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  • il y a 9 heures
Le 30 mars dernier, Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, a annoncé qu’elle était enceinte et qu’elle comptait mener la campagne pour l’élection présidentielle de front avec cette grossesse. Ça nous semblait important de revenir sur cette annonce, déjà pour adresser les réflexions sexistes que cela a déclenché et ensuite pour s’interroger sur la mise en récit et sur une “exaltation” de la maternité que cela pourrait engendrer.

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00:00 Introduction
1:06 Le communiqué de Tondelier sur sa grossesse et les réactions mysogines
9:38 Les critiques de l'annonce de sa grossesse
19:26 Politiser la grossesse
25:36 Comment l'écologie impact l'infertilité et la grossesse
31:12 Conclusion

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Transcription
00:01Donc le 30 mars dernier, Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, a annoncé qu'elle était enceinte et qu'elle
00:07comptait mener la campagne pour l'élection présidentielle de front avec cette grossesse.
00:11Donc ça nous semblait important de revenir sur cette annonce, déjà pour adresser les réflexions sexistes que ça a déclenché,
00:17et ensuite pour s'interroger aussi sur cette mise en récit qui pourrait être un peu une exaltation de la
00:24maternité et les problèmes en fait féministes que ça peut engranger.
00:30Donc déjà, petite mise au point, pourquoi c'est quand même important cette prise de parole de la part d
00:35'une femme politique ?
00:36C'est important à deux titres pour lever deux tabous.
00:38Ça lève le tabou sur les problèmes de fertilité qui concernent un couple sur cinq, et ça lève aussi le
00:44tabou autour des fausses couches,
00:45car Marine Tondelier a parlé de sa fausse couche, et les fausses couches concernent entre 20 et 30% des
00:51grossesses.
00:51On n'est pas encore... Enfin, les études varient parce qu'évidemment, apparemment, la santé des personnes à utérus et
00:58des femmes et des minorités de gens,
00:59les médecins n'en ont rien à faire.
01:01C'est 1% du budget à louer à la santé.
01:04Donc déjà, pour se remettre dans le contexte, je vous remets le carousel où Marine Tondelier annonce sa grossesse.
01:12Ok. Donc, j'ai quelque chose à vous annoncer. J'atteins un enfant, un bébé miracle que je n'osais
01:16plus expérir.
01:17Je veux en parler aujourd'hui, car je ne veux plus le cacher.
01:20Une campagne présidentielle enceinte, puis avec un nourrisson, ça n'est pas arrivé beaucoup dans l'histoire politique française,
01:24et même à l'étranger. Alors, il me semble que c'est arrivé en Islande, mais pas plus, en effet.
01:29Mais l'Islande, il y a eu plus d'avancées...
01:31L'Islande, en fait, il y a eu une grande grève.
01:36Il y a eu des femmes présidentes, plusieurs, il me semble.
01:38Et il y a eu aussi une grande grève, en fait, dans les années 70, où vraiment toutes les femmes
01:42ont arrêté de travailler,
01:43et ce qui a provoqué vraiment toute cette révolution féministe que les Islandais connaissent aujourd'hui.
01:50J'ai décidé de ne pas m'excuser de cette bonne nouvelle.
01:52Comme beaucoup de femmes, j'ai vécu le drame silencieux des fausses couches.
01:55Pour rappel, cela concernera une femme sur trois dans sa vie.
01:58Et comme on en parle très peu dans le débat public, rien n'y prépare.
02:01Et ça, en effet.
02:03Et suite à ça, en fait, Marine Tondelier, elle a été, comme on pouvait s'y attendre, victime de sexisme.
02:13Et notamment par des responsables politiques de son camp.
02:17Donc je vous mets un petit vidéo de ce que se permettent les hommes.
02:25Vous me dites dans le chat si vous entendez.
02:28Je vous le dirai après.
02:29Ah ben non !
02:30Vous en avez trop dit ou pas assez, Patrick ?
02:31C'était à propos de la grossesse de Marine Tondelier.
02:35Il a dit qu'il avait fait un don de sperme il y a un mois et demi.
02:38Oh non, non, non, non, non, non.
02:40Et là, vous avez fait un sèche-là ?
02:41Eh bien, voilà.
02:42Voilà.
02:43Je vous épargne les réactions mi-amusées, mi-complices autour de la table.
02:50Donc de quoi on parle ?
02:51C'est gênant, quoi.
02:51Il y a un truc vraiment de...
02:53C'est extrêmement gênant.
02:53Je pense qu'il y a un rire crispé, quoi.
02:55Il y a un rire jaune de qu'est-ce qui est en train de se passer ?
02:57C'est un peu...
02:57Ah ben, la personne qui réagit le mieux, c'est Christian Clavier qui sort de table.
03:03Ouais, ouais.
03:03Donc pour que ça soit quand même...
03:05Enfin, on en est là.
03:06Donc qu'est-ce qui se passe dans cette séquence ?
03:08On a Patrick Cohen qui raconte une blague que lui aurait fait Fabien Roussel.
03:15Il a jeté sous le bus, hein.
03:16Ouais.
03:17À propos de la grossesse de Marine Tondelier, où du coup, Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français,
03:24aurait dit « J'ai fait un don de sperme il y a un mois et demi. »
03:27Bon, Fabien Roussel s'est évidemment excusé de cette blague et c'était le minimum.
03:32Mais c'est quand même ultra-symptomatique de ce que se permettent les hommes, en fait, quand ils sont en
03:38comité réduit, quand ils sont en non-mixité.
03:41Entre eux, ouais, ouais, ouais.
03:41Et vraiment, c'est... Enfin, ce qui est choquant sur cet extrait, c'est vraiment de se...
03:46En fait, quand une femme n'est pas là, on arrive à parler de son corps comme un objet, comme
03:50un truc inanimé qui ne serait pas connecté à elle, en fait.
03:54Mais ça, mais déjà, quand on est là, ça se permet, alors qu'il n'y a plus personne pour
03:57écouter...
03:58Oui, évidemment. Et ça me permet, du coup, de faire un petit aparté pour si des hommes nous regardent et
04:03qu'ils se disent féministes.
04:05En fait, nous, ce qu'on a besoin aussi de la part des hommes qui s'autoproclament alliés, c'est
04:10que vous parliez à vos potes, en fait.
04:12C'est que si... Parce qu'on sait que ça se produit dans vos groupes, sous ça.
04:15Une vanne comme ça, ça n'arrive pas que chez les politiques, ça arrive dans nos groupes.
04:19Enfin, ça arrive chez les politiques parce que ça arrive d'abord dans nos groupes.
04:22C'est ça.
04:23Donc, qu'est-ce qu'on vous demande ?
04:25On vous demande, en fait, de vous lever et de vous dire que c'est un problème et d'expliquer
04:30à vos potes que c'est un problème.
04:32C'est ça aussi le rôle des hommes qui se veulent allier des causes féministes aujourd'hui.
04:36C'est d'abord de faire le taf chez leur père.
04:40Parce que nous, on est un peu moins écoutés et on voit que quand on essaie de porter notre voix,
04:44on se fait plutôt traiter d'hystérique.
04:46Nous soulager de cette charge mentale, d'éducation, de discrimination que nous vivons nous-mêmes.
04:50Et en plus, on doit éduquer les gens pour qu'ils s'arrêtent de nous discriminer.
04:53Donc oui, c'est sûr que si tu te prétends allier, le minimum, c'est de ne pas rire à
04:57ces blagues.
04:58Et le minimum même, c'est de ne pas faire ces blagues.
04:59Parce que c'est quand même une personne qui se prétend allier, qui fait ces blagues-là.
05:02Et il y en a plein qui se disent, mais en fait, je ne peux être féministe qu'en public
05:05et qu'à la marche.
05:06Bon, c'est les profs, mais on les connaît.
05:08Et puis après, en privé, je peux faire des blagues graveleuses et ce n'est pas grave.
05:11De toute façon, personne n'a entendu, donc ça a blessé personne.
05:13Non, c'est ça.
05:13Mais d'ailleurs, moi, je trouve ça aussi choquant que, tu vois, Patrick Cohen, sur cet extrait,
05:19parce qu'il ne raconte pas cette blague en disant, genre, attendez, j'ai entendu un truc trop grave,
05:24je vais dénoncer cette blague-là.
05:26Il la raconte comme si tout le monde allait rire de connivence.
05:29Non, mais on dirait qu'il a déconnecté son cerveau pendant un moment.
05:33Il a oublié qu'il était en direct.
05:34Je ne sais pas, je crois qu'il mange en plus sur cette émission-là.
05:37Donc je ne sais pas, peut-être que le dîner était vraiment bon.
05:39Il a oublié les caméras.
05:40Il se dit, allez, je vais raconter vraiment un truc en bande de potes.
05:44Et il se rend compte.
05:45Et là, peut-être que, non, non, je ne vais pas vous la raconter.
05:47Ah bah si.
05:49C'était malvenu, quoi.
05:51Absolument.
05:51Et il y a aussi une autre critique sexiste que Marine Tondelier a prise dans la tête,
05:57qui est l'agisme.
05:59Marine Tondelier, elle a 39 ans.
06:01Et on a vu beaucoup d'hommes, notamment sur les réseaux d'extrême droite, dire qu'elle était trop vieille,
06:07qu'elle était irresponsable d'avoir une grossesse gériatrique, parce que c'est le terme médical.
06:14Déjà que ce soit le terme médical, on peut s'interroger.
06:16Donc, on va rappeler à tous ces messieurs...
06:19L'UTRU, c'est gériatrique, quoi.
06:20C'est horrible.
06:21Mais on va rappeler à tous ces messieurs que, ok, la fertilité, ça décline avec l'âge,
06:26mais que ce n'est pas un pic comme ça.
06:29Ça décline tout comme ça.
06:31Et qu'en plus, chaque femme est différente.
06:34Ça ne rend pas Marine Tondelier irresponsable de faire un enfant, on va dire, tard, selon les standards.
06:40Et en plus, ce n'est même pas si tard que ça.
06:42Elle n'a pas 40 ans.
06:44Oui, ce n'est pas si tard.
06:45Puis aujourd'hui, la médecine, elle a évolué.
06:46Et puis aussi, les hommes ont longtemps pensé, biologiquement,
06:50que leur sperme était le meilleur jusqu'à la fin de leur vie
06:54et qu'ils n'avaient, eux, pas de date de péremption.
06:56C'est faux.
06:57Alors que c'était totalement faux et que le sperme aussi perd en qualité avec l'âge
07:01et qu'une fausse couche sur deux est due à la qualité du sperme.
07:04Donc, ce n'est pas que la femme qui est responsable de la grossesse
07:07et de comment elle se passe, bien ou mal.
07:10Voilà, chacun sa responsabilité.
07:11On est deux pour faire un enfant.
07:13Bien sûr.
07:14Tout à fait.
07:15Et bon, ça, c'était pour parler des critiques sexistes qui étaient intolérables
07:21et qu'il faut absolument dénoncer.
07:24Après, moi, j'aurais bien aimé faire une deuxième partie.
07:27Petit aparté.
07:27Merci, Beauchoc Max, pour le quatrième mois.
07:31Ça fait plaisir.
07:32Merci beaucoup.
07:33Et juste pour réagir quand même, parce qu'il y a des gens,
07:34il y a des mecs dans le chat qui réagissent, tu vois.
07:36Genre, d'accord, mais quand tu fais ça dans ton groupe de potes mecs,
07:39tu t'en prends plein la gueule et tu finis un peu en marge.
07:41Pas pour ça qu'il faut arrêter, mais le coût social est important.
07:44Oui, mais c'est quoi le coût social en comparaison des femmes ?
07:46Voilà, c'est ça.
07:47À un moment donné, il y a un truc.
07:49Nous aussi, on avait des groupes de potes mecs et peut-être qu'on s'en est éloigné.
07:52Mais c'est eux qui nous éloignent.
07:53Oui, bien sûr.
07:54À un moment donné, quand il y a le truc aussi de la limite de la dette sexuelle en amitié,
07:58si tu leur donnes pas à un certain moment, tu sais, la friendzone qui devient limite une misère.
08:03La fuck jaune, je trouve ça encore pire.
08:07Les mecs qui sont absolument juste gentils avec nous, pour pouvoir avoir des faveurs.
08:12Il y en a un plus haut qui a dit aussi, là je le vois plus, mais qui a dit
08:15oui,
08:15j'ai perdu mon ami suite à ça.
08:17Est-ce que c'est pas bien d'avoir perdu un ami comme ça ?
08:21En vrai, est-ce que tu as envie d'être pote avec des amis qui sont ultra misogynes ?
08:26Je pense qu'à la longue, ça doit te fatiguer quand même.
08:28Je ne suis pas pote avec les racistes, je ne suis pas pote avec les sexistes.
08:31Ça devrait être pareil.
08:32Bof, être pote avec des vieux mecs, je préfère être seule.
08:35Oui, il y bouffe.
08:36C'est surtout, en amitié, on peut agree to disagree, peut-être pas sur les droits fondamentaux des gens.
08:41Oui, non mais c'est ça.
08:42On peut avoir des désaccords, vas-y, c'est bien, ça anime la discussion à table.
08:46Mais bon, sur quand même détester la moitié de la population sur son genre,
08:51sur sa couleur de peau, sur sa religion, ça c'était pas fou !
08:55Je vois aussi French Shonen qui nous dit, mais après l'humour c'est choqué aussi,
08:58on a le droit de faire des Black Borderline quand on n'est pas un personnage politique.
09:01Alors on a le droit.
09:02Est-ce que c'est drôle ?
09:03Je pense que l'humour Borderline, on en a assez soupé et qu'on peut peut-être investir d'autres
09:08formes d'humour.
09:09Et en plus c'est sur une collègue en soi, donc c'est encore différent.
09:11Absolument, absolument.
09:13Mon auteur préféré Terry Pratchett disait que quand on se moque des gens qui ont le pouvoir, là c'est
09:19de la satire,
09:20quand on se moque des groupes minorisés, là on tombe plus dans le harcèlement.
09:25Et je trouve ça assez bien dit.
09:26Et c'est toujours un peu plus drôle quand on se moque des puissants quand même.
09:29Bah ouais, c'est tellement de blagues à faire.
09:31Bon, pardon, on dérive totalement, mais en même temps c'est trop intéressant de parler de ça avec vous et
09:36tout.
09:37Du coup, moi je voulais aussi en arriver au cœur du truc, c'est que je pense qu'il y
09:43a eu des critiques sur l'annonce de Marine Tondelier
09:45qui sont entendables et qu'il faut rester en toute sororité, tout ça, parce que ce qu'elle a fait,
09:51ça demande quand même beaucoup de courage politique, je pense.
09:53Oui, mais la sororité, ce n'est pas inconditionnel non plus.
09:54Absolument. Mais ça me semble un peu important de préciser que pour cette partie, on ne va pas critiquer Marine
10:01Tondelier en tant que personne,
10:03mais plutôt les représentations implicites et inconscientes dans son annonce, en fait, et dans les réactions qui ont suivi.
10:10Donc moi, je voulais rebondir sur ce qu'a dit Sandrine Rousseau.
10:16Sandrine Rousseau, elle a été interrogée sur la question de la grossesse de Marine Tondelier dans le Nouvel Obs le
10:206 avril, et elle a répondu ça.
10:23Cette question ne doit pas nous empêcher de débattre de son bilan à la tête du parti des écologistes.
10:27Attention à ne pas tomber dans une forme d'exaltation de la maternité qui serait, pour le coup, l'inverse
10:33de ce que défend le féminisme.
10:34Et ça, je suis tout à fait d'accord avec Sandrine Rousseau, parce qu'il ne faut absolument pas tomber
10:39dans l'essentialisation des femmes dans leur seul rôle de mère.
10:43Déjà parce qu'il y a plein de femmes qui ne veulent pas d'enfants, d'autres qui ne peuvent
10:47pas avoir d'enfants,
10:49et celles qui ont des enfants ne sont pas définies que par un rôle de mère.
10:53Et ça serait ultra dommageable à tous les courants féministes.
10:57De retomber dans les travers, de décentialiser par le genre qui est une construction sociale.
11:01Absolument.
11:01Et combattre le virilisme de la politique qui est réelle, cette figure-là, qu'il faut que ce soit des
11:06hommes grands, autoritaires, machin, etc., etc.,
11:09qui serait dans l'énergie masculine, si on écoute certains tic-tacs, c'est pas en le combattant par une
11:15essentialisation de la féminité.
11:17Et par une prétendue énergie féminine.
11:20Peut-être que de la douceur, peut-être que de la maternité, ça ferait du bien à la France.
11:23Non, c'est vraiment pas ça.
11:24Mais là, on retombe en fait dans la complémentarité qui est une théorie qui est ultra dommageable,
11:28qui est notamment utilisée pour décrédibiliser les luttes LGBT, tout ça.
11:32Donc c'est absolument essentiel de se garder de ce travers-là.
11:36Et il me semble que...
11:38Non, je n'ai pas pris la réaction, mais Marine Tondelier a répondu en disant que non,
11:41elle ne souhaitait pas que son annonce tombe dans cette exaltation de la maternité.
11:46Donc je trouvais ça aussi intéressant de le mentionner.
11:50Mais également, voilà, il ne faut pas que, on va dire, la grossesse devienne un blanc-seing
11:55pour mettre les femmes sur une espèce de piédestale, de mère de la nation, mère nourricière, en fait.
12:02Pour vraiment...
12:03Donc je lis vos commentaires.
12:06Arceau dans le doute.
12:08Avec Tondelier, j'ai une mauvaise solution.
12:09Elle weaponize sa grossesse pour faire du personal branding.
12:12En fait, c'est un peu ce qui arrive souvent en politique.
12:16Est-ce que les droites font très bien ?
12:18C'est ce qu'on a vu avec Bardella, sa mise en scène, avec la princesse.
12:23Ah bon, sa mise en scène, ses photos, tu crois ?
12:25Ça y est, ça a été vraiment révélé, que c'est vraiment une mise en scène.
12:27Bon, on savait depuis le début.
12:28Mais il y en a certains qui pensaient encore que le buisson, comme ça, c'était vraiment...
12:32C'était réel.
12:32Mais il y a une pipolisation des personnages politiques pour les rendre plus humains,
12:38pour faire un storytelling autour d'eux.
12:40Il y a un narratif qui est construit.
12:42Et c'est vrai que des fois, nous, à gauche, on manque de communication politique,
12:46de bonne communication politique.
12:47Je ne pense pas que c'est une bonne manière de le faire sur une certaine starification.
12:52Il faut faire attention, il faut être vigilant, en fait.
12:53Il faut être vigilant.
12:54Il y a un très bon article, je ne sais pas si tu le mentionnes après, de...
12:56De Léane.
12:57De Léane, oui, oui, ce qu'on avait reçu.
12:58Léane, Aléthra.
12:59J'y viens, j'y viens.
12:59Sur la problématique, je ne suis pas d'accord sur tout, mais tu y viendras.
13:02Et en tout cas, c'est intéressant, il faut avoir l'esprit critique.
13:04Et c'est intéressant de se poser la question du débat, au-delà de c'est courageux, c'est un
13:09symbole.
13:10Parce que ça l'est, mais il faut aussi, je pense que c'est le devoir, en tant que force
13:15progressiste,
13:16de se poser toujours des questions de remise en question.
13:19Et ce n'est pas comme j'ai pu lire, se tirer dans les pattes entre nous.
13:22C'est juste dire, écoute, c'est bravo, bravo...
13:25C'est nouveau, donc forcément.
13:27Bravo d'avoir fait ça, ça demandait beaucoup de courage.
13:30Est-ce qu'on a d'autres choses à dire sur justement la maternité en politique ?
13:33Absolument, et on ne va pas se priver de les dire.
13:36Et moi, il y a aussi un carousel que je voulais vous partager,
13:39qui m'a beaucoup parlé, sur de ne pas tomber dans une culpabilisation des autres femmes
13:47dont la maternité serait improductive.
13:50Je mets des gros guillemets, ce ne sont pas mes mots.
13:52Mais, enfin voilà, Marine Tondelier a quand même annoncé vouloir mener et de front une grossesse
13:57avec tous les aspects extrêmement fatigants que ça demande, et une campagne présidentielle,
14:03enfin en tout cas, peut-être présidentielle, mais pour...
14:06Oui, c'est au moins une primaire, quoi.
14:07Donc, enfin, c'est quand même extrêmement demandant sur le plan physique et mental, quoi.
14:12Et il y a Seyna Sheriari, qui est par ailleurs candidate LFI, il me semble,
14:21candidate insoumise à la mairie de Montreuil, voilà.
14:22C'est ça, qui a partagé tout un carousel sur TikTok, sur TikTok, j'y arrive pas ce matin, sur
14:31X.
14:31Il est tôt, il est tôt.
14:32Allez, let's go, je vous mets ça.
14:35Marine Tondelier a fait le choix de rendre publique sa grossesse
14:38au moment où elle coïncide avec sa campagne présidentielle.
14:40Sauf que les super-women nous desservent.
14:43Explication.
14:45Bon, donc là, elle adresse à Marine Tondelier toutes ses félicitations en titre personnel,
14:49qu'on renouvelle, par ailleurs.
14:50Et elle ajoute que le privé est politique, ce qui est tout à fait vrai.
14:54Et elle rappelle, en fait, de ne pas se focaliser sur cette norme
14:59de la super-maternité impossible à atteindre.
15:02Et elle donne des exemples, notamment, voilà.
15:04Rachida Dati, ministre, qui était revenue cinq jours après son accouchement.
15:09C'est pas une césarienne, en plus, un truc comme ça ?
15:11Je crois, ouais.
15:12Pas un accouchement facile, en plus, quoi, qui demande du repos.
15:16Juliette Medel, qui se vante de passer l'ENA pendant son congé maternité.
15:19Stéphanie Caz, qui gagne un trail de 100 kilomètres tout en allaitant son bébé.
15:23Toutes ces figures vendent une femme supposée tout encaissée et tout en même temps.
15:28C'est un peu la girl boss, la version maternité.
15:30Ouais, c'est la girl boss ultime.
15:31Et ça, c'est vraiment, enfin, je trouve qu'on retombe, tu vois, sur une logique ultra-capitaliste
15:35de ta valeur va dépendre de ta productivité, de ta capacité à encaisser.
15:41Et pour moi, justement, enfin, quand on parle féministe, c'est l'inverse aussi de ça.
15:45C'est-à-dire de pouvoir redonner le temps à la santé des femmes et la santé des minorités de
15:51genre,
15:52par ailleurs aussi.
15:54Vraiment, de se dire, en fait, d'ériger cette nouvelle norme.
15:59Il est possible d'avoir à la fois un enfant et à la fois tout qui va très, très bien.
16:05Alors, évidemment, il ne faut pas qu'un enfant soit un frein aux carrières, pas du tout.
16:08Mais il faut aussi que les carrières puissent s'aménager par rapport à ces temps-là.
16:14Enfin, je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi, c'est vraiment ce truc,
16:16cette logique de ton corps doit être productif quoi qu'il arrive.
16:19Oui, en fait, il y a cette notion de, il faut faire fi, en fait,
16:24de tout ce que ça pourrait engendrer comme complication, etc.
16:27Alors qu'il faut trouver un bon équilibre, je pense,
16:29à ne pas tomber dans une glorification d'une certaine féminité très caricaturale
16:34qui serait du coup la douceur, la maternité.
16:37Et enfin, du coup, une essentialisation de ce qu'est la performance de genre.
16:41On n'est même plus juste dans la sexualité, on est vraiment sur la construction sociale du genre.
16:45Et ne pas non plus tomber dans un truc où, du coup, il faudrait totalement en faire fi
16:48et faire comme s'il ne s'était rien passé et du coup retomber dans un virus.
16:52En fait, c'est l'impression que les deux sont très binaires, quoi.
16:55Alors que le mieux, ce serait en fait qu'on ne se pose plus la question.
16:58Après, il y a encore une notion qui est autre, c'est que Marine Tondelier,
17:01au-delà d'être une femme, c'est aussi, voilà, une femme cisgenre blanche
17:05qui a assez d'argent.
17:07Donc je pense qu'elle pourra peut-être aussi avoir une nourrice, être aidée.
17:09C'est encore différent de le comparer à d'autres personnes qui ne vivent pas du tout la même vie.
17:15C'est peut-être le timing, en fait, pour moi, qui est mauvais de l'annoncer.
17:18Parler même de bébé miracle, le wording autour de tout ça, c'est un peu en mode sensationnel.
17:23Après, ça me semble, bébé miracle, ça fait référence justement aux fausses couches.
17:27Mais en fait, c'est un terme qui est un peu utilisé, j'entends tout à fait ce que tu
17:31dis,
17:32mais je crois que c'est un peu un terme qui est, d'ailleurs, peut-être à tort, utilisé
17:36quand, après une fausse couche, il y a un nouvel enfant conçu.
17:39Oui, mais je comprends très bien.
17:40Mais je pense que dans le storytelling, la narration qu'elle est en train de mettre en place,
17:44elle a une certaine responsabilité de ne pas non plus trop en faire sur...
17:49Ça, c'est peut-être un carousel un peu plus privé.
17:52Elle aurait dû faire, moi, je pense, un peu plus sobre l'annoncer,
17:55parce que comme elle le dit, de toute façon, ça va commencer à se voir.
17:58Et puis, elle a tout à fait le droit aussi de vouloir le dire.
18:00Elle n'a pas une injonction à devoir le cacher, ce qui serait aussi tout horrible.
18:03Mais c'est peut-être en faire moins un truc sensationnel, en fait.
18:07En faire pas un truc de bébé miracle, de machin, de rappeler les faits.
18:11Et ça, c'est vrai que ça peut mettre des bâtons dans les roues.
18:14En fait, rester sur les faits sociologiques, de ce que ça implique.
18:17Et d'ailleurs, à propos de faits sociologiques, je voulais surtout montrer ça.
18:21Sur le même carousel dont je vous parlais.
18:25Voilà. 77% des suicides surviennent autour du quatrième mois.
18:29Le suicide, c'est la première cause de mortalité maternelle aujourd'hui.
18:33Ok, je ne savais pas du tout.
18:34Ce n'est pas la mort en couche, comme on disait avant.
18:38C'est vraiment les jeunes mères.
18:42Le risque de suicide chez les jeunes mères est beaucoup plus élevé que dans le reste de la population.
18:47Mais jusqu'à un mois de grossesse, du coup ?
18:48Oui. Non, pardon, de postpartum.
18:50De postpartum.
18:51Là, on est sur le postpartum.
18:51C'est vraiment la dépression postpartum.
18:53Oui. Ok, ok.
18:53Voilà.
18:54Donc ça aussi, il faut permettre d'ouvrir cette discussion autour du postpartum.
19:01Et je ne sais pas si cette présentation un peu superwoman est le meilleur moyen d'y arriver.
19:08J'en doute un petit peu.
19:09Voilà. En fait, je ne voudrais pas qu'on tombe dans cette essentialisation de la maternité.
19:14Comme le dit Sandrine Rousseau, en fait, dans cette exaltation, en faisant fi de tous les problèmes.
19:19Et parce que justement, Marine Tondelier dit vouloir en parler de manière politique.
19:22Et en parler de manière politique, c'est en parler aussi de manière politique publique.
19:28Mais c'est tout qu'elle aurait pu, moi, je trouve, ouvrir un chapitre beaucoup plus intéressant politiquement,
19:33de parler surtout de la force du collectif.
19:35Parce qu'en fait, c'est un truc qui est... Il n'y a pas de solution.
19:40Si on reste sur ce schéma de chef ou chef d'État, limite, pas pouvoir absolu,
19:46mais voilà, qui doit tout le temps être en représentation, fort.
19:49On le voit, dès que Macron a une conjonctivite, il faut le cacher, il faut mettre des lunettes au soleil.
19:53Il ne faut pas montrer un signe de faiblesse.
19:54Sinon, ce serait le pays entier qui serait faible.
19:57Il y a quand même une starification...
19:59Une ancestralisation du corps de la nation.
20:01Voilà, du corps de la nation sur une seule personne.
20:03Alors que là, elle aurait pu parler du collectif.
20:05Aussi dire, après, c'est peut-être trop long.
20:07Là, c'est juste un carousel.
20:08Donc, on va voir ce qui vient après.
20:09Mais de dire, je ne sais pas comment encore je vais vivre ma grossesse.
20:12Parce que toutes les grossesses sont différentes.
20:13Tous les postpartums sont différents.
20:15Et si, par exemple, viendrait une dépression postpartum,
20:18c'est là où, en fait, le collectif fait la force.
20:21Et que du coup, ce n'est pas une seule femme.
20:22Ce n'est pas un seul homme qui peut faire tout.
20:24Et du coup, soit faire achit d'adati, je reviens après cinq jours.
20:27Ben non, en fait, il y a des personnes qui sont censées prendre le relais.
20:30Et à gauche, on est quand même censé faire la promotion de ça.
20:34De dire, en fait, ce n'est pas un humain, ce n'est pas une femme,
20:37ce n'est pas un homme, c'est vraiment un collectif.
20:39Et il y aura d'autres personnes qui partagent mes idées,
20:41qui partagent mon programme, qui pourront le faire à ma place
20:43le temps que j'aille un petit peu mieux.
20:45Bien sûr, bien sûr.
20:46Et que je me repose aussi.
20:48Un repos mérité.
20:49Tu vois, je ne vais pas comparer non plus un cancer.
20:52Parce qu'encore une fois, toutes les grossesses sont différentes.
20:54Mais il y en a vraiment qui le vivent très, très mal.
20:55Mais si tu es en rémission ou quoi que ce soit,
20:57c'est juste normal, en fait, que tu prennes du repos.
21:00Et encore, ça dépendra de comment elle le vit.
21:02Ça dépendra vraiment de comment elle le vit.
21:03Et ça, on ne peut pas le prédire.
21:05Oui, tout à fait.
21:06Et il y avait une dernière critique qui est venue plus,
21:10que j'ai vue en scrollant.
21:11Donc, on va parler du réel de Bettina Zourli
21:13et de l'article de Léane sur problématiques.
21:16Sur est-ce que finalement, cette annonce,
21:18ce n'est pas une occasion manquée
21:19d'être un peu plus radicale dans les propositions.
21:23Et là, je vois Oumamia Mer qui nous dit
21:25« Mais pourquoi elle ne parle pas des services publics,
21:27de la cadence de travail,
21:28des problèmes dans les services, des hôpitaux, etc. ? »
21:30Au lieu de dire « J'ai fait ça, c'est dur,
21:31je vais faire la présidentielle. »
21:33Tout à fait.
21:33Et ne spoil pas parce qu'on y vient.
21:36Chut !
21:39En fait, donc...
21:40C'est bon.
21:44Donc, Bettina Zourli,
21:45qui vous connaissez peut-être aussi,
21:46avant son compte s'appelait « Je ne veux pas d'enfants »,
21:49qui parle de cette annonce.
21:51Enfin, elle parle cette semaine de sa volonté
21:54d'une meilleure prise en charge de la PMA en France.
21:56Le tout en ayant aidé au vote d'austérité des services publics
21:59par le budget du PLFSS,
22:01puisque je rappelle que les députés écolos
22:03se sont abstenus lors du vote du budget à l'hiver dernier.
22:07Serait-on sur de jolies paroles en l'air ?
22:09On dirait bien oui.
22:11Et en effet, en fait, sur la PMA,
22:14ça aurait pu être une super occasion
22:15de demander plus de moyens
22:17de médiatiser les campagnes de dons de gamètes,
22:20parce qu'en 2025,
22:23il y a eu seulement 1 500 dons
22:26ovocytes et spermatozoïdes.
22:29Il y a 18 mois d'attente
22:30pour les gamètes mâles pour des spermatozoïdes,
22:33et deux ans d'attente
22:34pour les dons d'ovocytes.
22:37Et enfin, ça aurait été peut-être aussi
22:39l'occasion de demander vraiment
22:41une PMA pour tous,
22:42parce qu'encore aujourd'hui,
22:44on le rappelle que les hommes trans
22:45sont exclus de la PMA pour toutes.
22:50Et donc voilà,
22:52moi, je suis absolument d'accord
22:53avec ce truc de dire,
22:54OK, c'est très bien de dire
22:56il faut médiatiser ces combats,
22:57mais les médiatiser,
22:58quand on est responsable politique,
23:00c'est aussi proposer des solutions.
23:02Et aujourd'hui, les centres de fertilité,
23:04en fait, sont sous l'eau,
23:06comme tout le reste de l'hôpital public.
23:08Ça s'effondre.
23:09Et par ailleurs,
23:12Macron nous parle
23:13de réarmement démographique.
23:14Donc ça, d'ailleurs,
23:15Marine Tondelier,
23:16on parle dans son annonce
23:17qu'elle a reçu ça comme une gifle
23:18et on la comprend
23:20que c'est ce qu'ont vécu
23:21beaucoup de femmes
23:21qui galèrent à avoir des enfants.
23:23Mais voilà,
23:25il ne faut pas...
23:25En fait,
23:26ne nous arrêtons pas
23:27en si bon chemin.
23:28Si on demande vraiment
23:30de l'aide sur la PMA,
23:32tout ça,
23:32ayons des propositions concrètes.
23:34En fait, à gauche...
23:35Mais c'est sur la santé des femmes,
23:36sur les plastiques,
23:37sur tout ce qu'on ingère,
23:38qui engendre l'infertilité aussi.
23:40Bien sûr, bien sûr.
23:41Il y a plein de trucs
23:42sur lesquels il faut parler
23:43au-delà du bébé miracle.
23:45Et sur les fausses couches aussi,
23:47en fait,
23:48ça aurait été l'occasion
23:48de demander
23:50d'avoir un vrai congé.
23:51Parce qu'aujourd'hui,
23:51en France,
23:53on n'a pas un congé pour ça.
23:54On a un arrêt maladie
23:55sans jour de carence
23:56depuis pas très longtemps,
23:58ce qui est déjà bien.
23:58Et ça concerne surtout
24:02que la personne
24:03qui a porté.
24:04Ça ne concerne pas
24:05le coparent, en fait.
24:06Mais, par exemple,
24:07en Belgique,
24:08ça existe pour les fonctionnaires
24:09fédéraux,
24:09pour l'instant,
24:10et ça concerne
24:12les deux personnes.
24:13Parce qu'il y a aussi
24:14un coût mental,
24:15en fait,
24:16souvent dans les fausses...
24:17Le plus souvent,
24:18même,
24:18dans les fausses couches.
24:19Et ça,
24:19ça serait l'occasion,
24:20en fait,
24:21d'avancer ces propositions
24:22plus que de faire
24:23juste une déclaration
24:24d'intention.
24:25Après, ça permet
24:26un petit peu
24:26de détabouiser
24:27cette déclaration.
24:28Peut-être qu'on en attend
24:29plus d'une responsable politique.
24:31Elle ouvre un sujet.
24:32C'est intéressant
24:33de voir ça
24:34sur la place publique.
24:35qui nous dit
24:35pourquoi lui reprocher
24:36de ne pas avoir dit ou ça.
24:38Ce n'est pas tant un reproche
24:39que de dire
24:39ce qu'on pourrait dire autour.
24:41Oui, c'est ça.
24:41C'est une discussion
24:42qu'il faut que ça ouvre.
24:43C'est une prédiction
24:44de ce qui pourrait arriver plus tard,
24:45qu'est-ce qu'on attend.
24:46En fait,
24:46c'est l'esprit critique
24:48qui doit toujours être là.
24:50Surtout parce que c'est nouveau.
24:51Donc, après,
24:51c'est aussi compliqué pour elle
24:52de porter ça.
24:53Il n'y a pas eu
24:54de modèle avant en France.
24:56En tout cas,
24:56ça existait ailleurs.
24:57Mais en France,
24:57c'est hyper compliqué.
24:59Déjà,
24:59tu as quelqu'un
25:00qui parlait de Ségolène Royal
25:00tout à l'heure.
25:01Ségolène Royal,
25:01elle s'en est prise
25:02plein la gueule
25:02à juste titre
25:04sur le fait
25:05qu'elle allait abandonner
25:06ses enfants,
25:07que ce serait une mauvaise mère.
25:08Le fait d'être une femme
25:09ne l'a pas du tout
25:10avantagée
25:11dans la présidentielle.
25:13Au contraire,
25:13donc là,
25:14en plus d'être enceinte,
25:15ça va forcément rajouter
25:16quelque chose,
25:16c'est certain.
25:17Bien sûr.
25:18Et aussi,
25:19Marine Tondelier,
25:20c'est quand même
25:21la chef de file
25:22des écologistes.
25:23Donc,
25:24ça serait quand même
25:25un peu intéressant
25:26et c'est là
25:26que j'en viens
25:27à l'article de Léane
25:29sur Problématique
25:29de nous pencher
25:31vraiment
25:32sur ce que la pollution
25:33fait à la fertilité
25:34des femmes
25:35comme des hommes.
25:38Alors que Marine Tondelier
25:39rappelle qu'un couple
25:40sur cinq
25:40est concerné
25:41par l'infertilité en France,
25:42elle ne dit rien
25:43de ce qui devrait pourtant
25:44constituer l'une des politisations
25:45les plus évidentes
25:46de l'infertilité.
25:47Nos vies sont saturées
25:49de polluants.
25:50Depuis des années,
25:50l'ANSES et l'INSERM
25:51documentent les effets
25:53des perturbateurs endocriniens
25:54et d'autres substances toxiques
25:55sur la fertilité,
25:56la reproduction
25:57et la grossesse.
25:58Laissez hors champ
25:59les politiques publiques
26:00et économiques
26:01qui abîment les corps
26:02est un choix curieux.
26:03Donc,
26:03vous pouvez retrouver
26:04cet article
26:04sur Problématique Média.
26:07Enfin,
26:07comme tu disais...
26:09Qui est co-écrit
26:09par Raria aussi.
26:10Et comme tu disais,
26:12on peut ne pas être d'accord
26:13avec tout.
26:14Moi, c'était...
26:14Oui, non,
26:15moi, en tout cas,
26:15je trouve ça intéressant.
26:16Je suis peut-être
26:17pas d'accord sur tout
26:18parce que des fois,
26:19peut-être qu'on s'avance
26:20et voilà.
26:21Et peut-être que ça viendra
26:22et on le souhaite par ailleurs.
26:23Peut-être que ça viendra,
26:24voilà.
26:24Mais je trouve ça
26:25toujours légitime,
26:26en tout cas,
26:26d'avoir ces pistes
26:28de réflexion-là
26:28qui sont ultra intéressantes
26:30et il faut que ça reste
26:31dans un coin de notre tête.
26:32Donc après,
26:33c'est la manière
26:33dont c'est fait.
26:34De toute façon,
26:35au début,
26:35elles ont aussi
26:36le petit disclaimer
26:36où elles disent
26:37qu'elles n'invectivent
26:39pas forcément ton de lier,
26:41qu'elles lui souhaitent
26:42le meilleur
26:42pour la grossesse,
26:43etc.
26:44Mais ça reste hyper intéressant
26:45et je pense que
26:46si on n'avait pas
26:47ces articles-là,
26:47peut-être qu'on ne se serait
26:48pas posé la question
26:48et on s'endormirait trop,
26:50en fait.
26:50Et du coup,
26:51c'est le manque de vigilance.
26:52Et c'est notre rôle à gauche,
26:52je pense,
26:53de porter le débat,
26:54d'aller plus loin.
26:55Et c'est peut-être d'ailleurs
26:56ce que souhaitait Marine Tondelier
26:57avec son annonce.
26:58Oui, oui.
26:58C'est juste qu'il faut
26:59essayer de bien le faire,
27:00pas non plus retomber
27:02dans un truc
27:02où du coup,
27:03ça remet une charge
27:05sur le bala.
27:06Du coup,
27:06une femme,
27:07sur les personnes
27:07qui ont des grossesses,
27:09en plus de devoir réfléchir,
27:12devoir être un peu prémonitoire
27:13sur comment il faut faire,
27:14machin et tout.
27:15C'est sûr que c'est compliqué.
27:16Ça, on ne peut pas lui enlever.
27:17C'est compliqué,
27:18c'est nouveau.
27:19Mais des fois,
27:20on a aussi le droit
27:21d'être exigeant
27:21envers des personnes
27:22qui aspirent
27:23à être présidentes
27:24de la République.
27:24Bien sûr,
27:25c'est ça.
27:25C'est ce que je vois
27:27dans le chat
27:27que ça réagit pas mal.
27:29En fait,
27:30on ne veut pas emmerder
27:31Marine Tondelier.
27:32Mais oui,
27:33en effet,
27:34je pense que
27:34quand on est secrétaire nationale
27:35des écologistes,
27:38une annonce de grossesse,
27:39ne pas parler
27:40plus que ça
27:41des polluants
27:42et de ne pas en faire
27:43un sujet central,
27:44moi, je pense que stratégiquement,
27:45c'est une erreur.
27:46L'équipe de com'
27:47n'a pas assez réfléchi,
27:48je pense.
27:48Là, encore une fois,
27:49on parle de collectif.
27:51Je ne pense pas
27:52qu'elle l'ait fait toute seule,
27:52le carousel.
27:53Mais je pense que ça aurait dû
27:54être vraiment plus réfléchi,
27:55ça aurait pu être vraiment
27:56mieux fait, je pense.
27:58Et donc là,
27:59je vous mets,
27:59par exemple,
27:59sur la pollution
28:00et l'infertilité,
28:02je vous mets cet article
28:02de Vers le Média,
28:04qui est quand même
28:04assez parlant.
28:06sur les risques
28:07des faces,
28:08épifaces,
28:09donc tout ce qui est
28:10dans le téflon,
28:11dans certains cosmétiques aussi.
28:14Dans nos poêles.
28:15En fait,
28:16c'est des trucs,
28:16c'est comme le cas de Mium.
28:18Aujourd'hui,
28:19comment consommer,
28:20manger sans s'empoisonner ?
28:22Je pense qu'on n'y arrive plus.
28:23On ne peut pas.
28:24Ça ne peut plus
28:25être des choix individuels.
28:26Oui, on ne peut pas.
28:27Et donc,
28:27il faut aussi interpeller,
28:29enfin,
28:30le rôle des politiques
28:31doit être là
28:31de légiférer,
28:33de régulariser
28:34l'activité des industriels
28:36qui s'en mettent
28:37plein les poches
28:38en nous empoisonnant,
28:39littéralement.
28:39Et je trouve
28:40que c'est une opportunité
28:42manquée.
28:42Enfin, peut-être que...
28:43Et en fait,
28:43on utilise le terme manqué,
28:45mais peut-être que ça ne le sera pas.
28:46Mais peut-être que ça...
28:48Enfin,
28:48peut-être que cette émission,
28:50très humblement,
28:51pourra donner des pistes
28:52sur ce qui est attendu
28:53pour vraiment se préoccuper
28:55de la santé des femmes.
28:56Il y a plusieurs pistes de paroles.
28:58On le sait que...
28:59Je pense qu'elle les a lus.
28:59Il faudrait que...
29:00On sait que la pollution atmosphérique,
29:01par exemple,
29:02a une influence
29:02sur la fertilité des femmes.
29:03Ça, ça fait au moins...
29:05Ouais, 5 ans
29:06que c'est prouvé, quoi.
29:06Et je pense qu'elle le sait.
29:07C'est fasciste.
29:08Enfin, elle le sait.
29:09Quand même,
29:09t'es écolo.
29:12J'espère.
29:12J'ose espérer.
29:13Pas la woman's planeée,
29:14mais je pense qu'elle le sait.
29:17Vraîle,
29:17il faut que dans le timing
29:18de communication,
29:19ça arrive assez tôt.
29:20C'est ça.
29:22Clairement.
29:22Et son annonce
29:23est tombé pile poil
29:23avec une nouvelle étude
29:24qui démontre que la population
29:26soutenable serait de moindre à mille heures.
29:27Et puis,
29:28elle invibilise que dans le monde,
29:29c'est quasi une femme sur deux
29:30qui subit une grossesse non désirée.
29:32Bon, après,
29:33elle a toujours été très...
29:35Comment ?
29:36Très vocale sur le droit
29:37à l'avortement aussi,
29:38Marine Tondelier.
29:39Je suis tellement pas en phase
29:40avec ce qu'elle...
29:41Je n'étais même pas en phase
29:42de ce qu'elle a dit.
29:43C'était très bien.
29:43Je ne pense pas qu'il y avait besoin
29:44à tout prix de parler plus là,
29:45dans l'immédiat.
29:46C'est une belle prise de parole
29:47sur un sujet tabou.
29:48C'est déjà énorme
29:49et je me réjouis plus de ça.
29:50Mais je comprends,
29:51Mara Desbois.
29:52Je pense qu'on peut se réjouir.
29:53En fait,
29:54le curseur d'exigence
29:55peut varier en fonction des personnes.
29:57Et je pense que forcément,
29:58quand tu es ultra politisé,
30:00que tu as envie de plus
30:01et que tu es en attente de plus.
30:02Parce que surtout,
30:03ça ouvre tellement,
30:04comme tu dis,
30:05une opportunité nouvelle
30:06que du coup,
30:07on est un peu en mode
30:07OK,
30:08là,
30:08on ouvre la brèche,
30:10on ouvre un tout petit peu le truc.
30:12C'est maintenant.
30:12Vous pouvez y aller.
30:15Mais après,
30:17moi,
30:17j'ai envie d'être quand même
30:18un petit peu
30:19un petit peu indulgente avec elle
30:21parce que je n'ai pas envie
30:22non plus de retomber
30:23sur cette charge mentale
30:24qu'on redonne aux personnes
30:25qui sont discriminées.
30:26Mais ça reste une personne
30:27qui est candidate.
30:30Au-delà d'être...
30:31On n'est plus juste une femme.
30:32d'en attendre plus
30:33de nos responsables politiques.
30:35Oui, c'est ça.
30:35Là, ce n'est pas juste une femme.
30:37C'est une personne
30:37qui se présente
30:38à la tête de l'État.
30:41Donc,
30:41si ça avait été,
30:42oui,
30:43je ne sais pas,
30:43une actrice
30:44qui avait fait cette prise de parole-là,
30:46ça aurait été OK.
30:47dans le curseur d'exigence,
30:49dans la volonté
30:50de...
30:50Où est-ce que c'est
30:52en termes de radicalité ?
30:53Là,
30:54puis comme tu dis,
30:55ça ne s'extrait pas,
30:56en fait,
30:56de la manière de penser
30:57de l'homme
30:58ou de la femme providentielle.
31:00C'est en fait,
31:00je pense que ça aurait pu être aussi...
31:02Mais après,
31:02ça charge à nous,
31:04les médias,
31:06les militants,
31:06tout ça,
31:07de se poser la question
31:08d'un nouveau système
31:10avec le collectif,
31:11justement.
31:11mais voilà.
31:13Pour conclure,
31:13en fait,
31:14tout ce qu'on vient de développer...
31:16Ce qu'il s'attend,
31:17c'est que c'est pas trop tard
31:18de continuer.
31:18Hé,
31:19Histoire crépue
31:20qui nous fait un raid !
31:21Merci beaucoup.
31:22Tout le monde,
31:23bienvenue.
31:23Merci beaucoup à Réa
31:24et Semboy pour ce...
31:25On était en train de conclure
31:26sur le sujet
31:28Marine Tondelier
31:28et l'annonce de sa grossesse
31:29et à quel point
31:30c'était un objet
31:31éminemment politique.
31:32Donc voilà,
31:33tout ce qu'on dit là,
31:33c'était pas pour manquer
31:35de sororité
31:36envers Marine Tondelier
31:37parce qu'encore une fois,
31:38on le dit,
31:38sa prise de parole
31:39a été courageuse
31:39et essentielle.
31:41Ça,
31:41il n'y a aucun problème là-dessus
31:42et qu'on lui souhaite
31:43le meilleur
31:44pour mener de front
31:46ces deux défis.
31:47Qu'est-ce qui va arriver ?
31:48Parce que c'est la blague
31:49dont on parlait au tout début,
31:50ça va pas être la dernière.
31:52Je pense que c'est pas la première
31:53qui s'est fait en off
31:54et elle va s'en prendre
31:55des belles.
31:55Bien sûr,
31:56et ça,
31:56on lui apportera toujours
31:57tout notre soutien.
31:58Tout notre courage
31:59et tout notre soutien
32:00mais par contre,
32:00c'est pas pour ça,
32:02c'est pas pour cette sororité
32:03et ce constat de la misogynie
32:04qu'elle va se prendre
32:05dans la gueule
32:06qu'on peut,
32:06du coup,
32:07on doit effacer notre exigence
32:08et en devenir trop...
32:09Comme le disait Sandrine Rousseau,
32:10finalement.
32:10Ça ne doit pas empêcher
32:11des critiques saines
32:12parce que ça reste
32:13une personnalité politique.
32:15Ah non,
32:15par contre,
32:16on ne disait pas du tout
32:17Ramazzo
32:17que c'était impudique.
32:18Ça,
32:19vraiment pas.
32:20Absolument pas.
32:21Donc voilà,
32:22et en fait,
32:23on espère vraiment
32:24que ça ira pour elle
32:25parce que personne,
32:26aucune femme
32:27ne devrait choisir
32:28entre vie politique,
32:30vie professionnelle
32:30et vie familiale.
32:31Mais voilà,
32:32ça nous semblait important
32:33d'analyser aussi
32:34un peu médiatiquement
32:35cette annonce
32:36et de pouvoir aussi
32:37critiquer les travers
32:38dans lesquels
32:38ça pourrait nous faire tomber.
32:39Ce qui serait intéressant,
32:40ce serait que du coup,
32:41les hommes politiques
32:43avec un petit H,
32:45pas les humains politiques,
32:46nous parlent aussi
32:47de leur paternité.
32:48Bien sûr.
32:48Qui est papa ?
32:49Au lieu de faire
32:50des blagues dégueulasses.
32:51Qui est papa dans tout ça ?
32:52Qui a des enfants
32:53dont on ne parle jamais,
32:54dont ce n'est pas un sujet
32:55puisqu'apparemment
32:56la paternité serait facultative
32:57ou en rôle secondaire ?
32:59Je trouve que ce serait intéressant.
33:00Tu vois,
33:00ça veut aussi de dire
33:01« Et vous ? »
33:02Alors,
33:03il y a quelqu'un
33:03qui en parlait dans le chat,
33:04pas les hommes politiques du coup,
33:05mais sur un sportif,
33:07un rugbyman
33:07qui a refusé
33:08de jouer une compétition
33:09parce que justement
33:10sa compagne
33:11était en parcours de PMA,
33:12il me semble.
33:13Et ça a fait vraiment...
33:16ou en tout cas,
33:16c'était quelque chose,
33:17je me souviens,
33:18c'était quelque chose
33:18en rapport avec la grossesse,
33:19je ne sais plus
33:19si c'était parcours de PMA ou quoi.
33:20Mais voilà,
33:21ça avait fait un peu du bruit
33:21dans le monde du sport
33:23et lui,
33:23il était resté droit
33:24dans ses bottes
33:24en disant « Bien sûr que si,
33:26un enfant,
33:26ça se fait à deux. »
33:26Et j'étais genre
33:27« Ah wow ! »
33:28Un sportif qui a une parole
33:29plus politique
33:30que la majorité
33:31des hommes politiques.
33:32Je vois,
33:32un soutien,
33:33ce serait bien
33:33qu'au lieu de faire
33:34des blagues graveleuses
33:35et perverses misogynes,
33:37de parler de leur paternité
33:38à eux
33:38pour un petit peu
33:40équilibrer
33:41cette charge mentale
33:41et de se dire
33:42« Bah oui,
33:42nous aussi,
33:43on devrait faire ci,
33:44nous aussi,
33:44on devrait faire ça »
33:45et que ce soit
33:45du coup la seule
33:46qu'ils doivent mettre
33:47aussi sur la table
33:48sa vie privée
33:49parce que forcément
33:50ça va se voir
33:50sur son ventre
33:51donc elle est obligée
33:52dans un sens
33:52d'en parler.
33:53Donc peut-être
33:53qu'eux devraient aussi
33:54faire acte
33:55pour remettre
33:56un petit peu plus
33:57d'égalité
33:57et dire « Bah oui,
33:58moi aussi je suis papa,
33:59moi aussi j'aurais dû faire ça »
33:59Après je pense que
34:00pas tous ont été forcément
34:02dans une paternité
34:03hyper respectable
34:03c'est sûrement pour ça
34:04qu'ils n'en parlent pas.
34:07Absolument,
34:07Marine Tondelier
34:08parlait justement
34:09une fois qu'elle devait
34:09aller chercher
34:10son premier enfant
34:11à la crèche
34:12ou je ne sais plus
34:13enfin sur Twitter
34:14elle avait dit ça
34:15et il y avait des gens
34:15qui étaient tombés
34:16enfin un peu tombés dessus
34:17et je n'ai jamais vu
34:18un homme politique faire ça
34:19et donc encore une fois
34:22je pense que c'est quand même
34:23quelqu'un qui a le courage
34:24de porter ces sujets-là
34:25sur la table quoi.
34:26Et nous on parlait juste
34:27de ce qu'on pourrait faire
34:28en plus maintenant.
34:29On verra la suite,
34:31on verra comment ça se passe
34:31c'est comment le reste
34:32de la communication
34:32ce n'est que le début.
34:33Absolument.
34:34Ce n'est que le début
34:34on n'est même pas encore
34:35en 2027
34:35mais en tout cas
34:36là tu as tous les tips
34:38Marine et pas l'autre.
34:40On lui enverra la vidéo.
34:42Il y a plein d'articles
34:43hyper intéressants
34:44qui ont été faits
34:45et ils ont tous
34:45leur légitimité
34:46quel que soit leur degré
34:47de radicalité
34:47c'est hyper intéressant.
34:49Restons vigilantes
34:49et restons avec l'esprit
34:51critique toujours allumé.
34:52Je vois,
34:53voilà que 50 ans après
34:54l'humain prétend dire
34:55une femme quel sens
34:56elle doit donner
34:57à sa maternité.
34:58Mais en fait
34:58quand on est une femme politique
34:59la parole médiatique
35:01est quand même ultra importante.
35:05je pense que c'est intéressant
35:07de se poser la question
35:08de qu'est-ce qui menace
35:10aujourd'hui
35:11la santé des femmes
35:12et qu'est-ce qui est
35:13des menaces
35:13pour mener
35:14une maternité
35:16et une paternité
35:17une parentalité
35:18plus joyeuse
35:19que ce qu'on a aujourd'hui.
35:20Et je pense que
35:21ces questions
35:21il faut se les poser
35:21oui.
35:22Ouais.

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