- il y a 2 jours
FESTIVAL VRAI OU FAUX
Webinaire lycée : La désinformation sans frontière
Un rendez-vous ludique et participatif pour comprendre les mécanismes de la désinformation, apprendre à identifier les fake news et exercer son esprit critique aux côtés de journalistes spécialistes de ces enjeux.
Intervenants :
Grégory Genevrier (RFI)
Julien Le Bot (ARTE)
Webinaire lycée : La désinformation sans frontière
Un rendez-vous ludique et participatif pour comprendre les mécanismes de la désinformation, apprendre à identifier les fake news et exercer son esprit critique aux côtés de journalistes spécialistes de ces enjeux.
Intervenants :
Grégory Genevrier (RFI)
Julien Le Bot (ARTE)
Catégorie
📚
ÉducationTranscription
00:00Avec numérique-éthique.fr, le site proposé par Maïf pour accompagner enfants, parents et enseignants dans leur pratique du numérique
00:05au quotidien.
00:06Maïf, assureur militant.
00:19Bienvenue à tous.
00:21Bonjour à tous.
00:21Bienvenue dans cette rencontre et ce webinaire à destination des lycéens.
00:26On est ici dans le cadre de la première édition du festival Vrai ou Faux.
00:30On est dans le studio 104 de Radio France qui nous accueille et ils sont très très nombreux dans la
00:34salle aussi.
00:35Vous êtes très nombreux en ligne.
00:36Je veux quand même citer ceux qui sont dans la salle.
00:39Il y en a qui viennent de Meudon, je sais qu'ils sont par là.
00:40Il y en a qui viennent de Vincennes, il y en a qui viennent de toute la région parisienne.
00:44Et vous êtes très nombreux en ligne à nous suivre.
00:46On est très heureux de vous accueillir pour ce festival.
00:49Alors de quoi on va parler Grégory aujourd'hui ?
00:51On va parler de désinformation et on va se faire un petit webinaire tous ensemble.
00:55Le but c'est de vous donner les clés pour distinguer le vrai du faux le plus simplement possible
00:59et puis éveiller quelques petits esprits critiques.
01:01Et on a intitulé cette rencontre la désinformation sans frontières.
01:05On va essayer de prendre du recul, de la hauteur et s'interroger pour voir comment à l'heure des
01:09réseaux sociaux,
01:10de l'IA, de l'interconnexion généralisée, il y a des opérations de manipulation de l'information qui se jouent
01:16des frontières.
01:17Donc dans leur avenir, on aura un peu de contexte sur la désinformation.
01:20On aura une typologie d'acteurs qui sont les spécialistes de la désinformation.
01:24Et puis on verra quels sont les types de formats utilisés.
01:27On va prendre un peu de recul géopolitique sur le contrôle de l'information.
01:30Et surtout, nous aurons vos questions.
01:34En fin de session, si vous le voulez bien.
01:36Mais peut-être on va se présenter d'abord.
01:38Oui, Julien, je t'en prie.
01:39Donc moi je m'appelle Julien Lebotte, je suis très heureux d'être ici.
01:42Je suis journaliste et rédacteur en chef adjoint du Dessous des cartes.
01:45Qui connaît le Dessous des cartes dans la salle ?
01:48Bon, très bien.
01:49Soyez les bienvenus.
01:50Grégory Genevrier, je travaille à RFI, Radio France Internationale.
01:53Et j'anime une chronique de trois minutes tous les vendredis sur la désinformation
01:57qui s'appelle Les Dessous de l'Infox.
01:58Et vous pouvez la retrouver sur le site internet ou sur les plateformes de podcast.
02:01De la même manière que la désinformation, c'est un sujet qu'on aborde très régulièrement au Dessous des cartes.
02:06Vous le savez sans doute.
02:07Sous-tout dans un contexte de guerre hybride.
02:09C'est un concept dont on parle beaucoup ces derniers temps.
02:11On a fait des émissions sur la désinformation naturellement, sur les IA.
02:15Plein de ressources que vous pouvez trouver sur arte.tv, sur YouTube, sur Instagram et même une newsletter.
02:21Mais peut-être on pourrait commencer par un travail de définition, si tu veux bien Grégory.
02:25La désinformation, pour moi, quand j'étais enfant, en fait, on n'en parlait pas.
02:28On parlait plutôt de propagande.
02:30En histoire, on se souvient, la Seconde Guerre mondiale, la guerre froide, ces grands États froids qui s'efforçaient de
02:37détromper l'adversaire et de tromper surtout les opinions publiques.
02:40Et puis, par-dessus ça, il y a eu la révolution Internet, l'arrivée des mobiles, des smartphones, des réseaux
02:45sociaux, un accès généralisé à la possibilité de publier des contenus en ligne.
02:50On va le voir.
02:50Et puis, en 2020, souvenez-vous, la crise du Covid, d'où le besoin de clarifier les concepts.
02:56Et on a une agence des Nations Unies qui a essayé de proposer trois définitions pour nous aider à clarifier
03:01les choses.
03:02On regarde tout de suite un extrait du dessous des cartes.
03:04Commençons par établir une distinction entre les processus informationnels délibérés et involontaires.
03:11Depuis la pandémie de Covid et la diffusion massive de fausses informations qui s'en est suivie, l'ONU distingue
03:17trois catégories.
03:18La désinformation d'abord, elle repose sur des faits totalement faux et vise à nuire délibérément.
03:25Il s'agit donc bien d'une manipulation de l'information.
03:28Exemple au XXe siècle, dans les années 80, le KGB Elastasie Est-Allemande lance l'opération Infection pour tenter de
03:37faire croire,
03:37par l'entremise de Jacob Segal, un biologiste Est-Allemand, que le virus du sida a été créé par un
03:43laboratoire de l'armée américaine.
03:45Deuxième catégorie, la mésinformation.
03:49Elle se distingue de la désinformation par son caractère non intentionnel,
03:54bien que les informations concernées soient tout aussi fausses.
03:57Exemple, en 2003, lorsque le secrétaire d'État américain Colin Powell
04:01brandit à l'ONU une fiole censée contenir de l'antrax pour justifier l'intervention en Irak.
04:08Selon lui, il ignorait que le dossier qu'on lui fournissait était sciemment truffé d'erreurs,
04:13le conduisant de fait à mésinformer l'ONU.
04:16Enfin, troisième catégorie, la malinformation.
04:20Elle se distingue par son caractère partiellement véridique, avec des informations utilisées pour nuire.
04:26Il s'agit d'une présentation volontairement trompeuse d'un fait réel.
04:31Exemple récent, quand la Russie exploite des images de membres du bataillon ukrainien Azov
04:36portant des tatouages nazis pour affirmer que l'Ukraine, dans son ensemble, est gangrénée par le nazisme.
04:43Ce bataillon existe, mais il n'est pas représentatif de l'armée ukrainienne.
04:49Donc vous avez compris, très important dans ce concept de désinformation qu'on va voir ensemble pendant l'heure qui
04:55vient,
04:55c'est cette intention de nuire, c'est-à-dire délibérément d'essayer de créer un trouble,
05:00de générer du doute, de générer parfois du dissensus, comme on dit,
05:05qui caractérise toutes ces opérations de manipulation de l'information.
05:08Alors maintenant, ce qu'on va vous proposer, pour continuer un peu ce travail de définition,
05:12c'est de prendre un peu de recul sur les outils et les stratégies des acteurs de la désinformation, second
05:17extrait.
05:21Les États s'engageant dans des manipulations de l'information
05:24disposent de différents outils et techniques d'influence, et c'est ce qu'on va voir maintenant.
05:30Premier niveau, l'influence étatique dite blanche.
05:34Avec d'abord le rôle des diplomates, à l'image de cet ambassadeur chinois en France,
05:39Lou Shai, qu'on surnommait le loup guerrier.
05:42Ce dernier n'hésitait pas à nier dans les médias toute exaction de Pékin
05:46à l'encontre de la minorité musulmane des Ouïghours dans la région autonome du Shichang,
05:51ou à remettre en cause la souveraineté des pays de l'ex-URSS.
05:56Les médias d'État sont aussi des outils qu'utilisent les gouvernements autoritaires
06:01dans leurs opérations informationnelles,
06:03puisqu'ils contrôlent l'intégralité du contenu qu'ils diffusent.
06:07À la différence des médias de services publics des régimes démocratiques,
06:11comme la BBC au Royaume-Uni, RFI en France ou même Arte,
06:15qui n'hésitent pas à critiquer leurs gouvernements respectifs.
06:19En Russie, le Kremlin s'appuie ainsi sur la chaîne RT, anciennement Russia Today.
06:25Mais après avoir été interdite d'émission en Europe en mars 2022 avec la guerre en Ukraine,
06:30RT cherche à se redéployer en Afrique.
06:33La chaîne a prospecté au Kenya et en Afrique du Sud,
06:37pour y établir les bureaux de ses versions francophones et anglophones.
06:40Et un nouveau bureau a été ouvert à Alger fin mars 2023 pour la version arabophone.
06:46Autre média d'influence russe, Spoutnik,
06:49qui se distingue de RT par ses publications au ton souvent plus offensif
06:54et qui est lui aussi lié au groupe Rossiya Ségotnia,
06:57l'organisme de communication officielle de la Russie à l'international.
07:02Direction maintenant l'Iran.
07:04Le régime islamique s'appuie quant à lui sur deux acteurs médiatiques à portée internationale,
07:10Pars Today et Presse TV, détenus et financés par l'organisme de radiodiffusion d'État.
07:16Il faut souligner que Presse TV se fait parfois le relais de la propagande russe,
07:21puisqu'on y retrouve régulièrement des contenus récupérés sur RT et Spoutnik,
07:27notamment du fait des intérêts anti-occidentaux communs à la Russie et à l'Iran.
07:33À présent, direction la Chine.
07:36L'agence de presse Xinhua occupe une place centrale dans la stratégie d'influence internationale de Pékin,
07:42puisque les autres médias chinois ont l'obligation de reprendre ses dépêches
07:46pour tout événement considéré comme sensible.
07:49Dès 1998, Pékin a par ailleurs érigé une grande muraille numérique,
07:55afin de contrôler l'information sur son territoire et limiter l'accès à des sites étrangers.
08:02Voilà, donc on voit bien cette grande géographie de la désinformation d'un certain nombre d'acteurs étatiques,
08:08parce qu'il y a aussi d'autres types d'acteurs qui peuvent être des propagateurs, je dirais, de désinformation.
08:14Mais là, ça permet de prendre un peu de recul à la fois sur la façon dont l'information circule,
08:18dont l'information est considérée.
08:19On voit bien qu'on a des grandes différences entre des zones où l'information est libre,
08:23comme en démocratie, où on est en capacité d'avoir des médias qui disent des choses qui ne plaisent pas
08:28au pouvoir.
08:28Et puis on voit qu'on peut aller jusqu'à des régimes qui sont vraiment des régimes
08:32où l'information est vraiment étroitement contrôlée,
08:34ce qui ne les empêche pas d'ailleurs d'être parfois des acteurs de désinformation.
08:38Si je me permets, c'est tous ces acteurs qui expliquent qu'on est face à une industrialisation,
08:43je vais y arriver, de la désinformation.
08:45Et la question qui revient souvent, c'est comment est-ce qu'on sélectionne les infos qui circulent,
08:48les infos qu'on va débunker dans nos différentes émissions ?
08:50Nous, on a la règle des 3 V.
08:52La première, c'est d'abord la volonté de désinformer, ce que tu évoquais tout à l'heure dans la
08:56vidéo.
08:57Donc, quelqu'un qui veut manipuler l'opinion.
08:59On parle souvent de guerre psychologique, de guerre hybride.
09:01C'est parce que vraiment, l'objectif, c'est la conquête de vos, de nos esprits, nous tous.
09:06Donc, la première, voilà, volonté de désinformer.
09:08L'autre critère, c'est la viralité.
09:10On ne traite pas une infos qui fait 100 vues sur TikTok, 1000 vues sur Instagram et 40 000 vues
09:14sur Twitter.
09:15Sinon, on va donner de la visibilité à ces fausses informations.
09:18Donc, il faut que ça circule.
09:19Il faut que ça fasse des vues.
09:20Et puis, il y a aussi le fait que ce soit vérifiable à 100%.
09:23Tout le monde fait des erreurs.
09:24Les journalistes peuvent faire des erreurs.
09:25Mais si nous, en tant que fact checker, journaliste vérificateur, on se trompe,
09:29vous imaginez bien que c'est un petit peu compliqué.
09:31Alors, tout ce qu'on vient de dire suppose sans doute de votre part des attentes, des questions.
09:36Donc, gardez-les bien dans un coin pour la suite.
09:37Et y compris vous à distance, parce qu'on pourra prendre certaines de vos questions à la fin de cette
09:42séquence.
09:43Peut-être que maintenant, on peut s'intéresser à la typologie des formats de désinformation.
09:47Et tu nous as préparé un petit listing qu'on va étudier ensemble, Grégory.
09:49Oui, on a vu qui désinforme, comment est-ce que l'on désinforme.
09:52Je vous propose de revenir sur les modes opératoires les plus communs,
09:55ceux qui circulent le plus sur les réseaux sociaux ces derniers mois.
09:57L'objectif, c'est qu'en les prenant un par un, vous ayez la réponse sur comment est-ce qu
10:02'on peut vérifier ce type d'élément.
10:04Voilà, c'est de vous donner un petit peu les clés.
10:06On va essayer de faire une boîte à outils.
10:07On va commencer avec le faux document.
10:09Alors, ça peut être une lettre, ça peut être un communiqué de presse.
10:11Il y a plein de formats qui existent.
10:13Ici, je vous ai pris un faux communiqué de presse qui est attribué à l'état-major des armées.
10:17Alors, je ne vais pas vous le lire en entier, mais l'objectif de ce communiqué qui circulait sur les
10:21réseaux sociaux,
10:21c'est de dire, en gros, la France finance les terroristes au Sahel.
10:25Donc, ça dure plusieurs pages.
10:27On retrouve vraiment les logos, tout ce qui va bien.
10:29Comment est-ce que l'on vérifie ça ?
10:30Le premier élément de vérification, ça va être d'aller sur le site officiel de l'organisme qui est incriminé
10:36dans ce document.
10:37Ici, on a le ministère des armées, donc on va aller voir sur le site officiel.
10:40Premier réflexe qu'il faut avoir.
10:42Ensuite, on va nous dire, oui, mais potentiellement, c'est un document qui a fuité.
10:45Donc, c'est normal qu'on ne le retrouve pas sur le ministère des armées.
10:48Donc, il va falloir aller chercher des incohérences.
10:50Alors, quand je dis incohérences, ce n'est pas uniquement des fautes d'orthographe,
10:52parce qu'on nous dit souvent, il n'y a pas de fautes dans les communiqués officiels.
10:55Je vous assure qu'il y a des fautes dans les communiqués officiels.
10:58Donc, une faute d'orthographe ne suffit pas.
11:00Ici, l'élément un petit peu technique qu'il fallait aller chercher, c'est que le logo du ministère des
11:04armées ne va pas.
11:05Le communiqué est en date du 22 avril 2014.
11:08Or, en 2014, c'était le ministère de la Défense.
11:11Donc, un document officiel ne pourrait pas comporter une telle erreur.
11:14Ce n'est pas possible.
11:14Le nom n'existait pas à ce moment-là.
11:16Donc, ici, c'est le seul élément qui va nous permettre de vérifier ce document.
11:19Mais c'est un type d'infox qui est très difficile à vérifier et qui prend du temps à nous,
11:23journalistes,
11:23et donc, à vous qui voyez ça sur vos réseaux sociaux.
11:25Et dans les opérations de manipulation de l'information, il y a souvent derrière des guerres de narratifs ou de
11:30récits, comme on dit souvent.
11:31Et là, on sent bien que le sous-texte, c'est évidemment de semer le doute ou le trouble sur
11:35les enjeux de la présence française, en l'occurrence en Afrique.
11:39On continue avec le prochain exemple ?
11:41Deuxième exemple, avec cette fois-ci les fausses citations.
11:44Alors ça, il y en a énormément qui circulent.
11:46L'exemple que je vous ai pris est circulé sur WhatsApp.
11:48WhatsApp, c'est un peu l'angle mort pour nous de la désinformation, parce que contrairement à Facebook, TikTok ou
11:52Instagram,
11:53où on voit le nombre de vues, le nombre de partages, le nombre de likes, sur WhatsApp, c'est beaucoup
11:57plus compliqué.
11:57Ça circule dans des groupes, parfois très restreints, dans différents pays, dans des groupes de famille.
12:01Je suis sûr que vous avez toutes quasiment un groupe WhatsApp avec votre famille.
12:04Et bien, c'est potentiellement dans ce contexte-là qu'on a ce genre d'infox qui circule.
12:08Ici, on a une fausse citation qui est attribuée à Emmanuel Macron.
12:11Alors, on lui fait dire qu'il aurait dit ça sur RFI.
12:13Je travaille RFI, je sais qu'il n'a pas dit ça sur RFI, donc la vérification est plutôt simple.
12:17Mais il faut vérifier si, effectivement ou non, il a tenu une telle déclaration.
12:21Encore une fois, ici, on le fait parler du président en Guinée.
12:24En gros, il aurait soutenu l'actuel président de la Guinée, Mamadi Doumbouya.
12:29Or, il n'a jamais dit ça.
12:30Comment est-ce qu'on vérifie ?
12:31Tout simplement, on va retaper la citation en question sur un moteur de recherche.
12:34Et vous allez voir si vous trouvez des sources fiables qui en ont parlé ou non.
12:37Souvent, c'est des déclarations un peu affolantes, des déclarations un peu what the fuck.
12:41Vous en auriez entendu parler ou, en tout cas, les médias en auraient parlé.
12:45C'est souvent comme ça qu'on va vérifier.
12:46Et peut-être un point à souligner aussi, c'est qu'en tant que professionnel de l'information,
12:49on s'interroge en permanence sur les citations, leur provenance.
12:52Et on a parfois les mêmes problèmes que vous.
12:54On a un doute, surtout à l'heure du trumpisme,
12:55où parfois des fausses citations peuvent être colportées par des autorités,
13:00par le président des États-Unis, en l'occurrence.
13:02Donc, voilà, vigilance.
13:03Et nous aussi, évidemment, on est, comme vous, confrontés à des stratégies de vérification
13:06pour être sûr que ce qu'on raconte, évidemment, est véridique.
13:09Donc, au-delà des fausses citations, autre grosse problématique
13:13qui peut vous paraître anodine, mais qui ne l'est pas du tout,
13:15c'est les montages photos.
13:16Alors, on va parler d'IA générative, de montage, de deepfake, etc.
13:19Vous inquiétez pas.
13:20Mais moi, on me dit souvent, oui, mais les montages photos à l'ancienne,
13:22avec une petite application qu'on trouve sur Android,
13:25ça coûte rien, ça marche plus, les gens tombent plus dans le panneau.
13:27Eh bien, si.
13:28Je vous ai mis un exemple ici.
13:29On a une photo de Kamala Harris, ex-vice-présidente des États-Unis,
13:33qui est à côté de Jeffrey Epstein,
13:35homme d'affaires américain difficile à qualifier,
13:37mais qui a été multicondamné pour plein de cas,
13:42notamment d'agression sexuelle, de viol, des affaires de pédocriminalité également.
13:46Donc, on a cette photo qui circule sur les réseaux sociaux,
13:48qui visuellement est ultra crédible.
13:51Voilà, il faut vous dire que là, vous êtes dans un contexte,
13:52on s'interroge sur des cas, etc.
13:54Vous êtes sur votre téléphone dans le bus en luminosité faible,
13:57c'est très difficile à détecter.
13:58Et je vous ai mis la photo authentique,
14:00qui a servi à la manipulation,
14:01où on voit qu'elle est en photo avec son ex-mari de l'époque.
14:04Donc, absolument aucun rapport.
14:06On a juste changé la tête.
14:07C'est très facile à faire.
14:08Et malgré l'émergence de l'IA, et on va en parler,
14:10ce genre de montage classique très bas de gamme
14:12circule encore beaucoup sur les réseaux sociaux.
14:14Et Kamala Harris, qui pourrait d'ailleurs se représenter
14:16à l'élection présidentielle à venir.
14:18Donc, typiquement, elle pourrait être exposée
14:19à ce genre de manipulation de nouveau dans les mois qui viennent.
14:22Et c'est des photos qui sont publiées en 2023, par exemple,
14:25celles-ci, et qui reviennent quasiment chaque année.
14:27Et donc, la postérité de la désinformation est aussi un vrai enjeu.
14:30On continue avec les images sorties de leur contexte.
14:34Énorme fléau.
14:35Je dirais que 60% de notre travail, à peu près, c'est ça.
14:36Vous y avez été forcément confrontés.
14:38En gros, on prend une image, on prend une vidéo
14:40qui date d'il y a cinq ans,
14:42qui, par exemple, a été filmée au fin fond du Népal.
14:44On prend cette vidéo et on la place dans un nouveau contexte.
14:47Par exemple, sur le mouvement lycéen en cours,
14:49il y a énormément de vidéos que vous avez vues circuler
14:51qui n'ont rien à voir avec le mouvement.
14:53C'est un procédé de désinformation qui est ultra efficace,
14:57qui ne coûte pas cher.
14:58Vous prenez n'importe quelle vidéo qui circule
14:59et vous l'appliquez dans un autre contexte.
15:01Comment est-ce qu'on va vérifier ça ?
15:02Ici, je vous ai mis l'exemple d'une vidéo.
15:04On a un conte qui nous affirme que cette explosion sous l'eau
15:06serait une mine maritime qui aurait explosé quelque part
15:09dans le détroit d'Hormuz,
15:10donc dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient.
15:12En réalité, cette vidéo montre un essai nucléaire américain
15:15dans le Pacifique en 1958.
15:17Donc absolument aucun rapport.
15:19Comment est-ce qu'on arrive à cette conclusion ?
15:21On va faire des recherches par image inversée.
15:23Donc certains et certaines d'entre vous
15:24ont déjà dû utiliser Google Lens sur votre téléphone
15:26ou sur votre ordinateur.
15:27En gros, vous faites une capture d'écran de l'image
15:28ou de la vidéo qui circule.
15:30Vous la donnez à un moteur de recherche comme Google
15:32et le moteur de recherche en question va vous dire
15:34OK, cette vidéo a déjà circulé à telle année
15:36à propos de tel sujet.
15:38Donc c'est la seule façon,
15:40à moins que vous connaissiez déjà cette vidéo,
15:42sinon c'est le seul moyen de vérifier
15:43ce type d'image sorti de leur contexte.
15:45Et si je reprends ma casquette géopolitique
15:47dessous des cartes,
15:48il faut savoir que, par exemple, l'Iran est aujourd'hui
15:50un pays qui est très actif et très efficace
15:52dans sa capacité à utiliser les réseaux,
15:54les différentes plateformes, l'Internet,
15:56pour essayer de faire valoir ses narratifs,
15:58de faire valoir sa capacité à être un acteur militaire
16:01qui peut prendre le contrôle du détroit d'Hormuz.
16:04J'espère que vous avez bien révisé votre géographie.
16:05Détroit d'Hormuz par lequel transitent 20%
16:08des hydrocarbures dans le monde
16:11et qui utilisent aussi parfois d'autres relais sur le terrain,
16:13ce qu'on appelle ces proxys,
16:15des milices comme les Houthis au Yémen,
16:17le Hezbollah au Liban ou d'autres encore,
16:20et qui, comme ça, sur les réseaux,
16:22diffusent des images qui, sorties de leur contexte,
16:24permettent de donner l'illusion
16:26que l'Iran est sans doute plus forte qu'elle ne l'est.
16:28Au-delà des images sorties de leur contexte,
16:30on a aussi les fausses unes de journaux.
16:32Alors ça, c'est plus récent.
16:33C'est apparu à peu près au moment du début
16:35de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.
16:37Donc cette une que vous voyez de Charlie Hebdo
16:39qui fait référence à cette grosse fausse information
16:41sur le fait que Brigitte Macron serait un homme,
16:44cette une de journaux n'a pas été publiée par Charlie Hebdo.
16:47C'est une fausse une.
16:47Donc vous avez des gens qui s'amusent
16:49à recopier l'identité de Charlie Hebdo.
16:51On retrouve le titre, la charte graphique,
16:52tout est pareil,
16:53et qui vont inventer un dessin
16:54et publier ça sur les réseaux sociaux
16:56sous forme de capture d'écran.
16:57Comment on le vérifie ?
16:58C'est plutôt simple.
16:59Vous prenez la date de la une qui est mentionnée ici,
17:01vous allez sur le site officiel de Charlie Hebdo
17:03et vous regardez la une qui est sur leur site officiel.
17:05Le problème, c'est que c'est bien beau.
17:06Moi, je dis ça.
17:07Même moi, quand je rentre chez moi
17:07et que je vois une et une comme ça
17:09sur les réseaux sociaux,
17:10je ne prends pas le temps d'aller le chercher.
17:11C'est pour ça qu'on est là pour vous.
17:12C'est pour ça qu'on fait ce travail de vérification.
17:14Mais si un jour, vous avez un doute sur une et une,
17:16ça ne concerne pas que Charlie Hebdo,
17:17ça touche vraiment l'ensemble des médias.
17:19Si vous avez un doute,
17:20ayez ce réflexe de
17:21OK, là, j'ai vraiment un doute,
17:22ça me paraît bizarre.
17:23Bon, dans le doute, je ne partage pas.
17:24Et si vous avez le temps d'aller vérifier,
17:26trois clics sur le site Internet
17:27et on vérifie ça plutôt simplement.
17:29Et toujours, raccrochez-vous aussi
17:30au sous-texte d'un narratif qu'on vous propose.
17:32C'est-à-dire qu'on sait bien
17:33que l'un des crédeaux du Kremlin à l'heure actuelle,
17:35c'est de dire que, grosso modo,
17:37l'Occident, c'est la décadence,
17:38que la Russie, c'est celle qui, au contraire,
17:41le lieu de la régénération
17:42d'une forme de civilisation.
17:44Et là, c'est quelque part
17:45une vision pro-poutinienne de l'information,
17:47une façon de dire que, évidemment,
17:49Charlie Hebdo se moque de ce pays
17:51en délicescence qu'est la France
17:53et se moque, évidemment,
17:54à partir d'une rumeur du président,
17:57donc de la puissance qu'est la France encore.
18:00Donc, on a les titres de journaux
18:01qui sont ciblés,
18:02mais on a aussi l'ensemble des médias.
18:04Je vous propose cette fois
18:05un faux reportage de presse.
18:06Alors ici, vous avez le logo d'RFI.
18:08Ça, ce ne sont pas des journalistes de RFI
18:10qui ont produit ce reportage.
18:12Ce n'est pas moi qui ai fait ce reportage.
18:14Et malgré tout, vous avez ce logo.
18:15Donc, on peut regarder peut-être
18:16la vidéo en même temps.
18:18Donc, vous avez le logo,
18:19vous avez la police.
18:20C'est exactement tout pareil.
18:21Si vous comparez avec une vidéo officielle
18:22sur nos réseaux sociaux,
18:23c'est la même chose.
18:25Vraiment, c'est la même chose.
18:26Honnêtement, elle est très bien réalisée.
18:27Il y a même une écriture
18:28que je trouve journalistique.
18:29Je me demande qui vraiment écrit
18:31ce type de sujet.
18:32Pareil, comment on vérifie ?
18:33On va sur les réseaux sociaux officiels de RFI.
18:35Dans ce cas-là, d'autres médias ont été ciblés.
18:37Le Figaro, France Info,
18:38des médias étrangers, etc.
18:39On vérifie si on retrouve
18:40le reportage en question ou non.
18:42C'est très difficile à vérifier.
18:43Il y en a des dizaines et des dizaines
18:45qui circulent chaque semaine.
18:46Nous, l'objectif, c'est qu'on a vérifié
18:48les premiers qui sortaient
18:48pour dire attention dorénavant
18:51quand vous voyez un logo RFI sur un contenu.
18:52Peut-être que ce n'est pas nous.
18:53Prenez le temps de vérifier
18:54si vous avez un doute,
18:55si c'est un narratif vraiment particulier.
18:57Le problème, c'est qu'on ne peut pas
18:58passer notre temps à dire ça
18:59tous les jours à nos auditeurs.
19:00Sinon, ils vont finir par dire
19:01OK, tu sais quoi ?
19:02Moi, je ne vais pas voir RFI
19:03parce que dès qu'il y a leur logo,
19:04on ne sait pas si c'est vrai
19:04ou on ne sait pas si c'est faux.
19:05Donc, l'objectif derrière ces gens
19:07qui désinforment, il est double.
19:08C'est de vous manipuler
19:10et aussi de décrédibiliser les médias.
19:12Et il y a un centre de recherche,
19:13par exemple, très récent
19:14qui montrait que c'est l'une des
19:16virées stratégiques qui va crescendo
19:18puisqu'il est de plus en plus facile
19:19visuellement de fabriquer des faux.
19:21Et donc, vous avez des sites
19:23qui, parfois, vraiment ont l'apparence
19:24de Libération.fr, de Euronews, de RFI
19:28et qui, donc, colportent de la désinformation.
19:31Donc, pour vous, ça veut dire quoi ?
19:32Ça veut dire, évidemment,
19:33vigilance, vigilance,
19:34toujours bien vérifier
19:35l'environnement de publication.
19:37Ça veut dire un truc tout simple,
19:38par exemple, bien vérifier
19:39le nom de domaine, les URL,
19:41des éléments qui pourraient vous montrer
19:42qu'en fait, on n'a pas le site en .fr
19:44mais un site, point, quelque chose,
19:46point, une autre adresse.
19:49Et donc, c'est pour nous aussi
19:50une façon de vérifier, parfois,
19:52qu'un contenu qui semble dire
19:54quelque chose qui nous semble étrange,
19:56eh bien, évidemment, est à rattacher
19:58à une stratégie de manipulation
19:59d'informations.
20:00D'où l'importance de toujours
20:01revenir à la source.
20:02On en vient au contenu
20:03généré par intelligence artificielle.
20:05Je l'ai un petit peu évoqué.
20:06On va regarder un deepfake.
20:08Tous ensemble, donc,
20:09la personne que vous pensez voir parler,
20:11c'est le président de la transition
20:13au Burkina Faso,
20:14Ibrahim Traoré.
20:14On l'écoute.
20:16Peuple du Cameroun,
20:17peuple frère,
20:18peuple digne et courageux.
20:20Aujourd'hui, je ne parle pas
20:21comme un chef d'État.
20:23Je parle comme un fils de l'Afrique.
20:25Je parle comme un soldat du peuple.
20:29Alors, j'ai fait exprès de mettre un exemple
20:31qui est plutôt parlant.
20:32Donc, si vous regardez bien les détails,
20:33en plus, on le regarde sur un bel écran,
20:35dans un cadre où on s'interroge
20:36sur ces questions-là.
20:38Ses lèvres bougent un petit peu bizarrement.
20:39Le mouvement de ses yeux
20:40est aussi un petit peu bizarre.
20:41Mais ce type de deepfake
20:42est en train de se perfectionner
20:44à tel point qu'il est quasiment
20:46parfois impossible de distinguer
20:47si c'est une vraie vidéo
20:48ou si c'est un deepfake.
20:49Donc, dans ce cas-là,
20:51Ibrahim Traoré n'a jamais prononcé ces mots.
20:53L'intelligence artificielle a modifié
20:54le mouvement de ses lèvres,
20:55sa voix, le mouvement de ses yeux,
20:56même les mouvements de ses bras.
20:58Donc, c'est un mode opératoire
21:01particulièrement à la mode ces temps-ci.
21:02C'est de plus en plus facile à fabriquer.
21:03Avant, pour faire un deepfake
21:05il y a encore un ou deux ans,
21:06il fallait potentiellement dépenser 1000 euros,
21:08avoir une application vraiment dernier cri.
21:10Ça, aujourd'hui,
21:10vous êtes tous et toutes capables de le faire.
21:12Et c'est aussi la problématique.
21:13Ça veut dire que n'importe qui
21:14peut essayer de vous tromper
21:15en manipulant une vidéo d'une personnalité
21:17ou non.
21:18Voilà, vous pouvez avoir un YouTuber
21:20pas forcément connu
21:21qui n'a même pas une chaîne
21:22avec 10 000 abonnés
21:23qui peut faire victime
21:24de cet objet de détournement.
21:25Donc, méfiance.
21:26Quand quelqu'un dit quelque chose
21:27qui vous paraît exceptionnel,
21:29on peut se poser la question
21:30si c'est un deepfake ou pas.
21:31On a des outils qui nous permettent
21:32de dire avec une certaine probabilité
21:34combien de chances y a-t-il
21:36que cette vidéo ait été modifiée
21:37ou générée par intelligence artificielle.
21:39Mais ces détecteurs
21:40ne sont pas fiables à 100%.
21:41Donc, la vérification,
21:42c'est vraiment artisanal.
21:44Ce qu'on fait,
21:44vous êtes tous et toutes capables de le faire.
21:46Ça prend du temps,
21:47mais on est capable de vérifier
21:48avec certitude
21:48si cette vidéo est vraie ou fausse,
21:50en tout cas pour le moment.
21:51Et sur le plan géopolitique,
21:52il faut savoir que le continent africain
21:53est très, très exposé
21:55ces derniers temps avec,
21:56vous savez,
21:57on parle parfois
21:57de retour des impérialismes.
21:59L'Afrique est un continent
22:00qui est riche de sa jeunesse,
22:01qui est riche
22:02d'un certain nombre de ressources.
22:03Et donc, vous avez
22:04des acteurs géopolitiques,
22:05des grandes puissances
22:06qui s'efforcent
22:08de déstabiliser
22:09à la fois les pays sur place,
22:10les populations,
22:11pour réussir tout simplement
22:12à parfois mettre la main
22:13sur des ressources
22:14ou à bousculer, je dirais,
22:17les relations sécuritaires
22:19entre les différents pays
22:19de la région.
22:20Donc, vraiment,
22:21vigilance, vigilance.
22:22Et nous aussi,
22:22on passe notre temps
22:23à vérifier tous ces éléments.
22:25Au-delà des deepfakes,
22:26l'intelligence artificielle
22:26permet aussi de générer
22:27de toutes pièces
22:28des images ou des vidéos.
22:30À gauche,
22:30je vous ai mis,
22:31à votre droite,
22:32non, à votre gauche,
22:33je vous ai mis une photo
22:34générée par l'intelligence artificielle
22:35dans le cadre
22:36des bombardements
22:37au Moyen-Orient.
22:38Donc, on a un aéroport,
22:39on a des avions.
22:40Honnêtement,
22:40pour l'avoir montré
22:41à des experts,
22:41la photo est vraiment crédible,
22:43mais pourtant,
22:44elle a été inventée
22:44de toutes pièces.
22:45Et à droite,
22:46on peut regarder,
22:47je vous ai mis
22:47une petite vidéo.
22:48Pareil,
22:48on est dans le cadre
22:49des bombardements
22:50dans les pays du Golfe.
22:52Donc, ici,
22:52on a une tour en flamme.
22:54Donc, les commentaires
22:55sur TikTok affirment
22:56que cette vidéo,
22:57elle a été prise à Bahreïn
22:58au moment où l'Iran,
22:59en représailles
23:00à des frappes américaines
23:01et israéliennes,
23:01a bombardé des pays du Golfe.
23:03Et en réalité,
23:04cette vidéo était entièrement
23:05générée par l'intelligence artificielle.
23:07À un moment,
23:08on avait des mains
23:08avec six doigts,
23:09des visages qui bavent,
23:10etc.
23:10Ça, c'est fini.
23:12Ou alors,
23:12c'est vraiment
23:12que c'est du très bas de gamme.
23:13Aujourd'hui,
23:14ces vidéos sont toujours
23:16plus difficiles à vérifier.
23:17Moi, l'un des premiers éléments
23:18qui peut vous permettre
23:19de douter,
23:19si vous avez un doute
23:20sur une vidéo,
23:21regardez la durée.
23:22Aujourd'hui,
23:22les outils grand public
23:23vous permettent
23:24de générer des vidéos
23:24entre 10, 15, 20 secondes maximum.
23:27Souvent, c'est même
23:2815 secondes pile
23:28ou 20 secondes pile.
23:30Si vous avez une vidéo
23:31de 2, 3, 4 minutes,
23:32c'est rarement
23:33de l'intelligence artificielle
23:34ou alors vous allez avoir
23:35différentes séquences
23:36qui sont collées
23:36les unes aux autres.
23:38Donc, voilà,
23:38c'est un des premiers éléments
23:39qui peut vous permettre
23:39de vérifier aujourd'hui.
23:41Est-ce que tout le monde
23:42a compris un peu
23:43et identifié
23:44les types de contenu
23:45et de format
23:46qu'on va pouvoir trouver
23:47parce que maintenant,
23:48je propose qu'on fasse
23:49un exercice
23:50qu'on essaie de le faire
23:51tous ensemble ?
23:52On va vous montrer
23:52des cas pratiques.
23:54Donc, ça peut être
23:54une image, une vidéo.
23:56Lisez bien la question.
23:57On peut vous interroger
23:57sur l'authenticité des images,
23:59savoir si une vidéo
24:00est vraie ou fausse.
24:01On peut aussi vous interroger
24:03sur le contexte.
24:04Cette vidéo montre-t-elle
24:06avec le narratif derrière
24:07qui circule
24:08sur les réseaux sociaux ?
24:09Vous allez avoir
24:0930 secondes pour voter.
24:11Donc, celles et ceux
24:12qui sont avec nous
24:12dans la salle,
24:13vous avez votre petit panneau
24:14vrai couleur vert
24:16rouge pour le faux
24:17et ceux qui sont à distance,
24:19vous allez pouvoir voter
24:20avec un petit bouton.
24:21Vous allez avoir 30 secondes.
24:22On va vous montrer le contenu.
24:24Lisez bien, je répète,
24:25l'intitulé
24:25pour savoir de quoi on parle
24:28et essayez dans vos têtes.
24:29On ne peut pas vous demander
24:30de répondre.
24:30Essayez aussi de penser
24:31si c'est vrai ou si c'est faux.
24:32Quel mode opératoire,
24:33selon vous,
24:34parmi ceux qu'on vient de voir,
24:35qu'est-ce que ça coche ?
24:37Premier exemple.
24:39Premier exemple, assez simple.
24:40Un coup d'État
24:41vient-il de se dérouler
24:42en France, vrai ou faux ?
24:43On regarde la vidéo
24:44tous ensemble.
24:45À l'heure actuelle,
24:46les informations non officielles
24:47évoquent bien un coup d'État
24:48en France,
24:49dirigé par un colonel
24:50dont l'identité
24:51n'a pas été révélée
24:52et la possible chute
24:53du président Emmanuel Macron.
24:55Alors, certains ont peut-être
24:58déjà vu cette vidéo circuler.
24:59Mais je propose
25:00qu'on donne un peu de temps
25:00pour ceux qui sont à distance.
25:02Exactement.
25:02Prenez un peu de temps.
25:03On peut peut-être remettre
25:04la vidéo sans le son.
25:06Si vous voulez,
25:06je vois qu'il y a
25:07une sorte d'unanimité.
25:08Alors, cette vidéo a beaucoup tourné,
25:09donc je pense que ça contribue
25:10au fait que...
25:11Vous allez voir,
25:12on va y aller crescendo,
25:13ça va être simple
25:13et puis ça va être compliqué.
25:17Alors, comme toujours,
25:18quand on a affaire
25:18à une vidéo comme ça...
25:20Évoque bien un coup d'État
25:21en France.
25:22Et tu l'as bien dit tout à l'heure,
25:23regardez les détails.
25:23Regardez bien les détails.
25:28J'ai l'impression que sur Internet,
25:30on a à peu près le même résultat
25:31que dans la salle.
25:33C'est une dominante de rouge,
25:34ça veut dire que tout le monde
25:34a bien l'identifié
25:35que c'était un faux.
25:36Oui, évidemment,
25:37vous allez voir,
25:38on va y aller progressivement.
25:39Donc, cette vidéo est fausse,
25:41elle a été entièrement générée
25:42par l'intelligence artificielle.
25:44Comment on le sait ?
25:45Deux éléments simples, rapides.
25:46Vous avez ce micro
25:47avec ce média Live 24
25:49qui n'existe pas.
25:50Vous tapez sur Google
25:50Média Live 24,
25:51rien n'existe.
25:52Et puis, vous avez ce petit hélicoptère
25:54qui passe loin de la tour Eiffel
25:55alors qu'au niveau du son,
25:56on n'entend rien.
25:57Un hélicoptère qui passe
25:58juste au-dessus d'une journaliste
25:58avec un micro,
26:00ça ferait du bruit normalement.
26:01Et quel est l'intérêt
26:01de ce genre de vidéo ?
26:02Pourquoi produire ce genre de vidéo ?
26:04D'abord, ça fait des vues,
26:05ça fait appel à nos émotions.
26:06C'est un narratif un peu
26:07souvent cataclysmique,
26:08alarmiste.
26:09Ici, un coup d'État en France,
26:10etc.
26:10Donc, le but,
26:10c'est à la fois de désinformer.
26:12Et ici, même si c'est grossi,
26:13on se dit,
26:13tant pis,
26:14on sait que c'est faux.
26:15Ça n'empêche que ça fait des vues
26:16et certains vont gagner de l'argent
26:17grâce à ça
26:18en monétisant leur contenu
26:19sur les réseaux sociaux.
26:20Donc, l'objectif peut être double.
26:21Et d'ailleurs,
26:22il peut y avoir un effet géopolitique.
26:23C'est-à-dire qu'un acteur géopolitique
26:24peut payer quelqu'un
26:25qui va gagner de l'argent
26:26pour faire de l'influence.
26:27Donc, on parle bien parfois
26:28d'entrepreneurs d'influence.
26:29Ce qui est intéressant aussi,
26:30c'est de bien identifier
26:31que comme il y a une intention
26:33de nuire,
26:33c'est qu'il y a donc
26:34un gain politique
26:35à retirer de ce genre de vidéo.
26:36Et le gain, évidemment,
26:43c'est aux exemples
26:44qui ont été retenus
26:44avec un second exemple.
26:48Cette vidéo montre
26:49des migrants
26:49arrivant sur une plage en Italie.
26:51Donc, ça, c'est le narratif
26:52qui circule sur les réseaux sociaux.
26:53Vous avez cette vidéo.
26:54Est-ce que ce narratif
26:55est vrai ou faux ?
26:56On regarde la vidéo.
27:11On attend les petits cartons.
27:16Regardez bien.
27:20Le vote commence à distance.
27:22Vous avez 30 secondes pour voter.
27:24Prenez le temps aussi à distance
27:26car vous êtes avec nous.
27:27Oui.
27:28J'ai l'impression d'ailleurs
27:29que c'est très partagé.
27:31Je ne sais pas si c'est
27:31la même chose en ligne.
27:32On attend le résultat.
27:33Quelques secondes encore.
27:42Alors.
27:44On est mitigé dans la salle.
27:48Alors, l'oreillette magique
27:50me dit qu'on a 92%
27:52sur du faux en ligne.
27:53Dans la salle,
27:54c'est plus mitigé.
27:54On a, je dirais,
27:56du 60% faux,
27:5740% vrai,
27:58à peu près,
27:58à l'œil nu.
27:59Eh bien, c'est faux.
28:01C'est faux.
28:02Cette vidéo ne montre pas
28:02des migrants arrivés
28:03quelque part sur une plage
28:04en Italie.
28:05Comment on a vérifié
28:06cette vidéo ?
28:06On l'a géolocalisé.
28:07On a identifié le bateau.
28:08Et donc,
28:09cette vidéo montre un ferry
28:10au Kenya,
28:11entre la ville de Mombasa,
28:13qui fait l'aller-retour.
28:14Donc, ce que vous voyez,
28:14c'est des travailleurs
28:15et des travailleuses
28:15qui commencent à aller au boulot
28:16le matin.
28:17Donc, cette vidéo a été
28:18sortie de son contexte,
28:19détournée,
28:19ce qu'on disait tout à l'heure,
28:20par des comptes d'extrême droite
28:21pour alimenter les discours
28:23racistes et xénophobes
28:24en France et en Europe.
28:25Et répondre à ce narratif
28:26selon lequel l'Europe
28:27est exposée à une submersion
28:29migratoire.
28:29Donc, on voit bien
28:30que le fait de sortir
28:31de son contexte
28:32et de le mettre
28:33sur des lieux
28:33de débat politique
28:34fabrique évidemment
28:35un trouble,
28:36une mauvaise perception
28:37de ce qui est l'actualité
28:38et les enjeux importants
28:39du moment,
28:40notamment pour les Européens.
28:41On retrouve un peu de calme,
28:43on se concentre
28:43parce que ce n'est pas évident
28:44puisque cette fois,
28:45on va regarder une image
28:47de Donald Trump
28:48qui joue au golf.
28:49Alors, cette image
28:50est-elle vraie ou fausse ?
28:52On peut lancer tout de suite
28:54le chrono 30 secondes.
28:55Réfléchissez bien,
28:55regardez bien.
28:56Ouvrez vos yeux.
28:59N'oubliez pas
29:00qu'on a affaire
29:00au super propagateur
29:01de fake news.
29:03S'il y a des golfeurs,
29:04des golfeuses
29:05dans la salle
29:06ou à distance,
29:08mobilisez vos connaissances.
29:09Vous pouvez zoomer
29:10sur l'image
29:11si ça peut vous aider.
29:13Faites confiance
29:13à votre instinct.
29:20La salle est divisée.
29:26Alors.
29:28Alors, à distance,
29:2940 vrais,
29:3060 faux
29:30et dans la salle.
29:31Et dans la salle.
29:33Il y en a qui sont retournés
29:33au dernier moment,
29:34mais on n'est plus sur du faux
29:35dans la salle.
29:36Eh bien, c'est une vraie photo.
29:38C'est une vraie photo.
29:39Oui, on se fait tout savoir
29:41parce qu'on sait effectivement
29:43que s'il y a bien quelqu'un
29:44qui a usé et abusé
29:46de ce concept d'infox
29:47et de fake news,
29:48c'est Donald Trump.
29:48Et on sait qu'il passe
29:50effectivement beaucoup de temps
29:51sur les golfs
29:52et il aurait pu peut-être
29:54mettre en scène
29:54un coup inventé.
29:56Mais non, c'est vraiment lui.
29:57C'est vraiment Donald Trump
29:59qui joue au golf.
30:00Et comme on le sait,
30:01recherche par image inversée
30:02et vous tombez sur ici
30:03la banque de données,
30:04donc l'agence de presse
30:05britannique Reuters.
30:06Vous avez le nom du photographe,
30:07la date, le lieu, etc.
30:07Donc, trois clics
30:09pour une petite vérification importante.
30:11Et pour de vrai,
30:12il passe beaucoup plus de temps
30:13en Floride qu'à Washington.
30:15On continue avec un quatrième exemple.
30:18Alors, cette fois,
30:19cette vidéo montre-t-elle
30:20des missiles tirés
30:21quelque part en Iran ?
30:22Cette vidéo est-elle vraie
30:24ou est-elle fausse ?
30:25Mobilisez vos yeux.
30:26Regardez bien.
30:27C'est parti.
30:28Et on enchaîne sur le chrono.
30:42Meilleur détecteur,
30:43ces beaux yeux.
30:44Regardez bien,
30:45attentivement.
30:51Quasi unanimité dans la salle.
30:52Suspense à distance.
30:55On peut ouvrir le vote à distance.
31:01Ces images sont-elles vraies
31:02ou sont-elles fausses ?
31:06Le vote commence.
31:12La salle plutôt unanime,
31:14ça change d'avis.
31:15Il y a des hésitations quand même
31:15par endroits.
31:16Il y a des petites hésitations.
31:19Certains n'ont pas aimé
31:20se faire tromper
31:21sur la photo de Donald Trump.
31:23Il y a une petite revanche
31:24à prendre.
31:27On attend la fin
31:28des 30 secondes.
31:34Et donc, Grégory ?
31:35On a une majorité
31:37de faux dans la salle
31:38et 96% de faux à distance.
31:40Eh bien, félicitations.
31:41C'est une fausse vidéo.
31:43Entièrement générée
31:44par l'intelligence artificielle.
31:45L'élément peut-être
31:45que certains
31:46et certaines d'entre vous
31:47l'avaient.
31:47Sur le pas de tir,
31:48on a 5 missiles.
31:50Et au niveau
31:50de la phase de lancement,
31:51une fois qu'ils sont en l'air,
31:52on n'en a pas 5,
31:53mais 6 missiles.
31:54Il y en a un qui sort
31:54de nulle part.
31:55C'est l'élément
31:55qui nous permet de savoir
31:56que cette vidéo a été générée
31:57par l'intelligence artificielle.
31:58Et dans le contexte
31:59de tensions géopolitiques
32:00que l'on voit,
32:01des photos de missiles,
32:03de tir de missiles,
32:03on en voit beaucoup.
32:04Donc, effectivement...
32:05Méfiance.
32:06Méfiance.
32:07Méfiance.
32:07On continue de corser.
32:09On passe à l'exemple suivant.
32:10Vous avez une une
32:11du journal Libération.
32:13Pas de téléphone.
32:14Je ne veux voir personne
32:14à distance
32:15ou en présentiel
32:16prendre son téléphone
32:17pour taper
32:18et aller sur le site
32:18de Libération.
32:19C'est une question de feeling
32:20et voir votre analyse.
32:21Cette une du journal Libération
32:23à la date du 10 mars 2026.
32:24C'est-elle vrai ou fausse ?
32:25Le vote démarre.
32:27Vous avez encore une fois
32:2830 secondes.
32:30Pour ceux qui peuvent,
32:31n'hésitez pas à zoomer
32:32dans l'image.
32:32Regardez bien le texte.
32:34Réfléchissez.
32:35On parle de guerre des récits.
32:38Pour ceux et celles
32:39qui ont déjà vu
32:39une potentielle une de Libération.
32:41Est-ce que pour vous,
32:41ça ressemble ou non ?
32:43Qu'est-ce qui pourrait être vrai ?
32:44Qu'est-ce qui pourrait être faux ?
32:45Vous avez Emmanuel Macron à droite.
32:47Vous avez Nicole Pachignan,
32:48Premier ministre arménien,
32:49à ses côtés.
32:52On hésite dans la salle.
32:54On a 43% faux.
32:57C'est le faux qui l'emporte.
32:58Et dans la salle,
32:59on a le faux qui l'emporte aussi.
33:01Ah, mais c'est plus mitigé quand même.
33:02C'est plus mitigé.
33:03Eh bien, c'est une fausse une.
33:04Félicitations à celles et ceux
33:05qui avaient le carton rouge
33:06et à distance.
33:07C'est une fausse une.
33:08Comment est-ce que l'on vérifie ?
33:09On va sur le site officiel
33:11de Libération
33:11et vous retrouvez
33:12la une authentique
33:13qui a été publiée ce jour-là,
33:14qui ne fait pas du tout référence
33:16à l'Arménie.
33:17Donc, c'était une fausse
33:17couverture de journal.
33:18Et la couverture de journal
33:19qui cherchait à donner
33:20la sensation
33:20que l'Arménie,
33:22effectivement,
33:22était en train
33:23de s'éloigner de la Russie.
33:25Et évidemment,
33:26la Russie n'aime pas ça.
33:27Et donc,
33:28mettre comme ça en situation
33:30Emmanuel Macron
33:30et le Premier ministre arménien,
33:31c'était une façon
33:32comme ça d'essayer
33:33de semer le trouble
33:34et la discorde
33:34et de faire peur
33:35à toutes celles et ceux
33:36qui pensent que nous sommes
33:36au seuil de la guerre.
33:37On continue.
33:38Toujours plus difficile.
33:39On monte crescendo.
33:40On est sur du 6 sur 10.
33:42Alors, le narratif
33:42qui circule sur les réseaux sociaux
33:43nous dit que cette vidéo
33:44montre une frappe
33:45de drone ukrainienne
33:46sur une raffinerie russe.
33:48Est-ce que c'est vrai
33:49ou est-ce que c'est faux ?
33:50Vous avez 30 secondes.
33:51On regarde d'abord la vidéo.
34:10On s'interroge dans la salle.
34:11Je vois des regards...
34:12Ça paraît beaucoup moins clair
34:13que tout à l'heure.
34:14Oui, ça paraît moins clair.
34:15Je vois des bails manches
34:15mais je vois aussi
34:16des regards un peu crispés.
34:19OK, OK, OK.
34:21On voit des zones d'influence
34:22quand même.
34:23On a des zones qui se dégagent.
34:27Mais on est plutôt mitigés.
34:30Alors.
34:31À distance, 35 vrais, 65 faux.
34:35Et dans la salle ?
34:36On a une majorité de faux,
34:38je dirais,
34:38mais on doit être sur du 60-40.
34:39C'est une vraie vidéo.
34:41C'est une vraie vidéo.
34:43Comment le sait-on ?
34:44Eh bien, nous avons géolocalisé.
34:46Ça fait réagir.
34:47Ça vous fait réagir.
34:48Nous avons géolocalisé cette image,
34:50c'est-à-dire qu'on a retrouvé
34:50l'endroit précis
34:51où elle a été filmée
34:52et on a comparé
34:53tous les éléments textuels,
34:54les bâtiments.
34:55Voilà, vous avez
34:56la petite cartographie
34:57qu'on a faite.
34:57Donc, cette vidéo est vraie.
34:58Elle est courte.
34:59Elle est impressionnante.
35:00Mais elle est vraie.
35:01Elle n'a pas été générée
35:02par intelligence artificielle.
35:03Et je crois que vous avez été
35:04nombreux à réagir
35:05parce qu'elle est spectaculaire.
35:06Et effectivement,
35:07la guerre des drones
35:08a complètement changé
35:09la façon dont les rapports
35:10de force sur le terrain
35:11se déroulent.
35:11Ce qui veut dire
35:12que même pour nous,
35:13professionnels de l'information,
35:14ça nous mobilise,
35:15ça nous force
35:16à bien identifier
35:17sur une vidéo
35:18ce qui est vrai
35:18et ce que l'impact
35:19d'un drone,
35:20d'une frappe de drone
35:21est la même
35:21que celle d'un missile.
35:22Il y a à la fois
35:23une analyse
35:23de ce qui est fait
35:24dans les frappes.
35:25Parfois, il y a
35:25de la recherche géographique.
35:27Ceux qui sont fans
35:28de géoguisseurs,
35:28nous aussi, parfois,
35:29on est obligés
35:30d'essayer de vérifier
35:31comme ça.
35:31Est-ce que c'est
35:32une station-service
35:32qui est située
35:33à tel endroit ?
35:33On fait un peu
35:34de Google Maps,
35:35un peu de Google Earth.
35:36C'est un peu parfois
35:36même de cartographie
35:37ou chinoise ou russe.
35:39C'est pas simple.
35:39Mais ce travail
35:40est évidemment fondamental.
35:42Septième exemple.
35:43On continue.
35:43Cette photo
35:44des incendies
35:45de Los Angeles
35:45en 2025
35:46est-elle vraie
35:47ou fausse ?
35:49Vous avez
35:5030 secondes.
35:56Encore une fois,
35:57vos yeux sont
35:58le meilleur détecteur.
35:59Suivez votre instinct.
36:01Analysez les détails.
36:06Celles et ceux
36:06qui avaient suivi
36:07ces incendies,
36:08est-ce que cette photo
36:08peut-être vous évoque
36:09quelque chose ou pas ?
36:10J'en vois qui hésite.
36:12À quoi vrai,
36:13à quoi il faut ?
36:14À distance,
36:14éteignez la lumière
36:15des salles
36:16pour pouvoir observer
36:16le mieux possible.
36:21L'oreillette magique
36:22me dit qu'à distance
36:22on est kiff-kiff.
36:2552, 48 à peu près.
36:27On est plus sur du vrai
36:29dans la salle.
36:29C'est une vraie photo.
36:32Félicitations
36:32ou pas félicitations.
36:34Comment on fait ?
36:35Même technique,
36:36recherche par image inversée
36:37et vous retrouvez
36:37cette photo
36:38avec le nom du photographe,
36:39etc.
36:39Cette photo a bien été prise
36:40à Los Angeles en 2025.
36:42Et ce qui est très compliqué,
36:43c'est qu'on a affaire
36:44à un contexte de...
36:45Pardon, pardon,
36:46attention.
36:48Vous avez sans doute noté
36:49que, encore une fois,
36:51le président états-unien
36:52était un super propagateur
36:53de contenu
36:54de climato-relativisme.
36:56D'autant plus
36:57qu'on a également
36:58un environnement
36:59de fiction
36:59comme ça
37:00qui fabrique
37:01des contenus
37:01un peu catastrophistes
37:02et on en revient
37:03à se poser la question
37:03parfois de la frontière
37:04entre la fiction
37:05et la réalité.
37:06Et donc voilà,
37:06d'où l'importance
37:07de faire ces recherches
37:08par image inversée.
37:09Et effectivement,
37:10c'est spectaculaire
37:11mais malheureusement
37:12cette image était vraie.
37:13Elle ne vient pas de GTA,
37:14c'est une vraie photo.
37:15On enchaîne
37:15avec un exemple
37:17un peu plus complexe.
37:19Cette vidéo
37:19d'un discours
37:20d'Emmanuel Macron
37:21en Inde
37:21est-elle vraie
37:22ou est-elle fausse ?
37:23Avant de la lancer,
37:24attention,
37:24tendez bien l'oreille.
37:25Oui.
37:26Vos yeux,
37:27vos oreilles.
37:27Mais quand j'étais
37:28avec notre équipe,
37:30ils ont clairement dit
37:31qu'on ne peut pas
37:32devenir un parfait
37:33partenaire de défense
37:33avec l'India.
37:34Nous avons déjà perdu
37:36un milliard de dollars
37:37de rafale market
37:38parce que
37:39de l'inefficacité
37:40de l'air indien.
37:43Macron qui tient
37:44un discours en anglais
37:44quelque part en Inde.
37:45Cette vidéo était
37:46le vrai ou fausse ?
37:47Vous avez 30 secondes.
37:49Si vous avez bien suivi
37:50vos cours d'anglais,
37:51ça peut ou non
37:52vous aider.
37:55D'ailleurs,
37:55il y a une évaluation
37:56d'anglais, je crois,
37:56à l'issue du webinaire.
37:57Oui.
37:58Selon vos réponses,
38:00vous gagnez un point bonus.
38:01C'était faux.
38:01C'était faux.
38:04S'il y a des profs
38:05d'anglais dans la salle
38:05ou à distance,
38:08est-ce que ce discours
38:08vous a piqué les oreilles ?
38:13On est majoritairement
38:14faux à distance.
38:15On est majoritairement
38:16faux dans la salle.
38:17Félicitations.
38:18C'est un deepfake
38:19d'Emmanuel Macron.
38:20Un deepfake sonore et visuel.
38:22Donc sa voix
38:22et le mouvement de ses lèvres
38:23a été changé.
38:24S'il y a des profs d'anglais
38:25qui nous regardent,
38:26l'anglais est plutôt correct
38:27à mon sens.
38:28Ce qui nous permet
38:29de savoir que c'est faux,
38:30c'est que dans son discours
38:30en Inde,
38:31Emmanuel Macron parlait en français.
38:32Il n'a pas parlé anglais.
38:34Je vais y arriver.
38:35Donc c'est le premier élément
38:37de vérification.
38:37Et puis même en français,
38:38il n'a pas dit
38:38ce que l'on pense entendre
38:39dans cette vidéo.
38:40Oui, car le contenu
38:41est évidemment fondamental,
38:43notamment compte tenu
38:44des enjeux d'influence
38:45dans la région.
38:46On va enchaîner
38:47après cette petite séquence
38:49d'exercice
38:50avec deux petits extraits.
38:51D'abord un autre extrait
38:52d'une émission
38:53sur la désinformation
38:53qui va nous montrer
38:55comment,
38:55à l'opposé,
38:56j'ai envie de dire,
38:57de votre capacité
38:57à accéder très librement
38:59à tout un tas de contenus,
39:01il existe des zones
39:01qui ont cherché
39:02à resserrer le contrôle
39:04sur l'information
39:05sur leur territoire.
39:06et on regarde tout de suite.
39:07Dès les années 2010,
39:09Internet est au cœur
39:10des préoccupations
39:11du Kremlin.
39:12En novembre 2019,
39:14la loi dite
39:15du RUNET
39:16souverain
39:16prévoit ainsi
39:17l'installation
39:18de logiciels
39:19permettant d'analyser
39:21les données transitant
39:22sur le segment
39:23russophone
39:24d'Internet.
39:25Début 2021,
39:26c'est grâce à cette loi
39:27que l'État russe
39:28a été en mesure
39:29de ralentir
39:30la plateforme Twitter
39:31ou de bloquer
39:32l'accès
39:33à des médias
39:33indépendants
39:34considérés comme
39:35des agents
39:36de l'étranger.
39:37S'il reste possible
39:39de contourner
39:39cette censure
39:40via ce que l'on appelle
39:41des VPN,
39:42des logiciels
39:43dissimulant
39:44la localisation
39:45d'origine,
39:46un grand nombre
39:46d'internautes
39:47russophones
39:48sont désormais
39:49maintenus
39:49dans un environnement
39:50informationnel
39:51restreint.
39:52Ces techniques
39:53ne sont pas seulement
39:54utilisées
39:54sur la population
39:55russe,
39:56mais aussi
39:57contre les territoires
39:58occupés en Ukraine.
40:00Depuis 2014
40:01et l'invasion
40:02de la Crimée,
40:03les systèmes
40:04ukrainiens
40:04permettant
40:05d'accéder à Internet
40:06depuis la Crimée
40:07ont été rattachés
40:08au réseau russe.
40:10Enfin,
40:11entre fin mai
40:11et début juin 2022,
40:13lorsque l'armée
40:14de Poutine
40:14a envahi
40:15les régions
40:15du sud
40:16de l'Ukraine,
40:17des techniciens
40:17russes
40:18sont aussitôt
40:18intervenus
40:19à Kersen
40:20pour que les internautes
40:21de la région
40:22ne puissent plus
40:23s'informer sur Internet
40:24que par des sources
40:25validées par Moscou.
40:27Oui,
40:27parce que tout à l'heure
40:28on parle de smartphones,
40:29d'écran,
40:30d'IA
40:30et tout ça
40:31évidemment repose
40:31sur un socle
40:32infrastructurel
40:33et donc aujourd'hui
40:34quand on reprend
40:34le contrôle
40:35sur un territoire
40:35y compris du point
40:36de vue militaire,
40:37vous l'avez vu,
40:38on récupère les câbles,
40:39on détourne
40:40tout ce qu'on peut détourner
40:41pour réussir
40:42à vraiment reprendre
40:42le contrôle
40:43sur l'information
40:43et c'est ce qui est
40:44en train de se jouer
40:44et d'ailleurs
40:45par rapport
40:45à la description
40:46même d'un conflit
40:46comme celui
40:47qui se passe
40:48aux portes de l'Europe,
40:49il y a fort à parier
40:49évidemment que
40:50les internautes
40:51en Russie
40:52ne voient pas du tout
40:53le conflit
40:53de la même manière
40:54que ceux en Ukraine
40:54pas seulement
40:55par rapport
40:55à leur vécu
40:56mais aussi
40:57par rapport
40:57au contenu
40:58auquel ils sont exposés
40:59pour essayer
40:59de se faire un avis
41:00sur la réalité
41:01de la situation.
41:02Le temps passe,
41:03on est très bavard,
41:04ce qu'on peut vous proposer
41:05c'est évidemment
41:06de réfléchir
41:07à l'impact
41:08de tout cela
41:09par des questions
41:10et des réponses
41:11mais avant
41:12je pense qu'il est important
41:13de se rappeler
41:13que cette histoire
41:14s'est accélérée
41:15cette histoire
41:15de circulation
41:16de la désinformation
41:17à partir de 2016
41:192016,
41:19souvenez-vous
41:20c'était l'élection
41:21de Donald Trump 1
41:22et à l'époque
41:23c'est avéré
41:24c'est documenté
41:25il y a vraiment eu
41:26une vaste opération
41:27de manipulation
41:28de l'information
41:29qui a été orchestrée
41:30depuis le Kremlin
41:31pour que de très nombreux
41:32contenus circulent
41:33sur Facebook
41:33sur Twitter
41:34alors à l'époque
41:35évidemment il n'y avait
41:36quasiment pas TikTok
41:36mais on avait vraiment
41:39le début
41:39de cette stratégie
41:41je dirais
41:41de trolling
41:44assumée sur les feeds
41:46pour faire en sorte
41:46que le président
41:48qui incarnait
41:48quelque part
41:49le début de la fin
41:50des Etats-Unis libres
41:51des Etats-Unis
41:52qui étaient les garants
41:53du droit international
41:54du multilatéralisme
41:55et bien voilà
41:56Donald Trump a bien compris
41:57que ces outils-là
41:58quand ils étaient mal contrôlés
41:59étaient des outils de ciblage
42:00qui pouvaient s'avérer redoutables
42:02sur le fonctionnement
42:02d'une démocratie
42:03vous pouvez retrouver
42:04tous les détails
42:05de cette vidéo
42:05d'ailleurs très facilement
42:06sur la chaîne YouTube
42:07du Dessous des cartes
42:08mais ce que je vous propose
42:09c'est peut-être
42:09qu'on passe directement
42:10à vos questions
42:11soit vous à distance
42:12car on pourra les récupérer
42:14et peut-être dans la salle
42:16si quelqu'un souhaite
42:17ou réagir
42:17ou poser une question
42:18à la fois sur notre façon
42:19de travailler
42:20avec Grégory
42:21ou au-dessous des cartes
42:22et par rapport
42:24à ce qu'on a vu
42:24ou aux différents exemples
42:26allez-y
42:26il n'y a pas de bonne
42:27ou de mauvaise question
42:27évidemment
42:28et j'en profite
42:29pour redire
42:29qu'évidemment
42:30tout ce qu'on a vu
42:31comme exemple
42:32c'est documenté
42:33très régulièrement
42:33dans la chronique
42:34que propose Grégory
42:35sur RFI
42:36on en parle très régulièrement
42:38des enjeux d'influence
42:39de guerre hybride
42:40dans le Dessous des cartes
42:41et également d'ailleurs
42:42un de nos cousins
42:42le Dessous des images
42:43qui est né
42:44il y a quelques années
42:45et qui revient
42:45sur ces flots d'images
42:46qui nous environnent
42:47et qui parfois
42:48donnent le tournis
42:49sur les réseaux sociaux
42:50et quelque part
42:51compromettent
42:52ou créent du trouble
42:53dans notre capacité
42:53à comprendre
42:54ce qui se joue
42:54dans l'actualité
42:55je vois une première question
42:56dans la salle
42:56ce qui vous laisse
42:57à distance
42:58le temps de nous envoyer
42:59vos questions
42:59on t'écoute
43:01en tant que journaliste
43:02comment vous faites
43:02pour protéger vos sources
43:04très bonne question
43:05vas-y Grégory
43:06je réponds
43:06alors c'est une très bonne question
43:08nous par exemple
43:08à RFI
43:09on travaille beaucoup
43:09sur des sujets africains
43:10avec des correspondants locaux
43:11qui sont parfois
43:11dans des pays difficiles
43:13où on peut les mettre
43:14en danger
43:15le but de garder
43:16l'anonymat d'une source
43:17c'est déjà
43:17il y a tout un travail
43:18en amont
43:18quand on est en contact
43:19avec une source
43:20on va lui demander
43:20est-ce qu'on peut la citer
43:21à quel point
43:22est-ce qu'on peut la citer
43:23si c'est une personne
43:24qui est connue
43:25pour avoir ce type d'information
43:26il va falloir trouver
43:26des éléments de détournement
43:28des éléments de langage
43:28pour pas qu'on puisse identifier
43:29la personne qui est derrière
43:30il y a aussi tout un travail
43:32tout simplement
43:32d'une source
43:33qui va t'envoyer une vidéo
43:34par exemple
43:34quel outil tu vas utiliser
43:35tu vas pas envoyer la vidéo
43:36sur Whatsapp ou sur Facebook
43:37tu vas utiliser des outils
43:38qui sont sécurisés
43:39et ensuite
43:40c'est vraiment dans
43:41le travail final
43:42le travail d'écriture
43:43quel mot tu vas utiliser
43:44est-ce que tu vas utiliser
43:45un terme un peu vague
43:46pour dire une source locale
43:47par exemple
43:48ou est-ce qu'au contraire
43:49tu vas prendre
43:50ces informations
43:50à ton compte
43:51pour protéger ta source
43:52en disant
43:53nous avons mené
43:53nous avons
43:54en utilisant le jeu
43:55ou le nous
43:55sans révéler l'identité
43:56de la personne
43:57mais c'est vraiment
43:58un travail très important
43:59parce qu'on peut pas
44:00compromettre nos sources
44:01et une source
44:02qui nous donnerait une vidéo
44:02et qui se retrouverait citée
44:04alors qu'elle nous avait demandé
44:04de ne pas le faire
44:05évidemment qu'on perdrait
44:05cette source
44:06donc c'est dans l'intérêt
44:06de tout le monde
44:07et c'est vraiment primordial
44:08dans notre travail
44:09et au-dessous des cartes
44:10la matière première
44:11que nous utilisons
44:12ce sont des cartes
44:13mais aussi des notes
44:14de recherche
44:14puisque nous travaillons
44:15vraiment étroitement
44:16avec le monde de la recherche
44:18donc a priori
44:19on pourrait penser
44:20que les chercheurs
44:20ne sont pas menacés
44:21sauf qu'il y a des territoires
44:22sur lesquels
44:23c'est très compliqué
44:24prenons encore l'exemple
44:25de la Russie
44:26de la Chine
44:26et parfois d'ailleurs
44:27des Etats-Unis
44:28ben voilà
44:29on a parfois des discussions
44:31on utilise des outils
44:32qui sont parfois discrets
44:33qui évitent d'informer
44:35le monde entier
44:36ou en tout cas
44:36toutes celles et ceux
44:37qui mettent des grandes oreilles
44:38sur les réseaux
44:38et les infrastructures
44:39de les tenir informés
44:40en tout cas
44:41il y a toute une hygiène
44:42numérique
44:42à mettre en place
44:43dans une rédaction
44:44pour essayer de protéger
44:45celles et ceux
44:46qui nous permettent
44:46de décrire
44:47et de raconter le monde
44:48il y a toujours
44:49des moyens de pression
44:49on a de la chance
44:50d'être dans un pays
44:51où il y a un cadre législatif
44:52qui permet de protéger tout ça
44:53dans d'autres pays
44:53c'est pas le cas
44:54donc voilà
44:55mais une bonne question
44:56parce que c'est une vraie problématique
44:57dans toutes les rédactions
44:58je ne sais pas
44:59s'il y a des questions
45:00à distance
45:01merci en tout cas
45:06alors question à distance
45:07pourquoi les théories du complot
45:09attirent-elles autant ?
45:10je pense que l'un des biais
45:12justement
45:14de ce succès-là
45:15c'est le fait
45:16que parfois
45:17les théories du complot
45:18viennent
45:20conforter des choses
45:21que l'on pense
45:22a priori
45:22elles viennent appuyer
45:23sur des préjugés
45:24elles viennent créer du trouble
45:25à un moment
45:26on est dans le doute
45:26et c'est la raison
45:27pour laquelle
45:28en fait on se bat autant
45:29à RFI
45:30chez Arte
45:31à Radio France
45:31pour vraiment partager
45:34les informations
45:34qui méritent d'être débattues
45:36et je crois vraiment
45:37que c'est un combat démocratique
45:38de très grande importance
45:40on a parfois du mal
45:41à le réaliser
45:41mais à partir du moment
45:43où on a
45:44une place publique
45:45qui n'est plus intègre
45:46qui n'est plus
45:47correctement structurée
45:48on n'est plus capable
45:49de se projeter
45:49dans le présent
45:50dans le futur
45:51et donc le travail
45:53que l'on fait au quotidien
45:54pour par exemple
45:55cartographier au-dessous des cartes
45:56ce qui est en train
45:57de se passer
45:57sur le terrain
45:58de telle ou telle zone
45:59du globe
46:00c'est une façon
46:01de vous aider
46:01à vous projeter
46:02pour vous faire un avis
46:03loin je dirais
46:04des vidéos qui vont vite
46:05des contenus sonores révoltants
46:07des photos
46:08qui peuvent nous révolter
46:09pour essayer vraiment
46:10en profondeur
46:11de se poser
46:12les bonnes questions
46:13et à un moment
46:14où en fait
46:14on a l'impression
46:15que le droit international
46:16n'existe plus
46:17qu'il est si compliqué
46:18de construire un avenir ensemble
46:20je pense vraiment
46:21qu'il faut se détourner
46:23de tout cet environnement
46:24complotiste
46:25qui parfois en fait
46:26appuie là où ça fait mal
46:27et nous détourne
46:28des choses importantes
46:29des enjeux essentiels
46:31qu'on doit avoir
46:32en partage
46:32et ça je pense
46:33que c'est vraiment
46:34quelque chose
46:34qui est le socle
46:35du combat journalistique
46:38qui nous anime
46:38et ce qui est très important
46:39aussi c'est
46:40si vous croisez des gens
46:41qui adhèrent
46:42à des théories du complot
46:42c'est de ne pas
46:43les prendre de haut
46:43pour moi c'est la première erreur
46:44certains journalistes
46:45le font parfois
46:47on tombe tous
46:47dans le panneau
46:48j'imagine que dans la salle
46:48à distance
46:49vous êtes tous fait avoir
46:50par une vidéo
46:51ou une photo
46:52qu'on vient de vous montrer
46:53aujourd'hui
46:53donc quelqu'un
46:54qui adhère
46:54à une théorie du complot
46:55ça peut aussi s'expriser
46:56par une crise individuelle
46:57une crise sociale
46:58ça joue beaucoup sur ça
46:59sur la solitude
46:59des gens qui ont besoin
47:00de se sentir
47:01dans une communauté
47:02il y a un espèce
47:02d'effet tribal
47:03aussi dans la désinformation
47:04vous vous sentez entouré
47:05avec des gens
47:05qui pensent comme vous
47:06sur des sujets
47:08donc voilà
47:09il ne faut pas prendre ça de haut
47:10ça joue sur vos émotions
47:11et c'est très important
47:11on va devoir remercier
47:13tout le monde
47:14car le temps a tourné
47:16on pourra peut-être
47:17prolonger un petit peu
47:18une autre fois
47:18en tout cas
47:19un très grand merci
47:20à celles et ceux
47:21qui nous ont suivi
47:22à distance
47:22et apparemment
47:23vous avez été
47:24très nombreux
47:25des centaines
47:25Grégory
47:26merci Julien
47:27et merci à la technique
47:28merci Camille Faroujia
47:30Zoé Couture
47:31Anne-Gaël Dijoux
47:32Pierre-Marie Gros
47:34Marc Brunel
47:34mais aussi la coordination
47:35la communication
47:36Karine Talbot
47:37Stéphanie Massa
47:38Ariane Ragbaté
47:39Margot Samuel
47:40Anaïs Robert
47:41et tous les autres
47:42merci à vous tous
47:43à très bientôt
47:44merci beaucoup
47:45merci à la quête
47:48merci à la petite
47:58à la toute
47:59janvier
47:59c'est trop
47:59quelle est
48:02misi
48:02que