00:00Je portais quelque chose en moi qui me dépassait.
00:02Cette autre réalité était une présence qui portait un nom.
00:07Donc je me suis mis à la recherche de ce nom.
00:09Je m'appelle Eric Varden, je suis Norvégien de naissance.
00:14Je suis depuis 2020 l'évêque de la prélature de Trondheim.
00:20J'ai grandi dans une famille pas très pratiquante,
00:22mais j'ai été baptisé quand j'étais tout petit.
00:25Quand j'avais entre 14 et 15 ans, je me suis posé des questions du sens de l'existence.
00:32C'est au cours de cette recherche que j'ai eu une étrange illumination
00:36qui m'est venue à travers la musique, très paisiblement.
00:39Une expérience qui m'a communiqué avec une grande certitude
00:43que je portais quelque chose en moi qui me dépassait
00:46et que cette autre réalité était une présence qui portait un nom.
00:52Donc je me suis mis à la recherche de ce nom.
00:54Cette recherche m'a mené à la Bible, au Christ, à l'Église, à la vocation.
01:02Nous vivons un temps de printemps en ce moment
01:06qui est plein de grâces, plein de défis.
01:10Il y a beaucoup de gens qui cherchent avec assiduité et sérieux,
01:16et sincérité la vérité, la communion, la vraie vie.
01:20Et nous constatons que le catholicisme n'est plus si marginal que ça
01:24et doit assumer aussi son rôle au cœur de la société
01:29pour former, orienter et aider cette société.
01:34Notre communauté catholique en Norvège est surtout une communauté d'immigrés,
01:41marquée par une énorme variété.
01:43Cela est une source de défis parfois, de faire de cette multiplicité une unité,
01:50mais apporte aussi beaucoup de richesse.
01:51Cela nous aide à ne pas absolutiser l'identité nationale,
01:56de ne pas pouvoir construire l'illusion d'une forme normative
02:03de la foi chrétienne ou du catholicisme qui soit norvégienne.
02:07Et il nous invite vraiment à vivre le catholicisme au sens strict,
02:12comme une communion d'universalité.
02:15Pour pouvoir tout simplement énoncer une parole significative,
02:20il faut que cette parole soit d'abord le fruit d'un procès intérieur,
02:25que cette parole exprime une réalité, une vérité,
02:29et pas simplement de l'air chaud.
02:31Et donc, la cultivation de la vie intérieure n'est pas une fermeture sur soi-même,
02:38mais c'est l'admission que l'action et la conversation, la parole, doivent mûrir.
02:46Pour utiliser un mot, un terme qui est très important dans la pensée de Benoît XVI,
02:51la terre rude étant la terre qui n'a pas été labourée,
02:55et l'érudition étant le procès par lequel l'homme, suivant l'appel, la vocation de Dieu,
03:02applique sa force, sa pensée à rendre la terre rude, féconde,
03:10capable de nourrir et de soutenir, de nourrir le grain.
03:16C'est intéressant et fécond de se poser la question
03:20qui sont les choses vraiment importantes qui ne se voient pas.
03:24Il faut donc se mettre à l'écoute de l'esprit qui a l'habitude
03:29de ne pas communiquer avec des gestes violents,
03:33de crier avec une forte rhétorique,
03:37et qui est d'une patience étonnante et parfois choquante.
03:41Il faut donc apprendre, réapprendre à écouter,
03:46à attendre, à consentir à l'action de Dieu dans mon existence,
03:52en renonçant cette volonté qui est profondément enracinée en nous tous
03:58de nous prendre nous-mêmes pour Dieu.