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  • il y a 10 heures
BACKLASH c'est notre revue de presse sur l'actu féministe présentée par Julia Hamaloui. Cette semaine, on parle des États Unis de Trump et de la recrudescence de la haine sexiste.

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Transcription
00:00Alors l'idée c'est une revue d'actu féministe pour tenter en fait une sorte de backlash du backlash.
00:05Parce que là avec Trump, Retailleau, Némésis, les féminicides vous en parliez à l'instant, les mascus qui progressent,
00:11ce mois-ci on a malheureusement du lourd.
00:13Et moi je voulais commencer par le backlashiste en chef de ce mois, Donald Trump.
00:17Ah mais tu nous as pas précisé ce que c'était le backlash ?
00:20On va en dire quelques mots très rapidement.
00:21C'est un concept qui a été théorisé dans les années 90 par la féministe américaine Suzanne Farundi.
00:28En VF, on dit retour de bâton.
00:31L'idée c'est qu'après une avancée des droits des femmes, il y a une contre-offensive masculiniste et
00:37réactionnaire.
00:38En gros, si on était dans la guerre des étoiles, ce serait l'empire contre-attaque.
00:43Voilà, et donc ce mois-ci, notre palpatine c'est Donald Trump.
00:46Parce que depuis son investiture le 20 janvier, c'est vrai qu'on sait plus où donner de la tête.
00:50Enfin je sais pas vous, en tout cas moi, je sais plus où donner de la tête.
00:53Il y a encore quelques années, si un auteur ou une autrice d'anticipation avait écrit le quart du tiers
01:01de ce qu'il a déclaré depuis son investiture,
01:05on se serait dit qu'il y allait beaucoup trop fort.
01:07C'est vrai quoi, le président de la première puissance mondiale qui dit face caméra, très tranquillement,
01:16qu'il envisage de commettre un crime contre l'humanité à Gaza en expulsant les Palestiniens pour en faire la
01:23rivière du Moyen-Orient.
01:25Voilà, bon, ça se passe de commentaires, évidemment.
01:28Mais du coup, revenons à nos moutons, parce qu'entre, il n'a pas fait que ça, évidemment,
01:34entre un décret pour quitter l'OMS ou un autre pour lancer la chasse aux exilés,
01:39Donald Trump n'a pas oublié celle qui disait pendant la campagne vouloir protéger qu'elle le veuille ou non.
01:45Bon, bah depuis sa protection, ça consiste à mettre en place une stratégie à bas bruit pour s'attaquer à
01:50l'avortement.
01:51Alors sur la question, c'est vrai, on n'a pas eu le droit à une prise de parole intempestive,
01:55il y a un décret tout nitruant pour le moment, et pour cause, je ne sais pas si vous vous
01:59souvenez,
01:59le 5 novembre, au moment de la présidentielle, il y avait aussi toute une série de référendums aux Etats-Unis,
02:05et le camp Rochois, à ce moment-là, a gagné 7 des 10 référendums sur le sujet de l'IVG,
02:10y compris dans certains bastions conservateurs.
02:13Du coup, ils ont mis la sourdine sur la question.
02:16Mais en mettant la sourdine, comment s'y prennent-ils pour quand même attaquer l'avortement ?
02:21Eh bien, vous vous souvenez de Robert Kennedy Jr., le complotiste anti-vax qui a été choisi par Donald Trump
02:27pour devenir secrétaire d'Etat à la Santé ?
02:31Eh bien, en fait, c'est sa récente audition au Sénat qui a montré comment il compte s'y prendre.
02:35L'acte 1, interdire la méfipristone, qui est utilisée dans la moitié des IVG médicamenteuses dans le pays,
02:41au nom de la sécurité sanitaire, alors que toutes les études sérieuses montrent que c'est ultra safe.
02:46Et acte 2, avancer ces billes pour interdire au niveau fédéral les avortements dits tardifs.
02:52Oui, et en plus tardifs, on ne sait pas trop ce qu'ils entendent par tardifs.
02:56Exactement, c'est une notion super floue qui va permettre derrière d'attaquer l'IVG dans son ensemble
03:01et pour ça d'avoir une loi au niveau fédéral.
03:03Du coup, il faut se rappeler quand même qu'on avait été prévenus
03:11et avec l'influenceur masculiniste et suprémaciste Nicolas Fuentes,
03:15il avait carrément donné le ton dans une vidéo sur ses très influents réseaux
03:19dès l'annonce de la victoire de Trump.
03:22Donc je vais vous le citer.
03:23Attention, ça pique les oreilles, je vous préviens d'emblée.
03:26Ça donnait, « Eh salope, oui, les âmes gagnent encore.
03:29Et devinez quoi, nous contrôlons vos corps, c'est votre corps, mon choix. »
03:32Je vous avais prévenu.
03:34Mais ça, il faut savoir que c'est que la face immergée pour le moment.
03:37C'est le renversement de « my body, my choice », « your body, my choice ».
03:43Et ils ne s'arrêtent pas là, évidemment,
03:45parce que ça, c'est ce qu'ils essayent de faire avancer en sous-main.
03:48Mais comme les réacs d'ici, Donald Trump a ouvertement lancé à l'offensive
03:53contre les personnes transgenres interdites d'armée,
03:57de compétitions sportives dans les universités, etc.
04:00Et pour tout ça, il sous sur les braises des angoisses virilistes
04:04de ceux qui ont besoin de se conforter dans le schéma patriarcal le plus tradi qui soit.
04:08Petit exemple au hasard avec Mike Johnson.
04:11Lui, c'est le président républicain de la Chambre des représentants, rien de moins.
04:16Et il a dit pour fermer le banc, comme ça, tranquillement,
04:19« Les hommes sont des hommes, les femmes sont des femmes.
04:21Et les hommes ne peuvent pas devenir des femmes. »
04:23C'est aussi simple que ça.
04:25Et voilà, on assène une contre-vérité sur le ton de l'évidence et emballé, c'est pesé.
04:30Et d'ailleurs, pour Trump, toutes les occasions sont bonnes, même les plus dramatiques.
04:34Je ne sais pas si vous vous en souvenez de ce crash qui a eu lieu il n'y a
04:38pas si longtemps.
04:39C'était le 29 janvier, entre un avion et un hélicoptère militaire à Washington.
04:45Et bien, à ce moment-là, Donald Trump, il disait, en s'adressant aux régulateurs américains de l'aviation à
04:52propos d'eux,
04:53« Ils en ont même donné une directive trop blanc. Or, nous voulons des gens compétents. »
04:58Donc, en fait, il a dit qu'il ne fallait embaucher que des personnes blanches.
05:01Ben voilà, en gros, pour avoir des gens compétents, pour lui, c'est ça.
05:04Donc, sa cible, là, en l'occurrence, c'est les programmes diversité, équité et inclusion mis en place dans l
05:10'administration
05:11et fut un temps dans les grandes entreprises. Alors, depuis l'investiture de Donald Trump,
05:15elles y mettent tout un terme les unes après les autres. Encore Google, la semaine dernière, l'a annoncé.
05:21Alors, bien sûr, là, Donald Trump, il vise la lutte contre le racisme prioritairement,
05:26mais ça fait coup double, du coup, avec l'égalité homme-femme, car, comme bien souvent, on le sait, tout
05:31est interconnecté.
05:32Alors, de l'autre côté de l'Atlantique, ici, ça ne va pas très bien non plus.
05:37Eh oui. Les disciples du maître sont en forme ici aussi. Ils se sentiraient presque pousser des ailes.
05:44Et d'ailleurs, dans le cas de Bruno Rotaillot, ça l'a amené à faire une gaffe.
05:48Vous avez peut-être eu en écho cette petite phrase. Je voudrais vous féliciter.
05:53Bravo pour votre combat. J'en suis très proche.
05:56Alors, ça, c'était le 21 janvier, lors d'une conférence sur la sécurité.
06:00Et le ministre de l'Intérieur répondait à Alice Cordier, qui est...
06:04Je ne sais pas si dans le chat, vous voyez qui c'est, Alice Cordier.
06:07On va voir. On laisse 10 secondes. Je ne sais pas si quelqu'un remet cette personne.
06:14Et voilà, c'est ça.
06:15Bravo. Bingo.
06:16Marie a trouvé.
06:17La porte-parole de Némésis.
06:18Alors, Némésis, pour celles et ceux qui auraient eu la chance de ne jamais en avoir entendu parler jusque-là,
06:24c'est un groupuscule de femmes qui est xénophobe, raciste, identitaire,
06:28et qui veut se faire passer pour féministe.
06:30Alors, elles font partie de celles et ceux qui, pour parer les coups du patriarcat,
06:35clament sur tous les toits que le vrai problème des femmes, ce sont les étrangers,
06:40qui passeraient leur temps à les violer dans les parkings sombres.
06:44Évidemment, c'est contre les faits, puisque 91% des viols sont commis par des hommes connus de leurs victimes.
06:51Et ça, ce n'est pas des hystériques féministes qui le disent.
06:53C'est le ministère de l'Intérieur dans une étude de 2019.
06:58Du coup, pour les militantes de Némésis et compagnie,
07:01elles sont obligées de faire profil bas,
07:04comme quand, au moment du procès des viols de Gisèle Pellicot, par exemple,
07:09la réalité éclate au grand jour.
07:12Le ministre de l'Intérieur, lui aussi, a dû faire profil bas après sa sortie,
07:17puisqu'il a été contraint de rétro-pédaler,
07:19pris dans le sac en public, la main dans le sac, pardon,
07:23en public de ses amitiés identitaires.
07:26Du coup, il a dit qu'il n'était pas au courant des positions très radicales de cette association.
07:31Ça laisse songeur.
07:33En tout cas, moi, ça me laisse songeuse
07:34quant au niveau d'information de la place Beauvau sur les groupuscules d'extrême droite.
07:38Mais il dit n'importe quoi, il ne sait pas de quoi il parle.
07:40C'est Elisabeth Borne aussi qui disait,
07:41on n'attend pas d'un ministre qui soit expert de son sujet.
07:44Ça ne m'étonne pas du tout qu'il ne connaisse pas la composition des différents groupes féministes.
07:48Oui, vous êtes incompétents, oui, effectivement.
07:50Pardon, vas-y.
07:51Non, mais c'est vrai, ça laisse par tels, en tout cas, moi, je trouve, quand même.
07:55Et puis surtout, ça reste l'aveu involontaire d'un membre du gouvernement
08:00qui explique peut-être en partie pourquoi tant de femmes continuent de mourir
08:04sous les coups de leurs conjoints en WEX.
08:05Vous en parliez à l'instant.
08:07Là, on en est à 12 depuis le début de l'année,
08:09selon le recensement du collectif Interrogue et Féminicine.
08:12Je le rappelle, on est seulement le 11 février.
08:15Et ces féminicides, ils sont bien souvent la chronique d'une mort annoncée,
08:19plus encore que dans le roman de Gabriel Garcia Marquez.
08:24Et ça, c'est le procès de l'assassin de Sandra Plath, fin janvier,
08:27qui nous l'a encore montré.
08:29Et est-ce que tu peux nous rappeler ce qui s'était passé
08:31pour le féminicide de Sandra Plath, justement ?
08:34Oui, bien sûr.
08:35C'est une histoire qui est malheureusement récurrente.
08:38Son ex lui a infligé une cinquantaine de coups de couteau
08:41après s'être introduit chez elle pour attendre qu'elle revienne
08:44d'avoir déposé leur enfant à l'école.
08:47Et avant ça, elle avait porté plainte à plusieurs reprises.
08:50Elle avait demandé une ordonnance de protection.
08:53Elle avait écrit au procureur et même au président de la République.
08:57« Sandra n'aurait jamais dû mourir. Elle n'a pas été protégée. »
09:00C'est ce qu'ont scandé les féministes devant le tribunal
09:03lors du procès à Bordeaux.
09:05On y reviendra avec Blanche aussi, parce que c'est vrai
09:07qu'à travers le collectif Notre Orage, tu luttes beaucoup
09:10contre les dysfonctionnements judiciaires.
09:12Et justement, quand des femmes signalent les violences,
09:15qu'on ne les laisse pas seules face à cette violence,
09:18jusqu'à parfois le féminicide.
09:21Exactement. Et dans ce slogan qu'on brandit les féministes
09:24au moment du procès, on parle de protection.
09:26Mais ce n'est pas une protection à la Trump.
09:29C'est être vraiment protégée avec des moyens à la hauteur.
09:32En tant qu'il a envie d'être protégée par Trump.
09:34Non, pas trop.
09:36Mais alors même sans lui, ici, on n'est toujours pas protégée
09:39puisque c'est 2,6 milliards par an qui sont nécessaires
09:43pour lutter vraiment contre les violences faites aux femmes
09:47selon les estimations des associations féministes
09:50qui n'arrêtent pas de lancer ce cri d'alerte.
09:53Et oui, mais au lieu d'accorder des fonds aux féministes
09:57pour lutter contre les violences sexuelles, aux associations,
10:01le gouvernement emploie ces fonds pour envoyer ses représentants
10:05lutter contre l'avancée des droits des femmes
10:07dans certaines villes de notre pays, comme...
10:10Et oui, comme à Toulouse en novembre dernier.
10:13Cette fois, c'était au tour de la préfecture de l'Isère
10:15de s'attaquer au congé menstruel, mais aussi au congé post-IVG
10:20et au congé pour le deuxième parent
10:23que la ville et la métropole de Grenoble ont décidé d'accorder
10:27à leurs agents.
10:28Alors, OK, le congé menstruel, ça fait débat parmi les féministes
10:32du fait de possibles effets pervers qui pourraient se retourner
10:35contre les femmes.
10:35Mais alors, c'est pas du tout, du tout, du tout
10:37ce qui inquiète la préfecture de l'Isère, en l'occurrence.
10:41Non, ce qui l'inquiète, c'est que ça mettra en cause
10:43les fameux 1 607 heures de travail qui ont déjà coûté de nombreux droits
10:47aux fonctionnaires.
10:49Alors, backlash à venir ou pas, ça, on le saura dans 15 jours
10:52quand le tribunal administratif rendra sa décision.
10:55En tout cas, c'est un peu déprimant, tout ça.
10:57Est-ce que tu crois quand même qu'on va pouvoir s'en sortir
11:00de ce naufrage ?
11:01Alors, il y a du boulot, c'est vrai.
11:02Et d'ailleurs, vous en avez parlé juste avant,
11:05mais c'est ce que montre le dernier rapport annuel du Haut Conseil
11:12à l'égalité entre les femmes et les hommes qui est sorti le 20 janvier dernier.
11:16Alors, chez les femmes, vous l'avez dit, je crois tout à l'heure,
11:18c'est plutôt rassurant.
11:19Elles sont plus féministes, nous dit le Conseil.
11:22En revanche, chez les hommes, même dans les jeunes générations,
11:26on note de plus en plus de sensibilité au discours masculiniste.
11:30Un exemple, parmi beaucoup d'autres,
11:33une remarque ou une blague sexiste, nous dit le HCE,
11:35est dérangeante pour trois femmes sur quatre,
11:38mais pour seulement un homme sur deux.
11:40Et alors, pareil, on en parlait aussi au début de l'émission,
11:43là, je cite le Haut Conseil, tous les items
11:46indiquant une adhésion à des stéréotypes féminins.
11:48Alors, c'est être fidèle, sérieuse, douce, sensible, discrète,
11:52avoir des enfants, être mince, avoir peu de partenaires sexuels,
11:56se maquiller et j'en passe.
11:58Oui, le body count.
12:00Exactement.
12:00Et pas forcément des meilleurs, évidemment.
12:02Et bien, tous ces items-là ont encore augmenté cette année.
12:06Voilà.
12:07Bon.
12:07Mais dans tout ça, il y a quand même une bonne nouvelle.
12:11Il y a quand même une bonne nouvelle.
12:12Et ça concerne le programme d'éducation à la vie affective,
12:16relationnelle et sexuelle.
12:17C'est Évar, de son petit nom.
12:18Vous l'évoquiez aussi tout à l'heure.
12:20C'est la cible favorite des réacs de sous-poil.
12:24Des assauts de parents pilotés par Zemmour et compagnie,
12:28aux fans de la première heure de la manif pour tous,
12:31en passant par Alexandre Portier,
12:33qui était encore ministre délégué à la réussite scolaire
12:36à l'automne dernier.
12:37Donc, c'était il n'y a pas si longtemps
12:38quand il a dit ça tranquillement dans l'hémicycle du Sénat.
12:42Je vous le dis, à la fois comme élu,
12:44mais aussi comme beaucoup ici en tant que père de famille,
12:48ce programme en l'état n'est pas acceptable.
12:50Eh bien, ce programme, que ça lui plaise ou non,
12:53il va enfin entrer en vigueur.
12:55Il a été publié au bulletin officiel jeudi dernier.
12:58Alors, d'accord, c'est Elisabeth Borne qui est aux manettes.
13:01Pas forcément très rassurant.
13:02Et d'accord, il a été un peu expurgé,
13:04puisque la notion de transphobie, par exemple,
13:06a disparu de la dernière version.
13:08Et c'est d'autant plus grave, on l'a dit tout à l'heure,
13:10que c'est un terrain privilégié d'attaque des réacs,
13:14que ce soit ici ou de l'autre côté de l'Atlantique.
13:16Mais quand même, entendre parler à l'école de genre,
13:19de consentement, de lutte contre les inégalités,
13:22contre les stéréotypes, contre les violences sexuelles,
13:24c'est un pas indispensable pour mettre un terme
13:26à toutes les violences engendrées par le patriarcat.
13:29Et ça, c'est une super bonne nouvelle,
13:31qui en appelle d'autres évidemment,
13:33parce que dans la période,
13:34on va avoir besoin de pas mal de contre-quemps pour s'en sortir.
13:37Oui, il va falloir beaucoup.
13:38Merci Julia.
13:39Eh bien, merci à vous.
13:40Julia Amlaoui, la chef du service matinal de l'UMA,
13:44qui était avec nous pour sa chronique Backlash,
13:46et qui reviendra aussi pour la prochaine, le 11 mars.
13:49À la prochaine, merci beaucoup.

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