- il y a 1 semaine
La quête absolue de la chanson parfaite, sa passion indéfectible pour la scène, ses engagements ou le vertige du temps qui passe, incarné par les titres « Tu es mort » et « Ma dernière chanson », l'artiste Cali se confie sur son nouvel album "Caliciuri" au micro de l'Humanité.
Animé par Anthony Cortes, journaliste à l'Humanité.
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00:00 Son nouvel album : Calituri
01:40 Son processus de création
07:03 La quête de la chanson ultime
10:14 "Donne-moi tout" : le besoin d’amour face à l'individualisme
12:47 L'ivresse de la scène et la vie sur la route
14:23 Perpignan, engagements associatifs et politiques
21:51 La figure du cowboy et les relations humaines
23:57 "Ma dernière chanson" : le rapport à la mort
28:07 Outro
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21:51 La figure du cowboy et les relations humaines
23:57 "Ma dernière chanson" : le rapport à la mort
28:07 Outro
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00:01Il revient avec un album signé de son vrai nom, Kali sort Kalituri, Kalituri c'est son nom de
00:07famille et Bruno Kalituri, Kali est avec nous. Salut Kali ! Hello, bonjour ! Merci d'avoir
00:13accepté notre invitation. On va parler avec toi donc de cet album que je remontre à la caméra,
00:19le 13e. Alors moi je m'étais perdu dans les chiffres, j'avais compté 12e original, 14e en
00:23comptant les reprises, mais c'est 13e, bon on va pas chipoter sur... C'est plus moi non plus, mais
00:29j'aime bien le chiffre 13 dans ses 13e.
00:31On va espérer qu'il porte bonheur. D'abord on va commencer peut-être avec cet album et le premier
00:37single qui s'appelle Encore avec cette chanson là. On sent que t'es encore affamé par la vie, ça
00:43nous
00:43rappelle pas mal de chansons, notamment Je dois encore vivre dans l'album Caval. Est-ce que c'est ça
00:49ton état
00:49d'esprit aujourd'hui ? C'est ça, t'es affamé, t'en veux encore ? Oui, c'est tout
00:56à fait ça. De toute
00:57manière les gens me parlent beaucoup autour en me disant mais t'es toujours sur la route et tu
01:01tournes et tu vas... Et je sais pertinemment que c'est une voiture ou quelque chose qui est lancé à
01:08fond et si je m'arrête peut-être qu'elle s'arrêtera pour toujours. Donc j'aime bien l'idée
01:13moi de m'agripper à
01:14des concerts, de continuer. Là je repars en tournée avec encore une autre formation. Quelque chose de
01:20nouveau pour moi pour défendre le disque et c'est toujours s'agripper. Je pense que c'est... J'ai
01:28cette
01:29conception de la vie, c'est-à-dire que la vie c'est pas une caisse d'épargne et on
01:34s'approche du mur
01:35final quoi qu'il arrive et je veux tout engloutir et tout manger. Ça se sent, c'est un album
01:41très énergique,
01:42très aérien, même quand tu abordes des sujets graves, notamment la mort mais on va en reparler
01:48avec cette chanson qui s'appelle Tu es mort d'ailleurs. Mais je me posais la question de
01:52comment est-ce que t'as construit cet album d'abord ? Est-ce que tu avais des influences en
01:59tête ? Est-ce
01:59que t'avais des intentions en tête ? Est-ce que t'avais même, je sais pas, un ancien album
02:03à toi où tu t'es
02:04dit il faut que je retrouve cette essence-là ou au contraire t'as voulu inventer quelque chose de
02:08complètement nouveau ? Comment ça s'est construit ?
02:10Non alors je te rassure, j'ai pas regardé derrière parce que l'idée c'est vraiment, moi j'efface
02:17tout,
02:17je perds tout, je suis très bordélique et j'aime bien chaque fois ouvrir des portes nouvelles, en tout
02:24cas qu'on m'aide à les ouvrir. Si je rencontre des nouvelles personnes, elles m'amènent sur leur terrain.
02:30Là c'est le cas de Fred Palem, le réalisateur qui est sur ce disque et qui travaille avec le
02:35sacre du
02:35tympan. L'idée c'est de faire quelque chose que je ne sais pas vraiment trop faire quoi. Et ça,
02:41ça m'excite
02:42beaucoup. Après non, laisser derrière c'est important. Le passé, le présent, je trouve ça important.
02:49L'abandon, moi j'aime bien ça. Et le lâcher prise. Abandonner ça veut dire couper les liens avec des
02:57choses que quelque part on n'a plus envie de porter quoi. Et c'est très difficile que ça soit
03:01avec des
03:01personnes ou avec même un pays ou même avec une addiction. Pour tout le monde, je pense que c'est
03:10la même. C'est-à-dire que quand on quitte, quand on s'en va, partir de quelque chose, on
03:15sait que ça
03:15nous fait du mal. Mais c'est très difficile de couper les liens. Et partir avec de nouvelles personnes
03:24pour des nouveaux enregistrements, des nouvelles chansons, ça me permet, c'est comme si quelqu'un
03:28me rattraper, il me sortait la tête de l'eau une nouvelle fois.
03:31Alors cet album, il a quand même une couleur. Il est plutôt rock aussi, je trouve. Ça amène
03:37un air frais sur la chanson française. Cet esprit rock, tu l'as toujours eu évidemment.
03:42Et en particulier sur scène, on va parler après de la tournée. Mais malgré tout, je me posais
03:46la question de comment t'arrives en studio. J'ai vu une vidéo où tu expliques que je suis
03:50arrivé en studio avec mon carnet de bord. Jour 1 par où commencer. Comment t'arrives en studio ? Est
03:56-ce que t'arrives avec des échantillons,
03:57je ne sais pas, des Clash, des Buzzcocks, de Tiffen ? Et tu te dis, j'invite d'un peu
04:01de ça, d'un peu de ça ?
04:03Est-ce que tu peux nous parler du calichimiste, du coup, qui explique ?
04:08Je n'ai pas de règles. Mais par contre, il y a quelque chose qui me plaît beaucoup déjà. C
04:13'est de se dire, aujourd'hui, à l'instant T où on se parle,
04:17on a souvent trop pris l'habitude. Et on a montré aux jeunes, aux enfants qui arrivent. Moi, je suis
04:22très admiratif du travail de jeunes artistes qui arrivent.
04:27Mais la manière de travailler chez soi et sur l'ordinateur, et puis après d'aller au mastering directement et
04:34sortir quelque chose.
04:36Les grands disques, quand je dis les grands disques, les disques qui sont là comme des pieux éternels et qu
04:42'on écoutera toute la vie,
04:43des disques éternels n'ont pas été faits comme ça. C'est-à-dire qu'on écrit les chansons là
04:48où on est, là où on veut, comme on veut.
04:50Alors moi, c'est sur la route, sur des cahiers de brouillon, je n'ai pas d'ordinateur et je
04:53perds des pages. C'est mon style de vie.
04:56Mais par contre, après, il y a ce processus de studio, d'enregistrement, où tu es avec une famille de
05:01musiciens, avec un réalisateur.
05:03J'ai eu la chance d'être au studio Black Box entre Angers et Rennes, merveilleux, je le souhaite à
05:08tout le monde.
05:09Des artistes du monde entier sont passés par là.
05:12Et là, on se retrouve en dos ensemble, on peut se chamailler, ne pas être d'accord, s'aimer, s
05:17'embrasser, écouter beaucoup de musique.
05:19J'ai écouté beaucoup de musique italienne, parce que j'ai joué avec des musiciens italiens.
05:24J'ai écouté beaucoup de musique italienne et qui m'a beaucoup touché.
05:29Et on est tous ensemble.
05:30Donc de là, évidemment, sort une âme.
05:33Quelle que soit l'âme, il y a une vibration qui est là.
05:35Et ça, ça s'appelle la construction d'un disque.
05:38Après, moi, pour te donner un petit peu l'alchimie de...
05:43Non, en tout cas, le process, j'aime beaucoup...
05:46Quand tu choisis quelqu'un, ce n'est pas pour rien.
05:48C'est-à-dire que tu l'aimes, par exemple, Fred Palem, pour sa carrière, pour tout ce qu'il
05:52a fait, pour tout ce qu'il représente.
05:54J'ai beaucoup écouté du Bernard Lavillier, surtout celui réalisé par Fred Palem, les chansons qui sont incroyables.
06:01Il a travaillé avec Adamo, magnifique.
06:03Il a travaillé avec Aznavour, avec Larica, avec plein d'artistes.
06:08Mais moi, l'idée, ce n'était pas de lui dire fais ci, fais ça.
06:10L'idée, c'était...
06:11Je lui ai dit trois phrases, je me souviens.
06:13Je lui ai dit, je veux des chansons comme des chevaux sauvages qui tournoient dans une vallée.
06:19Alors, débrouille-toi avec ça.
06:20Je lui ai dit, je voudrais que ce disque s'écoute avec le sourire du dément.
06:24Débrouille-toi avec ça.
06:25Et je voudrais des flammes de bonheur qui nous arrachent de ce monde stupide.
06:30Voilà.
06:31Et après ça, vas-y, on s'amuse.
06:33Et c'est un petit peu à l'Abraheneno.
06:36Voilà, c'est plutôt mettre dans un état d'esprit.
06:38C'est plutôt comme ça que je travaille.
06:40Évidemment, j'écoute toujours, au fond de ma poche, il y a les Clash.
06:46Chez nous, il y a Thiefen, évidemment.
06:48Il y a Charles-Élie, il y a Jacques et Gilin, il y a Bernard Lavillier, il y a Stéphane
06:54Echer.
06:55Il y a tous ces gens qui sont un vrai exemple pour moi et qui jettent des petites poudres dorées.
07:02Et j'essaie de suivre ça, quoi.
07:03On sent cette filiation et en même temps, c'est un album très moderne.
07:06Voilà, j'invite tous ceux qui nous regardent à l'écouter, avec un vrai travail sur les synthés, des nappes
07:12de synthés très présentes.
07:13Un vrai travail sur les guitares aussi.
07:14Un beau travail sur les guitares et une batterie très entraînante, très puissante qui mène le tout.
07:19Cette chanson, pour moi, c'est ma préférée.
07:21Mais ce que j'aime en particulier, c'est la suite, c'est l'explosion.
07:25Mais avant l'explosion, il y a toute une montée en tension.
07:27Il y a plusieurs chansons.
07:28Il y a celle-là, il y a Tu es mort, qui me rappelle un petit peu la construction d
07:31'une musique de film.
07:32Alors, je ne sais pas ce que tu trouveras, ce que tu penseras de cette comparaison, tu me diras.
07:37Mais tu as déjà écrit des musiques de film.
07:39Je me souviens de Magique avec Marie-Gélin, il y a quelques années.
07:42Tu es aussi romancier, tu as écrit trois romans.
07:45C'est ça, j'ai le bon compte, ça, cette soirée.
07:47Je n'ai écrit quatre, mais je n'ai pas encore trouvé d'éditeur pour le quatrième.
07:49Donc, je lance un appel à l'humanité.
07:51Tout en tiers.
07:52Voilà, que ça serve.
07:54Et est-ce que, je me posais la question de, est-ce que, voilà, vu que toi, tu as cette
07:57expérience-là de la musique de film,
07:58mais aussi de l'écriture de romans, est-ce que ça sert aussi ton processus de composition et d'écriture
08:04de tes chansons personnelles, de tes albums originels ?
08:07Parce qu'il y a quand même des personnages, il y a des scènes de vie.
08:10Tu ne fais pas partie de ces chanteurs qui parlent uniquement d'eux.
08:13Tu parles, tu mets en scène des personnages, notamment dans Allumette, le deuxième titre de l'album.
08:17Est-ce que tout ça te sert à construire tes chansons, tes albums ?
08:22Oui, je pense qu'on est tous en train de rechercher le graal.
08:28J'en parlais avec, c'est-à-dire la chanson, la chanson à notre niveau, chacun, ce qu'on vit.
08:39Est-ce qu'un jour, cette vie sera assez longue pour qu'on ait écrit la chanson la plus belle
08:45de notre répertoire ?
08:46La plus grande, quoi.
08:48Et c'est la quête, en fait.
08:49Donc, c'est comme un Everest, mais on ne sait pas où il est.
08:52Donc, on sait qu'il faut grimper, mais on ne sait pas où grimper.
08:54Et ça, je trouve ça merveilleux, parce que ça s'appelle l'aventure musicale, quoi.
08:57Et puis, on cherche.
08:58Mais plus j'avance, plus je me rends compte que de la grandeur de gens comme Bob Dylan, que j
09:06'ai toujours aimé, ou Springsteen, ou Mike Scott chez les Waterboys.
09:11Parce que chez un Springsteen, par exemple, il va décrire une scène dans un bar où il rencontre, il la
09:20raconte.
09:20Il rencontre un ami d'enfance qu'il n'a pas vu depuis quelqu'un qu'il a vu au
09:25lycée.
09:26Et il se parle, il boit un café, et puis ils n'ont plus rien à se dire.
09:29Et tout ça, c'est pour raconter, voilà, nos chemins se sont séparés, il se passe ci, il se passe
09:35ça.
09:36Mais plutôt que de dire nos chemins se sont séparés, il raconte ce silence quand ils sont en train de
09:41boire le café.
09:41Et ça, je trouve ça merveilleux d'aller à l'approche de ça.
09:44C'est une caméra.
09:44J'avais écrit une chanson qui s'appelle « Elle a mal » sur les femmes battues, en fait.
09:49Et je m'étais posté près d'une porte.
09:53Alors ça, c'est l'image.
09:55Et j'ai ouvert cette porte, et j'ai regardé ce couple se déchirer, se dire des mots pas beaux,
10:00s'envoyer des choses pas belles.
10:02Et je l'ai décrit.
10:05Mes chansons préférées, quelque part, sont celles-là.
10:09Celles qui arrivent où on peut mettre une caméra, on voit le film, on le raconte.
10:13Ce sont mes préférées.
10:15Alors moi, il y a une chanson qui m'a rappelé l'époque où j'ai été découvert.
10:19J'ai été découvert en 2006, je crois que c'était le moins de menteur.
10:21Tu étais un jeune enfant.
10:23J'étais jeune adolescent, j'avais 15 ans, j'étais un troisième.
10:26Et c'était mon amoureuse de l'époque d'ailleurs qui m'a dit « Écoute ce mec-là ».
10:29Et bien, du coup, depuis, je t'écoute.
10:31Mais dans l'album précédent, « L'amour parfait », donc ton premier, il y avait « J'ai besoin
10:35d'amour ».
10:35Et dans cet album-là, donc Cali Turi, que je remontre quand même à l'écran, il faut faire le
10:39travail de promo.
10:41Il y a une chanson qui s'appelle « Donne-moi tout », qui est aussi une de mes préférées
10:44de l'album.
10:45Et là aussi, on retrouve ce besoin d'amour.
10:47C'est quoi le message ?
10:48C'est que ça ne s'épuise jamais.
10:50C'est aussi ça le message peut-être aux jeunes générations.
10:52Ça va vous porter, ça va vous hanter, ça va vous guider aussi toute votre vie.
10:56Oui, c'est d'abord beaucoup d'égo de chanteur aussi, parce qu'on parle là, j'ai, j'ai,
11:01j'ai, on a tous besoin d'amour.
11:04Mais je suis conscient et d'être très chanceux d'exercer une activité, une folie qui est chanteur, qui peut
11:12aller sur scène.
11:12Et sur scène, je peux sauter sur les gens et crier.
11:18En fait, toutes les chansons, je leur crie, j'ai besoin d'amour, donnez-moi de l'amour.
11:21Et je compare souvent ça à si j'étais banquier.
11:25Est-ce que je pourrais monter sur le guichet et crier, j'ai besoin d'amour aux gens, en sautant
11:28sur eux, je ne suis pas sûr.
11:29Donc là, c'est une chance énorme.
11:31Mais c'est vrai que c'est, c'est, c'est, c'est, cet appel-là aussi, c'est, par
11:37exemple, donne-moi tout, donne-moi tout.
11:41C'est aussi en réaction avec, on nous a montis avec Internet, on nous a dit qu'Internet allait tous
11:46nous rassembler et que ça serait universel et qu'on allait tous se prendre dans les bras.
11:49C'est un gros mensonge énorme, c'est le plus gros des mensonges.
11:52Chacun, on n'a jamais été aussi solitaire et seul avec ça, quoi.
11:59Et c'est l'individualisme porté, enfin, c'est au paroxysme, quoi.
12:04Et donc là, c'est quelque part, je crie dans la rue et je dis, donne-moi tout, donne-moi
12:10tout et moi, je te donnerai tout aussi.
12:12Et puis, on va aller là et regarde même la lune qui est éternelle, elle est avec nous.
12:17Voilà, et je suis sûr, je dis dans la chanson, le printemps, il est né dans cette rue, donc on
12:21y va, on va avec lui.
12:23Oui, c'est une chanson d'enthousiasme. Sur scène, j'ai pu la pratiquer un petit peu cet été et
12:28c'est vrai que je vois le sourire des gens.
12:30Oui, ça fonctionne. Moi, je t'ai vu à Tollet, d'ailleurs, je salue l'équipe du Festival de Tollet.
12:35Magnifique, moi aussi, je les salue très fort.
12:37Et c'est vrai que ça avait cartonné, mais pas seulement. Mais bon, bref, on ne va pas raconter ce
12:43concert, mais il était vraiment génial.
12:45On va parler ensuite de ta tournée, mais juste avant, parlons un petit peu de live et je trouve que
12:49tu as fait la bonne transition.
12:50On parlait de besoin d'amour, on parlait de tournée. Est-ce que c'est aussi pour ça que tu
12:53es en tournée quasiment ininterrompue depuis des années,
12:56où tu changes un petit peu de formation, tu changes des formules ?
12:59Il n'y a pas longtemps, tu étais en tournée actuellement avec un guitariste classique, par exemple.
13:02Là, tu vas repartir en tournée en trio, je crois, c'est ça.
13:06Est-ce que c'est ça qui fait que tu n'as pas envie de lâcher la scène ?
13:09Tu as ce besoin de recevoir et de donner.
13:12Oui, c'est particulier. J'en parlais avec Stéphane Echer et l'idée, il disait, c'est nous qui avons
13:19raison, quoi.
13:20C'est-à-dire que, enfin, dans le sens, c'est nous qui avons raison, chacun fait comme il veut,
13:23mais c'est à la Bob Dylan.
13:25Bob Dylan, on lui a toujours posé la question, mais pourquoi vous êtes toujours sur la route ?
13:28Parce que lui, même, alors on peut le voir dans les grandes salles, mais quand on ne le voit pas,
13:31il est en train de jouer dans un pub quelque part,
13:33ou à Bob Dylan, il dit, mais moi, je suis un bluesman, mes amis sont les bluesmans, et les bluesmans
13:37jouent tous les soirs parce qu'ils ont besoin de raconter leur vie
13:40et de prendre ses vibrations, et s'arrêter, c'est mourir.
13:45Donc, je sais qu'il faut prendre le verre à moitié plein, c'est-à-dire qu'il y avait
13:51des stratégies à une époque.
13:53On sortait un album, on faisait la tournée qui suivait, et on nous disait, il faut se faire oublier.
13:59Mais là, il n'y a pas à se faire oublier, les gens ne savent pas qu'on est là,
14:01quoi.
14:02Donc, quelque part, il y a quelque chose de très beau là-dedans, c'est-à-dire qu'il faut
14:05aller conquérir chaque fois,
14:06il faut aller planter le drapeau et dire, écoutez mes nouvelles chansons, est-ce que ça vous plaît ?
14:10Ça, c'est quelque chose qui m'excite, et je sais très bien que quand je m'arrête, c'est
14:15la souris de la dépression qui grignote mon ventre, quoi.
14:19Donc, il faut que j'y sois, quoi.
14:21Oui, oui, oui. C'est un besoin vital, et d'ailleurs, tu vas pouvoir assouvir ce besoin-là, parce que
14:26tu pars en tournée.
14:27Je vais donner quelques dates, mais tu seras partout en France.
14:31Notamment à La Cigale, à Paris. Donc, prenez vos places, c'est le 16 mars, si je ne me trompe
14:35pas.
14:36Et tu fais aussi escale à Perpignan. Donc, Perpignan, c'est ta ville, c'est aussi ma ville.
14:40C'est une ville qui a une particularité, c'est qu'elle est dirigée par le RN Louis Alliot.
14:45Je me demandais comment tu avais pris cette décision de revenir à Perpignan, d'aller poser tes valises à Perpignan
14:50et de jouer tes chansons.
14:51Et en plus, j'ai vu que tu faisais ta promo avec une guitare, « Cette machine tue les fascistes
14:55».
14:55Donc, comment ça s'est passé, ce processus de réflexion autour du fait de venir jouer à la maison ?
15:00Oui, « This machine kills fascists », c'est un hommage à Woody Guthrie.
15:04Voilà, c'est un message direct sans parler.
15:07Donc, je serais très fier de brandir cette guitare à Perpignan aujourd'hui encore plus.
15:14La décision, c'est... Je pense qu'il faut... J'en ai parlé avec les motivés, avec Mouss et Hakim.
15:22On avait même envisagé de faire... On envisage même de faire une tournée des villes RN en France.
15:27Voilà, parce que l'idée, c'est que tout le monde n'est pas...
15:31Tout le monde n'est pas, on va dire, raciste, fasciste et tout ce qu'on veut dans une ville
15:38dont la municipalité est passée de ce côté-là.
15:41Voilà. Donc, il faut penser à ces gens-là aussi.
15:44Mais même, encore une fois, la tournée que j'ai faite avec Pierre-André de Vérat, le catalan, on n
15:50'a pas pu jouer à Perpignan.
15:51Donc, c'est pas rien. On est deux catalans, on n'a pas pu s'approcher de Perpignan pour jouer.
15:57Celle-ci, c'est le Mediator. Je crois que je suis le premier à avoir joué dans cette salle mythique
16:03de Perpignan, le Mediator, il y a toutes ces années.
16:07Et j'aime beaucoup ces gens-là, quoi, au Mediator et tout ça.
16:10Et donc, non, je suis ravi d'y aller. Après, encore une fois, il ne faut pas être dupe, il
16:17faut regarder, il faut garder la tête haute et puis il faut combattre, en fait.
16:21Il faut toujours combattre et expliquer aux jeunes que c'est important de prendre sa carte d'électeur.
16:27Même si la caisse de résonance des médias nous montre aujourd'hui des choses assez décevantes,
16:32on nous montre beaucoup ceux qui volent, ceux qui pillent et ceux qui font des mauvaises choses.
16:36Mais il y a quelque part, je ne parle pas que de l'associatif, c'est le plus important, mais
16:41il y a quelque part, dans vos villes, des gens bien.
16:44Il faut aller les chercher, il faut essayer de les mettre en place pour que la belle vie continue et
16:50que ça s'éclaire.
16:51Donc, oui, je suis très fier de jouer. C'est quoi ? C'est le 21 janvier, je crois.
16:54Je crois que c'est ça. D'ailleurs, tu fais pas mal de concerts aussi engagés, notamment pour la Palestine,
17:00avec Renaud, avec Médine.
17:02Je crois qu'il y en a un autre qui s'annonce dans pas longtemps, j'ai plus la date
17:05en tête.
17:06Je me souviens aussi de toi en pochette de l'album, c'était les pochettes intérieures avec le foulard rouge.
17:11Est-ce que c'est aussi tout ça qui t'anime par ce genre d'initiative, par la tournée des
17:16villes RN, justement ?
17:17Tu n'as pas fait ton erreur. Fais gaffe. Ou alors on ne me l'a pas à dire.
17:23C'est de coaliser les résistances et de montrer qu'une alternative est possible et qu'il faut encore continuer
17:30de se battre, c'est ça ?
17:32Oui, parce que le combat, c'est toujours pareil. Le combat, il ne faut pas voir chez soi.
17:36Je pense, je ne vais pas dire il faut, mais la caméra doit être beaucoup plus haute.
17:42Et l'associatif, il est là pour ça. Ce que j'aime beaucoup, moi, jouer pour les associations,
17:46parce qu'on est des petits soldats, bon, des soldats d'amour, je fais gaffe avec les mots,
17:50mais si tu changes dans ton quartier l'odeur de ton quartier, l'humeur de ton quartier,
17:57si tu la rends plus sociale et sociable et heureuse, alors la ville va changer.
18:04Si la ville change, le pays va changer. Et si le pays va changer, change, le monde va changer.
18:09Moi, je pars de ce principe-là.
18:12Après, l'engagement, oui, moi, c'est par atavisme aussi.
18:15J'ai des parents, mon père qui était très, très de gauche et son père qui était dans les brigades
18:20internationales.
18:21Donc, voilà, il a combattu tous les fascismes. J'en ai parlé dans des chansons, dans des albums.
18:27Mais c'est surtout aujourd'hui, si on met la caméra tout en haut,
18:33tous ces pays où on se dit, mais ce sont des fous.
18:37Mais si ce sont des fous, il faut les virer, quoi. Il faut faire tout pour ça.
18:41Moi, je suis très en colère contre, quelque part, notre gouvernement parce que je me dis, mais que ça soit
18:46gauche, droite, Chirac, Mitterrand.
18:51Et puis, évidemment, autour d'eux, ceux qui se battaient.
18:54Moi, je me souviens, à l'époque, au marché, c'était merveilleux.
18:56Mais tous ces... n'auraient jamais laissé passer ça.
19:00N'auraient jamais laissé passer ça.
19:02Aujourd'hui, on baisse la tête et on accepte en disant ce sont des fous.
19:04Non. Poutine est un fou. On voit ce qui se passe en Allemagne.
19:09Là-bas, Netanyahou est un fasciste assassin.
19:13C'est inacceptable.
19:15Alors, je suis heureux de voir que ça commence à passer aussi par la culture
19:18parce que des grands noms arrivent et s'impliquent.
19:24Et on va dire, prennent des risques pour leur carrière en s'affichant et en disant
19:29on ne peut plus supporter ce qui se passe à Gaza.
19:31Ce n'est insupportable. Il faut que ça s'arrête.
19:33Et là, ça commence à faire des vagues.
19:35Moi, j'ai bien aimé l'histoire de Ed Sheeran et Michael Moore
19:37parce que l'idée, le pauvre Ed Sheeran, il ne sait pas trop.
19:42Mais quand on ne sait pas trop, c'est un acte politique aujourd'hui.
19:45C'est-à-dire qu'on me dit, oui, mais il fait ce qu'il veut, c'est sa tournée.
19:49Et oui, il fait ce qu'il veut.
19:51Mais moi, j'ai souvenir de ces groupes.
19:54Il y avait un grand groupe américain qui avait pris en première partie.
19:56Comment il s'appelle ce groupe un peu punk américain ?
19:59J'ai Sabrina avec moi qui est une grande culture de ma maison de disques,
20:02de Vericord qui est à côté de moi.
20:03Mais en tout cas, qui commençait à vraiment cartonner.
20:08Et puis, la première partie qui balançait des messages
20:12très politiques et très importants, on va dire.
20:14Et on a dit aux chanteurs de tête d'affiche,
20:18tu ne continues pas si tu gardes...
20:21Non, tu vires ta première partie.
20:22Et lui, il a dit, si vous la virez, on ne joue plus.
20:24Et c'est l'artiste qui a eu raison.
20:25Voilà.
20:26Moi, le problème, il est là.
20:27C'est-à-dire qu'à un moment, tu ne peux pas dire,
20:32oui, mais ce n'est pas ma faute,
20:33c'est ce milliardaire salopard qui a pris la décision.
20:38Non, non, non, non, c'est toi qui le fais.
20:40Et si jamais tu dis, je ne fais pas aujourd'hui,
20:42je ne peux pas parler de Palestine parce que je ne fais pas de politique,
20:45alors ça veut dire que tu acquiesces, que tu baisses la tête.
20:47Et quelque part, tu ouvres encore des portes
20:49pour ce salopard de Netanyahou, c'est tout.
20:52C'est vrai que ce réveil est bienvenu,
20:56mais ça a mis du temps quand même
20:58de voir le monde de la culture s'engager.
21:00Et tu as été un des précurseurs d'ailleurs,
21:02sur la Palestine, mais pas seulement,
21:03sur la défense des ouvriers.
21:04Et parfois, ça t'a coûté quelques invitations,
21:06mais bon, tu as gardé la tête haute.
21:09Je ne sais pas si tu veux commenter là-dessus.
21:11Non, après, c'est toujours pareil.
21:13C'est difficile de...
21:14Moi, je comprends très bien.
21:15C'est-à-dire que si jamais on fait de la musique
21:18et on m'a toujours dit,
21:19fais de la musique et pas autre chose.
21:22J'ai essayé de le faire un moment,
21:24mais il y a toujours ça prend le dessus.
21:26Et encore une fois, tant mieux.
21:29Le naturel revient au galop.
21:30Et quand je parle, moi,
21:33avec le boulanger de mon village,
21:37il s'exprime, il raconte ses points de vue.
21:39Et moi, je lui raconte les miens.
21:41Et moi, mon métier, c'est chanteur.
21:42Et puis voilà, c'est pas donner des...
21:45On va dire, c'est pas faire la morale.
21:47C'est dire juste...
21:48Moi, je suis...
21:49Voilà, je pense ça.
21:51Ouais, ouais, ouais.
21:52Alors, on va revenir sur l'album,
21:53sur Cali Churi, que je vais remontrer.
21:55J'ai vraiment l'impression de Michel Drucker.
21:57C'est important.
21:58Soit mon Michel Drucker.
22:00Puis il est beau.
22:01Elle est belle, cette pochette.
22:02C'est vraiment cet orange pétard
22:04que vous retrouvez aussi.
22:05C'est Fernand.
22:06C'est mon pote d'enfance
22:06qui était mon chanteur de mon premier groupe.
22:08Et puis là, il fait les pochettes
22:10et les clips.
22:12Et c'est mon amie, quoi.
22:14Ouais, elle est vraiment réussie.
22:16Je voulais parler un petit peu d'une chanson
22:18« Ne faites jamais confiance à un cow-boy »
22:20qui est la troisième de l'album.
22:21Cette figure du cow-boy,
22:22elle revient souvent dans...
22:24Il y a un album live qui s'appelle
22:26« La vie cow-boy », je crois,
22:27si je ne me trompe pas.
22:27Ouais, c'est ça, ouais.
22:28Tu as joué aussi « Cowboy Mouth »
22:29de Patty Smith au théâtre.
22:31Qu'est-ce que ça représente pour toi,
22:33cette...
22:33C'est une question
22:34qu'on va pas beaucoup te poser en promo, peut-être,
22:36mais ça représente quoi pour toi,
22:37la figure du cow-boy ?
22:38Est-ce que tu te désignes comme un cow-boy ?
22:41Et si oui, qu'est-ce que ça veut dire ?
22:43Non, moi, je suis un indien, moi.
22:45Je suis plutôt du côté...
22:46En tout cas,
22:47« Ne faites jamais confiance à un cow-boy ».
22:48J'avais aussi fait un spectacle solo
22:50qui s'appelait comme ça.
22:51Mais j'aime beaucoup cette phrase
22:56parce que j'ai toujours été fasciné,
23:00comme les enfants,
23:02ou même les grands-enfants,
23:03et même aujourd'hui,
23:04par les westerns.
23:05Mais cette figure des westerns
23:07où c'est toujours l'indien le méchant
23:10et puis le cow-boy qui...
23:12Et on a de la partie pour le cow-boy,
23:14toujours, toujours,
23:15on veut qu'il gagne à la fin.
23:16Et puis, des John Wayne
23:19n'ont pas été très clean,
23:20là-dessus.
23:21Ce n'est pas des gens qui ont...
23:22Hollywood a fait beaucoup de mal
23:25au peuple indien.
23:27Et d'ailleurs,
23:27j'ai adoré revoir ces images
23:29de la compagne de Marlon Brando
23:33qui dit qu'ils refusent l'Oscar
23:36parce que vous nous traitez mal
23:38dans le cinéma américain.
23:41Non, voilà.
23:42Après, c'est une image.
23:43Ne faites jamais confiance en cow-boy.
23:44Pour moi, le cow-boy,
23:45c'est le garçon.
23:47Ne faites jamais confiance en un garçon,
23:48parce que la princesse,
23:50c'est la fille.
23:50Et puis, le garçon,
23:52le traître,
23:53c'est toujours le garçon.
23:55C'est quoi qu'il arrive.
23:57Et il y a un autre thème
23:58assez récurrent
23:59dans tes albums,
24:00c'est la question de la fin,
24:01de la mort aussi.
24:03Je ne sais pas si ça t'obsède,
24:04mais en tout cas,
24:05ça revient assez régulièrement.
24:07Et dans cet album,
24:08tu en parles notamment
24:08avec l'avant-dernière chanson
24:10de l'album
24:10qui s'appelle
24:11Ma dernière chanson.
24:12Comment est-ce qu'on explique
24:13d'abord cette récurrence-là ?
24:15Est-ce que c'est quelque chose
24:16qui t'obsède ?
24:17Et si oui,
24:18de quelle façon
24:18tu y penses
24:19à cette idée-là
24:21de la fin ?
24:22Et puis,
24:22sur la question
24:23de la dernière chanson,
24:24peut-être rassure-nous,
24:25c'est pas ta dernière chanson,
24:26celle-là.
24:28Pour répondre à
24:29est-ce que c'est ma dernière chanson,
24:31je l'ai écrite,
24:32encore une fois,
24:33je ne prémédite pas.
24:34C'est-à-dire que
24:35je ne me dis pas
24:36que je vais écrire
24:36une chanson là-dessus.
24:37J'écris des chansons
24:38et après,
24:39je regarde le polaroïd
24:41et je me dis
24:41tiens,
24:41ça c'est ce que tu es aujourd'hui.
24:43La chanson raconte
24:43ce que je suis
24:44et je m'en rends compte
24:46en la relisant quelque part.
24:49Mais je l'ai écrite
24:50en 20 minutes
24:50et il y avait beaucoup plus
24:51de couplets que ça
24:53parce que
24:54je te mets au défi
24:55si tu dois écrire
24:55ta dernière chanson,
24:56tu parles de quoi ?
24:57C'est-à-dire que c'est la dernière.
24:59Donc,
25:00il y a des sécouplés
25:01qui sont là.
25:02Évidemment,
25:02le refrain
25:03j'ai aimé,
25:04ça c'est le plus important.
25:05J'ai eu la chance.
25:06Quand je dis
25:07j'ai aimé,
25:09dans ma dernière chanson,
25:10je raconterai
25:10comme j'ai aimé,
25:11je dis ça.
25:12Mais ce qu'il veut dire
25:13est que j'ai eu cette chance-là
25:14d'aimer
25:15et d'avoir été aimé.
25:17Donc,
25:18pour moi,
25:18c'est l'essentiel.
25:19Le reste,
25:20on s'en fout quelque part.
25:22Mais,
25:23quand je me suis dit
25:24c'est quand même
25:25assez drôle
25:26de terminer un album
25:27par ma dernière chanson.
25:29Et si on a 20 ans,
25:3025 ans,
25:3130 ans,
25:32on se dit
25:33bon,
25:33ben voilà,
25:34c'est une joke peut-être.
25:36Mais j'ai mon âge
25:37et je me dis
25:39ça peut s'arrêter là
25:40parce qu'autour de moi,
25:42je vois des gens partir,
25:43des gens que j'aime,
25:44des gens
25:46avec qui j'ai passé
25:47toute une vie
25:47et qui ont mon âge
25:49ou à peine plus
25:49ou à peine moins.
25:50En tout cas,
25:51c'est une période
25:52quoi qu'il arrive.
25:53et puis,
25:54c'est toujours important
25:54de se dire
25:55que le carpe diem,
25:59parce qu'on meurt demain.
26:00Moi,
26:00cette phrase,
26:00elle m'intéresse.
26:01C'est-à-dire que
26:02c'est aujourd'hui
26:03que ça doit se passer.
26:04Et pour parler de la mort,
26:06il y a une chanson
26:06qui s'appelle
26:06« Donc tu es mort ».
26:08Je dis dans la chanson
26:10« Les bougies n'éclaireront pas
26:11ta 56e année ».
26:14J'ai pensé très fort
26:15à mon papa
26:15qui est mort à 56 ans,
26:17à son papa
26:17qui est mort à 56 ans.
26:19Aujourd'hui,
26:19j'ai passé le cap
26:20des 56 ans,
26:22mais je sais que
26:23j'ai repensé
26:24au moment
26:25où je m'approchais
26:26de cette date fatidique
26:27parce que j'étais persuadé
26:29que cette année-là,
26:30c'était peut-être
26:30ma dernière.
26:31Alors ça,
26:32ce n'est pas des superstitions,
26:33c'était « Je ne sais pas ».
26:35J'ai passé.
26:36Donc la suite,
26:36on verra.
26:37Après,
26:37on a perdu cet été
26:38quelqu'un de très important
26:39pour nous,
26:40pour moi,
26:40pour le monde,
26:41c'est Glenn Hansard
26:42en Irlande,
26:44quelqu'un qui a fait
26:45du bien au monde,
26:47c'est-à-dire
26:47qu'un grand chanteur,
26:48musicien,
26:49comédien,
26:50et qui,
26:51même au fait du succès,
26:54allait tous les hivers
26:55dans la rue
26:55jouer là où il a démarré
26:57quand il faisait la Manche
26:58à 13 ans
26:58dans une rue de Dublin.
27:00Et il allait,
27:01ça s'appelait
27:01les Buckets,
27:02je crois,
27:02il allait jouer
27:05pour ceux qui dormaient dehors,
27:09pour leur réchauffer le cœur.
27:10Il a appelé Bono,
27:11il a appelé Chiney de Connor.
27:13C'était un bienfaiteur.
27:15Et puis,
27:16comme tout le temps,
27:17il allait jouer dans des pubs
27:18en Irlande,
27:18chez lui,
27:19en rentrant en moto,
27:20il s'est tué.
27:20C'était 56 ans.
27:21Chiney de Connor,
27:2256 ans.
27:22Il y a le club des 56.
27:24Il y a les 27 et 56.
27:26Et donc,
27:26voilà,
27:27cette histoire-là.
27:28Mais j'aime bien le refrain,
27:28parce que le refrain,
27:30en fait,
27:30il me parle.
27:32Le refrain,
27:32il est pour moi.
27:33c'est-à-dire que quand je dis,
27:34le refrain,
27:35c'est je dis,
27:36tu m'as dit de dire à tes enfants
27:41que t'étais un ivrogne,
27:42un rêveur,
27:43un être faible,
27:43un fou,
27:44mais tu m'as dit aussi
27:45de ne jamais leur dire
27:47que tu n'as pas été,
27:49non,
27:49que tu ne les as pas aimés jusqu'au bout.
27:51Voilà,
27:52ça,
27:52je me parle.
27:54On le sent même tout au long de l'album,
27:55mais c'est aussi peut-être pour ça
27:56qu'il s'appelle Cali Thurie,
27:57cet album-là.
27:59J'ai vu que dans la promo,
28:00tu disais que c'était l'album
28:01le plus intime.
28:02C'est vrai qu'on le retrouve largement
28:04dans tes chansons,
28:05dans ces chansons en particulier.
28:07Merci beaucoup d'avoir accepté
28:08notre invitation.
28:10Et puis,
28:10évidemment,
28:10je conseille à tous
28:12d'aller écouter Cali Thurie,
28:14donc le 13e album de Cali.
28:16Vraiment,
28:16il est vraiment réussi.
28:18Et puis,
28:19aller sur le site de l'Huma aussi,
28:20parce que tu étais en entretien
28:21il y a deux ans,
28:22dans l'Humanité Magazine déjà.
28:23Et on retrouve un petit peu
28:25ce que tu disais tout à l'heure
28:26dans la dernière chanson,
28:28je raconterai comment j'ai aimé.
28:29Cette interview dans l'Humanité Magazine,
28:31elle se termine en disant
28:32j'ai pas de plan carrière,
28:33l'important c'est à la fin de dire
28:34j'ai vécu.
28:35Donc voilà,
28:36il y a tout un fil,
28:37il y a toute une cohérence.
28:39Merci encore d'avoir accepté cette invitation.
28:41Merci Anthony pour la fidélité
28:43depuis toujours,
28:44comme l'humanité d'ailleurs.
28:45Mais la fidélité,
28:46ça,
28:46ça me touche beaucoup
28:47parce qu'on grandit,
28:49on vieillit,
28:49toi t'es toujours un enfant,
28:50t'es toujours jeune,
28:53mais savoir qu'on a des gens
28:54à ses côtés pour les hauts,
28:55les bas,
28:56ça fait du bien.
28:57C'est comme ça que ça marche le monde,
28:58je crois.
28:59On sera toujours là,
29:00évidemment.
29:01Merci à toi
29:02et puis bonne tournée surtout.
29:03Merci beaucoup.
29:04Et puis abonnez-vous à l'Humanité.
29:05A bientôt.