00:00Le réveil 100% local, ici matin.
00:05Il est 8h moins le carreau, lendemain d'une nouvelle mobilisation des lycéens hier et avant la manifestation contre la
00:11Vichère annoncée samedi prochain.
00:13On reçoit ce matin la nouvelle préfète d'Ile-et-Vilaine et de Bretagne arrivée au début de l'été
00:18dans notre région.
00:19Bonjour Emmanuelle Dubé.
00:20Bonjour Madame.
00:21Alors 7300 manifestants selon la police hier à Rennes pour ce qu'on a appelé l'acte 5 de cette
00:26mobilisation lycéenne.
00:27Il y avait aussi des étudiants, des enseignants, des syndicats dans le cortège.
00:31Ça s'est globalement passé dans le calme, on y reviendra.
00:33Mais déjà, est-ce que pour vous ce mouvement est en train de marquer le pas, de faiblir ou non
00:38?
00:38En tout cas pour Rennes.
00:40Le nombre de lycées ou de manifestants touchés varie, mais l'intensité des violences qu'on peut constater soit autour
00:48des établissements,
00:49soit au moment de la dispersion des manifestations, elle ne faiblit pas.
00:52Et vous me permettrez de commencer par apporter mon soutien aux policiers et aux gendarmes qui, autant que possible,
00:59encadrent ou mettent fin aux violences, aux attaques aux personnes, aux attaques aux véhicules ou aux bâtiments de la communauté
01:07enseignante
01:08et qui interviennent dans des conditions qui restent compliquées, même après presque plus de deux semaines,
01:16en tout cas presque troisième semaine désormais de mobilisation des lycéens.
01:19Vous avez annoncé hier pour cet acte V, neuf interpellations dans le cadre de cette manifestation à Rennes, c'est
01:26ça ?
01:26Il y a eu neuf interpellations en effet sous le contrôle de l'autorité judiciaire,
01:30c'est dans ce cadre-là que se font les interpellations de personnes qui étaient en train de dégrader.
01:35Et je pense que c'est important de rappeler que les forces de l'ordre n'interviennent que lorsqu'il
01:43y a des dégradations,
01:45et pas uniquement un feu de poubelle, mais des vrais risques pour les personnes qui entourent l'endroit où se
01:52produit le feu,
01:54l'endroit où on commence à casser une vitrine, à ces moments-là, les forces de l'ordre interviennent.
01:59Mais je pense que c'est important de le dire, c'est qu'il n'y a pas d'intervention
02:02des forces de l'ordre face à des manifestants qui manifestent pacifiquement.
02:07Alors, on a entendu sur l'antenne d'ICI-Armorique ces dernières semaines, lors de ces mobilisations, des jeunes apeurés
02:12par les services de l'ordre,
02:14des parents également, qui d'ailleurs pour certains nous ont dit, on vient manifester à côté de nos jeunes parce
02:17qu'on a un peu peur pour eux,
02:19des enseignants aussi qui tenaient ce discours. Qu'est-ce que vous leur répondez, Emmanuelle Dubé ?
02:23Je leur réponds que lorsque, premièrement, que manifester est effectivement un droit, c'est une liberté,
02:29et que les lycéens ont des choses à dire, et que tout est fait pour les entendre, pour les comprendre.
02:36Ça, c'est la première chose. Mais qu'en revanche, manifester n'autorise pas à détruire le véhicule des enseignants,
02:43n'autorise pas à mettre le feu devant le portail.
02:46Alors ça, ça ne s'est pas passé lors de manifestations ?
02:49On parlait de blocage, là, dans des établissements.
02:51Ça, ce sont les blocages. Lors des cortèges organisés, là aussi, il y a des règles qui permettent que ça
02:57se passe bien,
02:57et vous l'avez dit vous-même, ça se passe globalement bien. La première chose, c'est qu'il faut
03:01déclarer.
03:02Et c'est comme ça que ça fonctionne. Et la manifestation d'hier, elle était déclarée.
03:06Quand on déclare, on annonce un parcours, et on le respecte.
03:10Ce qui n'a pas été le cas à un moment dans la manifestation d'hier.
03:13Il y a une partie de groupes, pas tous les manifestants, mais qui ont voulu aller ailleurs que ce qui
03:19était déclaré.
03:20Et forcément, à ce moment-là, ça crée des tensions, et ça oblige les forces de l'ordre à intervenir
03:26dès lors qu'il y a une menace sur un bâtiment public.
03:29Donc, les manifestations, elles sont déclarées.
03:31Ça permet aux forces de l'ordre d'avoir un interlocuteur et d'assurer que le cortège se déroule pacifiquement,
03:38sans risque, ni pour les biens, ni pour les personnes.
03:40Alors, la majorité des manifestants vous répondront que c'est une minorité qui casse et qui dégrade,
03:45et qu'il y aurait en face eu, quand même, des images violentes, d'ailleurs, qui ont été documentées par
03:50certains médias,
03:51par même des élus de la République, et notamment à Rennes.
03:55Hier, le ministre de l'Intérieur a comptabilisé 36 enquêtes ouvertes par l'IGPN, la police des polices.
04:01Est-ce qu'Emmanuel B, il y en a une en Bretagne, d'ouverte de cette enquête de l'IGPN
04:06?
04:06Alors, s'agissant des enquêtes, évidemment, je laisserai l'autorité judiciaire répondre.
04:11Ce que je peux vous dire, c'est lorsqu'il y a des comportements sur lesquels il y a un
04:15doute sur le respect par les policiers
04:18du cadre d'intervention strictement défini, des signalements sont faits, et je n'ai même pas besoin de les demander,
04:23ils sont faits automatiquement par les responsables de la direction de la police nationale.
04:30Ces signalements sont faits, ils peuvent être faits à la cellule des ontologies,
04:34des enquêtes peuvent être ouvertes, et c'est fait systématiquement.
04:36Ce sont des faits qui restent marginaux, et qui sont faits aussi souvent dans des contextes compliqués d'intervention.
04:46Donc, qu'est-ce qui se passe souvent à la fin des manifestations ?
04:49Mais en fait, ce sont des jeunes qui étaient majoritairement manifestés ces dernières semaines des 14-18 ans.
04:54Est-ce que le maintien de l'ordre est le même quand on a en face de soi, quand on
04:58est policier,
04:59quand on fait du maintien de l'ordre, des mineurs ?
05:01La règle, elle reste pour toutes les manifestations, la proportionnalité.
05:05Et c'est encore plus vrai pour des mineurs, mais ce sont finalement les mêmes règles.
05:11C'est de dire que la police intervient dès lors qu'il y a un risque pour les personnes elles
05:18-mêmes,
05:18quand il y a un risque de dégradation sur les biens.
05:21Encore une fois, s'il n'y a pas de violence, s'il n'y a pas de mise à
05:27feu d'un bâtiment,
05:28ce qu'on a pu constater, c'était pas très loin de l'hôtel de ville,
05:32lors, en marge d'une des manifestations ces deux dernières semaines.
05:38On ne laisse pas faire et on intervient.
05:40Mais on intervient avec proportionnalité, on intervient en tenant compte du risque immédiat
05:46et on intervient en faisant attention évidemment à l'intégrité de toutes les personnes,
05:51les policiers, les enseignants et les jeunes évidemment.
05:55Et rapidement, malheureusement, parce que c'est déjà la fin de cette interview,
05:58samedi, on a vu sur les réseaux sociaux, depuis plusieurs semaines, un appel à manifester,
06:03peut-être à Rennes, est-ce que déjà vous avez une confirmation, une demande de quelques,
06:08je ne sais pas, groupes, manifestants, syndicats pour manifester samedi à Rennes ou pas ?
06:12Au moment où je vous parle, nous n'avons pas de déclaration,
06:14donc j'espère que nous l'aurons assez vite.
06:16Nous avons vu cet appel sur les réseaux sociaux, mais nous n'avons pas de déclaration.
06:20Donc j'invite les organisateurs ou des organisateurs à déclarer
06:26pour qu'on puisse organiser le plus sereinement possible,
06:30dans les meilleures conditions de sécurité pour tous,
06:33et aussi celles des policiers et gendarmes qui encadrent,
06:36pour que ça se passe bien, ces manifestations, à déclarer le plus vite possible.
06:40Merci beaucoup Emmanuel Dubé, préfète d'Ile-et-Vilaine et de Bretagne.
06:44Vous étiez en direct ce matin sur ICI Armorique.
06:46Merci à vous.