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  • il y a 38 minutes
Mardi 13 octobre 2026, retrouvez Franck ZAL (PDG, Fondateur et Directeur Scientifique, HEMARINA sa) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech, à la une aujourd'hui un lauréat du prix de l'inventeur 2026, il
00:15s'appelle Frank Zal.
00:17Il a reçu ce prix pour son entreprise Emarina qui a soigné notamment les grands brûlés survivants de l'incendie
00:23de Grand Montana.
00:24C'est tout de suite dans Smartech.
00:30Mon invité aujourd'hui est le prix de l'inventeur européen 2026, décerné par l'Office européen des brevets dans
00:38la catégorie PME.
00:40Son invention est un transporteur d'oxygène universel issu du verre marin Arenicola Marina.
00:47Cette découverte a donné naissance à une plateforme technologique qui est capable d'oxygéner une cellule, un tissu, un organe
00:53ou un organisme dans sa totalité.
00:55C'est en fait une révolution technologique pour la conservation d'organes, la cicatrisation des plaies, la médecine régénérative, la
01:03culture cellulaire.
01:05Nous sommes donc connectés avec Dr. Frank Zal, PDG, fondateur, directeur scientifique de cette plateforme technologique qui s'appelle Emarina.
01:14Emarina c'est né à Morlaix dans le Finistère mais ça s'appuie sur un site d'aquaculture créé à
01:20Noirmoutier.
01:22Dr. Frank Zal possède un portefeuille de 63 brevets internationaux.
01:26Il a reçu auparavant en 2023 le prix Gallien pour ses travaux sur la conservation d'organes.
01:33C'est une technologie, je le disais, révolutionnaire mais on a envie d'en savoir plus.
01:38Dr. Frank Zal, bonjour, bienvenue dans Smartech.
01:41Cette technologie a été utilisée notamment, on en a beaucoup entendu parler, pour soigner les grands brûlés de Cran-Montana.
01:48Expliquez-nous comment ça fonctionne.
01:52Alors c'est très simple déjà, merci pour votre invitation.
01:54Donc il y a deux choses qui vous permettent de vivre, c'est manger.
01:56Donc je suppose que vous avez pris votre petit déjeuner ce matin, mais vous pourriez dire je mange ce soir
02:00et ça ne va pas vous tuer.
02:02Par contre on ne peut pas dire on respire ce soir, ça, ça va nous tuer.
02:05Et donc en fait cette molécule est capable d'aller oxygéner n'importe quelle cellule de votre corps.
02:09Et l'oxygène en fait est un élément, c'est comme un peu le carburant que vous mettez dans votre
02:13réservoir.
02:13S'il n'y a pas de carburant, c'est la panne sèche.
02:15S'il n'y a pas d'oxygène, c'est la mort assurée.
02:16Donc en fait on a trouvé une technologie à partir de cette molécule de verre marin qui est capable d
02:21'oxygéner une cellule, un tissu, un organe ou un organisme.
02:24Ayant compris ça, en fait on développe des produits, des applications où on a besoin d'oxygène.
02:30Sur deux types d'applications, ce qu'on appelle l'ischémie et l'anémie.
02:34L'ischémie, c'est des problèmes de circulation sanguine où en fait les globules rouges ne peuvent pas atteindre ces
02:40cibles parce qu'il y a des problèmes de circulation au niveau des vaisseaux.
02:43Et puis l'anémie, manque de transporteurs d'oxygène.
02:46Donc cette technologie, c'est vraiment en fait une technologie universelle.
02:49Alors c'est extrêmement simple, on a trouvé chez un verre marin l'ancêtre de nos globules rouges avec pas
02:54mal d'années de recherche derrière.
02:55Mais il n'y a rien de révolutionnaire en fait.
02:57L'évolution a été drainée par l'oxygène et nous on a compris comment utiliser cet oxygène physiologique dans des
03:02applications médicales.
03:04Je parlais de la cicatrisation des plaies, vous avez fourni des pansements.
03:08Expliquez-nous en fait comment fonctionne le pansement sur les brûlures.
03:12Alors cette molécule, on l'a mis dans un gel, un hydrogel.
03:15Donc c'est un hydrogel qui va sur des plaies, alors des plaies qui correspondent à des brûlures, mais c
03:21'est aussi des plaies du diabétique.
03:23Des plaies qu'on appelle des plaies hypoxiques, qui manquent d'oxygène.
03:25Et encore une fois, une plaie, si elle manque d'oxygène, elle n'a pas cicatrisé.
03:29Si on prend l'exemple des grands brûlés, vous imaginez en fait une main qui est brûlée.
03:33Et donc ça veut dire que toute la micro-circulation de la peau qui est sous le derme et l
03:38'épiderme est brûlée.
03:39Donc ça veut dire que l'oxygène que vous respirez ne peut pas aller atteindre cette zone.
03:43Donc l'idée, ça a été de mettre un hydrogel en fait sur ces plaies et en fait d'aller
03:47capter directement l'oxygène de l'air pour aller l'amener en fait aux cellules de la peau.
03:52Ce qui permet de court-circuiter en fait la circulation sanguine.
03:55Et quand on fait ça, en fait, on a montré qu'on accélérait d'une façon considérable la vitesse de
04:00cicatrisation.
04:01Et notamment, ces jeunes de Grand Montana, on a évité les amputations.
04:05Parce que bien évidemment, vous imaginez en fait une main brûlée, un doigt brûlé, des nez brûlés, des oreilles brûlées
04:10en fait, parce qu'il s'était mis les mains devant la figure pour éviter bien sûr d'être brûlés
04:14sur la figure.
04:15En fait, on a évité les amputations de ces jeunes et notamment en fait, et aussi les greffes en fait
04:20de peau au niveau de ses extrémités.
04:22Donc, il y a encore une fois ce que je veux dire ici, c'est que en fait, ce n
04:26'est pas de la magie, ce n'est pas de la haute technologie.
04:28On a compris que l'évolution en fait de l'ordre des organismes sur Terre était liée à l'oxygène.
04:32Et nous, on utilise cet oxygène au bon endroit et au bon moment et en bonne quantité.
04:37À quel stade aujourd'hui de développement est votre entreprise ?
04:41On parle de Grand Montana, vous avez un développement à l'international ?
04:44Oui, oui, alors en fait, il y a des produits qui sont enregistrés.
04:47Donc, Emo2Life est enregistré en fait en tant que dispositif médical de classe 3.
04:53Alors, juste pour que tout le monde nous suive, donc Emo2Life, c'est votre technologie pour la conservation d'organes
05:01?
05:02Oui, c'est ça. C'est pour la conservation des greffons en attente de transplantation.
05:06Le pansement Emelink aujourd'hui est encore compassionnel en France, donc c'est au cas par cas.
05:11Par contre, on a des autorisations pour Emo2Life, la solution de préservation de greffons en Arabie Saoudite.
05:17On attend des autorisations assez sablement sous peu en Inde et c'est en train d'être enregistré en Amérique
05:22du Sud, notamment au Mexique,
05:23pour aller apporter cette technologie un peu partout.
05:27Et à côté de ça, il y a des applications dans le domaine dentaire, dans le phtalmo, en cancérologie,
05:32parce que tout ça, c'est lié en fait à un problème d'oxygénation.
05:35Et ces autorisations, elles sont compliquées, complexes à obtenir ici en Europe ?
05:41Alors, j'ai vu le pape il n'y a pas très longtemps, donc je dirais que c'est un
05:44chemin de croix.
05:46Juste pour vous donner en fait un chiffre, en fait, un dossier réglementaire, c'est 40 000 pages de papier.
05:5340 000 pages de papier et moi, en fait, en 10 ans, j'ai subi trois réglementations différentes.
05:58Donc, il a fallu refaire trois fois les 40 000 pages.
06:01Donc, c'était un PTA, un MDD, un MDR.
06:03Donc, ça devient de la folie furieuse.
06:06Juste, je vous donne aussi un autre chiffre qui m'interpelle, c'est qu'en France, il y a 400
06:10000 normes.
06:11400 000 normes contre 38 000 normes, en fait, en Allemagne.
06:14Donc, est-ce que les Allemands tuent plus de gens dans les hôpitaux ? Je ne crois pas.
06:17Est-ce que le PIB de l'Allemagne est meilleur que celui de la France ? Je le crois.
06:20Donc, en fait, il va falloir maintenant rationaliser tout ça.
06:23Et je pense qu'il faut se mettre autour de la table et nettoyer cette folie normative.
06:27Ça veut dire qu'on peut imaginer que votre entreprise se développe plus rapidement ailleurs qu'en Europe ?
06:33C'est un fait, oui.
06:34C'est déjà le cas aujourd'hui ?
06:36Oui, en fait, je suis contacté par énormément de pays à travers le monde
06:40qui veulent voir la technologie aller dans leur pays.
06:43Et quand je vois le pragmatisme de ces différents pays,
06:49je me dis qu'il faudrait qu'on retrouve un peu ce pragmatisme dans notre pays à nous.
06:52Parce qu'en fait, pour moi, la France, je l'aime.
06:54Ce que j'ai fait, c'est issu de la recherche fondamentale française.
06:57Et j'aimerais bien qu'on raisonne d'une façon plus pragmatique.
07:02Je voulais vous faire réagir aussi sur l'affaire du cœur artificiel Karmat,
07:07puisque c'était aussi un fleuron scientifique.
07:10C'était présenté comme étant une magnifique pépite française
07:14avec des déploiements importants à l'international.
07:16Et puis, on a découvert sa liquidation judiciaire.
07:20Vous vous dites qu'aujourd'hui, on est dans une situation
07:23où on met en danger des entreprises, des biothèques françaises ?
07:28Oui, tout à fait.
07:30En fait, au démarrage, il y a pas mal d'argent pour l'idée préliminaire,
07:34la preuve de concept.
07:35Ensuite, il y a un peu d'argent.
07:37Et puis après, c'est la vallée de la mort.
07:39Et quand c'est une technologie qui arrive sur le marché,
07:42là, il n'y a plus rien.
07:43Juste pour préciser, je crois que le cœur Karmat n'a pas été liquidé.
07:46En fait, il y a eu un repreneur qui a repris la techno.
07:49Et le cœur Karmat, c'est vraiment une innovation incroyable.
07:52En fait, c'est de la haute technologie française.
07:54Je dirais, c'est comme le rafale du cœur.
07:55On a réussi à faire ce cœur artificiel.
07:58Et quand j'entendais des personnes qui ont un pouvoir de communiquer
08:05sur le cœur Karmat, j'entendais « on n'y a jamais cru ».
08:07Je me dis, mais comment on peut dire ça quand on a une représentation
08:10d'une banque, d'une grande banque qui s'appelle la BPI ?
08:13Le cœur Karmat, c'est vraiment une révolution.
08:15Alors, ce n'est pas la panacée, donc c'est probablement,
08:18il y a eu en fait des problèmes de positionnement du produit.
08:21Mais je trouve que c'est une super technologie.
08:23J'ai eu la chance de rencontrer Carpentier, l'inventeur.
08:26Sincèrement, on a des cerveaux comme ça en France
08:28qui sont capables de faire de tels niveaux de technologie.
08:30Par contre, à France, ce n'est plus les accompagner.
08:33Pourquoi ? Je n'en sais rien.
08:34Parce qu'en fait, on pense que tout ce qui vient des États-Unis
08:36est vraiment le nec plus ultra.
08:40Finalement, les technologies, souvent, partent aux États-Unis,
08:42reviennent en France et on dit « c'est américain ».
08:44Non, c'est les Français à l'origine.
08:46Est-ce que c'est le chemin que vous envisagez ?
08:49Aujourd'hui, je suis de plus en plus sollicité par l'international.
08:52J'adorerais pouvoir développer tout ça en France.
08:55Mais encore, je vous dis, rien que pour discuter du statut d'un produit
08:59qui est un simple hydrogel, j'ai mis 4 ans pour arriver au statut de dispositif médical,
09:03alors que je le disais depuis 4 ans, donc 4 ans de discussion
09:06pour arriver à quelque chose qui était tellement évident.
09:11Je trouve que je n'ai pas envie de plus perdre de temps.
09:14Et donc, j'ai envie d'aller dans les pays où ce pragmatisme existe.
09:18Ça ne veut pas dire que je veux quitter mon pays.
09:20Ça veut dire que j'ai envie d'aider mon pays,
09:23mais leur montrer que ce n'est pas le chemin qu'on prend aujourd'hui,
09:25notamment dans tout ce qui est innovant et tout ce qui est biotechnologie.
09:28Il y a le sujet des normes, il y a le sujet des investisseurs aussi.
09:31C'est compliqué de lever de l'argent auprès d'investisseurs européens ?
09:37Ou il n'y en a pas suffisamment ?
09:39Il n'y en a pas suffisamment.
09:41Et puis, en fait, les montants ne sont pas suffisants.
09:43Juste pour vous donner une idée, en fait, quand vous levez 1 million en France,
09:47vous levez 10 millions aux États-Unis.
09:48Donc, l'argent est là-bas, ou au Moyen-Orient, en fait.
09:53Et puis, en fait, pour vous donner une idée,
09:55ce n'est pas que la recherche coûte cher, en fait.
09:59Je dis toujours, je prends l'exemple parce que vous allez le comprendre,
10:02une souris de laboratoire, une souris blanche de laboratoire
10:04que vous avez, en fait, pour faire un test, ça coûte 1 000 euros la souris.
10:07Donc, vous voyez, quand vous avez besoin de 200, 300 souris,
10:10rien que pour faire un maladie sur les souris, ça coûte beaucoup d'argent.
10:12Un patient, quand vous faites un essai clinique,
10:14ça coûte environ 25 000 euros le point pour un patient.
10:18Donc, ça demande énormément d'argent.
10:20Mais il faudrait retrouver du pragmatisme et redescendre, en fait,
10:22un peu dans tout ce qu'on a mis en place pour développer ces technologies.
10:28Aujourd'hui, il y a des inepties totales.
10:30Quand on me demande de faire, en fait, injecter des singes avec notre technologie,
10:34alors qu'on est déjà passé sur l'homme avant,
10:36mais qu'on dit que si on n'est pas passé sur le singe, ça ne va pas aller,
10:39alors qu'on se dit, mais pourquoi j'irais, en fait, sacrifier un singe
10:42alors que je suis déjà sur l'homme ?
10:43Mais si on n'a pas coché la case, on ne peut pas enregistrer.
10:46Donc, vous voyez, il y a du pragmatisme qu'on doit retrouver, en fait,
10:49d'un point de vue développement de ces produits de santé.
10:52Et vos verts marins, ils s'exportent facilement ?
10:54Vous pourriez créer une ferme, une piscine ailleurs qu'à Noirmoutier ?
11:00Alors là, je suis à Noirmoutier, sur notre ferme.
11:02Donc, c'est des piscines, vous avez raison,
11:04c'est toujours des piscines de 450 m² avec du sable à l'intérieur.
11:08En fait, on a la technologie, donc oui, bien évidemment,
11:11on pourrait reproduire ce type de ferme ailleurs dans le monde.
11:14Bon, Franck Zal, on espère en tout cas que ça restera bien à Noirmoutier
11:18et une technologie française dont on est très fiers.
11:20Merci beaucoup d'avoir porté ce témoignage
11:23et de nous avoir expliqué quelles sont les évolutions
11:25et ces révolutions, finalement, technologiques que vous embarquez.
11:29Franck Zal, je rappelle, vous êtes le PDG, fondateur et directeur scientifique des Marinas.
11:34Merci à tous de nous avoir suivis.
11:37C'était Smartech, votre émission quotidienne sur la tech
11:40et le numérique que vous regardez sur la chaîne Bsmart, bien sûr.
11:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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