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  • il y a 8 heures
Être privé de majorité oblige à des compromis. Avec les macronistes, il s’agit davantage de compromissions. Depuis les élections législatives anticipées de 2024, le rapprochement à l’Assemblée nationale entre le camp présidentiel (Renaissance, MoDem, Horizons), les conservateurs (« Les Républicains ») et les partis d’extrême droite se précise. De nombreux textes du « socle commun » – Macronie et LR – ont été adoptés grâce aux voix du Rassemblement national (RN) et de leurs alliés ciottistes de l’Union des droites pour la République (UDR). Un signe de leur convergence, notamment sur l’économie de marché et la politique de l’offre. Mais aussi du virage droitier d’une Macronie qui n’a jamais envisagé de gouverner sur sa gauche, même si le Nouveau Front populaire (NFP) est arrivé en tête des législatives.

Le point avec Gaël De Santis et Rachelle Papillon.

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Transcription
00:01Y a-t-il vraiment une différence entre la Macronie et l'extrême droite ?
00:05Depuis les élections législatives anticipées de 2024, le camp présidentiel n'ayant pas obtenu la majorité,
00:11Renaissance s'est rapprochée de plusieurs parties pour faire voter ses lois.
00:15Notamment la droite de Ciotti, les Républicains et leur assemblement national.
00:19Plusieurs textes ont passé grâce au vote de l'extrême droite.
00:22Gaël Descentis, tu es journaliste rubrique politique de l'Humanité.
00:26Comment ce mois de juillet illustre cette dynamique ?
00:28Ce mois de juillet est particulier parce qu'on a vu plusieurs lois être votées.
00:35La loi de programmation agricole qui réintroduit deux pesticides.
00:40On a la loi Riposte qui est une loi sécuritaire.
00:46On a la loi présomption d'innocence des policiers, celle qui a été surnommée permis de tirer.
00:53Elle a été adoptée le 7 juillet en première lecture à l'Assemblée nationale.
00:56On a eu, même au mois de juin, la loi sur la justice de Gérald Darmanin.
01:03Et la particularité, c'est que tous ces textes ont été votés par les députés du camp présidentiel,
01:08donc les groupes Ensemble pour la République, le groupe Modem, le groupe Horizon d'Edouard Philippe,
01:16mais également par la droite républicaine, la droite, mais également par l'UDR d'Éric Ciotti
01:22et le Rassemblement national de Jordan Bardéala et Marine Le Pen.
01:31Alors qu'il n'y a pas encore si longtemps, Emmanuel Macron disait « Make our planet great again »
01:36en critique à Donald Trump.
01:38Depuis ses législatives, un changement de voie s'est opéré du côté de l'écologie.
01:42Peut-tu nous en dire plus ?
01:43Oui. Alors cette phrase, c'est lors d'un sommet international où, en gros,
01:48Donald Trump se retire des accords de Paris sur le climat.
01:52Et donc Emmanuel Macron sort ce bon mot en reprenant le slogan trumpiste,
02:01en disant non pas « Make America great again », mais « Make planet great again »,
02:06c'est-à-dire redonnons toute sa grandeur à notre planète, pour ceux qui ne parlent pas anglais.
02:11Mais ça, c'était en 2017.
02:13À l'époque, dans sa campagne, il faut savoir que c'était quelqu'un
02:17qui avait été ministre sous François Hollande, il était sur le « et en même temps ».
02:22Donc même s'il était droitier d'un point de vue économique,
02:25il avait besoin de donner des signaux à la gauche et la question écologique.
02:30Servait de vernis, mais également chez une partie des députés macronistes,
02:35c'est quelque chose qui les préoccupe.
02:37Ils ne sont pas aussi naturellement anti-écologistes que la droite ou l'extrême droite.
02:42Mais les choses ont bien bougé.
02:45On l'a vu notamment depuis 2024 que les macronistes, après la dissolution ratée,
02:51n'ont plus la majorité.
02:52Au début, ils ont dû s'appuyer sur les voies de...
02:55Ils ont fait rentrer quasiment dans la coalition gouvernementale la droite républicaine,
03:00les Républicains, de Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.
03:03Et maintenant, ceux-là sont passés officiellement à l'opposition.
03:09Mais voilà.
03:10Et du coup, on se retrouve avec une situation où le gouvernement a assez peu l'initiative.
03:14Il y a beaucoup de propositions de loi.
03:15Et donc, ils ont fait adopter en juillet 2025 la loi Duplon,
03:20du nom d'un sénateur LR qui avait fait cette proposition de loi
03:23et qui autorisait l'usage controversé de l'acétamipride,
03:28qui est un pesticide qui est dangereux, notamment pour les enfants.
03:34De même, le 8 novembre 2024, je ne sais pas si vous vous souvenez,
03:38il y avait eu un débat sur les PFAS, qui sont des petits composants chimiques
03:43qu'on retrouve dans l'eau, dans les sols.
03:47Il y avait les Verts, les députés écologiques,
03:50qui avaient déposé un amendement pour instaurer le principe de pollueur-payeur
03:55pour les activités rejetant des PFAS.
03:59Et cet amendement a été rejeté par les voix du Rassemblement national
04:04et des macronistes.
04:06Donc, c'est quelque chose qu'on retrouve souvent.
04:09Là, la fin du mandat d'Emmanuel Macron,
04:12pour plaire à l'extrême droite,
04:15enregistre des reculs idéologiques,
04:19mais également des reculs politiques.
04:21On voit que, par exemple, la loi simplification
04:23remet en cause les zones, ce qui était important,
04:28les zones à faible émission pour l'accès des voitures en centre-ville.
04:32Ça a changé.
04:33On voit aussi qu'il y a la portée du principe zéro,
04:38artificialisation nette,
04:38ce qui fait qu'on ne doit pas mordre sur les terres naturelles ou agricoles
04:43pour développer une zone commerciale,
04:46pour développer une zone industrielle.
04:49Ce principe est mis à mal.
04:52C'était des choses qui étaient portées au début de...
04:55Y compris par les macronistes,
04:56et pas seulement par la gauche,
04:57au début du mandat, en 2017 à 2022.
05:01Et c'est des choses qui sont abandonnées
05:03du fait qu'ils ont besoin des voix de l'extrême droite
05:07et qu'ils font le choix d'aller chercher leur voix à l'extrême droite
05:10et pas à l'extrême gauche.
05:11On se retrouve dans une situation où, quelque part,
05:14l'extrême droite contribue à détricoter
05:15le très, très, très maigre bilan des macronistes
05:20en matière écologiste.
05:21On a vu aussi arriver des textes sécuritaires et autoritaires
05:24entre Renaissance et l'ERN depuis le début de cette législature.
05:29Lesquelles sont-elles ?
05:30Alors, il faut voir qu'il y a eu une réforme
05:32qui a servi de fonds bâtissement à cette coopération.
05:37En décembre 2023, il y a ce qu'on appelle la loi immigration
05:41qui visait à rendre plus difficile l'accès au territoire français,
05:45y compris pour les demandeurs d'asile.
05:48Mais sauf que les macronistes n'avaient pas la majorité.
05:52Donc c'est dans la précédente législature.
05:55Et qu'est-ce qui s'est passé ?
05:57C'est que ce texte est passé, grâce en partie à l'abstention
06:02ou le vote RN, je ne me souviens plus,
06:04je ne sais plus si c'était faveur ou l'abstention du RN,
06:07contre la gauche.
06:08Ça a montré que, voilà, il y avait les macronistes
06:14qui emboîtaient le pas sur ces questions-là
06:17et développaient une politique de plus en plus répressive
06:22en s'appuyant sur les voies du Rassemblement national.
06:26Et c'est quelque chose qu'on retrouve dans la législature
06:30depuis 2024.
06:31On a parlé de la loi Riposte.
06:34On a parlé de la loi qui vient d'être adoptée
06:38sur la question de la présomption d'innocence des policiers
06:43qui fera que si jamais un policier tire,
06:47il n'y a plus automatiquement une enquête qui est ouverte.
06:50Mais la famille ou d'autres devront prouver
06:54qu'il n'y avait pas lieu de tirer.
06:58Il n'y a plus l'automaticité de l'enquête.
07:00Et donc ça, ça pose des soucis.
07:02Et par exemple, le 9 avril dernier, il y a une proposition de loi
07:08qui a été votée visant à renforcer la pénalisation
07:11de l'organisation de rêve-partie.
07:14Ça semble anodin, mais c'est encore un dispositif,
07:18quelque part, contre une partie des jeunes,
07:21au lieu de travailler.
07:22Est-ce que ce type d'activité, de façon de vivre sa culture,
07:29soit se fasse en bonne entente, sans problème ?
07:34On est uniquement avec le volet répressif.
07:36Mais là, c'est pour les jeunes.
07:38Mais à Mayotte, par exemple, il y a une proposition...
07:41Enfin, pour Mayotte, il y a une proposition de loi
07:43favorisant l'expulsion des personnes vivant dans l'habitat informel,
07:48c'est-à-dire les bidonvilles.
07:49Donc en plus d'être anti-immigrés,
07:52parce qu'il y a beaucoup d'immigrés à Mayotte,
07:54c'est aussi une loi antisociale,
07:55parce que c'est vraiment des gens
07:56qui se retrouvent à vivre dans des conditions déplorables.
07:59Et il est favorisé la possibilité de les déloger.
08:04Donc cette coopération, il y a une sorte d'entente
08:08sur la question sécuritaire.
08:10Et il faut le dire, à chaque fois,
08:12ils se tournent pour faire voter leur loi vers la droite.
08:17C'est aussi ce qui fait un marqueur de cette législature.
08:22C'est qu'ils pourraient aller aussi vers la gauche.
08:24Ils ne vont que vers la droite,
08:25avec des textes sur l'écologie qui sont des reculs,
08:28des textes sur la question sécuritaire qui sont des reculs,
08:31des textes sur la question migratoire qui sont des reculs.
08:33Jamais ils se tournent vers la gauche.
08:36Il y avait une députée que j'ai eue pour le besoin de l'article
08:39que vous pourrez retrouver sur le site web de l'humanité,
08:44à savoir l'humanité.fr.
08:45Une députée me disait, mais s'ils se tournaient vers la gauche
08:48pour faire adopter la sixième semaine de congé payé,
08:51nous la voterions.
08:52Donc c'est un choix des macronistes
08:55pour ne pas détricoter le bilan économique
08:57du président de la République
08:59et des différents gouvernements macronistes
09:02qui se sont succédés,
09:04qui ont orchestré une réforme des retraites,
09:07qui ont orchestré une réforme du marché du travail.
09:10Ils préfèrent se tourner vers la droite
09:11et donc ils ont des textes de plus en plus droitiers
09:15qu'ils font voter avec les voies d'extrême droite.
09:18Ça, un autre aspect, je tiens à le dire,
09:20c'est qu'on a parlé de cette loi immigration de 2023
09:27du fait des amendements qu'ils ont acceptés
09:30de la part du Rassemblement national et de la droite
09:32pour durcir le texte et faire en sorte
09:34qu'ils soient votables par la droite et l'extrême droite.
09:38Ils ont retenu ce type d'amendements
09:40et pas ceux de la gauche.
09:42Et résultat, une grande partie des dispositions
09:45a été censurée par le Conseil constitutionnel.
09:50Donc en plus, on a une loi de mauvaise qualité, en fait.
09:55Ils font des concessions pour avoir des gains politiques,
09:57mais ils font des lois qui après se font vider
10:01d'une partie de leur substance
10:03par les sages de la rue Montpensier,
10:04le Conseil constitutionnel.
10:07Et à qui servent réellement ces lois ?
10:10— C'est des lois au service des puissants.
10:17C'est vieux comme le capitalisme.
10:19Il y a toujours une volonté de diviser le monde du travail.
10:25Et c'est tout le rôle de l'extrême droite
10:28que de diviser le monde du travail entre Français immigrés.
10:35Par le passé, on laisse les femmes à la maison.
10:39Donc on reste de manière très réactionnaire
10:42en divisant les hommes et les femmes.
10:45Des fois, par le passé et encore aujourd'hui,
10:48divisés entre les hétéros et les personnes LGBTQI.
10:55Voilà, ça, c'est le rôle de l'extrême droite.
10:57Donc il y a ça.
10:58Et c'est dangereux qu'une droite macroniste tende vers ça.
11:04Mais deuxième chose, c'est que c'est au service du capital,
11:08ça divise, c'est loin.
11:10Mais également, on voit qu'il y a une sorte d'entente
11:12pour ne pas remettre en cause la domination du capital.
11:18On le voit dans les débats budgétaires, par exemple.
11:24Ou par exemple, à gauche, dans le débat pour le budget 2025,
11:29donc c'était en fin 2024, à l'automne 2024,
11:32la gauche a tenté de taxer certains gadgets pour les ultra-riches,
11:37par exemple, en instaurant une taxe sur les yachts supérieurs à 20 mètres de long.
11:42C'est des grands yachts.
11:43Ça a été rejeté grâce aux macronistes et à l'extrême droite
11:48pour inclure les jets privés dans la taxe sur les transports aériens passagers.
11:53Pareil, rejeté.
11:55Mettre un terme à la niche fiscale dont bénéficient les entreprises
11:59qui utilisent des jets privés.
12:01Rejeté.
12:02Et on l'a vu dans le budget, dans le débat sur 2026.
12:07Des fois, la taxe Juckmann était adoptée,
12:10mais c'est parce qu'il y avait une faible mobilisation
12:14des troupes de la droite et de l'extrême droite.
12:16Mais sinon, il y a un amendement qui a été repoussé en 2026 sur le sujet.
12:23Donc la taxe Juckmann, je rappelle, c'est de taxer à hauteur de 2% au moins du patrimoine
12:29les très très riches au-dessus de 100 millions d'euros,
12:32ce qui est une fortune que le commun des mortels ne parviendra jamais à accumuler.
12:42Et donc ça, ça renvoie.
12:43C'est parce qu'ils ont un fonds commun, c'est une doctrine antifiscale
12:48qui est commune aux macronistes, qui ont comme ligne directrice
12:52soit de baisser les impôts, soit de dire jamais d'augmentation d'impôts depuis 2017.
12:57Et le RN a la même ligne en disant qu'ils trouveront l'argent pour financer le social,
13:02c'est complètement démagogique, en trouvant des dizaines de milliards
13:05en réduisant l'immigration, ce qui est...
13:08Personne ne prend ce genre d'hypothèse au sérieux.
13:12Donc ils ont en commun de refuser l'impôt.
13:17Ça a même conduit...
13:19Mais là, c'est seulement le RN qui l'a fait.
13:22Il y a eu des députés du RN qui ont voté, il y a quelques mois,
13:28contre un amendement qui proposait de taxer les grands labos pharmaceutiques
13:34pour financer la recherche contre les cancers pédiatriques.
13:38Donc ils sont tellement matrixés à l'idée que toute taxe est mauvaise
13:43que même pour financer la recherche sur les cancers des enfants,
13:48ils trouvent moyen de voter contre le RN.
13:52Ça, c'est sur le volet fiscal.
13:53Mais il y a également le volet du salaire.
13:57L'extrême droite, on le sait, elle est très...
13:59Il faut baisser les cotisations.
14:01C'est également la proposition, souvent une des idées de la droite et des macronistes.
14:08Et donc là, ce n'était pas dans la dernière législature,
14:10mais dans la législature précédente,
14:12il y a un texte qui est arrivé en commission pour proposer d'augmenter le SMIC à 1 600 euros.
14:18Et là également, le texte n'est même pas allé dans l'hémicycle
14:21parce que ceux qui le portaient ne l'ont pas fait.
14:23On choisit de ne pas porter le texte parce qu'il n'y avait aucune chance d'être voté
14:28puisqu'il y avait un tir de barrage des macronistes et du Rassemblement national.
14:35Les deux refusent que le travail paye.
14:39Donc le RN se dit pour le pouvoir d'achat, contre l'assistanat,
14:45mais ne veut pas augmenter les petits salaires quand c'est possible.
14:51Et plus que voter de façon similaire pour les mêmes textes,
14:54y a-t-il eu des rapprochements entre les deux parties
14:56en sachant qu'Emmanuel Macron avait quand même appelé à faire barrage
15:03lors des élections présidentielles ?
15:05Non seulement Emmanuel Macron avait appelé à faire barrage,
15:09mais en 2017 et 2022, la gauche a fait barrage contre le Rassemblement national
15:15en votant très fort, en se mobilisant pour battre l'extrême droite,
15:21ce qui a permis à Emmanuel Macron d'être gagné face à Marine Le Pen à deux reprises.
15:30En 2022 et 2024 aussi, nous avons vu que l'électorat de gauche s'est mobilisé en masse
15:37pour faire le front républicain.
15:39Et on sait que les reports de voix, quand il y avait un candidat RN
15:43et en face, on avait un candidat macroniste,
15:47la gauche s'est plus mobilisée que lorsqu'il y avait un candidat RN au second tour
15:51et un candidat de gauche.
15:53Là, l'électorat macroniste s'est moins mobilisé pour voter à gauche.
15:57Donc on a des macronistes qui, certes, une partie des électeurs a voté pour leur ligne,
16:05mais une autre partie a voté avant tout contre le Rassemblement national.
16:08Donc il n'y a pas de majorité pour le projet macroniste dans le pays.
16:14Il faut reconnaître que, voilà, 2022, ils ont un peu joué le jeu à l'Assemblée nationale
16:19en essayant de mettre de côté le Rassemblement national.
16:23Mais après, les législatives de 2024, même s'il y avait déjà eu des choses avant,
16:29mais par exemple, pas plus tard qu'il y a moins d'une semaine, le 21 juillet,
16:36il y a eu un renouvellement du président de la Commission des lois.
16:39Et Vincent Cor, qui se trouve être l'ex-chef de cabinet adjoint d'Emmanuel Macron à l'Élysée,
16:45a été élu dès le premier tour.
16:47Il a été élu dès le premier tour parce que le RN n'a pas présenté de candidat en échange
16:52de vice-présidence.
16:54Et donc il a été élu dès le premier tour face à la socialiste Colette Capdeviel.
16:59Mais c'est pas nouveau.
17:03Par exemple, le 2 octobre dernier, il faut voir que jusqu'au 2 octobre dernier,
17:08la gauche avait eu une majorité au bureau de l'Assemblée nationale.
17:11Cette élection avait été faite en juillet 2024.
17:14Là, la présidente de l'Assemblée nationale, Yael Brown-Pivet ou d'autres,
17:19ont voulu que le bureau de l'Assemblée soit plus ou moins représenté à la proportionnelle.
17:23Et donc les macronistes ont voté pour faire rentrer 2 personnes d'extrême droite
17:29au bureau de l'Assemblée nationale.
17:31La gauche s'est refusée et a voté contre.
17:36Et à l'époque, le groupe communiste, le groupe GDR, disait,
17:41il est à craindre que cet accord ait une portée plus large,
17:44que la seule répartition des postes à l'Assemblée nationale
17:46ait présage une alliance politique plus large.
17:49Et on voit que quelque part, dans ce qui est voté,
17:53il y a beaucoup de choses en commun.
17:58En parlant de commun, qu'est-ce que ces votes en commun
18:01veulent dire sur l'extrême droite aujourd'hui ?
18:03Sur l'extrême droite, déjà, le problème, c'est que
18:08ce qui a permis le front républicain, le barrage républicain,
18:12en 2002, quand une première fois,
18:16Jean-Marie Le Pen est arrivé au second tour de l'élection présidentielle,
18:20Jacques Chirac avait été élu avec plus de 80% des voix au second tour,
18:24c'est qu'on avait une extrême droite qui était isolée.
18:27Il n'y avait pas de... Il y a très peu de passerelles
18:29entre la droite et l'extrême droite.
18:31Il y avait comme un barrage, parce que la droite,
18:34elle est issue du libéralisme pour l'UDF ou Modem
18:37et du gaullisme pour le RPR.
18:41Les gaullistes ont été dans la résistance face au RN,
18:44qui est un parti, rappelons-le, qui a été fondé en partie
18:47par des anciens SS ou des pétainistes.
18:52Donc, il y avait le prix du sang, mais petit à petit,
18:55ça, ça s'est amenuisé.
18:57Et donc, il y avait quelque part une...
19:01Le RN était placé à l'écart.
19:03On le mettait hors des coalitions gouvernementales.
19:07Et on voit, par exemple, en 2024,
19:11on avait Édouard Philippe, par exemple,
19:14qui, aux législatives, a dit,
19:15moi, je voterai dans ma circonscription
19:19pour le candidat communiste.
19:20Donc, il y avait un véritable barrage.
19:22Là, le problème, c'est que petit à petit,
19:24dans l'électorat, ça devient compliqué.
19:27Quand le RN, il y a des choses qui passent
19:33grâce aux voies du RN,
19:35c'est une victoire idéologique pour le RN
19:37qui peut dire, ce Rassemblement national,
19:39regardez ce qu'on obtient dans l'opposition
19:41et voilà ce qu'on peut gagner
19:44si, en plus, nous étions réellement en pouvoir.
19:48Mais c'est aussi une réalité pour les macronistes.
19:51Ça se pose une question.
19:52C'est-à-dire qu'avant, on avait une droite
19:56qui était ferme face au RN.
19:58Là, on voit qu'on a une droite des macronistes
20:01qui donne des gages et qui, petit à petit,
20:04voit leur façon de voir,
20:08leur projet,
20:11être contaminés par les voies du...
20:14Par rapport à l'idéologie
20:15et les propositions du RN.
20:19Quand on a eu le débat,
20:21peut-être pour marquer les esprits,
20:24mais quand on a eu le débat sur la loi
20:26présomption d'innocence des policiers,
20:29c'est une proposition de loi
20:31qui était dans le programme
20:32de Jean-Marie Le Pen,
20:35dans le programme de Jean-Marie Le Pen,
20:38dans le même chapitre
20:40que le rétablissement de la peine de mort.
20:42Voilà.
20:43Le RN gagne des victoires idéologiques
20:45et surtout, à force,
20:48dans l'électorat de droite,
20:50c'est moins une évidence
20:51qu'en cas de second tour,
20:53qu'il faille voter à gauche
20:54par rapport au RN.
20:55Et donc, c'est une...
20:56Ces porosités idéologiques
20:58annoncent une transformation
20:59du paysage politique
21:00et c'est très dangereux
21:01pour ce qui va se passer
21:03l'année prochaine.
21:05Est-ce qu'on peut dire, du coup,
21:06que dans cette nouvelle législature,
21:09il y a...
21:09Enfin, cette nouvelle législature
21:10contribue au déplacement
21:12de la fenêtre d'Overton ?
21:14Exactement.
21:14C'est bien ça.
21:15C'est que des choses
21:16qui n'étaient pas acceptables
21:18il y a 5, 6 ans,
21:21par exemple,
21:21le fait qu'un policier tire,
21:23il n'y ait pas d'enquête,
21:25même à droite,
21:26c'était quelque chose qui choquait.
21:27Ce n'est plus le cas.
21:28La loi immigration ou autre,
21:31on a vraiment une rupture idéologique
21:39sur...
21:40Il y a une multiplication
21:41des propositions de loi
21:43visant à mettre, par exemple,
21:45une perpétuité ferme.
21:48Ça, c'est petit à petit,
21:50c'est...
21:51Y compris à droite avant,
21:53l'idée, c'est qu'on a besoin
21:54d'une justice
21:55qui permette la réinsertion.
21:57C'est de moins en moins...
21:58C'est de moins en moins
22:00un objectif.
22:00Et donc, petit à petit,
22:02les idées de l'extrême droite
22:04qu'ils ne pouvaient plus mettre
22:06dans le débat
22:08sont...
22:09Se retrouvent être
22:11maintenant dans le...
22:13Dans le débat
22:14et être acceptées.
22:16La loi immigration de 2023...
22:18Il y a eu des concessions
22:20heureusement retirées
22:21par le Conseil constitutionnel
22:22au principe
22:24de priorité nationale.
22:26Et ça, c'est inquiétant.
22:27Ça veut dire que
22:28deux salariés dans le pays
22:29n'ont pas les mêmes droits
22:30alors qu'ils travaillent
22:32et cotisent
22:32et payent des impôts.
22:34Ça,
22:35jusqu'à...
22:37Par exemple,
22:40c'était...
22:40Il y avait une dirigeante
22:42de la droite
22:42qui disait
22:43la différence entre
22:43l'extrême droite et nous,
22:45c'est la priorité nationale.
22:46Nous sommes contre.
22:47Ce sera de moins en moins
22:49le cas
22:49si on continue
22:51sur ce chemin.
22:53Et comment la gauche
22:54devrait contre-attaquer
22:56selon toi ?
22:57La gauche,
22:57elle doit tenir bon,
22:59démasquer
23:03ces collusions.
23:05Continuer quand même
23:06de faire la différence
23:07entre l'extrême droite
23:10et la droite
23:10parce que
23:11l'extrême droite,
23:13ce serait encore pire
23:14que ce qu'ont fait
23:16les macronistes.
23:18Voilà,
23:19quand...
23:20Les propositions
23:21de baisse
23:23de dépenses
23:24de l'extrême droite
23:25au gouvernement,
23:27ça se compte
23:28en dizaines
23:29de milliards d'euros.
23:29Et ça,
23:30ça veut dire
23:30qu'il ne faut pas
23:32se leurrer.
23:32Il n'y aura...
23:33Il ne faut pas se leurrer.
23:34Ce sera des attaques
23:35contre les services publics.
23:36Et ça ne...
23:37Pour ceux qui réfléchissent
23:38comme ça,
23:39ça ne touchera pas
23:39que les immigrants.
23:40et ça touchera
23:40tous les salariés,
23:42les travailleurs,
23:43les retraités
23:44de ce pays.
23:45Donc,
23:46il faut démasquer.
23:48Et y compris,
23:49voilà,
23:49il y a un rejet
23:51du macronisme
23:52et de ses politiques
23:54antilibérales
23:55dans le pays.
23:55La gauche,
23:56elle doit attirer
23:57l'attention
23:58sur le fait
23:59que l'extrême droite,
24:01elle est capable
24:03de travailler
24:03avec les macronistes
24:05que de facto,
24:07au regard des lois
24:08qui sont passées
24:09depuis deux ans,
24:10ils ne sont pas
24:11dans la majorité,
24:12mais ils ont aidé
24:12la majorité
24:13à faire son job.
24:14Donc,
24:14ils sont quelque part
24:15complices
24:16de la politique macroniste
24:18que sur la réforme
24:18des retraites
24:19où ils veulent jouer
24:21là-dessus
24:21dans l'élection présidentielle.
24:23Il faut voir
24:23qu'à un moment donné,
24:24il y avait l'idée
24:25de la soumettre
24:26à référendum
24:26dans la précédente législature
24:28et que les macronistes
24:30ont choisi
24:31la motion du RN
24:32plutôt que celle
24:33de la gauche
24:33et ce qui a fait
24:34que du coup,
24:35il n'y a pas eu
24:35de référendum
24:35sur la réforme
24:36des retraites.
24:37Donc là,
24:38sur la réforme
24:38des retraites,
24:39si aujourd'hui,
24:39il n'y a pas eu
24:39de référendum,
24:40c'est parce que
24:43la Macronie
24:44a instrumentalisé
24:45le RN.
24:46Donc,
24:47attention
24:47et regardons.
24:49Il y a Jordan Bardella
24:50qui se rapproche
24:50du patronat.
24:51Il y a besoin
24:52de démasquer.
24:53Là,
24:55l'extrême droite
24:56jouait sur le
24:57ni gauche
24:57ni droite.
24:59Là,
24:59le fait que
25:00l'extrême droite
25:00se rapproche
25:01du patronat
25:02annonce
25:03des baisses
25:03dans les budgets.
25:05ça permet
25:06de dire
25:06attention,
25:07c'est l'extrême droite.
25:09Donc,
25:09c'est la droite
25:10empire.
25:10Ce n'est pas
25:11ni gauche
25:11ni droite.
25:12Et ça,
25:13la gauche,
25:14dans sa diversité,
25:16peut combattre
25:20cette politique.
25:21Et il y a besoin
25:22de démasquer
25:23la politique
25:24du RN.
25:25national.
25:26Merci beaucoup
25:27pour cet échange
25:28et puis je vous dis
25:29à bientôt.
25:30Merci.
25:31Bonne journée à vous.
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