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Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit le colonel Hervé Carresse, expert en gestion de crise et breveté de l'Ecole de Guerre.
En quelques heures, la partie à trois bandes s’est brutalement resserrée entre Trump, Zelensky et Poutine. Trump a annoncé un accord diesel avec Moscou et levé temporairement les sanctions. Menacé par les Midterms, le président américain pousse désormais l’Ukraine vers… des élections. Zelensky a proposé en retour 60 jours de cessez-le-feu pour organiser le scrutin. De son côté, Poutine a accepté le deal du diesel mais ne veut laisser aucun répit à Zelensky. Bref, les intérêts sont contradictoires, alors qui tirera le mieux son épingle du jeu ?
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Source YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=RPgFCQ883jc
En quelques heures, la partie à trois bandes s’est brutalement resserrée entre Trump, Zelensky et Poutine. Trump a annoncé un accord diesel avec Moscou et levé temporairement les sanctions. Menacé par les Midterms, le président américain pousse désormais l’Ukraine vers… des élections. Zelensky a proposé en retour 60 jours de cessez-le-feu pour organiser le scrutin. De son côté, Poutine a accepté le deal du diesel mais ne veut laisser aucun répit à Zelensky. Bref, les intérêts sont contradictoires, alors qui tirera le mieux son épingle du jeu ?
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NewsTranscription
00:12Générique
00:20Bonjour à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises de la prospective internationale de TVL.
00:25Pour le Kremlin, c'est niette. Hier, Moscou a rejeté l'idée d'un cessez-le-feu énergétique en Ukraine.
00:32En quelques heures, la partie à trois bandes s'est brutalement resserrée entre Trump, Zelensky et Poutine.
00:38Le 9 octobre, rappelons-le, Trump a annoncé un accord diesel avec Moscou élevé temporairement les sanctions.
00:45Lui-même menacé par les mid-terms dans son pays, Trump pousse désormais l'Ukraine vers les élections.
00:51Zelensky a proposé en retour 60 jours de cessez-le-feu total pour organiser le scrutin.
00:57Poutine, de son côté, a accepté le deal du diesel, mais ne veut laisser aucun répit à Zelensky.
01:03Bref, les intérêts sont contradictoires, alors qui tirera le mieux son épingle du jeu pour en parler ?
01:09Je reçois le colonel Hervé Carres. Hervé Carres, bonjour.
01:12Bonjour Edouard, merci beaucoup d'avoir répondu une nouvelle fois présent à l'appel de Choc du Monde.
01:16Vous êtes expert en gestion de crise, breveté de l'école de guerre, le CV parfait donc pour parler de
01:21la crise actuelle Hervé Carres.
01:22Alors, je voulais faire avec vous un point sur l'état du front, mais le drame des derniers jours perturbe
01:27mes prévisions.
01:28Alors cela dit, nous allons en parler du front, mais d'abord évoquons, comment dire, cette annonce évidemment tonitruante du
01:349 octobre.
01:36Exaspéré par Zelensky, Trump a donc ficelé un accord pour environ 2 millions de tonnes de diesel dans un premier
01:41temps et plus si affinité.
01:43Le trésor américain, comme je le disais, a levé les sanctions sur le diesel russe.
01:47Hier, Kushner et Huitkov, ses conseillers diplomatiques, affirmaient, selon Reuters, que cet accord devrait, je cite, adoucir Moscou.
01:55Alors, Trump lui aussi espère son deal, écoutons-le un instant.
01:58Je pense qu'ils feront un accord. Je pense d'ailleurs que Poutine veut un accord plus que Zelensky.
02:06Alors, selon Trump, donc, Poutine voudrait un accord plus que Zelensky, parce que Zelensky, de son côté, a dénoncé un
02:12cadeau à Poutine.
02:13Hervé Caress, j'ai envie de vous demander, d'une certaine manière, le président ukrainien n'a-t-il pas
02:18raison ?
02:18Ah, de son point de vue, bien sûr qu'il a raison, puisque ça offre un répit sur les sanctions
02:26contre les hydrocarbures russes,
02:28et un répit qui, de mémoire, devrait se poursuivre jusqu'en avril 2027, d'après les éléments qui ont été
02:33fournis par Washington.
02:35Alors, est-ce que l'on sait tout derrière cet accord ?
02:38Puisque quand on observe les volumes qui ont été annoncés,
02:43ce sont des volumes assez faibles par rapport à la consommation journalière aux États-Unis de diesel,
02:49puisqu'on est environ sur un à deux jours de consommation américaine.
02:54C'est certainement un accord qui a été voulu pour avoir un effet à la baisse sur le marché des
03:04hydrocarbures et du diesel.
03:06Ça, c'est, à mon avis, l'effet immédiat qui est recherché.
03:10Ensuite, d'une certaine manière, cela prouve que les frappes stratégiques ukrainiennes sur les raffineries russes
03:19n'ont peut-être pas eu l'effet attendu, puisque la Russie, qui avait arrêté ses exportations,
03:23et qui avait même importé à un moment donné, durant l'été, du diesel,
03:28est en mesure de fournir les États-Unis sur une longue période.
03:33Alors, je m'interroge quand même sur les volumes qui ont été annoncés.
03:36Est-ce qu'il n'y a pas d'autres volumes cachés derrière les volumes qui ont été annoncés,
03:41de manière à ne pas trop hérisser les Européens, qui se sont retrouvés très décontenancés par ces annonces ?
03:48Pour vous, il y aurait plus ?
03:51Je pense, oui. Parce que sinon, ça n'a pas beaucoup de sens au plan énergétique pour les États-Unis.
03:56Donc, c'est assez questionnant, cette annonce.
04:00Alors, en tous les cas, on peut tirer des conséquences quand même de cette annonce
04:05sur les résultats des frappes stratégiques ukrainiennes sur les raffineries.
04:10Alors, comme je l'avais dit il y a plusieurs mois,
04:14une raffinerie, c'est une structure qui est extrêmement résiliente sur le plan technique.
04:19Donc, sur le plan opérationnel, il y a eu trois impacts qui continuent d'une certaine manière
04:24sur les raffineries russes qui ont été touchées par des frappes ukrainiennes.
04:31Le premier impact, il est technique.
04:35Donc, à mon avis, il est négligeable parce qu'une raffinerie, en fait,
04:37quand on connaît le mode de fonctionnement, c'est des installations qui sont très, très résilientes
04:44sur le plan technique.
04:44Ensuite, il y a eu un impact logistique qui a été significatif, notamment durant l'été,
04:50puisqu'on observe que les frappes ukrainiennes frappent avant tout les réservoirs.
04:54Donc, les réservoirs, c'est avant tout de la logistique.
04:57Et c'est très facile à frapper, puisque une petite charge telle que celle des drones ukrainiens
05:03permet d'enflammer le contenu des réservoirs.
05:06Ensuite, il y a eu...
05:08Je vais vous interrompre, c'est spectaculaire, mais sur le moyen terme, c'est facilement...
05:14Disons que ça peut être gérable, gérable sur le plan logistique,
05:17en réorganisant les chaînes logistiques des raffineries qui ont été touchées.
05:21Ensuite, il y a un impact environnemental.
05:23Alors, quand je dis environnemental, c'est au sens large du terme, bien sûr, sur l'environnement,
05:28parce que c'est des pollutions qui sont importantes,
05:30mais également sur la population qui se trouve à proximité.
05:33Et pour cela, il y a, pour les spectateurs qui voudraient avoir une idée de ce que cela peut provoquer,
05:39se rappeler de l'incendie de Lubrizol, qui n'était pas une raffinerie,
05:42mais des effets sur la communauté urbaine de Rouen à cette époque-là.
05:48Donc, ça, ce sont les impacts opérationnels.
05:50Bien sûr, derrière, il y avait des impacts politiques et communicationnels qui étaient recherchés par les Ukrainiens,
05:56politiques pour que la population russe se rende compte des effets de la guerre,
06:01puisque jusqu'à présent, c'est surtout les Russes qui frappaient le territoire ukrainien
06:05et les Ukrainiens n'avaient peu de possibilité de frapper le territoire russe,
06:08mais également communicationnels pour les Ukrainiens,
06:10de manière à avoir, notamment pour leur population,
06:15à montrer qu'ils sont en mesure d'infliger des dommages dans la profondure du territoire russe.
06:20Et donc, de ce côté-là, on est à un succès très mitigé.
06:24Il y a un succès, puisqu'il ne faut pas oublier qu'il y a un an,
06:29à peu près un an, les Ukrainiens n'avaient pas ces capacités en propre de frapper dans la profondeur.
06:34Mais ces capacités que je considère comme en propre, en fait, elles ne sont pas vraiment en propre,
06:40puisque les Européens, notamment le complexe militaro-industriel,
06:44a énormément aidé les Ukrainiens dans le développement de ces capacités.
06:48Et comme le disent souvent les dirigeants européens,
06:51l'Europe est devenue la profondeur stratégique des Ukrainiens.
06:56Et c'est pour cela que le complexe militaro-industriel européen,
07:00et certaines de ses usines, participent à la fabrication des drones et des vecteurs
07:04qui permettent de frapper le territoire russe dans la profondeur,
07:07mais également d'assurer la fiabilité et la continuité du mur de drones sur le front.
07:14Très intéressant ce que vous dites.
07:15Vous dites qu'en effet, l'Europe est devenue la profondeur ukrainienne,
07:17donc ça veut dire qu'il y a dans ce conflit désormais une asymétrie.
07:20C'est ce que disent souvent les stratèges russes.
07:22L'Ukraine peut frapper la profondeur russe, mais la Russie en réalité ne frappe pas la profondeur ukrainienne.
07:29La Russie ne frappe pas la profondeur ukrainienne.
07:32Alors je vais évacuer tout de suite les petites affaires grotesques de drones,
07:37comme celle de Leipzig.
07:39Et on va plutôt s'intéresser aux incendies suspects qui ont eu lieu cet été
07:44sur des installations du complexe militaro-industriel européen dans certains pays.
07:48Alors les deux derniers, c'est assez symptomatique, c'était en Pologne et puis en Estonie.
07:53C'était deux usines qui fabriquaient des drones justement au profit de l'Ukraine.
07:57Et ce sont des usines qui ont brûlé.
08:00Il y a six usines cet été, entre cet été et maintenant, qui ont brûlé en Europe.
08:05Donc je ne serais pas étonné qu'on parle souvent de guerre hybride.
08:09Moi je vais parler plutôt de guerre clandestine, que derrière, quand même ça fait beaucoup,
08:13six usines qui brûlent comme ça, il n'y a pas des opérations clandestines de la part des Russes
08:17pour justement atteindre et neutraliser d'une certaine manière les opérateurs
08:23qui sont implantés en Europe et qui participent à la résistance ukrainienne
08:28et qui donnent des capacités à l'Ukraine pour frapper le territoire russe dans la profondeur.
08:33Donc une guerre clandestine.
08:34Alors pour en revenir à la partie à trois bandes entre les dirigeants Zelensky, Trump et Poutine,
08:40Zelensky a réclamé un répit de 60 jours pour organiser les élections,
08:44elles-mêmes évoquées par Donald Trump, et Moscou a balayé cela hier.
08:49Je vous propose d'écouter Sergeï Lavrov, le chef de la diplomatie russe.
08:54Je ne pense pas qu'il ait mérité ce répit, ni que nous allions, une fois de plus,
08:58nous laisser prendre aux assurances et aux promesses.
09:01Pour obtenir un répit, il a déclaré qu'il était même prêt à organiser une élection présidentielle
09:06si on lui accordait deux mois pour reprendre des forces.
09:09Durant cette période, l'Europe pourrait le ravitailler en nouveaux armements
09:12pour poursuivre sa guerre terroriste contre le peuple russe.
09:16Et quant à l'engagement, le président l'a exprimé très clairement,
09:19nous continuons à œuvrer pour atteindre les objectifs de l'opération militaire spéciale.
09:24Ils sont parfaitement connus de tous et nous ne les avons jamais modifiés,
09:27contrairement aux zigzags et aux voltfaces de Zelensky et de ses maîtres européens.
09:31Nous n'avons donc à nous justifier devant personne.
09:44Donc la Russie, Moscou, refusent d'accorder un répit à Moscou.
09:48Emmanuel Macron, de son côté, a déclaré hier, et d'autres dirigeants européens aussi,
09:53que la Russie, en fait, ne veut pas la paix.
09:54C'est ce que l'on entend continuellement.
09:56Il y a ce refus de cesser le feu.
09:59Mais alors, est-ce raisonnable de refuser cesser le feu ?
10:01Cela veut-il dire, en fait, avec un risque,
10:04que la Russie, objectivement, est en situation toujours très favorable ?
10:07Alors, moi, je pense que la Russie veut la capitulation de l'Ukraine.
10:12Donc la Russie veut la paix, mais à ses conditions.
10:14Et cette paix-là, c'est la capitulation de l'Ukraine,
10:17c'est-à-dire la réalisation des objectifs russes, notamment territoriaux.
10:21Alors, j'ai une analyse qui est un petit peu atypique sur ce qui s'est passé depuis Anchorage.
10:24Je pense qu'à Anchorage, les Russes ont dit oui à ce qui était proposé par les Américains,
10:30notamment la récupération du Donbass et uniquement des territoires qui se trouvent au sud
10:35sur les oblastes de Kherson et de Zaporizhia en fonction de la ligne de front.
10:39Or, il ne faut pas oublier que les Russes réclament quatre oblastes.
10:45Et notamment les deux oblastes qui se trouvent au sud, ceux de Zaporizhia et de Kherson.
10:49Donc, de manière très diplomatique et stratégique, on pourrait dire cynique,
10:55les Russes ont dit oui à la proposition américaine,
11:00en comptant sur les Européens, sur le refus des Européens,
11:04qui se concrétise d'ailleurs, puisque les Européens se sont opposés aux accords d'Ankorage,
11:08et également à la résistance du gouvernement ukrainien,
11:11puisque ce qui est demandé, même abandonner les oblastes du Donbass sans combat,
11:19puisque les Russes demandaient à ce que les troupes ukrainiennes se retirent,
11:23ce n'est pas politiquement acceptable pour le gouvernement ukrainien actuel.
11:26Je dis bien le gouvernement ukrainien actuel.
11:29Donc, plus la guerre dure et plus les opérations continuent,
11:33plus cela favorise la stratégie d'attrition qui a été mise en place par les Russes
11:37depuis le début de la guerre, stratégie d'attrition qui vise à affaiblir
11:41les forces armées ukrainiennes, notamment sur leurs ressources humaines mobilisées et mobilisables,
11:46qui est vraiment le centre de gravité majeur de ce conflit, de part et d'autre,
11:50mais ce sont surtout les Ukrainiens qui souffrent sur ce plan-là,
11:52mais également en affaiblissant l'État ukrainien et la société ukrainienne
11:57par les frappes dans la profondeur maintenant,
11:59qui se sont intensifiées depuis l'ultimatum du président Zelensky
12:04des 40 jours pour faire plier la Russie,
12:05qui a eu un effet boomerang qui est catastrophique pour l'Ukraine.
12:09Alors, vous évoquez, Zelensky, la stratégie d'attrition évidemment menée par la Russie,
12:13qui d'ailleurs atteint les exportations de céréales ukrainiennes.
12:19Nous allons en parler parce que Zelensky, de son côté, a évoqué ces exportations,
12:22non seulement la possibilité de maîtriser les exportations de diesel russe,
12:27mais aussi il estime que la prochaine bombe sera agricole.
12:31Écoutons-le.
12:32Pourquoi l'Amérique ne conclut-elle pas un accord sur le diesel avec l'Ukraine ?
12:37Proposons un accord sur le diesel avec l'Ukraine.
12:40Nous avons une influence sur la circulation de ces navires.
12:43C'est nous, oui, c'est nous qui déterminons si les raffineries fonctionnent.
12:48Faisons cela.
12:50Pour nous, ce qui compte, c'est l'électricité.
12:53S'ils peuvent garantir la protection de notre réseau énergétique, nous ne nous en prendrons pas à leurs infrastructures liées
12:59au diesel.
13:00Pour nous, l'électricité signifie avant tout venir en aide à la population.
13:05Mais tout le monde oublie la question des céréales.
13:08Croyez-moi, dans deux ou trois mois, on ne parlera plus que de crise agricole,
13:13car il y aura des pénuries alimentaires pour les pays du continent africain,
13:16ainsi que pour certains pays d'Asie et du Moyen-Orient,
13:19nous exportons en effet des millions de tonnes de denrées vers ces marchés.
13:22Or la voie maritime est actuellement bloquée,
13:25une situation dont les États-Unis ne ressentent pas les effets.
13:29La question ne se limite donc pas à l'énergie.
13:35Il y a deux idées fortes dans les propos de Zelensky.
13:39Il y a évidemment la crise qui se trame,
13:41puisque la Russie opère un blocus des ports ukrainiens depuis l'été,
13:44et même avant d'ailleurs.
13:46Zelensky plaide même dans la même tirade
13:49pour peser sur l'accord russo-américain.
13:52Quelle marge de manœuvre a-t-il encore, selon vous, R.V. Carès ?
13:55La marge de manœuvre qu'il a, c'est celle que les Européens lui donnent.
13:58C'est que tant que les Européens sont en mesure
14:01de financer l'État ukrainien
14:03et d'apporter leur soutien sur le plan du renseignement,
14:07sur le plan des moyens militaires,
14:10et notamment des vecteurs qui permettent d'assurer le mur de drone sur le front
14:14et puis de frapper le territoire russe dans la profondeur,
14:16il peut tenir.
14:18Donc on voit que l'attrition pourrait viser à terme,
14:22de manière indirecte, les États européens,
14:25notamment sur le plan financier,
14:27et probablement également sur les capacités à fournir ces moyens.
14:30Notamment les moyens de défense anti-aériens,
14:32qui sont en train de devenir un point très crucial pour l'Ukraine,
14:38de manière à pouvoir arrêter et puis, on va dire,
14:42neutraliser la plupart des frappes russes, notamment.
14:45Déjà, il n'y a plus de patriotes américains.
14:46Oui, exactement. Ce sont les patriotes PAC-3
14:49qui permettent d'intercepter tous les missiles balistiques,
14:52et notamment les missiles hypersoniques,
14:55lorsqu'ils arrivent à les intercepter.
14:56J'ai quelques doutes quand même sur l'interception des missiles hypersoniques,
14:59mais par contre, les missiles balistiques, c'est un fait.
15:02Les détracteurs de la Russie,
15:04passons sur le terrain,
15:05sur le terrain, j'ai envie de dire,
15:07les détracteurs de la Russie avancent que Moscou frappe l'Ukraine
15:10parce que ses troupes sont en difficulté sur le front.
15:12Je vous propose de regarder, d'écouter un grand reporter,
15:17ex-rédacteur, un chef du Figaro Magazine,
15:19qui a publié l'essai La chute de l'Empire Rouge.
15:21Il s'appelle Bernard Lecomte.
15:23Il avait quelques mots à dire sur l'état du front.
15:25Les Ukrainiens mènent une opération
15:27qui s'appelle l'opération Vivaldi dans le Donbass.
15:30C'est une opération militaire pour desserrer la tenaille russe sur le Donbass.
15:37Si les Ukrainiens y arrivent,
15:40c'est un moment clé qui se jouerait dans la guerre actuelle ?
15:45Vous savez, de moment clé en moment clé,
15:47ça fait cinq ans que ça ne bouge pas.
15:49Donc soyons prudents.
15:50Il y a un blocage sur cette espèce de ligne de front,
15:54là, qui passe par le Donbass.
15:56Et ce blocage est dû essentiellement
15:59au fait que l'armée russe n'est pas capable de rompre ce blocage.
16:04L'armée russe, il ne faut jamais oublier,
16:06elle est incompétente, mal commandée et alcoolique.
16:10Ça n'a l'air de rien, mais c'est fondamental.
16:12C'est-à-dire que tous ces jeunes qui viennent
16:14sont pris dans un espèce d'enfer local
16:16et cette armée, elle est incapable de sortir de son trou.
16:21On l'a bien vu d'ailleurs,
16:22elle a été incapable d'aller jusqu'à Kiev.
16:24Et aujourd'hui, elle est incapable de bouger.
16:26C'est pour ça qu'il faut être prudent.
16:32Alors, c'est une guerre de tranchées,
16:33mais selon ce journaliste,
16:35l'armée russe serait incapable de sortir de son trou d'Ixit.
16:39Y a-t-il vraiment un blocage, selon vous, Hervé Caress ?
16:41Alors, on va essayer d'aller au-delà de ces outrances-là,
16:44qui ne sont honnêtement pas très sérieuses.
16:48Il faut avoir une vision stratégique de la guerre.
16:51Et sur cette guerre, il y a plusieurs fronts.
16:52Il y a le front des frappes dans la profondeur,
16:54on vient de l'aborder.
16:55Il y a le front maritime,
16:57qui est un front qui a permis aux Ukrainiens
17:01de porter des coups sévères à la Russie,
17:03puisque la flotte qui était à Sébastopol,
17:06la flotte de la mer Noire,
17:07était obligée de s'expatrier à Nouveau-Rossisque.
17:10Et puis, j'inclus dans le front maritime, bien sûr,
17:13la presqu'île de Crimée,
17:15qui est en grande difficulté, quand même,
17:16sur le plan de sa vie quotidienne,
17:19du fait de la pression que font les Ukrainiens
17:25sur cette partie de territoire.
17:28Donc, il y a un espace maritime qui est disputé,
17:32qui était à peu près pacifié,
17:34grâce à la Turquie,
17:35qui avait permis les exportations,
17:37notamment de céréales, de part et d'autre,
17:39et qui, en ce moment, est devenu un vrai espace de guerre,
17:41d'ailleurs, avec une certaine inquiétude de la Turquie
17:44et puis des pays limitrophes.
17:46Et d'ailleurs, on a pu constater que, dernièrement,
17:48il y a eu trois navires qui ont été coulés.
17:52On cherche les auteurs,
17:54mais je pense que les auteurs,
17:55on peut les chercher du côté des Russes,
17:57quand on voit le type de navires qui ont été coulés.
18:00En tout cas, il y a une guerre maritime
18:02et un front disputé en mer Noire.
18:06Maintenant, le front terrestre.
18:07Le front terrestre, il faut avoir une vision stratégique
18:10de ce front terrestre.
18:12Il n'est pas bloqué,
18:13mais il est mobile sur le plan tactique.
18:17Mais il n'est pas mobile sur le plan opératif
18:20ou sur le plan stratégique.
18:21Je m'explique.
18:22Le mur de drone, de part et d'autre,
18:26empêche des grandes poussées mécanisées et blindées
18:29telles qu'on a pu les observer au début du conflit,
18:31d'ailleurs, des deux côtés.
18:33Maintenant, on a un front qui est saturé de drones,
18:37de drones FPV,
18:39de drones également qui permettent de frapper
18:41dans la profondeur le deuxième échelon,
18:43voire le troisième échelon logistique,
18:45mais également les postes de commandement.
18:46Donc, le mur de drone, c'est un mur
18:49qui mérite d'être neutralisé par les Russes
18:52pour qu'ils puissent reprendre leurs manœuvres opératives
18:56telles qu'ils avaient conduites au début du conflit.
18:59Ce mur de drone, il est alimenté d'abord
19:01par des flux logistiques,
19:03donc des flux logistiques qui passent par la route
19:05et par la voie ferrée,
19:07d'où les frappes russes sur les locomotives ukrainiennes.
19:10Il y en a environ 500 qui ont été détruites
19:12depuis le début du conflit,
19:13avec une accélération ces derniers mois.
19:14Les frappes sur les stations-services,
19:18qui sont importantes de la part des Russes.
19:21Les frappes sur le complexe militaro-industriel ukrainien.
19:24Il y a encore des ateliers qui seraient partis
19:26sur le sol ukrainien et qui permettent
19:28de fabriquer et d'assembler le drone.
19:31Et bien sûr, comme je l'ai dit,
19:32cette guerre clandestine qui est menée
19:34avec l'Europe pour neutraliser le mur de drone.
19:37Pour neutraliser le mur de drone,
19:39il y a également des mesures de protection
19:41qui sont développées par les Russes
19:42et des mesures défensives.
19:43Notamment, il y a eu quelques expérimentations
19:46dernièrement avec des colonnes blindées
19:47et des charités 90 qui avaient
19:50sur leur superstructure des moyens
19:51qui permettaient de neutraliser
19:53les drones FPV.
19:54Donc il y a une recherche des Russes
19:56de retrouver techniquement
19:57la capacité à manœuvrer.
20:00À percer ?
20:01À manœuvrer.
20:02À manœuvrer de manière blindée et mécanisée.
20:04Sur le front, l'opération Vivaldi,
20:06c'est un succès tactique
20:07qui peut gêner l'encerclement
20:11des forteresses du Donbass,
20:13les deux dernières forteresses du Donbass.
20:14Je me permets d'ajouter quelques chiffres
20:16parce que c'est évidemment
20:17ce qu'évoquait le Figaro à l'instant.
20:19On parle d'une opération
20:21qui a été annoncée le 15 septembre dernier
20:23et qui aurait eu lieu
20:24à la fin du printemps,
20:25au début de l'été.
20:26Les troupes ukrainiennes
20:27auraient repris environ 170 km²
20:29et seraient parvenus
20:31à casser la tenaille russe
20:32visant la ceinture de sécurité
20:34de forteresses du Donbass.
20:36Donc la dernière barrière.
20:38C'est bien cela ?
20:38Je vais terminer.
20:39Donc l'opération Vivaldi,
20:40c'est une opération qui a été conduite
20:42essentiellement par le 3e corps Azov
20:44de manière à chasser les Russes
20:47de la ville de Liman
20:48qui se trouve au nord justement
20:49de Kramatorsk et de Slaviansk.
20:52Donc cela pourrait gêner en fait
20:55l'opération d'encerclement
20:57de ce complexe fortifié par les Russes.
21:01Or, lorsque l'on remarque
21:02la poursuite des opérations,
21:04les Russes continuent à pousser
21:05à l'ouest de ce complexe fortifié.
21:07Donc sur le plan opératif et stratégique,
21:09ça n'a pas eu d'effet
21:10sur la manœuvre russe.
21:12Maintenant, il faut avoir, à mon avis,
21:14un regard plus prononcé
21:16vers le sud du front,
21:18notamment dans la zone de Zaporizhia.
21:19Pourquoi ?
21:20Parce que la zone fortifiée
21:22de Slaviansk et Kramatorsk,
21:23les Russes savent pertinemment
21:25que ça va être des combats
21:25très très durs, coûteux
21:27sur le plan humain
21:28et qui aboutiront très probablement
21:30à la destruction quasiment totale
21:32de ces conurbations.
21:33Pourquoi la zone de Zaporizhia ?
21:35Maintenant, je reviens
21:35à la zone de Zaporizhia.
21:36Parce qu'il ne faut pas oublier
21:37que c'est dans cette zone-là
21:38que les Ukrainiens ont cherché
21:40à percer durant l'été 2023.
21:42Parce que c'est un terrain
21:43qui permet des grandes manœuvres
21:45blindées, mécanisées
21:46et des percées.
21:47Parce que c'est un terrain,
21:48contrairement à celui du Donbass,
21:49qui est plat
21:49et c'est de la steppe pontique.
21:51Donc ça permet
21:52les manœuvres blindées, mécanisées.
21:54Actuellement, il y a une bataille
21:56assez importante
21:57autour de la ville d'Orikiyve
21:59et également sur une autre ville
22:02dont j'oublie le nom
22:03parce que pour moi,
22:03c'est presque imprononçable
22:05tous ces noms Slavs.
22:07Mais on a vraiment une pression
22:09des Russes sur cette zone-là.
22:10Pourquoi sur cette zone-là ?
22:12Parce que...
22:13Et d'ailleurs,
22:14les Ukrainiens l'ont très bien compris
22:15quand on voit de la manière
22:16dont, eux,
22:17ils contre-attaquent
22:17dans cette zone-là
22:18depuis six mois.
22:19C'est que si jamais
22:20les Russes
22:21percent dans cette zone-là,
22:23après,
22:23c'est la steppe pontique.
22:25Il n'y a quasiment plus
22:25de ligne de défense.
22:26C'est la ville des Aplorijas
22:27et surtout,
22:28c'est le Dniepr.
22:29Et si les Russes
22:30arrivent au Dniepr,
22:31je dis bien à partir
22:32de ce secteur des Aplorijas,
22:34ça sera un choc
22:36politique et stratégique
22:37en Ukraine,
22:38mais surtout en Europe.
22:40Et à partir
22:42de cette hypothèse
22:43qu'ils arrivent à percer
22:44et qu'ils arrivent jusqu'au Dniepr,
22:45là,
22:45ils ont deux options.
22:46Soit ils remontent
22:47vers le nord
22:48en suivant le Dniepr
22:49et là,
22:49ils obligent
22:50les troupes ukrainiens
22:51du Donbass
22:52à quitter le Donbass.
22:53Pris à revers.
22:54Ben oui,
22:54exactement.
22:56Soit,
22:56et ça,
22:56ça sera la deuxième option
22:57à mon avis,
22:58séquentielle,
22:58ils isolent bien sûr
22:59la ville des Aplorijas
23:00et ils terminent
23:01la conquête
23:03des oblastes
23:03des Aplorijas
23:04et de Kherson
23:04qu'ils ont dû abandonner
23:05en novembre 2022.
23:07Alors,
23:07comme je le dis
23:09depuis le début,
23:09je pense que les Russes
23:10n'ont pas abandonné
23:12l'idée
23:12de conquérir
23:13les quatre oblastes
23:15qu'ils ont annexés
23:16dans leur intégralité.
23:17Pour vous,
23:17avec RS,
23:18Poutine veut aller plus loin
23:19que les 10-11%
23:20du Donbass
23:21qui lui reste à prendre.
23:22Oui,
23:23tout à fait
23:23et il utilise pour cela
23:25de manière stratégique
23:26la résistance
23:27des Européens
23:29et la résistance
23:30du gouvernement ukrainien
23:31parce que ça lui donne
23:32le temps nécessaire
23:33à poursuivre
23:35sa guerre d'attrition
23:36qui épuise,
23:36quoi qu'on en dise,
23:38l'État ukrainien
23:39et les forces ukrainiennes.
23:41C'est un vrai sujet
23:42la ressource humaine
23:43dans cette guerre-là.
23:44Tant que,
23:44alors il y a eu
23:44beaucoup de spéculations
23:47avant les élections
23:48législatives russes
23:49sur la possibilité
23:51d'une mobilisation russe
23:52à l'issue des législatives.
23:53Très honnêtement,
23:55alors bien sûr,
23:55on peut se tromper,
23:56moi le premier,
23:57je peux me tromper,
23:57lorsqu'il y a eu
23:58la mobilisation russe
23:59en novembre 2022,
24:01les Russes étaient
24:01dans une situation
24:02de sous-effectifs
24:04qui était dramatique.
24:05Et c'est parce qu'il y a eu
24:06l'offensive de Kharkov
24:07sur Kharkov
24:09des Ukrainiens
24:09qui a été rendue possible
24:11justement parce qu'il n'y avait
24:11plus d'effectifs
24:12pour tenir les lignes
24:13que le président Poutine
24:14qui était poussé
24:15par les militaires
24:16depuis de nombreux mois
24:17pour justement
24:17mobiliser de manière partielle
24:19a été contraint
24:19de mobiliser partiellement.
24:21Actuellement,
24:21ils n'ont aucun intérêt
24:23à mobiliser
24:24parce qu'ils ont
24:25les effectifs suffisants.
24:26Si on écoute
24:26des analystes,
24:27par exemple sur France Télévisions,
24:29ils évoquent
24:3030 000 pertes par mois,
24:31ça ferait 1 000 par jour.
24:33Non, mais ces chiffres-là
24:34sont absurdes.
24:35Ils reprennent
24:36les chiffres
24:37de l'état-major ukrainien,
24:40ce qui est logique.
24:41Les Ukrainiens,
24:41de toute façon,
24:42ils font de la propagande
24:42comme les Russes
24:43font de la propagande.
24:43Mais c'est aberrant
24:44parce que là,
24:45dans ce cas-là,
24:47ces chiffres-là
24:47sont nancés
24:48depuis 2 ou 3 ans.
24:49Il faut imaginer,
24:50en fait,
24:51vous auriez un corps
24:52expéditionnaire russe
24:53qui est environ
24:53de 700 000
24:53qui serait complètement anéanti.
24:55Dans ce cas-là,
24:56la guerre est terminée
24:57et les Ukrainiens
24:58ont produit une attrition
25:00sur les Russes.
25:01Le problème,
25:02les Ukrainiens cherchent
25:03l'attrition des Russes
25:04avec les Européens.
25:05Le problème,
25:05c'est qu'il y a
25:05un tel différentiel
25:06de puissance de feu
25:07que l'attrition des Ukrainiens,
25:09que ce soit sur le front
25:10ou même sur la profondeur
25:11du territoire russe,
25:12elle n'est pas opérante.
25:15Les capacités de feu russes
25:16ne reposent pas
25:17uniquement sur les drones
25:18parce qu'essentiellement
25:19la capacité d'appui feu ukrainienne,
25:21c'est avant tout
25:22les drones sur le front.
25:24Elle repose
25:25sur un ensemble de moyens
25:26de l'artillerie,
25:27de l'artillerie de campagne,
25:28de l'artillerie
25:29dans la profondeur,
25:31donc lourde, moyenne,
25:32des missiles,
25:33des bombes guidées,
25:34alors que les Ukrainiens,
25:35avant tout,
25:36c'est l'utilisation des drones.
25:38Et sur les frappes
25:39dans la profondeur,
25:40c'est pareil.
25:41Les Ukrainiens ont des moyens
25:42mais qui sont très limités
25:43par rapport à ceux des Russes
25:44puisque les Russes,
25:44ils ont leurs missiles balistiques,
25:46ils ont leur puissance aérienne
25:47également puisqu'on commence
25:48à avoir des bombes guidées
25:50qui commencent à frapper
25:51également les villes
25:54qui sont à proximité du front,
25:56les missiles balistiques,
25:57les missiles de croisière,
25:58donc il y a une disproportion
26:00des capacités de frappe
26:01de part et d'autre.
26:02Donc la capacité d'attrition,
26:03si vous voulez,
26:04elle est opérante
26:05quand vous avez
26:05cette supériorité des feux
26:06et la supériorité des feux,
26:08là, aujourd'hui,
26:09ce sont les Russes qui l'ont.
26:10Vous ne croyez pas
26:10à l'apport technologique
26:13en réalité ?
26:13L'apport technologique,
26:15mais l'apport technologique,
26:16il est des deux côtés en fait.
26:18En fait,
26:19il y a un apport technologique
26:20côté ukrainien
26:21qui ont été très innovants
26:22sur la partie drone FPV
26:23parce qu'ils avaient
26:24cette nécessité,
26:25parce qu'ils n'avaient pas
26:25assez d'artillerie,
26:26mais l'apport technologique
26:27existe également côté russe.
26:29Vous avez évoqué
26:29la stratégie d'attrition aussi
26:31qui serait menée
26:32par l'Union Européenne,
26:33enfin,
26:33ils font ce calcul-là.
26:35Depuis 24 heures,
26:36il y a eu plusieurs déclarations.
26:37Alors,
26:38Kajakalas,
26:38l'estonienne,
26:39chef de la diplomatie européenne,
26:40si on peut appeler cela ainsi,
26:41a annoncé hier
26:42de nouvelles sanctions
26:43contre 1 600 entités
26:44et individus,
26:45visant notamment,
26:46bien sûr,
26:46le complexe militaro-industriel russe.
26:48Et puis,
26:49Andrius Kubilius,
26:49le lituanien
26:50commissaire européen
26:51à la défense,
26:51a déclaré que le moment
26:52était venu
26:53pour un plan de paix
26:54indépendant
26:54entre l'UE et l'Ukraine.
26:56Emmanuel Macron,
26:57il a déclaré,
26:58quant à lui,
26:58il n'existe aucune raison factuelle
27:00pour changer de position.
27:01Il évoquait, bien sûr,
27:02les frappes russes
27:03et l'échec du cessez-le-feu.
27:04Voyez-vous, vous,
27:05des raisons factuelles,
27:06Hervé Caress
27:06pour changer de position ?
27:08De changer de position
27:09de la part de l'Union européenne ?
27:10Bien sûr.
27:10En fait,
27:11que les Ukrainiens,
27:13c'est une guerre existentielle
27:14pour les Ukrainiens,
27:15enfin,
27:15pour l'État ukrainien,
27:16et c'est vécu
27:17comme tel
27:18par les Russes.
27:19Est-ce que c'est existentiel
27:20pour les pays européens ?
27:22Très honnêtement,
27:25c'est difficile
27:26de trouver des arguments
27:27dans ce sens-là.
27:27Ils évoquent
27:28la sécurité européenne,
27:29qui sera la même
27:30que celle de Kiev.
27:31Je rappelle quand même
27:31que l'Ukraine,
27:33c'est un pays
27:33qui ne fait pas partie
27:34de l'Union européenne.
27:35Alors maintenant qu'il y a
27:35des accords de défense
27:36qui ont été signés
27:37à l'occasion de cette guerre
27:38entre certains pays,
27:39bon,
27:40ça reste quand même
27:43des accords,
27:44notamment de mémoire
27:45pour cent ans
27:46avec la Grande-Bretagne,
27:48mais qui ne fait pas partie
27:49de l'Union européenne
27:50et qui ne fait pas partie
27:51de l'OTAN.
27:53La sécurité européenne
27:55pourrait être
27:56européenne
27:57au sens
27:58otanien
27:58ou de l'Union européenne
27:59pourrait être engagée
28:00si jamais
28:01il y avait un pays
28:04de cet ensemble
28:05qui était
28:06agressé directement,
28:07je dis bien
28:07agressé directement
28:08par la Russie.
28:10Est-ce que
28:11la Russie
28:12a intérêt
28:13à agresser
28:15l'Union européenne
28:16ou un pays
28:17de l'OTAN ?
28:17Pas du tout
28:18puisque l'intérêt
28:19de la Russie
28:20c'est d'éviter
28:21justement
28:22que l'OTAN
28:22s'immisce de plus en plus
28:23dans le conflit.
28:25Déjà que l'Union européenne
28:26s'est immiscée
28:27dans le conflit.
28:27Au contraire.
28:28Par contre,
28:29les Ukrainiens,
28:30et là c'est là
28:31où on peut tirer son chapeau
28:33à la capacité manœuvrière
28:34du président Zelensky,
28:35je trouve qu'il est assez remarquable,
28:37on remarquera
28:38que plus en plus
28:39le président Zelensky
28:41arrive à ferrer
28:42les Européens
28:43et à engager
28:44les Européens
28:44dans ce conflit
28:45parce que
28:46les Européens,
28:48la plupart des dirigeants
28:49Européens
28:50actuellement
28:51sont des dirigeants
28:52qui sont émotionnels,
28:54qui n'ont pas
28:55de vision froide
28:56et stratégique
28:57de leurs intérêts,
28:58des intérêts
28:59de leurs pays
28:59et de leurs situations
29:01respectives.
29:01Alors si vous voulez
29:02que les Pays-Baltes
29:03et la Pologne
29:04aient des antécédents
29:06compliqués
29:07avec la Russie,
29:08ça se conçoit très bien.
29:09Mais est-ce que
29:09ces antécédents compliqués
29:12avec la Russie
29:13doivent engager
29:13la Pologne,
29:15pardon,
29:15le Portugal,
29:16la France,
29:17la Grèce ?
29:18Ce sont des sujets
29:19qui les concernent
29:20avant tout,
29:21eux,
29:22la Pologne
29:22et les Pays-Baltes.
29:24Des sujets
29:24qui concernent davantage
29:26la Pologne
29:26et les Pays-Baltes
29:27que le Portugal
29:27et la France,
29:28ce sera le mot de la fin.
29:30Avec Ares,
29:30merci beaucoup
29:31d'avoir répondu présent
29:32à l'appel de Choc du Monde.
29:33Merci à tous
29:34d'avoir suivi cet épisode.
29:36Bien sûr,
29:36vous le savez,
29:37n'hésitez pas à commenter,
29:38à partager
29:38et bien sûr
29:39à vous abonner à TVL.
29:40Merci à tous
29:41et bonne soirée.