00:00Quand j'étais petit, on habitait dans un village qui s'appelait la Macarrière.
00:07Cette maison était à 200 mètres du bourg et entourée de fermes.
00:16Et j'allais ouvrir mes persiennes le matin en écoutant, j'avais 10 ans,
00:27en écoutant les trois mélodies qui réveillent la campagne.
00:31J'entendais l'appel du coq, symbole du soleil qui se lève.
00:39J'entendais l'angélus, l'appel à la prière dans le sillon.
00:44Et j'entendais Alcide le forgeron sur son enclume, l'appel au travail.
00:50Et ces trois mélodies composaient en moi une symphonie qui ne m'a jamais quitté.
00:55En fait, la vie était une combinaison de formes inédites,
01:03qui était comme une cascade d'eau vive et qui faisait qu'on était heureux.
01:09La vie était une sorte de liturgie.
01:12C'est-à-dire qu'entre la liturgie religieuse et la liturgie temporelle,
01:17il y avait un lien.
01:19On vivait avec un sens.
01:25Et tout était enraciné.
01:28Aujourd'hui, tout est déraciné.
01:30Vous savez, Simone Veil, que je cite, la grande philosophe, l'ami de Gustave Thibon,
01:37dit une chose très très juste, qui explique tout ce qui se passe aujourd'hui.
01:41L'enracinement est le besoin le plus profond, le plus méconnu de notre époque.
01:46Sous-titrage Société Radio-Canada
01:48Sous-titrage Société Radio-Canada