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  • il y a 2 jours
Cinq jours après la visite de Donald Trump en Chine, Xi Jinping accueille son homologue russe, Vladimir Poutine. En amont de leur rencontre, le Kremlin indiquait que les deux dirigeants allaient évoquer les récents échanges avec l’administration états-unienne, les questions bilatérales sur « les principaux problèmes internationaux et régionaux » et signeront plusieurs accords bilatéraux. Analyse avec Vadim Kamenka, Lina Sankari et Théo Bourrieau.

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Transcription
00:01Entre la rencontre avec Donald Trump et celle de Vladimir Poutine,
00:05que joue la Chine de Xi Jinping en ce moment ?
00:07Les présidents chinois et états-uniens se sont rencontrés lors d'un sommet le 14 et 15 mai dernier.
00:12Le président russe arrive lui mardi 19 mai, donc aujourd'hui à Pékin.
00:15Bref, en ce moment la Chine joue gros, mais elle joue quoi exactement ?
00:19C'est à cette question à laquelle nous allons répondre avec Lina Sankari et Vadim Kamenka.
00:23Vadim, je ne te représente pas, mais Lina a tué aussi j'en liste au Service Monde.
00:27Et voilà, peut-être d'abord sur le sommet USA-Chine, on va faire chronologiquement.
00:32Pourquoi ça s'est passé maintenant et dans quel contexte ce sommet s'est déroulé, Vadim ?
00:37Ah, Etats-Unis-Chine donc.
00:42Pourquoi ? Je pense qu'en fait il y avait plusieurs choses, mais ça après je serai peut-être, Lina
00:46y répond plus précisément.
00:49C'est dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
00:53Un, parce qu'en fait cette rencontre devait avoir lieu déjà plusieurs mois plus tôt, en mars.
00:58Même avant il avait été question d'une rencontre encore plus tôt.
01:01Mais à chaque fois en fait, les agendas ne concordaient pas.
01:05Et surtout en fait, Pékin attendait un certain nombre, enfin déclaissait un certain nombre de points pour cette rencontre.
01:11Puisqu'il était question forcément de la question économique, des droits de douane.
01:14Mais aussi maintenant de la guerre au Moyen-Orient.
01:17Puisque mine de rien, la Chine importait un certain nombre de produits énergétiques et notamment du pétrole d'Iran.
01:28Donc en gros, attendait un certain nombre de réponses de la part de l'administration Trump.
01:33Puisque rien n'est clair, et on le voit bien au jour le jour sur la question de l'Iran,
01:37de cette guerre au Moyen-Orient.
01:38Sur les objectifs et notamment sur la paix ou sur un accord qui pourrait être trouvé entre les différentes puissances.
01:46Et on sait que pour le coup, la Chine est une puissance diplomatique importante dans ce dossier.
01:51Parce qu'elle a des intérêts en Iran, énergétiques mais pas que.
01:56Et aujourd'hui, elle peut être un soutien pour trouver un accord de paix.
02:02Sur le contexte, Lina, en quoi c'était un contexte si particulier, cette rencontre entre Trump et Xi Jinping ?
02:09Et est-ce que tu peux nous donner avant à quoi on pouvait s'attendre comme sujet de discussion ?
02:14Et finalement, quels ont été les sujets de discussion ?
02:16– Alors, le contexte, en fait, chaque semaine, on voit qu'entre les États-Unis et la Chine,
02:26il y a vraiment une lutte pour prendre la première place mondiale.
02:31Ça passe par effectivement l'Iran, Vadim en a parlé.
02:35Mais il y a eu le Venezuela en début d'année.
02:39Il y a la question des semi-conducteurs.
02:41Il y a la question de la guerre commerciale, même si elle a été gelée au sommet de Busan en
02:46novembre dernier.
02:49Et donc, il y a quand même tout un tas de sujets qui reviennent régulièrement dans l'actualité.
02:54Plus récemment, il y a deux semaines, il y a deux sociétés américaines qui ont récupéré l'exploitation de terminaux
03:01sur le canal de Panama,
03:03qui étaient pour l'heure, justement, plutôt exploitées par la Chine.
03:08Donc, on voit que Donald Trump est à l'offensive, qui mène une stratégie de domination,
03:12qu'elle soit militaire, politique, économique, à l'échelle mondiale.
03:16Et effectivement, l'Iran est symptomatique de ce projet-là.
03:24Puisqu'effectivement, par le détroit d'Hormuz, la Chine fait passer 80% du pétrole qu'elle importe.
03:32Donc ça, c'est pour l'entièreté du Moyen-Orient.
03:35Et puis, il y a d'autres intérêts, évidemment, économiques,
03:40parce qu'elle développe une stratégie depuis 2014, qui est celle des nouvelles routes de la soie.
03:45Et pour développer ces infrastructures dans les pays, elle a besoin de stabilité.
03:51Évidemment, que la guerre en Iran n'arrange pas du tout ses affaires.
03:55D'autant que l'Iran a rejoint...
03:59Alors, c'était en 2023, si je ne m'abuse, les BRICS+,
04:04et l'organisation de coopération de Shanghai aussi.
04:08Donc, effectivement, j'imagine que Trump est allé chercher une parole un petit peu...
04:14Enfin, en tout cas, un acteur qui pouvait potentiellement avoir...
04:19Enfin, qui pouvait parler à l'oreille de Téhéran.
04:22Ce n'est pas vraiment ce qui s'est passé, mais ça, on va en reparler.
04:24Et puis, les sujets, évidemment, ont été effleurés.
04:31Les communiqués entre les deux puissances diffèrent.
04:34Et vraiment, ce qu'il faut retenir, c'est que c'est la question du leadership mondial
04:39qui est actuellement discutée.
04:41Il y a même des magazines américains, notamment le Time,
04:44qui expliquent que pendant cette rencontre, en fait, ça a été un passage de témoins,
04:49en tout cas, concernant la puissance entre la Chine et les États-Unis.
04:54Et qu'aujourd'hui, ce serait la Chine qui aurait pris le relais en termes de puissance diplomatique.
05:00C'est sans doute un peu plus compliqué que ça.
05:03Mais effectivement, le fait que même des journaux américains le notent aujourd'hui est symptomatique.
05:09Et puis, il y a des sondages qui sont menés un petit peu dans les pays du Sud depuis quelques
05:13mois
05:14et qui montrent qu'effectivement, il y a un recul de la crédibilité et de...
05:19Comment dire ?
05:22La manière dont les États-Unis pourraient attirer, en tout cas, dans le modèle.
05:26Et qu'effectivement, il y a de plus en plus de pays qui se tournent vers la Chine au sud
05:32du globe
05:32parce qu'ils le voient et ils la voient effectivement comme une puissance plus stabilisatrice, en tout cas,
05:38et avec lesquels les échanges sont un petit peu moins déséquilibrés, on va dire.
05:44Juste avant qu'on continue, merci au nouveau RAID.
05:47Décidément, c'est la matinée des RAID.
05:48Merci à la chaîne Doppos.
05:49Donc, merci à David Dufresne.
05:51Bienvenue à toutes et à tous.
05:52Merci de nous rejoindre.
05:53On est en pleine émission, en pleine émission, l'international.
05:56On parle de ce qui se passe dans le monde.
05:58On a déjà traité trois sujets.
05:59Là, c'est notre quatrième et dernier.
06:01On parle de la Chine, entre le sommet entre Trump et Xi Jinping, qui a eu lieu le 13 et
06:0714 mai,
06:07et avec l'arrivée de Vladimir Poutine aujourd'hui.
06:10Voilà de quoi on parle en ce moment.
06:13Juste encore un dernier peut-être mot sur les enjeux de la rencontre entre Trump et Xi Jinping.
06:19Il y a quand même Taïwan, qui est quand même un gros morceau quand on parle de la Chine et
06:23des États-Unis.
06:24Est-ce qu'il en a été question ?
06:26J'imagine que oui.
06:27Et quelle a été la nature des discussions ?
06:30Est-ce que Xi Jinping et Donald Trump se sont montrés un peu mesurés pour ne pas trop se fâcher
06:34?
06:35Ou finalement, ça a été quand même un petit peu tendu ?
06:37Et peut-être, avant de répondre à la question, un petit point.
06:39Pourquoi est-ce que Taïwan est à ce point un enjeu important pour la Chine et les États-Unis ?
06:44Parce que je fais comme si tout le monde savait de quoi on parlait.
06:46Mais voilà, plein de questions finalement.
06:49Alors, pourquoi Taïwan ?
06:50On va commencer par ça.
06:51Pourquoi Taïwan est stratégique ?
06:53Parce qu'effectivement, Taïwan est très proche des côtes chinoises.
06:58Il y a eu des exercices depuis plusieurs années,
07:01parce que la Chine considère que c'est effectivement un territoire qui lui appartient.
07:08Et elle n'est pas seule à le faire, puisqu'il y a seulement...
07:10Je crois que le chiffre a baissé.
07:12Il y a une dizaine d'années, c'était 11 pays qui reconnaissaient Taïwan.
07:16L'ONU ne reconnaît pas Taïwan comme État indépendant.
07:18Ça, c'est important de le comprendre.
07:22Et le chiffre a reculé.
07:24Je crois qu'on en est aujourd'hui à 9 pays, mais il faudrait vérifier.
07:31Donc, c'est important parce qu'effectivement,
07:33tout ce Détroit est un passage aussi stratégique
07:36pour tout le commerce maritime mondial.
07:40Et qu'il y a également des enjeux dans la lutte dont on parlait tout à l'heure
07:44pour l'influence.
07:45Et donc, effectivement, les États-Unis jouent un petit peu un double jeu.
07:49Ils ne reconnaissent pas Taïwan comme un État indépendant,
07:52mais ils procèdent à des ventes d'armes
07:55dans ce jeu d'influence contre la Chine.
07:59Et donc, pour effectivement avoir un allié assez proche,
08:07c'est ce qu'on appelle le cordon,
08:08un allié assez proche des côtes chinoises,
08:11en plus du Japon, de la Corée du Sud
08:13et d'un certain nombre d'autres pays.
08:15Donc voilà pourquoi Taïwan est un danger important.
08:17Maintenant, est-ce qu'il a été question de Taïwan
08:20lors de cette rencontre ?
08:21Et quelle a été la nature des discussions ?
08:23Alors ça, c'est assez rigolo parce qu'effectivement,
08:26quand on regarde les deux communiqués finaux qui sont sortis,
08:31donc côté chinois, effectivement, on insiste beaucoup sur Taïwan
08:34et le fait que l'indépendance n'est pas un sujet.
08:38Et puis côté américain, on insiste beaucoup sur l'Iran.
08:42Donc on ne parle pas de la même chose.
08:45Effectivement, ça a été un sujet.
08:47Xi Jinping lui-même avait dit que ça serait le sujet majeur
08:51parce que c'était le plus important sujet de friction.
08:55Donc il ne considère pas que c'est la guerre commerciale
08:56qui est le plus important sujet de friction.
08:58Ça, pour lui, il a l'air de considérer que c'est gelé,
09:01en tout cas pour l'instant.
09:02Mais effectivement, la question de Taïwan,
09:06sur laquelle il attendait des garanties de Donald Trump,
09:08ce qu'il n'a pas fait tout de suite.
09:10En revanche, dès son retour à Washington,
09:14il a dit qu'il n'était effectivement pas question d'indépendance
09:17parce que si Taïwan jouait à ce jeu-là,
09:21ce sont plus ou moins ses mots,
09:24ça voudrait dire que ça demanderait un engagement des États-Unis,
09:28un engagement militaire qui coûterait cher.
09:30Et ça, il n'en a pas envie
09:32parce que déjà, c'est une promesse à ses électeurs
09:34que les États-Unis se retireraient des conflits
09:38qui ne le concernent pas, entre guillemets.
09:40On voit que c'est un petit peu plus compliqué.
09:42Et puis déjà qu'il est dans le bourbier,
09:43qu'il n'arrive pas à se sortir de l'Iran.
09:46Donc il va déjà régler cette question-là.
09:48Et puis Taïwan, on verra bien après.
09:52D'un point de vue un petit peu plus global,
09:54s'il fallait retenir quelques choses
09:55de cette rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping,
10:00il y avait quand même plein de sujets
10:01dont on aurait aimé qu'il parle,
10:03en tout cas que ça avance un petit peu.
10:04Finalement, est-ce que ça a vraiment avancé ?
10:06Est-ce qu'il ressort des choses un peu concrètes
10:08de cette rencontre ?
10:09Ou est-ce que c'était surtout symbolique
10:10de montrer Donald Trump à côté de Xi Jinping,
10:13de montrer que finalement tout va bien,
10:15ils sont à peu près copains ?
10:17Donc est-ce qu'il y a vraiment eu des avancées concrètes
10:19ou est-ce que c'était surtout symbolique ?
10:20Oui, c'était surtout symbolique,
10:22l'idée de montrer que, effectivement,
10:25les affaires du monde étaient gérées.
10:27Ce qui était plutôt intéressant, d'ailleurs,
10:29de voir que les deux s'affichaient.
10:30Il y a eu des qualificatifs assez laudateurs
10:33des deux côtés pour qualifier cette rencontre.
10:36Fantastique, voilà.
10:38Même Trump a dit que Xi Jinping était
10:39un très grand président,
10:41la Chine était d'une très grande nation.
10:43Exactement.
10:43Donc il a joué la modération.
10:45Ce qui était intéressant,
10:46c'est de voir qu'il n'était pas si à l'aise que ça,
10:48finalement, quand on le voyait autour de la table
10:50ou se baladait avec Xi Jinping au palais d'été.
10:58Ceci dit, effectivement,
11:01tout le monde a plutôt tendance à noter
11:02que c'est Xi Jinping qui a eu l'ascendant
11:04pendant cette rencontre.
11:06Il n'y a pas eu de grandes annonces,
11:07si ce n'est effectivement des annonces
11:09qui peuvent faire plaisir à Trump
11:11parce que ça lui permet de repartir avec ça
11:13dans son bagage sur la vente des Boeing.
11:17Donc ça, très bien.
11:18Ce n'était pas vraiment le plus difficile à obtenir.
11:21Parce qu'il y avait le PDG de Boeing
11:22qui était présent aussi,
11:23qui accompagnait Donald Trump
11:24et d'ailleurs d'autres présidents de grandes entreprises
11:27et états-uniennes et chinoises.
11:29Parce que c'était le plus facile, finalement.
11:31C'est ce que pouvait lâcher Xi Jinping
11:32pour lui faire plaisir et montrer qu'il y avait un geste,
11:35de dire, effectivement, regardez,
11:37on laisse vos entreprises entrer sur le territoire.
11:42Mais ça n'empêchera pas que d'ici quelques semaines,
11:44il y aura de nouveau des sujets de friction,
11:46sur le vol de la propriété intellectuelle
11:50qu'exercerait la Chine.
11:52Enfin voilà, le patronat américain est à l'offensive là-dessus.
11:55Et je ne pense pas qu'ils seront calmés
11:57par les 200 Boeing qui ont été vendus.
12:00Il y a eu quelques annonces également
12:01sur l'intelligence artificielle
12:03qui montrent effectivement
12:04que c'est un sujet majeur de préoccupation
12:07parce que les deux puissances
12:10qui se font vraiment la guerre là-dessus
12:13et sur laquelle la Chine commence à prendre l'ascendant
12:16de manière réelle.
12:18En tout cas, en termes de dépôt des brevets,
12:20ça commence à se voir.
12:23Mais bon, il n'y a pas eu d'annonce majeure.
12:25Et on attendait vraiment quelque chose sur l'Iran.
12:27Et ça, ça n'a pas eu lieu.
12:28Et c'est bien la preuve
12:30qu'il y a vraiment une lutte
12:32qui se mène de ce côté-là.
12:33– L'Iran sera sûrement aussi au cœur
12:36de la rencontre entre Vladimir Poutine et Xi Jinping.
12:39Donc on vous l'a dit,
12:4013-14 mai,
12:41Donald Trump et Xi Jinping se rencontrent.
12:44Aujourd'hui, mardi 19 mai,
12:45c'est Vladimir Poutine qui arrive à Pékin.
12:48Vadim, un peu la même question
12:50que pour les États-Unis.
12:51Dans quel contexte ?
12:52Est-ce que c'est exactement le même contexte
12:54qu'il se pose pour cette rencontre ?
12:56Est-ce que c'est exactement les mêmes questions
12:58qui vont être abordées
12:59lors de cette rencontre entre Vladimir Poutine ?
13:01– Alors, une réponse oui et non.
13:04Non, parce que la relation entre les deux pays
13:06n'est pas du tout la même
13:06qu'entre les États-Unis et la Chine.
13:07Déjà parce qu'il n'y a pas une volonté
13:12d'assumer le statut de numéro un
13:14et de puissance globale,
13:17puisque la Russie est loin derrière la Chine
13:19sur tout un tas de secteurs.
13:20Un, parce qu'aujourd'hui,
13:21la Russie, depuis le déclenchement
13:24de l'invasion de l'Ukraine en 2022,
13:26a besoin du soutien chinois économiquement,
13:28puisque sans la Chine aujourd'hui,
13:30la plupart de ces exportations et importations
13:34seraient nulles,
13:35et la situation de l'économie russe
13:37serait en bien piteux état.
13:39Donc non, non, la relation n'est pas du tout la même.
13:42Elle est beaucoup plus...
13:44D'ailleurs, ils vont fêter
13:45les 30 ans du partenariat stratégique.
13:48Voilà.
13:49Donc c'est vraiment une relation sur le long terme
13:52qui existe entre la Russie et la Chine,
13:54déjà parce qu'ils sont voisins,
13:55ils ont quand même une frontière commune.
13:57Il y a des intérêts, bien sûr, divergents
13:59sur un certain nombre de dossiers,
14:01mais mine de rien,
14:02il y a quand même, en tout cas,
14:04un discours commun vis-à-vis notamment de l'Occident.
14:08Est-ce qu'elle est stratégique ?
14:09Est-ce qu'elle évolue ?
14:10Quel est le discours, alors ?
14:10C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
14:12ils remettent en cause la domination occidentale.
14:15Il y a un certain nombre de normes
14:16qui sont fixées par l'Occident
14:19sur un certain nombre de dossiers,
14:21mais on voit qu'aujourd'hui,
14:22la mise en place des BRICS,
14:24que ce soit à l'Assemblée Générale de l'ONU,
14:27la volonté aussi d'imposer, on veut dire,
14:29une voie pour le Sud global,
14:31même si après, il faudrait définir
14:33ce que c'est que le Sud global.
14:35Mais en tout cas, il y a une volonté
14:35de remettre en cause
14:38que l'Occident aurait la main mise,
14:40que ce soit sur un certain nombre
14:42de décisions diplomatiques,
14:46de justice aussi,
14:47puisqu'on voit que sur la question
14:49des sanctions, par exemple,
14:51contre la Russie suite à l'invasion russe
14:53de l'Ukraine, est une chose,
14:55mais aucune sanction n'a été mise,
14:57par exemple, à l'égard d'Israël
14:58ou d'autres pays qui ont violé
14:59le droit international.
15:01Donc aujourd'hui, ce discours-là
15:04prend du fait que l'Occident
15:06n'est pas capable aujourd'hui
15:08de parler, de condamner d'une même voix
15:10d'autres acteurs internationaux.
15:12Israël, on en a parlé par rapport à Gaza,
15:14mais par rapport à ce qu'ils font aussi
15:15au Liban ou ailleurs.
15:18Et ça, ça prend au niveau du Sud global,
15:21puisque c'est quand même, encore une fois,
15:23l'Occident qui dicte un certain nombre
15:24de tempos, un certain nombre de sanctions,
15:26un certain nombre de décisions diplomatiques.
15:28Et ça, aujourd'hui, des acteurs
15:29comme la Chine, mais comme l'Inde aussi,
15:31qui est un des puissances quand même
15:34qui rattrapent son retard
15:36et qui comptent peser sur la scène internationale,
15:37mais d'autres pays comme l'Arabie saoudite
15:39ou des pays du Golfe veulent aujourd'hui
15:41avoir leur moitié dans l'ordre international.
15:43Et on sait que ce discours-là
15:45fonctionne très clairement
15:47auprès de ces pays-là.
15:49Est-ce qu'on peut imaginer
15:50que Vladimir Poutine va avoir
15:52une remarque à Xi Jinping
15:54sur sa rencontre avec Donald Trump ?
15:56De quel œil, finalement, la Russie voit
15:57ce rapprochement symbolique, en tout cas,
16:00entre Trump et Xi Jinping ?
16:02Est-ce qu'on peut s'imaginer
16:05que Poutine est plutôt ravi ?
16:08Au contraire, il y voit des difficultés à venir ?
16:11De quel œil voit ce rapprochement ?
16:13Je pense que, justement,
16:15alors, ce qui est intéressant,
16:16c'est que je pense qu'on ne sait pas tout
16:17à chaque fois.
16:18C'est pour ça.
16:19Non, mais ce que je veux dire,
16:20c'est que des rencontres diplomatiques,
16:21on a le principe aux ingénieurs,
16:22les principales déclarations,
16:23mais je pense que derrière,
16:24il y a des choses
16:25dont on ne maîtrise pas
16:26et dont on ne sait pas.
16:27Et heureusement,
16:27parce que c'est le but aussi
16:29de ces rencontres.
16:30Je pense que non,
16:32ce qui l'inquiétait le plus,
16:33en gros, c'était
16:35s'il y avait de nouveau
16:37la question économique
16:38et notamment la question
16:39des droits de douane
16:39ou de sanctions
16:40à l'égard de la Chine
16:41qui seraient mises
16:43par les États-Unis,
16:44puisque forcément,
16:45ça voudrait dire
16:45que le soutien économique
16:46aujourd'hui de la Chine
16:47vis-à-vis de la Russie
16:48serait impacté.
16:50Après, on sait
16:50qu'il y a une relation aussi
16:53importante
16:54entre Donald Trump
16:55et Vladimir Poutine
16:55sur la question notamment
16:56de l'Ukraine.
16:57On voit que les deux,
17:00en fonction des jours,
17:02peuvent être d'accord
17:03sur trouver un accord de paix.
17:04Après, le cadre reste
17:05à définir.
17:07Donc voilà,
17:07chacun a ses relations.
17:10Pareil,
17:12Vladimir Poutine
17:12a rencontré
17:13Donald Trump
17:14en Alaska
17:14il y a un an maintenant.
17:17Donc on voit
17:17qu'il y a des relations
17:19bilatérales.
17:21Le but,
17:22en tout cas au départ,
17:23on pensait que de Donald Trump,
17:24c'était bien sûr
17:24de détacher
17:25la Russie de la Chine
17:27pour essayer d'affaiblir
17:28et d'avoir plus d'impact
17:30vis-à-vis de Xi Jinping.
17:32Ce n'est pas le cas
17:32puisque aujourd'hui,
17:33la Russie a tellement besoin
17:35de la Chine économiquement,
17:37mais pas que aussi
17:37sur la scène internationale,
17:38d'avoir un poids lourd
17:39qui lui assure
17:40un certain nombre
17:43d'alignements politiques
17:45et diplomatiques.
17:46Donc ça n'a pour l'instant
17:48pas fonctionné.
17:49Mais on voit que chacun
17:50de toute façon
17:51a ses relations bilatérales.
17:52et après,
17:54chacun y va
17:55de ses propres avancées.
17:58Après, pareil,
17:58ce qui est intéressant,
17:59c'est que finalement,
18:00les Russes,
18:01comme finalement Donald Trump,
18:02vont arriver
18:03avec une grosse allégation.
18:05Alors ce n'est pas nouveau
18:06puisque généralement,
18:06ils arrivent
18:07avec plusieurs ministres
18:08pour ce type de rencontres.
18:10Mais là aussi,
18:10ce sera doublé
18:11d'un certain nombre
18:12de chefs d'entreprise
18:13puisqu'il sera question,
18:15bien sûr,
18:16notamment du gaz
18:17et du fameux
18:18force de Sibérie 2,
18:20donc ce gazoduc
18:20qui part de Sibérie
18:22jusqu'à la Chine.
18:23Donc voilà,
18:24toutes ces questions
18:25seront liées aussi
18:25à l'économie
18:26mais principalement
18:27à l'énergie côté russe.
18:28Oui, c'est ça.
18:28Parce que tu l'as dit,
18:30la Russie et la Chine
18:32sont interdépendants
18:33en termes d'énergie,
18:34en termes de gaz,
18:35de pétrole.
18:36Donc on peut s'attendre
18:37à ce que l'énergie
18:37soit au cœur
18:38de cette rencontre
18:39et que finalement,
18:40la guerre en Ukraine,
18:41la guerre en Iran,
18:42il n'y ait pas
18:43de réelles avancées
18:44sur ce terrain-là,
18:44que vraiment le cœur
18:45des discussions
18:45et peut-être
18:46les nouveaux accords,
18:48ça concerne essentiellement
18:49l'énergie...
18:50Oui, de toute façon,
18:51donc Yushakov,
18:52qui est le conseiller diplomatique
18:53de Vladimir Poutine,
18:54l'a dit hier,
18:55c'est que ce sera
18:55la question énergétique
18:57et notamment de ce gazoduc
18:58dont il sera question.
19:00Un, parce que depuis
19:01la guerre en Iran,
19:02forcément,
19:02la Chine a multiplié
19:04finalement les importations
19:05aussi russes
19:06parce qu'elle a besoin
19:08pour sa croissance
19:10et son économie
19:10d'avoir une stabilité énergétique
19:12et donc elle sait
19:13qu'elle dispose aujourd'hui
19:15de contrats
19:16sur le long terme
19:16avec la Russie,
19:17du gaz et du pétrole
19:18qu'elle achète moins cher
19:19d'ailleurs
19:19que les prix du marché.
19:22Donc forcément,
19:24il en sera question.
19:27Après,
19:28sur l'Iran,
19:29je pense que ça sera aussi
19:31une des clés des discussions
19:32parce que même si
19:33aujourd'hui,
19:35on va dire
19:35que l'essor du prix du gaz
19:37bénéficie à la Russie,
19:39je pense que les deux
19:41ont intérêt
19:41à ce que finalement
19:42la situation
19:45au Moyen-Orient
19:47se stabilise.
19:48Un,
19:48parce que ça permettra
19:49aussi à la Russie
19:50de ne pas avoir
19:52un allié,
19:52alors je ne sais pas
19:53si on ne peut pas
19:53d'allié pour l'Iran,
19:54mais en tout cas
19:54d'un partenaire proche
19:56puisqu'ils font partie
19:56des BRICS+,
19:57qui sont aussi
19:57un certain nombre
19:58de partenariats avec eux,
20:00que la situation
20:01se calme
20:03parce que la Russie
20:04est toujours englouée
20:05quand même
20:05dans cette guerre
20:06en Ukraine.
20:06On voit que malgré tout,
20:08économiquement,
20:09ça commence à peser
20:10notamment pour la population
20:12russe
20:13et surtout qu'aujourd'hui,
20:15on en avait parlé
20:16je crois la dernière fois,
20:17mais sur les deux stratégies
20:18qui se font face,
20:19c'est-à-dire que l'Ukraine
20:20aujourd'hui envoie
20:20de plus en plus de drones
20:22sur la Russie,
20:23impacte même des grandes villes
20:25comme Moscou
20:25ce week-end
20:26où il y a eu plus de 600 drones
20:27qui ont frappé la capitale russe.
20:29Voilà,
20:30c'est des sujets d'inquiétude
20:31pour les autorités russes
20:34et donc qui impactent aussi
20:35un peu avec la société
20:37puisque dans les sondages
20:38on sait que Vladimir Poutine
20:39aussi a dévissé un petit peu.
20:41Il y a des législatives
20:41qui vont arriver en septembre.
20:43Donc tout ça fait qu'aujourd'hui
20:45Vladimir Poutine
20:46va devoir faire un choix
20:47sur continuer une guerre
20:48mais ça veut dire
20:49peut-être augmenter
20:50les conscriptions,
20:52augmenter les frappes
20:55de missiles vis-à-vis de l'Ukraine
20:58s'il veut continuer
20:58à maintenir cette guerre-là
21:00ou alors acter
21:03une paix négociée
21:04avec un certain nombre d'objectifs
21:06qui ne seront pas remplis.
21:07Donc c'est toutes ces questions-là
21:08qui vont se poser
21:09et je pense qu'un partenaire
21:10comme la Chine
21:11qui est aujourd'hui incontournable
21:12je crois que c'est le Global Times
21:13qui l'évoquait hier
21:15c'est qu'aujourd'hui
21:15c'est devenu la capitale
21:16un peu diplomatique mondiale
21:18puisqu'elle enchaîne
21:19entre...
21:19C'est une des premières fois
21:20que les Etats-Unis
21:21puis la Russie
21:22en fait
21:23viennent à Pékin.
21:24Je crois que ça ne s'est jamais vu
21:25à part peut-être du temps
21:26de la guerre froide
21:27mais c'est quand même assez
21:27depuis ces 30 dernières années
21:29je crois que c'est une des premières fois.
21:34La Chine est vraiment
21:36devenue une des premières puissances
21:37si elle est la première puissance
21:38aussi bien diplomatique
21:39économique
21:40donc ça compte
21:41et je pense que
21:42sur un certain nombre de dossiers
21:44mine de rien
21:44même si ce sera question d'économie
21:46je pense que sur la diplomatie
21:47que ce soit sur l'Iran ou l'Ukraine
21:49je pense que
21:50et la Chine et la Russie
21:51voudront en discuter.
21:52Justement Lina
21:53est-ce que tu es d'accord
21:53avec ça
21:54avec Vadim
21:54le fait que
21:56le fait que cette rencontre
21:57entre Trump et Xi Jinping
21:58puis quelques jours après
21:59la rencontre avec Poutine
22:00est-ce que ça illustre
22:01le fait que la Chine
22:02et Pékin
22:03soient devenus
22:04la nouvelle place
22:06de la diplomatie
22:07et là où se règlent
22:08potentiellement
22:08les conflits mondiaux
22:09est-ce que ça illustre ça ?
22:12Alors
22:12qu'elle soit devenue
22:13une place diplomatique
22:15importante
22:15c'est certain
22:17elle mène une diplomatie
22:19beaucoup plus
22:20discrète
22:21parce que c'est le style
22:22diplomatique chinois
22:23beaucoup plus discrète
22:24que celle des Etats-Unis
22:26sur les 20 dernières années
22:27effectivement
22:28la Chine a investi
22:29toutes les instances
22:30de l'ONU
22:30y compris dans les agences
22:32elle est très très présente
22:33il y a ces diplomates
22:34qui travaillent
22:34qui nouent des relations
22:36qui ont appris
22:38un petit peu
22:38au fur et à mesure
22:39effectivement
22:41à négocier
22:43en coulisses
22:43et c'est vrai
22:44qu'il y a des choses
22:45qui se passent
22:45ce qui est intéressant
22:46notamment en termes
22:47d'influence
22:48c'est le rapprochement
22:49par exemple
22:50entre l'Arabie saoudite
22:51et l'Iran
22:52qui a eu lieu
22:52sous les villes
22:53de la Chine
22:54en 2023
22:55ça on n'en a pas
22:55beaucoup parlé
22:56mais c'est quand même
22:57notable
22:58dans un lieu
22:59qui était considéré
23:00comme un lieu
23:00d'affluence traditionnelle
23:01des Etats-Unis
23:02donc effectivement
23:03je ne dirais pas
23:04qu'elle a pris
23:04la première place
23:05mais elle est active
23:06et beaucoup plus discrète
23:08peut-être
23:08et beaucoup plus efficace
23:09finalement
23:10in fine
23:10que Donald Trump
23:13en coulisses
23:14et beaucoup plus stable aussi
23:15c'est ça
23:16je pense qu'en plus
23:16qui rassure vraiment
23:18un certain nombre d'acteurs
23:19et notamment
23:20au Moyen-Orient
23:21ou ailleurs dans le monde
23:22c'est-à-dire qu'aujourd'hui
23:23en plus avec Donald Trump
23:24qui a la tête des Etats-Unis
23:25vu qu'en 24 heures
23:26il est capable
23:27de changer
23:27de stratégie totalement
23:29je pense qu'aujourd'hui
23:30la Chine a démontré
23:32ces 20 dernières années
23:32en effet
23:33comme le dit Nina
23:33qu'elle a fait confiance
23:35à l'Union
23:35elle a investi
23:36toutes les agences
23:36elle passe par
23:37l'Assemblée Générale
23:38et le Conseil de Sécurité
23:39pour faire
23:40un certain nombre
23:41de résolutions
23:42et surtout
23:43elle est stable
23:43c'est-à-dire qu'elle ne va pas
23:44changer d'avis
23:45sur tel et tel dossier
23:46en 24 heures
23:47c'est vraiment une politique
23:48sur le long terme
23:49et qui rassure
23:50en fait
23:50un certain nombre
23:51d'acteurs internationaux
23:53que ce soit l'Inde
23:54ou en effet
23:55l'Arabie Saoudite
23:56ou l'Iran
23:56ou d'autres acteurs
23:57et la question
23:58qui va se poser d'ailleurs
23:59après cette guerre en Iran
24:00c'est
24:01qui va assurer
24:02aussi la sécurité
24:04des pays du Golfe
24:05puisque les Agenis
24:06ont fait la démonstration
24:07qu'aujourd'hui
24:07ils n'avaient pas forcément
24:08les capacités
24:09de tout assurer
24:10surtout qu'avec Donald Trump
24:12ils n'avaient pas forcément
24:13envie d'assurer
24:13ce statut-là
24:15donc ça veut dire
24:15quel acteur va aujourd'hui
24:17pouvoir permettre
24:18et garantir
24:18cette sécurité
24:19dans différentes
24:20sphères régionales
24:22Lida tu voulais rebondir
24:23sur ce que disait Vazim
24:24Oui parce que c'est vrai
24:25que ce qui est assez impressionnant
24:26c'est la vitesse
24:27à laquelle la Chine
24:28a fait avancer
24:29ses projets
24:30je pense notamment
24:30aux nouvelles routes
24:31de la soie
24:31qui ont été lancées
24:33en 2013
24:33enfin annoncées
24:34en tout cas en 2013
24:35et aujourd'hui
24:36qui sont présentes
24:37quasiment
24:38sur l'ensemble du globe
24:40y compris
24:41dans certains pays du Nord
24:42donc il y a quand même là
24:44une force de frappe
24:45qui est assez impressionnante
24:46et puis ce qui est aussi intéressant
24:48c'est la manière
24:49dont elle arrive
24:50à faire avancer
24:50certains dossiers
24:51notamment sur la remise
24:52en cause de l'hégémonie du dollar
24:54qui explique aussi
24:55pour une part
24:56l'agressivité des Etats-Unis
24:57vis-à-vis de la Chine
24:59il y a beaucoup de pays
25:00aujourd'hui du Sud
25:01qui souhaitent contourner
25:02les sanctions américaines
25:04qui sont mises en place
25:05contre un certain nombre de pays
25:06et qui pour ce faire
25:08utilisent la devise chinoise
25:09le renminbi
25:11c'est le cas notamment
25:12de certains pays
25:13au Moyen-Orient
25:13qui acceptent
25:14que la Chine
25:16paye
25:16avec sa propre devise
25:18et non plus en dollars
25:19qui était la monnaie traditionnelle
25:21des échanges internationaux
25:22et en contrepartie
25:24que la Chine
25:27opère des investissements
25:28notamment en termes
25:29d'énergie verte
25:30ou de choses comme ça
25:31donc effectivement
25:32elle est vue aujourd'hui
25:33comme une puissance
25:36stabilisatrice
25:36tu le disais
25:37mais qui investit aussi
25:38dans des technologies
25:39du futur
25:40et ça c'est quand même
25:41pour un certain nombre
25:42de pays
25:42qui n'ont pas forcément
25:44accès à ces technologies-là
25:46il y a quelque chose
25:48en termes de commerce
25:49et d'investissement
25:50qui est assez intéressant
25:52parce qu'ils se disent
25:52voilà une opportunité
25:54de développement
25:55et une autre manière
25:56de faire la mondialisation
25:58Vous dites que la Chine
26:00est devenue
26:01en tout cas
26:01est vue
26:02comme une nouvelle puissance
26:02stabilisatrice
26:03là on peut se rassembler
26:05pour discuter
26:07pourquoi l'Europe
26:08n'est pas devenue
26:08cet endroit
26:10cette place
26:10où on peut discuter
26:11où les conflits
26:13peuvent se régler
26:14ou en tout cas
26:15les dossiers peuvent avancer
26:16parce que je pense
26:17qu'elle a fait
26:18hélas aujourd'hui
26:19la démonstration
26:19qu'elle n'est plus
26:21cette voie diplomatique
26:23avec différents acteurs
26:25c'est à dire
26:26par exemple
26:27sur la guerre en Ukraine
26:28quelle que soit
26:30l'attitude
26:31par exemple
26:31qu'on peut avoir
26:32enfin
26:33pas l'attitude
26:33mais
26:35la vision
26:36qu'on peut avoir
26:36de la réussite
26:37de Vladimir Poutine
26:38et sur le fait
26:39qu'elle a envahi l'Ukraine
26:40mais aujourd'hui
26:43on est entré
26:44dans la cinquième année
26:45du conflit
26:47l'Europe
26:48peut et doit
26:49se permettre
26:49de négocier
26:51directement
26:52avec les autorités russe
26:53ça ne veut pas dire
26:53qu'on acte
26:54le fait que la Russie
26:57sorte vainqueur
26:58du conflit
26:59mais aujourd'hui
27:00si on veut sortir
27:01de ce conflit
27:02c'est bien par la diplomatie
27:03il faudra passer
27:03par la diplomatie
27:04pareil sur la question
27:06de l'Iran
27:06aujourd'hui
27:08l'Europe
27:08s'empêche
27:09en fait
27:10de parler
27:11à différents acteurs
27:13elle peut les sanctionner
27:14économiquement
27:14mais elle s'empêche
27:15aujourd'hui
27:15de parler
27:16à différents acteurs
27:16et ce qui froisse
27:18un certain nombre
27:18de pays
27:19du sud global
27:20et aujourd'hui
27:21la Chine
27:22qui est beaucoup plus stable
27:23alors après
27:23on peut aussi
27:24parler de questions
27:25de valeurs
27:26de droits de l'homme
27:27de choses comme ça
27:27mais en tout cas
27:28sur la question diplomatique
27:29aujourd'hui
27:30un certain nombre
27:30de pays
27:32apparaissent
27:33bien plus rassembleurs
27:34que l'Europe
27:36Lina sur cette question
27:37où est passée l'Europe
27:38finalement
27:38l'Europe
27:39est complètement absurde
27:40des grands espaces
27:42où finalement
27:42tout se joue
27:43en termes géopolitiques
27:44L'Europe
27:45elle a un petit peu
27:46raté le coche
27:46ça fait un moment
27:49qu'elle rate le coche
27:50mais elle aurait pu
27:50effectivement
27:52développer une troisième voie
27:53une voie alternative
27:55elle ne l'a pas fait
27:56elle ne l'a pas fait
27:57pour différentes raisons
27:59par suivisme
28:01notamment diplomatique
28:02des Etats-Unis
28:03l'Europe
28:04elle est insérée
28:05dans des alliances
28:05qui lui font
28:06aujourd'hui
28:08tort
28:08je pense notamment
28:09à l'OTAN
28:11mais il n'y a pas
28:12que celle-là
28:12et puis elle est
28:14complètement écrasée
28:14elle a oublié
28:16dans les années 2000
28:17de prendre le tournant
28:18d'Internet
28:19aujourd'hui
28:19elle essaye de prendre
28:21le tournant de l'IA
28:21mais elle a déjà
28:22au moins 10 à 15 ans
28:24de retard
28:24et donc sur tous
28:25ces sujets-là
28:26sur lesquels
28:26effectivement
28:27les Etats-Unis
28:28d'un côté
28:28et la Chine de l'autre
28:29se sont positionnés
28:31très vite
28:31et ont investi
28:33massivement
28:33l'Europe
28:34n'est pas en capacité
28:36de suivre
28:36et puis effectivement
28:37elle a aujourd'hui
28:38un gros problème
28:39de crédibilité
28:40vis-à-vis des pays
28:41du Sud
28:43elle aura beaucoup
28:44de mal
28:44à leur donner
28:46des leçons
28:48alors qu'elle n'a
28:49rien dit
28:49sur le génocide
28:51à Gaza
28:51et sur un certain
28:52nombre d'autres sujets
28:53il y avait un problème
28:54de double discours
28:55de double standard
28:56comme on dit
28:58entre l'Ukraine
28:59et Gaza
28:59et ça aujourd'hui
29:00les pays africains
29:02les pays d'Amérique latine
29:04regardent un petit peu
29:05l'Europe
29:05avec défiance
29:06en disant
29:06mais vous n'êtes plus
29:07un acteur qui compte
29:09vous auriez pu faire des choses
29:10notamment en termes
29:11de remise en cause
29:12de l'accord d'association
29:13qui lie l'Europe à Israël
29:15et qui est conditionné
29:17justement au respect
29:18des droits de l'homme
29:18elle a décidé
29:19de ne pas le faire
29:20et donc aujourd'hui
29:21elle regarde un petit peu
29:22les trains passés
29:22elle est obligée
29:23de regarder
29:25la rencontre
29:26entre Xi Jinping
29:27et Trump
29:27ou Xi Jinping
29:28et de Vladimir Poutine
29:30en tant que spectatrice
29:31finalement
29:32qui est en train de se faire

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