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  • il y a 17 heures
Lors des traditionnelles questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, Laurent Nuñez a été interpellé par Marc Pena, député PS, sur le mouvement des lycéens et la réponse policière. «L'ordre républicain, c'est quand on interpelle des délinquants et des casseurs», a assuré le ministre de l'Intérieur.

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Transcription
00:01Merci Madame la Présidente. Ma question s'adresse au Ministre de l'Intérieur.
00:07Avant toute chose, j'ai une pensée émue pour le principal et la professeure du Collège Lacanale à Aubagne,
00:14mes collègues, blessés par balles hier, ainsi que pour l'ensemble de la communauté éducative
00:22profondément éprouvée par ce drame dont le parquet antiterroriste s'est saisi.
00:29« Rien ne saurait justifier une telle violence dans notre État de droit ».
00:33Et c'est justement mon propos. Monsieur le Ministre, la semaine dernière, en commission des lois,
00:40vous avez botté en touche sur les conditions de garde à vue des jeunes interpellés.
00:45Vous m'avez renvoyé sur le terrain. Je vous ai pris au mot.
00:48Je me suis rendu au commissariat d'Aix-en-Provence où les interpellations, souvent injustifiées, sont nombreuses.
00:54Ce que j'y ai constaté et les témoignages que j'y récueillis sont gravissimes.
01:00Droits réinterprétés par la police, conditions de garde à vue indignes
01:05et des jeunes confrontés à des pratiques qui heurtent les principes fondamentaux de notre République.
01:12Preuve en est, les onze jeunes interpellés hier ont tous été remis en liberté depuis,
01:20faute de motifs suffisants justifiant leur arrestation.
01:24Ne serait-ce pas la police qui devient un problème pour la justice ?
01:30Ce qui se joue à Aix est symptomatique d'une situation nationale
01:37où la jeunesse qui exprime ses inquiétudes se heurte à une répression d'ampleur alarmante.
01:45Vous invoquez sans cesse l'ordre républicain.
01:50Mais quelle République prétend-on défendre ?
01:54Celle qui réprime ou celle qui émancipe ?
01:57Monsieur le ministre, au nom de quel ordre républicain
02:01peut-on tolérer que les droits de nos enfants, de nos enfants citoyens, soient bafoués
02:07là où l'État devrait précisément les garantir ?
02:11Merci monsieur le député. La parole est à monsieur Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
02:18Merci beaucoup madame la présidente, mesdames et messieurs les députés.
02:21Monsieur le député Marc Pena, effectivement en commission je vous ai renvoyé sur le terrain
02:26parce que je sais que beaucoup de parlementaires visitent les commissariats.
02:31Ils n'ont pas le droit de prendre contact avec les gardés à vue
02:33mais ils peuvent s'assurer des conditions dans lesquelles sont exercées ces gardes à vue.
02:36C'est ce qui est fait. Je vous rappelle que l'ensemble des interpellations qui sont réalisées
02:40quand les manifestations se déroulent de manière pacifique, il n'y a pas d'intervention de police.
02:45Il faut le marteler, il faut le rappeler, il n'y a pas d'intervention de police.
02:49Quand il y a des violences, quand il y a des exactions, quand il y a des professeurs qui sont
02:53pris à partie,
02:54quand il y a des intrusions violentes dans les lycées, alors oui il y a des interpellations,
02:58oui il y a des gardés à vue, oui parfois ces gardés à vue ne sont pas suivis de poursuite.
03:03Effectivement, sur l'infraction d'associations, de groupements constitués en vue de commettre des violences,
03:08c'est parfois compliqué d'établir la réalité de la commission d'une infraction.
03:12Pour autant, est-ce que cela doit excuser ces violences ?
03:16Certainement pas.
03:18Le problème de la justice, ce n'est pas la police, et le problème de la police, ce n'est
03:22pas la justice.
03:24Dans la bouche d'un député socialiste, je ne peux pas entendre ce genre de critiques.
03:28Ça n'est pas acceptable. L'ordre républicain, c'est quand on interpelle des délinquants et des casseurs.
03:33Voilà, monsieur le député, c'est rien d'autre, et c'est ce que nous faisons tous les jours.

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