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Violences à l'école : «C'est une société complète qui doit se remettre en question», estime Charlotte d'Ornellas

Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur les nombreux discours sur la violence dans les établissements scolaires qui ne changent rien.

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Transcription
00:00Donc écoutez par exemple ce que disait monsieur Jeffrey, ça c'était hier, on ne touche pas à un professeur.
00:04Hier.
00:06Il y a quelque chose de sacré dans l'école.
00:08Et il y a un tabou qui est tombé il y a quelques années, qui est l'inviolabilité de l
00:11'école et l'inviolabilité des professeurs.
00:13Ce tabou, il faut le restaurer. Il faut le restaurer dans les familles, il faut le restaurer dans les sociétés,
00:18il faut le restaurer dans les médias, partout.
00:21On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un institution scolaire. Je ne sais plus en
00:24quelle langue le dire.
00:26Mais ça doit être universellement partagé dans notre pays.
00:30Voilà, très clairement. Et à partir de là ensuite, on fait les opérations de contrôle, on surveille les entrées des
00:34établissements, etc.
00:35Et on ne peut pas vivre dans une espèce de contrôle permanent de tous contre tous quand le contrat de
00:40base est un contrat qui repose sur la confiance des uns et des autres.
00:43C'est terrible, vous allez voir, d'écouter toutes ces mots parce que c'est les mêmes.
00:47Donc les gens en ont assez, ma main ne tremblera pas, nous serons impitoyables.
00:52Bon, on aimerait évidemment que les choses changent.
00:55Ce n'est pas les réformes qu'il faudrait faire.
00:56Écoutez, Édouard Geffray, c'était en septembre, il y a quelques jours, après qu'un écolier a attaqué une proviseure.
01:05On ne touche pas à un proviseur ou à un professeur, disait-il.
01:10Des actes et des propos qui, dans les deux cas, sont inqualifiables.
01:14Vous connaissez ma ligne, c'est la même depuis le début.
01:16On ne touche pas à un professeur.
01:18On ne touche pas à un professeur, j'entends, mais il faut peut-être prendre des mesures.
01:21Je ne sais plus dans quelle langue le dire.
01:23On a envie de lui dire, arrête de dire, fait.
01:25Bien joué.
01:27Février 2027, 2026.
01:29Février 2027, ça serait intéressant, mais février 2026.
01:32Édouard Geffray.
01:34Il faut reposer certains tabous en termes de violence.
01:39Il y a des tabous qui sont tombés.
01:41On ne touche pas à un professeur.
01:43On ne frappe pas à un professeur.
01:45D'ailleurs, il faut lui dire qu'on ne touche personne.
01:47On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à un journaliste, on ne touche pas à un
01:50policier.
01:52Charlotte.
01:52Parce que pendant des années, on a expliqué que la violence, il y avait une excuse.
01:57Après, c'était les policiers, c'était la faute des policiers.
01:59Les pompiers, on ne sait pas très bien pourquoi.
02:01Maintenant, il y a les professeurs, on comprend encore moins.
02:03Et il y a parfois des camarades de classe et ce n'est pas plus excusable.
02:06Le vrai lien qu'il y a, évidemment, on comprend très bien pourquoi tout le monde précise
02:09que ça n'a rien à voir avec le blocage des lycées.
02:11Le collège n'était pas bloqué.
02:12Ce n'est pas un élève qui a participé au blocage, ni une organisation dans la foulée des blocages.
02:18Maintenant, le rapport à la violence d'une frange significative de cette jeunesse est absolument terrifiant.
02:25Et ça, ça parcourt tous les mouvements désormais.
02:27Et ça vient s'inviter, en effet, sur un terrain de gamins qui n'ont plus rien de...
02:34Je vais reciter Maurice Berger, mais qui dit depuis des années qu'en centre éducatif fermé,
02:39il a des gamins qui ont 12, 13, 14 ans, qui arrivent en face de lui,
02:43ils n'arrivent pas à leur faire prendre conscience de la gravité des coups portés et parfois mortels.
02:49Il dit, on en est là, on est obligé de passer des heures à faire prendre conscience.
02:53Il prenait un exemple qui, moi, m'a terrifié.
02:55Il avait des gamins en face de lui et il dit, mais est-ce que tu te rends compte
02:58que tu lui as retiré la vie à cet enfant ?
03:00Est-ce que tu as pensé à ses parents, ses frères et sœurs ?
03:02Il a dit, de toute façon, il serait mort un jour.
03:05Voilà les réponses qu'il avait.
03:06Ce rapport à la violence, à l'incapacité de concevoir les actes qu'il pose,
03:13là-dessus, le ministre de l'Éducation nationale avait raison.
03:16Ce n'est pas juste l'école, c'est une société entière qui doit se remettre en cause.
03:21Elisabeth Borne, oui, Elisabeth Borne.

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