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  • il y a 9 minutes
Le président vénézuélien Nicolás Maduro, kidnappé samedi par l’armée américaine, a plaidé lundi non coupable à New York des accusations de trafic de drogue retenues contre lui, et assuré être « toujours le président » de son pays. Il va rester incarcéré à New York et comparaîtra à nouveau le 17 mars, a ordonné le juge Alvin Hellerstein, qui conduisait l’audience. Que se passe-t-il maintenant au Venezuela ? Vadim Kamenka et Théo Bourrieau font le point.

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Transcription
00:00Le droit international est-il définitivement enterré ?
00:02Après l'attaque du Venezuela par les Etats-Unis et le kidnapping de Nicolas Maduro,
00:07l'audience du dirigeant vénézuélien s'est tenue hier soir.
00:10Hier soir aussi soutenait le Conseil de sécurité de l'ONU.
00:13Alors qu'est-ce qui s'est dit ? Qu'est-ce qui s'est joué ?
00:15On fait le point avec Vadim Kamemka, responsable du service monde de l'humanité.
00:20Alors peut-être, du coup, on commence par l'audience.
00:23Qu'est-ce qu'il s'est dit ? Qu'est-ce qu'il s'est passé pendant cette audience
00:26de Nicolas Maduro à New York, Vadim ?
00:30Bonjour à tous et à toutes.
00:33Ce qui s'est surtout joué, c'était de voir un peu sur pourquoi il était poursuivi.
00:41Puisqu'il avait été enlevé dans la nuit de vendredi à samedi,
00:49ramené à New York, jugé dans ce tribunal.
00:53Tout de suite, Nicolas Maduro s'est dit être un prisonnier de guerre.
00:58Voilà, donc c'était vraiment la première étape.
01:00C'est vraiment les charges pour lesquelles il était poursuivi.
01:03Donc trafic, narcotrafic.
01:07Donc ça reste assez flou.
01:10Donc tout de suite, il a voulu aussi prendre la parole pour dénoncer cette opération
01:15et tout ce qui s'en suivait.
01:18Et immédiatement, le juge l'a un peu coupé pour lui dire qu'il aurait le temps de s'exprimer
01:22et de faire valoir ses arguments.
01:25Donc c'était vraiment une première prise de parole, une première audience.
01:31Ça a été assez court.
01:33Et l'autre information, c'est aussi sur l'avocat qui va le défendre,
01:37qui est Barry Pola, qui est quand même quelqu'un d'assez reconnu,
01:40qui a suivi aussi notamment par exemple l'affaire Assange.
01:42Ça a été lui qui a suivi toute cette affaire-là.
01:45On en a largement parlé.
01:46Donc c'est quelqu'un quand même qui a l'habitude des gros enjeux.
01:50Des gros enjeux, surtout des opérations américaines.
01:53Puisque le cas Assange est aussi un autre cas bien particulier
01:56sur comment mettre à mal un journaliste et la liberté d'information,
02:00encore une fois, sur toutes les révélations qui pesaient aussi sur l'Amérique du Sud.
02:05Et tous ces enjeux.
02:07Donc on voit que cet avocat ne vient pas de nulle part.
02:12C'est exactement comment les Etats-Unis fonctionnent,
02:17notamment les services de renseignement, l'administration.
02:21Puisque aussi dans l'affaire Assange, déjà à l'époque,
02:23il y avait été une volonté de kidnapping de la part de la CIA,
02:28du journaliste Julian Assange, autorisé par Donald Trump,
02:32voire sa mort et son assassinat.
02:36Donc voilà, des pratiques qui ne sont pas du tout étrangers.
02:40D'ailleurs, Barry Pollack, l'avocat de Nicolas Maduro dont tu parles,
02:44a dit que des questions se posent quant à la légalité de son enlèvement militaire.
02:47Est-ce que c'est ça qui va être un des enjeux majeurs de ce procès ?
02:51Est-ce que les Etats-Unis et l'armée de Donald Trump a agi dans le cadre de la loi
02:56?
02:56Est-ce que ça va être ça l'enjeu du procès ?
02:59Oui, la première étape.
03:00Et on sait que pour le coup, c'est totalement illégal.
03:03C'est pour ça qu'immédiatement, d'ailleurs, le juge, à chaque fois qu'ils sont intervenus,
03:07que ce soit l'avocat ou Nicolas Maduro, a coupé court en disant qu'ils auraient le temps de revenir
03:12dessus.
03:13Donc on voit que même lui, il va falloir que le juge explique, en tout cas la partie civile,
03:20pourquoi et comment cette opération est légale.
03:23Elle l'est certainement tant.
03:26Oui, certainement pas.
03:27Oui, parce que donc hier, en fait, est-ce que c'était un peu une audience pour planter le décor
03:30?
03:31Puisqu'il y aurait une autre audience le 17 mars.
03:33Est-ce que c'est en fait le 17 mars que les questions sur le fond seront posées étrangers ?
03:38On l'espère, on l'espère, parce qu'hier, vraiment, c'était vraiment une toute petite introduction.
03:43Personne n'a eu le temps de développer ses arguments.
03:46Je pense qu'aussi, il y a une accélération d'une tempo,
03:47parce que normalement, le tempo juridique est quand même beaucoup plus long.
03:50Là, on voit que c'est un cas exceptionnel.
03:52Et que ça fait partie du récit, ce qu'on racontait hier aussi avec Christophe,
03:57vraiment sur le récit que veut orchestrer la Maison-Blanche et Donald Trump,
04:02c'est-à-dire faire du sensationnel, c'est-à-dire enlever quand même un président
04:05en violant toutes les règles du droit international.
04:08Ce basculement, on est encore revenu dessus dans le journal de ce matin.
04:12Mais vraiment, c'est autour de ce récit qui est planté,
04:15mettre une vraie pression sur le Venezuela et sur d'autres gouvernements
04:20qui ne seraient pas alliés à Donald Trump.
04:23Et on voit que ce récit se poursuit avec aujourd'hui l'aspect juridique
04:28et la mise en scène de ce procès à New York.
04:34On le disait, la prochaine audience, ce sera le 17 mars, donc dans plus de trois mois.
04:38Qu'est-ce qui va se passer pendant ces trois mois ?
04:40Est-ce que c'est stand-by, tout le monde attend la prochaine audience ?
04:43Ou est-ce qu'il peut y avoir des évolutions sur le plan judiciaire ?
04:45Est-ce qu'on peut s'attendre à des déclarations de Nicolas Maduro
04:49alors qu'il est incarcéré et qu'il est retour en prison ?
04:51Qu'est-ce qui va se passer pendant ces trois mois qui vont précéder la prochaine audience ?
04:54Où sera normalement discuté le fond de l'affaire ?
04:58Je pense que la défense, en tout cas, donc Barry Bollack,
05:03va pouvoir travailler par rapport aux charges qui sont retenues contre Nicolas Maduro
05:06et vraiment éter ce dossier et demander des applications, des documents,
05:11travailler la ligne de la défense, ce qu'il a déjà fait par le passé,
05:15sur d'autres affaires aussi comme l'affaire Assange
05:17et voir aussi les visites de forme et un certain nombre de choses
05:23qui sont incohérentes dans la manière dont fonctionne
05:25et dont l'ordre a été donné aussi par les Etats-Unis
05:27pour enlever un président élu dans un pays tiers.
05:31Puisque même aujourd'hui, normalement, un tribunal de New York
05:33n'est pas en capacité de juger un président étranger.
05:37Donc voilà, ça pose un certain nombre de questions et de règles,
05:40règles même juridiques.
05:42Donc ça va être intéressant de voir en effet ces trois mois
05:44comment la défense va s'en servir pour demander un certain nombre de pièces,
05:47pour voir s'il n'y a pas des manquements.
05:50Il y en aura forcément de la part de la partie civile,
05:53de la part de l'État américain.
05:56Et inversement, on va voir comment l'État américain
05:59va justifier cette opération.
06:02Voilà, parce que le narcotrafic tombe quand on voit
06:04qu'ils ont pu libérer l'ancien président du Honduras,
06:07qui était lui, pour le coup, inculpé vraiment pour trafic de drogue.
06:10Donc on voit que c'est une mise en scène, encore une fois,
06:13pour justifier leur mainmise sur un certain nombre d'États d'Amérique du Sud
06:17qui leur sont opposés sur la ligne politique
06:21ou sur les questions énergétiques.
06:24Avant que je te pose une dernière question sur l'audience,
06:27merci à Office de Pub pour le RAID.
06:28Bienvenue à toutes celles et ceux qui nous rejoignent
06:30et celles et ceux qui s'abonnent.
06:33C'est la revue de presse internationale,
06:34donc on fait un petit peu le tour de ce qui se passe dans le monde
06:36et on commence évidemment par le Venezuela.
06:38La suite du programme, j'en profite,
06:40puisque je ne l'ai pas fait en début de stream,
06:41on parlera du Groenland avec Antoine Portolès
06:43et ensuite de l'Iran et de la Syrie avec Pierre Barbancé.
06:47On est ensemble jusqu'à midi, midi et demi,
06:49suivant le temps que ça va nous prendre.
06:51Donc bienvenue à toutes celles et ceux qui nous rejoignent
06:53et bonjour et bonne année.
06:56Dernière question sur l'audience.
06:58Est-ce qu'on peut s'attendre à un procès juste, équitable, objectif ?
07:05Toi-même, tu le dis, c'est aussi symbolique,
07:07c'est une mise en scène de justice.
07:09Donc est-ce qu'on peut s'attendre à ce qu'il y ait des vraies décisions
07:13qui soient prises, une justice qui soit rendue
07:16et que les États-Unis soient déclarés coupables d'intervention militaire ?
07:20Est-ce qu'on peut s'attendre à un procès équitable
07:21ou est-ce que c'est un peu se leurrer ?
07:23C'est un peu l'enjeu en effet.
07:26C'est ce qu'on attend, on le saura plus je pense dans trois mois
07:30avec vraiment les premières audiences et les premières confrontations
07:34entre la défense et l'État américain.
07:39Mais oui, normalement, un juge est là pour faire respecter la justice
07:45et un certain nombre de règles.
07:46Or là, il y a quand même un manquement sur un certain nombre de points.
07:50Comment ils vont s'y prendre ?
07:52Pareil, est-ce qu'il y aura forcément des recours aussi possibles ?
07:54Parce qu'on ne peut pas incarcérer comme ça un citoyen non-américain enlevé,
08:01et notamment un président.
08:03Je veux dire, on le voit bien sur d'autres affaires.
08:05Il y a quand même aujourd'hui des bandes à d'arrêt qui ont été émis
08:08à l'encontre de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien,
08:11pour tout ce qui s'est passé à Gaza et le crime de génocide.
08:15Il n'a jamais été incarcéré, mis sous pression.
08:19Il n'a pas même pu voyager librement.
08:21Il l'a volé au-dessus de la France.
08:22Il a volé au-dessus de la France.
08:24Il a vu tout ce qu'il souhaitait, alors qu'il y a quand même des crimes
08:27qui sont révélés.
08:29Il y a des bandes à d'arrêt qui ont été émis.
08:32Même chose à l'égard de Vladimir Poutine pour l'invasion de l'Ukraine
08:35et un certain nombre de crimes qui lui sont reprochés.
08:39On voit que pareil, il n'y a eu aucune poursuite.
08:42En tout cas, par contre, lui a plus de mal à voyager
08:45puisqu'il y a quand même davantage de sanctions
08:46de la part qui ont été émises de la part de l'Europe et des États-Unis.
08:50Mais donc voilà, c'est comment en effet aujourd'hui,
08:54finalement, cette justice va-t-elle se pencher sur un tel cas ?
08:58Est-ce qu'aujourd'hui, normalement, elle n'est pas en capacité
09:00de pouvoir le faire ?
09:01Parce qu'il y a quand même des tribunaux qui sont là pour ça.
09:03Il y a des cours pénales internationales.
09:05Ça n'est pas du tout dans ce cadre juridique.
09:09Donc ça interpelle.
09:11Et surtout, en effet, ça met à mal, hélas,
09:16la justice internationale et le droit international
09:18puisqu'il a été violé.
09:21Et en plus, on le défait auprès d'un tribunal
09:22normalement qui n'est pas en capacité de rendre une telle justice.
09:26Un autre événement de la soirée de la nuit,
09:28c'est le Conseil de sécurité de l'ONU.
09:31Alors j'ai un petit peu regardé rapidement ce matin ce qui s'est dit.
09:34Globalement, les pays membres ont témoigné de leur opposition
09:37face à l'intervention militaire,
09:39face à l'attaque des États-Unis sur le Venezuela
09:42et sur le kidnapping de Nicolas Maduro.
09:44Que retenir de ce qui s'est dit au Conseil de sécurité de l'ONU ?
09:48J'ai un peu l'impression que, voilà, ils ne sont pas contents.
09:51Mais la suite, c'est quoi ?
09:53Oui, non. Alors ce qu'on peut retenir de ce qu'on sait de sécurité,
10:01mine de rien, c'est les alertes aussi du secrétaire général de l'ONU
10:03sur finalement les suites de cette opération
10:07qui luge forcément illégitime,
10:10qui ne respecte pas encore une fois le cadre international
10:12et le droit international,
10:13en violation totalement de la Charte des Nations Unies.
10:16Il y a aussi la question des suites
10:19notamment internes au Venezuela
10:21parce que ça peut très bien dégénérer
10:24en guerre civile ou pire.
10:26Donc voilà, c'est ce qu'il a soulevé d'abord
10:30et ensuite, sur le plan international,
10:32les suites de ce que ça peut permettre à d'autres États
10:35de mener le même type d'opération.
10:38En tout cas, ça donne une certaine légitimité
10:40à des coups de force et au retour à la loi du plus fort.
10:45Après, ce qui était intéressant,
10:46c'est aussi toute l'offensive des pays du Sud,
10:49que ce soit la prise de parole de la Colombie,
10:52du Mexique ou même de la Chine,
10:53qu'on demandait à ce que, en effet,
10:56la libération de Nicolas Maduro,
10:58puisqu'il juge en effet cette opération totalement illégale
11:02et en violation du droit international,
11:04donc ils appellent à sa libération.
11:06Ce qui fait écho d'ailleurs,
11:08si on en reviendra peut-être après,
11:09à la déclaration aussi de la nouvelle présidente
11:13par intérim du Venezuela,
11:15Delsi Rodriguez,
11:16qui appelle à la libération du président élu.
11:20Donc on voit que la Chine a rappelé
11:21toutes ces règles internationales
11:24et la France, encore une fois,
11:27a dit en effet que sur la forme,
11:28en fait, c'était totalement illégitime,
11:31mais finalement, sur le fond,
11:33ça ligne sur la position américaine,
11:36sur un président qui ne serait pas souverain.
11:39Et donc, finalement, ce serait une bonne chose,
11:41parce que ça permettrait une soi-disant transition démocratique.
11:44Mais voilà, je vous invite à lire le journal de ce matin.
11:47Aujourd'hui, il ne s'en cache plus,
11:49maintenant que c'est soit pour l'énergie,
11:50soit pour des raisons politiques,
11:52intervenir directement aujourd'hui dans des pays
11:54et appeler un renversement des pouvoirs.
11:56On fera un petit tour des différents angles,
11:58des différents papiers que vous avez écrits hier soir,
12:00ce matin, pour essayer de donner des éléments
12:02de compréhension et d'analyse
12:04à ce qui se passe au Venezuela.
12:05Tu parlais de Delsi Rodriguez,
12:07je lisais ce matin que Trump disait,
12:09oui, pour l'instant, on coopère avec elle,
12:11elle nous répond, quoi.
12:12Mais si à un moment donné,
12:13elle arrête de nous répondre,
12:14on n'est pas contre une nouvelle intervention.
12:17Et il dit même que c'est ce qui était prévu au départ,
12:19mais là, vu qu'on arrive à discuter avec elle,
12:21pour l'instant, ça va.
12:23C'est quoi le rôle d'Ulcie Rodriguez,
12:25qui a pris l'intérim de la présidence,
12:29qui était le bras droit, la seconde de Nicolas Maduro ?
12:32C'est quoi sa position entre, d'un côté,
12:34les présidentes d'un pays souverain, normalement,
12:36et de l'autre, elle est quand même mise
12:37extrêmement, fortement sous pression par les États-Unis.
12:40Comment elle s'en sort ?
12:41Ça va être quoi son rôle là-dedans ?
12:44Je pense que déjà, elle a attendu,
12:46elle a fait...
12:47Enfin, je veux dire, le Venezuela a respecté
12:49les règles constitutionnelles dont il est doté,
12:51c'est-à-dire que le président en exercice
12:53n'est plus en capacité d'exercer sa fonction,
12:55puisqu'il a été enlevé.
12:57Donc, c'est la vice-présidente qui a été valide...
13:00Son poste a été validé par la Cour suprême.
13:04Donc, elle est devenue présidente par intérim.
13:06Elle a été au suivi,
13:08les différents généraux de l'armée vénézuélienne
13:10qui lui ont accordé sa confiance.
13:12Elle a été intronisée hier.
13:13Donc, on voit que toutes les étapes
13:14ont respecté la constitution du Venezuela.
13:17Donc, c'est pour ça que le coup tenté
13:21par Donald Trump, c'était...
13:22Est-ce qu'en enlevant le président vénézuélien,
13:25de fait, l'État s'effondrerait
13:28et qu'en gros, l'opposition ou d'autres
13:31arriveraient à prendre le pouvoir
13:32et à mettre à mal la révolution bolivarienne
13:34qui est en place depuis maintenant
13:35plus d'une vingtaine d'années ?
13:37On voit que pas du tout,
13:38que l'État déjà est fort,
13:39qu'il y a un certain nombre de cadres démocratiques
13:42et juridiques qui sont en place
13:44et qui tiennent.
13:46Donc, déjà, ça, c'est une première réponse
13:47à Donald Trump et à sa volonté
13:49de renverser le régime.
13:53Mais oui, il faudra voir après
13:55comment elle répond à la pression constante
13:58des Américains,
13:59parce qu'ils ont laissé...
14:00Ils ont maintenu la force armée sur place,
14:03puisqu'on le sait qu'il y a énormément
14:04de militaires américains
14:05qui ont été déployés depuis plusieurs mois
14:06dans la région et dans les Caraïbes.
14:07J'ai entendu qu'il y avait encore
14:08des coups de feu cette nuit à Caracas.
14:10Alors, je n'ai pas...
14:11On ne serait pas trop venu d'où ça vient,
14:12mais on sait...
14:13Voilà, on sait qu'il y a eu des échanges.
14:14Finalement, ça s'est calmé.
14:15Donc, voilà, après,
14:16ça peut aussi être interne au Venezuela
14:19ou d'autres tentatives.
14:22Donc, voilà, la flotte est encore sur place.
14:24Il y a toujours un embargo
14:25sur les pétroles qui est maintenu.
14:27Et je crois que c'est le site Axios
14:29qui a interrogé notamment
14:30des membres de l'administration américaine
14:32qui disaient, oui, on se garde la possibilité
14:34de réintervenir d'une manière opérationnelle,
14:37militaire, si besoin.
14:39Donc, on voit qu'en effet,
14:40elle va devoir face à une pression constante.
14:42Mais tout dépendra, en effet,
14:44de la position, là aussi, de la population,
14:47s'ils soutiennent toujours ce pouvoir.
14:51La question aussi de futures élections.
14:53On sait que, par exemple,
14:55le président de la Chambre des représentants
14:57qui est un républicain indique
14:58que ça serait une des possibles réponses.
15:02Finalement, Donald Trump a balayé la question,
15:03il a dit que ce n'était pas le moment.
15:04Marco Rubio, pareil.
15:05Donc, on voit que même au sein du camp républicain,
15:08ils ne sont pas d'accord entre eux
15:09sur, finalement, la marche à suivre,
15:11si ce n'est de vouloir faire tomber,
15:13en tout cas, un régime
15:14et de s'accaparer le pétrole sur place.
15:16Tu dis faire tomber un régime.
15:18Je lisais ce matin sur les réseaux sociaux,
15:20pas mal de gens ont parlé de coup d'État.
15:22Est-ce qu'on peut parler d'un coup d'État
15:24dans la mesure où, effectivement,
15:25les États-Unis sont intervenus militairement
15:27et ont enlevé le dirigeant d'un pays,
15:31mais les États-Unis n'ont pas mis quelqu'un à la place ?
15:33Donc, est-ce qu'on peut parler de coup d'État
15:34ou est-ce que c'est une facilité de langage
15:38de parler de ça ?
15:40C'est un coup d'État dans la mesure
15:41où ils ont pris un président élu.
15:43C'est-à-dire qu'après,
15:45ils n'ont pas renversé l'administration,
15:49le gouvernement et l'ensemble des autorités élues.
15:55Oui, mais un coup d'État parce qu'en effet,
15:57c'était le président en exercice,
15:58quelles que soient les critiques
15:59qu'on pouvait mettre à son encontre.
16:01Et bien sûr, il y en a sur la manière
16:05dont il fonctionne,
16:07sur aussi les échanges avec l'opposition,
16:10sur la répartition des richesses.
16:11C'est beaucoup plus dur aujourd'hui
16:13pour le Nézéla, qui a une vingtaine d'années.
16:16Aussi parce qu'il y a des sanctions économiques
16:17et un blocus imposé par les Américains.
16:22Mais en tout cas, aujourd'hui,
16:24c'était le représentant élu,
16:27quel que soit, de quoi qu'on pense,
16:29des élections en 2024.
16:32Donc voilà.
16:33Mais en effet, après,
16:35l'autre question qui va se poser,
16:37en effet, c'est est-ce que les États-Unis
16:38vont soutenir ou pas une opposition ?
16:40On a vu que, par exemple,
16:42Machado, qui a reçu le fameux prix Nobel de la paix
16:44il y a encore quelques semaines,
16:47qui est vraiment une partie de l'opposition,
16:51vraiment la plus virulente,
16:52qui était d'accord d'ailleurs pour une opération étrangère
16:56qui renverse Nicolas Maduro,
16:58n'a pas été reconnu finalement par Donald Trump
17:00comme une personnalité influente.
17:03Donc même au sein de l'opposition,
17:05maintenant, il va falloir voir comment il se positionne
17:07parce que c'est extrêmement difficile
17:09de reconnaître finalement
17:10qu'un pouvoir, quel qu'il soit,
17:13soit renversé par une puissance étrangère
17:14et puisse arriver au pouvoir
17:17par la mainmise d'une puissance étrangère
17:20et en plus encore plus
17:21quand il s'agit des États-Unis.
17:23Je suppose, pour terminer,
17:25qu'on fasse un petit tour
17:25des différents angles,
17:27des différents papiers
17:27que vous avez produits dans la journée
17:30et dans la nuit.
17:31Je commence par la une.
17:34La une de l'UMA de ce matin,
17:36États-Unis, États-Voyous.
17:37Alors, je ne sais pas si vous voyez,
17:38mais le chapeau après l'enlèvement
17:40du président vénézuélien Nicolas Maduro
17:41qui comparaissait lundi
17:42devant un tribunal de New York,
17:44qu'on en a parlé.
17:44Donald Trump multiplie les menaces,
17:46l'Europe reste passive.
17:47La Chine et la Russie condamnent
17:48mais prennent acte de la loi du plus fort.
17:51Voilà la une.
17:52Et ensuite, les différents angles.
17:54Donc ça, c'est la fameuse vidéo
17:56que vous avez faite hier
17:58sur les suites et l'analyse
18:00de ce qui s'est passé à Venezuela.
18:03Ça, c'est le lead du premier plan d'aujourd'hui
18:05que tu as écrit avec Antoine
18:07qui va bientôt nous rejoindre
18:09sur les suites et les suites dans la région
18:11mais ailleurs aussi.
18:12On parlera du Groenland juste après.
18:15Il y avait un autre entretien
18:18de Luis Regada qui, en ce moment...
18:20Il essaie de passer la frontière
18:21parce qu'il est entre la Colombie
18:23et le Venezuela.
18:25Et forcément, vu la situation exceptionnelle,
18:28voilà, n'importe qui.
18:29Heureusement, les frontières
18:30sont quand même surveillées.
18:31Donc, il regarde les profils
18:33les uns et les autres
18:34qui peuvent rentrer,
18:35notamment la presse.
18:37Et donc, voilà.
18:38Et forcément, on va dire
18:39que les déclarations de Macron
18:43n'aident pas forcément
18:44à favoriser ce que des journalistes français
18:46puissent arriver sur place
18:47puisque, encore une fois,
18:49Macron a soutenu
18:51l'opération militaire américaine.
18:54Après, en revenant sur ses propos
18:57le lendemain, en disant finalement
18:59que sur la forme, c'était pas bien.
19:00Mais en tout cas, sur le fond,
19:01restent exactement sur la même ligne.
19:03C'est-à-dire, oui, il fallait
19:04un changement de pouvoir au Venezuela
19:08faisant fi quand même
19:09de la souveraineté des États.
19:12Luis Regada, vous l'avez déjà vu en stream,
19:14c'est le spécialiste
19:15de l'Amérique du Sud, globalement.
19:17Il avait parlé du Venezuela
19:18il y a quelques semaines, mois d'ailleurs,
19:20en mettant déjà en garde
19:21contre les opérations militaires
19:23qui pouvaient se préparer.
19:26Malheureusement, l'actualité
19:27lui a donné raison.
19:31La question du pétrole, évidemment,
19:33écrite par Marion Dallard.
19:34Et enfin, un petit portrait
19:35de Delcy Rodriguez
19:36dont on parlait.
19:37La nouvelle précédente par intérim.
19:39Après, et aussi un papier
19:40sur l'audience hier à New York.
19:45Un petit récap sur les charges,
19:49sur pourquoi il était poursuivi.
19:53Voilà, un peu tout ça.
19:55Je crois que c'était Elisabeth Fleury
19:56qui a fait le papier.
20:00Donc, voilà.
20:01Non, mais c'est en plus
20:01entre le print et le web
20:03puisque sur le web,
20:04on a dû fournir plus de papier.
20:06Donc, c'est vrai qu'il y a plus de matière.
20:09Oui, oui.
20:09Donc, si ça vous intéresse,
20:10si vous avez envie de creuser ces questions,
20:12on vous encourage évidemment
20:13à aller lire tout ce qu'on a produit,
20:15tout ce que le service-monde
20:16notamment a produit,
20:16mais qui a été épaulé pas mal
20:17par les autres services
20:18puisque ça demande beaucoup de travail.
20:21Donc, voilà.
20:21Si ça vous intéresse,
20:22si vous avez envie d'avoir un peu
20:23des éléments de compréhension,
20:24d'analyse pour bien comprendre
20:26ce qui se passe en ce moment au Venezuela,
20:27mais globalement en Amérique latine
20:29et en fait dans le monde
20:29puisque, on l'a dit,
20:31le droit international est piétiné
20:32et l'ordre international
20:33est dangereusement mis à mal
20:35avec la loi du plus fort
20:37qui est en train de se confirmer.
20:39Merci beaucoup, Vadim,
20:41pour ce petit point d'actualité.
20:42Je pense qu'on aura l'occasion
20:43d'en refaire régulièrement
20:46sur ce qui se passe au Venezuela
20:47mais ailleurs dans le monde.
20:48Donc, je rappelle,
20:49Vadim Kamenka,
20:49responsable du service monde
20:50à l'humanité.
20:52Merci beaucoup, Vadim.
20:52Merci.

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