00:00Est-ce que votre syndicat porte plainte contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui lors
00:06des manifestations lycéennes ? Pourquoi ?
00:08Alors tout simplement ce dépôt de plainte parce que nous avons fait un constat ces derniers jours
00:13avec plus de 1000 collègues blessés dont certains extrêmement gravement blessés avec des séquelles probablement à vie
00:20que globalement les policiers ces derniers temps payent très très cher leur engagement sur le plan familial
00:25puisqu'ils ne voient pas beaucoup leur famille, sur le plan de la santé comme je l'ai expliqué avec
00:28les blessures
00:29et puis petit à petit les collègues nous ont fait remonter des incohérences
00:33dans la façon d'exercer leur métier sur les missions de maintien de l'ordre.
00:37Donc on a d'un côté un ministre de l'Intérieur qui fait le job avec effectivement ce côté très
00:44présent
00:44qui soutient les forces avec un discours de fermeté mais nous nous sommes rendus compte
00:49qu'il y avait des injonctions contradictoires sur le terrain.
00:52Donc vous parlez d'un côté on a un ministre de l'Intérieur qui va à l'Assemblée Nationale
00:56qui va vous défendre, avoir des mots pour aider les policiers.
01:00Sur le terrain ça ne se passe pas de la même façon ?
01:02Non, sur le terrain ça ne se passe pas du tout de la même façon
01:05et notamment après qu'il y ait eu effectivement les premières heures
01:10on a eu une difficulté avec des consignes verbales
01:14des consignes qui sont des consignes au moment des briefings ou des débriefings
01:19au moment des rassemblements
01:21et bien de ne pas utiliser les moyens lacrymogènes
01:24de ne pas utiliser sur les ondes les lanceurs d'eau etc.
01:28C'est-à-dire que tous les moyens qui permettent à mes collègues policiers
01:31et à mes collègues de terrain
01:32et bien de garder une certaine distance avec les émeutiers
01:36et bien on les a fait fondre comme neige au soleil
01:38et donc ils se sont retrouvés dans des situations quasiment de corps à corps
01:43et de combats one to one comme on dit dans le jargon
01:48avec une proximité qui a eu des dommages collatéraux extrêmement graves
01:53non seulement chez mes collègues mais aussi chez les étudiants et chez les lycéens.
01:58Et donc ça on ne peut pas le tolérer
02:01et vous savez quand un politique ne comprend pas ce qui se passe
02:04qu'est-ce qu'il fait ? Il déclenche une enquête parlementaire.
02:06Eh bien nous, nous sommes une association, on peut rester en justice
02:10et c'est pour ça qu'on veut comprendre pourquoi il y a une fermeté
02:13qui est affichée au plus haut niveau de l'État
02:14mais pourquoi des préfets et des directeurs
02:17eh bien on assouplit des consignes mettant en danger les collègues
02:20avec les moyens qu'on leur a retirés.
02:22C'est ça qu'on veut comprendre.
02:24Loïc Travers, deux syndicats Allianz Police
02:27qui est avec nous sur Europe 1.