- il y a 6 heures
Avec plus de 8¿000 décès excédentaires, 98¿000 hectares partis en fumée et une grande partie du territoire en état d’alerte sécheresse, l’été 2026 restera comme l’un des plus dramatiques de l’histoire du pays. Des vagues de chaleur à répétition aux sols asséchés ayant rendu les forêts particulièrement vulnérables, les conséquences ont été considérables. Le renforcement annoncé des moyens de lutte contre les incendies est-il à la hauteur des enjeux ? Comment rendre le statut de pompier volontaire plus attractif ? Comment adapter le bâti pour mieux résister à la chaleur en ville ? Et, plus largement, quels enseignements tirer de cet été de tous les records ? Quentin Calmet et ses invités en débattent dans ce nouveau numéro de Dialogue Citoyen. Accompagnés de cinq citoyens et de trois sénateurs, ils s’interrogent sur les conséquences de cet été historique. Année de Production :
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00:03Musique
00:13Nous n'avions jamais été confrontés à un tel feu dans la région
00:16et d'ailleurs le pays n'a jamais été confronté à autant d'épisodes de pression, de feu, un peu
00:24partout sur le territoire.
00:25Ce que nous vivons ici est un avant-goût de ce qui va arriver dans les années à venir
00:31puisque d'ici 2050, c'est cinq fois plus de vagues de chaleur que nous vivrons chaque année.
00:37Des personnes suffoquent dans des bouilloires thermiques à plus de 30 degrés la nuit.
00:41Le plus souvent, ce sont les personnes les moins favorisées, vivant dans des logements mal isolés, sans inertie thermique, parfois
00:47sous les toits.
00:48Bonjour à tous. Sécheresse, canicule, incendie à répétition.
00:52Nous sortons d'un été très difficile en France, certains diront même cataclysmique,
00:57avec des vagues de chaleur historiques qui ont détruit une partie de nos forêts,
01:01également asséché nos sols, éprouvé tout le monde cet été.
01:05On a compté au total 53 jours de vagues de chaleur en 2026.
01:10Dans ce nouveau numéro de Dialogue citoyen, vous serez cinq à témoigner de cet été sous tension
01:16et des très lourdes conséquences sur votre quotidien, pour évoquer les dégâts dans nos territoires,
01:22mais aussi l'urgence des mesures d'adaptation à prendre pour que la sidération des derniers mois ne s'efface
01:27pas,
01:27que l'on apprenne de cet été de tous les records.
01:30Merci à tous les cinq d'avoir accepté de participer à cette émission.
01:33Avec vous, nous allons faire un grand tour de France des zones les plus impactées,
01:37entre communes touchées par le manque d'eau, habitants également confrontés aux feux de forêt,
01:42ou également des élus locaux en première ligne.
01:45Comment avez-vous fait face ? Comment vous adaptez-vous ?
01:48Et qu'attendez-vous aujourd'hui des pouvoirs publics ?
01:51En plateau, trois sénateurs vont pouvoir réagir à vos témoignages.
01:54Bonjour à tous les trois.
01:55Vous êtes déjà installés pour un dialogue direct,
01:58des réponses concrètes aux questions interpellations
02:00qui sans doute ne manqueront pas dans cette émission.
02:02En tout cas, merci d'avoir accepté notre invitation.
02:05Pour commencer, direction le Porges, en Gironde,
02:08pour retrouver Florence Van Overmer.
02:11Bonjour Florence.
02:11Florence, votre commune est une commune qui est devenue un triste symbole.
02:17183 maisons y ont été détruites cet été.
02:20Florence, vous-même, vous avez perdu votre maison lors de cet incendie.
02:24On va voir quelques images de votre maison détruite par les flammes.
02:28Vous avez perdu beaucoup cet été.
02:30On peut le dire, Florence, votre maison des objets familiers,
02:32mais encore plus que ça.
02:37J'ai perdu effectivement ma maison, évidemment, et mon atelier, mon outil de travail,
02:45puisque je suis céramiste et que mon atelier se trouvait au sein de la maison,
02:53dans une pièce dédiée.
02:56Donc, la totalité, effectivement, a été entièrement détruite.
03:01Comment est-ce que vous allez aujourd'hui ?
03:02Est-ce que vous avez réussi à redresser la tête deux mois après les événements qu'on a vécu au
03:07Porges ?
03:09Redresser la tête, c'est un bien grand mot.
03:12On va dire que les activités...
03:13J'ai repris mes activités depuis peu, professionnelles, d'animation en itinérance.
03:19Après, je pense que ça me paraît difficile d'oublier et de passer à autre chose.
03:27Je pense que c'est un deuil qui va prendre les années en réalité.
03:31Est-ce que vous avez trouvé, quand vous avez oublié,
03:33est-ce que le sujet des feux de forêt et de leurs conséquences,
03:37elles sont trop vite passées au second plan ?
03:44Non, elles ne passent pas au second plan,
03:47mais on se sent un petit peu, en ce moment, en tous les cas,
03:52et depuis quelques temps, malgré des engagements qui ont été pris par le gouvernement en août,
03:59rien n'avance, donc tout est bloqué.
04:02On se demande à quel moment ça va pouvoir effectivement avancer,
04:07sachant que tout ce climat est véritablement anxiogène pour chacun,
04:10parce que tant que les constructions restent en place,
04:15les murs ne seront pas détruits, il n'y aura pas de démolition,
04:18on ne fera pas de tableurage du passé,
04:20on va avoir du mal à avancer dans le deuil, ça c'est clair.
04:24Cet été, l'incendie qui a touché la Gionde,
04:26il a vraiment été extraordinaire, est-ce que vous pouvez nous raconter,
04:29comment est-ce que vous avez été alertée par les secours,
04:32ce qui s'est passé exactement ?
04:35Alors, moi je travaillais ce jour-là, en fait,
04:38j'avais un atelier programmé avec des personnes qui sont venues,
04:44effectivement, faire une initiation au modelage de la Terre chez moi,
04:48et quand ils sont partis vers midi, en sortant de l'atelier,
04:52on a aperçu une colonne de feu,
04:57on avait l'impression qu'une colonne de fumée,
04:59on avait l'impression qu'elle était très proche de chez nous,
05:03et puis cette colonne a grossi dans l'après-midi,
05:10donc ça a été assez inquiétant,
05:16donc en fin de journée,
05:20des gendarmes sont passés pour nous dire,
05:23nous peut-être préparer une petite valise,
05:25mais qu'a priori, notre secteur n'était pas trop touché,
05:29donc ça ne risquait pas grand-chose,
05:30mais quand même, au cas où,
05:31préparer une petite valise,
05:33plus pour les fumées qu'autre chose.
05:36Nous, on est restés dans la maison,
05:39le lendemain, ça s'était éclairci,
05:42véritablement, le lendemain matin,
05:45et c'est revenu dans l'après-midi.
05:47C'est ça, en fait, oui.
05:49Dans l'après-midi, c'était très inquiétant également,
05:54mais à aucun moment,
05:56personne n'est venu, effectivement, nous prévenir,
05:59nous demander d'évacuer, en tous les cas,
06:02jusqu'à minuit, mon mari était dehors avec des voisins,
06:06à croiser des pompiers,
06:08qui m'ont dit, monsieur, allez-vous recoucher,
06:10c'est géré, voilà, donc il n'y a pas de soucis,
06:16et trois quarts d'heure après, à peu près,
06:18les gendarmes et la TFCI sont passés
06:22pour nous demander,
06:23Emmanuel Tari, d'évacuer et de partir de la ville.
06:27Voilà, en quelques mots, comment ça s'est passé pour nous.
06:30Et alors, quel a été votre sentiment
06:31lorsque vous avez découvert
06:33ce qui s'était passé après l'incendie ?
06:40Un sentiment de colère
06:45et en même temps, de grande tristesse,
06:48le sentiment d'avoir été complètement abandonné,
06:52complètement délaissé.
06:54Encore une fois,
06:57les propos ne s'adressent pas au travail des pompiers,
07:01ils ne les incontent pas directement,
07:03mais vraiment le sentiment d'avoir été complètement délaissé.
07:09Alors, pour réagir à votre témoignage,
07:11trois sénateurs et sénatrices sont avec nous.
07:13Bonjour Martha de Sidraque,
07:14vous êtes sénatrice Les Républicains des Yvelines,
07:17vous êtes vice-présidente de la Commission
07:18de l'aménagement du territoire
07:19et du développement durable du Sénat.
07:21Également avec nous, Christine Bost,
07:23bonjour, sénatrice socialiste de Gironde,
07:26vous connaissez bien la commune du Porges,
07:28vous avez également forcément suivi
07:30les incendies de cet été,
07:32vous avez été élue sénatrice
07:33lors du dernier renouvellement du Sénat,
07:36fin septembre.
07:37Et enfin, Thomas Dossu est avec nous,
07:38bonjour, vous êtes sénateur écologiste du Rhône,
07:41réélu également lors de ce même renouvellement.
07:44Christine Bost, on ne les a oubliés, ces victimes,
07:47qu'est-ce que vous avez envie de lui dire,
07:48vous, à notre témoin aujourd'hui ?
07:50Je pense qu'il y a plusieurs niveaux,
07:53je comprends pleinement ce que dit Florence,
07:56j'entends son témoignage,
07:57je suis évidemment venue sur la commune du Porges
08:00à plusieurs reprises,
08:02c'est un spectacle de désolation,
08:03quand on y vient,
08:05après les événements,
08:06après la venue des médias,
08:08après tout ça,
08:08quand le calme est revenu
08:09et qu'on voit la désolation de la commune,
08:12c'est assez...
08:15C'est terrible ce ressenti que l'on a,
08:18cette désolation qui est là,
08:20et moi je suis en contact très régulier
08:22avec Martial Zaninetti,
08:24le maire du Porges,
08:26sur justement le calendrier,
08:28ce que vous évoquez.
08:30Quand elle dit que rien n'avance, Florence.
08:31Maintenant, on a besoin d'un accélérateur,
08:33lorsque le Premier ministre est venu
08:35avec de nombreux membres du gouvernement,
08:38je crois que c'était le 17 août,
08:40donc quelques temps après,
08:42il nous a dit,
08:43ça va aller très vite,
08:44les permis de construire
08:45vont pouvoir être instruits en un mois.
08:48Bon, on est deux mois plus tard,
08:50et je crois que c'est ce matin
08:51qu'avec les services de la préfecture,
08:54les élus ont pu avoir
08:55les notices prescriptives
08:56pour pouvoir enfin instruire,
08:59et il va falloir aussi définir
09:01les zones où les habitations
09:04vont pouvoir être reconstruites
09:05et les zones où peut-être
09:06il sera difficile de reconstruire.
09:10Donc tout ça est à la fois court
09:12à l'échelle du temps de l'urbanisme,
09:15long à la fois du temps de l'urbanisme,
09:18mais très court à l'échelle de la vie
09:20de nombre de personnes,
09:22182 logements qui ont été détruits,
09:25des familles qui ont tout perdu,
09:26leur vie, leurs souvenirs,
09:28leur travail, comme le disait Florence.
09:31– Et ce sentiment d'abandon,
09:32du coup, vous le comprenez,
09:34même si vous l'expliquez en fait ?
09:35– Évidemment qu'on le comprend,
09:37et en plus le temps court aussi
09:39sur certaines personnes
09:41ne vont pas pouvoir être relogées
09:43au-delà de 12, 14 ou 16 mois,
09:45donc le temps que l'on perd aujourd'hui,
09:49que va-t-il se passer
09:50lorsque les assureurs vont dire
09:51maintenant terminé,
09:52on ne prend plus en charge les relogements.
09:55– Florence ?
09:55– Il faut accélérer le temps,
09:59il faut accélérer les procédures,
10:00il faut faire quelque chose de différent
10:02de ce que l'on a l'habitude de faire.
10:03– Florence, vous avez été relogée
10:04dans le département,
10:05est-ce que vous comptez retourner vivre au Porges ?
10:08– Oui, on n'a pas trop le choix.
10:12On a toujours le choix,
10:14d'un produit financier,
10:17on ne l'a pas forcément.
10:19– Martel Sidraque,
10:21ce sont 100 000 hectares au total
10:22qui ont brûlé partout en France cet été,
10:2542 000, rien que pour cet incendie
10:27qui a touché le Porges.
10:28Est-ce qu'on pouvait s'attendre
10:29à un pareil cataclysme ?
10:31Qu'est-ce que vous pensez,
10:32vous, du témoignage de Florence aussi,
10:34cette exigence, cette attente de réponse
10:36sur le fait qu'elle a été abandonnée ?
10:38– Alors, j'entends tout à fait ce que dit Madame
10:40et je crois qu'on perçoit d'ailleurs l'incompréhension,
10:44je dirais même la détresse
10:45sur un certain nombre de sujets.
10:47Et ce qui a été évoqué par ma collègue aussi,
10:51évidemment, fait écho à tout ce que l'on a entendu
10:53dans ce témoignage,
10:55je pense qu'il doit y avoir,
10:57en fait, il y a plusieurs temps,
10:58en fait, la temporalité est très importante
11:00et je reviendrai aussi sur l'aspect,
11:02aussi coûte, ce que cela nous coûte
11:04à nous tous collectivement
11:06et notamment à Madame.
11:07Je crois que le premier,
11:09Madame décrivait très bien
11:10ce qu'elle a vu ce matin-là,
11:13la protection immédiate,
11:14la protection immédiate de l'humain,
11:16la protection immédiate du matériel.
11:18Je crois que ça, c'est une véritable interrogation
11:20que nous devrions avoir
11:22avec un certain nombre, peut-être,
11:24de précautions et de préventions apportées.
11:27Et puis, il y a le sujet du coût,
11:29c'est-à-dire qui paye et comment.
11:30Ma collègue a évoqué l'aspect assurantiel,
11:33mais il y a aussi ce qu'est-ce que ça coûte en temps.
11:36Le temps, c'est de l'argent.
11:38Qu'est-ce que ça coûte en démarche
11:39et le temps long de la reconstruction,
11:42ça a un coût aussi pour nous tous collectivement
11:44et évidemment pour Madame et toutes les victimes
11:47de ces incendies.
11:48Donc là, je crois qu'il y a un véritable travail
11:50que nous devons mener collectivement.
11:52Et je ne veux rien dévoiler,
11:54mais ça va être un des sujets, vraisemblablement,
11:56de la commission à laquelle j'appartiens
11:58pour pouvoir répondre à l'avenir
11:59à ce type de préoccupations.
12:01Florence voulait intervenir.
12:02On vous écoute, n'hésitez pas.
12:04Oui, justement, vous avez abordé la question
12:07effectivement de la prise en charge assurantielle.
12:11C'était l'une des questions qui me dérode un peu
12:13puisque nous, on a la chance d'avoir deux ans
12:16de prise en charge, mais au vu du temps
12:19qui s'écoule, qui va très très vite,
12:22où rien ne se passe, où on sait très bien
12:24qu'on prévoit des inondations,
12:27donc ça ne va pas faciliter certainement
12:28les travaux d'arrière de reconstruction.
12:31Qu'est-ce qui va se passer ?
12:32Surtout, qui prendra en charge ?
12:34Moi, c'était la grande question.
12:36Et pour les personnes qui, effectivement,
12:38ont des délais beaucoup plus courts que le nôtre,
12:41c'est-à-dire qui sont longés pendant un an maximum,
12:45qui va payer derrière ?
12:47Est-ce qu'on va être obligés, nous,
12:48de reprendre un loyer, de repayer un loyer ?
12:51Est-ce que c'est l'État qui va participer ?
12:53Qui comment ?
12:56Thomas Dossu, sur cette question du calendrier,
12:58est-ce qu'on peut dire quelque chose à nos citoyens
13:00un calendrier de reconstruction ?
13:02Comment est-ce qu'on peut faire en sorte
13:04que cette attente qui est interminable,
13:06elle puisse être plus rapide pour les citoyens ?
13:08La question a été abordée par ma collègue.
13:11La question des normes et de la façon
13:12dont on doit accélérer les choses
13:13dans les jours qui viennent
13:14et dans les mois qui viennent est primordiale.
13:17Et aujourd'hui, oui, tout cela prend trop de temps.
13:20Il faut par exemple que la loi
13:22desserre le carcan pour la reconstruction.
13:24Ça peut être quelque chose auquel le législateur
13:26peut se pencher.
13:27Le législateur, le préfet, il y a beaucoup d'acteurs
13:30qui peuvent accélérer les choses.
13:31On a besoin certainement de dérogations
13:33à un certain nombre de principes et de règles
13:34pour accélérer tout ça parce que, voilà,
13:37Madame ne va pas rester sans solution
13:39après ces deux années qui sont,
13:41elle l'a dit, très très courtes
13:42par rapport à l'ampleur du chantier.
13:45Tout ceci, à mon avis, méritera
13:47qu'on se penche dessus dans les jours
13:49et les semaines qui viennent.
13:50On a un texte qui arrive cette semaine au Sénat,
13:52on a plusieurs choses qui arrivent sur l'adaptation,
13:54mais c'est évidemment quelque chose
13:57qui va devenir extrêmement urgent
13:59parce qu'on rentre dans une zone un peu inconnue,
14:00avec l'accélération de ces catastrophes
14:03et de ces cataclysmes climatiques.
14:07Comment est-ce qu'on évite que ça se reproduise ?
14:09Par exemple, il y a des choses
14:10sur lesquelles on peut avoir des affirmations.
14:12Ça permettra d'éviter des incendies
14:14de cette ampleur désormais ?
14:15Éviter, je ne sais pas, dans les années qui viennent
14:18parce qu'il va falloir anticiper beaucoup de choses.
14:20Par contre, intégrer ces notions d'adaptation
14:23dans nos règles d'urbanisme,
14:24dans nos règles communes,
14:26pour évidemment qu'on soit mieux préparé à tout ça,
14:29ça va être la priorité, à mon avis, des années qui viennent
14:31parce que ce qui s'est produit cet été
14:34peut se reproduire l'été prochain.
14:35Et donc, est-ce qu'on reconstruit au même endroit ?
14:37Question toute simple.
14:38On peut reconstruire, mais autrement.
14:39Et avec une forêt pas forcément la même,
14:42avec d'autres règles, évidemment, autour des habitations.
14:45Et je pense qu'aujourd'hui,
14:47tout ceci doit être mieux anticipé, en tout cas.
14:49La Cour des comptes avait publié un rapport il y a deux ans
14:52qui disait qu'on n'était absolument pas préparé,
14:54notamment parce qu'il n'y avait pas de coordination,
14:56de stratégie claire au niveau de l'État sur l'adaptation.
14:59Je pense que maintenant, on y est.
15:00On est face au mur et donc on doit aujourd'hui accélérer tout ça.
15:03Bien, merci.
15:04Merci à Florence qui était notre premier témoin dans cette émission.
15:07On va tout de suite aller à la rencontre
15:08de notre deuxième citoyen
15:09qui a accepté de témoigner dans cette émission.
15:11Bonjour Claude Rozon.
15:13Vous êtes pompier volontaire dans l'Aude.
15:15Un engagement que vous portez depuis 41 ans.
15:18Bravo à vous.
15:19On va voir quelques images que vous avez tournées au début de l'été.
15:22Le 7 juillet, précisément,
15:24un incendie aux portes de Narbonne
15:26qui a ravagé plus de 2000 hectares.
15:28On mesure l'ampleur de cet incendie ce jour-là.
15:32Un incendie qui a fait même s'y blesser
15:34chez les sapeurs-pompiers
15:36dans une lutte qui vous a mobilisé pendant deux jours.
15:39Claude, racontez-nous comment faire
15:41pour tenir le coup quand on lutte contre un tel incendie
15:44en période de canicule.
15:47Bonjour et déjà merci de m'avoir accueillie dans votre émission.
15:51Comment on fait ?
15:52On fait parce que c'est notre chair,
15:55c'est notre territoire
15:56et on tient à le préserver au maximum.
15:59Et ensuite, pour tenir,
16:02en étant pompier volontaire,
16:03on a notre travail,
16:04notre employeur aussi
16:05qui veut bien nous libérer
16:07pour pouvoir intervenir.
16:09sans lâcher le travail, bien sûr,
16:11parce que notre principal employeur,
16:12c'est lui qui nous paye vraiment au moins.
16:16Ensuite, on fait des rotations,
16:18on essaie de faire la nuit, le jour,
16:22en fonction de notre stabilité.
16:24Et ensuite, le cumul fait vraiment
16:26qu'il y a énormément de fatigue
16:27avec tous les sapeurs-pompiers
16:30qui sont sur les terrains.
16:31Parce que ça ne dure pas que le jour,
16:32ça ne dure plus de jours,
16:33il faut prévoir les relèves,
16:34il faut prévoir énormément de choses.
16:36Claude, on a parlé de méga-feu.
16:38Est-ce que vous pouvez nous décrire
16:39ce que ça veut dire exactement
16:40quand on les vit sur le terrain ?
16:45Ce qu'on les vit,
16:45c'est qu'on se sent vraiment impuissant
16:48et presque jamais on ne va y arriver à l'éternel.
16:52Jamais on ne va y arriver.
16:54Voilà pourquoi on dit méga-feu,
16:55parce que c'est des feux hors normes,
16:57c'est des feux qui nous dépassent.
16:59Ce ne sont plus des feux
16:59de 30-40 hectares
17:00qu'on a l'habitude de faire
17:02dans le sud de mes idées.
17:05Aujourd'hui, c'est des feux
17:06avec le stress hydrique
17:07et tout le sécheresse,
17:09comme on me l'a parlé,
17:0953 jours de canicule,
17:13c'est énorme.
17:14La végétation est de plus en plus sèche
17:16et puis ne serait-ce qu'un peu de vin,
17:19c'est inarrêtable, ces incendies.
17:23Alors vous êtes pompier volontaire,
17:24je le disais, depuis plus de 40 ans.
17:25Vous avez vu une évolution comme ça
17:27au fil des années
17:28et des incendies
17:29de plus en plus difficiles à maîtriser ?
17:32Tout à fait, il y a 3 ou 4 ans,
17:37les chaleurs,
17:38comme vous le disiez,
17:39les canicules s'amplifient
17:41d'année en année,
17:43le climat est totalement déréglé,
17:46l'été, il n'est plus de 2 mois
17:48et aujourd'hui, il est pratiquement
17:49de 4, 5, voire 6 mois
17:50dans le sud.
17:53C'est de plus en plus inquiétant,
17:56l'hydrométrie est au plus bas,
17:57les nerfs pratiques
17:59ne sont plus basques aussi,
18:00c'est vraiment inquiétant
18:01pour la suite des années.
18:04Et est-ce que vous avez le sentiment
18:05que ce combat, il est inégal ?
18:07Est-ce que vous avez les moyens
18:08de la lutte ?
18:09Est-ce que vous avez les équipements
18:10qu'il faut pour ce combat ?
18:13Les équipements,
18:14on est toujours en train
18:15de demander des équipements
18:17basiques,
18:17ne serait-ce que des masques
18:18pour éviter les fumées,
18:21des choses basiques
18:22qui n'arrivent même pas,
18:23qui n'arrivent pas encore
18:25à nous.
18:26Et on a voulu demander,
18:28on a voulu demander des choses,
18:29c'est vraiment,
18:30c'est trop long,
18:30c'est comme Florez qui disait,
18:31on demande des choses,
18:32oui, oui,
18:33et puis c'est vraiment long.
18:35Et puis surtout,
18:37on pourrait parler
18:38de reconnaissance
18:38du secret pompier volontaire
18:39qui donne 200 ans énormément
18:42et on demande,
18:44mais voilà,
18:45c'est toujours la même chose.
18:46Martin, c'est vrai
18:47qu'on a vu une mobilisation
18:48des pompiers cet été,
18:49les syndicats professionnels
18:51de pompiers
18:51qui ont même mis
18:52un préavis de grève
18:53qui court jusqu'au 20 octobre,
18:54qui ont lancé
18:55des actions coup de poing
18:56même encore au début
18:57de la semaine.
18:58Est-ce que vous entendez
19:00ce besoin de soutien
19:01de la part des pouvoirs publics
19:03pour une profession
19:04avec un danger énorme,
19:06les T1 ?
19:07Oui,
19:07pour répondre à votre question,
19:09il faut évidemment
19:10soutenir nos pompiers.
19:11Moi,
19:12je souscris
19:13à la demande
19:14qui est faite
19:15par monsieur,
19:16il faut les accompagner
19:17et puis aussi,
19:18derrière cela,
19:19dans la mesure
19:20où vraisemblablement
19:21nous aurons
19:21de plus en plus
19:22d'événements
19:23de ce type-là,
19:24il ne faut pas décourager
19:26tous ces citoyens
19:27qui souhaiteraient
19:28demain être bénévoles,
19:29pompiers bénévoles.
19:31Si on n'a pas
19:32le matériel nécessaire,
19:34La question des moyens,
19:35Thomas,
19:35dessus,
19:36le ministre de l'Intérieur
19:36qui a annoncé
19:371 milliard d'euros
19:38d'aides supplémentaires
19:39sur 5 ans,
19:40ça fait donc 200 millions
19:41d'euros par an,
19:42cette somme
19:42qui doit être financée
19:43par une hausse exceptionnelle
19:44de la taxe
19:45sur les conventions
19:45d'assurance.
19:46La réponse de l'exécutif,
19:47c'est la bonne ?
19:48De toute façon,
19:49le modèle de financement
19:50des services de sécurité civile
19:53est à bout de souffle.
19:54Donc,
19:54il faut trouver
19:54des nouvelles ressources
19:55et cette hausse,
19:57évidemment,
19:57est bienvenue.
19:58On l'avait proposée
19:58au dernier projet
20:00de loi de finances
20:01et elle avait été retirée
20:02au moment du 49-3.
20:03Elle avait été adoptée
20:03au Sénat
20:04et puis retirée
20:06lors du 49-3.
20:07Donc,
20:07on va avoir
20:07un projet de loi de finances.
20:09on espère...
20:09Vous aviez anticipé.
20:10Ça veut dire que
20:11vous aviez plus anticipé
20:12que l'exécutif.
20:12Oui, tout à fait.
20:13Mais parce qu'on a aussi...
20:15On est élus de territoires
20:16qui ont des besoins.
20:18Le financement
20:18par les départements
20:19est compliqué
20:20parce que les départements
20:21sont à bout de souffle
20:22au niveau financier.
20:24C'est eux qui ont la compétence
20:24d'ESDIS.
20:24Et donc,
20:25on avait évidemment
20:26lors du dernier projet
20:27de loi de finances
20:28proposé des solutions
20:29pour rehausser
20:30le financement
20:30de la sécurité civile
20:31parce que,
20:32voilà,
20:32les événements climatiques
20:34vont se multiplier
20:35et ils sont en première ligne
20:36pour nous protéger,
20:37protéger tout le monde.
20:38Donc, évidemment,
20:39il y a un sujet
20:39de financement.
20:40Donc,
20:41on attend que la concrétisation
20:42de cette proposition
20:44dans le projet
20:44de loi de finances.
20:45Je vous donne la parole
20:46tout de suite,
20:46Christine Bost,
20:47mais Claude voulait réagir.
20:48On vous écoute, Claude.
20:50Je vous entends très bien
20:51pour le financement,
20:53mais il faut aider
20:55les conseillers départementaux
20:56parce que c'est eux
20:56qui achètent le matériel
20:58pour chaque département.
21:00Et ils ont vraiment
21:01besoin d'argent
21:03parce que dans notre département,
21:04le département de l'Ordre,
21:05c'est un des plus proches
21:07de France.
21:10Et on a vraiment besoin
21:12de financement
21:13pour pouvoir
21:15avoir le matériel
21:16renouvelé
21:17et puis nous équiper
21:18correctement pour nous.
21:19Claude,
21:20est-ce que vous pouvez poser
21:21la question
21:21que vous aviez préparée
21:22pour les sénateurs,
21:23s'il vous plaît ?
21:25Voilà, je suis le référent
21:28départemental du syndicat
21:29de sapeurs pompiers
21:30et volontaires de France.
21:32Et sur la reconnaissance
21:34du sapeurs pompiers
21:35et volontaires,
21:36est-ce que vous seriez
21:37prêt à avancer,
21:39vraiment faire des grands pas
21:40pour vraiment valoriser
21:42notre action
21:44qui est quotidienne
21:45et qui n'est pas que l'été ?
21:46Parce que l'été,
21:47on est sur les fous de l'arcteur,
21:48mais l'hiver,
21:48il y a les inondations,
21:49il y a les accidents,
21:50il y a tout le quotidien
21:51qui s'arrête au parrain.
21:53Voilà, donc que peuvent faire
21:55les sénateurs
21:55pour éviter le départ
21:57des pompiers volontaires ?
21:58Est-ce que c'est des mesures
21:58d'incitation par rapport
22:00à la retraite, par exemple ?
22:01Est-ce que vous y êtes favorable,
22:02vous, Madame Bost ?
22:03Oui, moi, j'y suis très favorable.
22:05Le Parti Socialiste
22:06a déjà fait des propositions
22:07en ce sens,
22:07plutôt passer à six trimestres
22:09de reconnaissance
22:10pour 20 ans d'activité.
22:14Mais il n'y a pas que ça,
22:16il y a aussi la reconnaissance,
22:18elle passe aussi par la prise
22:19en charge médicale, psychologique,
22:21parce qu'il faut aussi savoir
22:22que les pompiers
22:24et les pompiers volontaires…
22:26Qui sont très nombreux en France,
22:27200 000 pompiers volontaires,
22:29ils représentent 80%
22:30des pompiers de France,
22:32c'est un chiffre énorme.
22:33Ça fait 1 euro
22:33par pompier volontaire
22:34par rapport à la mesure.
22:38Je vais revenir un instant
22:39justement sur la mesure.
22:40Bien sûr qu'on demande des moyens,
22:42on demande à la fois des moyens
22:43du quotidien pour les équipements,
22:46200 millions d'euros
22:47à l'échelle de l'ensemble
22:49du territoire national.
22:50Je ne suis pas certaine
22:52que ce soit à la mesure
22:53du besoin.
22:55Et puis on a aussi
22:56des besoins opérationnels
22:58forts pour attaquer le feu
23:00dès qu'il démarre.
23:01Ce que l'on a vécu
23:02cet été en Gironde,
23:04si on avait eu
23:04les moyens aériens
23:06basés, nécessaires,
23:08adaptés à un démarrage
23:10de feu aussi brutal,
23:12aussi violent,
23:12on n'en serait peut-être pas
23:14ici en train de parler,
23:16avec Florence en particulier.
23:18Thomas Dossu,
23:19comment est-ce qu'on rend
23:20ce statut plus attractif ?
23:22Qu'est-ce qu'on peut faire
23:22pour aider concrètement
23:23ces pompiers ?
23:24Il y a la proposition
23:25évidemment de la bonification
23:26sur les retraites,
23:28c'est important.
23:29Il y a aussi mieux concilier
23:30la vie professionnelle
23:31avec ce statut-là,
23:32en faisant en sorte
23:33que les entreprises,
23:34monsieur,
23:35j'ai l'impression
23:35que ça se passe bien,
23:36mais que ça se conjugue bien
23:38avec la vie professionnelle
23:39et donc qu'il faut un vrai statut
23:40en réalité
23:41de ces pompiers volontaires.
23:42Aujourd'hui,
23:43on a vu une évolution
23:44en plus du métier
23:47de pompiers
23:47qui occupe
23:48de plus en plus
23:49de missions,
23:49donc on doit reconnaître ça
23:51un peu plus
23:51dans une forme de statut
23:53améliorée de tout ça.
23:54– Et alors,
23:55une dernière question
23:55avant qu'on avance
23:56dans cette émission,
23:57comment est-ce qu'on prévient
23:59au mieux les incendies ?
24:00Est-ce qu'au nom
24:01du respect de la biodiversité,
24:03on n'a pas oublié
24:03la question aussi
24:04de l'entretien de ces forêts ?
24:05Qu'est-ce que vous avez
24:06envie de répondre
24:06sur ce débat ?
24:07– Je ne pense pas,
24:08il faut faire attention,
24:09il y a eu fortement,
24:10enfin de nombreuses rumeurs
24:11sur le fait
24:13que le débroussaillage
24:13ne soit pas fait
24:14pour protéger la biodiversité,
24:15il ne faut pas opposer les deux.
24:16– D'accord.
24:17– Ça ne s'oppose pas,
24:18je pense qu'aujourd'hui
24:19il y a une obligation
24:20de débroussaillage
24:20qui doit être renforcée,
24:21je pense que les propriétaires
24:23qui ne s'y plient pas
24:23doivent être un peu plus sanctionnés
24:25parce que ça devient critique
24:27pour anticiper
24:28et protéger
24:29beaucoup de les habitations
24:30aujourd'hui.
24:30– Martin Thédrak,
24:31vous êtes d'accord ?
24:31Oui, pardon,
24:32allez-y Madame Bas.
24:32– Ce n'est pas au nom
24:33de la biodiversité
24:34que le débroussaillage
24:35n'a pas été fait,
24:35c'est au nom de…
24:36– C'est de la négligence.
24:37– C'est même plus compliqué que ça,
24:39c'est le cadre légal
24:40qui existe aujourd'hui
24:41qui est quand même
24:44pas très adapté
24:46parce qu'il faut que
24:47la personne qui est propriétaire
24:49de sa maison
24:49aille entretenir
24:50chez le forestier,
24:51je le fais vite,
24:54qu'il n'y a pas forcément,
24:55la propriétaire en particulier,
24:57il n'y a pas forcément
24:57les moyens de le faire,
24:58donc on arrive à une situation
25:00où les choses
25:01ne sont pas faites
25:02et l'entretien n'est pas fait
25:03et l'acte de prévention
25:04n'est pas résolu.
25:06– On va laisser le mot
25:06de conclusion à Claude,
25:08est-ce que très concrètement
25:09vous craignez
25:09l'été prochain Claude ?
25:12– Mais tout à fait,
25:13chaque année,
25:15on le craint,
25:15on est forcément,
25:17on est craintif
25:18parce que chaque année,
25:18comme je vous disais
25:20au début de démission,
25:24chaque année,
25:24il fait de plus en plus chaud
25:25et forcément.
25:28Ensuite,
25:29pour revenir sur la prévention,
25:30exactement comme vous disiez
25:31madame la sénatrice,
25:32il faut débroussailler chez soi
25:34et 50 mètres chez le voisin,
25:35mais si le voisin faisait déjà
25:37ses 50 mètres,
25:38ce serait vraiment bien.
25:40Et ensuite,
25:41comme le débroussage
25:41est obligatoire
25:42une fois par an,
25:44mais quand il pleut
25:44et que la végétation repousse,
25:46elle n'est pas recoupée,
25:48il faudrait que l'entretenir
25:49le quotidien.
25:50qu'elle soit vraiment
25:52entretenue
25:53pour le prévention.
25:54– Bien, merci en tout cas
25:55d'avoir accepté
25:56de témoigner
25:57dans cette émission,
25:58Claude.
25:58– Merci.
25:59– On va prendre maintenant
26:00la direction de Pantin
26:02en Seine-Saint-Denis.
26:03Nous allons à la rencontre
26:04de Marion de Georges.
26:06Bonjour Marion,
26:07vous, votre mari
26:08et vos deux enfants,
26:09vous vivez dans un appartement
26:11où la température
26:12est montée
26:13jusqu'à 35 degrés
26:14cet été.
26:15On va faire un petit tour
26:17de votre domicile
26:18et on en parle avec vous
26:19juste après.
26:20– Donc ici,
26:22on est chez nous
26:22et c'est un appartement
26:24qui est tout
26:25sur une même façade.
26:26Donc on a 5 portes-fenêtres
26:28qui sont exposées
26:29plein sud.
26:30On a le soleil
26:32qui tape en plein
26:33dans les fenêtres
26:33de 10h à 17h à peu près.
26:36On a la chance
26:37d'avoir des volets persiennes
26:38qu'on peut fermer.
26:39Donc on conserve quand même
26:41un peu de lumière,
26:41mais on est dans une rue
26:43où il n'y a aucune végétation.
26:44Et donc sur la façade,
26:46la température peut vite monter.
26:48On a mis un thermomètre
26:49cet été pour constater.
26:51Et aujourd'hui,
26:52ça va,
26:53c'est très correct,
26:53mais c'est monté
26:54sur la façade
26:55jusqu'à 50 degrés
26:56en fait au milieu
26:57de la journée
26:58quand le soleil
26:58tape tout le temps.
27:00– Merci de nous avoir
27:01rejoint, Marion.
27:02Comme de nombreux Français,
27:03vous avez suffoqué
27:05cet été.
27:06Qu'est-ce qui,
27:06selon vous,
27:07a été le plus dur ?
27:10– Le plus dur,
27:11ça a commencé
27:12à la première vague
27:13de chaleur.
27:14en mai,
27:15c'était très tôt.
27:17Mon petit garçon
27:18qui est né début mai
27:19avait 15 jours.
27:20Moi,
27:20j'étais en postpartum.
27:22C'est un bébé
27:22qui était allaité.
27:23C'était extrêmement difficile.
27:27C'était aussi
27:29le fait de connaître
27:30en fait cette angoisse,
27:31cette angoisse
27:33qui se déshydrate,
27:34de vérifier les signes
27:35en permanence,
27:38voilà,
27:38d'être en alerte.
27:39et puis,
27:42ce sentiment
27:43d'être pris en étau
27:44parce que nous,
27:45on n'est pas propriétaire
27:46de notre logement,
27:47on ne peut pas faire
27:47des aménagements
27:49incroyables en fait.
27:51Donc,
27:51à part acheter une clim
27:52qui passerait par la fenêtre
27:54et qui est écologiquement
27:57bof
27:57et partir,
28:00fuir temporairement,
28:01on n'avait pas vraiment
28:02de solution en fait.
28:03– Oui,
28:03on va évoquer tous ces sujets
28:04au fil de la discussion
28:05mais déjà,
28:06en ce qui concerne
28:07votre petit bébé,
28:09vous avez dû aller
28:09consulter aux urgences
28:11si j'ai bien suivi ?
28:13– Oui,
28:14à l'issue
28:14de la deuxième vague
28:16de chaleur en fait,
28:19il a fait une infection
28:20en lien avec la chaleur
28:23et donc là,
28:23on a visité aussi
28:24les urgences pédiatriques
28:25de Robert Debré
28:26où il y a également
28:28des couvertures
28:28de survie aux fenêtres
28:29parce que là-bas aussi,
28:30il fait trop chaud.
28:31– Et donc,
28:31c'était directement
28:32en lien avec la chaleur,
28:34on vous la confirmait ?
28:36– Oui,
28:37on me l'a confirmé,
28:40du coup,
28:41maintenant,
28:41ça va beaucoup mieux,
28:43il n'y a plus de soucis
28:43mais voilà,
28:45il y a ce problème
28:45du on a trop chaud
28:46chez nous,
28:46on va à l'hôpital,
28:48c'est pareil,
28:49j'ai une pensée
28:50pour toutes les mamans
28:51qui ont aussi
28:52donné naissance
28:53cet été
28:53pendant les vagues
28:54de chaleur
28:55dont les bébés
28:56ont convulsé
28:57à la naissance
28:57tellement ils avaient chaud,
28:58enfin,
28:59c'était vraiment
29:02insupportable.
29:02– Et donc,
29:03au cœur de l'été,
29:04lorsqu'il y a eu
29:06cette succession
29:06de vagues de chaleur,
29:07vous avez pris
29:08quelques jours
29:08pour aller en Normandie
29:10pour souffler,
29:11est-ce que vous avez réussi
29:12à prendre un peu d'air
29:14comme cela
29:14en quittant
29:14la région parisienne ?
29:16Oui,
29:17on a eu un peu moins chaud
29:20et c'était de fait
29:21plus agréable
29:21qu'en plein centre-ville
29:23de Pantin
29:23sans végétation,
29:25on a eu quand même
29:26un peu chaud
29:27mais il y avait
29:28l'effet,
29:29voilà,
29:29il y avait un sentiment
29:30de vacances aussi
29:32et malheureusement,
29:34la canicule
29:35s'était déplacée
29:36donc en fait,
29:36quand on est rentré
29:37chez nous,
29:37on a quand même eu
29:38deux nuits
29:39à 35 degrés,
29:41c'était très dur.
29:41Est-ce que vous posez
29:43maintenant la question
29:43d'aller vivre ailleurs ?
29:46Oui,
29:46complètement,
29:48on en a toujours
29:49parlé un peu
29:50en lame de fond
29:50avec mon conjoint
29:51parce qu'on est
29:51une famille binationale
29:54et depuis cet été,
29:55c'était vraiment,
29:56en tout cas pour ma part,
29:59un réveil
30:00mais vraiment
30:01très brutal
30:02où je me suis dit
30:03en fin de compte,
30:04on pensait peut-être
30:05un jour déménager,
30:07changer de pays,
30:09je pense qu'on va le faire
30:10d'ici les cinq ans
30:11en tout cas avant
30:14les dix ans.
30:15Quand on lit
30:16les rapports du GIEC,
30:17le GIEC nous promet
30:18qu'en 2050,
30:20c'est le retour
30:21des famines en Europe
30:22que mes enfants
30:23auront 25 ans
30:25et 30 ans
30:25et devront se battre
30:26pour boire et manger,
30:27en fait,
30:28je ne peux pas du tout
30:29envisager ça
30:30pour mes enfants.
30:31Martel Sidrec,
30:32qu'est-ce que vous avez
30:33envie de répondre
30:34à notre témoin
30:35dans cette émission ?
30:37On voit cette espèce
30:38comme ça d'anxiété
30:39qui atteint
30:41ces Français.
30:42Ça rappelle aussi
30:42la période du confinement
30:44pendant le Covid,
30:45cette anxiété aussi
30:46qui s'était emparée
30:47de nombreux
30:48de nos concitoyens.
30:49Qu'est-ce que vous avez
30:49envie de lui répondre ?
30:50Alors oui,
30:51cette anxiété,
30:51effectivement,
30:52je l'entends.
30:54C'est difficile
30:55de répondre
30:57d'une manière
30:58satisfaisante
30:59dans l'état actuel
31:00parce qu'un logement,
31:01évidemment,
31:02ça ne se modifie pas
31:03en 24 heures.
31:04C'est difficile,
31:05Madame l'a très bien dit,
31:06soit la climatisation
31:07et pourquoi pas,
31:09soit partir ailleurs,
31:10mais partir où ?
31:11Tout le monde n'a pas
31:12les moyens
31:13ni un lieu,
31:15entre guillemets,
31:15de rafraîchissement.
31:18Je vais le dire comme ça.
31:18Ça pose une vraie question,
31:21d'ailleurs,
31:21qui a été posée
31:22pendant toute la période
31:23de ces canicules
31:25qui se sont succédées
31:26cet été.
31:29Quel endroit
31:30on rafraîchit ?
31:31Comment organise-t-on
31:32effectivement
31:33peut-être le travail ?
31:35Comment est-ce qu'on fait
31:36pour des personnes
31:39plus vulnérables ?
31:40Madame qui venait
31:42d'accoucher, etc.
31:43Donc tout cela,
31:44au niveau des pouvoirs publics,
31:47doit être mené.
31:48Cette réflexion
31:49doit absolument être menée
31:50et je pense que
31:52la réponse sera
31:53en deux temps,
31:54c'est-à-dire qu'on aura
31:54une réponse
31:55entre guillemets
31:56rapide,
31:57plus rapide dans le temps
31:58avec des moyens
31:59puisque le sujet
32:00de la climatisation
32:01est revenu beaucoup
32:02cet été,
32:03qui est un pis-aller
32:04ou pas,
32:05selon comment on envisage
32:07cette solution,
32:08mais aussi sur le temps
32:09plus long.
32:09Sur le temps plus long.
32:10Regardez ce qu'écrit
32:11Michel dans l'Orne
32:12via les réseaux sociaux
32:13de Public Sénat.
32:14J'ai l'impression
32:15d'être en état de choc.
32:17J'ai connu mes premières
32:17crises d'angoisse,
32:18voire même de panique
32:19alors que je n'en avais
32:20jamais fait
32:20et je vis dans l'appréhension
32:22d'une nouvelle poussée
32:23de chaleur.
32:24Quant au sommeil,
32:24je ne sais plus
32:25ce que c'est.
32:26Christine Bost,
32:27on a dénombré au total
32:288124 décès
32:29en excès cet été,
32:31le plus lourd bilan
32:32depuis 2003.
32:34Comment est-ce qu'on fait
32:34pour éviter aussi
32:35ces drames qu'on a connus ?
32:36Je crois que la première
32:37des choses à faire,
32:38c'est de repenser
32:39la façon dont on aménage
32:40nos villes.
32:42Et vous avez été
32:43du bord de l'aise.
32:44Madame l'a très bien dit.
32:46On le voit dans sa rue
32:47et très minéral.
32:49Il n'y a aucun passage d'ombre,
32:52il n'y a pas d'arbres.
32:52Avec des façades
32:53plein sud.
32:54Aucune végétalisation,
32:55avec des façades plein sud.
32:57Les logements,
32:58donc première chose,
32:59il faut réaménager
33:00la ville différemment,
33:01il faut planter,
33:01planter,
33:02planter et planter.
33:03Et puis,
33:04il faut aussi travailler
33:05sur le bâti,
33:06sur l'existant
33:06et puis sur le devenir,
33:08sur les logements
33:08qui sont aujourd'hui
33:09en construction.
33:10On a pensé pendant des années
33:11le logement
33:12avec la question
33:14de l'isolation thermique
33:16pour l'hiver,
33:17pour le confort d'hiver.
33:18Il faut penser
33:18le confort d'été aujourd'hui
33:20et comment on empêche
33:22la chaleur
33:23de rentrer dans les immeubles.
33:25Il y a la question
33:25de la climatisation
33:26qui est une question
33:27qu'il ne faut pas éluder,
33:27qu'il faut poser,
33:28mais il faut bien mesurer
33:30les enjeux aussi
33:31de la climatisation
33:32en outrance.
33:32Le réchauffement climatique
33:34qu'elle entraîne.
33:35Oui, peut-être qu'on peut
33:36écouter Marion à ce sujet.
33:37Pourquoi est-ce que la clim,
33:39vous l'avez écartée ?
33:39Ça a été un débat
33:40dans votre foyer, Marion ?
33:42Oui, tout l'été.
33:45On n'était pas d'accord
33:46avec mon conjoint.
33:47Effectivement,
33:48moi, plutôt dans l'angoisse
33:49de ne pas vouloir revivre
33:51ces vagues de chaleur
33:53et la difficulté
33:53que ça entraînait.
33:54Et mon conjoint,
33:55mais je le rejoins aussi
33:56effectivement dans le fait
33:58que ce n'est pas une solution
34:00qui serait très efficace
34:01en faisant passer
34:02la bouche d'aération
34:02par la fenêtre
34:03et par ailleurs,
34:05écologiquement,
34:06ce n'est pas satisfaisant.
34:08Alors, si je peux me permettre
34:09de rebondir,
34:10je crois qu'il est fondamental,
34:13évidemment,
34:13comme cela vient d'être dit,
34:15de réfléchir différemment
34:16l'aménagement
34:16de notre espace collectif,
34:18de notre espace urbain.
34:21également tout ce qui est
34:22de l'ordre de la construction,
34:24l'existant et le futur.
34:26Et pour cela,
34:27il y a des métiers
34:28qui, aujourd'hui,
34:28sont totalement sous-utilisés.
34:31Je pense aux urbanistes,
34:33je pense aux architectes,
34:35parce qu'aujourd'hui,
34:36quand même en France,
34:37l'essentiel de notre patrimoine bâti
34:39se fait hors architecte.
34:40Quand même,
34:41il faut l'avoir en tête.
34:42Donc, je pense
34:42qu'il y a une véritable réflexion
34:44des pouvoirs publics
34:45qui doivent s'intéresser
34:48à qui construit aujourd'hui
34:49en France,
34:50avec quelles compétences
34:51et pour en faire quoi.
34:52Parler uniquement
34:53d'isolation thermique
34:54hivernale ou estivale
34:56n'est pas la seule solution
34:58pour que nous ayons
34:59un confort dans nos logements.
35:00Thomas Dessu,
35:00vous voyez,
35:00on parle d'investissement très lourd,
35:02on parle de repenser la ville.
35:03Qu'est-ce qu'elle fait
35:04l'année prochaine, Marion ?
35:05C'est une très bonne question.
35:07L'année prochaine,
35:08ça va être évidemment compliqué
35:09à organiser les choses
35:11de façon aussi rapide.
35:12En revanche,
35:13trouver des dispositifs légers
35:15de rafraîchissement,
35:16ça existe.
35:17Ce n'est pas satisfaisant,
35:18Madame l'a dit.
35:19Mais par contre,
35:20repenser la vision qu'on a
35:21des obligations
35:22dans les logements,
35:23c'est-à-dire intégrer la chaleur
35:25aujourd'hui comme un facteur
35:26d'insalubrité d'un logement,
35:28parce que,
35:29vous l'avez dit,
35:29des gens meurent
35:30dans leur logement,
35:30des gens ne peuvent plus dormir,
35:32ne peuvent plus y survivre.
35:34Donc, on a maintenant
35:37une responsabilité
35:38de rendre certains travaux
35:40obligatoires,
35:41y compris les propriétaires
35:42qui ne voudraient pas
35:43améliorer le confort thermique
35:45de ce genre de logement.
35:46– Vous nous avez demandé
35:47la parole, Marion,
35:48on vous écoute.
35:49– Oui, je suis tout à fait d'accord.
35:51Après, j'ai cru comprendre
35:52que les dernières mesures
35:54du gouvernement
35:55tendaient plutôt
35:55à assouplir le DPE
35:58pour les propriétaires.
35:59Donc, ma question,
36:00c'est comment on fait ?
36:02Comment on fait
36:03pour aménager nos bâtiments,
36:05les privés et les publics ?
36:07Parce que j'ai une fille
36:08de 5 ans,
36:09et cet été,
36:10au mois de mai
36:11et au mois de juin,
36:12on nous a demandé
36:13de la garder chez nous
36:14parce que dans l'école,
36:15il fait trop chaud aussi.
36:16– Et c'est au cœur
36:17de la question
36:18que vous aviez préparée
36:18pour nos sénateurs.
36:20Que peuvent les sénateurs
36:21en matière d'accélération
36:23de la rénovation thermique
36:24des bâtiments ?
36:25Martine Sidrec,
36:26la droite,
36:26qui essaye souvent
36:27d'alléger les normes
36:28qui concernent
36:29les propriétaires.
36:30Qu'est-ce que vous
36:30avez envie de dire à Marion ?
36:31– Moi, je crois
36:32qu'il ne faut pas opposer
36:34l'approche sur ce volet-là.
36:36Je crois qu'il est fondamental
36:37de toute façon
36:38d'accompagner
36:39tout ce qui va
36:39dans le sens
36:40de l'amélioration
36:41du confort,
36:41qu'il soit thermique
36:42mais qu'il soit aussi
36:43sur le bruit.
36:45Parce que là aussi,
36:46aujourd'hui, évidemment,
36:47on parle essentiellement
36:48de cela,
36:48mais il y a aussi
36:50au niveau de nos constructions
36:51de notre bâti,
36:53d'autres points
36:54sur lesquels
36:55il nous faudra
36:55une amélioration.
36:56Et pour cela,
36:57moi,
36:58parce que ce sont
37:00des experts
37:01avec lesquels
37:02nous travaillons tous
37:03dans nos collectivités,
37:04nos élus les connaissent bien,
37:05les urbanistes,
37:06les architectes,
37:07il faut les associer
37:08véritablement en amont
37:09y compris aujourd'hui
37:11dans les débats
37:11et les questions
37:12que l'on doit apporter
37:13à nos concitoyens
37:14qui souffrent
37:15parce qu'ils sont
37:15dans des passoires thermiques
37:17que ce soit hiver
37:18ou été,
37:19de manière à ce qu'on puisse
37:20trouver une solution
37:21de transition
37:21mais aussi des solutions
37:23à long terme.
37:24Et c'est pour ça,
37:25j'insiste,
37:26nous avons deux temps,
37:27le temps immédiat
37:28et le temps plus long.
37:29Allez,
37:30on avance dans cette émission.
37:30Je voudrais remercier Marion
37:31qui a témoigné
37:33dans Dialogue citoyen
37:34direction les Deux-Sèvres
37:36pour aller à la rencontre
37:37de notre personne suivante
37:39qui nous attend,
37:40un agriculteur installé
37:41depuis 2017
37:43sur la commune de Vencey.
37:44Bonjour,
37:45Rémi,
37:46Laurent Daud,
37:47merci d'être avec nous.
37:48Comme de nombreux maraîchers
37:50en France,
37:50vous avez vécu
37:51un été très dur,
37:52la chaleur a autant mis
37:54à l'épreuve
37:55les légumes
37:55que les professionnels,
37:57une sécheresse
37:58qui dure encore
37:59ces jours-ci.
37:59Dans le Finistère,
38:00en Bretagne,
38:01le préfet qui a même parlé
38:03il y a quelques jours
38:03d'un risque de coupure d'eau,
38:05une possibilité bien réelle
38:07s'il ne pleut pas
38:07dans les prochaines semaines.
38:09Notre journaliste
38:10Cécile Cixoux
38:11est partie
38:12à votre rencontre,
38:13Rémi.
38:13On regarde son reportage,
38:15on en parle juste après
38:15avec vous.
38:17Des punaises
38:18sur les plants de tomates.
38:21Avec les fortes chaleurs,
38:23Rémi Lorando,
38:24maraîcher dans le bio
38:25depuis 10 ans,
38:26avancé dans les Deux-Sèvres,
38:27a constaté la présence
38:29de nouveaux habitants
38:30dans ses serres.
38:32Insectes,
38:32acariens,
38:33chenilles
38:33se sont réfugiés ici
38:34pour fuir les fortes chaleurs.
38:36Là, c'est une chenille
38:37qui est rentrée à l'intérieur.
38:40Les insectes,
38:41comme ils n'ont plus rien
38:41à manger à l'extérieur,
38:44ils viennent ici
38:44parce qu'il y a
38:45de la nourriture à foison.
38:47La production
38:47a été impactée,
38:49on va dire,
38:49il y a eu à peu près
38:5030% de pertes
38:51pour le moment.
38:52Si les dégâts causés
38:53par les canicules
38:54à répétition
38:54sont limités dans ses serres,
38:56dans ses champs,
38:57ce n'est pas le cas.
38:58Les poireaux,
38:59normalement,
38:59ils devraient être
39:00touche-touche.
39:01On en a un
39:02tous les 10 centimètres.
39:03Là, on voit bien,
39:03c'est complètement éparâtre.
39:05Il estime avoir perdu
39:06entre 50 et 70%
39:09de ses plantations.
39:10Poireaux, choux,
39:11mais aussi pommes de terre
39:12qu'il doit récolter
39:13dans quelques jours.
39:14On a fait
39:15quelques échantillonnages.
39:16On sait que les rendements
39:18vont être catastrophiques.
39:19Moi, je suis habitué
39:19à faire une dizaine
39:21de tonnes
39:22sur un demi hectare
39:24à l'année.
39:25Là, je table
39:26sur du 2-3 tonnes.
39:27Vu l'énergie
39:28qu'on y a consacrée
39:29cet été,
39:31on est désemparé.
39:32Que d'efforts,
39:33que d'efforts,
39:33que d'efforts pour ça.
39:35Des efforts.
39:36C'était Thérémy
39:37à travailler
39:37tous les jours
39:38avec son salarié,
39:39souvent aux aurores,
39:40pour éviter
39:41des fortes chaleurs.
39:43Fatigué physiquement,
39:44il l'est aussi
39:45psychologiquement
39:46et s'interroge
39:47sur son avenir
39:48car pour survivre,
39:49il va devoir faire
39:50un nouveau prêt.
39:51J'ai fait des prêts
39:52à mon installation.
39:53J'avais fait
39:54plusieurs prêts
39:55pour investir
39:55dans du matériel,
39:56etc.
39:57Et je finissais les prêts.
39:58Donc,
39:59c'était pour moi
40:00un bol d'air.
40:00Là,
40:01je n'ai pas envie
40:02aujourd'hui
40:03de réinvestir
40:04pour de la trésorerie.
40:05Rémy se donne
40:06jusqu'à fin octobre
40:07pour se décider.
40:08Comme lui,
40:09dans les Deux-Sèvres,
40:0964% des agriculteurs
40:12envisagent
40:12d'arrêter leur activité.
40:15Bonjour Rémy,
40:15merci de nous avoir rejoints.
40:17Est-ce que vous avez
40:17une estimation
40:18des pertes
40:21de récolte
40:21pour 2026 ?
40:23L'estimation de pertes,
40:25là,
40:25elle s'affine
40:25de jour en jour
40:26puisqu'on récolte.
40:29Donc là,
40:29on est à 70%
40:30sur
40:31en plein champ.
40:33Certaines cultures,
40:34c'est 200%,
40:34notamment
40:35les cheveux d'hiver,
40:36etc.,
40:36qui n'ont qu'à
40:37mai
40:37le 14 juillet.
40:42Donc voilà,
40:43oui,
40:43c'est une année
40:43catastrophique.
40:44Mais pour autant,
40:46on est capable
40:47de se relever
40:48en relançant
40:49des cultures
40:49rapides.
40:50En maraîchage,
40:52on est coutumier
40:53de ce fait.
40:54Il ne faut pas oublier
40:55que le début d'année
40:56a été marqué
40:56par des inondations.
40:58En janvier,
40:59février,
40:59moi,
40:59j'ai perdu
40:59toutes mes patates
41:00qui meurent,
41:01donc tout mon salaire
41:02au mois de mai,
41:03en gros.
41:04Donc,
41:04on a réussi
41:05à se relever,
41:06mais enchaîner
41:07la canicule
41:08sur canicule,
41:09sécheresse,
41:10qui est toujours là.
41:11Là,
41:11on arrive
41:12en plein champ
41:13les trucs
41:13qu'on a replantés.
41:15et sous serre,
41:16évidemment,
41:17ça continue
41:17l'irrigation,
41:18ça ne s'arrête pas.
41:20Est-ce que vous avez
41:21pris votre décision
41:22par rapport
41:22à ce que Cécile Cigsou
41:24évoquait dans le reportage,
41:25cette perte de sens ?
41:27Est-ce que vous avancez
41:28dans votre réflexion
41:28sur ce sujet ?
41:31Oui,
41:32ça s'affine.
41:33Moi,
41:33j'ai décidé
41:33à la fin du mois.
41:36Donc,
41:36il y a des jours avec,
41:38il y a des jours sans.
41:39Là,
41:40j'ai traversé
41:40un week-end difficile,
41:41ma pompe dans mon cul
41:42a lâché
41:43parce qu'il n'y a plus d'eau,
41:44il n'y a presque plus d'eau,
41:45donc elle chauffe.
41:46Donc,
41:47il va falloir réinvestir
41:48dans une pompe
41:49si on ne sache pas
41:51si on va avoir des aides
41:52parce qu'aujourd'hui,
41:53les annonces
41:53qui ont été faites
41:54ne vont pas dans ce sens,
41:56ne vont pas aider
41:56les petites structures
41:57les plus résilientes
41:58face au changement climatique.
42:00Ce n'est surtout pas
42:01les bio,
42:01malheureusement.
42:03Donc,
42:03voilà,
42:05on est partagé.
42:06Est-ce que je réinvestis
42:08ou pas ?
42:08Et c'était toujours là.
42:10Il y a mon salarié,
42:11évidemment.
42:12Si j'arrête,
42:14il a 54 ans.
42:15Pour lui,
42:16ça va être très compliqué
42:16de trouver un autre travail.
42:18Donc,
42:18humainement,
42:19c'est compliqué
42:20de prendre la décision.
42:20Après,
42:21je ne m'arrêterai pas
42:21brusquement.
42:23Je vais peut-être
42:23chercher une autre activité
42:25ailleurs
42:25que la plupart
42:26de mes collègues
42:27ont déjà fait
42:28ou sont en train
42:29de faire
42:30pour un constat
42:31dans mon secteur
42:32en 2019,
42:33on était une vingtaine
42:34de maraîchers et maraîchères.
42:36Là,
42:36à la fin du mois,
42:37on sera plus de trois
42:38et peut-être au mois de novembre
42:39ils sont plus que d'autres.
42:41Thomas Dossu,
42:42est-ce que vous voulez réagir
42:43en premier ?
42:44Qu'est-ce que ça vous éveille
42:45que ce témoignage
42:45et ces agriculteurs
42:46qui réfléchissent maintenant
42:47à quoi t'ont changé
42:48de métier ?
42:49C'est quand même
42:49un niveau de gravité
42:50dans la crise qui est…
42:51C'est évidemment dramatique
42:53mais ça fait écho
42:54à un certain nombre
42:55de textes
42:55qu'on a votés ici
42:56agricoles
42:57qui ont plutôt prolongé
42:58un modèle
42:59qui était en bout de course
43:00y compris récemment
43:00avec la deuxième loi
43:02du plomb
43:03qui aujourd'hui
43:04ne correspond pas
43:06aux besoins
43:06de ce type
43:07de culture
43:08et qui aujourd'hui
43:09a prolongé
43:10un système
43:11et a même
43:12modifié
43:12la démocratie
43:13de l'eau
43:13avec une part
43:15plus importante
43:15pour certaines catégories
43:17d'agriculteurs
43:17et j'ai aussi
43:20dialogué
43:20dans cette dernière
43:20campagne sénatoriale
43:21avec d'autres
43:22agriculteurs
43:22de mon territoire
43:22qui faisaient remonter
43:23la même chose
43:24notamment sur les aides
43:25qui n'aident pas
43:26ce type d'exploitation
43:27les aides d'urgence
43:28qui ont été débloquées
43:29suite à cet été
43:30et qui ne correspondent pas
43:31aux besoins
43:31d'un certain nombre
43:32d'exploitations
43:33notamment maraîchères.
43:34Oui, Martin de Sidrec
43:34est-ce qu'on peut aider
43:35face à un tel désarroi
43:37simplement avec des aides
43:38quand on voit
43:38que c'est tout le modèle
43:40même de l'agriculture
43:41dans ces zones
43:41qui est à repenser ?
43:43Bien sûr
43:44mais comme beaucoup
43:44d'autres modèles
43:45en fait
43:46là on parle évidemment
43:47de l'aspect agricole
43:48bien sûr
43:49sur le sujet de l'eau
43:50il y a encore
43:51du travail à faire
43:51et peut-être
43:53c'est un sujet
43:53qui sera amené
43:55à être étudié
43:56et examiné
43:57ici au Sénat
43:58forcément
43:58les parlementaires
43:59ne pourront pas
44:00faire l'économie
44:01d'un débat
44:02autour de l'eau
44:03en tout cas
44:03moi je fais partie
44:04de ceux qui le souhaitent
44:05c'est important
44:06pour toutes
44:08nos exploitations
44:09qu'elles soient
44:10grandes ou petites
44:10et aussi
44:11pour l'ensemble
44:12des activités
44:13puisque évidemment
44:15l'exemple de monsieur
44:16est particulièrement saillant
44:17mais il y a
44:19beaucoup d'autres activités
44:20qui risqueraient
44:21d'être impactées
44:21avec ces fortes chaleurs
44:22ces canicules
44:23et donc
44:24cette sécheresse potentielle
44:26qui peut se répandre
44:27de plus en plus
44:27dans beaucoup
44:28beaucoup de territoires
44:29et donc
44:30ce prêt à taux zéro
44:31qui est annoncé
44:32par le gouvernement
44:32c'est à la hauteur
44:33selon vous ?
44:34Écoutez
44:34je ne me prononcerai pas
44:37à cette étape là
44:37je ne pourrais pas vous dire
44:39je pense que
44:39si ça peut aider
44:40un certain nombre
44:41de nos agriculteurs
44:42de nos maraîchers
44:43pourquoi pas
44:43pourquoi pas
44:45mais je pense
44:46que ça ne suffira pas
44:47en tout cas
44:48ma conviction intime
44:49c'est que
44:49ça ne peut pas suffire
44:50à long terme
44:51ça ne peut pas être
44:52la solution
44:53pour ce type de problème
44:55Oui
44:55Christine Bost
44:57est-ce que vous aussi
44:57vous vous dites
44:58il va falloir repenser
44:59là où on produit
45:01certaines denrées
45:02par rapport à là
45:03où on les produisait
45:03hier et aujourd'hui
45:04par contre
45:05on change comme ça
45:06aussi nos méthodes
45:07J'ai l'expérience
45:07d'être maire d'une commune
45:09je suis encore maire
45:10pendant quelques temps
45:11d'une commune
45:12qui est une commune
45:13dans la métropole de Bordeaux
45:15mais qui a la particularité
45:16d'être une cité maraîchère
45:17avec une dizaine
45:18d'exploitations maraîchères
45:20donc ce qu'évoque monsieur
45:21ça me parle considérablement
45:24parce que nos maraîchers
45:25ils subissent
45:26ce que vous venez de subir
45:27cet été
45:28la sécheresse
45:29la canicule
45:29peut-être des épisodes de grêle
45:31je ne veux pas être chat noir
45:33mais peut-être des épisodes de grêle
45:34nous c'est ce qu'on vit régulièrement
45:37et moi je suis admirative
45:39des maraîchers
45:39qui sont des agriculteurs militants
45:42qui ont envie de continuer
45:45à cultiver leur terre
45:46pour faire vivre
45:47les habitants des alentours
45:49du territoire
45:51et ils sont
45:52je crois aujourd'hui
45:53arriver à un point de rupture
45:55c'est ça qu'on entend
45:56dans ce témoignage de Raymond
45:57saison après saison
45:58récolte après récolte
46:00c'est autour de 60%
46:02en tout cas sur ma commune
46:03des récoltes
46:04qui ne seront pas
46:05qui ne seront pas relevées
46:06qui ont été perdues
46:07durant l'été
46:08donc il y a vraiment besoin
46:10d'un accompagnement fort
46:13mais pas que
46:14au travers de la loi de finances
46:16cet accompagnement
46:17ça doit être aussi
46:17celui des banques
46:18les banques
46:19qui rechignent
46:20à retarder
46:21les échéances
46:23les échéances de prêts
46:24les assureurs
46:26qui ne veulent pas assurer
46:27certes pour certains
46:28pour certains dommages
46:29donc vous savez le fait
46:30que pardon
46:30madame
46:31il faut qu'on rouvre
46:33le débat sur l'eau
46:34vous dites
46:35c'est une bonne chose
46:36que d'autres sénateurs
46:38vous puissiez reposer
46:39aussi ces questions
46:40qui sont centraux aussi
46:41qui sont centrales aussi
46:43pour les agriculteurs
46:44évidemment
46:45Rémi
46:46vous vouliez réagir
46:46à ce qui a été dit
46:47en plateau
46:48par nos sénateurs
46:51oui
46:52sur deux points
46:53notamment sur l'eau
46:55je suis à 3 km
46:56de Saint-Céline
46:57un grand débat
46:58je suis érigant
46:59de par des coûts
47:00obligé de régler
47:01ce qu'il ne faut pas
47:03mais aujourd'hui
47:04je dois payer
47:05une faille
47:05dans d'autres
47:05alors que je suis en bureau
47:07je paye la dépollution
47:08ah voilà
47:09il y a beaucoup
47:10d'incohérences
47:10là-dessus
47:11et notamment
47:12sur le plan
47:13qu'il y a
47:14là on se sentit
47:15complètement délaissé
47:16parce que
47:17on ne peut pas
47:17en compte
47:18dans plein d'aides
47:20d'enveloppe
47:21alors certains départements
47:22ont fait des efforts
47:22en vernis
47:23mais bon
47:24on est déjà assez marqué
47:26par cet été
47:28où il y a un grand plan
47:29pour acheter
47:30des engrais
47:32nous on n'utilise pas
47:33dans la chimique
47:34donc on n'est pas
47:35on n'est pas concerné
47:37les aides
47:38pour le GNR
47:39nous c'est pas
47:40on a très peu de traiteurs
47:41donc voilà
47:42toutes les annonces
47:43qui ont été faites
47:43ne vont pas vers nous
47:44ne sont pas dirigées
47:46vers toutes les petites structures
47:48et c'est pour ça
47:49que beaucoup abandonnent
47:51mentalement
47:51c'est très compliqué
47:52quand on n'est pas soutenu
47:54financièrement
47:55c'est pas possible
47:56et d'ailleurs
47:56pour revenir aux banques
47:58même si les banques
48:00peuvent nous faire des prêts
48:01à peu zéro
48:01ils vont nous demander
48:03des garanties
48:03et nous on n'a pas
48:04d'attaque
48:05de traiteux
48:06on a pris de l'impôt
48:08l'aide au bio
48:09a été supprimée
48:11à BAC
48:11l'année dernière
48:13enfin voilà
48:14on a tellement de mesures
48:15qui vont à l'encontre
48:16en fait de nos protections
48:18c'est compliqué de tenir
48:19une réaction
48:21je vais y réagir
48:22pendant son témoignage
48:23c'est évident
48:24qu'y compris ici au Sénat
48:26on a voté
48:27un certain nombre de textes
48:28où on faisait la chasse
48:29à l'agréo
48:30enfin les sénateurs
48:31notamment LR
48:32faisaient la chasse
48:33à tout soutien
48:34l'agroécologie
48:35et au bio
48:35et aujourd'hui
48:36on voit les impacts
48:36sur un certain nombre
48:37de cultures
48:39et monsieur habite
48:40à quelques kilomètres
48:42de Sainte-Soline
48:43on a un ministre
48:44de la transition
48:45qui a réautorisé
48:46la méga-bassine
48:47à pomper
48:47dans la nappe phréatique
48:48donc on est vraiment
48:49dans un modèle
48:50qui ne va plus
48:50et qui aujourd'hui
48:52continue d'être soutenu
48:53par ce gouvernement
48:53et la majorité sénatoriale
48:55et ça c'est
48:55à mon avis dramatique
48:56pour ce type de culture
48:57qui ça a été dit
48:59vient nourrir le territoire
49:01de façon
49:02à une multiculture
49:03et en plus
49:04de façon
49:05à ne pas abîmer
49:06la ressource en eau
49:07donc c'est dommage
49:07Madame de Cédrac
49:08on voit
49:08il y a toutes ces mesures
49:09qui sont annoncées
49:10et qui ne concernent pas
49:11les petites structures
49:12et la question du modèle agricole
49:14qu'aimerait poser
49:15les écologistes
49:15sur la table
49:16également
49:17vous l'entendez ?
49:17Bien sûr
49:18le modèle agricole
49:19mais ce modèle agricole
49:20n'est pas que français
49:20le modèle agricole
49:22aujourd'hui
49:22doit nous interroger
49:23on est sur une planète
49:25où les échanges
49:26se font
49:27d'un bout du monde
49:28à l'autre bout du monde
49:29avec évidemment
49:31des agricultures
49:32avec des importations
49:33avec des exportations
49:34je pense que
49:35tout cela
49:36doit être interrogé
49:37on ne peut pas prendre
49:38juste un aspect
49:39du problème
49:40donc c'est véritablement
49:42l'ensemble
49:42et il faut poser
49:43les modèles agricoles
49:44il faut opposer
49:46vous dites
49:46non il ne faut pas
49:47opposer les modèles
49:47il faut simplement
49:48s'interroger
49:49qu'est-ce qui est
49:50le plus adapté
49:50à notre territoire national
49:52et c'est ce modèle-là
49:54qu'il va falloir prévaloir
49:56et j'insiste là-dessus
49:58nous sommes dans une période
49:59d'adaptation
50:01une période de transition
50:02où chacun cherche
50:04la solution
50:05la bonne solution
50:06donc je ne pense pas
50:07qu'il faille opposer
50:08véritablement
50:10les positions
50:11des uns et des autres
50:12parce que moi
50:13je ne me résous pas
50:15à penser
50:16que nous ne souhaitions pas
50:17tous trouver
50:18la bonne solution
50:19pour nos agriculteurs
50:21pour nos maraîchers
50:22pour les français
50:23de façon générale
50:24c'est évident
50:25je voudrais remercier Rémi
50:26qui a témoigné
50:27dans cette émission
50:28et à faire avec vous
50:29un dernier tour de table
50:29pour un peu faire le bilan
50:31de cette émission
50:31qu'est-ce que vous retenez
50:32de tous ces échanges
50:33est-ce qu'on est passé
50:35trop vite
50:36sur tout ce qui s'est passé
50:37cet été
50:38est-ce que vous trouvez
50:38qu'on a le bon niveau
50:39de réflexion
50:39avec le recul
50:41sur tous les cataclysmes
50:42qu'on a vécu en France
50:43madame Bosch
50:43je pense que ça fait
50:44quelques années
50:45qu'on n'a pas le bon
50:45niveau de réflexion
50:46parce que ce qui s'est passé
50:48cet été
50:49c'était prévisible
50:50nous on a connu
50:51les incendies de 2022
50:52on n'imaginait pas
50:54que ça puisse être
50:55à la test de bûche
50:56que ça puisse se reproduire
50:58bon c'était pire
50:59cette année
51:00oui c'était les pires
51:01depuis 1949
51:02voilà on s'attend
51:03à ce que l'année prochaine
51:04enfin on n'espère pas
51:05on espère qu'on aura
51:06les moyens aériens
51:07qui permettront de les éviter
51:08mais les conditions
51:10climatiques
51:11elles sont là
51:11pour que ça se renouvelle
51:13donc il faut arrêter
51:16d'attendre
51:16le réchauffement climatique
51:17et ne nous attend pas
51:18et donc il faut prendre
51:19il y a des mesures
51:20à prendre
51:21de toute urgence
51:22pour répondre
51:25aux problématiques
51:26d'habitat
51:27pour accompagner
51:29notre agriculture
51:30et je ne pense pas
51:31qu'il faille niveler
51:32par le bas
51:33l'agriculture
51:33je pense que la France
51:34a des choses à imposer
51:35au niveau européen
51:37et au niveau international
51:38et il faut arriver
51:39à poser ça
51:41Thomas Dossu
51:42on voit que c'est des débats
51:42extrêmement politiques
51:43au départ on part
51:44de point de vue
51:46très concret
51:46de nos citoyens
51:47qui témoignent
51:48et en fait on va très vite
51:49vers des débats de société
51:50sur les modèles de société
51:51qu'on souhaite plus tard
51:52c'est des modèles
51:53qui doivent maintenant
51:53être interrogés
51:54au sein de l'hémicycle
51:55politiquement
51:55bien sûr
51:56mais on a un peu
51:56dos au mur
51:57c'est-à-dire qu'on a besoin
51:58d'avoir des réponses
51:58d'urgence
51:59aux personnes
52:00qui ont été touchées
52:01fortement cet été
52:02et en même temps
52:03avoir une réflexion
52:03de pilotage stratégique
52:05d'adaptation de notre territoire
52:06dans les 10-15 ans
52:08qui viennent
52:08parce que les rapports
52:09scientifiques on les a
52:10les rapports même financiers
52:12on les a
52:12la Cour des comptes
52:12avait travaillé dessus
52:14toutes les données
52:14nous en tant que législateurs
52:16on les a
52:16maintenant il s'agit
52:17de traduire ça en actes
52:18et de voir un peu plus
52:19un peu plus à moyen terme
52:21et d'arrêter
52:22aujourd'hui
52:23de détricoter
52:23toute forme de réglementation
52:24en la matière
52:25pour pouvoir avancer
52:26et se projeter
52:27dans un avenir
52:30plutôt positif
52:30parce que
52:31quand on entend
52:32tous ces témoignages-là
52:32on se demande
52:34comment on vivra
52:35même l'année prochaine
52:36donc on a besoin
52:37aujourd'hui de nous
52:38en tout cas
52:38de donner des perspectives
52:39et une vision de l'avenir
52:41qui permettra
52:42de vivre encore
52:44normalement
52:45sur notre territoire
52:45et le mot de la fin
52:46pour vous
52:46il peut y avoir du consensus
52:48sur ces questions
52:49oui je pense
52:49qu'il peut y avoir consensus
52:50il faut qu'il y ait consensus
52:51de toute façon
52:52sinon on ne pourra pas avancer
52:53et moi je crois simplement
52:55qu'il faut absolument
52:56que dans nos politiques publiques
52:57on intègre totalement
52:59le risque climatique
53:00qui existe
53:01qui est réel
53:01et qui peut se reproduire
53:03de façon tout à fait
53:04imprévisible
53:05et imprévue
53:05avec des intensités variables
53:07et si on ne prend pas
53:09aujourd'hui
53:09au regard
53:10de ce que l'on a vécu
53:11la mesure de tout cela
53:13je pense qu'on va se reparler
53:15dans un an
53:16on va se redire
53:16les mêmes choses
53:17donc on va essayer
53:18d'éviter cela
53:18et il faut absolument
53:20bien évidemment
53:21dans l'immédiat
53:22protéger nos concitoyens
53:23évidemment les accompagner
53:25dans les difficultés
53:26qu'ils traversent
53:27mais il faut absolument
53:29qu'on se projette
53:30et qu'on se projette
53:31de manière transversale
53:32il faut que toutes
53:33nos politiques publiques
53:34soient irriguées
53:35par ce sujet là
53:36et bien merci
53:36Martel Sidrec
53:37merci à tous les trois
53:38d'avoir participé
53:39à cette émission
53:40merci également
53:41à nos citoyens
53:42qui ont témoigné
53:43dans ce nouveau numéro
53:44de Dialogue Citoyens
53:45également je veux remercier
53:46le maire de la commune
53:48de Villars-Saint-Sauveur
53:49avec qui nous devions
53:50être en liaison
53:50mais la connexion
53:51n'était pas possible
53:53un grand merci
53:54également aux équipes
53:55techniques et éditoriales
53:56qui ont permis
53:57de réaliser cette émission
53:58qui est à retrouver
53:59sur publicsena.fr
54:01également disponible
54:02en podcast
54:03sur toutes les plateformes
54:04n'hésitez pas
54:05à nous suivre
54:06sur les réseaux sociaux
54:07Instagram, Facebook
54:08ou X
54:09on vous partage
54:10très prochainement
54:10notre prochain thème
54:12d'émission
54:12pour vous proposer
54:13de réagir
54:14à très vite
54:15sur Public Sénat
54:17ce que j'en pense
54:19j'ai été touchée
54:20par les différents témoignages
54:21déjà
54:21des personnes
54:23qui étaient présentes
54:28c'est clair
54:29il y a quand même
54:29un vrai souci
54:32général
54:34sur le plan
54:35de la planète
54:35du climat
54:36la conclusion
54:36c'est à vous
54:37vraiment
54:38on manque d'émission
54:39à long terme
54:40j'ai rarement été d'accord
54:41avec autant de personnalités
54:43politiques en même temps
54:44mais c'est parce que
54:47on est tous d'accord
54:48que la situation
54:49est catastrophique
54:50et on est tous d'accord
54:50que rien n'a été fait
54:52assez tôt
54:53de la situation
54:54et on est tous d'accord
55:02et on est tous d'accord
55:02Merci.