- il y a 10 minutes
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Dans les cortèges des manifestations lycéennes, au cœur des assemblées générales, des facultés bloquées, la convergence des luttes en fait
00:08rêver plus d'un.
00:09Autrement dit, une mobilisation conjointe entre, écoutez bien, lycéens inquiets de leur avenir, pêcheurs et routiers étranglés par le prix
00:16des carburants,
00:17jeunes racisés qui se disent victimes d'une répression et puis militants de la génération climat, adorateurs de Greta Thunberg,
00:24professeurs et soignants en quête de revalorisation salariale.
00:27Je vais poser la question à nos invités, quel lien, quel rapport ? Bonsoir Laurence Saillé, merci d'être avec
00:34nous.
00:34Emmanuel Lechypre nous accompagne, bonsoir cher Emmanuel. Bruno Pommard est avec nous, bonsoir.
00:40Ancien inspecteur du RAID, nous sommes avec Alexis Corbière, bonsoir.
00:45Député, la Prêt de Seine-Saint-Denis et Tugduel-Denis, éditorialiste politique, est avec nous.
00:51Alors ce grand soir, Alexis Corbière, je démarre par vous.
00:53Cette convergence des luttes, est-ce que c'est un fantasme de certains militants en quête, eh bien justement, de
00:58cette convergence du grand soir ?
01:00Ou est-ce que vraiment c'est bien tangible selon vous ?
01:02Non mais pourquoi il faut en parler immédiatement avec un côté un peu ironique ?
01:05Le grand soir, on ne sait pas très bien ce que c'est, d'où vient cette expression, comme quoi
01:08il y aurait d'un seul coup une espèce de révolution un peu ironique qui ne marche pas.
01:14Ah bon, là, est-ce qu'il y a objectivement une situation aujourd'hui dans le pays, où quand on
01:18est un jeune lycéen, quand on est un jeune étudiant, où c'est vrai, ce qui est un sort de
01:22la République, notre système d'éducation nationale est dégradé ?
01:26Il n'y avait pas de ironique ?
01:27Non, non, je veux dire donc, faisons les choses bêtement, il y a de quoi manifester, c'est légitime.
01:32Vous avez évoqué les pêcheurs, vous avez évoqué le nombre de professions.
01:34On se souvient qu'on était tous, les Français ont beaucoup soutenu le mouvement des Gilets jaunes, en raison du
01:40prix du carburant, qui était à l'époque 1,70, aujourd'hui il est passé.
01:43C'était presque la belle époque.
01:44Voire même à 2,30, donc il y a vraiment de quoi manifester.
01:47Donc finalement, jeunes et jeunes, j'ai envie de dire, voilà, c'est normal qu'il y ait de quoi
01:52protester, et c'est plutôt intelligent, à l'occasion d'une journée, que tout le monde se retrouve pour dire
01:57que la politique du gouvernement n'est pas la bonne.
01:59Moi, je viens de terminer, avant de venir vous voir, on commence à discuter du budget à l'Assemblée nationale.
02:04J'avais en face de moi le ministre de l'Enseignement supérieur, que tout le monde connaît évidemment, M. Baptiste,
02:09qui n'est pas un poids lourd du gouvernement, il vient nous expliquer qu'il y a un formidable budget
02:13qui réduit, en vérité, les moyens de l'enseignement supérieur.
02:17Alexis Coeurbière, oui, qui aient des raisons de mécontentement, de colère, de grogne, même de désarroi et d'angoisse pour
02:23une génération.
02:24Mais la question, vous ne trouverez pas qu'elle est légitime ? Vraiment, vous avez les lycéens, les pêcheurs, les
02:29routiers, des militants racisés, des combattants du climat, Laurent Saillet...
02:34En République, c'est qui le souverain ? C'est le peuple. Et ce que vous décrivez, c'est le
02:36peuple.
02:37Mais il y a une grande hypocrisie, parce que les mêmes, pour donner à tout le monde, il faut réformer
02:42l'État en profondeur.
02:44Et la grande hypocrisie, c'est que les syndicalistes, ces j'étais en tête, qui poussent tout le monde dans
02:49la rue,
02:50je ne vous parle même pas de la France insoumise, on en a beaucoup parlé ces derniers jours,
02:53font tout pour bloquer les réformes de l'État, qui pourraient permettre de faire des économies
02:57et de donner de l'argent, justement.
03:0032% du budget de l'éducation nationale, ce sont des pensions de retraite.
03:05Ça fait des années que la même gauche, qui aujourd'hui pousse tout le monde dans la rue,
03:10refuse de réformer les retraites et refuse, justement...
03:14L'année dernière, on a concédé la suspension...
03:16De toute façon, même le gouvernement n'y arriverait pas, là.
03:18Voilà, mais vous voyez ce que je veux dire l'année dernière ?
03:20Non, ça y est, ça a baissé les retraites des fonctionnaires.
03:22Non, non, non, pas les baisser, mais changer le système.
03:25Parce que vous voulez tout, vous, vous jouez au Père Noël, c'est ça votre problème.
03:28Vous voulez de l'argent pour tout le monde, mais vous ne dites jamais où on le prend.
03:33Juste un petit point historique, et pas le fait que le Grand Soir, ça vient de...
03:36C'est un éditorial dans le Figaro, en 1882.
03:40Notre bonne lecture, M. Corbière.
03:43M. Bataille, je crois, l'éditorialiste.
03:45Mais le point historique important, c'est qu'en fait, quand on regarde les grands mouvements sociaux
03:50où il y a eu vraiment des convergences entre différentes corporations, etc.,
03:55c'est quoi ? C'est 68, c'est 95, et c'est les Gilets jaunes en 2018.
03:59À chaque fois, ces mouvements se sont produits quand la conjoncture économique s'améliorait.
04:04Parce que vous avez toujours un arbitrage entre la peur et la colère.
04:07Et en fait, la colère, elle l'emporte quand la conjoncture économique s'améliore.
04:11Et à chaque fois, c'était des périodes...
04:1368, ça n'allait pas si mal sur le plan économique.
04:1795 ont commencé à sortir de la récession, le chômage baissait.
04:20Et 2018, le chômage était aussi en train de diminuer.
04:23Mais aujourd'hui, on est plutôt dans une période où, effectivement,
04:26la conjoncture économique est vraiment mauvaise.
04:29qu'il y a des craintes sur l'emploi, etc.
04:31Et donc, moi, j'ai l'impression qu'on est plutôt dans une période
04:33où la peur l'emporte sur la colère.
04:35Je peux vous citer quand même les différentes causes.
04:38Justice sociale, urgence climatique, oppression raciale,
04:41violence policière, droits des clandestins pour certains,
04:45prix des carburants, vétusté des lycées.
04:48Voilà.
04:49C'est un...
04:50Moi, je suis quand même plutôt d'accord avec Laurent Saillet sur la contradiction budgétaire.
04:54C'est-à-dire que des gens dans la rue réclament plus de dépenses de l'État
04:57au moment où l'État n'a jamais eu aussi peu d'argent à dépenser.
05:00Et je suis d'accord avec Emmanuel Lechypre sur le diagnostic sur la situation économique.
05:04Vous êtes d'accord avec tout le monde ?
05:04Non, mais en revanche, là où je ne suis pas d'accord...
05:06Et avec M. Corbière, peut-être ?
05:07Là où, en revanche, je ne suis pas d'accord avec vous deux,
05:09c'est qu'on n'est pas dans une situation totalement comparable.
05:14Il y a une sédimentation, quand même, si vous voulez,
05:16de l'effet cocotte minute depuis les Gilets jaunes,
05:19les émeutes de 2023, là, les manifestations lycéennes
05:23qui, en réalité, sont aussi des émeutes,
05:26qui font qu'on est dans une situation d'exaspération
05:29quand même assez unique, à mon sens.
05:31Et ce n'est pas mélanger des chouffleurs et des carottes
05:33que de dire que le désarroi d'une aide-soignante,
05:38le sentiment de...
05:39Tout ça revêt un seul nom, c'est l'impuissance publique.
05:42Ah, alors, ça, c'est la vérité cruelle.
05:45Non, mais, c'est-à-dire, ce sont les multiples facettes
05:49d'un même effondrement.
05:51C'est très intéressant que vous disiez l'impuissance publique,
05:53puisque, certes, la situation économique n'est pas en train de s'améliorer,
05:56donc les manifestants ne se disent pas qu'il y a quelque chose
05:58à aller gratter, à aller gagner.
06:00Si, ils demandent 10 milliards.
06:02Oui, mais bon, vous voyez, ils savent que ça n'arrivera pas.
06:04Mais, en revanche, le fait que le dimanche 18 avril 2027
06:09soit un horizon trop lointain, le premier tour de l'élection présidentielle,
06:12et surtout, un horizon aporétique.
06:16Personne ne se dit que l'élection présidentielle
06:19et la situation institutionnelle dans laquelle on est
06:21va résoudre les choses.
06:23Et donc, les gens peuvent avoir envie de dégorger avant.
06:25– Effectivement, et surtout, quand il y a un gouvernement,
06:28vous parliez de l'impuissance publique, c'est la vérité cruelle aujourd'hui.
06:31Vous avez un gouvernement qui veut éteindre un incendie
06:33avec une lance où il n'y a pas d'eau.
06:35Comment vous faites pour les pommards ?
06:37Comment vous faites ?
06:38– Permettez-moi de revenir juste en arrière,
06:40parce que j'ai l'impression que vous en prenez tous aux retraités,
06:42depuis tout à l'heure, M. Corbière le Premier.
06:43– Je n'ai rien dit sur la retraite.
06:44– Vous avez parlé de retraite.
06:46– C'est moi.
06:47– Je ne m'en crois pas aux retraités.
06:49– Vous en avez tous appris les retraités.
06:50Je suis le seul retraité, d'ailleurs, à table, j'ai l'impression.
06:53Et je dis, ça coûte 30…
06:55Alors, 30% du budget d'intérieur, c'est des retraites,
06:5730% du budget de l'éducation nationale, c'est des retraites.
06:59– Alors, c'est un peu plus compliqué que ça.
07:01– Mon cher Emmanuel, arrêtez de taper,
07:03et les politiques, pas vous directement, M. Corbière,
07:05mais arrêtez de taper sans arrêt sur les retraités.
07:07– Mais on ne t'a pas sur les retraités ?
07:08– Vous avez fait ça pour trouver des sous ?
07:09– Mais non, mais vous ne comprenez pas quelque chose.
07:10– Parlez-moi du rythme de vie de l'État,
07:12parce qu'il n'y a personne qui parle du rythme de vie de l'État.
07:14Les agences d'État, personne n'en parle.
07:16Tout va bien, il faut taper sur les petits retraités.
07:18J'en fais partie, il y en aura le rôle.
07:19– On ne tape pas sur les retraités.
07:20Moi, ce que je veux, c'est que les retraités continuent d'avoir une retraite.
07:23Et là, dans le système actuel, ce ne sera pas le cas.
07:26Donc, vous pouvez vous dire que c'est super, vous, vous avez votre retraite,
07:28mais les jeunes qui sont dans la rue,
07:30et même les gens qui sont là, ils ne l'auront pas, la retraite.
07:32– Oui, mais attendez.
07:32– Donc, il y a un moment, on ne peut pas penser qu'à soi.
07:34– Vous pouvez me répondre à ma question depuis tout à l'heure ?
07:37Alors, je vais la formuler de question encore plus qui dérange.
07:39Quel est le lien, vous n'allez pas aimer Alexis Carbière,
07:41entre certains jeunes kéfillés autour du cou,
07:44pêcheurs et agriculteurs étranglés par le prix du carburant ?
07:47– Pardon, mais je ne vois pas tout de suite.
07:48– L'angoisse, c'est déjà l'angoisse.
07:50– Je vais répondre à ça, parce que je voyais des vieilles photos,
07:53la dernière fois, vous savez, les années Goldman,
07:55c'était sur votre chaîne, en 1986.
07:58Pardon, ils portaient aussi le kéfillé, les jeunes.
07:59Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:01Vous l'avez peut-être même porté.
08:02– Non mais, en soi, le fait que la jeunesse…
08:05– Pourquoi vous voyez ou de l'ironie, ou de l'attaque ?
08:07– Non mais c'est-à-dire qu'il fiait autour du cou,
08:08le fait que la jeunesse aujourd'hui…
08:10– C'est ce que je vois derrière vous, ou alors…
08:12– Oui, mais parce que cette jeunesse,
08:14non seulement elle manifeste contre la dégradation de l'école publique,
08:18mais en plus elle s'attache à des causes internationales,
08:20comme il y a eu la guerre du Vietnam dans les années 70.
08:23Aujourd'hui, elle s'identifie beaucoup
08:25au martyr du peuple palestinien.
08:27Bon, donc je préfère une jeunesse qui s'intéresse
08:29un peu au-delà de ses frontières,
08:30plutôt qu'à une jeunesse égoïte.
08:33– Ils tiennent des propos antisémites,
08:35ils s'attaquent à la police,
08:36c'est pas s'intéresser à la condition internationale, arrêtez.
08:38– Vous ne pouvez pas…
08:39– C'est angélique, votre description, mais vraiment…
08:40– Mais si vous pensez qu'on peut résumer la jeunesse,
08:43c'est-à-dire qu'elle tient des propos antisémites…
08:44– Je n'ai pas dit résumé, mais il y en a…
08:46– On en a vu dans les manifestations.
08:47– Une insulte, oui, on voit…
08:49– Non mais alors, attendez, je vais être encore plus caricaturale,
08:52c'est quoi le lien…
08:53– Non, vous ne devriez pas.
08:55– Non, non, si je peux, entre Greta Thunberg,
08:57que vous allez voir, qu'est fiée autour du cou,
09:02c'est une sobriété, et les paysans qu'on va interroger dans tout instant.
09:06– La diversité ne fait pas le nom.
09:08– Emmanuel, est-ce que vous me permettez de dire une chose ?
09:10En 2017, il s'est passé un événement politique
09:13qu'il fallait bien lire.
09:14L'élection d'Emmanuel Macron était la marque
09:16d'une crise politique très forte.
09:18Un inconnu, surgit comme ça,
09:21soi-disant, faisant, c'était son livre,
09:23une révolution, d'accord ?
09:24Il était la marque de l'explosion du champ politique traditionnel.
09:28Sur la base d'un énorme mensonge, d'accord ?
09:30Cet homme a menti.
09:31– Alexis, ça n'est pas vrai.
09:31– Non mais, pardon, vous allez me répondre.
09:33Neuf ans plus tard, ce mensonge éclate aux yeux de tout le monde.
09:37C'était le candidat du dégagisme,
09:38qui expliquait que tout le monde était bête,
09:40comprenait les meilleurs de la droite et de la gauche.
09:42Non mais bon, au bout d'un moment,
09:44ce que je veux dire, c'est que c'était la marque.
09:45Quand vous avez des partis traditionnels,
09:47PS plus RPR, aujourd'hui UMP,
09:50additionnés, qui ne sont même plus la dernière élection présidentielle,
09:52– Je suis d'accord aussi avec Alexis Corbière.
09:54– C'est que vous avez un champ politique qui a explosé,
09:56dont Emmanuel Macron n'était pas.
09:57– Donc c'est ça le point commun ?
09:58– Il était un symptôme.
10:00– Alexis Corbière, c'est l'arrière-plan politique qui a explosé.
10:02– Et oui, c'est qu'à partir de là,
10:03on est dans un moment où, y compris moi qui connais bien
10:05les mouvements de jeunesse,
10:06il n'y a pas vraiment d'orga qui dirige,
10:08il y a quelque chose.
10:08Bien sûr, il y a des organisations politiques,
10:10mais oui, oui, oui.
10:11– Non mais vous ne voyez pas la main visible, vous ?
10:15– Ne dites pas ça.
10:15– Très visible.
10:16– Mais précisément, je vais vous dire avec beaucoup de respect Bruno Pommard,
10:19parce que vous ne connaissez pas ça, vous voyez ça de loin.
10:21Moi, je le vois de très près.
10:22Je peux vous assurer qu'en 1986, voire même en 1968,
10:26les organisations politiques étaient beaucoup plus présentes
10:29dans le mouvement que ce qu'elles sont aujourd'hui.
10:31Alors bien sûr qu'il y a la France insouïde,
10:33mais je peux le dire et je le dis et je le répéterai.
10:35– Non, je pense que c'est un terreau favorable.
10:37– Vous le savez, vous avez appartenu à la jeunesse.
10:42– D'une jeunesse.
10:43– Oui, mais je veux dire, de ce mouvement lycéen,
10:46c'est que quelque part, il n'y a plus de coordination lycéenne.
10:48– Il n'y a même pas vraiment de revendication.
10:50– Moi, je ne pense pas du tout que les lycéens
10:52aient en tête parmi souvent.
10:53– Il y a rythme scolaire, l'absence de...
10:55– Et le grand classique.
10:56– Quand on brûle un camion de pompiers,
10:58ce n'est pas une revendication.
10:58– Oui, mais il y a quand même une tentative, Alexis Corbière,
11:01quand vous dites qu'il n'y a plus de mouvement de jeunesse qu'on va voir,
11:02il y a quand même une tentative de la France insouïde,
11:04parce que c'est un terreau pour la France.
11:11– Mais ne remettez pas le disque.
11:12– Mais vous répétez tout le temps, vous,
11:14et vous prenez cesseur la même chose.
11:15Dès qu'il y a un mouvement de jeunesse, vous dites que c'est manipulé par les camions.
11:19– Mais oui, vous le savez.
11:20– Et chaque fois, vous êtes penauds, et à l'arrivée, vous apercevez.
11:23– Mais non, mais ce que ça exprime,
11:24– Non, mais ce que ça exprime est juste.
11:27Vous faites tous les sondages d'opinion,
11:29les vieux, à la maison, disent que les jeunes ont raison.
11:31– Alors après qu'il y ait des orangne,
11:32ils sont en phase, et donc ils ne le sont pas.
11:35– C'est pas vrai, c'est encore.
11:36– Alors, ma question, parce qu'il faut bien que quelqu'un y réponde,
11:39s'il vous plaît, ma question sur la convergence des luttes,
11:41je vais la poser.
11:42– Non, mais moi, je vous ai expliqué, je vous l'ai dit.
11:44– Ah, une porte-parole.
11:44– La réalité, c'est que vous avez une très grande diversité
11:47de tout petits bataillons,
11:48et là, les petits ruisseaux ne feront pas une grande rivière.
11:52– Ça on verra, on verra, on verra.
11:53– Attendez, nous sommes, s'il vous plaît.
11:56– Par définition, on ne sait jamais ce qui va arriver.
11:58On peut dire, ça va péter, et ça ne pétera pas,
12:01et on peut dire, il ne se passera rien.
12:02– Mais pour les sœurs, c'est pas bien.
12:03– Alors, merci pour votre contribution, Alexis Corbière.
12:07Nous sommes avec Fanny Métra,
12:08qui est porte-parole nationale de la Confédération Paysanne,
12:11qui est éleveuse en Ardèche.
12:13Merci d'être avec nous, Fanny Métra.
12:15Parce que, alors, nul besoin, même s'il faut toujours rappeler
12:18quelles sont vos revendications, vos difficultés,
12:22et votre angoisse, véritablement, à la fois actuelle et pour l'avenir.
12:26On comprend, évidemment, vos revendications pour la mobilisation de samedi,
12:30mais est-ce que vous-même, vous comprenez qu'on s'interroge
12:34sur le fait que vous soyez avec des lycéens,
12:36avec des étudiants, avec des militants de différentes causes,
12:38ou est-ce que cela vous importe peu ?
12:39L'important, c'est le message.
12:50Alors, peut-être dans quelques instants,
12:52Fanny Métra nous répondra.
12:54Je ne voudrais pas, quand même, qu'on oublie une seule chose,
12:57que vous avez parlé tout à l'heure, des revendications.
12:59Moi, je pose une question.
13:00Quel que soit le gouvernement actuel,
13:01qui pourrait répondre à la fois à la vétusté des classes,
13:05à la chaleur quand il fait chaud, au froid quand il fait froid ?
13:08C'est une crise de l'instruction.
13:11On s'est mis d'accord sur le chiffre,
13:12il vaut ce qu'il vaut,
13:13que peut-être la réponse est hauteur de 10 milliards pour l'école.
13:16Je sors de la commission budgétaire,
13:18si on supprime le crédit impôt recherche,
13:20qui ne rapporte pas grand-chose,
13:21qui est une supercherie,
13:22dont tout le monde voit bien aujourd'hui
13:23que c'est un effet système qui profite aux grands groupes,
13:25on peut récupérer 8 milliards.
13:26Non, mais vous vous dites que ce n'est pas vrai ?
13:28Donc, au bout d'un moment, il y a un bilan politique.
13:31C'est pour ça que je l'ai pris aussi,
13:32sur ce mouvement a lieu après 9 ans de Macron.
13:34Et là où il se cristallise, c'est qu'il y a un budget.
13:39Et le budget est un budget qui ne répond pas
13:42aux revendications du peuple.
13:43L'école est devenue le miroir déformé,
13:46déformant dans la société,
13:47au lieu d'être un sanctuaire aujourd'hui.
13:49À l'école, on sort sans les savoirs fondamentaux,
13:52alors qu'on apprend la démocratie interne.
13:53C'est bien.
13:54C'est violent de dire sans les savoirs fondamentaux.
13:56Écoutez, moi, ce déclinisme...
14:01Le classement PISA, c'est un classement
14:03qui correspond surtout aux universités asiatiques
14:06qui ne mettent pas question des mathématiques.
14:08C'est pas fait sur les universités.
14:09C'est pas fait sur l'université, PISA.
14:12C'est fait sur les ados.
14:14Mais bien sûr.
14:15La réalité, c'est qu'ils arrivent.
14:19On peut dire que les termomètres sont nuls.
14:21On peut dire que les termomètres sont nuls.
14:22Mais prenons un autre chiffre.
14:24Prenons un autre chiffre.
14:25Comparaison faite en France par les statisticiens français
14:28sur la génération qui passait le bac l'an dernier
14:31par rapport à la génération 87.
14:33Si tu prends les 10% des meilleurs élèves de 87,
14:36il n'y a que 1% des élèves d'aujourd'hui qui ont le niveau.
14:39Mais sur la base de points de quelle discipline ?
14:40Si on prend les 10% d'élèves les plus mauvais en 87,
14:47ça correspond au niveau de 56% des élèves d'aujourd'hui.
14:50Le jour de maîtrise de la lecture à la sortie du primaire,
14:52ça se confie.
14:54Alexis Corbière, est-ce que vous pensez,
14:56vous entendez les jeunes parler dans la rue ?
14:57Pour beaucoup, pardon, est-ce que vous trouvez
14:59qu'ils parlent correctement, le français ?
15:02Vous écrivez avec des jeunes peut-être des messages ?
15:05Vous parlez avec des jeunes ?
15:06Vous avez l'apparence de femmes jeunes ?
15:07Je vous trouve vieilles dans votre propos.
15:08Vous avez regardé les temps classiques sur la jeunesse.
15:10Ils sont bêtes, ils ne savent pas lire et écrire.
15:12Je n'ai pas dit tout le monde, mais ne soyez pas naïfs et menteurs.
15:15Parce que vous dites que Macron est menteur, c'est vous les menteurs.
15:17Mais moi, je suis admiratif de la jeunesse.
15:19Elle parle plusieurs langues, alors que les Français n'étaient pas bons.
15:21Regardez les jeunes, ils parlent énormément plus anglais.
15:24Ils sont bise-bise, bise-bise.
15:25Non, mais il y a plein de sujets sur le livre.
15:27Les acquis de base, Alexis Corbière, moi j'en reçois beaucoup.
15:30J'ai un site, je reçois entre 5 et 6 000 gosses des quartiers, tous les ans.
15:34Je me rends compte, depuis 35 ans je fais ça,
15:36je me rends compte qu'il y a un niveau qui a baissé dans l'élocution,
15:39dans la façon d'écrire, parce que des fois on fait faire des dictées, c'est tout bête.
15:42C'est une catastrophe.
15:44Ils ne savent pas lire, écrire et compter, certains.
15:46Mais vous ne réalisez pas.
15:46Et vous me dites que...
15:47Non, non, moi je ne dis pas, je suis prof en lycée professionnel depuis 1995, je la connais.
15:51Oui, il y a une jeunesse populaire qui, à l'époque,
15:53était totalement exclue du collège, de la scolarité, dès la sortie du collège.
15:57Il y a l'OTAC, vous ne les avez pas eues, excusez-moi.
15:59Oui, pardon, et vous ?
16:00Non, mais franchement, moi j'y suis.
16:01Non, mais je suis...
16:04Mais attendez, moi je ne suis pas en train de le dire,
16:06je vous dis justement qu'ils ont raison de considérer qu'il y a une dégradation de l'enseignement public.
16:11Le bac professionnel, il y avait, quand j'ai commencé,
16:14il y avait un an et demi de plus de formation qu'aujourd'hui.
16:16On réduit les savoirs fondamentaux, on élargit les périodes de sages d'entreprise,
16:19et moi je suis prof d'histoire en lycée professionnel,
16:21il y a de moins en moins de...
16:22Moi je me bats pour ça.
16:23Non, mais je ne suis pas en train de vous...
16:25Mais ce système-là, cette dégradation,
16:26le fait que par exemple, en Seine-Saint-Denis,
16:29il y a 35 élèves en classe en terminale.
16:31Bon, ça a des conséquences.
16:32Ceci dit, continuons à considérer, moi, que c'est une chance pour un pays
16:38d'avoir une jeunesse qui fait des études,
16:40que malgré tout, on a en vérité une classe ouvrière, pour parler vulgairement,
16:43qui n'a jamais été aussi qualifiée que par rapport aux années 60 et 70.
16:46Les gens ont des savoir-faire qu'ils n'avaient pas dans les années 60.
16:49Mais alors attendez, si la France est ce paradis que certains pensent être un enfer,
16:52pourquoi on est dans la rue ?
16:53Parce que tout le monde voit bien que tous les métiers,
16:56même un métier d'ouvrier, il faut des qualifications,
16:59il faut des connaissances qui n'étaient pas le cas il y a 20 ou 30 ans pour le même
17:02métier.
17:02Et un métier d'éleveuse comme celui, s'il vous plaît, de Fanny Métra,
17:05qui nous entend désormais, qui est porte-parole nationale de la Confédération paysanne.
17:09Et Fanny Métra, ma question est simple.
17:11Est-ce que vous-même, au-delà de vos revendications,
17:13vous souhaitez cette convergence, cette conjonction des luttes et des revendications pour ce samedi ?
17:20Mais bien sûr, en fait, il est plus que temps.
17:23On n'en peut plus de ces décisions, de ces gouvernements successifs,
17:28complètement déconnectés de nos réalités,
17:29ces gouvernements qui nous méprisent, qui méprisent les paysans.
17:32Qui méprisent les quartiers populaires, qui méprisent la jeunesse.
17:35Pour nous, cette jeunesse-là, elle est magnifique.
17:37Elle nous a donné espoir après un été catastrophe,
17:40un été où on va perdre 10% des fermes.
17:43On vient de vivre le pire et cette jeunesse, elle nous ouvre la voie.
17:46Nous, on est admiratifs.
17:48Moi, j'entends des jeunes, mais qui ont tout compris, en fait,
17:51qui n'en peuvent plus de ce vieux monde qui nous mène droit dans le mur.
17:54C'est bien les générations passées qui ont créé la situation actuelle.
17:58Et cette jeunesse, elle nous ouvre la voie.
18:00Alors, on va converger, on va converger.
18:02On va leur laisser la place.
18:03Mais en fait, cette jeunesse, c'est l'avenir.
18:05C'est le monde de demain.
18:05Nous, on est derrière eux.
18:06Nous, on a des colères énormes, monde paysan.
18:09On n'en peut plus qu'on soit tout le temps,
18:11qu'on nous oppose, nous, milieux paysans, milieux rurales,
18:15avec les quartiers populaires.
18:17On n'en peut plus qu'on nous oppose entre nous,
18:19les agriculteurs et les écologistes.
18:21Nous, on veut un monde qui se comprenne.
18:22Il faut qu'on arrête avec les injonctions
18:25de croire qu'on est meilleur que les autres.
18:27Cette jeunesse-là, elle a toute sa place.
18:28C'est l'avenir de demain.
18:29Nous, on est derrière eux et on sera derrière eux jusqu'au bout.
18:32Franchement, pour moi, c'est le plus bel espoir
18:35qu'on attendait après cet été catastrophe.
18:37Et nous, on sera là.
18:38On sera là avec les pompiers.
18:39On sera là avec les salariés de la fonction publique.
18:42On sera là avec tout le monde, avec les gilets jaunes.
18:45Le monde de demain, il doit être fait pour toutes et tous.
18:48Ce n'est pas une minorité bourgeoise
18:51qui décide à notre place.
18:52On n'en peut plus de ça.
18:53Et on n'en peut plus de les entendre sur les plateaux
18:55à longueur de temps,
18:57d'avoir des gens qui ne savent pas ce qu'on vit
19:00et qui parlent à notre place.
19:01Là, aujourd'hui, les gens reprennent du pouvoir
19:05dans la rue et il faut qu'on soit là.
19:07Nous, on sera là parce que notre projet politique,
19:09l'agriculture paysanne, l'alimentation de demain,
19:12la souveraineté alimentaire,
19:13elle doit se construire avec tout le monde.
19:15Et on n'en peut plus que tout le monde oppose les gens.
19:18alors que ces fonds, on vit les mêmes réalités,
19:21les mêmes...
19:22Et on entend votre colère, Fanny Maitre.
19:24La disparition des services publics,
19:26elle est partout, chez nous, comme dans les quartiers.
19:29Et on entend votre colère.
19:30Je vous remercie d'avoir réagi avec votre cœur,
19:33avec vos tripes.
19:34Et on entend la colère et l'enthousiasme aussi
19:36en attendant samedi.
19:38Alors là, aucune question ne s'oppose
19:40sur les revendications.
19:41C'est vraiment un même mouvement.
19:43Mais là, moi, j'entends...
19:44Voilà.
19:44C'est ce que j'allais dire.
19:45C'est un système qui doit complètement changer.
19:47C'est-à-dire, il faut prendre le système
19:48et l'inverser complètement.
19:50Mais vous croyez que le gouvernement actuel,
19:51c'est là où il y a un mensonge.
19:53Le gouvernement actuel,
19:54même s'il faisait des chèques à tout le monde,
19:57ces chèques ne sont...
19:58Il n'y a rien.
20:00Vous comprenez que quand on va devoir lever
20:02de la dette l'année prochaine,
20:03ça existe la dette.
20:04Le gouvernement, il a fait des chèques
20:06à certains secteurs.
20:07Trop et on n'a plus d'argent.
20:08Il a fait des chèques.
20:09Excusez-moi, je vais aller au bout.
20:09Quand vous avez un rapport parlementaire
20:10qui vous dit que vous avez 210 milliards
20:12qui est donnée aux grands entreprises,
20:13il a fait des chèques.
20:14Laissez-moi finir une phrase une fois.
20:16L'année prochaine,
20:17quand on ne pourra plus lever de dette,
20:19la BCE, le budget que vous auriez voté
20:21ou que vous voudriez,
20:22il part à la poubelle, M. Corbier.
20:24Avant l'année prochaine,
20:25il y a les urgences aujourd'hui.
20:26Je vais vous faire écouter Omar Sy.
20:29Pourquoi ?
20:29Parce que l'acteur a réagi,
20:31a réagi à ce qui se passe dans la rue,
20:34a réagi aux revendications
20:35et il a réagi à la manière
20:36avec laquelle, selon lui,
20:38les lycéens sont traités.
20:40On l'écoute.
20:42C'est quand je vois ce qui se passe
20:43aujourd'hui en France
20:44avec ce mouvement des lycéens-là
20:46et qui est une petite lumière au final
20:48parce que qu'est-ce qui se passe ?
20:49C'est nos mômes.
20:50C'est l'avenir de notre pays
20:52qui est en train de dire
20:53à un pays qui est complètement à la dérive
20:55« J'ai un cap.
20:57Écoutez-nous.
20:58On sait à peu près
20:59on a envie d'aller nous demain
21:01parce que ce pays-là,
21:02ça va être le nôtre. »
21:03Donc, quand je vois
21:04qu'on ne réagit pas à ça
21:05et que le réflexe,
21:07c'est de leur empêcher de parler
21:08ou de leur taper sur la gueule
21:10ou même de les mettre
21:11les uns en face des autres
21:12pour faire des combats d'enfants,
21:14je trouve ça lamentable.
21:16Et je me dis
21:17mais où sont les responsables ?
21:19Attendez, je vais raconter
21:22aux téléspectateurs.
21:23Pendant même que vous écoutiez l'extrait,
21:24vous voulez tous réagir.
21:25Qu'est-ce qui se passe ?
21:27C'est catastrophique.
21:28Omar Sy qui l'aille en Californie
21:30avec ses gardes du corps
21:31et ses maisons surprotégées
21:33mais qui ne viennent pas.
21:34Parce que vous savez
21:34ce que ça fait ça,
21:36Sonia ?
21:36C'est que ça met de l'huile
21:37sur le feu.
21:38C'est des gens qui sont connus,
21:39des gosses, des quartiers,
21:39partout, etc.
21:40Et ces mecs-là,
21:41comme les Teddy Riner,
21:42comme tous ces mecs-là,
21:43qui se taisent,
21:44qui vivent leur vie,
21:45qui fassent du sport
21:46et qui ne viennent pas
21:46se mêler.
21:51C'est exactement du même niveau
21:53que quand Kylian Mbappé,
21:55au moment de la mort de Naël,
21:57fait un tweet,
21:58alors que c'est généralement silencieux
22:00sur les débats de société,
22:01pour dire
22:01« Petit ange, parti trop tôt »,
22:04obérant totalement la manière
22:05dont cette course-poursuite
22:08avec le policier avait eu lieu
22:09et alors que le pays
22:10était déjà en train de s'embrader.
22:12Oui, mais il ne faudrait pas
22:13que vous soyez d'accord
22:14seulement avec les sportifs
22:15quand ils vont dans votre sens.
22:16Est-ce qu'on est d'accord
22:17qu'ils s'expriment ou pas ?
22:18Et par ailleurs,
22:18tout est faux dans ce qu'ils disent.
22:19C'est-à-dire,
22:20ils ont un cap,
22:21c'est une petite lumière
22:22qui s'allume.
22:23Attendez,
22:23c'est quoi le cap des jeunes
22:24qui tirent au mortier
22:25sur des proviseurs ?
22:26C'est quoi le cap des jeunes
22:27qui brisent des abribus ?
22:28C'est quoi le cap des jeunes
22:30qui brisent des abribus ?
22:30Ce qu'il a dit surtout,
22:31c'est que les pieds
22:32qui tapent sur les jeunes.
22:33Ça, il l'a dit quand même.
22:34C'est triste.
22:35D'exciter justement
22:36les passions mauvaises
22:37de la partie justement
22:39la plus radicalisée
22:46les jeunes qui rentrent
22:47dans cette brutalité.
22:48C'était des jeunes
22:49qui n'avaient aucun problème
22:50avec la justice
22:51il y a quelques semaines.
22:52On a poussé ces gamins
22:53parce que Jean-Luc Mélenchon
22:54a vu qu'il ne parvenait pas
22:56à pousser les adultes
22:57dans la rue.
22:57On met 5 euros
22:58dans la tirelière
22:58et a dit le mot.
23:00Il a poussé les jeunes
23:00dans la rue.
23:00Non, mais c'est ce que je pense
23:01profondément.
23:02Et il ne pense pas
23:03au destin de ces jeunes
23:04qui sont maintenant judiciarisés,
23:06qui étaient des jeunes honnêtes
23:07et qui vont basculer
23:09dans la violence.
23:09C'est là votre responsabilité.
23:10Donc pour vous,
23:11attendez par le moment,
23:12un acteur
23:13ou n'importe quelle personnalité
23:14hors du champ politique
23:15devrait appeler
23:16à la fin du mouvement
23:17ou rien dire
23:17mais pas excité.
23:18Il a des enfants ?
23:19Est-ce que ces enfants
23:21ils sont dans les maniques ?
23:21On a compris que
23:23Kylian Mbappé,
23:24Teddy Riener,
23:24Omar Sy doit fermer leur gueule.
23:26On a compris qu'il y a peut-être
23:26un petit lien entre les deux.
23:28Ça y est, allez.
23:29Oui, mais clairement.
23:30C'est l'idée que c'est raciste.
23:32Oui, vous êtes raciste
23:34et deuxièmement,
23:36vous faites du racisme social.
23:38C'est dominable de dire des choses
23:38par ailleurs.
23:39Je sais, vous faites ce racisme
23:41mais ce que vous faites,
23:42vous vous provoquez,
23:43M. Pomar.
23:44Votre mépris.
23:45Moi, je n'ai rien
23:45par rapport à ces gens-là.
23:46Oui, vous n'êtes rien sans doute
23:47mais votre mépris.
23:48Non, mais parce que je n'aime pas.
23:49Je vous connais,
23:50vous êtes tout le temps méprisant.
23:51Je vais vous dire une chose.
23:52Méprisant avec la jeunesse
23:54et avec ces gens.
23:55À l'égard de la jeunesse,
23:56vous savez ce que je fais
23:57depuis 30 ans ?
23:57Oui, il ne sait pas.
23:58Vous n'avez pas enseigné
23:59le dixième de ce que je viens.
24:01Non, moi je n'aime pas
24:02qu'on parle comme ça
24:03et qu'on se permette de dire
24:04quand quelqu'un prend la parole
24:05avec ce mépris qui consiste à dire
24:07qu'il faut qu'il ferme sa gueule
24:08dans sa maison aux Etats-Unis.
24:09Il a le droit de parler.
24:10Quand on méprise quelqu'un
24:11qui soutient la jeunesse,
24:13je trouve que c'est du mépris social
24:14et une forme de racisme social.
24:16Et j'en ai ras-le-bol de l'entente,
24:17je vous le dis, Sonia.
24:18Deuxièmement,
24:19je vais vous dire une réalité.
24:21Vous avez dit tout le mal
24:22que vous pensez ces gens.
24:23Mais moi j'ai le droit aussi
24:24de m'exprimer
24:24ou alors si vous voulez je m'en vais.
24:26Mais je tiens à dire une chose,
24:27c'est que ce mouvement
24:28il est étonnant sur un aspect.
24:316776 gardes à vue
24:31et je ne compte même pas
24:32ce qu'il y a eu hier soir.
24:33En mai 68,
24:34où il y avait pourtant
24:34des cocktails Molotov lancés
24:35contre la police
24:36et de la violence politique,
24:37il y a eu 600 gardes à vue.
24:38Il y a 60% aujourd'hui,
24:4164% des gardes à vue
24:42qui ne débouchent sur rien.
24:44Donc moi je n'ai rien
24:45contre la police.
24:46Je vais terminer ma phrase.
24:49Le métier de policier
24:50est en train aujourd'hui
24:51d'être détesté par la jeunesse
24:52et ça n'est pas bon pour la police.
24:55La faute à ce genre d'abus
24:57d'automne.
24:59Je vais vous dire,
25:02les policiers
25:04devraient comprendre
25:05qu'il doit avoir pour tâche
25:06numéro 1
25:06de se réconcilier
25:07avec la jeunesse.
25:07On a besoin de la police.
25:09On a besoin de la police.
25:10Et si chaque fois
25:10que la police est représentée
25:12par des syndicats de police
25:13qui sont totalement
25:14dans un corporatisme débile
25:16et sont incapables
25:17de voir quand il y a des problèmes.
25:18Si vous trouvez normal
25:19que 6700 gamins
25:20soient mis en garde à vue.
25:22Je vais prendre un dernier exemple
25:23et j'arrête là-dessus.
25:24Pas un gamin,
25:24c'est des casseurs.
25:25Non, écoutez-moi.
25:25Je vais vous prendre un exemple,
25:26Sonia.
25:27Libération a même fait un papier là-dessus.
25:28Je suis allé dans le commissariat.
25:29Une gamine de 15 ans
25:30qui passe une nuit en garde à vue
25:31parce qu'elle a marqué
25:31sur son ventre au feutre
25:32à cab
25:33et que même le préfet
25:34à qui j'en ai parlé
25:35était indigné.
25:36Moi, si dans une manif,
25:37il y a un panneau
25:37avec qui tous les profs
25:38sont débattats,
25:39la personne qui écrite panneau
25:40n'ira pas en garde à vue.
25:41Les policiers s'arrangent le droit
25:43de mettre en garde à vue
25:44des gamins
25:45pour délire d'opinion.
25:46L'autorité, c'est la police.
25:47Scandaleux.
25:48Vous trouvez ça normal ?
25:49Vous allez réagir.
25:50Il y a
25:51plus de 900 blessés
25:53chez les forces de l'ordre.
25:55Mais ça n'engage que moi
25:56qu'aucun...
25:59S'il vous plaît,
26:00je vais finir en la phrase.
26:01Il n'y a aucun policier
26:02ou en tous les cas
26:03sur la très grande majorité
26:04qui se lève le matin
26:05en se disant
26:06je vais aller taper
26:07sur un gamin.
26:08Mais Sonia Mabrouk,
26:10il y a des policiers
26:13qui sont actuellement,
26:13je sais que ça va faire plaisir
26:14à M. Corbière,
26:16il y a plus de 30 dossiers IGPN
26:18et il y en a certains
26:18qui vont passer au trapèze
26:19comme on appelle chez nous.
26:20Mais par contre,
26:21ce qu'a oublié M. Corbière
26:22parce que visiblement,
26:22ça ne l'intéresse pas,
26:23les 900 blessés
26:24dont des policiers
26:25qui sont gravement blessés,
26:26eh bien ceux-là,
26:27ça ne l'intéresse pas,
26:28M. Corbière.
26:28Il nous rappelle
26:29qu'il a vu un cas
26:30d'une jeune fille
26:31mise en garde à vue
26:31parce qu'elle avait marqué...
26:32C'est des clichés qu'on fait.
26:34Juste un détail.
26:34Par contre, permettez-moi de vous dire...
26:351776 garde à vue,
26:36c'est cliché ou pas ?
26:37Mais c'est fait,
26:37croyez-moi, c'est fait
26:38pour quelque chose.
26:39Vous n'en savez rien.
26:40Vous êtes corporatiste.
26:41Vous n'en savez rien.
26:42Vous n'en savez rien.
26:43Je ne vais pas vous attaquer
26:44sur la finance
26:45que je ne connais pas.
26:45Vous n'attaquez pas
26:46sur un domaine
26:46que vous connaissez
26:47qui est juste passé 30 ans.
26:48Vous me présentez
26:49un point de vue caricatural
26:50de la police
26:50qui ne rend pas service
26:51à la police.
26:52C'est vous.
26:52Je vous le dis,
26:53M. Bonneau-Pomar,
26:53c'est dommage.
26:54Vous étiez très bon
26:54quand vous étiez au Rennes,
26:55mais le point de vue
26:56que vous donnez,
26:57écoutez, tout à l'heure,
26:57c'est plus irresponsable
26:58que les propos.
26:59C'est pour ça que j'ai réagi
26:59vivement vis-à-vis de vous.
27:00Oui, vous m'avez traité
27:01de racisme.
27:01C'est plus irresponsable
27:01dans le racisme social.
27:03Vous n'avez que ça.
27:15Je vais vous mettre
27:15dans le cadre, M. Corbière,
27:17si je peux me permettre.
27:18Vous savez,
27:18vous m'avez insulté tout à l'heure.
27:20Ça ne serait pas bien.
27:21Mais je vous invite.
27:22J'ai une très belle association
27:23qui est soutenue par l'État,
27:24par des entreprises privées,
27:25qui fait du rapprochement
27:26jeune police.
27:27Je vous invite à sortir
27:28des bandes de l'Assemblée nationale
27:29et venir de mon association
27:30faire de l'immersion
27:31et vous allez voir
27:32ce que je fais
27:32depuis 36 ans.
27:33Madame, messieurs,
27:34allez-y, c'est comme ça.
27:35Je vous ai parlé
27:36et je vais corriger
27:37parce que je ne vous connais pas assez.
27:38Je parle de racisme social
27:40et je ne joue pas sur les mots.
27:40Ce que j'appelle
27:41le racisme social,
27:42c'est dès qu'une voix
27:43qui, malgré tout,
27:44a un écho dans la jeunesse
27:45et y compris la jeunesse populaire
27:46issue de l'immigration.
27:47Mais il apporte rien.
27:48Vous, vous pensez ça,
27:49mais ne dites pas l'argument
27:50retourne aux États-Unis.
27:51Alex, c'est bien,
27:52Bruno Pauvin,
27:53s'il vous plaît,
27:53s'il vous plaît,
27:54la journée de San Luis.
27:56Vous ne voyez pas le problème ?
27:57Parce qu'il est noir,
27:57évidemment.
27:57Je n'ai pas envie
27:58d'élever la voix,
27:58s'il vous plaît.