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  • il y a 11 minutes
À l'appel du syndicat policier UN1TÉ, des milliers de personnes sont au Grand Rex à Paris pour un meeting. Ils dénoncent "l'épuisement des effectifs, aux blessures et aux exigences restées sans réponse". «On est toujours dans l'attente d'une réponse du ministère. Le temps commence à être très long», a dénoncé Grégory Joron, secrétaire général UN1TE, lors de la manifestation des policiers.

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Transcription
00:00Elles sont multiples en fait, on est sur un événement un peu double, on avait prévu un meeting,
00:05c'était dans la suite logique de ce qu'on a commencé à faire le 30 juin.
00:08Vous savez, cette réforme des commissaires dans un contexte budgétaire particulier qui nous pose un problème,
00:13on continue à dénoncer ça, on est toujours en attente d'un retour du ministère,
00:18mais honnêtement, le temps commence à être très très long,
00:21et d'ailleurs ça commence un peu à dégonfler pour tout vous dire, mes collègues et mes délégués.
00:25Et puis on est dans un temps aussi très particulier, tout simplement,
00:27parce qu'il y a ce contexte aujourd'hui qu'on connaît, ces manifs lycéennes à répétition,
00:32avec des engagements extrêmement nombreux, des décalages, des rappels, des heures à rallonge,
00:37et des policiers qui commencent à être fatigués par l'exposition, et fatigués aussi par les critiques.
00:43Vous avez parlé de ces mouvements, de ces violences commises en marge,
00:47de ces mouvements lycéens, de ces blocus devant les lycées, les facultés,
00:51il y a un chiffre à retenir, c'est 937, c'est le nombre de policiers et gendarmes blessés
00:55depuis le début du mouvement, c'est évidemment beaucoup trop.
00:58C'est évidemment beaucoup trop, ça pose question sur plein de niveaux,
01:03c'est-à-dire est-ce qu'on a retenu ce qu'on s'était dit des rétextes ?
01:08Je crois que ça se tend derrière.
01:10Pourquoi ça se tend derrière ?
01:12On a des gens qui nous insultent et qui nous font des gestes pas très élégants.
01:16Il y a 3000 policiers et ils se permettent de les insulter, j'ai vu quelques doigts d'honneur aussi.
01:20C'est ça, ils osent tout, mais on est habitués, les collègues restent calmes, c'est le principal,
01:24c'est ce qu'on leur demande de faire tous les jours et c'est la démonstration d'ailleurs qu
01:27'ils arrivent à le faire.
01:28Et en effet, on disait quasiment 1000 blessés, ça pose des questions sur notre équipement,
01:35ça pose des questions sur la manière dont on expose nos collègues aux risques,
01:40ça pose des questions sur en effet les ordres et même le schéma national de maintien de l'ordre.
01:46Je veux dire, il faut tous dire, est-ce qu'aujourd'hui on a retenu la leçon des gilets jaunes
01:49?
01:49Est-ce qu'aujourd'hui nos collègues sont équipés individuellement de matériel ?
01:52Est-ce qu'aujourd'hui notre hiérarchie est formée à gérer des situations dégradées ? Je ne pense pas.
01:56Grégory, vous parliez des gilets jaunes.
01:58Certains porte-parole, ex-porte-parole des gilets jaunes, souhaitent se mobiliser samedi.
02:03Grande mobilisation dans tout le pays samedi.
02:06Quelles inquiétudes pour les policiers ?
02:08Forcément grande inquiétude parce que premièrement,
02:11on a une évaluation du risque qui est compliquée.
02:16C'est-à-dire qu'aujourd'hui au travers des mouvements, des réseaux sociaux,
02:21des nouvelles méthodes d'expression,
02:22on ne sait pas exactement comment ça peut tourner.
02:24Donc forcément il y aura le curseur, en tout cas en termes d'engagement,
02:28qui va être monté pour essayer de prévenir un risque encore une fois
02:31qu'on n'arrive pas à déterminer exactement.
02:33Donc nous on sait déjà que samedi,
02:34ça va être une journée d'engagement énorme pour les policiers.
02:38Ça veut dire que ça va être encore un week-end qui ne va pas se dérouler en famille,
02:41encore un repos qui va sauter,
02:43encore des congés qui ne tiendront pas,
02:45et malheureusement peut-être des journées à rallonge,
02:47avec je le crains, et c'est ce qu'on déplore,
02:49et c'est ce qui nous inquiète,
02:51sûrement encore des blessés dans le rang.
02:53Il y a un porte-parole de votre syndicat,
02:56Reda Bellage, souvent invité sur nos plateaux,
02:58qui disait, ça a fait beaucoup de bruit,
03:00si un policier tombe, on lâchera tout, on arrêtera tout.
03:04Il faut le prendre au sérieux ?
03:05Alors c'est évidemment pas une consigne syndicale,
03:07je pense qu'il s'est fait le porte-parole de ce qu'il lit,
03:10de ce qu'il lui parle,
03:11et de la réalité quand même, de l'état d'esprit,
03:14en effet, de nos collègues sur le terrain.
03:16Aujourd'hui, on les rappelle,
03:18on les expose,
03:19on les laisse un peu se débrouiller,
03:21et quand il y a un problème,
03:23ils sont souvent lâchés dans la nature,
03:25vous le savez très bien,
03:26exposés aux risques juridiques,
03:27et globalement, c'est nous qui les accompagnons,
03:30en règle générale.
03:30Les ministres sont de passage,
03:32nous on reste.
03:33Donc nous, on est là pour les accompagner jusqu'au bout,
03:35et forcément,
03:36en plus, ils sont critiqués par une partie de l'échiquier politique,
03:40qui entretient la haine anti-flic,
03:42ça fait beaucoup,
03:43ça pèse beaucoup,
03:44et honnêtement, oui,
03:46il y a une certaine inquiétude,
03:48à ce que si malheureusement,
03:49il y avait un drame,
03:50on ait une réaction,
03:52j'ai envie de dire,
03:53qui sera de toute façon légitime,
03:54et que nous, on devra accompagner,
03:56et essayer d'encadrer.
03:58Merci beaucoup Grégory,
03:59on ne le souhaite évidemment pas,
04:00on va continuer à avancer,
04:02je vois la place de la République,
04:03on arrive dans quoi ?
04:04Allez, un peu moins de 100 mètres,
04:05avec toujours donc ces slogans qui sont scandés,
04:08ces drapeaux du syndicat Unité qui sont agités,
04:10et ça y est, on va arriver,
04:11place de la République,
04:12avec 3000 policiers du syndicat derrière moi.
04:15Merci beaucoup Mathieu Nevez.
04:16Sous-titrage Société Radio-Canada

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