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Are the media a "gendarme" or an "arbitre"? The President of ARCOM, Sébastien Martin, joins us to discuss the crucial role of media regulation, especially in the lead-up to the presidential election. We delve into the Arcom's mission to ensure a pluralistic and equitable democratic debate, both on traditional airwaves and in the increasingly complex digital space.

Martin clarifies the principles of regulation for national and local media, highlighting specific requirements for public service broadcasters and the unique responsibilities of local media in reflecting community life. He emphasizes the vital need for professional journalism to mediate public discourse and empower citizens to form informed opinions.

Discover how ARCOM navigates the fine line between freedom of expression and the content that can be harmful, and explore the challenges of misinformation prevalent on unregulated digital platforms. This discussion offers essential insights into the media landscape and its impact on our democratic processes.

#Medias #ARCOM #Democratie #Elections

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Transcription
00:01Ici Occitanie, pour bien commencer la journée, ici matin.
00:07Jeudi 15 octobre en direct à la radio, à la télé à 8h45, c'est l'invité d'ici matin
00:11et c'est l'autorité qui régule les médias en France,
00:13le patron de l'ARCOV, autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, l'invité d'ici Occitanie ce
00:19matin Sébastien.
00:19Bonjour Martin Agelari, on vous appelle communément les gendarmes de la radio, de la télé,
00:25vous êtes à Toulouse aujourd'hui pour rencontrer les médias locaux, c'est essentiel, surtout à 6 mois maintenant, 6
00:33gros mois de l'élection présidentielle.
00:35Oui bonjour et merci, notre mission à l'ARCOV c'est de réguler l'audiovisuel, donc d'être en contact
00:41avec tous les acteurs des médias audiovisuels
00:43et le plus grand nombre d'entre eux sont locaux, il y a plus de 1000 radios sur tout le
00:48territoire national, des dizaines de chaînes de télévision
00:51et c'est au contact localement de ces médias qu'on peut vraiment prendre conscience de leurs contraintes, de leurs
00:57rôles,
00:57notamment à l'approche d'une période comme l'est la présidentielle.
01:01Si vous me le permettez, nous régulons l'audiovisuel, nous régulons de plus en plus le numérique, les services numériques,
01:08notamment pour la protection des mineurs, la lutte contre la haine en ligne, la lutte contre la désinformation
01:13et au qualificatif de gendarme, je préfère celui d'arbitre, nous essayons d'être arbitres, nous sommes ici à Toulouse,
01:21je crois que c'est la tradition du beau jeu, pour nous l'arbitre il est là pour favoriser le
01:25beau jeu,
01:26pour siffler, sortir éventuellement des cartons lorsqu'il y a des fautes,
01:29mais c'est aussi pour permettre à la liberté de communication, au débat démocratique d'avoir lieu,
01:34le débat démocratique il va avoir lieu de manière intense dans quelques mois
01:37et notre rôle avec les acteurs c'est de le favoriser, de l'accompagner.
01:40C'est les mêmes règles pour tout le monde ? Média nationaux, médias locaux comme nous ici Occitanie ?
01:45Alors ce sont en gros les mêmes principes pour les médias nationaux et les médias locaux,
01:51pour les médias privés et les médias publics, avec quelques différences,
01:55évidemment les médias nationaux sont beaucoup plus puissants économiquement,
01:59donc on leur impose souvent des règles en termes de diversité, des programmes,
02:04en termes de contenu d'information, pluralisme qui sont plus stricts,
02:10en sens inverse, les médias de services publics, comme ils sont publics,
02:14on a à leur égard une approche plus exigeante.
02:17Comme nous Radio France ?
02:18Comme à Radio France évidemment, comme vous êtes un bien commun,
02:21vous appartenez à tous, vous êtes financé par tous,
02:24nous sommes encore plus exigeants à votre égard que nous le sommes avec l'ensemble du paysage.
02:29Et puis les médias locaux ont évidemment des exigences et des engagements spécifiques
02:35dans l'illustration de la vie, de la vie locale, de la vie culturelle, de la vie linguistique,
02:41de la vie musicale locale.
02:43Qu'est-ce qu'il faudrait qu'on comprenne mieux, à la fois les médias et à la fois le
02:46public,
02:46à l'approche d'une échéance électorale aussi importante ?
02:49Il faut d'abord comprendre qu'on a besoin de débats démocratiques pluralistes.
02:53Un débat pluraliste, c'est d'abord de la liberté.
02:56La liberté pour que toutes les opinions puissent s'exprimer,
02:59mais qu'elles s'expriment dans un cadre pluraliste, organisé, équitable,
03:03et un débat qui est intermédié, médiatisé par des professionnels,
03:08les radios, les télévisions, les journalistes qui le portent,
03:11qui posent des questions aux candidats, qui les contestent,
03:14qui les challengent, comme on dit en bon français,
03:16pour que ce débat soit véritablement utile à la formation de la décision commune.
03:23La liberté d'expression est toujours bonne à prendre ?
03:26La liberté d'expression est première, donc il faut la protéger,
03:30mais elle s'inscrit dans le respect du cadre fixé par la loi.
03:34Et la loi fixe un cadre pour la liberté d'expression.
03:36Ça justement, il y a peut-être une petite zone d'ombre
03:39entre les propos qui peuvent être tenus de façon illégale,
03:43et là vous n'avez pas de problème à les traiter avec l'ARCOM,
03:46et ces propos qui peuvent être parfois considérés un petit peu dangereux
03:49pour la société sans être tout bonnement interdits.
03:52Est-ce que vous savez agir dans ces cas-là, vous à l'ARCOM ?
03:56C'est une excellente question, c'est le cœur de notre mission.
03:58Nous sommes saisis des dizaines de milliers de fois par an
04:01sur des séquences qui, à l'antenne, dérangent les téléspectateurs ou les auditeurs.
04:06Dans la plupart des cas, ces séquences déplaisent,
04:09parce que les idées exprimées, la façon dont elles le sont,
04:12déplaisent à ceux qui les reçoivent.
04:14Dans quelques cas, une minorité, peut-être 10%,
04:17nous intervenons parce que les propos sont illégaux,
04:20parce qu'ils attendent à la personne humaine,
04:22parce qu'ils sont discriminatoires,
04:24et dans ces cas-là, nous intervenons et nous sanctionnons.
04:26Selon votre dernière étude, près de 7 Français sur 10,
04:31le chiffre m'a assez étonné, déclare faire confiance aux journalistes.
04:35Je vous garantis que ce n'est pas vraiment ce qu'on ressent toujours sur le terrain.
04:38Écoutez.
04:39Pour moi, un média, il a juste pour but d'informer les gens.
04:42Pour moi, ce n'est pas assez neutre.
04:44Et du coup, forcément, on n'arrive pas à se faire notre propre idée,
04:47parce qu'on est manipulé par les médias.
04:49On est manipulé par les médias.
04:51Les journalistes sont tous orientés.
04:53Est-ce que c'est vrai dans ce que vous observez au quotidien ?
04:57C'est évidemment pas vrai.
05:01C'est même souvent faux.
05:02On a absolument besoin des médias pour assurer la qualité de l'information
05:07qui est diffusée sur les antennes,
05:09et aussi pour jouer ce rôle d'intermédiaire et pour animer le débat.
05:14A contrario, on a beaucoup plus de désordre dans la diffusion de l'information
05:19sur les réseaux numériques qui ne sont pas régulés,
05:22qui ne sont pas aux mains de professionnels de l'information
05:25qui en assurent à la fois la qualité, l'honnêteté, la rigueur et le pluralisme.
05:29Ça concourt tous pourris, ça, justement, ces réseaux sociaux, tout ce que l'on peut dire ?
05:33Il y a en ce moment, depuis quelques années,
05:36ça se développe dans beaucoup de sociétés occidentales,
05:38une polarisation, un rejet des institutions,
05:40les médias, comme la justice, comme l'éducation,
05:43comme la régulation audiovisuelle, font partie de ces cibles de la contestation.
05:47Et là, vous pouvez agir, justement, sur ces réseaux sociaux aussi,
05:50parce qu'il y a ces campagnes de désinformation,
05:52ces ingérences que l'on voit de plus en plus.
05:55La justice, par exemple, chez nous, ici à Toulouse,
05:57a reconnu hier des ingérences dans les dernières élections municipales,
06:00visant notamment le candidat insoumis François Picmal,
06:04et les insoumis en général.
06:06Comment est-ce qu'on gère ça ?
06:07Il y a trois choses.
06:07Un, nous intervenons pour soutenir les médias professionnels
06:12qui animent le débat démocratique de manière professionnelle.
06:15Deux, nous agissons en matière d'information,
06:18d'éducation aux médias, à l'information, à la citoyenneté numérique,
06:22notamment à travers le réseau d'Arcom local.
06:24Nous mobilisons les acteurs pour que les citoyens soient mieux éduqués,
06:28mieux formés.
06:29Troisièmement, nous avons, depuis quelques années,
06:31développé une compétence dans le domaine du numérique
06:33pour préparer le terrain, notamment en amont des élections,
06:36pour mieux détecter les éventuelles ingérences,
06:39lorsqu'elles surviennent pouvoir alerter les plateformes,
06:42leur demander de retirer promptement telle ou telle page,
06:46comme cela a été le cas sur Facebook,
06:48qui diffuserait des informations,
06:50par exemple avec un faux compte,
06:52qui simule un média local qui est en fait complètement artificiel.
06:56C'est ce qui s'est produit et nous avons une action de plus en plus riche
07:00de préparation des élections avec les plateformes
07:03pour, le moment venu, pouvoir intervenir rapidement,
07:06comme cela a été le cas d'ailleurs dans la situation que vous avez décrite.
07:09Un vaste sujet, mais je vais vous demander une réponse en quelques mots.
07:13Vous pensez que Radio France, dont fait partie ici à Occitanie,
07:15et France Télévisions doivent se rapprocher,
07:17travailler ensemble ces prochaines années.
07:20Alors d'abord, sous quelle forme exactement ?
07:22Et ensuite, n'avez-vous pas peur d'appauvrir le service public
07:26en faisant travailler des rédactions ensemble,
07:28alors qu'elles travaillent déjà bien de leur côté ?
07:31Je constate que d'ores et déjà, vous travaillez ensemble,
07:33et je m'en réjouis, l'ARCOM a toujours été favorable
07:37à, dans un monde où la concurrence est de plus en plus forte,
07:40de plus en plus lourde, notamment sur le numérique.
07:43Pour être présent sur le numérique, il faut conjuguer ces forces
07:47plutôt que de les diviser,
07:49tout en revendiquant la spécificité du son de la radio d'un côté,
07:54de la télévision de l'autre,
07:55qui sont deux médias qui se conçoivent et s'utilisent différemment.
07:59Mais oui, il faut mettre ces forces en commun,
08:01selon des modalités à définir.
08:03Vous avez commencé à le faire, et c'est très très bien,
08:05et je pense qu'il faut continuer à mettre ces forces en commun.
08:07D'où votre présence ce matin, à la fois sur France 3,
08:09et à la fois sur ici à Occitanie, la radio.
08:11Merci Martin H. Dary, vous êtes le président de l'ARCOM,
08:14l'arbitre des médias en France.
08:17Merci monsieur.
08:18La radio de proximité, que vous adorez,
08:21et qui s'appelle Ici Occitanie, 7h50.

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