- il y a 12 heures
- #sudradio
Avec Eric Naulleau
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NewsTranscription
00:0019h14, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:06Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h05 en ce mercredi 15 octobre 2026,
00:11et je reçois, Anissa et moi recevons, une personnalité désormais politique.
00:17Qu'est-ce qu'on peut dire ? Est-ce que c'est un tribun, c'est un tribun, c
00:20'est un intellectuel, c'est un journaliste ?
00:22On le connaît à la télévision pour son franc-parler.
00:25C'est l'époque avec Ruquier, avec Éric Zemmour, on n'est pas couché, vous avez compris que je reçois
00:31Éric Nolot,
00:33qui nous habitue depuis quelques moments à taper du poing sur la table et quelquefois à nous tirer par la
00:37barbichette,
00:37et là le titre de son ouvrage, c'est « Le jour où je suis devenu au QTF ».
00:42Quand j'ai reçu le livre, j'ai relu la deuxième fois quand même, « Le jour où je suis
00:45devenu au QTF »,
00:46et quand vous lisez les livres merveilleusement inscrits, on le lit en un trait, il y a un côté romance,
00:52alors qu'on sort traumatisé de cet ouvrage.
00:55Oui, c'est une lutte.
00:55Voilà, alors l'encre, j'aime bien donner la caractère de l'encre.
00:59Là, je l'ai appelé un pamphlet molotov, parce que je ne sais pas s'il n'y a que
01:02du vitriol
01:03ou s'il y a un acide un peu sulfurique à l'intérieur.
01:06Pour autant, même s'il y a un peu de caricature et Nolot est l'art de la provocation contrôlée,
01:12il y a des scènes dans lesquelles on pourrait se retenir.
01:15Éric Nolot, merci d'être avec nous aujourd'hui sur Sud Radio.
01:18Merci de votre invitation.
01:19Le jour où je suis devenu au QTF chez Fayard, le livre sort aujourd'hui.
01:24La scène commence, alors on est tranquillement dans le métro, vous dites un wagon, mais c'est ça, on est
01:29dans le métro.
01:30On comprend qu'on est dans le métro parce qu'il y a des scènes où vous décrivez des personnages,
01:33des attitudes,
01:35et puis à un moment donné, ça se finit, quelqu'un qui vous approche, et ça se finit par un
01:38crachat à la gueule.
01:39Voilà, un crachat en pleine gueule que vous vous prenez parce que vous êtes Éric Nolot.
01:41Oui, il vous demande ce qui vous attendait, vous le poursuivez, et vous lui envoyez un Mollard aussi à son
01:47tour, à un petit point rendu.
01:48Mais cette scène vous dit, je ne suis plus tout à fait dans la France à laquelle j'ai cru
01:54et que j'ai aimé.
01:55C'est un franchissement.
01:56D'abord, c'est une expérience parce que peu de gens sont préparés à ce qu'on leur crache à
01:59la gueule dans le métro.
02:00Donc en fait, ça a été une expérience parce que j'ai réagi de manière très inattendue pour moi, en
02:05réalité.
02:06Et ce qui avait commencé tragiquement, c'est fini de manière assez drôle, parce que le titre n'a pas
02:09vu que je le poursuivais,
02:10et quand je lui ai tapé sur l'épaule et qu'il s'est retourné, c'est comme s'il
02:13avait vu Edmond Dantes revenir sous les trésors du pont de Montecristo.
02:16Mais vous citez d'ailleurs les personnalités de Montecristo, vous avez...
02:18Il était sidéré.
02:19Villefort, voilà tout ça.
02:20Donc je lui ai craché à la gueule.
02:21Il y a un risque.
02:22Ah bien sûr, mais j'étais sous adrénaline, et le post-criptum, ça a été un bras d'honneur décoché
02:28de manière très ample.
02:29Mais c'est à la fois le début du livre, mais je me suis aperçu en réfléchissant à l'événement
02:33que c'était aussi la fin de quelque chose.
02:34C'était la fin de toute une stratégie de harcèlement à mon endroit, d'insultes, de menaces.
02:40Pour prendre la mesure des menaces, il faut vous imaginer dix types, par exemple, qui tiennent le mur.
02:45Quand vous passez, ils vous font le signe de l'égorgement en criant votre adresse à voix haute.
02:49Je peux vous dire que ça fait un drôle d'effet.
02:50On va y revenir à la rue de Belleville.
02:52Voilà, la rue Belleville.
02:52Donc j'ai compris que j'étais plus bienvenu dans ce quartier, où je résidais depuis 30 ans quand même.
02:58Et puis j'ai compris que ce quartier, c'est-à-dire Belleville, mais plus généralement l'Est parisien,
03:02était le laboratoire de la Nouvelle France.
03:05C'est-à-dire l'alliance de trois tribus, la racaille, les islamistes et les bobos.
03:10Voilà, la Nouvelle France, quoi.
03:11Moi, le problème, c'est que ça ne m'intéresse pas, la Nouvelle France.
03:14Je veux qu'on me rende ma France, l'ancienne France,
03:17dont nous avons hérité avec ses quelques défauts et ses grandes qualités.
03:20Mais j'ai dû quand même quitter mon quartier.
03:22Avec en général un clochot au milieu du village.
03:25Peu importe l'édifice, il y a des valeurs au milieu du village.
03:27Un village où on vit tous ensemble.
03:30Je disais, en lisant ce livre, j'ai reçu il y a quelques mois,
03:35Alexandre de Vecchio, on vivait côte à côte.
03:37Bien sûr.
03:38Gérard Collot, en partant du ministère de l'Intérieur, dit, côte à côte, on vivra face à face.
03:42Et vous, vous êtes obligé de fuir, d'évacuer, de vous déporter.
03:48Oui.
03:49Vous vous déportez de votre quartier de Bédou.
03:50Vous avez vécu 30 ans un quartier qui vous est enraciné, vous avez des amis.
03:54Et vous voyez petit à petit l'évolution sociologique de ce quartier
03:58basculer dans un territoire qui est un territoire perdu de la République.
04:02En fait, on peut l'appeler comme ça.
04:03Et d'autres que nous l'ont écrit.
04:05Et vous avez touché du doigt un territoire perdu de la République,
04:08pas seulement sur le plan éducatif, sur le plan culturel, sur le plan social.
04:11Et votre premier réflexe, alors soit, comme certains, je connais,
04:14vous en connaissez, qui font la résistance.
04:16Je ne partirai pas, mais je préfère vivre un enfer.
04:18Beaucoup de femmes sont parties parce que des islamistes dans la rue salopes,
04:23putain, parce qu'elle avait une nuit, des michos.
04:25Et vous, Éric Nolo, vous êtes quelqu'un de connu, vous êtes quelqu'un de respecté.
04:29Il y a des gens qui ne vous aiment pas de là à se prendre un crachat.
04:32Vous dites, je vais, non seulement, la symbolique est très forte,
04:36vous changez de rive, vous franchissez la Seine,
04:39comme si la Seine était devenue un mur, une zone interdite.
04:44Et vous allez vous réfugier en territoire qui vous rassure.
04:46Le symbole est terrifiant quand même.
04:48J'étais chez moi dans l'Est parisien.
04:49Moi, j'étais un petit gars de l'Est parisien.
04:51J'étais bien.
04:52Moi, j'allais au Bataclan, écouter des concerts.
04:55Le territoire d'un gauche historique, le mur des fédérés,
04:58le siège de Libé,
05:00le siège du Parti Communiste.
05:02C'était à deux pas de chez moi.
05:04Et en fait, ce quartier,
05:05où on pouvait citer tous ces lieux haut en mémoire,
05:08est devenu au contraire un quartier de cauchemar.
05:09C'est-à-dire que le Bataclan n'a plus signifié pour moi
05:11les concerts de rock, mais le massacre.
05:13Charlie Hebdo, c'est aussi mon quartier.
05:16J'avais donc des amis concernés,
05:19parmi les morts et parmi les blessés.
05:20On oublie souvent les blessés de Charlie,
05:21mais qui vivent avec ça pendant...
05:25Notamment, auquel je consacre un chapitre.
05:27Le Lambeau.
05:28Oui, le Lambeau,
05:29il a tiré de cette expérience terrible,
05:31un livre admirable,
05:33qui aurait dû avoir le Goncourt.
05:34Mais enfin, n'entrons pas dans ce livre-là.
05:36On lui a donné.
05:37On lui a donné symboliquement.
05:38Non, et puis,
05:40l'éviction symbolique,
05:42parce que j'ai été vidé de mon...
05:44voilà, de...
05:45de mon milieu naturel,
05:47du milieu intellectuel,
05:48s'est transformé en éviction réelle.
05:50C'est-à-dire, j'ai dû quitter le quartier.
05:52C'est un arrachement pour moi.
05:53Moi, j'étais très, très bien.
05:54Simplement, je ne pouvais plus y vivre
05:56parce que certains ont décidé,
05:58les représentants des trois tribus
05:59que je vous ai cités ont décidé.
06:01Après, ce qui est très étrange,
06:03c'est que je suis devenu,
06:06par là même,
06:06une sorte de juif honoraire.
06:08C'est-à-dire que les gens qui quittent...
06:09Vous avez raison, les femmes.
06:10C'est un des titres de votre chapitre.
06:12Et parfois, les femmes musulmanes...
06:14Vous êtes judaïsées dans votre isle.
06:14Les femmes musulmanes qui ne respectent pas assez
06:17l'islam selon la vision intégriste,
06:20et les Français juifs quittent ce quartier en masse
06:24et petit à petit,
06:26et ça se reproduisait,
06:28ils venaient me voir comme une sorte de frère,
06:30non pas d'âme, mais de frère d'âme.
06:32Nous aussi, on part,
06:33on va faire notre alia,
06:34on ne peut pas vivre ici,
06:36on est menacés.
06:37Vous mettez une affiche des otages du Hamas
06:39au temps où il y en avait encore.
06:41Les affiches étaient arrachées
06:42par des petites bobotes.
06:43Je ne sais pas si Bobo est inféminin,
06:44mais disons des petites bobotes bien sur elles.
06:47On ne peut pas rester là.
06:48Et tout d'un coup,
06:49j'étais dans la même situation
06:51que ça nous a rapprochés.
06:52Une sorte de bienvenue au club.
06:53Oui.
06:54Éric Nolo,
06:55vous en voulez davantage
06:58à ceux qui refusent de s'intégrer
07:00ou à la République
07:01qui ne se donne plus les moyens de l'intégration ?
07:04Votre départ,
07:04quand vous êtes obligé de vous exiler,
07:06j'utilise ce terme à bon escient,
07:08vous en voulez à qui d'abord ?
07:10À ces gens qui n'ont rien à faire là,
07:11qui ne veulent pas être là,
07:11qui n'aiment pas la France,
07:12ou au fait que des institutions de la République,
07:14tous particoles politiques confondus,
07:16ont permis qu'on en arrive à tels extrêmes ?
07:18J'en veux à ceux
07:19qui ont laissé rentrer ces gens,
07:20qui visiblement n'ont rien à faire en France,
07:22puisqu'ils n'en partagent
07:23ni les valeurs,
07:23ni les mœurs,
07:24etc.
07:24Au départ,
07:25on ne le sait peut-être pas toujours.
07:26Écoutez,
07:27je ne sais pas,
07:27quand vous faites venir
07:28des dizaines de milliers d'Afghans,
07:30par exemple,
07:30excusez-moi,
07:31mais vu l'ambiance en Afghanistan,
07:33il y a un petit décalage
07:34avec les valeurs françaises.
07:35Oui.
07:36À la base.
07:37Ou des Tchétchènes.
07:37Ou des Tchétchènes,
07:38par exemple.
07:38Je crois que c'est mieux le petit,
07:39M. Samuel Petit.
07:40Non,
07:41moi j'en veux à tous ceux
07:42qui,
07:43au-delà des institutions,
07:44toutes les bonnes ânes,
07:45toutes les bonnes consciences,
07:46qui nous parlent de vivre ensemble.
07:47Vous savez que le surnom de Belleville,
07:49c'est Babelville.
07:50Vous voyez ?
07:51Donc Babelville,
07:51ça veut dire,
07:52écoutez,
07:52tout le monde vit ensemble,
07:53toutes les langues sont parlées.
07:54Non,
07:54ce n'est pas vrai.
07:55Vous devez vous conformer
07:58aux mœurs
07:59d'une population d'origine étrangère
08:01qui a importé
08:02une religion
08:03qui n'est pas la nôtre.
08:04Et vous devez,
08:05en tant que représentant
08:06des Français de vieilles souches,
08:07moi je n'ai pas peur de le dire,
08:08moi c'est Vendée-Vauche
08:09depuis 4 siècles,
08:10on m'a offert mon arbre généalogique
08:12et vous devez vivre
08:14selon ces gens
08:15ou sinon vous devez dégager.
08:17J'en veux à ceux
08:18qui ont laissé s'installer
08:19ce système d'apartheid.
08:20D'autant Éric Nolot
08:21que la créalisation
08:22est une réalité française
08:24depuis la civilisation
08:24qu'elle le romaine.
08:25On n'a pas attendu
08:26Jean-Luc Mélenchon
08:26pour savoir que nous sommes
08:29multiculturels
08:29mais dans l'intégration
08:30et que la France
08:31est une strate de nationalité.
08:33Ça change tout.
08:33Bien sûr,
08:34mais c'est tout à l'heure.
08:35Dans l'intégration.
08:35Parce que nous avions
08:36une formidable machine intérieure
08:38qui s'appelait
08:38l'école de la République
08:39et qu'elle ne fonctionne plus
08:41aujourd'hui.
08:42Éric Nolot,
08:43là vous êtes en colère,
08:45on le sent bien.
08:46Le paradoxe sur Belleville,
08:48je prends un exemple
08:48et pour prouver
08:49que ce n'est pas forcément
08:50des notions de race
08:51ou de racisme ou d'étranger,
08:52vous avez des quartiers
08:53de Belleville
08:53où ce sont plutôt
08:54les gens, les Chinois,
08:55les Asiatiques
08:56qui se sont installés.
08:57C'est un autre système.
08:58Moi je connais
08:58des habitants de Belleville
08:59qui disent
09:00bon, la sociologie
09:01a un peu changé
09:02mais il y a quand même
09:03de l'ordre.
09:04D'ailleurs,
09:05les Asiatiques font
09:06la police eux-mêmes
09:07dans ce quartier
09:08avec d'autres communautés
09:09qui ne se comportent pas bien
09:11et ce sont les Chinois,
09:12c'est un commissaire de police
09:13qui me disait
09:14ils font la police entre eux
09:15et ils sont plus efficaces
09:16que nous
09:16parce qu'il n'y a pas
09:17d'état de droit pour eux.
09:17Quand il y a quelqu'un
09:18qui dépasse...
09:19Non, c'est vrai
09:19qu'il règle ça
09:20de manière un peu particulière.
09:21Après, vous avez quand même
09:22une réalité
09:23qui est quand même
09:23un peu étrange,
09:24c'est qu'entre le métro
09:25Couronne où je résidais,
09:27c'est-à-dire tout à côté
09:27de Belleville,
09:28entre Couronne et Colonel Fabien,
09:30vous avez jour et nuit
09:30sans prostituées chinoises
09:32par exemple.
09:33Donc vous traversez
09:34sans prostituées chinoises,
09:35vous avez à côté
09:36les dealers
09:37mais à ciel ouvert,
09:38plus personne ne leur dit rien.
09:39Vous avez vu que...
09:40C'est la fin de votre ouvrage.
09:41Oui, c'est ça.
09:42Vous racontez votre rue,
09:43ce qu'elle est devenue,
09:44c'est un bordel...
09:46Innommable.
09:47En blanc.
09:47Et cette rue,
09:49non seulement il y a
09:49cette histoire
09:50de terrible prostitution,
09:53le deal, etc.,
09:54mais la rue où j'habitais
09:55était inconnue
09:56même à des chauffeurs
09:57de taxi chevronnés
09:58et un jour
09:58elle est devenue très connue
09:59pour la pire raison
10:00c'est la rue où il y a eu lieu
10:01l'assassinat de Sarah Halimi
10:02qui a été défenestrée
10:04par un type
10:05dont on a contesté
10:07les motifs islamistes
10:08alors qu'il a accompagné
10:09son assassinat
10:10de Allah ou Akbar.
10:11Donc rien ne va plus
10:14dans ce quartier.
10:15D'autant plus tragique
10:15que le fils de Mme Halimi
10:17lui proposait
10:18de venir la rejoindre
10:19et qu'elle a voulu
10:19rester en France
10:20et elle a payé de sa vie.
10:21Anissa, on continue ce débat ?
10:23On continue bien sûr.
10:24Nos quartiers sont-ils devenus
10:25impossibles à partager ?
10:26Nous en parlons avec
10:27Éric Nolo
10:28qui vient de publier
10:30aux éditions Fayard
10:31le jour où je suis devenue
10:32au QTF
10:33et vous, comment vivez-vous
10:34dans votre quartier ?
10:35Est-ce que vous vous sentez
10:37libre de sortir, de circuler,
10:38de rentrer chez vous ?
10:39Eh bien appelez-nous
10:40pour nous dire
10:40ce que vous ressentez
10:41au 0826 300 300.
10:44Midi 14h, Sud Radio,
10:46la France dans tous ses états,
10:48Péricault-Légas.
10:49Vous êtes bien sur Sud Radio,
10:51il est 13h19,
10:51instant très important
10:52parce que je reçois
10:53Éric Nolo
10:53qui ne l'isigne pas.
10:55Alors il n'y va pas
10:56par le dos de la cuillère
10:56le jour où je suis devenu
10:57au QTF
10:58et il donne des arguments
10:59et des exemples précis.
11:00Je vous abjure,
11:02ceux qui nous écoutez,
11:02en plus c'était
11:03Emmanuel Galasso
11:04qui est au standard,
11:05appelez-nous au 0826 300 300.
11:07Dites-nous si vous êtes
11:08scandalisé par ce que dit
11:09Éric Nolo
11:10ou si au contraire
11:10vous avez été vous-même
11:11confronté à cette situation.
11:13Ici c'est la radio
11:14du Parle en Vrai
11:15et je suis persuadé
11:16que votre témoignage
11:17sera édifiant
11:18que vous habitiez
11:19Toulouse, Marseille,
11:20Strasbourg, Rennes.
11:21Peut-être que ces situations
11:22sont des situations
11:23que vous avez connues,
11:24que vous avez partagées
11:24et j'ai besoin d'avoir
11:26votre avis sur Sud Radio.
11:28Éric Nolo,
11:29le jour où je suis devenu
11:30au QTF,
11:32vous l'êtes toujours
11:33ou vous avez retrouvé
11:34un visa ?
11:34Vous avez retrouvé
11:35un visa pour le territoire français ?
11:37Vous avez dit
11:37sur la Bièvre
11:38qui est le fleuve
11:39des tanneurs.
11:40Vous dites d'elle-même
11:41cette Bièvre
11:42qui a été colonisée
11:43et qui a été souillée.
11:44C'était la rue
11:45de François Mitterrand.
11:46La rue de Bièvre
11:47c'était le symbole
11:47de la gauche.
11:48Donc vous êtes maintenant
11:49dans un quartier
11:50un peu boboisé quand même ?
11:52Non, un quartier
11:54où le taux de racailles
11:56est un peu moindre
11:56même si la racaille
11:57est partout
11:58mais plus reposant.
11:59Et en effet
12:00la Bièvre,
12:01la Bièvre martyr
12:02a été chantée
12:03par une de mes idoles
12:04c'est-à-dire
12:04Huismans
12:05qui a consacré
12:06un très beau livre
12:06à la Bièvre.
12:07Donc ça me plaît
12:08et j'ai l'impression
12:09d'être moi aussi
12:10de vivre un peu
12:10de manière souterraine
12:11comme ce fleuve
12:12à la Bièvre.
12:13Le problème
12:14c'est que je suis condamné
12:15aux catacombes
12:16dans mon propre pays.
12:17C'est quand même
12:17un sort
12:18que je ne suis pas
12:18le seul d'ailleurs
12:19à connaître.
12:20Huismans
12:20qui a une rue dans Paris
12:21qui est justement
12:21le siège
12:22des éditions
12:22à la main Michel.
12:23Voyez si on reste
12:24dans la littérature.
12:25Éric Nolo,
12:26la phrase fatidique
12:28d'Alain Finkielkraut
12:29la continuité.
12:31Nous demandons juste
12:32on ne demande pas
12:33à rester Gaulois
12:34ou Chrétiens
12:35blancs depuis 50 ans
12:36ou des mâles.
12:37Est-ce que cette continuité
12:38aujourd'hui
12:39vous la sentez
12:40comme menacée ?
12:41Cette continuité
12:42qui est un des principes
12:43républicains.
12:44C'est la transmission,
12:46c'est les savoirs,
12:47c'est l'université,
12:47l'universalité
12:48j'allais dire
12:50des grands esprits
12:51du 18ème siècle.
12:54La révolution française,
12:55il y a une continuité
12:57de la philosophie française,
12:59de l'âme française.
13:00Vous estimez
13:00qu'elle est interrompue
13:01ou menacée
13:02à certains moments
13:04et dans certains endroits ?
13:05Non, elle n'est plus
13:06que menacée.
13:07D'abord,
13:08en effet,
13:09pourquoi je suis attaché
13:09à cette continuité historique,
13:10c'est que nos ancêtres
13:11nous ont légué
13:12le plus beau pays du monde.
13:13Une grande civilisation,
13:15un grand pays,
13:16une immense culture,
13:17etc.
13:18Donc,
13:19c'est quelque chose
13:19qu'il faudrait conserver.
13:20Mais malheureusement,
13:22ça fait des dizaines d'années
13:25que les gamins
13:26sont élevés
13:27à la haine de la France,
13:29à la haine de soi.
13:30Le drapeau bleu.
13:31Par la haine de soi ?
13:31Par leur famille
13:33ou pas que ?
13:34Non,
13:34par les élites
13:35qui sont gangrénées
13:37jusqu'à l'os
13:38par l'idéologie
13:40extrême-gauchiste.
13:41Elle est partout,
13:42cette idéologie
13:43extrême-gauchiste.
13:43Ça n'a pas toujours
13:44un peu existé.
13:45Pas à ce point-là.
13:47Bernard Rangé Lévy
13:47le décrit bien
13:48dans la démocratie française.
13:49On est quand même
13:50un peuple de collabos,
13:51un petit peu de naissance.
13:52Oui, mais...
13:53Mais là,
13:53c'est pas sur ce terrain-là
13:54Oui, mais là,
13:54c'était un artisan, BHL.
13:56Là, on est dans la production
13:58industrielle de la haine de soi.
13:59C'est-à-dire que BHL
14:01n'a jamais dit, par exemple,
14:02que le drapeau bleu-blanc-rouge
14:03était un symbole fasciste.
14:04Maintenant,
14:04c'est un symbole fasciste.
14:05Oui.
14:05Le bleu-blanc.
14:06Vous dites la France,
14:07vous êtes fasciste.
14:09Vous vous réclamez
14:09d'un héritage français,
14:11vous êtes fasciste.
14:12Moi, je suis traité
14:14sur les réseaux sociaux
14:15de grammar nazi.
14:16Nazi, c'est-à-dire que
14:17comme je suis attaché
14:18à la syntaxe,
14:20à l'orthographe française,
14:22eh bien, tout ça,
14:23ça fait de moi
14:23un type d'extrême-droite.
14:24Et encore,
14:25extrême-droite,
14:25c'est un peu usé.
14:26Maintenant, on dit fasciste
14:27ou nazi.
14:28Donc, il faut liquider
14:30un héritage,
14:31mais contre quoi ?
14:32Ils ne vous le disent pas.
14:33Par exemple,
14:34un des intellectuels organiques
14:35de cette tentative
14:37de déconstruction,
14:38c'est M. Jean-Michel Apathy
14:39qui dit,
14:40moi, si j'arrivais au pouvoir,
14:42mon premier acte
14:42serait de raser
14:43le château de Versailles.
14:44Mais pour le remplacer
14:45par quoi ?
14:46Par un parking ?
14:47Qu'est-ce que M. Apathy
14:48a fait pour la France ?
14:49Qu'est-ce que tous les apôtres
14:51de la déconstruction
14:51ont fait pour la France ?
14:52Moi, je peux vous dire
14:53ce que nos ancêtres
14:54ont fait pour la France.
14:54Ils ont fait
14:55le plus beau pays du monde.
14:57On veut nous visiter.
14:58Les gens ne veulent pas
14:59visiter M. Mélenchon.
15:00Ils veulent visiter
15:01ce que nos ancêtres
15:02nous ont légué.
15:03Non, je pense que cette haine
15:05de soi
15:05qui est un peu irrationnelle
15:07mais qui est portée
15:09par des gens
15:09très identifiables
15:10atteint des proportions
15:11absolument inouïes.
15:14Éric Zemmour,
15:15votre ancien partenaire,
15:16a écrit un livre
15:17qui s'appelle
15:18Le Suicide Français.
15:19Vous y voyez
15:20une lecture
15:21de ce phénomène partiel
15:22où vous n'êtes pas obligé
15:23de partager
15:23tous les avis d'Éric Zemmour
15:25et vous avez pris
15:25souvent, d'ailleurs,
15:26vos dépositions très précises.
15:28C'est une forme
15:29de suicide collectif.
15:31Surtout le fait que
15:32il n'y ait pas
15:33des forces assez puissantes
15:35pour avoir pu enrayer
15:36ce phénomène
15:37qui est aujourd'hui
15:37destructeur.
15:38On le voit
15:38dans les manifestations
15:40aujourd'hui
15:40avec les lycéens.
15:42Il y a une haine
15:42de la France
15:43qui est professée
15:43en permanence.
15:45Comment se fait-il
15:46que cette république
15:47laïque et sociale,
15:49forte,
15:49qui a un passé historique,
15:50un passé guerrier,
15:52un passé révolutionnaire
15:53si fort,
15:53avec des barricades
15:54qui ont permis
15:56la liberté
15:56d'exprimer
15:56contre la tyrannie,
15:58là, elle s'écrase.
15:58Qu'est-ce qui se passe ?
15:59Où est-ce que la pile
16:00s'est arrêtée ?
16:00Parce que les lieux
16:02de pouvoir intellectuel
16:03sont tous tenus
16:04par l'extrême-gauche.
16:06Ils tiennent l'université,
16:08ils tiennent les médias.
16:10Moi, je vous renvoie
16:11quand même
16:11à cette cérémonie
16:12consternante
16:13de la cérémonie
16:14d'ouverture
16:15des Jeux Olympiques
16:16où la haine de la France
16:17s'est exprimée à point.
16:18Enfin, ça commence
16:19par une femme décapitée,
16:22ça continue
16:23avec une parodie
16:24de la Seine,
16:24donc le dernier repas
16:25du Christ,
16:27de manière à bien montrer
16:28que les racines
16:28chrétiennes de la France
16:29n'existent pas.
16:30Là, on a le droit
16:30de blasphémer.
16:31Là, on a le droit.
16:32Il n'y a aucun problème
16:33parce que les chrétiens
16:35ne vont pas venir
16:35vous égorger.
16:36Donc, on peut y aller
16:37franchement.
16:37C'est très facile.
16:39Non, mais ils tiennent
16:39tous les lieux de pouvoir
16:40et ils tiennent
16:41ce discours anti-français
16:42et ça finit par infuser
16:44dans les cervelles.
16:45Et puis, je crois
16:45qu'il y a autre chose.
16:46Je pense que
16:47chez beaucoup de Français,
16:48il y a un acquiescement
16:49à leur propre déclin.
16:51Il y a une fatigue.
16:52Ou Jean-Dujardin
16:53qui se fait siffler
16:54au Stade de France
16:55parce qu'il fait un spectacle.
16:56Parce qu'il porte un béret.
16:56Un béret, il fait un spectacle de gaga.
16:57J'ai été élevé aux Pays-Bas
16:58parce que je ne savais pas
16:59que c'était un symbole fasciste.
17:00Enfin, de la France populaire.
17:01Anissa,
17:03qu'est-ce que vous avez à nous dire ?
17:04On va partir d'un constat,
17:07effectivement,
17:07c'est que sortir de chez soi,
17:08c'est une liberté
17:09à géométrie variable.
17:11Aujourd'hui,
17:11la peur peut avoir
17:12une conséquence très concrète.
17:14Renoncer à sortir
17:14seul de chez soi,
17:15c'est un fait.
17:16Éric Nolo l'explique.
17:18Et ce renoncement
17:18est mesuré
17:19par une enquête officielle
17:20du ministère de l'Intérieur
17:21dont le titre est
17:22vécu et ressenti
17:23en matière de sécurité.
17:25En 2024,
17:26on a pu constater
17:27que 21% des adultes
17:29déclarent renoncer
17:30à sortir seul
17:31pour des raisons
17:32de sécurité,
17:33souvent,
17:34et de temps en temps,
17:35plus d'un adulte sur cinq.
17:36Donc, le chiffre gonfle.
17:38Et entre 2023 et 2024,
17:40l'enquête estime
17:41même à 956 000
17:43le nombre de personnes
17:44supplémentaires concernées.
17:45On voit effectivement
17:46que ça augmente
17:47au cours des dernières années.
17:48Près d'un million
17:49de plus en un an.
17:51Ce renoncement
17:52touche particulièrement
17:53les femmes.
17:53Oui.
17:54Oui, puisque vous l'avez
17:55évidemment évoqué,
17:5631% disent
17:58abandonner certaines sorties
17:59seules pour leur sécurité
18:01contre 10% des hommes.
18:02Ça veut dire
18:03près d'une femme sur trois.
18:04Ça fait beaucoup quand même.
18:05Et puis, évidemment,
18:07les jeunes sont également
18:08concernés.
18:0928% des 18-24 ans
18:11déclarent également
18:11ce renoncement
18:12contre 20%
18:13des 65-74 ans.
18:15Alors, ces chiffres
18:16portent sur des comportements
18:17déclarés.
18:18Les personnes interrogées
18:19disent qu'elles limitent
18:20leur sortie seule
18:21pour leur sécurité.
18:22Mais ces chiffres
18:23éclairent directement
18:24effectivement la question
18:25du partage
18:26de nos quartiers.
18:27Une rue,
18:27une place,
18:28un espace commun
18:29doivent être
18:30accessibles à tous.
18:31Et pourtant,
18:32la peur conduit
18:33aujourd'hui
18:34une partie des habitants
18:35à y renoncer.
18:36C'est un constat terrible.
18:38Vous restez avec nous.
18:38Vous êtes sur Sud Radio.
18:40Il est 13h27.
18:41Nous sommes avec Eric Nolo.
18:42Le jour où je suis devenu
18:44au QTF,
18:45aux éditions Fayard.
18:46Ce n'est pas seulement
18:47un pamphlet.
18:48C'est un constat.
18:49J'allais vous dire
18:50un reportage
18:50tout simplement
18:51d'une situation
18:52qui, hélas,
18:53devient de plus en plus
18:54la réalité
18:55de beaucoup
18:56de nos compatriotes.
18:57Vous nous appelez
18:58pour réagir
18:58au 0 826 300 300.
19:00Emmanuel Galassot
19:01attend votre appel.
19:02et je suis évidemment
19:03persuadé
19:03que vous avez
19:04des choses à dire,
19:05que vous êtes inquiets,
19:06que vous êtes en colère
19:07et que vous avez envie
19:08d'apporter votre témoignage.
19:09A tout de suite
19:09sur Sud Radio.
19:11Sud Radio.
19:1214h.
19:13Sud Radio.
19:14La France dans tous ses états.
19:16Péricault et Gass.
19:17Vous êtes bien sur Sud Radio.
19:19Il est 13h32.
19:20Je reçois Eric Nolo,
19:21auteur du jour
19:22où je suis devenu
19:23au QTF,
19:24aux éditions Fayard.
19:26Je ne vais pas vous dire
19:26à lire absolument
19:27mais c'est quand même
19:28un témoignage.
19:29C'est une chose vue
19:29à la Victor Hugo
19:30de ce qui se passe
19:31dans ce pays.
19:33Hélas, hélas,
19:33ce n'est pas un cas isolé.
19:35Nous le savons.
19:35D'ailleurs,
19:35vous êtes en train
19:36de nous appeler
19:36pour témoigner de votre côté
19:38et confirmer qu'effectivement
19:39ces situations
19:39sont de plus en plus fréquentes.
19:41Eric Nolo fait allusion
19:42à ce quartier
19:43du 20e arrondissement de Paris
19:44aujourd'hui
19:45qui est quelque part,
19:46entre guillemets.
19:47On parlait de colonisation
19:48tout le temps.
19:48C'est une forme de colonisation
19:50et donc il a dû s'expatrier
19:51sur la rive gauche
19:52et puis nous connaissons
19:54tous les jours,
19:54nous avons des témoignages
19:55d'habitants des banlieues
19:56de Toulouse,
19:57de Marseille,
19:57de Lyon,
19:58de Lille,
19:59de Strasbourg
20:00où l'on vit la même chose.
20:03Eric Nolo,
20:03est-ce qu'à un moment donné
20:04on va avoir
20:06des territoires
20:07où on considérera
20:09que la République
20:10n'a peut-être plus rien
20:11à faire là
20:11et qu'on la laissera
20:13aux mains de gens
20:14qui auront apporté
20:15une autre forme
20:16de législation,
20:16une autre forme de valeur,
20:18un no man's land juridique
20:19en disant voilà,
20:20alors je ne sais pas
20:20s'il y aura des miradors
20:21ou des,
20:22comme dans les films
20:23de science-fiction
20:23avec des territoires,
20:24vous voyez,
20:24il ne faut pas rentrer,
20:25c'est la zone interdite.
20:27Est-ce qu'on peut avoir
20:28une fragmentation territoriale ?
20:29Je vais vous donner un exemple concret.
20:30Moi, dans mon quartier,
20:32il y avait deux rues
20:32qui m'étaient de fait interdites.
20:34Je ne pouvais pas passer
20:35sans être menacé
20:35par des types vraiment
20:36très intéressants.
20:37Donc ils vous connaissaient ?
20:38Oui, bien sûr.
20:39Donc ils regardent la télé,
20:40ils lisent, voilà.
20:41Ils criaient mon nom
20:41et ils criaient mon adresse
20:42à voix haute.
20:42Et votre adresse ?
20:43Ce qui n'est pas très rassurant.
20:44C'est-à-dire,
20:45on vous jetait en pâture
20:45si on avait envie de vous trouver,
20:46on savait où vous étiez ?
20:47Absolument.
20:47C'était des messages.
20:49Eh bien,
20:56avec parasols,
20:57pliants, etc.
20:58En face de l'école,
20:58devant une école maternelle.
21:00Voilà, la rue de la Présentation.
21:01Eh bien, on a appris que...
21:02Là, quand vous entendez ça,
21:04vous vous dites,
21:04la police va arriver
21:05et faire le ménage.
21:06Non, non.
21:06C'est la directrice de l'école
21:07qui est sortie
21:08et qui a dealé avec les dealers,
21:10parce que maintenant,
21:10on deal avec les dealers,
21:11en leur disant,
21:12non, mais au moins,
21:13ne soyez pas là
21:13au moment de la rentrée des classes
21:15ou de la sortie des classes.
21:16Donc vous voyez
21:17qu'il y a une sorte de loi parallèle
21:19qui s'installe
21:20où la République ne s'en mêle pas,
21:21la police ne s'en mêle pas,
21:22c'est la malheureuse directrice d'école
21:24qui s'arrange avec les délinquants.
21:27Et d'ailleurs,
21:28dans certains territoires,
21:30oui, en effet,
21:30il y a une gestion parallèle.
21:32La police n'entre plus,
21:33les services publics n'entrent plus
21:35et on règle ça
21:36de manière plus ou moins amiable
21:39avec ceux qui détiennent le pouvoir,
21:41c'est-à-dire,
21:41d'un côté, les voyous
21:42et de l'autre, les islamistes.
21:43Vous voulez dire
21:43que certains territoires colonisés,
21:45on est obligé de collaborer ?
21:47Évidemment.
21:47On a à la fois la colonisation
21:48et la collaboration.
21:49Oui, évidemment, bien sûr,
21:50mais il n'y a pas le choix.
21:51Soit vous restez,
21:52soit vous vous soumettez
21:54à ce nouvel ordre
21:54avec ses représentants,
21:56soit vous faites comme moi,
21:56vous partez.
21:57Il n'y a pas d'autre solution.
21:58Le stade d'après
21:59peut s'appeler la guerre civile
22:00et on essaie de l'éviter.
22:01Non, mais honnêtement,
22:02on s'en approche.
22:02Mais Gérard Collomb,
22:03quand il est parti,
22:04c'était bien ça.
22:05Non, mais je vais vous dire,
22:06moi, c'est une personnalité publique,
22:07ça veut dire que les gens
22:08s'adressent à moi
22:08dans le métro,
22:09dans la rue, etc.
22:10Donc, je peux mesurer quand même
22:12les changements de température
22:13de l'opinion publique.
22:14Là, je n'ai jamais rencontré
22:15autant de gens
22:16qui tiennent un discours
22:17aussi belliqueux
22:18en me disant,
22:19M. Nolo,
22:20le jour où ça va péter,
22:21nous, on sera là.
22:22Et on sera là,
22:23ça ne veut pas dire
22:23qu'on sera là pour manifester,
22:25ça veut dire
22:26qu'on sera là armé
22:27pour s'opposer
22:27de manière violente.
22:28Évidemment,
22:29personne ne souhaite
22:30et je sens monter ce discours.
22:32C'est-à-dire que
22:33la montée aux extrêmes
22:34n'est pas seulement
22:35dans les urnes
22:35mais dans la tête des gens
22:36qui se disent
22:37un jour ou l'autre,
22:38ce sera nous ou eux.
22:40C'est quand même dramatique,
22:41ça s'appelle la guerre civile.
22:42Personne ne peut souhaiter ça.
22:43Je vous le confie,
22:44M. Nolo,
22:44et pas que dans des territoires
22:46sensibles,
22:47y compris dans un territoire
22:48dit apaisé
22:48dans notre bonne terre de France.
22:50Vous avez des gens
22:50qui ne sont pas confrontés
22:51et qui vous disent
22:52si ça se passe ça chez moi,
22:54moi je ne laisserai pas faire.
22:54Nous avons Négéma
22:56qui nous appelle de Montpellier.
22:57Bonjour Négéma.
22:59Oui, bonjour.
23:00Bon, merci.
23:01Merci d'être sur Sud Radio.
23:03Négéma,
23:03vous habitez Montpellier.
23:05Montpellier,
23:05c'est une grosse métropole
23:07méridionale,
23:07capitale du Languedoc.
23:09Il y a des quartiers tranquilles,
23:11il y a des quartiers
23:11plus compliqués peut-être ?
23:13C'est à ça que vous faites allusion ?
23:14Je confirme,
23:15oui, tout à fait.
23:16En fait,
23:16j'habitais un quartier tranquille
23:18dans le nord de Montpellier
23:20et donc là,
23:21il y a le trafic de droits
23:22qui s'est installé
23:23et du coup,
23:24en fait,
23:24on vit l'enfer.
23:26Donc moi,
23:26je me suis plus ou moins
23:31interposée
23:31contre ces gens-là
23:34et je l'ai presque payé
23:36de ma vie.
23:37j'ai même
23:39à un moment donné
23:40aidé plus ou moins
23:41les forces de l'ordre
23:42et on m'a dit
23:43qu'il faut arrêter ça
23:45et du coup,
23:46en fait,
23:46ensuite,
23:47on m'a dit
23:49si...
23:49En fait,
23:50quand j'ai porté plainte
23:51parce que j'ai été carrément
23:52agressée à mon domicile...
23:53De quelle façon
23:53vous vous interposiez,
23:55Négéma ?
23:56Vous résistiez verbalement
23:57ou vous les interpelliez ?
24:00Je les interpellais,
24:01en fait,
24:01pour leur dire
24:02de quitter les lieux
24:05et évidemment,
24:06ça ne plaisait pas.
24:07Et donc,
24:08jusqu'au moment
24:08où, en fait,
24:09carrément,
24:09je me suis fait caillasser
24:11dans mon propre domicile,
24:12casser la vitre,
24:13etc.
24:14C'était pas la vitre
24:15à la base qui disait,
24:16c'était moi.
24:17Du coup,
24:17quand j'ai porté plainte,
24:18ce qu'on m'a dit,
24:19bon,
24:20mais...
24:20En fait,
24:21c'est subir ou partir.
24:23Et alors,
24:24pour vous,
24:24c'est quoi ?
24:25Vous résistez.
24:26Ah,
24:26vous avez résisté
24:28et là,
24:28vous ne résistez plus.
24:29Là,
24:29je ne résiste plus,
24:30je ne résiste plus
24:30parce que ma vie,
24:31je la sens en danger.
24:33Ils ont gagné.
24:35Ah,
24:35vous êtes fataliste,
24:36là.
24:36Ils ont gagné.
24:37Ah,
24:38ils ont gagné.
24:38Ils ont gagné.
24:39Vous baissez les bras.
24:41C'est pas que je baisse les bras,
24:42c'est que j'ai peur
24:43pour ma propre vie.
24:44Bien sûr.
24:45Et vous sentez
24:46que les pouvoirs publics,
24:49la police,
24:50les élus,
24:51vous écoutent,
24:52vous comprennent
24:52et ils vous disent quoi ?
24:54On ne peut rien faire ?
24:55Ils me disent
24:56de déménager.
24:59C'est incroyable.
25:00ils ne peuvent rien faire.
25:01Vous avez des liens
25:02avec vos élus municipaux ?
25:03Vous avez dans votre quartier
25:04forcément des représentants
25:05de la municipalité ?
25:06Je pense que vous les avez
25:07interpellés aussi
25:08sur cette situation.
25:09C'est surtout la police
25:10que j'ai interpellée.
25:11Après,
25:12les élus,
25:12j'avoue que non.
25:13Mais la police,
25:14à un moment même,
25:15j'étais plus ou moins
25:19à leur donner des tuyaux,
25:20si on peut dire.
25:21Oui.
25:22Et ça a duré
25:23un certain temps,
25:24mais à un moment donné,
25:25il n'y avait rien qui se passait
25:27parce qu'ils ne pouvaient pas agir
25:29parce que je pense
25:30qu'ils ont les pieds
25:30et les mains liées
25:31parce que l'enquêtrice
25:33avec qui j'étais,
25:34elle était tout à fait
25:36apte à essayer
25:38de régler le problème.
25:39Ils sont même venus
25:39avec le préfet,
25:40etc.
25:41Ah, quand même.
25:42D'accord.
25:43et pour autant,
25:44c'est quand même vous
25:44qui partez.
25:45Je pense que vous n'étiez pas
25:46la seule.
25:47on va se venir actuellement
25:48acheter carrément
25:49et partir au même fond
25:50des Cévennes
25:50et puis être tranquille
25:52définitivement.
25:52Ah oui,
25:52vous allez vraiment
25:53vous réfugier à l'abri.
25:54Je suppose que vous n'étiez
25:55pas la seule dans ce quartier
25:56à être confrontée
25:57à cette situation.
25:58Ah non, non,
25:58parce qu'il y en a
25:59qui sont partis,
26:00des anciens.
26:01Nous ici,
26:01avant,
26:01vous savez,
26:02dans mon quartier,
26:03c'est la cité
26:04Aigelong,
26:06il y avait les gens
26:07des lotissements
26:08qui venaient jouer
26:09à la pétanque,
26:10qui venaient jouer
26:10avec les enfants
26:11du quartier,
26:12qui venaient à la fête
26:13du quartier.
26:15Maintenant,
26:16ils tremblent.
26:17Ils tremblent.
26:18Moi,
26:18je connais les gens
26:19du lotissement du haut,
26:20ils évitent votre rue.
26:21Ils font une variante
26:22pour aller chercher le tram.
26:24Je ne sais pas
26:25ce que dirait
26:25le grand leader socialiste
26:27que fut Georges Frèche
26:28de voir sa ville
26:29dans cette situation.
26:30Je pense qu'il aurait
26:31eu des mots.
26:32Allez-y,
26:33allez-y,
26:33allez-y,
26:33au contraire.
26:33M. Georges Frèche,
26:35c'est un peu lui
26:36qui a ramené ça.
26:37Ah, ah.
26:38Pour choper des voix,
26:39il nous a quié ces gens-là.
26:41C'est un paradoxe.
26:42C'est un paradoxe.
26:43Negema,
26:44merci pour votre témoignage
26:46et puis n'hésitez pas
26:47à nous rappeler,
26:49j'espère que vous trouverez
26:50un endroit,
26:51un territoire
26:52où vous serez plus à l'aise
26:53et que vous continuerez
26:53à vivre votre vie
26:54de citoyenne
26:55de façon apaisée
26:57et sereine.
26:58Éric Nolo,
26:59voilà un témoignage
27:00édifiant.
27:01Écoutez,
27:01un pays où
27:02on a parlé
27:03tout à l'heure,
27:04les femmes n'osent pas
27:04sortir seules.
27:05Un pays où des
27:07Françaises honnêtes,
27:09normales,
27:09comme Negema,
27:10tremblent pour leur sécurité,
27:11c'est plus la France.
27:12Donc,
27:13on ne vit plus en France.
27:14Tant que ce ne sera pas
27:15revenu à la normale,
27:16on ne pourra pas dire
27:16que notre pays
27:17est la France.
27:18C'est un autre pays.
27:19Ensuite,
27:20ce que dit Negema,
27:20c'est intéressant
27:21par rapport à Georges Frèche
27:22parce qu'en effet,
27:23tout ça est instrumentalisé
27:25de manière politique.
27:27Moi,
27:27mon ancienne députée,
27:29c'était Sophia Chiquirou.
27:30Oui.
27:30Qui est à la fois
27:31très proche politiquement
27:32et personnellement
27:33de M. Mélenchon.
27:35Elle était élue
27:35au premier tour.
27:36Pourquoi ?
27:37Parce qu'elle s'adresse
27:37spécifiquement
27:38à un certain électorat
27:39qui est un électorat nouveau.
27:42Il y a une forme
27:43de grand remplacement
27:44qui est maintenant
27:44une expression revendiquée
27:46par la France insoumise
27:47par Mme Chiquirou
27:54C'était satanique
27:56de dire ça.
27:57Maintenant que c'est utilisé
27:58par M. Mélenchon,
27:58c'est formidable.
28:00Le problème,
28:01c'est qu'auparavant,
28:02quand les étrangers
28:02venaient s'installer,
28:03d'abord c'était sur la base
28:04de l'intégration
28:05et puis ces étrangers
28:06ne vous disaient pas
28:07les Français de souche
28:08il faut dégager.
28:09Là maintenant,
28:09c'est ce qu'on vous dit.
28:10Il faut dégager.
28:11Vous n'êtes plus chez vous.
28:12Écoutez, si.
28:13Nous sommes chez nous
28:14et il faudrait que
28:16les gens qui ont
28:17le pouvoir,
28:18les autorités,
28:20les policiers
28:21fassent en sorte
28:22que nous restions chez nous.
28:23ce que vit Négema,
28:24ce n'est pas possible.
28:25Ce n'est pas tolérable.
28:26J'imagine
28:28des enfants
28:29des pieds noirs,
28:29ils sont âgés aujourd'hui
28:30ou des enfants de pieds noirs
28:31qui ont vécu ça
28:32en Algérie
28:33parce que ce fut une tragédie.
28:34Il y aurait pu avoir
28:35une autre option en Algérie.
28:36Il y aurait pu avoir
28:37une cohabitation.
28:38Les deux extrêmes
28:39que ce soit
28:39la tendance radicale
28:41du FLN et l'Ouest
28:41ne l'ont pas voulu
28:42et on a raté.
28:43Donc il y a des gens
28:43à qui tu dégages
28:44qu'est-ce que tu n'es plus chez toi.
28:45La valise ou le cercueil.
28:46La valise ou le cercueil.
28:53Depuis l'annonce de ce livre,
28:54j'ai reçu des dizaines
28:55de témoignages
28:56d'ailleurs de tous les coins
28:57de France.
28:58Mais il se trouve quand même
28:59que l'Est parisien
29:00est une forme de laboratoire
29:01de tous les mots français
29:02et surtout
29:02de la nouvelle France
29:04qu'on nous annonce
29:05et que moi je refuse
29:06de tout mon être.
29:06Nous avons Roger
29:07qui nous appelle
29:08de Saint-Gracien.
29:09Roger, vous avez vous aussi
29:11quitté Paris ?
29:12C'est bien ce que je comprends ?
29:13Oui, oui, oui.
29:14Je l'ai quitté
29:15pour peut-être d'autres raisons
29:16il y a une dizaine d'années.
29:19Mais je reconnais là
29:21dans les propos
29:21de M. Nolo
29:22que je salue
29:24parce que je...
29:25Vous salue, cher Roger.
29:27Je vous salue
29:28parce que je vous écoute
29:29souvent sur ces news.
29:32Mais je voulais simplement
29:33dire, je ne sais pas
29:34à cause de ça
29:35parce que ça commençait déjà,
29:37les choses commençaient
29:37à être de cette manière-là
29:39il y a une dizaine d'années.
29:41Je suis venu ici
29:42pour d'autres raisons
29:45de voisinage bruyant,
29:47tout ça.
29:47Mais parce que j'ai
29:48la retraite aussi.
29:50Et donc je voulais
29:51simplement dire,
29:52voilà,
29:53j'ai entendu tout à l'heure
29:54une réflexion
29:55que vous faisiez
29:55sur les pieds noirs.
29:57C'est moi, oui,
29:57qui faisais allusion
29:58à ce souvenir.
30:00J'ai 79 ans,
30:02vous voyez.
30:03Donc quand je suis
30:04venu d'Algérie,
30:05j'avais 14, 15 ans
30:07à peu près.
30:08Et j'ai l'impression
30:09qu'il y a eu beaucoup
30:13de choses qui se sont passées
30:14et moi je suis un petit homme
30:17pour savoir exactement
30:18ce qu'il fallait faire
30:19pour régler le problème.
30:21Enfin, je pense savoir.
30:22Il y avait trop de profiteurs
30:24quelquefois,
30:25quelquefois,
30:25des profiteurs
30:26et tout le monde
30:27a payé pour les profiteurs.
30:29Pour résumer la situation,
30:30voilà.
30:31C'est peu de profiteurs
30:32et beaucoup de personnes
30:34qui ont payé
30:35pour se retrouver
30:36dans un tel état.
30:37Mais enfin,
30:37c'est pas grave,
30:38on s'en est sortis.
30:40Les pieds de l'eau
30:41s'en sont sortis.
30:42C'est simplement...
30:42Dans la douleur,
30:43dans la douleur,
30:44mais ils s'en sont sortis.
30:45Effectivement.
30:47Je veux dire,
30:48un peu c'est comme ça.
30:49Je veux dire simplement,
30:50Eric Nolo,
30:51ce qu'il voit actuellement,
30:52je pense qu'il a raison
30:53de le dire
30:54et je trouve qu'il est
30:55très courageux
30:55de le dire déjà.
30:58Déjà, c'est très bien
30:59de sa part
31:00parce que même lui,
31:01il risque certaines choses.
31:03Il risque d'avoir
31:05des problèmes.
31:05Mais, c'est courageux
31:07de sa part
31:08et je l'en remercie.
31:09C'est pas la première fois
31:10qu'il y a eu
31:11d'eau prend des risques
31:12et sur Sud Radio,
31:14on est sur Parlons Vraies
31:15quelques fois aussi,
31:15on prend des risques
31:16mais voilà,
31:17l'important est de dire
31:18les choses telles qu'elles sont
31:19et de consacrer le réel
31:21par rapport
31:21à certaines interprétations.
31:23Vous restez avec nous,
31:23nous sommes le mercredi 15 octobre 2026.
31:30Alissa, le débat continue.
31:31Et le débat continue évidemment.
31:32Nos quartiers sont-ils devenus
31:34impossibles à partager ?
31:35Nous en discutons
31:36avec Éric Nolot,
31:37essayiste, critique,
31:38littéraire et chroniqueur,
31:39auteur de Le jour
31:40où je suis devenue au QTF
31:41aux éditions Fayard.
31:43Qu'est-ce qui a changé, vous,
31:44dans vos quartiers
31:45ces dernières années
31:45et qu'est-ce qui vous permettrait
31:47d'y vivre plus sereinement ?
31:49Racontez-nous tout
31:50au 0826 300 300.
31:52Tous ces états,
31:54Péricault-Légace.
31:55Vous êtes bien sur Sud Radio,
31:56il est 13h47,
31:58nous sommes le mercredi 15 octobre 2026.
32:00C'est un instant important
32:01parce qu'on reçoit Éric Nolot
32:03qui est un confrère,
32:04qui est un...
32:06ce que je peux dire,
32:06c'est un ami,
32:07c'est en tout cas un confrère
32:08avec lequel nous partageons des valeurs
32:09et nous avons,
32:11lui et nous,
32:12sur Sud Radio,
32:13ce besoin de dire
32:14les choses telles qu'elles sont.
32:15On n'est pas exempt d'erreurs,
32:16on peut avoir quelquefois
32:18des divergences,
32:19on peut avoir des analyses
32:20quelquefois
32:21et nous sommes les premiers à dire
32:22bon ben on s'est trompé.
32:23Là, ce que soulève Éric Nolot
32:24et Éric Nolot est extrêmement douloureux
32:26le jour où je suis devenu au QTF,
32:28il raconte qu'il a dû évacuer,
32:30fuir,
32:31s'expatrier de son quartier parisien
32:33pour aller habiter
32:34sur l'autre rive de Paris
32:35et puis là nous faisons l'inventaire
32:36et nous avons le témoignage
32:36en permanence des gens
32:37qui nous appellent.
32:38Cette situation,
32:39ce n'est pas juste
32:40un pamphlet édité chez Fayard.
32:42C'est une certaine image
32:44de la France,
32:45j'allais même dire
32:46et on peut le dire
32:47à bien des endroits,
32:48à bien des situations,
32:49c'est le nouveau visage
32:50de la France.
32:51Et Éric Nolot,
32:52pour autant,
32:54heureusement,
32:55tout le territoire français
32:56n'est pas confronté
32:56à cette situation
32:58même si trop de territoires
32:59sont confrontés
32:59à cette situation
33:01qui sont de plus en plus nombreux.
33:03Impuissance des pouvoirs publics
33:05si tentée
33:05que le ministère de l'Intérieur
33:07ne fasse pas comprendre
33:08qu'on manque d'effectifs
33:08et de moyens
33:09pour établir l'ordre.
33:11L'école a abandonné.
33:12Une sociologie du bobo
33:14parisien
33:15qui trouve ça très bien
33:16qui est altermondiste
33:19sans se douter
33:20qu'ils seront peut-être
33:21un jour
33:21les premières victimes
33:22de ces gens-là
33:23qui les détestent.
33:24Et puis,
33:24il y a des territoires
33:25où ça se passe très bien
33:26et où la cohabitation
33:28depuis des millénaires
33:29avec ceux qui sont arrivés
33:31depuis les invasions barbares
33:33et jusqu'à ces Portugais,
33:34ces Yougoslaves,
33:35ces Italiens
33:35qui sont aujourd'hui
33:36des Français
33:37qui ont gardé
33:38les liens
33:39avec une grand-mère,
33:40avec le pays d'origine
33:41qui repartent au bled
33:42et qui vous disent
33:43mais comment vous,
33:44Français de souche,
33:46vous pouvez accepter
33:46dans cette République française
33:48de supporter
33:49ces exactions
33:50qui chez nous,
33:51dans nos pays,
33:52auraient été immédiatement réduites.
33:54Il y a deux aspects
33:54dans votre intervention.
33:55Il y a d'abord les bobos.
33:57Moi, je n'hésite pas à dire
33:58à partir de mon expérience
33:59que les pires salauds de l'affaire
34:00ce sont les bobos.
34:01Pourquoi ?
34:02Parce qu'ils encouragent l'islamisme
34:03parce que pour eux
34:04c'est une manière
34:04de multiculturalisme.
34:05Ils trouvent ça formidable.
34:07Regardez,
34:07c'est la grande tolérance.
34:09C'est des gens
34:09qui ne pensent pas comme nous
34:10mais nous cohabitons.
34:11En fait,
34:11ils ne cohabitent pas.
34:12Les islamistes
34:12attendent la fin de l'histoire
34:13pour les égorger.
34:14Et ensuite,
34:15ils sont très contents
34:15de la racaille aussi
34:16parce que dans la racaille,
34:18ils puisent,
34:18vous savez,
34:19ces esclaves à vélo
34:20qui leur apportent
34:20leur sandwich préféré
34:22à deux heures du matin
34:23pour un prix maudique.
34:24Donc,
34:24c'est des nouveaux esclavagistes
34:25en fait.
34:26Donc,
34:26j'appelle ça des salauds.
34:28Après,
34:28vous me dites,
34:28à juste titre,
34:29que ce n'est pas partout
34:30la même chose.
34:31Et où est-ce que ça résiste ?
34:33Dans les régions de France
34:34qui ont une forte identité.
34:36Dans mon cher Sud-Ouest,
34:37ce n'est pas Belleville.
34:38La Corse,
34:39vous avez vu
34:39comment ils règlent
34:39les problèmes,
34:40les Corses ?
34:40Oui.
34:41Quand on touche un peu
34:42à leur tradition,
34:43quand on profane
34:45une statue de la Vierge.
34:46Alors,
34:46je suis basse,
34:46je vous le confirme.
34:47J'ai des amis bretons
34:48qui vous le confirment.
34:49Voilà,
34:49les bretons aussi,
34:50ce n'est pas la même...
34:50Ce n'est pas Belleville.
34:52Pourquoi ?
34:52Parce que c'est des gens
34:53qui n'ont pas démissionné,
34:54qui ne se sont pas soumis.
34:56Il y a une identité,
34:57une fierté
34:57et une manière
34:58qui est parfois
34:59un peu brutale
35:00ou virile
35:01de régler les problèmes.
35:02Et qui ont vécu
35:02le jacobinisme
35:03avec une oppression culturelle,
35:05défense de parler breton
35:06ou basse
35:06qui est de cracher par terre.
35:08Et pourtant,
35:08ils sont devenus
35:09des citoyens exemplaires.
35:12Vive le Pays Basse,
35:12vive les Corses
35:13et vive la Bretagne.
35:13Mais peut-être
35:15que c'est ces territoires-là
35:16qui vont donner à la République
35:17l'exemple
35:18d'une forme de citoyenneté.
35:20Non,
35:20c'est dans ces territoires-là
35:22que tout le monde
35:22va se réfugier.
35:23C'est ça qui va arriver.
35:24Il y aura deux Frances
35:27où il y aura des sortes
35:29de réserves pour Gaulois.
35:30Vous savez,
35:31moi j'étais très copain
35:31avec Thierry Ardisson.
35:32Il disait,
35:33mais de manière très sérieuse,
35:34il disait,
35:34écoutez,
35:34c'est très simple,
35:35il faut laisser la Seine-Saint-Denis
35:36à tout ça.
35:37Il faut se séparer
35:38de la Seine-Saint-Denis.
35:39C'est pour ça que je vous disais
35:39ce que le 9-3
35:40ne veut pas le dire.
35:41À l'anglaise,
35:42vous savez qu'il y a des territoires
35:43où on considère
35:43que la loi britannique
35:44n'a pas à s'appliquer.
35:45On laisse Thierry Ardisson s'installer.
35:46Écoutez,
35:47on se dirige vers ça en réalité.
35:48Nous avons Catherine
35:50qui nous appelle de Lyon.
35:52Bonjour Catherine.
35:54Et vous,
35:55vous revendiquez à l'antenne
35:57ici votre chrétienté.
35:58Quelle audace !
36:00Quelle audace !
36:01Oui,
36:02parce que je voudrais
36:02un peu apporter mon apport
36:03si vous voulez bien.
36:04Déjà,
36:04vous remerciez tous les deux
36:05parce que j'aime énormément
36:06l'énigre Eric Nelot
36:07que je suis depuis.
36:08On n'est pas couché
36:09avec ça.
36:09Merci chère Catherine.
36:10Et il n'est pas toujours aimable.
36:12Il est aimant,
36:13il n'est pas toujours aimable.
36:14Mais c'est ça qui est agréable.
36:15D'ailleurs,
36:15vous allez voir dans ce que j'apporte.
36:17Et puis Perico,
36:17il fallait vraiment
36:18de l'audace
36:19pour remplacer
36:20notre chère Bercoff
36:21et vous le faites admirablement.
36:23Bravo et merci.
36:23Encore bien,
36:24vous l'entendez tous les jours.
36:26Dites-moi,
36:27moi si vous voulez un peu
36:27vous apporter,
36:28par rapport à la France,
36:30il me semble qu'il y a quelque chose,
36:31on souffre de deux mots.
36:33Alors déjà,
36:33on va se rejoindre sur le fait
36:34qu'on a un pays
36:36géographiquement exceptionnel
36:37et nous avons un pays
36:39qui a été,
36:39pour moi,
36:40évidemment,
36:42culturellement édifié
36:42par la foi chrétienne.
36:44Il me semble que nous souffrons
36:45de deux mots
36:46qui se conjuguent.
36:47Le premier,
36:48avec la révolution,
36:49je ne remets pas en question
36:50la révolution
36:50parce que de fait,
36:51je pense qu'il y avait
36:51des horreurs avant.
36:52Mais,
36:52cette révolution a généré,
36:54me semble-t-il,
36:54une haine du christianisme
36:56avec elle.
36:57Et en face,
36:58nous avons eu,
36:59malheureusement,
37:00ce que j'appelle
37:00les vertus chrétiennes
37:01devenues folles,
37:02n'est-ce pas,
37:02avec Chesterton,
37:04c'est-à-dire des cathos,
37:05peut-être un peu bebeaux justement,
37:07qui ont confondu,
37:08qui ont oublié
37:08le bon sens,
37:09la terre,
37:10qui n'ont gardé
37:11que l'idéalisme,
37:12qui n'ont gardé
37:12qu'un amour
37:13qui devient presque
37:13du sentimentalisme,
37:15qui ont oublié,
37:16peut-être,
37:17que justement,
37:17les colères
37:18qu'il y a dans l'évangile,
37:19le fait que
37:20aimer,
37:21pardonner,
37:22ça n'est pas relativiser.
37:23Le Seigneur,
37:24il va dire à la femme
37:25qui pêche,
37:26va,
37:26mets-toi debout,
37:27je ne te condamne pas,
37:28je ne dis pas
37:29que ta vie est foutue,
37:30mais ne pêche plus
37:31parce que le péché
37:32va te faire du mal.
37:33Et il me semble
37:34que c'est ce fameux
37:35décalogue
37:36qui est quand même,
37:37ne l'oublions pas,
37:38toutes les religions
37:39pour qu'elles perdurent,
37:41elles doivent respecter
37:42les trois interdits fondamentaux,
37:43tu ne tueras pas,
37:45l'interdit de l'inceste
37:46et l'interdit
37:47de l'anthropophagie.
37:49Donc ça veut dire
37:49qu'à partir du moment
37:51où on n'est pas capable
37:52de retrouver
37:53un certain équilibre,
37:54un bon sens,
37:55à partir du moment
37:56où on a voulu virer
37:57la foi chrétienne
37:58et encore une fois,
38:00sans doute
38:00parce que
38:01en nous,
38:02nous portons le fait
38:02effectivement
38:03de la conscience
38:04de ne pas être parfait,
38:05personne n'est parfait.
38:06Mais du coup,
38:07on a viré tout ça,
38:08or l'homme ne peut pas vivre
38:10sans transcendance,
38:11sans religion,
38:12du coup,
38:12ce qui arrive
38:13et qui nous trouve,
38:15nous détestons nous-mêmes
38:16quand on dit
38:18interdit d'interdire,
38:19c'est qu'on refuse la loi
38:20alors que Jésus-Christ nous dit
38:21c'est une loi donnée
38:22par amour.
38:23Sans la loi,
38:24c'est le bordel,
38:25pardon.
38:25Et du coup,
38:26tout en disant
38:27qu'il faut laisser à Dieu
38:28ce qui est à Dieu
38:29et de donner à César
38:30ce qui est à César.
38:31Oui,
38:31mais justement,
38:31il y a quand même
38:32une décalogue
38:32qui est du bon sens,
38:33tu ne tueras pas.
38:35C'est-à-dire que
38:35si tu fais ça,
38:36tu vas vers plus grave.
38:38Tu ne rapporteras pas
38:39de faux témoignages,
38:40tu ne raconteras pas
38:40n'importe quoi,
38:41même à tes électeurs,
38:42sinon tu vas vers pire encore.
38:43C'est du bon sens.
38:44Alors, Catherine,
38:45on va demander son avis
38:47au frère Éric Nolo.
38:49Est-ce que les fondements
38:51de la France
38:52sont aussi liés
38:52à ce fait
38:53qu'elle est la fièvre
38:54d'Église ?
38:54Est-ce que le christianisme
38:55a participé quelque part
38:57des valeurs de la République ?
38:58Ça me paraît indiscutable
38:58et pour ma part,
38:59je suis très favorable
39:00à ce qu'on inscrive
39:01dans la Constitution française
39:03les racines chrétiennes
39:04de la France.
39:04qui devait être inscrite
39:05dans le texte
39:06de l'Union Européenne.
39:07Giscard d'Estaing
39:08l'avait proposé
39:08et puis finalement,
39:09il y avait une...
39:09Non, mais il faut en finir
39:10avec cette ambiguïté.
39:11Ça ne veut pas dire
39:11que les représentants
39:12d'autres religions
39:13ne sont pas les bienvenus.
39:14Ça veut dire que
39:15la France est une république laïque
39:16mais un pays chrétien.
39:18Alors, j'allais y venir.
39:19La laïcité est donc
39:20bien aujourd'hui
39:22le mode d'emploi,
39:23le code
39:24qui nous permettra
39:25de vivre tous ensemble,
39:27qui vous permettra
39:27de rester dans votre quartier
39:28à compliquer
39:29avec toute la rigueur,
39:30tout le courage,
39:32toute la ferveur
39:33qu'elle nécessite.
39:33Et moi, quand je vais
39:33dans un pays étranger,
39:34je respecte non seulement
39:35ses lois,
39:36mais ses mœurs,
39:37sa religion.
39:37Je n'essaie pas
39:38d'imposer la mienne.
39:39Voilà.
39:40Et moi, les étrangers,
39:41les gens qui n'ont pas
39:42la même foi que moi
39:42sont les bienvenus
39:43à condition
39:44qu'ils reconnaissent
39:45qu'il y avait quelque chose
39:46avant eux,
39:47qu'ils n'arrivent pas
39:47dans un appartement vide.
39:49Ils arrivent dans un appartement
39:50meublé,
39:51des meubles d'époque,
39:52de toutes les époques
39:53qui se sont accumulés
39:53et qu'il faut respecter.
39:55Mais malheureusement,
39:56les Français sont les premiers
39:57à ne pas se comporter ainsi
39:58en disant
39:59faisons du passé table rase,
40:00tout ça n'a pas existé.
40:01Ou alors,
40:01la France a commencé à exister
40:03à partir de 1789.
40:04C'est faux.
40:05La France remonte
40:06à beaucoup plus loin.
40:07Non, il faut vraiment
40:08se ressaisir
40:09d'un point de vue collectif.
40:11Malheureusement,
40:11ce travail devrait être fait
40:12à l'école
40:13et à l'école...
40:14Il faut relire
40:14Ernest Renan, bien sûr.
40:15Ernest Renan,
40:16un plébiscite de tous les jours.
40:17Voilà, être français,
40:18ça doit être un plébiscite
40:19de tous les jours.
40:20Eric Nolo,
40:21Jean Jaurès a dit
40:22qu'il y a une chose
40:23impossible dans ce monde.
40:24C'est la disparition de la France.
40:25La France ne peut pas disparaître
40:27parce qu'elle est la France.
40:28Espérons qu'il a vu de la vision.
40:29Non, mais je crois qu'il y a pire.
40:30Je crois qu'il y a pire
40:31que la disparition de la France,
40:32c'est la perpétuation de la France
40:34sous un jour méconnaissant.
40:35La mutation.
40:36Ça, c'est encore pire.
40:37La mutation.
40:37C'est-à-dire quelque chose
40:38qui s'appellera encore la France
40:39et qui ne ressemblera
40:40en aucune manière
40:41à la France que nous aimons.
40:43Ça, c'est vraiment le cauchemar.
40:44Parce que la France,
40:44elle continuera.
40:46Mais quelle France ?
40:46C'est ça que nous devons déterminer.
40:48Aujourd'hui,
40:48je ne sais pas
40:49s'il est minuit moins une
40:50ou minuit une,
40:51mais je sais qu'il est très tard.
40:53Éric Nolot,
40:54je pense qu'il y aura toujours
40:54des gens qui seront prêts
40:55pour aller à Londres,
40:57même si Londres se trouve
40:58dans le Noiré,
40:59la Creuse, la Saône-et-Loire.
41:01Ou à Bayonne.
41:01Voilà, ou à Bayonne,
41:03ou à Jacques-Ciot,
41:04ou à Quimper.
41:05Merci d'avoir été ici
41:08pour le jour
41:09où je suis devenu au QTF.
41:10C'est Éric Nolot
41:11qui l'écrit aux éditions Fayard.
41:12À lire absolument d'une traite.
41:15C'est violent.
41:16C'est brutal.
41:17On est plus proche
41:19du piment d'Espelette
41:20que du beurre blanc.
41:21Mais je peux vous dire
41:22que ça mérite des tours.
41:23Merci d'avoir été là.
41:24À très bientôt, Éric Nolot.
41:25Merci encore.
41:25Anissa ?
41:25On va remercier également
41:26Pierre Larouturu
41:27qui était avec nous
41:28plus tôt dans l'émission.
41:29Et puis tout de suite,
41:30évidemment,
41:30nous retrouvons Brigitte Laé
41:32qui vous parlera
41:32des relations
41:33à l'ère de l'intelligence artificielle.