00:00On arrive où on n'a pas vraiment de savoir, mais au fur et à mesure, on apprend sur le
00:04tas.
00:04Et c'est super intéressant de se dire qu'on peut redonner une seconde vie à des choses qu'on
00:08pensait ne plus réutiliser.
00:17Nous, on récupère du bois, de la bâche, du plastique, du tissu, des matières récupérées auprès d'entreprises, auprès de
00:24collectivités,
00:25qu'on va modifier pour en faire des produits.
00:27Donc on a une partie de l'atelier qui sert à couper, ordonner, laver, trier, classer.
00:32Et on a une deuxième partie de l'atelier qui va servir à produire.
00:35Et donc là, on a de l'outillage issu plutôt d'une culture de Fab Lab, qui sont des ateliers
00:40de fabrication numérique.
00:41Donc on a l'impression 3D, on a la découpe laser, on a du fraisage, on a des outils classiques.
00:47Et donc on a ces deux types d'outils qui nous permettent d'amener du déchet à un produit neuf.
00:57On apprend, on se forme pour pouvoir réellement faire autre chose.
01:02Parce qu'on n'est pas forcément obligé de trouver quelque chose dans tout ce qui est numérique, tout ce
01:07qui est artisanat.
01:08C'est vraiment notre ressentir ce qu'on est réellement.
01:11Et donc moi, cette formation va me permettre peut-être après de travailler dans tout ce qui est social,
01:17tout ce qui est dans des associations, pouvoir aider les gens sur leur papier, sur leur paperasse,
01:22ou les aiguiller sur des choses qu'ils ne connaîtraient pas.
01:24Au moment où j'avais besoin, j'ai quand même trouvé une structure qui m'a aidé, qui m'a
01:28accompagné.
01:29Et que moi, je sors de là, en essayant d'aider d'autres personnes, à leur redonner confiance,
01:36à leur dire que les choses peuvent se passer s'ils ont la motivation, la volonté.
01:40Parce qu'il faut croire en soi d'avoir, pour pouvoir avancer.
01:49Je suis arrivé ici, je suis imprimeur au départ du métier, donc je connaissais un peu le papier et l
01:53'imprimerie.
01:54Mais il y a un domaine que je ne maîtrisais pas.
01:55Par exemple, c'était la CNC, c'est apprendre à découper du bois.
01:59J'ai appris aussi, par exemple, dans le domaine, j'ai appris à percer, à poncer, j'ai appris à
02:05coller.
02:06Donc j'ai appris beaucoup de choses à ce niveau-là.
02:08Parce que par rapport à mon métier, c'était les arts graphiques, mais c'était plus industriel.
02:12Là, c'est beaucoup plus manuel, c'est beaucoup plus consciencieux.
02:15C'est un concept qui est tout nouveau et c'est un très bon tremplin.
02:17Parce que par la mesure où on arrive sans emploi pendant, on va dire, un an ou 18 mois,
02:21et là, ça nous remet sur le marché du travail.
02:24Ça nous permet en plus de retrouver un tissu social.
02:27On reste toujours en activité, on n'est pas dans l'exclusion.
02:30Et ça, c'est le plus important pour retrouver du travail.
02:33Il y en a qui ont trouvé une famille ici.
02:35Voilà.
02:38Là, on fait des créations boucles d'oreilles.
02:41Déjà, choisir les formats.
02:43Et après, choisir les couleurs.
02:46Et après, la partie la plus difficile, c'est de remettre les fixations.
02:51Là, tu travailles sur un prototype, c'est ça ?
02:53Oui, ça, c'est le nouveau prototype.
02:56Je trouve cette idée de faire de l'insertion, c'est une très, très bonne idée.
03:05Ça aide beaucoup de gens qui n'ont pas trouvé au passé du travail à se relancer
03:12et après, de trouver plus facilement de travail pour l'avenir.
03:25Ils arrivent par la plateforme de l'inclusion, qui est une plateforme nationale.
03:32Tous les prescripteurs, c'est-à-dire les maisons de l'emploi, les pôles emplois, les gens du pli,
03:37tous ceux qui travaillent à l'accompagnement des publics qui ont été éloignés de l'emploi à un moment,
03:43envoient des mails en disant « nous, on a tel candidat ».
03:46Mais c'est un dispositif qui est assez bien pensé pour marcher, finalement.
03:51Parce que tu as un accompagnement individuel,
03:55car contrairement à Pôle emploi, où ils gèrent 120 ou 200, je ne sais pas combien de dossiers,
04:03nous, les gens, on les suit et puis on les connaît.
04:07Quand on prend contact avec des entreprises à l'extérieur,
04:10on peut dire « si on vous l'envoie, c'est qu'on sait que ça peut marcher ».
04:15Donc a priori, je pense que c'est assez bien pensé pour avoir des résultats.
04:21Est-ce qu'on faisait plutôt ce format-là ?
04:23On était parti sur plutôt de l'encollage ?
04:25Le projet, c'est l'incarnation du monde d'après, qu'on a tous rêvé au moment du Covid.
04:29Au moment du Covid, on s'est dit qu'on devait faire société autrement,
04:32on devait produire localement, on devait créer de l'emploi,
04:36on devait être heureux dans ce qu'on faisait.
04:37Et donc nous, pendant le Covid, le lieu qui est ici a servi à faire des visières de protection anti
04:43-Covid.
04:44On en a fait 4 ou 5 000 à peu près.
04:46Et donc on s'est aperçu qu'avec nos mains et nos machines,
04:49on était capable de faire de la production relocalisée et de quantité.
04:53Et c'est comme ça qu'est partie l'aventure en se disant
04:54« mais on va recréer des emplois sur la production locale et avec le réemploi,
04:58qui pour nous est très important, qui est d'utiliser les matières premières qu'on a à proximité. »
05:01Donc on est vraiment l'incarnation, 3 ans après, de cette mentalité de réflexion
05:07et des bifurcations des trajectoires au moment du Covid.
05:10On ne peut pas mettre d'un côté le citoyen et la personne qui est au travail.
05:13Et donc c'est ça qui est au cœur du Poincaré, qui a toujours été au cœur,
05:17qui est de trouver un espace de laboratoire, d'innovation sur les conditions de travail, de production,
05:23pour imaginer des choses que peut-être d'autres feront au plus grand.
05:26Parce que nous, on se plaît aussi dans le travail d'innovation et de recherche.
05:31Je ne suis pas sûr qu'on ait un jour 200 personnes.
05:33Je crois que ce n'est pas le but.
05:34Je crois que ce n'est pas le but.