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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, Pascal Praud revient sur la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche.

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00:00dans cette élection. D'abord, est-ce que vous êtes
00:02d'accord pour dire que c'est un événement important
00:04là, Glucksmann ?
00:07Vous aviez exhumé
00:08une vidéo où je le maltraite
00:09sur un plateau de télévision, donc je ne suis pas
00:13quelqu'un qui est
00:14complaisant avec M. Glucksmann,
00:15mais c'est une bonne nouvelle.
00:18Parce qu'il existe une autre gauche,
00:20c'est-à-dire une gauche digne par rapport à la gauche indigne
00:22que représente M. Mélenchon
00:23et le signal qui a été envoyé, quand même,
00:25c'est une victoire qui est nette et sans bavure.
00:27Je trouve que c'est une excellente nouvelle.
00:29Après, moi j'aimerais bien savoir en quoi consiste
00:32le programme de M. Glucksmann.
00:33C'est très simple, c'est les 110 propositions
00:35de Mitterrand revisitées. C'est plus d'impôts,
00:37plus de fonctions publiques,
00:40plus d'Europe. Alors, écoutons
00:41Raphaël Glucksmann hier quand il apprend sa victoire.
00:4866,17%.
00:48Wow !
00:49Yeah !
00:53Yeah !
00:54Bravo !
00:55Bravo !
00:58Bravo !
01:04Alors, cette campagne va être d'une grande violence
01:05et vous allez voir, tout de suite après, il a été
01:07enfariné. Et les gens de
01:09la gauche radicale,
01:12ça sera eux,
01:13évidemment, les adversaires désormais de Glucksmann,
01:15c'est la gauche radicale, qui vont être d'une
01:17violence inouïe contre lui.
01:19Beaucoup plus que n'importe qui.
01:20Bon. Et c'est ça qui va être aussi intéressant dans cette campagne.
01:24Parce que ça n'aura
01:27de cesse.
01:28Écoutez,
01:29Raphaël Glucksmann, la bataille de France,
01:30dit-il, référence à De Gaulle peut-être,
01:32la bataille de France a commencé.
01:35La bataille de France commence.
01:38Ce soir, j'appelle les citoyennes et les citoyens qui croient dans l'esprit de justice
01:44qui a fait la grandeur de notre nation.
01:46J'appelle les républicains sincères.
01:50J'appelle ceux qui se battent au quotidien pour que la République tienne debout.
01:55Ceux qui font que la solidarité n'est pas un vain mot dans notre pays.
01:59Ceux qui résistent à l'injustice.
02:01Ceux qui se sentent impuissants et voudraient pouvoir agir.
02:06Je les appelle toutes et tous à nous rejoindre et à mener campagne.
02:10Éric Revelle, il faut bien comprendre que l'ennemi, aujourd'hui,
02:13numéro un de Jean-Luc Mélenchon, c'est lui.
02:14Bien sûr.
02:15Parce que c'est lui qui peut potentiellement l'empêcher d'être au deuxième tour.
02:18De certaine manière, ça donne raison quand même à Manuel Valls
02:20qui avait parlé de ces deux gauches irréconciliables.
02:23Si Glucksmann se tient à ce qu'il a dit,
02:25parce qu'on verra au moment des législatives,
02:27s'il n'y aura pas un accord quand même avec LF.
02:28Non mais attendez.
02:30En fait, vous avez deux gauches qui se font face à face, pour le coup.
02:33Une gauche radicalisée et puis la social-démocratie incarnée par M. Glucksmann.
02:38Mais je ne partage pas tout à fait le point de vue d'Éric Nolot.
02:40Il y a une mauvaise nouvelle quand même, c'est pour le Parti Socialiste,
02:43incarné par M. Fort.
02:44Parce que c'est un candidat qui n'est pas socialiste qui gagne cette primaire socialiste.
02:48Donc, Mme Royal a raison de parler de l'effacement du Parti Socialiste.
02:51Et ça, je pense que c'est un des points clés de cette primaire.
02:54C'est que le Parti Socialiste tel qu'il a existé, de Jaurès, de Blum,
02:58en fait, n'existe plus de cette manière.
03:02Richard, on peut considérer qu'il n'existait pas avec Fort et que Fort trahissait le PS.
03:07Pardonnez-moi, là-dessus, il y a deux possibilités.
03:09Quand j'entends Julien Dray hier...
03:11Là, c'est clair, on était précis.
03:12Pardonnez-moi, hier j'entendais Julien Dray, comme toujours, qui était excellent.
03:16Julien Dray, il incarne le PS.
03:18Et il regrettait la ligne Fort.
03:19Et il trouvait que Fort avait...
03:21C'était le contraire de ce que vous dites.
03:22Il trouve que Fort avait fait une OPA sur le PS avec des valeurs qui n'étaient pas celles du
03:26PS.
03:27Comment ça ?
03:27Donc...
03:28Mais M. Glucksmann n'est pas au Parti Socialiste.
03:30Il n'est pas au...
03:31Écoutez, son programme, il est très PS 1980 et François Hollande de 2012.
03:39J'avoue que je découvre M. Glucksmann, là, d'une certaine façon.
03:42Ah bon ?
03:42Et je me demande...
03:43Mais vous viviez dans une grotte, peut-être, ces derniers temps ?
03:48Je voyais en lui un fils de...
03:50Oui.
03:51Le fils de l'essayiste, André Glucksmann, qui est complètement oublié aujourd'hui.
03:55Et je voyais aussi son expérience en Géorgie, où il était conseiller, me semble-t-il, du président géorgien.
04:00Et donc là, je découvre quelqu'un qui, au fond, finit d'enterrer le PS, et je trouve que c
04:05'est une très bonne chose,
04:06tout en devenant l'adversaire de Mélenchon.
04:08Il a quand même modéré un peu, c'est-à-dire qu'il a été élu par 80 000 personnes.
04:11Oui.
04:11C'est quand même très peu.
04:12Non, mais je veux dire, pardon, c'est 66% de 120 000 votants.
04:16C'est-à-dire 80 000 personnes, c'est le Stade de France qui a voté pour Raphaël Glucksmann.
04:19C'est pas non plus une dynamique et un élan.
04:21Dans les sondages, il reste quand même autour de 10%.
04:24Bon, ben, Jean-Luc Mélenchon, il fait quasiment le double.
04:26Il y a quand même...
04:26Les ordres de grandeur sont quand même très différents.
04:28Il a fait 14% aux dernières élections européennes.
04:32Il a fait une élection sur sa personne, c'est pas la même chose.
04:34Oui, oui, mais justement, d'abord, il est habité, il a quelque chose, Glucksmann, que les autres n'ont pas
04:41toujours,
04:42et comme toujours, les observateurs parfois se trompent là-dessus, il y a une part d'irrationnel.
04:47Les gens l'aiment, ou l'aiment bien, et ça compte.
04:51Ça compte, parce qu'il a un potentiel, sympathie, il n'a pas été très bon, il a même été
04:58sans doute mauvais dans les débats.
04:59Mais c'est pas le sujet.
05:01Il y a un côté, aujourd'hui, star hack, qui existe, c'est-à-dire que c'est pas forcément
05:05le meilleur chanteur, c'est pas le bon...
05:06Les gens l'aiment bien, c'est comme ça.
05:08Non, mais même...
05:09Et ça compte, cette part d'irrationnel contre Jérôme Gage, c'est pas la même chose.
05:15Oui, parce que les allemands qui ont opposé à Glucksmann, naïveté, en fait, ça peut plaire beaucoup aux gens,
05:21parce qu'en fait, ils donnent l'impression qu'il est hors système, que c'est pas un politique de
05:25profession,
05:25par rapport à M. Gage, par rapport à Mme Royale, et c'est peut-être, ce qu'il dirait comme
05:31un boulet,
05:32c'est peut-être des avantages pour lui aujourd'hui.
05:33L'irrationnel, les commentateurs parfois ont une grille, ce qui est bien normal d'ailleurs, une grille rationnelle.
05:40Il y a une... Baladur était sans doute meilleur que Chirac, pour la France.
05:45Bon, et je crois que c'est le... Comment ça s'appelle ? La bière, là, le sondage avec qui
05:50t'as envie de boire une bière.
05:51Eh bien, les gens, ils avaient envie de boire une bière avec Jacques Chirac.
05:53C'est sûr qu'avec Baladur, oui.
05:55Pas avec Édouard Baladur, et c'est comme ça.
05:57Est-ce que les Français s'imaginent Raphaël Glucksmann face à Donald Trump demain, etc. ?
06:01C'est ça aussi l'enjeu de la campagne ?
06:02Oui, bah écoutez, franchement, ça peut pas être pire de toute façon qu'aujourd'hui.
06:06Bon, le stagiaire a gagné, et justement, c'est Golan Royal qui l'a appelé stagiaire, tout ça.
06:11Alors, c'est Golan Royal, bon, je sais pas si elle va continuer sa vie politique,
06:14mais ces gens ont d'ailleurs eu un espace médiatique qui correspond à rien.
06:19C'est vraiment, ils sont invités sur les plateaux de télévision,
06:22mais même dans son camp, elle pèse rien.
06:24Madame Royal, écoutons-la.
06:28Le stagiaire a gagné la primaire, oui, malheureusement.
06:31Vous le saluez quand même, ce résultat ?
06:32Bien sûr, je félicite le gagnant, c'est la tradition,
06:37et je lui souhaite de pouvoir déclencher une campagne avec l'ensemble des forces de gauche,
06:43parce que c'est l'engagement qui a été pris dans cette primaire.
06:47C'est-à-dire, la condition pour rentrer dans la primaire,
06:49c'était de faire alliance avec les partenaires de gauche, pour bien rester à gauche.
06:53Écoutez les réactions de M. Fort, Madame Royal et M. Gage.
06:58Nous gagnerons cette élection présidentielle par la gauche unie.
07:02Nous avons désormais un candidat, à nous toutes et tous, de forger ensemble cet esprit de victoire.
07:09Je suis pour l'ordre juge, donc je suis pour la règle.
07:11Donc je suis pour celui qui a gagné ce soir les primaires, bien évidemment.
07:15À condition, comme je l'ai dit, qu'il y ait un rassemblement à gauche qui se fasse.
07:19Je suis heureux de la clarté du message qui a été porté à travers ce vote.
07:28Quelques jours avant ce scrutin, 73% des sympathisants du Parti Socialiste et de Place Publique
07:34avaient répondu à un sondage en disant que pour eux,
07:37un des enjeux était la clarté du refus des alliances avec la France insoumise.
07:41Je constate que le score combiné de Raphaël Glucksmann et le mien
07:45correspond à ces 72 ou 73% des Français de gauche
07:49qui refusaient toute alliance de cette nature.
07:53Bon, il a raison Gage.
07:54Mais c'est intéressant, c'est que Gage et Glucksmann, en ligne, c'est les mêmes.
07:57Mais évidemment, il est moins aimable, Gage.
08:00Non, mais disons-le comme ça.
08:01Il ne peut rien d'ailleurs, mais il est moins aimable pour ceux qui ne le connaissent pas.
08:05Vous voyez, c'est une question d'image.
08:07Il fait un peu agressif.
08:09La meilleure réaction, c'est quand même Ségolène Royal.
08:11Le stagiaire a gagné malheureusement,
08:12mais j'appelle au rassemblement de toutes les forces de gauche.
08:15Dans la même phrase, c'est extraordinaire.
08:17C'est une nouvelle erreur politique de Ségolène Royal,
08:20quand elle lui pendre le stagiaire,
08:21parce qu'elle n'a pas compris que les gens ne voulaient plus
08:23de salariés professionnels de la politique.
08:25En fait, ils préfèrent le stagiaire.
08:27Mais ils ne veulent plus d'elle, surtout.
08:29Ils ne veulent plus d'elle.
08:30C'est très agréable.
08:31Voilà, ils ne veulent plus la voir.
08:33C'est ce que lui ont dit les gens.
08:35Comment ?
08:36Ça fait 40 ans qu'on la voit.
08:37Elle a eu la séquence, une très belle séquence, d'ailleurs.
08:42Exactement.
08:42Comment ?
08:43Elle a eu le temps de ne rien faire.
08:44Bon, mais aujourd'hui, ils n'ont pas envie de la voir.
08:47Écoutez, M. Drey, comme toujours,
08:49assez remarquable dans son analyse hier.
08:51Moi, je crois que ce résultat, qui est assez surprenant,
08:54moi, j'ai le courage de le dire,
08:55parce que je m'attendais à des scores un peu plus serrés,
08:59montre une chose d'abord très importante,
09:02et je m'en félicite, pour être honnête,
09:03c'est le rejet massif de la ligne que défendait Olivier Faure depuis des années.
09:09Je vous le disais ici, dans nombre de débats,
09:12je considérais qu'il avait usurpé une orientation politique
09:15et celle traditionnelle de la social-démocratie,
09:18surtout depuis le 7 octobre 2023.
09:20C'est le désaveu de cette ligne qui a consisté à arrimer le Parti socialiste
09:25au wagon de M. Mélenchon.
09:27Alors, ce n'est pas une vague massive,
09:29puisque c'est 120 000 ou 140 000 votants,
09:31mais c'est quand même quelque chose de très important.
09:33Si M. Olivier Faure était cohérent avec la dignité de la fonction,
09:38il en tirait les conséquences,
09:39et il se mettrait en retrait.
09:41Raphaël Bixman était ce matin sur France Inter.
09:43Alors, c'est vrai qu'il va sans doute être porté par l'espace médiatique.
09:46Vous souriez déjà, oui, l'espace médiatique va sans doute choisir
09:51Raphaël Bixman, mais ne sous-estimez pas, il est habité.
09:55Il est habité, et ça se voit.
09:57Il a vu, j'allais dire, une expression chrétienne, j'allais employer,
10:00il a vu la Vierge.
10:01Mais c'est vrai, donc ça, ça compte.
10:03Il est habité.
10:05Vous connaissez la raison des sourires ?
10:07On discutait d'interviews de France Inter, j'ai écouté ce matin,
10:10et je crois que c'est l'interview politique la plus nulle
10:12que j'ai entendue de toute ma vie.
10:14Pourquoi vous dites ça ?
10:15Parce qu'ils étaient nuls.
10:16Il a été interrogé par qui ?
10:18Par Benjamin Duhamel.
10:19Benjamin, il n'est pas nul.
10:20Si, ce matin, il était nul.
10:21C'est-à-dire que je pense qu'il s'est couché très tôt,
10:23et qu'il a appris ce matin la victoire de Bixman,
10:25et qu'il n'a pas eu le temps de préparer.
10:26Non, mais écoutez cette interview,
10:28je m'adresse aux professionnels en vous,
10:30c'était nullissime.
10:33Écoutez-la.
10:34Mais parce que vous êtes...
10:35Parce que ?
10:36Vous êtes rationnel, vous ne comprenez pas,
10:38parfois, vous êtes trop intelligent.
10:40Le public, il est parfois moins...
10:42J'aime bien.
10:43J'aime bien.
10:43Je trouve que c'est une objection qui est recevable.
10:45Mais personne n'avait vu...
10:46Bon, et alors, il n'est pas...
10:48Mais je ne vous parle pas de Bixman.
10:49Bixman, il était...
10:49Oui, oui.
10:50Alors, écoutons ce qu'a dit ce matin Raphaël Guixman,
10:54et je disais qu'il y a quelque chose de...
10:56Ça peut marcher, peut-être pas,
10:58mais écoutons Raphaël Guixman.
11:00On aura besoin de tout le monde.
11:02Moi, je veux qu'Olivier Faure fasse partie de cette campagne.
11:04Quand il y a eu un tel écart,
11:07une telle netteté dans la victoire,
11:09on ne reviendra plus sur la question de la ligne.
11:11On nous a assez reproché pendant la campagne de primaire
11:14de revenir trop souvent sur la discussion stratégique,
11:18sur la question des alliances.
11:20Eh bien, maintenant, c'est réglé.
11:21On avait raison de le faire.
11:22Pourquoi ?
11:23Parce qu'en fait, ça détermine l'avenir de la gauche française.
11:25Écoutez, Éric Revelle, ce qu'il disait sur les...
11:29C'est toujours la rencontre, une présidentielle,
11:31entre une époque et un candidat.
11:33Il est, comme vous dites, hors système.
11:35C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
11:36Souvent, on lui a reproché d'être naïf,
11:38d'être un peu fragile, etc.
11:40Mais par rapport au professionnel de la politique,
11:42il peut incarner quelque chose de totalement différent.
11:44Je suis d'accord.
11:44Mais les hors système qu'on a essayé, entre guillemets,
11:47avec Emmanuel Macron,
11:48on a vu dix ans plus tard où on en est.
11:49Non, non, il avait été ministre.
11:51Non, il n'est pas hors système, Emmanuel Macron.
11:52Mais c'était la révolution,
11:53c'était la révolution,
11:55de la nouvelle génération, etc.
11:56Bon, Jean-Luc Mélenchon.
11:58J'appelle 80 millions d'euros qu'on votait pour lui.
11:5915 euros, il fallait débourser 15 euros.
12:01Ça exclut quand même, de fait,
12:02une partie du peuple de gauche.
12:03Donc, la dynamique est à relativiser, à mon avis.
12:05Je suis parfaitement d'accord avec vous.
12:06On est là ce matin,
12:07il faudra prendre du recul.
12:09On commente toujours à chaud.
12:10Tout ce que vous dites est tout à fait vrai.
12:13Mais je pense que Jean-Luc Mélenchon
12:14ne doit pas être très content ce matin.
12:15Il ne doit pas être très content.
12:17Parce que, voilà,
12:19il y a quelque chose qui a changé quand même
12:22depuis ce matin.
12:23Est-ce que vous...

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