maduro. Cette violation du droit international ne l’effraie pas et Donald Trump promet un effet domino : Colombie, Cuba ou Groenland. Le point avec Antoine Portoles et Théo Bourrieau.
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NewsTranscription
00:00Le Groenland est-il le prochain pays sur la liste de Donald Trump ?
00:03Depuis un an et son retour au pouvoir, le président états-unien n'a eu de cesse de menacer l
00:06'île arctique et de promettre son annexion.
00:09Si les enjeux sont bien différents avec ceux du Venezuela, les menaces contre le territoire autonome danois sont-elles à
00:15prendre au sérieux,
00:16d'autant plus après l'attaque du Venezuela par les Etats-Unis et le kidnapping du président Maduro ?
00:21Alors pour, en guise d'introduction et d'accroche, je te propose qu'on regarde ce tweet.
00:28Hop ! Le tweet de Cathy Miller, Cathy Miller qui est l'épouse de Stephen Miller, le directeur de cabinet
00:34adjoint de la Maison-Blanche,
00:35donc pas n'importe qui quand même, voilà, qui...
00:39C'est un des architectes de la politique étrangère US.
00:42Voilà, et donc, je ne sais pas s'il y a besoin d'expliquer cette image, mais c'est le
00:47Groenland avec le drapeau états-unien collé dessus,
00:50et comme petite légende, soudent donc bientôt, bientôt, le Groenland sera états-unien, selon cette Cathy Miller.
01:01Un autre élément d'actualité, une déclaration de Donald Trump hier ou avant-hier, je crois.
01:06Avant-hier.
01:06Avant-hier, nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois, parlons du Groenland dans 20 jours,
01:10nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale,
01:13et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper.
01:16Donc ça, c'est les intimidations, les menaces très récentes.
01:21Mais Antoine, ces provocations ne datent pas du Venezuela, datent de bien plus longtemps que ça.
01:28Est-ce que tu peux nous faire un petit rappel des différentes provocations des États-Unis envers le Groenland ?
01:34Comme tu l'as dit, elles ne datent pas d'hier, donc.
01:36Elles sont très anciennes.
01:38On ne va pas refaire l'historique de tout ce qui s'est passé sur les dernières décennies.
01:43Plusieurs faits notables.
01:45Ça fait très longtemps que les États-Unis veulent s'emparer du Groenland.
01:51Donc, 1946, on a le président Truman qui propose aux Danois,
01:56qui fait une proposition de rachat du Groenland aux Danois à hauteur de 100 millions de dollars de lingots d
02:04'or.
02:06Le but étant, dans un contexte d'avènement de la guerre froide, d'établir des positions de défense sur l
02:12'île.
02:15Puisqu'il y a un contexte géopolitique qui légitime cette demande, de leur point de vue en tout cas.
02:21Donc là, il y a un refus évident du Danemark.
02:26Ce n'était pas la première proposition de rachat qui avait eu lieu de la part des États-Unis.
02:30Mais celle-ci ressort souvent dans les médias, on va dire.
02:35J'en viens aussi au pacte de défense, mais on va y revenir plus tard,
02:39qui a été conclue entre le Danemark et les États-Unis en 1951,
02:42qui permet en gros aux Américains de se déployer militairement sur l'île.
02:49Et qui fait en gros, du coup, qui permet aux Américains d'avoir un rideau de défense,
02:54leur premier rideau de défense américain sur l'Atlantique Nord.
03:01Je vais faire un petit bond dans le temps.
03:04Donc, année 2000, année 2010, on voit qu'il y a quand même un sous-investissement
03:08du côté des Américains sur cette position géographique.
03:14Trump, premier mandat de Trump 2016.
03:19Il arrive en 2019, août 2019, il propose à son tour, il nous fait une Truman, en fait.
03:23Il propose de racheter à son tour le Groenland.
03:27Bon, évidemment, là aussi, refus catégorique des Danois.
03:32Entre-temps, Biden arrive au pouvoir.
03:36Trump revient au pouvoir janvier 2025, donc.
03:40Il y a un an tout juste, quasiment.
03:41Et donc là, on change de stratégie.
03:46Il n'est plus question de rachat et les questions d'annexion.
03:49C'est, on veut occuper le Groenland.
03:52On en a besoin, c'est ce qu'il a encore répété.
03:54Mais il le répète tout le temps, de toute manière.
03:55Mais il l'a encore répété, là, ce week-end.
03:57C'est vraiment, on en a besoin pour notre sécurité nationale.
04:00Voilà, c'est l'argumentaire qui est fourni, en gros.
04:03Et là, ce n'est plus une question de rachat.
04:05C'est, nous avons besoin du Groenland, nous allons nous en emparer.
04:10À partir de là, il y a eu, durant toute l'année 2025, tout un tas de déclarations
04:14qui ont été faites pour, en fait, maintenir la pression, d'une certaine manière.
04:19Alors, je ne sais pas, je ne l'étais pas tout compté.
04:21Je ne sais pas si c'est tous les mois.
04:22Mais en gros, à plusieurs reprises, il s'est fait plaisir à redire la même chose.
04:29Dire, on va s'en emparer, on va s'en emparer.
04:31On voit qu'il y a une volonté de maintenir la pression de ce point de vue-là.
04:38En mars, il y a les élections législatives qui ont eu lieu au Groenland.
04:43Et là, on a vu dans la foulée quelque chose d'assez significatif aussi.
04:48C'est la visite de J.D. Vince, vice-président des États-Unis.
04:52Dans la foulée des élections, pour tenter le terrain,
04:58essayer de vendre l'Eldorado américain au Groenlandais juste après les élections.
05:04Ça n'a pas beaucoup marché.
05:06Il s'est rendu compte que l'accueil n'était pas très...
05:09Pas ultra chaleureux.
05:10Il était glacial, sans mauvais jeu de mots.
05:12Et donc, il a fini par rendre visite aux soldats américains
05:16qui étaient présents sur la base de Pitoufik,
05:20l'enseignement base de Tulley,
05:22qui est la principale base militaire américaine au Groenland.
05:25Donc, il a fait un peu chou blanc.
05:28Entre-temps, il y a eu de nouvelles menaces.
05:30Et puis, en décembre, Trump nomme Steph Landry,
05:35envoyé spécial des États-Unis au Groenlandais.
05:38Donc, lui, pour vous donner une idée,
05:41Steph Landry, c'est l'actuel gouverneur de l'État de l'Élysène.
05:46C'est un républicain qu'on peut qualifier de...
05:50Qui fait partie, en tout cas, de la branche ultra conservatrice.
05:53C'est un fidèle parmi les fidèles de Trump.
05:57Ça, ça intervient en décembre, donc.
05:59Et puis, on arrive maintenant à ce qui s'est passé ce week-end.
06:02Enlèvement de Maduro au Venezuela samedi.
06:04Et dans la foulée, ce tweet de Cathy Miller,
06:07qui, en fait, c'est une énième provocation.
06:10Est-ce que c'est un message envoyé à la base MAGA de Trump
06:13pour dire, regardez, l'Amérique est puissante, l'Amérique a first ?
06:17Bon.
06:18Tout ça, ça prête à débat.
06:20Parce que, pareil, la base MAGA aux États-Unis,
06:22il faudrait vraiment analyser ce qu'elle pense vraiment
06:26sur la question internationale,
06:28de voir comment elle se positionne,
06:29comment elle s'est positionnée,
06:30notamment suite à ce qui s'est passé samedi.
06:33Voilà.
06:34Tout ça reste à analyser.
06:36Il faut prendre du recul.
06:37Là, c'est une énième provocation.
06:38Ce qu'on voit, il y a deux choses.
06:41Par rapport aux précédentes menaces qui ont été formulées,
06:43notamment durant toute l'année 2025,
06:45là, on passe un cran au-dessus, clairement.
06:47Parce que, d'une part, il y a ce qui s'est passé samedi.
06:51Donc, en fait, énoncer de nouvelles menaces
06:55suite à ce qui s'est passé samedi,
06:56forcément, ça prend une toute autre valeur.
06:58Ça résonne un peu différemment.
06:58Ça résonne différemment.
06:59Ça pourrait paraître un peu folklorique.
07:01Je ne sais pas comment dire ça,
07:02mais que Trump, voilà, qui balance beaucoup de choses en l'air
07:04et des fois, il ne faut pas trop, trop s'y attarder.
07:06Forcément, on le prend au minimum au sérieux,
07:07parce qu'on se dit, oui, ben, enlèvement de Maduro,
07:12ok, d'accord, ça change la donne, si tu veux.
07:15Et d'ailleurs, on l'a vu dans les réactions,
07:17mais on en parlera après aussi,
07:18les réactions du Danemark, du Royaume du Danemark
07:20et des autorités groenlandaises,
07:24qui ont un peu haussé le temps, quoi.
07:25Qui ont dit, je reprends les mots du Premier ministre groenlandais,
07:30qui dit, ça suffit, quoi.
07:31Ça suffit, maintenant.
07:32Ce territoire n'est pas à vendre, n'est pas à prendre.
07:35Vous n'allez pas envahir le groenland.
07:38Je reviens juste sur...
07:39Oui, juste, je termine.
07:41Il y a le second aspect, du coup,
07:42et que tu as évoqué en préambule.
07:45Il y a la question de l'enlèvement de Maduro.
07:47Et puis, ce que fait Trump à bord de l'Air Force One
07:51dimanche devant les journalistes,
07:52c'est la question du timing, du tempo.
07:54Il dicte un tempo.
07:56Juste là, il avait évoqué des menaces,
07:58mais il n'a jamais établi de calendrier en disant,
08:00on va arriver dans tel ou tel jour, tel ou tel mois.
08:03Là, il dit deux mois, et puis après, il dit 20 jours.
08:07Ça aussi, ça change la donne.
08:08Parce qu'encore une fois, on peut ne pas le prendre au sérieux.
08:12C'est toujours pareil.
08:13C'est un personnage qui est assez imprévisible.
08:15Mais du reste, c'est un tempo qui nous dicte,
08:18que les médias reprennent à l'envie et à juste titre.
08:21Parce que forcément, on se dit,
08:23alors là, du coup, on est mardi,
08:25donc il reste 18 jours.
08:26Il va se passer quoi dans 18 jours ?
08:28Qu'est-ce qu'il va faire ?
08:30On est obligé de se poser la question.
08:31Même si ça paraît, encore une fois, invraisemblable
08:33et que cette hypothèse-là d'une invasion américaine au Groenland
08:36paraît surréaliste.
08:39Du reste, il y a ce tempo qui est dicté.
08:41Et nous, on est un peu lié à ça.
08:43Un peu tributaire.
08:44C'est ça.
08:45Oui, je voulais revenir sur Jeff Landry,
08:47donc le gouverneur de l'Ottawa dont tu parlais,
08:49qui a été nommé, envoyé spécial des États-Unis au Groenland.
08:52Je vous dis juste un, une de ses récentes déclarations.
08:55C'est un honneur de vous servir, en parlant de Trump,
08:58bénévolement pour faire du Groenland une partie des États-Unis.
09:00Aucun doute n'est permis sur ses intentions et ses ambitions.
09:04Maintenant qu'on a bien compris les attaques, les menaces,
09:08les provocations répétées des États-Unis de Donald Trump
09:11envers le Groenland, peut-être qu'il faut qu'on comprenne
09:12pourquoi le Groenland intéresse Donald Trump et les États-Unis.
09:16Tu as commencé à parler de l'aspect sécuritaire, de l'aspect militaire.
09:20Peut-être qu'on peut commencer par ça.
09:22Dans quelle mesure le Groenland est effectivement une position stratégique
09:26d'un point de vue militaire pour les États-Unis ?
09:29Je te propose qu'on regarde une carte.
09:31J'ai piqué une carte au monde.
09:32Merci pour eux.
09:33Ce n'est pas celle-ci, c'est celle-là.
09:35On voit notamment la base dont tu parlais, la base de Pitufik.
09:38Donc vous la voyez, elle est là.
09:40Et c'est pas mal d'avoir un point de vue du dessus
09:43et pas le Groenland qu'on voit un peu mise à plat.
09:45Parce que là, on voit bien le Canada, l'Islande,
09:48et puis là, la Russie, la Chine et les États-Unis un peu plus loin.
09:51Donc à quel point le Groenland est un intérêt stratégique militaire
09:55pour les États-Unis ?
09:56D'abord, il l'a toujours été.
09:58Donc déjà, ça ne date pas d'hier.
10:00Ça aussi, je pense que c'est important de le rappeler.
10:02On a souvent, on a beaucoup entendu, peut-être moins maintenant,
10:05mais lors du premier mandat de Trump,
10:07l'idée que Trump serait une sorte d'erreur dans la matrice,
10:11un bug, une anomalie dans la politique américaine.
10:13Alors sur bien des aspects, on peut éventuellement le...
10:17Effectivement, il y a des données qui nous permettent de le dire.
10:19Mais du reste, il s'inscrit dans la continuité américaine totale.
10:23Et on le voit justement sur le cas du Groenland.
10:25Ils ont toujours voulu s'emparer de cette terre.
10:29Donc l'aspect sécuritaire, comme tu dis, il a toujours été présent.
10:32Il a été énormément présent, évidemment, durant la guerre froide.
10:3616 bases militaires, je crois, pendant la guerre froide.
10:38Oui, en fait, la plupart sont plus opérationnelles.
10:42La principale, celle dont il faut parler, c'est celle de Pitophique.
10:46Et encore, parce que là aussi, on va y venir,
10:48mais en fait, il y a très peu de soldats.
10:50Il ne faut pas imaginer un contingent
10:51de milliers et de milliers de soldats américains au Groenland.
10:55Donc, aujourd'hui, le contexte sécuritaire, il n'est plus le même.
10:58On n'est plus au même temps que la guerre froide.
11:01On n'est plus dans les années 50, 40, 50, 60.
11:06Là aussi, Trump invoque comme prétexte...
11:10Alors, il l'a refait, je crois, ce week-end,
11:12en parlant des navires russes et chinois.
11:14Bon, d'abord, ça, c'est pareil, c'est un mythe.
11:16Il n'y a pas des navires russes et chinois par milliers et milliers
11:20qui tournent autour du Groenland.
11:21Il y a des positions, évidemment, stratégiques.
11:24Et les Russes et les Chinois dans la région arctique
11:27ont des intérêts eux aussi.
11:29Mais ce qu'invoque Trump comme prétexte
11:32pour potentiellement intervenir au Groenland
11:35et protéger cette terre est quand même relativement absurde.
11:40Enfin, on n'en est pas là.
11:43Donc, en fait, c'est ce qu'il a fait aussi,
11:46parce qu'il y a le sous-texte aussi au Venezuela
11:47sur la question du pétrole.
11:49Derrière aussi, il y a la question des intérêts chinois.
11:51On sait que c'est quelque chose qui l'obsède.
11:54Là aussi, il invoque ce prétexte.
11:56Il parle des navires russes et chinois.
11:57Bon, c'est un peu...
12:00C'est pas très sérieux.
12:03D'un point de vue sécuritaire, historiquement,
12:05ça a toujours été, comme j'ai dit, une position stratégique.
12:07Le Groenland, c'est vraiment l'épicentre au niveau de l'Arctique.
12:14Il faut imaginer que si, du point de vue des Russes,
12:17mais là aussi, c'est de la politique fiction, encore une fois,
12:19donc il faut savoir raison garder.
12:21Mais du point de vue des Russes et des Chinois,
12:24s'ils avaient la volonté de tirer des missiles intercontinentaux
12:29ou je ne sais quoi sur les États-Unis,
12:31on peut imaginer que ça passe notamment par l'Arctique.
12:33D'où l'intérêt d'avoir des bases militaires présentes au Groenland,
12:37parce que, justement, c'est l'épicentre régional
12:40pour protéger, pour se défendre.
12:43Et pour installer tout un tas d'infrastructures
12:45qui permettraient de détecter, voire d'arrêter des potentiels missiles.
12:49Encore une fois, dans la politique fiction, ça...
12:51Mais comme tu l'as dit, il y avait 16 bases.
12:53Donc, en fait, elles existaient, ces forces, ces positions.
12:57Donc, encore une fois, il n'y en a qu'une qui est vraiment opérationnelle,
13:01c'est la base spatiale de Pitoufik.
13:03Mais, enfin, bon, l'argument sécuritaire, en fait, il est...
13:08J'ai envie de dire oui et non, quoi.
13:09C'est-à-dire que c'est un enjeu qui est réel, bien évidemment, dans la région.
13:15Et d'ailleurs, on avait beaucoup écrit l'an dernier là-dessus,
13:17en début d'année, dans l'UMA.
13:19Mais, bon, c'est un peu...
13:22C'est pas vraiment...
13:24Les gens...
13:25Enfin, les observateurs ne sont pas tous d'accord entre eux
13:27sur, évidemment, ce que pense Trump et ce qu'il veut vraiment là-bas.
13:30Mais il y a quand même un consensus qui est fait
13:33sur la question des ressources, en revanche.
13:35Alors, là, il y a deux choses.
13:37Il y a la question des hydrocarbures et la question des terres rares.
13:41Et d'autres minéraux, évidemment.
13:45Hydrocarbures, donc on parlait du Vénuséla.
13:48On n'est pas du tout dans la même configuration qu'au Vénuséla.
13:51D'abord, il y a quelque chose qui est typique au Groenland,
13:55ça s'appelle la colloque glacière.
13:56Donc, la question de l'exploration et de l'exploitation des hydrocarbures,
14:00elle est aussi très ancienne au Groenland.
14:03C'est très compliqué.
14:04C'est très compliqué parce que...
14:06Parce qu'on est sur un terrain qui est tout simplement difficile,
14:11difficilement praticable.
14:12Il y a eu beaucoup de tentatives d'exploration
14:14qui ont été menées, notamment au début des années 2010.
14:17Plusieurs milliards de dollars qui ont été investis là-dedans
14:20et qui n'ont pas donné grand-chose.
14:22Il y a plusieurs raisons à ça.
14:23On ne va pas rentrer dans les détails.
14:25Je vous invite à aller voir les travaux,
14:28notamment d'un chachar qui s'appelle Mika Blujon-Mérede
14:31et qui a livré une analyse vraiment très précise
14:34sur la question notamment des hydrocarbures,
14:37la localisation des gisements, tout ça,
14:39qui explique en quoi, en fait,
14:42l'intérêt de Trump au Groenland
14:43n'est pas tellement le pétrole ou le gaz.
14:46Par contre, il y a un autre intérêt,
14:47et là, qui est majeur et qui est évident,
14:50c'est la question des terres rares.
14:51D'un point de vue industriel,
14:52d'un point de vue économique,
14:53c'est vraiment un enjeu très important.
14:56Et est-ce qu'il s'en est déjà caché de vouloir ça ?
15:00Je ne suis pas sûr,
15:01mais en tout cas, c'est ce qui se dessine vraiment.
15:03C'est ça qui l'intéresse là-bas.
15:05Et c'est d'ailleurs aussi ça qui joue...
15:09C'est ça, en fait, qui est important.
15:11Ce dont il faut parler aussi,
15:12c'est qu'effectivement, en ce moment,
15:13et ça fait depuis longtemps au Groenland,
15:16il y a un désir d'indépendance.
15:19Parce que peut-être on le rappelle,
15:20je l'ai dit très rapidement au début,
15:22le Groenland est un territoire autonome,
15:25mais géré quand même par les Pays-Bas.
15:27C'est-à-dire que c'est à mi-chemin,
15:28ils ne sont pas complètement indépendants,
15:29ce n'est pas non plus un territoire...
15:31J'ai dit quoi ?
15:32Les Pays-Bas ?
15:32J'ai dit les Pays-Bas.
15:33Je ne suis pas sûr.
15:34Je crois que tu as raison.
15:35Danemark, bien sûr, Danemark.
15:36C'est un territoire sous souveraineté d'Anouez.
15:39Autonome, mais sous souveraineté.
15:43Par exemple, je ne sais pas si on pourrait donner
15:46un équivalent en France avec les Outre-mer.
15:48Je ne suis pas sûr.
15:49Je suis assez hésitant là-dessus.
15:51Mais en gros, c'est un territoire avec des...
15:56Des volontés d'indépendance.
15:58Oui, voilà, c'est ça.
16:00Qui existent depuis très longtemps.
16:01Et dans ce cadre-là, dans ce processus-là,
16:04qui est en cours...
16:07Je ne sais pas où ça en est actuellement,
16:08mais il y a eu quand même les élections législatives
16:10l'an dernier, en mars, où cette question était centrale.
16:15Et on voit que la question des minerais
16:18et la question des ressources
16:20entre en jeu avec cette question de l'indépendance, en fait.
16:23C'est-à-dire de l'intérêt de la population groenlandoise
16:26qui, on le rappelle, est estimée...
16:27Je ne sais plus...
16:2857 000.
16:29Oui, c'est entre 56 000 et 57 000.
16:31Donc, c'est très peu.
16:32Mais on voit bien...
16:33C'est la ville de Montauban, tu me disais hier.
16:34Oui, oui, je t'ai fait la blague.
16:36Oui, mais parce qu'en fait, c'est vrai que
16:37quand on voit en termes de grandeur,
16:39c'est...
16:39La taille du pays est...
16:41C'est 2,2 millions de kilomètres carrés,
16:42si je ne dis pas de bêtises,
16:43pour 57 000...
16:44Moins de 57 000 habitants.
16:46Donc, effectivement, c'est assez paradoxal.
16:49On voit que dans leur désir d'indépendance,
16:51la question des ressources entre en jeu,
16:53parce que si indépendance,
16:55il faut qu'ils arrivent, d'un point de vue économique,
16:57à être viables,
17:00enfin, à pouvoir subsister de manière indépendante.
17:03Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
17:05La moitié du PIB groenlandais actuellement,
17:08si je ne dis pas d'erreur,
17:10c'est en gros la somme que verse le Royaume du Danemark
17:15chaque année au Groenland.
17:17Donc, il faut qu'à travers ces désirs d'indépendance,
17:22ils trouvent des ressources,
17:23des leviers économiques qui leur permettent
17:25d'être réellement indépendants sur le plan financier.
17:29Voilà, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
17:32Donc, quand Trump arrive avec ses gros sabots
17:34et parle des terres rares,
17:36forcément, alors, encore une fois,
17:38il faut rappeler,
17:40je l'ai dit par rapport à J.D. Van Stahler
17:42quand il est venu au Groenland l'an dernier,
17:45il n'y a pas beaucoup de Groenlandais
17:47qui désirent réellement passer sous bannière états-unienne.
17:51J'ai regardé, il y avait un sondage
17:52d'un quotidien danois très récent,
17:54je crois au début de l'année,
17:55qui sait que 6% des Danois
17:56étaient plutôt favorables à une annexion aux Etats-Unis.
17:58Donc, effectivement, la population ne partage pas.
18:01Donc, les Etats-Unis jouent sur cette ambiguïté.
18:04C'est pour ça qu'ils s'y rendent, en fait.
18:05Ils essayent de convaincre des gens.
18:07C'est un peu pareil,
18:08c'est fait de manière assez informelle,
18:10c'est assez étrange.
18:12Mais finalement,
18:13il n'y a pas de soutien, en fait,
18:15à la politique américaine.
18:17Ce qui pourrait, justement,
18:18c'est là où je voulais en venir,
18:19ce qui pourrait être intéressant
18:21pour les Groenlandais et pour Trump,
18:23c'est qu'il y ait une convergence d'intérêts
18:24sur la question des terres rares.
18:26Mais pour l'instant,
18:27cette convergence d'intérêts,
18:28elle ne se dessine pas.
18:30Effectivement, comme tu l'as dit,
18:31les sondages,
18:31il y en avait eu un autre
18:32qui avait été publié l'an dernier,
18:33je crois que c'était 15%.
18:34Là, on parle de 6%.
18:36Il n'y a pas du tout...
18:37Il y a une pénétration culturelle,
18:39si je puis dire,
18:41via les réseaux sociaux,
18:42notamment des Etats-Unis sur l'île.
18:45Mais du reste,
18:47il n'y a pas de soutien.
18:49Mais c'est important de le rappeler.
18:50On va en venir peut-être
18:51sur les réactions danoises
18:54et groenlandaises.
18:56On voit bien quand même
18:57ce qui se dessine.
18:58C'est pour ça que je parlais d'indépendance.
19:00C'est vraiment important.
19:00Il faut en parler
19:01quand on parle du Groenland.
19:02C'est que quand ils disent...
19:04Quand ils réagissent
19:05aux menaces de Trump,
19:07ils disent en gros,
19:07non, le Groenland n'est pas à vendre.
19:09Mais ils disent aussi
19:10que le Groenland veut...
19:13Il y a une sorte de parallèle
19:15qui est fait avec le Danemark aussi.
19:16Pas dans toutes les déclarations,
19:18mais dans certaines déclarations
19:19auprès des habitants
19:20ou auprès d'élus,
19:21il y a ce rejet des Etats-Unis
19:22et puis finalement
19:23du Royaume du Danemark
19:24qui arrive derrière.
19:25Donc ça, c'est intéressant
19:26de l'avoir en tête,
19:27je pense,
19:28dans le contexte actuel.
19:29Tu commençais à parler
19:30des réactions du Danemark,
19:32du Groenland
19:32et de l'Union européenne.
19:35Est-ce qu'avant,
19:36on parle de la faisabilité,
19:40de la potentialité
19:41d'une annexion militaire
19:42par les Etats-Unis
19:44puisque à la grande différence
19:46du Venezuela,
19:46le Danemark est donc
19:49un territoire danois,
19:49donc fait partie de l'OTAN.
19:51Donc ça voudrait dire...
19:52Oui, de l'UE, évidemment,
19:55mais aussi de l'OTAN.
19:56Voilà.
19:57Et donc,
19:58si les Etats-Unis
20:00déploient des militaires
20:02au Groenland,
20:04ça voudrait dire
20:04que les Etats-Unis
20:06attaquent un pays de l'OTAN
20:07dont ils sont eux-mêmes
20:08membres fondateurs.
20:10Qu'est-ce que ça change
20:12pour le futur ?
20:13Est-ce que ça peut freiner ?
20:15Est-ce que tu peux nous expliquer,
20:16en quoi le fait
20:17que le Danemark
20:18fasse partie de l'OTAN,
20:19en quoi ça peut changer
20:21la stratégie ?
20:22Est-ce que ça peut tempérer
20:23un petit peu
20:24les volontés impérialistes
20:26de Donald Trump ?
20:28C'est assez flou.
20:30Pour l'instant,
20:30on a...
20:31C'est difficile.
20:33Encore une fois,
20:33on fait de la politique fiction.
20:35Donc c'est...
20:35Bon.
20:38Il y a des chercheurs,
20:39des observateurs
20:40qui se sont posés la question,
20:42qui disent,
20:42voilà,
20:44on prend le scénario
20:45d'une annexion américaine
20:46militaire,
20:48invasion par l'armée.
20:50Et que se passe-t-il ?
20:51Bon.
20:52Effectivement,
20:52comme tu l'as dit,
20:53ça, ça s'appelle
20:54une agression.
20:55Elle est manifeste.
20:56Beaucoup de gens,
20:57ces derniers jours,
20:58notamment,
20:58ont évoqué la question
20:59de l'article 4 de l'OTAN,
21:01la question de l'article 5
21:02de l'OTAN.
21:03En fait,
21:05c'est très compliqué
21:06parce que,
21:06déjà,
21:07tous ces mécanismes
21:08propres à l'OTAN
21:08ne sont pas automatiques.
21:11Ça ne se passe pas
21:12d'encloquement de doigts
21:12et ce n'est pas parce que
21:13les États-Unis
21:14attaquent le Groenland
21:16que dans l'heure qui suit,
21:19toute l'Europe est en guerre
21:20et que...
21:20Bon.
21:21C'est beaucoup plus complexe
21:23mais surtout,
21:24on part d'un scénario
21:25qui est un des scénarios
21:26qui est envisageable.
21:29On peut dire
21:29qu'il est peu probable,
21:30on peut dire ce qu'on veut
21:31mais pour l'instant,
21:32on part dans le vide
21:32parce qu'on ne sait pas
21:33vraiment ce qui est prévu
21:35par Trump.
21:36Est-ce qu'il a vraiment prévu
21:37ou est-ce que c'est que
21:38de l'Esbrusse ?
21:39Finalement,
21:39on ne sait pas.
21:40Mais c'est un des scénarios.
21:42Ce n'est pas le seul
21:43parce qu'en fait,
21:46c'est pour ça que j'ai cité
21:47ce pacte de défense
21:48entre le Danemark
21:49et les États-Unis de 51
21:50et qui a été en fait
21:52renouvelé plusieurs fois
21:53entre temps.
21:58Si Trump décide
21:59d'envoyer unilatéralement
22:01le Groenland
22:02en envoyant,
22:03je ne sais pas,
22:03mettons,
22:04on va dire 50 000 hommes,
22:06là,
22:06il y a une agression manifeste.
22:08Si Trump dit
22:11je renforce
22:12les capacités militaires
22:14américaines
22:15sur l'île
22:15en envoyant,
22:16je n'en sais rien,
22:1750,
22:17100 hommes
22:18de l'équipement militaire,
22:20je ne sais pas.
22:21Ça,
22:22ça rentre dans le cadre légal
22:23de ce pacte de défense
22:24de 51.
22:25D'accord ?
22:26Donc en fait,
22:27ça,
22:27ce n'est pas une agression.
22:29C'est pour Trump
22:31une manière
22:31d'amplifier la pression
22:33et de renforcer
22:34ses positions.
22:36Et alors,
22:37ça dépend comment
22:38on l'analyse,
22:38mais en tout cas,
22:39sur le plan symbolique,
22:41il renforce sa domination
22:42sur le Groenland
22:43parce qu'il accroît
22:44sa capacité militaire.
22:45Actuellement,
22:46je n'ai plus les chiffres
22:47en tête là aussi,
22:48il faudrait vérifier,
22:48mais je crois
22:50qu'il n'y a pas plus
22:50de 200 soldats américains
22:52à la base de...
22:53Sur la base
22:54dont on parlait là.
22:55Actuellement.
22:56Donc,
22:56c'est très peu en réalité.
22:59Les Danois,
23:00d'après les chiffres
23:02que j'avais lus ce matin,
23:03je crois que c'est...
23:05C'est 100,
23:06quelque chose comme ça environ.
23:07Donc en fait,
23:09ils ont la...
23:10Ils sont la première...
23:12En termes de...
23:14de force humaine,
23:16ils sont la première force
23:18militaire sur l'île.
23:19Alors qu'elle n'est pas à elle.
23:20À eux, pardon.
23:22Mais du coup,
23:23ils peuvent très bien décider,
23:25comme je te l'ai dit,
23:26de jouer sur cette frontière,
23:27en fait,
23:28entre une agression
23:29qui serait manifeste
23:29où on enverrait
23:31une flotte navale
23:31absolument considérable,
23:33des moyens aériens
23:34considérables,
23:35des moyens terrestres.
23:35Ce qui a été fait
23:35au Venezuela, du coup ?
23:37Oui.
23:38Oui.
23:39Oui.
23:39Il y avait 150...
23:41Oui.
23:41En tout cas,
23:42les flottes
23:42et les bombardements...
23:44Tout à fait.
23:45C'est pas...
23:46Il n'y a pas qu'un scénario
23:48qui est une invasion unilatérale
23:49absolument gigantesque,
23:52un coup de force impérialiste
23:54absolument phénoménal
23:55qui nous met tous à terre,
23:58entre guillemets.
24:00Voilà.
24:00Ça peut se faire
24:01de manière un peu plus détournée.
24:03Et dans ce cas,
24:04il l'entre dans un cadre légal.
24:05Il est protégé,
24:06entre guillemets,
24:06par cet accord de défense
24:09qui, encore une fois,
24:09lui permet
24:10d'amplifier ses capacités militaires
24:12de manière tout à fait légale
24:13sur l'île.
24:14Alors, après,
24:15il y a la question
24:15de l'accord du Danemark,
24:16évidemment.
24:17Mais voilà,
24:18s'il fait ça,
24:19symboliquement,
24:20il accroît
24:21sa position au Groenland.
24:25Mais pour autant,
24:26il n'y aura pas,
24:28a priori,
24:29d'enclenchement
24:30des mécanismes de l'OTAN.
24:31Voilà.
24:32Enfin, c'est...
24:32Donc,
24:34tout dépend.
24:36La question centrale,
24:36finalement,
24:37c'est pas tant ce qu'il va faire,
24:38c'est quel intérêt il a.
24:40En fait,
24:41et en fonction de cet intérêt,
24:42comment il procède ?
24:43Est-ce qu'il a vraiment intérêt
24:44à envoyer 50 000 hommes
24:46au Groenland ?
24:46Je ne pense pas.
24:47Je ne pense pas.
24:48Et encore une fois,
24:49le Groenland n'est pas le Venezuela,
24:50qui n'est pas la Colombie,
24:52qui n'est pas Cuba.
24:52Parce que, pareil,
24:53on parle de tous ces pays-là
24:54et on pense tout de suite
24:56à un effet domino,
24:57d'autant qu'en plus,
24:58au Venezuela,
24:59on n'en est pas encore
24:59à une chute de régime.
25:00Donc, il faut...
25:00Là aussi,
25:01il faut essayer
25:02d'avoir un peu de recul.
25:03Mais, voilà,
25:04chaque pays
25:05a une situation différente.
25:06Au Groenland,
25:07c'est encore autre chose.
25:08Et je ne vois pas
25:10quel intérêt il aurait actuellement
25:11à faire un tel coup de force.
25:14Alors qu'au contraire,
25:15il pourrait continuer...
25:17Alors, c'est là
25:17où la question du tempo
25:18et de l'ultimatum des 20 jours
25:20posent question.
25:21Parce qu'effectivement,
25:21on se demande
25:21ce qu'il va bien faire
25:23d'ici là, quoi.
25:24Mais, du reste,
25:26je le vois beaucoup plus
25:28continuer à faire
25:28ce qu'il a fait jusqu'à présent.
25:29C'est-à-dire des petites interventions
25:32où il envoie...
25:33Des petites ingérences.
25:34Ouais, ouais, ouais.
25:36Il y a eu
25:36des petites tentatives,
25:38visiblement.
25:38Alors, ça prête à débat,
25:40ça aussi,
25:40mais par rapport
25:41aux élections de l'an dernier.
25:43Bon, voilà,
25:44c'est un jeu comme ça
25:45qui continue,
25:45qui s'accroît.
25:46Est-ce qu'il va renforcer
25:47les capacités militaires ?
25:48Bon, voilà.
25:49Tout ça reste en suspens.
25:51Pour l'instant,
25:52on parle un peu dans le vide.
25:54Peut-être pour en terminer
25:55sur le Groenland,
25:55et puis ça répondra aussi
25:56à quelques questions du chat
25:58sur la réponse
26:00des autorités groenlandaises danoises,
26:01mais aussi sur la réponse
26:02de l'Union européenne.
26:04Est-ce qu'ils ont été
26:05à la hauteur ?
26:06Est-ce qu'ils ont tapé
26:07du poing sur la table
26:08en disant
26:08c'est un scandale,
26:09arrêter ces provocations ?
26:10Ou est-ce que l'Union européenne
26:12est comme souvent
26:13restée un petit peu
26:14spectatrice
26:15de ce qu'il se passe ?
26:17C'est de l'impuissance.
26:20C'est de l'impuissance totale.
26:22On l'a vu.
26:22Alors là,
26:23c'est vraiment en plus
26:23sur le Venezuela,
26:25on va dire,
26:25on en parlait peut-être
26:26tout à l'heure,
26:27ou hier,
26:29où on n'est même plus
26:30maintenant dans une forme
26:31de lâcheté
26:32qui est de dire
26:32on condamne bêtement
26:34et on invoque
26:35le droit international
26:36comme s'il suffisait juste
26:37de l'invoquer
26:37pour qu'il soit appliqué.
26:38Et on ne dit plus rien d'autre
26:40et on laisse
26:42ce genre de coup de force
26:43survenir.
26:44Là, en plus,
26:44au Venezuela,
26:45on a vu vraiment
26:46des déclarations de Macron,
26:47notamment,
26:49avaliser ce coup de force,
26:51cette agression illégale,
26:52je le rappelle,
26:53en vertu du droit international.
26:56Sur le Groenland,
26:57à chaque fois,
26:58c'est toujours le même scénario.
26:59Donc l'an dernier,
27:01pareil,
27:01on a eu plusieurs
27:02des menaces répétées,
27:03répétées par Trump
27:04et son administration.
27:06À chaque fois,
27:06c'était toujours la même chose,
27:07des déclarations
27:08de condamnation ferme.
27:10Alors,
27:11côté français,
27:12Jean-Noël Barraud,
27:13l'an dernier,
27:13au tout début,
27:15a évoqué...
27:15Ministre des Affaires étrangères.
27:17Oui, pardon,
27:17ministre des Affaires étrangères français,
27:19a évoqué la possibilité,
27:21et ça,
27:21c'est intéressant,
27:22je pense,
27:23de l'envoi de troupes,
27:24notamment françaises,
27:25allemandes et britanniques,
27:28peut-être que je me trompe
27:28sur le dernier,
27:29mais en tout cas,
27:30françaises et allemandes,
27:30au Groenland,
27:31pour renforcer nos capacités.
27:33Ça a été l'un des seuls
27:34à l'évoquer
27:35et effectivement,
27:35à l'époque,
27:36ça avait fait un peu entollé,
27:37parce qu'on s'était dit,
27:39ah oui, quand même,
27:40enfin,
27:40on y est,
27:41pas on y est,
27:41mais là aussi,
27:43ça rehausse le degré,
27:44si tu veux,
27:45de...
27:45Symboliquement,
27:45c'est fort,
27:46d'envoyer les troupes
27:47dans un autre pays.
27:48On n'en a pas trop entendu
27:48reparler depuis,
27:51mais ça a eu depuis,
27:52ben voilà quoi,
27:53c'est des déclarations
27:53de condamnation,
27:54des déclarations de soutien
27:56au Royaume du Danemark
27:56et de solidarité,
27:57mais concrètement,
27:59ça veut dire quoi ça ?
28:01Si demain,
28:03il y a une annexion
28:05de la part des États-Unis,
28:06mais que fait l'Europe ?
28:08Ben là aussi,
28:09on n'a pas de réponse,
28:10parce que voilà,
28:12il y a tellement,
28:13l'Europe,
28:14c'est tellement rendu impuissante
28:15face aux États-Unis,
28:18par rapport à d'autres puissances aussi,
28:19mais sur la question des États-Unis,
28:21une dépendance croissante
28:24sur la question des ressources,
28:25notamment,
28:26qu'aujourd'hui,
28:27on voit des déclarations
28:29s'enchaîner les unes après les autres,
28:30qui n'ont plus aucune valeur,
28:32donc on condamne ce que fait Trump,
28:34mais que fait-on si Trump
28:36passe à l'acte ?
28:37C'est tenté qu'il passe à l'acte,
28:38encore une fois,
28:39on n'y est pas,
28:39on fait de la politique fission.
28:41OK,
28:41mais c'est quoi la réponse de l'UE
28:44en cas d'annexion des États-Unis,
28:46du Groenland,
28:46pas les États-Unis ?
28:49Et du côté danois,
28:50c'est pareil,
28:51bon,
28:52les Danois ont été
28:54historiquement un allié
28:56d'un point de vue militaire
28:57des États-Unis.
29:00Bon,
29:01ça n'empêche pas de...
29:03Oui,
29:03alors,
29:04on s'en parlait tout à l'heure,
29:05j'avais entendu parler,
29:06moi,
29:06d'un renforcement,
29:08ils avaient envoyé
29:09des équipements,
29:10là,
29:10récemment,
29:10mais,
29:12bon,
29:13voilà,
29:13qu'est-ce serait la réponse,
29:14en fait,
29:15qui sera apportée ?
29:16Et surtout,
29:17ça pose aussi la question,
29:18il faut repenser
29:19à la question des intérêts.
29:21Que représente le Groenland
29:22pour les Européens ?
29:23C'est ça aussi la question
29:24à laquelle il faut répondre.
29:25Et ils ne savent pas
29:25répondre à cette question.
29:27Ils ne savent pas répondre
29:27à cette question.
29:28C'est...
29:29Bon,
29:30voilà,
29:30c'est...
29:31On va voir ce qui va se passer
29:32dans les prochains jours.
29:33Il faut...
29:35C'est de prendre du recul.
29:36On n'y est pas.
29:38Et encore une fois,
29:39on ne sait pas ce qui va se passer.
29:40Et s'il faut,
29:41il ne va pas se passer grand-chose.
29:42Ça fait un an
29:43qu'on entend ces menaces
29:45se répéter,
29:46se répéter.
29:47Bon.
29:47même si elles résonnent
29:48d'une manière un peu différente
29:49à l'aune de l'attaque du Venezuela,
29:51il faut le prendre en compte.
29:52Il faut le prendre au sérieux.
29:54Merci beaucoup,
29:55Antoine.
29:55Je pense qu'on aura l'occasion
29:56de refaire peut-être
29:57un point sur le Groenland.
29:58Et aussi,
29:59parce qu'on n'en a pas
30:00beaucoup parlé pour l'instant,
30:01mais dans la droite ligne
30:03du Venezuela,
30:03il y a la Colombie,
30:04le Mexique,
30:05le Cuba
30:07qui vont...
30:08qui sont peut-être inquiétés.
30:09Donc,
30:09je pense qu'on aura l'occasion
30:10de reparler de tout ça.
30:11Merci beaucoup,
30:12Antoine Portelès.
30:13C'est ça.