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  • il y a 9 minutes
Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères revient au micro de France Inter sur les restrictions d'utilisation du réseau Starlink en Ukraine, qui entravent une grande partie de l'action de drones aériens et la défense antiaérienne de Kiev. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-jeudi-15-octobre-2026-1737747

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Transcription
00:0017h49 sur France Inter et Benjamin Diomel, vous recevez le ministre des affaires étrangères.
00:05Bonjour Jean-Noël Barraud.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:08Je voudrais commencer bien sûr par la situation en Ukraine et ce mot lâché par Volodymyr Zelensky
00:12qui dit s'être ressenti trahi par Donald Trump.
00:15Je rappelle qu'à l'occasion de frappe russe dans la nuit de mardi à mercredi,
00:18l'Ukraine n'aurait pas bénéficié du renseignement américain pour prévenir les attaques.
00:22Le président ukrainien qui a également dénoncé la coupure de Starlink,
00:25le réseau de satellites d'Elon Musk utilisé par l'armée ukrainienne pour se défendre.
00:30Jean-Noël Barraud, est-ce que les Etats-Unis sont en train de lâcher définitivement l'Ukraine ?
00:34Benjamin Diomel, ne nous laissons pas contaminer par la propagande de Vladimir Poutine.
00:39Ça fait 20 fois depuis le début de la guerre d'agression russe en Ukraine
00:42qu'on nous annonce que l'Ukraine va chuter, que les Etats-Unis abandonnent l'Ukraine.
00:47Qu'est-ce que c'est la vérité ?
00:48La vérité c'est que ça fait bien longtemps que l'Europe, que nous assumons l'essentiel du soutien à
00:53l'Ukraine
00:53et de la pression sur la Russie.
00:55Regardez ce qui s'est passé ces derniers jours.
00:57Nous avons transféré 6 milliards d'euros à l'Ukraine.
01:00Nous avons pris, j'y étais moi-même à Luxembourg,
01:031600 sanctions, gel d'avoir interdiction d'accès au territoire européen
01:07contre des responsables russes du complexe militaro-industriel.
01:11Et avant-hier, nous avons littéralement arrêté, arraisonné un navire de la flotte fantôme russe.
01:15Jean-Noël Barraud, on va parler dans un instant de la stratégie des Européens,
01:18mais là, il ne s'agit pas de la propagande de Vladimir Poutine,
01:20il s'agit de mots utilisés par le président ukrainien.
01:23Quand Volodymyr Zelensky parle de trahison de Donald Trump,
01:26quand est-ce que je viens d'évoquer, à savoir le renseignement et la question des satellites,
01:30est-ce que ce mot de trahison, vous le reprenez à votre compte ?
01:33Est-ce que vous le comprenez ?
01:34Mais on a régulièrement entendu Volodymyr Zelensky exprimer avec beaucoup de franchise son opinion
01:39sur l'attitude des alliés, et il n'a pas toujours épargné d'ailleurs les Européens.
01:43Mais il ne faut pas sortir les choses de son contexte.
01:45Volodymyr Zelensky a également exprimé son souhait de poursuivre sa collaboration avec les Etats-Unis.
01:50Et s'agissant du renseignement, puisque vous me relancez sur ce sujet,
01:53rappelons-le, deux tiers du renseignement qui est fourni à l'Ukraine,
01:57l'est aujourd'hui par les Européens et singulièrement par la France.
01:59Pour bien comprendre ce que vous dites ce matin Jean-Noël Barraud, au fond c'est quoi ?
02:02C'est un non-événement que les Américains aient décidé de priver l'Ukraine d'un certain nombre de renseignements
02:08?
02:08Que les réseaux de satellites d'Elon Musk aient vu leur débit diminuer ?
02:13C'est quoi ? Ça n'a aucun impact sur la situation en Ukraine ?
02:15On mène une guerre sur le champ de bataille mais aussi dans les esprits.
02:20Et chaque fois que l'occasion se présente, le Kremlin et ses trolls sur les réseaux sociaux
02:27exploitent, amplifient un certain nombre de phénomènes ou d'événements pour nous décourager.
02:31Décourager les Ukrainiens, mais ça ne fonctionne pas de toute évidence
02:34puisque chaque fois qu'on est arrivé à l'automne, on nous a dit que l'Ukraine ne tiendrait pas
02:38l'hiver
02:38et chaque fois l'Ukraine en est sorti en tenant le front.
02:41Et pour nous décourager, nous, nous dissuader de poursuivre notre soutien à l'Ukraine.
02:44Alors je vais essayer de poser la question différemment.
02:46Est-ce que selon vos informations, les Etats-Unis ont effectivement baissé ou diminué ou coupé le renseignement apporté aux
02:52Ukrainiens ?
02:52Il y a dans le domaine public une information qui semble suggérer que le débit de Starling a été ralenti.
03:01Mais je le redis.
03:01Et vous avez entendu Elon Musk expliquer que c'était la responsabilité du gouvernement fédéral
03:05puisque, sans être trop technique, il parle de Starshield qui est la déclinaison militaire de son réseau de satellites.
03:11Et alors, le renseignement qui est apporté à l'Ukraine aujourd'hui, il est essentiellement par l'Europe et par
03:15la France.
03:15Nous continuons notre stratégie qui produit des effets considérables, permet à la résistance ukrainienne de tenir le front.
03:22Bien évidemment, ça n'est pas parfait puisqu'on voit, comme vous l'avez rappelé, les bombardements très cyniques, très
03:28meurtriers sur les villes de l'arrière.
03:29On travaille activement.
03:31Donc la France et l'Europe sont en mesure de pallier cette défaillance américaine ?
03:34La France, l'Europe, les Ukrainiens.
03:37On est mobilisés notamment pour protéger le ciel ukrainien avec des projets de collaboration pour développer au plus vite des
03:43missiles intercepteurs de missiles,
03:46beaucoup moins chers et beaucoup plus rapidement produits que ça n'était le cas jusqu'à présent.
03:50Comment avez-vous réagi Jean-Noël Barraud quand vous avez entendu Donald Trump expliquer qu'il était temps que l
03:54'Ukraine soit dotée d'un nouveau président ?
03:55Que c'est à l'Ukraine qu'il appartient de choisir son dirigeant.
03:59Vous savez, l'autodétermination des peuples.
04:01Est-ce que vous avez été choqué par cette phrase du président américain ?
04:05C'est depuis le début de la guerre plusieurs fois qu'on entend cette question-là de ressurgir des élections
04:15en Ukraine.
04:16Et d'ailleurs, les Ukrainiens y sont prêts.
04:17Le président Zelensky a dit qu'il était prêt à des élections, mais à condition qu'un cessez-le-feu
04:22puisse intervenir.
04:23Il l'a redit ces derniers jours.
04:24que la Russie cesse ses bombardements constants et désormais journalier sur les villes de l'Ukraine.
04:30Et dans ces cas-là, des élections pourront se tenir.
04:32Quand on ajoute à cela l'accord passé entre Vladimir Poutine et Donald Trump sur le diesel russe,
04:37avec l'importation massive de diesel russe aux Etats-Unis,
04:41alors même, et vous l'évoquiez au début de cet entretien Jean-Noël Barraud,
04:43que l'Europe a pris des sanctions cette semaine,
04:46est-ce que quand on met tout ça bout à bout,
04:48on arrive à la conclusion que tout simplement Donald Trump n'est plus un allié des Français,
04:52n'est plus un allié des Européens ?
04:53Là encore, ne nous laissons pas intoxiquer.
04:55La production de diesel et même d'hydrocarbures par la Russie
05:00s'est effondrée depuis le début de la guerre et singulièrement depuis le début de l'année.
05:04Sous le double effet de quoi ?
05:05Eh bien, des frappes menées avec beaucoup de talent par les Ukrainiens
05:09et puis sous l'effet des sanctions très lourdes que nous avons prises.
05:12Ce ne sont pas quelques dizaines de milliers de barils de diesel qui vont changer les choses.
05:16C'est un peu plus que ça, dans l'accord qui a été conclu.
05:18Les recettes pétrolières de la Russie se sont effondrées,
05:21malgré la hausse des prix, malgré tous les événements au Proche-Orient.
05:24Donc tout ça ne change rien dans la relation entre la France-Europe et Donald Trump ?
05:27Tout ça ne va entamer en rien la détermination des Ukrainiens et des Européens
05:31à résister contre le dessin impérialiste et colonial de Vladimir Poutine.
05:36Un peuple qui aspire et qui se bat pour sa liberté et son indépendance,
05:40rien ni personne ne peut lui résister.
05:43Jean-Noël Barraud, vous serez la semaine prochaine au Proche-Orient avec Emmanuel Macron.
05:46Le 24 septembre, le président annonçait l'envoi de moyens militaires
05:49pour protéger le site de Yambou en Arabie Saoudite.
05:52C'était il y a trois semaines.
05:54Est-ce que vous pouvez nous donner des nouvelles des moyens militaires
05:57qui étaient censés être envoyés ou est-ce que c'était un effet d'annonce
06:00puisqu'on n'a pas eu de nouvelles de ces moyens militaires ?
06:02Les discussions se poursuivent avec l'Arabie Saoudite
06:06pour bien mesurer ce que sont ses besoins.
06:09Nous avons, dès le départ, annoncé que nous étions prêts à déployer des militaires,
06:15des capacités de détection, des radars, mais aussi du matériel de défense.
06:20Vous savez, ces choses-là prennent un peu de temps.
06:22Il faut acheminer aussi les matériels.
06:23Mais simplement, c'est quoi l'échéance ?
06:23Est-ce que c'est une question de semaine, une question de mois ?
06:25C'est une brève échéance puisqu'il est nécessaire
06:30que nous puissions protéger les infrastructures énergétiques de l'Arabie Saoudite
06:34pour que ce corridor puisse fonctionner
06:37et que ne vienne pas s'ajouter à la hausse des prix que nous connaissons actuellement
06:43une complication supplémentaire ?
06:44Vous dites brève échéance parce qu'il faut rappeler qu'on parle d'un pays, l'Arabie Saoudite,
06:47qui est frappé quasi quotidiennement par la milice yéménite Houthi.
06:51Il y a un besoin d'aller vite, visiblement, pour aider les Saoudiens ?
06:55Bien sûr, puisque ces attaques odieuses qui ont visé récemment l'aéroport de Riad,
07:02qui ont fait un grand nombre de victimes, parmi lesquelles une française,
07:05je voudrais dire que nous sommes aux côtés de sa famille et de ses proches,
07:09à ses côtés, après l'épreuve qu'elle a subie.
07:14Tout cela nous conduit, évidemment, à apporter à l'Arabie Saoudite
07:19les moyens nécessaires pour protéger, notamment, les infrastructures énergétiques
07:22dont nous avons, nous aussi, besoin pour faire baisser la pression sur les prix.
07:25Avant de dire un mot de la situation politique intérieure, Jean-Noël Barraud,
07:27est-ce que vous avez vu le film NASA ?
07:29Je n'ai pas vu ce film.
07:30Bon, rappelons ce film réalisé par deux documentaristes, artistes israéliens
07:35qui dénoncent les procédés de l'armée israélienne.
07:37Il a été projeté pendant deux jours en France, lundi et mardi,
07:40avec un immense succès lundi.
07:41Il y a notamment 40 000 spectateurs qui ont pu le voir.
07:45Qu'est-ce que cela dit, l'intérêt des Français pour ce film ?
07:50Je n'ai pas vu le film, donc je ne peux pas tellement le commenter.
07:53Vous avez envie de le voir ?
07:53Ce que je peux dire, c'est que c'est de déplorer,
07:56je l'ai vu encore une fois à l'Assemblée nationale hier,
07:59qu'un conflit qui n'est pas toujours très bien compris
08:02par les forces politiques dans notre pays
08:04soit importé constamment, systématiquement,
08:09pour servir des fins politiques.
08:12Mais vous irez le voir ou pas, ce film ? Vous avez une curiosité ?
08:14Je n'ai pas spécialement de curiosité pour ce film en particulier.
08:19Vous savez, il y a beaucoup de films qui ont été faits sur ce conflit
08:21qui méritent d'être vus, mais surtout, je crois que ce dont il faut se garder,
08:28c'est d'importer ou de projeter ce que peuvent être les souffrances
08:32ou les inquiétudes des Juifs de France, des musulmans de France
08:35sur un conflit qui n'est pas le leur.
08:38Ce qui n'est pas le même sujet.
08:39On peut avoir envie de voir ce film, penser encore une fois ce qu'on veut de ce film
08:42et vouloir qu'il y ait une étanchéité entre la question de la communauté juive en France
08:47et le conflit au prochain moment.
08:49Pardonnez-moi, mais la polémique entourant ce film
08:50a été très largement provoquée par des forces politiques
08:54et la France insoumise en particulier
08:56pour faire comme elle le fait habituellement,
08:59c'est-à-dire utiliser ce conflit
09:02à des fins politiques, à des fins électorales.
09:04Un dernier mot, Jean-Noël Barraud, je m'adresse aussi au responsable du MoDem.
09:08Vous n'avez toujours pas affiché votre soutien pour un candidat
09:11dans ce qu'on appelle le bloc central, ni Gabriel Attal, ni Édouard Philippe.
09:14Vous n'allez pas choisir ? Il n'y a pas de préférence pour 2027 ?
09:17Bien sûr que nous le ferons, nous le ferons en temps utile.
09:20Il y a désormais 28 candidats où une 28e candidate s'est déclarée.
09:24À votre place hier, Natacha Poligny.
09:26Nous avons d'ailleurs proposé une méthode pour faire converger
09:30les candidatures de l'espace central, de l'espace démocrate,
09:33la primaire, je pense que...
09:35Donc vous défendez une primaire ?
09:36Bien sûr, nous la défendons.
09:37François Bayrou l'a proposé.
09:38Il est encore temps de passer par là.
09:41Mais elle va jusqu'où cette primaire, Jean-Noël Barraud ?
09:43Est-ce que Raphaël Glucksmann, qui vient d'être désigné candidat,
09:45vous le mettez dans cette grande primaire ?
09:47La grande primaire, elle est très ouverte.
09:49Elle vise à permettre à ceux qui refusent le double poison,
09:52si je puis dire, de l'extrême droite et de l'extrême gauche,
09:54de se rassembler pour espérer l'emporter.
09:55Mais est-ce que vous mettez Raphaël Glucksmann dans cette grande primaire ?
09:58Elle est ouverte jusqu'à Raphaël Glucksmann, bien évidemment,
10:00dans la manière dont nous nous avons conçu.
10:02Mais vous savez, il faut se débarrasser de cette obsession pour l'élection présidentielle.
10:05C'est toujours la même chose.
10:06On espère que l'élection présidentielle va résoudre tous les problèmes.
10:11Et puis systématiquement, on est déçus.
10:14Il y a une autre élection qui sera au moins aussi importante,
10:16sinon plus l'année prochaine,
10:17ce sont les élections législatives,
10:19car le ou la présidente élue n'aura pas de majorité à l'absolu à l'Assemblée.
10:23Il faudra donc former une coalition pour remporter ces législatives.
10:26Et c'est aussi à cela que nous, au Modem, nous travaillons.
10:28Merci beaucoup Jean-Noël Barraud d'être venu ce matin sur Inter.
10:31Et merci Benjamin Diamel.
10:32On se retrouve dans 20 minutes pour le grand entretien.
10:35Il est 8.
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