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Conférence de presse de l’AJP : M. Eric Coquerel, Président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis

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00:18:29Et on votera contre et on battra la partie recette. Oui, mais la question, c'est est-ce que vous
00:18:34envisagez par ailleurs de déposer une motion de censure spontanée s'il n'y a pas de 49.3 ?
00:18:38Pas sur le budget. Il est possible. On a laissé entrevoir que si le gouvernement, si les mobilisations repartent, par
00:18:47exemple, lycéens, étudiants et que le gouvernement ne répond pas au bout d'un moment aux revendications de ce mouvement,
00:18:53on pourrait être amené dans ces cas-là à déposer une motion de censure sur cette question-là, mais pas
00:18:58sur la question du budget.
00:18:59On déposerait une motion de censure sur le budget en cas de 49.3 et évidemment en cas d'ordonnance,
00:19:06mais pas préventive.
00:19:10Vous disiez à l'instant que Marine Le Pen était dans une stratégie pour rassurer les marchés financiers. Vous, vous
00:19:16avez présenté avec Jean-Luc Mélenchon, on l'évoquait en introduction, votre contre-budget que vous avez qualifié, je crois,
00:19:23de raisonnable et crédible avec des chiffres néanmoins qui peuvent impressionner.
00:19:29Vous avez 106 milliards d'euros de recettes supplémentaires, 81 milliards de dépenses nouvelles. On a vu un certain nombre
00:19:37de réactions politiques dès hier soir.
00:19:41Est-ce que vous considérez véritablement que tout cela est raisonnable et crédible quand vous voyez les critiques que vous
00:19:49font vos adversaires ?
00:19:50Alors déjà, je pense que c'est un budget qui est à même de rassurer tous ceux qui produisent les
00:19:55richesses dans ce pays. Quand je dis tous ceux qui produisent les richesses dans ce pays, je ne parle pas
00:20:00seulement des salariés.
00:20:01Je ne parle pas seulement des artisans, des commerçants, des agriculteurs, etc. Je parle aussi, par exemple, de toutes les
00:20:08entreprises dont le souci n'est pas avant tout, j'allais dire, d'accumuler une rente au profit des actionnaires
00:20:16qui dépassent l'entendement,
00:20:17mais de gagner des parts de marché, d'essayer de produire des nouveautés, d'essayer d'oeuvrer sur des relocalisations.
00:20:28Enfin tous ceux qui sont, on va dire, producteurs de richesses dans ce pays.
00:20:33Ils sont nombreux, y compris chez les chefs d'entreprise. Par contre, effectivement, ça fait un constat. Le constat, il
00:20:40est simple. Et là-dessus, je vois que ceux qui nous attaquent sur les réseaux sociaux depuis hier
00:20:45ne répondent pas. C'est que les recettes depuis 2017 ont baissé de 2,1 points par rapport au PIB.
00:20:56Les dépenses publiques ont baissé de 0,4 points.
00:20:59Ce ne sont pas donc les dépenses publiques qui expliquent le déficit, mais bien évidemment le fait qu'on s
00:21:07'est privé de recettes. Si on avait, par exemple, conservé les recettes de 2017
00:21:12et qu'on imagine qu'elles seraient uniquement consacrées au déficit, on aurait aujourd'hui un chiffre de déficit à
00:21:182,9%. Et ces recettes, et quand je dis ça, je ne caricature personne,
00:21:24c'était le pari assumé du macronisme. Elles ont favorisé le capital et un capital non productif. Le macronisme espérait
00:21:35quelque part que ça soit un capital productif.
00:21:37Donc l'idée, c'était de dire on va faire des cadeaux fiscaux majeurs au capital pour qu'ils viennent
00:21:43dans le pays et qu'à partir de là, ça ruisselle, ça crée de l'emploi,
00:21:46ça crée de l'industrie, ça crée de l'investissement. Tous les chiffres économiques de cette année montrent que ça
00:21:53a échoué. Il y a un seul chiffre qui montre que ça n'a pas échoué
00:21:56pour ceux qui ont bénéficié de ça, c'est qu'on est champion d'Europe des dividendes, vice-champion du
00:22:01monde des dividendes. Voilà, c'est le seul chiffre.
00:22:03Donc on voit bien où est parti l'argent. Il est parti dans une accumulation de richesses totalement inédite depuis
00:22:09le début du XXe siècle dans ce pays,
00:22:11qui a fait en sorte qu'on a maintenant quelques dizaines de milliers de personnes. Alors le Conseil des prélèvements
00:22:19obligatoires, le chiffre,
00:22:20pour ceux qui payent l'impôt sur le revenu, c'est 1% des plus riches qui a bénéficié du
00:22:25macronisme. Et ça ne tient pas compte là-dedans de ceux qui ne payent pas
00:22:29d'impôt sur le revenu. Donc on les voit même pas. J'allais dire que c'est les nouveaux invisibles
00:22:33qui, par milliers, en réalité, payent moitié moins d'impôt
00:22:39proportionnellement à l'ensemble des Français, sauf que c'est sur des richesses qui se comptent en dizaines de milliards
00:22:45d'euros.
00:22:46Ce ne sont que ces gens-là sur lesquels nous comptons récupérer de l'argent. Que ces gens-là. Il
00:22:51y a juste un impôt qu'on reconstitue encore partiellement,
00:22:54uniquement sur les dernières suppressions, qui est la CVAE, qui, on va dire, touche un peu au-delà, même si
00:22:59en réalité, il se concentre sur les grandes entreprises.
00:23:00Tout le reste touche essentiellement, en réalité, cette part du capital qui part, non pas vers la production, mais vers
00:23:09l'accumulation des richesses,
00:23:10de la rente capitaliste. Voilà. Bon. Donc c'est un choix. Et en contrepartie, nous, ce qu'on peut faire,
00:23:15c'est qu'effectivement,
00:23:16on met 82 milliards de dépenses pour répondre aux besoins des Français, qui sont évidents, dans les urgences,
00:23:23que ce soit la question, justement, de répondre aux mouvements lycéens et étudiants, que ce soit les questions de lutter
00:23:31pour faire face de mieux dans les années à venir
00:23:35face à la canicule, les incendies, la sécheresse que j'ai exposée dans une mission d'information il y a
00:23:41peu, que ce soit pour permettre de financer
00:23:44une vraie politique contre les violences faites aux femmes et aux enfants, que ce soit pour lutter contre le sans
00:23:51-abris,
00:23:52et puis globalement, pour revenir sur les coupes budgétaires qui impactent des ministères aussi essentiels que le travail,
00:23:58la culture, le sport, l'aide au développement, etc., qu'ils ont subi depuis des années. Voilà. Plus le fait
00:24:03de remettre du pouvoir d'achat
00:24:04par les points d'indice des fonctionnaires. Je vous rappelle qu'ils se gèlent depuis 8 années sur 10 sous
00:24:10le macronisme
00:24:11pour permettre aux ministères sociaux d'être indexés sur l'inflation, voire pour l'APL d'être augmentés de 10%.
00:24:16Tout un mécanisme qui ne peut que, j'allais dire, alimenter les carnets de commandes, mais aussi avoir un effet
00:24:26inverse
00:24:29à ce que fera la politique macroniste, c'est-à-dire de produire un effet contre-récessif et, de ce
00:24:37point de vue-là,
00:24:37arranger les choses. Je termine sur le jeu. Je vois que je suis long, mais juste pour présenter.
00:24:46Le budget que nous présentons, non seulement nous répondons à hauteur de 82 milliards que nous injectons dans l'économie,
00:24:55mais en plus, nous réduisons le déficit de 25 milliards. Et en réalité, nous l'amenons à 5%.
00:25:01Et comme nous considérons que la politique que nous mettons en place aura un effet positif sur la croissance,
00:25:090,4, 0,5%, ça le calcul, reste à affiner, en réalité, on fera mieux que les macronistes sur les
00:25:14déficits.
00:25:15Voilà ce qu'on propose.
00:25:17Chantal va vous poser une question, ce qui vous permettra de reboire un peu d'eau, si vous voulez.
00:25:20Est-ce que dans un pays qui connaît déjà un fort déficit commercial, vos 82 milliards vont surtout servir à
00:25:27enrichir les ouvriers chinois ou étrangers ?
00:25:32Enfin bon, c'est surtout aussi un pays qui, pour la moitié du PIB, la moitié du PIB en France
00:25:38est construit sur la consommation intérieure.
00:25:41Déjà, de toute façon. Donc si on essaie de me convaincre qu'il est positif que le pouvoir d'achat
00:25:51baisse comme il baisse depuis 2 ans,
00:25:53parce qu'au final, du coup, les gens ne vont plus acheter des produits chinois, je pense qu'économiquement, ça
00:25:57ne tient pas la route.
00:25:58Je veux dire que, quels que soient les produits, quelque part, le fait d'avoir une consommation intérieure importante,
00:26:04d'un pouvoir d'achat important à un aspect positif sur le PIB de manière incontestable.
00:26:11La deuxième chose, c'est que ce que nous mettons en place, par exemple, quand nous favorisons l'idée de
00:26:20davantage de rénovation d'EHPAD thermique,
00:26:24d'EHPAD, d'hôpitaux, d'écoles, de logements, de bouillard thermique, je prends cet exemple, vous favorisez le BTP.
00:26:31Le BTP, il n'est pas délocalisable. Donc il y a de nombreux secteurs ici qui, en réalité, j'allais
00:26:41dire, vont contribuer aussi au carnet de commande direct
00:26:44des entreprises françaises. Moi, ce que je constate aussi, et j'ai omis de le dire dans votre question, c
00:26:51'est que ceux qui attaquent notre budget en disant
00:26:55« Mais quelle horreur ! Vous taxez les plus riches, vous êtes confiscatoires ! » sont les mêmes qui s
00:26:59'apprêtent éventuellement à taxer les retraités
00:27:01en considérant qu'un retraité à 1250 euros est un privilégié. Là, est-ce que vous savez que, par exemple,
00:27:07dans le budget que nous examinons ici,
00:27:09on a vu que les prélèvements obligatoires remontaient un peu ? Eh bien, la remontée des prélèvements obligatoires, elle se
00:27:14fait principalement, en réalité,
00:27:16sur, par exemple, les retraités ou sur tous ceux dont on ne peut considérer que ce soit des privilégiés et
00:27:23non pas,
00:27:24et là, ça rapporterait beaucoup plus, sur ceux que nous voulons imposer davantage dans notre proposition.
00:27:29Et puis, enfin, c'est pas comme si on proposait une alternative à un projet qui marche. Je veux dire,
00:27:36le gouvernement, aujourd'hui,
00:27:38dans ses budgets depuis quelques années, non seulement il a affauli la croissance, mais en plus de ça, les déficits
00:27:44augmentent.
00:27:45On n'est pas dans une situation où on pourrait nous faire des leçons. Les déficits augmentent. Donc moi, je
00:27:50veux bien qu'on continue à dire
00:27:52« Il faut continuer dans cette voie-là et vous n'êtes pas responsable de faire autrement », mais dans
00:27:58la réalité des choses,
00:27:59c'est peut-être temps de tenter une autre logique que la leur.
00:28:03Est-ce que c'est pas l'un des risques de s'opposer complètement et absolument au projet de loi
00:28:08de finances présenté par le gouvernement,
00:28:10si ça devait finalement s'appliquer par ordonnance ? Parce que ça veut dire qu'au moins pour quelques mois,
00:28:15jusqu'à l'élection présidentielle, c'est le projet de base, avec tout ce que vous considérez comme inacceptable, qui
00:28:20s'appliquerait.
00:28:21Oui, mais bon, au nom de ça, on peut pas demander à une opposition de laisser passer un mauvais budget.
00:28:24C'est pas possible. Moi, j'avais proposé une solution au Premier ministre.
00:28:29Je le dis parce que je l'ai vu, Sébastien Lecordu, je l'ai vu de ce point de vue
00:28:33-là sur cette question.
00:28:34Moi, j'avais dit une chose. On est dans un moment où on voit bien que la situation est bloquée.
00:28:38C'est-à-dire que vos budgets ne passeront pas. Et inévitablement, on rentre dans une période d'incertitude de
00:28:43plusieurs mois,
00:28:44la discussion budgétaire, savoir que ça passe ou pas. Ce qui, très franchement, si on veut parler du monde économique,
00:28:50des marchés financiers, n'est pas très rassurant. Donc j'avais dit « Tenons compte de ça.
00:28:54Tenons compte aussi que les présidentielles, en réalité, trancheront sur les politiques économiques
00:29:00qu'on mènera à l'avenir. Et mettons en place, trouvons un compromis où cette fois-ci,
00:29:04on accepte de mettre en place une loi spéciale, la loi spéciale, mais qui n'est pas la version rabougrie
00:29:09que vous avez proposée depuis deux ans, qui était faite pour mettre pression sur l'Assemblée
00:29:13pour que très vite, elle vote un budget ». Donc autrement dit, vous le savez, la loi spéciale,
00:29:18quand on la vote, on rétablit tous les budgets, tous les crédits de l'année passée. Tous.
00:29:22Bon. Donc le choix, comme ils l'ont fait jusqu'à maintenant, de dire « On n'en rétablit que
00:29:2825%
00:29:29par des décrets d'application, et puis on laisse de côté, par exemple, je ne sais pas,
00:29:33moi, ma prime réneuve ou autre, en considérant que ce n'est pas indispensable », c'est un choix
00:29:39absolument subjectif. Donc ils auraient très bien pu faire ça. On aurait même pu à côté,
00:29:42parce que c'est totalement légal, voter des dispositions fiscales qui, par exemple,
00:29:47permettaient d'indexer le barème de l'impôt sur le revenu pour qu'il n'y ait pas de perdants
00:29:50sur cette histoire. Bon. Ça n'aurait pas été notre budget. Ça n'aurait pas été satisfaisant
00:29:55pour nous. Je ne suppose pas pour le gouvernement. Mais ça aurait eu un intérêt. C'est que j'allais
00:29:59dire que les choses auraient été assez claires vu de l'expérience. On m'a dit... Le gouvernement
00:30:06a commencé à dire « Ce n'est pas possible ». Bon. Là, j'ai vu qu'il y avait
00:30:08une note
00:30:09de Fournel au niveau de l'IGF qui commence à dire que, bon, c'est quand même contestable
00:30:15en prenant une partie des arguments que j'avais défendus. Et puis il y a une deuxième chose.
00:30:19Le gouvernement dit « Mais ça aurait augmenté les déficits ». Bon. Le problème, c'est
00:30:22que on sait très bien que les déficits annoncés par le gouvernement depuis deux ans, à l'arrivée,
00:30:26ils explosent. Donc je ne pense pas que la situation aurait été pire. Donc c'est juste
00:30:30pour dire que moi, j'ai proposé une solution. Ils n'en ont pas voulu. Ils ont voulu essayer
00:30:34de passer en force. C'est à eux d'en prendre la responsabilité.
00:30:37Hier, Jean-Luc Mélenchon a eu cette phrase. Je te passe la parole juste après, François.
00:30:41« Si vous nous jugez d'après les critères du néolibéralisme, nos projets sont inacceptables.
00:30:48Est-ce que pour les marchés financiers qu'on évoquait tout à l'heure, c'est pas forcément
00:30:51inacceptable ? Quel risque ça fait courir ? »
00:30:55Alors, pour... J'allais dire... Bon, c'est évident. On va prendre l'argent du capitalisme
00:30:59financier. Alors que ceux qui ont bénéficié... Et en plus de ça, très franchement, pour
00:31:05la plupart, les sommes qu'on met sur la table sont uniquement des sommes qu'on récupère
00:31:09sur ce qu'ils ont gagné depuis 2017. On fait pas... C'est pas les soviets qu'on
00:31:12propose. Il n'y a pas une... Je veux dire, si vous accumulez les choses, on va toucher...
00:31:19Alors, des grosses gouttes d'eau, on va dire. Des très grosses gouttes d'eau. Enfin, il va
00:31:22leur rester une fortune d'accumuler quand même très importante. Bon. Donc, moi, je comprends
00:31:27que, vu de leur place, en tout cas pour tous ceux qui, parmi eux, n'ont aucun souci
00:31:34de l'intérêt général, mais uniquement de ce qu'ils accumulent comme richesse... Je
00:31:38vous rappelle, les 500 personnes les plus riches de ce pays ont vu leur patrimoine
00:31:41doubler depuis 2017. C'est ça, la réalité. Plus 600 milliards. Bon. Alors, pour les gens
00:31:46qui n'ont que ça comme objectif, je comprends qu'ils considèrent qu'on attaque leurs intérêts.
00:31:51Bon. Vous remarquerez que c'est une minorité de Français. Et c'est au bénéfice, à mon
00:31:54avis, pour les 1% de Français auxquels on va toucher, c'est au bénéfice des 90%
00:32:00autres. Bon. Donc, il y a... Je peux le comprendre. Mais n'empêche, à un moment donné, il faut
00:32:07voir qui fait l'effort. Et l'effort, en réalité, concentré sur très peu, nous rapporterait
00:32:12beaucoup. Voilà. Donc, moi, je pense que ça, c'est quelque chose de logique. Les marchés
00:32:16financiers, je vous réponds. Moi, je crois que les marchés financiers, ils réagissent
00:32:20aussi de manière à très court terme. Bon. S'ils ont une politique qui, même si
00:32:28elle est néolibérale, politique de l'offre et de la compétitivité, en réalité, aggrave
00:32:33la situation internationale. Parce qu'il faut quand même rappeler que le contexte, d'abord,
00:32:37avant tout, sur les taux d'intérêt, là, pour le coup, n'est pas seulement dû à la
00:32:41politique française. Elle est due à la concurrence de l'intelligence artificielle sur les obligations
00:32:46qui présentent des obligations plus intéressantes à court terme, plus risquées, plus intéressantes
00:32:52à court terme que les États. Donc, elles rendent concurrence. On est en plus en concurrence
00:32:57avec l'Allemagne. Parce que le phénomène majeur dont on parle très peu, c'est que pour
00:33:01la première fois, les Allemands, depuis très longtemps, vont être quasiment un aussi gros
00:33:04emprunteur que nous sur les marchés. Et que donc, comme, entre guillemets, leurs emprunts
00:33:11sont plus sûrs que nous, du coup, nous, on vient un peu au second rideau et on n'arrive
00:33:16plus à poser nos conditions comme on peut y arriver un peu mieux. Et puis la troisième
00:33:20chose, c'est la politique du gouvernement d'offre et de compétitivité qui fait les
00:33:23déficits. Moi, je crois que les marchés financiers réagissent aussi à ça. C'est-à-dire
00:33:27qu'ils voient les résultats, même si c'est les résultats des partisans de la politique
00:33:32d'offre, de compétitivité qui leur va bien. Bon, ils ne voient pas ça d'un bon oeil.
00:33:36Moi, je pense que si on a des résultats économiques différents, et je pense qu'on peut
00:33:40les avoir, il y a des chances aussi qu'ils réagissent de manière rationnelle. Mais cependant,
00:33:45ce que nous avons prévu dans notre document et qu'on va détailler plus encore dans la
00:33:50campagne, parce que là, c'est un exercice sur un an et on présentera des travaux sur
00:33:55cinq ans, c'est que ça s'adosse à deux autres caractéristiques. La première, c'est
00:34:00que pour faire face au mur d'investissement qui se pose à tous les pays européens en matière
00:34:06écologique, en matière numérique, je vous renvoie au rapport Draghi sur, en gros, les
00:34:11800 milliards nécessaires qui, à mon avis, sont 1 000 maintenant, à force de ne pas
00:34:15agir. Pour faire face à ça, ce que nous proposons, c'est d'essayer de drainer une
00:34:20partie de l'épargne des Français vers un pôle public bancaire qui pourra justement
00:34:25financer des plans d'investissement à hauteur de 100 milliards d'euros par an. Ça, c'est la
00:34:29première chose. Autrement dit, nous ne faisons pas l'illusion de pouvoir, uniquement par
00:34:34l'augmentation des recettes, financer ces plans d'investissement. La troisième chose,
00:34:38c'est que vu le caractère désormais volatile, et on peut même penser élever pour assez
00:34:44longtemps des taux d'intérêt, il faut qu'on arrive à sortir une partie de nos dettes du
00:34:50monopole des marchés financiers. Et donc là, c'est toutes les propositions qu'on fait
00:34:54dans le document et que je renouvelle. Je pense que la France devrait prendre son bâton
00:34:59de pèlerins, y compris en jouant éventuellement du rapport de force, pour convaincre nos partenaires
00:35:04qui ont le même intérêt que nous à faire en sorte que, par exemple, la Banque centrale
00:35:08européenne réémette des programmes. C'est un peu un circuit du trésor à l'échelle européenne,
00:35:13comme elle l'a fait pour le Covid, de façon à financer une partie de ces plans d'investissement.
00:35:17Voilà, c'est tout ce qu'on propose. Et moi, ce que j'observe, c'est qu'on peut peut
00:35:20-être
00:35:20se moquer de nos propositions, mais je ne vois pas les propositions du gouvernement ou de ceux
00:35:25qu'ils soutiennent pour répondre à cette problématique de taux d'intérêt qui augmente.
00:35:30François.
00:35:31Oui, dans votre projet de budget, vous dites 5% du PIB, réduire la dépense. Est-ce que vous
00:35:39partagez l'objectif de moins 3% à la fin de votre quinquennat éventuel, ce qui est pour
00:35:48rassurer, en gros, les fonds internationaux ?
00:35:54Je vais vous répondre autrement. Je ne vais pas le déterminer sur le chiffre à tout prix
00:35:593%, mais on partage l'objectif qui est celui qui a été mis sur la table par les 4 économistes
00:36:05mandatés par Bercy, qui est de dire qu'il faut un ajustement budgétaire d'ici 2032 de
00:36:11125 milliards d'euros. C'est ça, leur chiffre, tout simplement pour faire en sorte que la
00:36:18dette dans les conditions actuelles reste supportable. Voilà. Ils ont mis 125 milliards.
00:36:24Alors bon, ils disent que ça a peut-être un peu augmenté depuis parce que la situation
00:36:28s'est dégradée. J'ai vu que le CAE donne les mêmes choses. Donc on se donne cet objectif.
00:36:34On verra bien combien ça fait de PIB. Entre parenthèses, je note d'ailleurs que j'ai vu
00:36:38que Sébastien Lecornu n'avait pas abandonné l'idée des 3% en 2030. Ces économistes-là,
00:36:43ils le mettent de côté. Ils considèrent que c'est quasi... Enfin, ils l'écrivent,
00:36:46que c'est inatteignable. Et c'est vrai que c'est inatteignable parce que alors là,
00:36:49pour le coup, l'effet récessif sur l'économie, pour ceux qui voudraient s'aventurer là-dessus,
00:36:54serait aidant. Donc nous, on se donne cet objectif. La différence, c'est qu'on se donne
00:36:59cet objectif par deux mécanismes, je l'ai dit, par le fait d'aller chercher davantage
00:37:05de recettes et également le fait de sortir une partie de la dette du monopole financier
00:37:10et donc de disposer de meilleures conditions.
00:37:12C'est ça, la mettre au feu ? Je veux dire, pour qu'on comprenne bien, quand on dit mettre
00:37:17au feu une partie de la dette, c'est demander à la Banque Centrale Européenne de racheter
00:37:21la dette ?
00:37:21Non, c'est un troisième sujet. C'est un troisième sujet, mais je n'ai pas du problème
00:37:25pour l'aborder. Là, je vous ai donné le cadre où la Banque Centrale Européenne
00:37:31fait deux choses. Un, elle arrête de dégeler cette dette. Pourquoi ? Parce qu'il faut
00:37:39comprendre que depuis fin 2024, la Banque Centrale Européenne a pris une décision
00:37:42qu'elle n'avait pas prise avant. C'est-à-dire que jusqu'à fin 2024, les obligations liées
00:37:48à la dette Covid étaient renouvelées automatiquement. Et puis fin 2024, elle a décidé de ne plus le
00:37:54faire. Ce qui fait que la dette Covid, qui pesait 20% de la dette globale il y a encore
00:38:00deux ans, à peu près estimée à 600 milliards d'euros. Par exemple, cette année, elle va
00:38:05diminuer de 80 milliards d'euros. C'est-à-dire que ce qui arrive à l'extinction n'est pas
00:38:08renouvelé. Donc la première demande que je fais, c'est que la Banque Centrale revienne
00:38:12sur cette décision et permette que cette dette que nous détenons ne diminue pas. La deuxième
00:38:18chose, c'est, je le répète, qu'elle réémette des programmes du même type mis à disposition
00:38:25des banques centrales. Après, il y a aussi autre chose. C'est que là, on est sur une
00:38:29pression, on le voit bien, des marchés, qui est telle qu'il nous semblerait opportun
00:38:36que cette part de la dette que nous possédons soit annulée. Pas pour nous seulement, pour
00:38:42tous les pays européens. Pourquoi ? Parce que, par exemple, si on l'annulait en France,
00:38:46automatiquement, on revient en dessous d'une dette qui peserait 100% du... On revient
00:38:52en dessous de 100% du PIB en termes de dette globale. Voilà. Ça allégerait la pression.
00:38:56Alors on va me dire « Ah, mais c'est horrible. Mais en fait, ça coûterait rien. Enfin, ça
00:39:00ne coûterait les intérêts de la dette puisque c'est nous qui la possédons ». Moi, je pense
00:39:04que, contrairement à ce qu'on dit, ça serait relativement rassurant pour les marchés parce
00:39:08que du coup, la pression baisserait sur nous. Et puis surtout, ça aurait justement la capacité
00:39:12pour nous de faire face à davantage d'investissements, comme je l'ai dit. Voilà. C'est une proposition
00:39:17que nous mettons sur la table, que l'on mettrait sur la table à l'échelle européenne.
00:39:22C'est ça. Il faut convaincre les autres pays, quoi. Oui, mais moi, je pense qu'on a une fenêtre.
00:39:28Moi, je fais partie de ceux qui, il y a encore très peu de temps, considéraient que cette
00:39:34Europe-là n'était pas réformable. Voilà. C'est-à-dire qu'on n'arriverait pas à lui donner
00:39:39autre chose qu'une Europe des marchés, une Europe du libre-échange, une Europe dont
00:39:46la Banque centrale européenne, c'est quand même assez lunaire, n'a qu'un objectif,
00:39:50c'est de baisser l'inflation et de conserver un euro fort, mais qui pourrait se donner
00:39:56aussi comme objectif l'emploi, l'investissement, etc. Ça, moi, j'y croyais absolument pas.
00:40:00Là, il y a une fenêtre. Pourquoi il y a une fenêtre ? Parce que l'ensemble des pays européens,
00:40:05même l'Allemagne qui fait un peu, un peu, font un peu les malins en disant nous, on
00:40:11peut mettre 60 milliards par an et on peut continuer à s'endetter. Bon, je dis ils font
00:40:17les malins parce que les Etats-Unis pouvaient se dire ça il y a encore quelques mois.
00:40:20Et puis là, tout d'un coup, les marchés financiers attaquent aussi. Les taux d'intérêt augmentent.
00:40:24Bon, mais je pense que tous les Etats ont intérêt à ça. On se retrouve avec les mêmes
00:40:28problèmes. On a un mur d'investissement en face de nous à produire. Donc moi, je veux bien
00:40:33que ceux qui nous disent surtout pas nous disent comment on fait quelque part. Est-ce
00:40:37que la situation est aussi urgente qu'au moment du Covid ? Moi, je le pense. Et au moment
00:40:40du Covid, la Banque centrale européenne a pu prendre la décision. Et dans l'histoire,
00:40:44je rappelle qu'il y a eu des annulations de dettes. Les Allemands ont bénéficié deux
00:40:48fois d'annulations de dettes. Là, en plus de ça, nous, on ne la propose même pas de
00:40:51manière unilatérale. On la propose pour tous les Etats européens.
00:40:56Oui, bonjour. Louis Guarineau, journaliste indépendant. Je voudrais vous demander votre
00:41:01sentiment sur les recettes 2026 en prenant l'exemple de la loi lutte contre les fraudes
00:41:07sociales et fiscales. Est-ce que vous avez le chiffre estimatif ? Je crois que le ministre
00:41:11du Travail, Jean-Pierre Farandou, a estimé les recettes entre 200 et 400 millions d'euros.
00:41:17mais c'est un chiffre noir. La sénatrice Nathalie Goulet dit que comme il y a eu des
00:41:24suppressions de postes au sein de la Direction générale des finances publiques, il y a
00:41:28une difficulté à mettre en musique cette loi. Et l'autre question sur la fraude fiscale,
00:41:34on a appris, je crois, hier par Bercy qu'il y avait un manque à gagner sur l'impôt sur
00:41:41les sociétés pour le secteur hôtellerie-restauration de 6 milliards d'euros. Donc sur
00:41:49l'argent à récupérer sur la fraude sociale et fiscale pour l'année 2026, quel est votre
00:41:54sentiment ?
00:41:56Ben écoutez, c'est Pinot. Je veux dire, on sait que la fraude fiscale, globalement, ça
00:42:02paie, alors on va dire que ça dépend des estimations, l'estimation la plus sérieuse
00:42:06qui avait été faite, c'était Sud Finance qui l'avait estimé à 100 milliards. J'ai
00:42:11jamais entendu des arguments, y compris la part du gouvernement, qui permettent de dire
00:42:15que c'est un chiffre faux. En tout cas, c'est des dizaines de milliards. Et là, vous
00:42:19venez de donner vous-même les chiffres qu'on récupère. Je pense que tant qu'on renforcera
00:42:26pas la DGFIP, les services de Bercy, et tant aussi, parce que là, on parle de la fraude,
00:42:32enfin la fraude et optimisation, mais qu'on mettra pas en place des mécanismes pour éviter
00:42:37cette optimisation grise qui permet à des entreprises de jouer, par exemple, avec les
00:42:42prix de transfert. Alors on les... Ces entreprises-là, on les touche aussi via la taxe universelle,
00:42:48celle sur les multinationales qu'on compte mettre en place. Mais tant qu'on fait pas ça,
00:42:52tant qu'on a pas cette action volontariste, on restera sur des choses finalement très
00:42:56modeste. Alors nous, pour la première année, pour être très clair, parce qu'on a essayé
00:43:01de prendre des chiffres le plus crédibles possible. On peut ne pas être d'accord avec
00:43:05la logique de ce qu'on présente. Mais par contre, les chiffres qu'on met sur la table
00:43:08sont crédibles. Et même y compris, on a essayé, par exemple, d'éviter tout ce qui,
00:43:14de manière trop évidente, rentrait en contradiction avec la directive Merphi ou était anticonstitutionnelle.
00:43:20Il y a des taxations. La discussion, je sais, par exemple, sur la taxe Zucman, il y a une
00:43:23discussion. Enfin, il y a des arguments qui peuvent nous permettre de penser qu'elle serait
00:43:27constitutionnelle. Mais là, par exemple, sur la fraude, on a estimé, sur une première
00:43:31année, seulement à 2 milliards qu'on récupérerait. C'est peu. Parce que le temps qu'on renforce
00:43:37les moyens de Bercy, de la DGFIP, ça ne fera pas son effet immédiatement. Des douanes,
00:43:43enfin, de tout ce qu'il faudrait faire. Donc là, vous voyez, par exemple, on est raisonnable.
00:43:48On a des hauts fonctionnaires qui travaillent pour nous, qui estiment que, raisonnablement,
00:43:53même avec les mécanismes actuels, si on pousse un peu le travail dans ce sens-là,
00:43:57on peut récupérer 2 milliards sur une année. Donc c'est ce qu'on a mis. Voilà. C'est
00:44:01juste, je voulais dire que globalement, c'est quand même assez... On est resté raisonnable.
00:44:06Elsa et puis Stanislas.
00:44:08Oui, bonjour. Elsa Orange, Boutin Quotidien. Dans le programme que vous avez présenté hier,
00:44:12vous espérez pouvoir remporter 22 milliards d'euros en rabotant les niches fiscales injustes,
00:44:19voire en en supprimant certaines. Est-ce que vous pouvez nous dire comment vous arrivez à ce chiffre ?
00:44:22Et deuxième chose, si j'ai bien compris, vous misez sur un choc de relance via une hausse de la
00:44:27consommation
00:44:28qui réagirait aussi sur les recettes de TVA. Est-ce que vous risquez pas, par cette politique,
00:44:33d'alimenter une spirale inflationniste qui mettrait à mal vos calculs sur la hausse de la croissance ?
00:44:40Alors deux questions. Sur les niches, c'est assez simple. Je vous décris un peu.
00:44:43On va pas supprimer, mais on va raboter. En réalité, en suivant... Il suffit maintenant quasiment de suivre les préconisations
00:44:53des différentes institutions qui travaillent sur ces niches depuis des années, que ce soit le CPO, la Cour des comptes,
00:44:59etc.,
00:45:00qui ont donné quand même toute, à un moment donné, solution pour que ces niches-là, toute la partie optimisation
00:45:09fiscale
00:45:10qui sont dans ces niches, qui est malheureusement la principale, soit quelque part éradiquée au profit de l'objectif de
00:45:19la niche.
00:45:20Pour être clair, par exemple, le crédit impôt recherche, je prends cet exemple. On sait qu'en jouant sur les
00:45:26seuils,
00:45:28le fait de jouer sur le groupe et pas seulement sur une entreprise, on arrive à faire en sorte que
00:45:33le côté optimisation baisse.
00:45:35Et le côté optimisation, c'est pas moi qui le dis. Moi, on a interrogé un jour le vice-président
00:45:40du MEDEF
00:45:41dans la mission d'information présidée par Charles de Consomé, qui était le rapporteur. Je demande aux représentants du MEDEF...
00:45:49Il y avait les deux conseillers fiscaux qui étaient là. Il y avait le vice-président. Et je dis, est
00:45:53-ce que vous pourriez nous dire
00:45:54quelles sont les mesures d'optimisation que vous conseillez à vos adhérents ? Alors les deux qui étaient spécialisés en
00:46:00optimisation
00:46:01ont bien compris qu'il ne fallait mieux pas répondre. Donc ils ont dit... Ils ont dit... Ah non, non,
00:46:05nous, on ne fait pas ça.
00:46:06Il y a le vice-président, c'est cru malin, et a dit surtout supprimez pas le crédit impôt recherche.
00:46:11Bon, je pense que c'était une bonne manière de répondre. Donc, que ce soit le crédit impôt recherche,
00:46:16que ce soit le Dutreil, que ce soit le CISAP, que ce soit la taxe de tenage, que ce soit
00:46:21différentes niches
00:46:22dont on sait qu'elles coûtent de plus en plus chères, l'idée, c'est de raboter pour qu'elles
00:46:25servent
00:46:26à ce dont elles devaient servir. Par exemple, à favoriser la recherche en France pour le crédit impôt recherche,
00:46:34voire, même si on pourrait s'interroger... Enfin, pour l'instant, on ne le fait pas.
00:46:37Pour le Dutreil, il y a favorisé la reprise familiale. Bon.
00:46:43Attendez, je suis en train de vous déterminer. Bon, ça, on a fait les additions de ce qu'on rapportait.
00:46:48Deuxièmement, c'est tout ce qui est sur niches liées aux retraites et parles salariales.
00:46:53C'est tout ce qui est exonération de cotisations patronales. C'est tout ce qui est...
00:46:57Et sur les heures supplémentaires, c'est tout ce qui gèle des exos sur le...
00:47:02Tout ce qui concerne... On va revenir sur les exonérations entre 3 fois le SMIC et 2 fois le SMIC.
00:47:08Là, c'est 5 milliards qu'on récupère, par exemple. C'est le rabotage de la borne de sortie.
00:47:14C'est les assurances-vie qui ont des avantages considérables dans les donations, etc., etc.
00:47:19Et on arrive à ce total.
00:47:25Excusez-moi, je vous entends mal.
00:47:28Sur l'inflation.
00:47:30Écoutez, d'abord, je constate que l'inflation, elle se porte bien sur notre politique.
00:47:33Premièrement, je pourrais vous répondre.
00:47:36Donc ça, c'est une première chose.
00:47:38Moi, en tout cas, si nous, par exemple, on voudrait faire en sorte que les...
00:47:42Enfin, on propose aussi ailleurs que les salaires...
00:47:44Il y ait une indexation des salaires sur l'inflation, de façon à que ça pouvait ressuivre.
00:47:50J'allais dire, la lutte contre l'inflation ne peut pas passer par le fait de baisser le pouvoir d
00:47:54'achat.
00:47:54Ça, c'est pas possible, parce que c'est un effet contre-productif.
00:47:57Et je ne pense pas, par rapport à ce que nous mettons sur la table,
00:48:01que ce soit quelque chose qui favorise de manière considérable l'inflation par rapport à ce qu'elle est aujourd
00:48:06'hui.
00:48:07Voilà. Donc c'est une réponse que je vous fais.
00:48:10Stanislas Noyer, journaliste indépendant.
00:48:13Sur le PLF, dès la semaine prochaine, il y a un vote solennel sur la partie recette.
00:48:18Donc c'est dès la semaine prochaine qu'il peut y avoir ou pas 49-3.
00:48:22Et si le texte n'est pas adopté, il part au Sénat et il risque de revenir encore plus difficile
00:48:27qu'il n'était jusqu'à maintenant.
00:48:29C'est bien ça.
00:48:30Deuxième question.
00:48:31On m'a dit que...
00:48:32Mais j'ai pas eu le temps de vérifier que dans votre projet, il y avait le...
00:48:37Il était question de faire baisser les taux de l'assurance-vie.
00:48:39Je voulais savoir comment vous y prenez.
00:48:40Et j'avais une troisième question.
00:48:44C'était comment, en gros, vous luttez contre la fuite des capitaux.
00:48:49Parce qu'on parle beaucoup des gens qui partiraient si vous étiez au pouvoir.
00:48:53Mais les capitaux, ils peuvent partir très rapidement.
00:48:59Alors plusieurs réponses par rapport à ça.
00:49:01Sur le mécanisme...
00:49:03Vous parliez du PLF tout à l'heure.
00:49:05Le mécanisme qui va se passer, je vous dis à l'avance ce qu'il va y avoir.
00:49:09La partie 1 ne va pas être votée cette semaine.
00:49:11Donc la semaine prochaine, le PLFSS rentre à l'Assemblée.
00:49:15Nous, on repart en commission sur la partie 2.
00:49:17Et nous allons réexaminer la partie 1 des recettes dans la semaine du 27.
00:49:22Voilà, c'est ce qui va se passer.
00:49:24Vraisemblablement, on va quand même réussir dans la limite des 40 jours à passer au vote sur la P1.
00:49:31Et vraisemblablement, nous n'aurons pas le temps de finir la P2.
00:49:34Et tout ça partira au Sénat, comme la dernière.
00:49:37Ça, c'est ma première réponse.
00:49:38Si de toute façon, la P1 est rejetée, la question de la P2 ne se pose pas, puisque ça part
00:49:41au Sénat.
00:49:42Oui, en plus.
00:49:44Oui, si la P1 est rejetée.
00:49:48Si jamais la P1 a été adoptée, on examine la P2.
00:49:51Mais elle n'aura pas le temps d'être examinée dans tous les cas.
00:49:53Ensuite, deuxième question que vous posiez sur les assurances-vie.
00:49:59Alors exactement ce que j'ai dit, parce que j'ai vu que BFM Business avait pris une toute petite
00:50:03partie
00:50:04de mon sujet.
00:50:05Donc l'idée, c'est que pour les questions de drainer l'épargne, on a deux mécanismes.
00:50:13Il y en a un que j'ai fait passer déjà en commission, qui est le fait de relever le
00:50:17plafond du livret A à 30 000 euros.
00:50:20Ça, selon le président de la Caisse des dépôts, ça rapporte possiblement une levée de 30 à 40 milliards
00:50:32qui pourrait aller, par exemple, vers la rénovation thermique d'urgence des logements sociaux,
00:50:40voire plus de la construction de logements sociaux.
00:50:42Enfin bon, il y a de quoi faire.
00:50:43Et je crois ne pas trahir quelque chose pour dire qu'il est assez favorable à ces décisions.
00:50:49Les banques le sont moins, en fait, en réalité, parce qu'évidemment, ça leur prend des pales qui est faite
00:50:54ailleurs.
00:50:55C'est aussi de centraliser un peu plus davantage le livret A sur la Caisse des dépôts.
00:50:59Vous savez qu'il y en a une partie importante qui reste aujourd'hui dans les banques.
00:51:03Donc l'idée serait peut-être de monter à une centralisation plus poussée à 80 %.
00:51:07Ça, c'est le livret A.
00:51:09Ensuite, l'idée, ça serait de pouvoir drainer de l'épargne pour d'autres types de plans d'investissement.
00:51:17Alors, je vous les cite, ils ne sont pas exhaustifs.
00:51:20Il y a la question de la bifurcation écologique, il y a la question d'une souveraineté numérique,
00:51:27il y a la question du transport, il y a la question de l'économie maritime, il y a la
00:51:32question du spatial, etc.
00:51:33Nous, on estime qu'il faut au moins 100 milliards d'euros par an sur les 5 ans pour pouvoir
00:51:38faire face à ça.
00:51:39Et donc, par rapport à ça, ça va être de créer d'autres supports d'épargne, par exemple, un livret
00:51:49B qui pourrait exister pour toutes ces choses-là.
00:51:52Comment on fait en sorte ?
00:51:53Déjà, on le rend, la première chose à faire, parce qu'on ne veut pas de contraintes.
00:51:57L'idée n'est pas de faire des emprunts contraints.
00:51:59Ça a déjà été fait dans le passé, je vous rappelle.
00:52:01Mais pour l'instant, on n'est pas là-dessus.
00:52:03Donc, ce n'est pas de faire ça, c'est de rendre le livret B suffisamment attractif en termes de
00:52:08sécurité et autres
00:52:09pour que les épargnants français y aillent.
00:52:11Si ça ne suffit pas, ce que j'ai dit hier, c'est qu'on pourrait quand même revenir sur
00:52:17certains avantages donnés aujourd'hui aux assurances-vie,
00:52:20qui sont des niches, notamment dans les donations.
00:52:23Vous avez différents avantages sur des exonérations, des taux réduits, au-delà d'avant 70 ans et encore plus après
00:52:3270 ans des abattements.
00:52:33On pourrait revenir, je ne dis pas sur tous ces avantages, mais sur une partie de ces avantages pour les
00:52:40contrats à venir,
00:52:41ce ne serait pas rétroactif, qui permettrait là aussi de dire que les gens se disent que finalement,
00:52:46ce n'est peut-être pas inintéressant d'aller au-delà de l'aspect patriotique des choses,
00:52:51mais je ne compte pas uniquement là-dessus pour qu'on les alimente, d'aller là-dessus.
00:52:54Voilà exactement ce que j'ai dit pour être très clair sur cette question.
00:52:57Donc ce n'est pas, comme je l'ai vu, ce n'est pas de taxer davantage, c'est qu
00:53:01'il est peut-être possible de donner un peu moins d'avantages
00:53:05que ceux qui aujourd'hui existent sur cette deuxième question.
00:53:08La troisième, c'était...
00:53:09C'était sur la fuite des capitaux.
00:53:11Bon, ça, vous savez, c'est tout de suite la réponse.
00:53:16J'ai vu qu'il y en avait un qui s'était fait un spécialiste là-dedans, qui est le
00:53:19patron du MEDEF,
00:53:21qui, de manière très patriotique, a expliqué que si on arrivait demain au pouvoir, il ferait fuir ses actifs financiers.
00:53:29Bon, on voit où... Enfin, il ferait fuir ses...
00:53:35Lui, il le ferait pas physiquement, mais il le ferait au niveau de ce qu'il produit de manière financière.
00:53:41On voit où va son porte-monnaie, c'est assez intéressant.
00:53:45Mais dans les faits, en réalité, tout ce qui a été fait...
00:53:51À chaque fois qu'on a, par exemple, rétabli un ISF ou qu'on l'a supprimé dans les deux
00:53:55sens,
00:53:56en réalité, il y a une part minime des gens qui partent.
00:54:00C'est pas significatif.
00:54:02En tout cas, c'est pas suffisamment significatif par rapport à ce que ça rapporte.
00:54:05Les Anglais, contrairement à ce qu'on a dit, quand récemment, ils ont décidé d'augmenter, justement, les impôts du
00:54:14même type,
00:54:15en réalité, il y a eu très peu de départs et il y a eu plutôt une forte hausse des
00:54:21revenus déclarés et des impôts payés.
00:54:23De même, vous savez qu'il y a des études danoises assez précises qui existent là-dessus
00:54:26et qui montrent qu'en réalité, on est plutôt sur quelque chose de type 0,2% de personnes qui
00:54:34pourraient partir de contribuables
00:54:36qu'une hémorragie.
00:54:38Moi, je crois aussi qu'il faut pas non plus... Tous nos capitalismes, y compris ceux qui établissent leur fortune
00:54:48sur du capital financier,
00:54:50sont pas tous des gens qui considèrent que la seule solution, c'est de fuir sa patrie.
00:54:57Et puis, soit dit, en passant, point riche, c'est pas mal de vivre en France.
00:55:01Je veux dire... Parce que les impôts permettent aussi de payer des services de l'État, de routes, d'éducation,
00:55:12d'une formation, etc.,
00:55:13dont ils bénéficient ou dont leur entreprise bénéficie.
00:55:17Donc moi, je ne crois pas à cette histoire d'évasion. Je pense que ça, c'est plus un chantage
00:55:21pour rien faire.
00:55:22Pierre et puis Victor.
00:55:23Bonjour. Pierre Januel, journaliste indépendant.
00:55:25Pourtant, le PLF a une insatisfaction autour des débats budgétaires.
00:55:30Vous-même, vous avez reconnu que, vraisemblablement, la partie 1 ne pourrait pas être votée à l'issue de la
00:55:36semaine du débat,
00:55:36ce qui était pour autant la tradition.
00:55:38Le nombre d'amendements augmente et vous aviez fixé des caps du nombre d'amendements maximaux qui n'a pas
00:55:44été respecté par la plupart des groupes.
00:55:47Pas seulement... Le groupe insoumis étant un des rares à l'avoir respecté.
00:55:53On a l'impression qu'il y avait des réflexions sur la modification des débats budgétaires,
00:55:58de comment on doit adopter le budget, que c'est plutôt gelé et qu'il n'y aura pas de
00:56:02réforme avant l'élection présidentielle.
00:56:05Vous tirez quel bilan de ça ?
00:56:07Et comment on fait évoluer un débat budgétaire pour que ça redevienne un débat peut-être plus intéressant,
00:56:12plus politique et plus cohérent en vertu de l'importance du texte ?
00:56:18Bon, alors, d'abord, quand même, revenons au problème majeur qui est posé,
00:56:24qui est le fait qu'on a un président de la République qui a le pouvoir de laisser en place
00:56:30des gouvernements minoritaires devant les élections.
00:56:34Ça, c'est quand même... La raison principale pour laquelle on se trouve dans cette situation,
00:56:38c'est qu'on a un gouvernement dont on sait qu'en réalité il était minoritaire aux dernières élections
00:56:42et qui continue à essayer d'imposer des textes en étant minoritaire.
00:56:45Ça, c'est le contexte global. Et je veux dire que tant qu'on n'aura pas résolu cette question,
00:56:51qui touche peut-être là carrément notre République. Je veux dire, moi, je ne suis pas favorable au 49, par
00:56:57exemple.
00:56:59De même que je ne suis pas favorable à l'article 40. Ce n'est pas nouveau.
00:57:02Je veux dire, je pense que ça déséquilibre tout à fait le rapport entre l'exécutif et le législatif.
00:57:09Donc tant qu'on n'a pas résolu ces questions, je pense qu'on n'aura pas de solution au
00:57:12miracle.
00:57:12Maintenant, on peut quand même améliorer la situation.
00:57:15Alors moi, j'avais fait des propositions.
00:57:18Il y en a certaines qui ne pouvaient pas être retenues parce que ça change la loi organique.
00:57:23D'autres qui n'ont pas été retenues parce qu'il n'y a pas eu unanimité.
00:57:27Et j'en avais deux. La plus importante, me semble-t-il, c'est que je pense qu'il faut
00:57:32qu'on arrête que les textes financiers soient les seuls
00:57:35dont l'examen des textes en séance se fasse sur le texte initial et non pas celui qui sort de
00:57:40la commission.
00:57:41Voilà. Ça, je pense qu'il faut le changer. Pourquoi ? Parce que d'abord, c'est quand même un
00:57:46peu frustrant d'avoir un travail en commission
00:57:48qui, à la fin, ne sert à rien, en réalité, sauf à donner des avis.
00:57:52Et puis deuxièmement, parce que là, pour le coup, si on voulait que l'Assemblée ait la capacité de changer
00:57:58un texte,
00:57:59quelle que soit la position du gouvernement, ça commencerait peut-être par là, quoi.
00:58:04C'est-à-dire on examine le texte qui arrive en séance et c'est le texte de la commission.
00:58:09Je sais que ça pose d'autres problèmes, mais n'empêche, en termes de philosophie, je pense qu'il faut
00:58:12qu'on réfléchisse à ça.
00:58:14Bon, j'avais une deuxième chose que j'avais mise sur la table.
00:58:17Ça n'a pas eu l'unanimité. Et là, c'est aussi... J'allais dire que c'est plus une
00:58:22situation qui tient compte...
00:58:23On peut peut-être penser que ça ne sera pas toujours le cas à l'avenir du nombre de groupes
00:58:27très importants que nous avons,
00:58:28mais qui est hérité de la situation politique, qui serait qu'on ait un temps programmé sur le débat budgétaire,
00:58:36comme on l'a sur d'autres textes, de façon, par exemple, à s'assurer que quand vous programmez...
00:58:42C'est surtout vrai pour les dépenses. Mais quand vous programmez sur une journée, par exemple, telle mission,
00:58:47eh bien, on a un temps programmé. On sait qu'à la fin du coup de la journée, on aura
00:58:50examiné la mission.
00:58:52Je pense que ça, ça aurait pu réduire. Bon, ça n'a pas été unanime, donc ça n'a pas
00:58:58été adopté.
00:58:59Victor.
00:59:00Bonjour, M. le Président. Peut-être une question pour sortir un tout petit peu du cadrage du budget.
00:59:06Samedi, il y a un mouvement du 17 qui risque d'animer un petit peu le territoire national.
00:59:11Comment vous le percevez ? Est-ce qu'il y a... Enfin, à quel point le mouvement peut être d
00:59:15'ampleur ?
00:59:16Et je voulais aussi vous questionner sur quel rôle aura la France insoumise et plus globalement la gauche dans ce
00:59:20mouvement, selon vous ?
00:59:21Bon, le même rôle depuis le début, c'est-à-dire on va soutenir le mouvement.
00:59:24Voilà. Nous, des mouvements sociaux, des mouvements de la jeunesse qui vont... qui poussent pour une politique qu'on soutient
00:59:32ou pour des mesures qu'on soutient.
00:59:33On est dedans comme on l'a toujours été. C'est pas nouveau.
00:59:37Donc samedi, on manifestera, puisque là, samedi, c'est un... Les lycéens et les étudiants en ont fait un des
00:59:44actes, l'acte 6 de leur mobilisation.
00:59:46Mais on voit bien que l'appel peut éventuellement être un peu plus large.
00:59:50Donc on sera dans la rue, on le soutiendra. Voilà. C'est un rôle de soutien.
00:59:58Je peux pas vous en dire plus. Par contre, je peux vous dire autre chose. C'est que nous, on
01:00:03gagnera pas sans mobilisation sociale.
01:00:05Ça, c'est sûr. Je veux dire par là que... Y compris quand on sera... Quand on gouvernera l'année
01:00:10prochaine.
01:00:11Pourquoi ? Parce que ce qu'il y a sur les réseaux sociaux depuis hier, sur notre budget, donne quand
01:00:17même un aperçu des forces qu'on va devoir...
01:00:20J'allais dire... Où il va falloir...
01:00:38J'ai éteint le micro.
01:00:41Non, je disais, on en aura besoin et donc on aura besoin aussi d'un soutien comme quelque part en
01:00:4736, on peut considérer que les grèves ont été un soutien des mesures prises par le gouvernement du Front populaire.
01:00:53Voilà. Je pense qu'on aura besoin de ça. Donc c'est aussi notre approche vis-à-vis des mobilisations
01:00:57sociales.
01:00:58De ce qui vous remonte... Oh non, vas-y, pardon.
01:01:00Dans le prolongement, pardon, c'était juste en termes d'ampleur. Est-ce que vous... Parce qu'on a du
01:01:04mal à savoir à quoi s'attendre, très honnêtement. Les revendications sont très nombreuses.
01:01:10Est-ce que vous percevez quelque chose d'important ? Comment on peut un peu anticiper ce mouvement, selon vous
01:01:15?
01:01:15Alors déjà, j'ai quand même l'impression que progressivement, il y a des revendications principales qui émergent. Moi, j
01:01:22'en vois trois.
01:01:24Pas forcément dans leur hiérarchie des choses, plutôt dans leur chronologique. Il y en a une première, c'est sur
01:01:29un plan d'urgence pour l'éducation.
01:01:33Donc qui aurait été... C'est moi qui l'ai estimé. Je peux dire au moins les choses. C'est
01:01:36-à-dire que quand j'ai vu les mesures, j'ai proposé au syndicat étudiant et lycéen qui l'avait
01:01:43fait,
01:01:43je leur ai dit, écoutez, moi, je veux bien vous donner mes compétences pour essayer de l'estimer. Donc en
01:01:47gros, c'est à peu près 10 milliards, toutes les mesures qu'ils ont posées,
01:01:50qui sont consommées au débat budgétaire et sur lesquelles on pourrait penser qu'ils peuvent en gagner au moins une
01:01:57partie.
01:01:58La deuxième chose qui serait assez facile, en réalité, pour le gouvernement de céder, c'est l'abrogation de parcours
01:02:03sup.
01:02:04Pourquoi ? Parce que c'est franchement un problème qui vient dans tous les établissements, qui est une angoisse absolue
01:02:10et elle est légitime.
01:02:12Parce qu'on s'aperçoit que maintenant, c'est des milliers, et encore je suis peut-être de lycéens qui
01:02:19ne trouvent pas d'affectation à la fin de l'examen.
01:02:23Bon, je dis que ça pourrait être facile parce qu'après tout, le gouvernement pourrait très bien dire, bon, écoutez,
01:02:26on voit bien qu'il y a un problème.
01:02:28Il faudra un outil pour la rentrée prochaine, charge à la présidentielle d'en faire un des thèmes de campagne,
01:02:36de voir ce qui serait appliqué.
01:02:37Bon, c'est pas quelque chose qui serait complètement aberrant. Il y a une troisième chose qui, on parle moins,
01:02:42mais qui, alors là, pour le coup,
01:02:44dont le sujet de ce que ça a provoqué revient dans toutes les remontées, c'est l'emploi du temps.
01:02:49C'est-à-dire que la réforme blanquière de 2019 a provoqué des emplois du temps complètement lunaires, en cassant
01:02:56les filières, en mettant des spécialisations.
01:02:58Et c'est une des grandes explications du fait qu'ils ont des emplois du temps pas rationnels du tout.
01:03:03On pourrait dire que ça, c'est à peu près les trois revendications qui émergent fortement.
01:03:09Bon, après, l'autre question qui est derrière sous-jacente, c'est qu'est-ce qui va se passer après
01:03:14les vacances ?
01:03:15Est-ce que ce mouvement va redémarrer ou pas ?
01:03:17Moi, je ne lis pas dans un marre de café. Ce que je sais, c'est que les jeunes qui
01:03:22se sont mis en mouvement ne se sont pas mis en mouvement pour faire un monome lycéen.
01:03:28Ça fait longtemps que ça ne va pas. Et donc, ils ont des choses qui sont très concrètes.
01:03:37J'allais dire, quelque part, entre guillemets, en 68, les étudiants qui se sont mis en action voulaient changer leur
01:03:46avenir.
01:03:48Aujourd'hui, les lycéens qui rentrent en action, ils veulent s'assurer un avenir.
01:03:52Et ça passe par des... Ce n'est pas tout à fait le même genre de ressort dans les revendications.
01:03:57Et ils sont inquiets parce que, légitimement, ils se demandent s'ils en ont un vu les conditions dans lesquelles
01:04:02ils étudient.
01:04:03Pour terminer, peut-être une question sur l'élection présidentielle.
01:04:07Quel regard vous portez sur la large victoire de Raphaël Glucksmann le week-end dernier sur la primaire du Parti
01:04:16socialiste, social-démocrate ?
01:04:18Est-ce que vous considérez que ça vous est plus favorable, peut-être, qu'un candidat qui aurait été identifié
01:04:22comme un peu plus à gauche,
01:04:24ou en tout cas avec une stratégie plus à gauche que la sienne, quand vous voyez qu'aujourd'hui, les
01:04:28sondages ne sont que des sondages,
01:04:29et on est encore très loin de l'échéance, on n'a pas encore tous les candidats,
01:04:32mais quand vous voyez qu'aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, dans certains sondages, est à la lutte, disons, avec Édouard
01:04:39Philippe pour une qualification au second tour,
01:04:41est-ce que vous dites que cette désignation est plutôt une bonne nouvelle pour vous ?
01:04:44Alors, une large victoire sur un périmètre assez restreint, il faut le dire, parce que sinon, du nombre de votants.
01:04:54Écoutez, bon, moi, je dirais que ça nous est un peu... Globalement, ça nous est un peu égal.
01:05:02On savait qu'il y aurait un candidat de côté-là de la gauche que j'appelle la gauche d
01:05:05'accompagnement,
01:05:08qui, je crois... Je ne pense pas qu'il y ait d'avenir pour une gauche si elle n'est
01:05:14pas en rupture avec les années qu'on vient de vivre,
01:05:16de manière très claire. Et là, de ce point de vue-là, nous sommes la seule force qui propose une
01:05:21alternative évidente.
01:05:25Donc, je ne crains pas trop la concurrence de ce côté-là, je vous le dis très sincèrement.
01:05:29Je pense que le jeu est plié de ce côté-là. Voilà. C'est à peu près mon état d
01:05:34'esprit.
01:05:34Et je le pense d'autant plus que le candidat, en réalité, choisi, on peut peut-être penser que son
01:05:40évolution va plutôt l'amener
01:05:42à concurrencer les autres candidats macronistes, qu'à concurrencer des candidats à gauche, par son inclinaison naturelle, par...
01:05:50Là, par exemple, c'est une question qui va se poser. Qu'est-ce qui va reprendre du programme du
01:05:54Parti Socialiste, par exemple ?
01:05:56Moi, j'attends de voir. Vous l'avez dit tout à l'heure, par rapport à la censure ou pas
01:06:00la censure.
01:06:00Donc voilà, je crois que ça va plus concurrencer. De ce point de vue-là, le fait éventuellement que ça
01:06:04concurrence davantage le camp macroniste,
01:06:07ce n'est pas un désavantage pour nous, ça, c'est sûr. Voilà.
01:06:10Voilà. Donc bon, moi, je n'ai pas envie d'en dire plus que ça. J'ai l'impression qu
01:06:16'on commence à être franchement devant
01:06:20et puis vraiment au coude à coude avec Edouard Philippe. Moi, je vous dis mon point de vue, c'est
01:06:24qu'on va être au deuxième tour des élections.
01:06:26Voilà ce que je crois. Et qu'après, nous allons les gagner.
01:06:30Chantal et Pistane pour terminer.
01:06:31Oui. Marine Le Pen demande la démission de M. Ferrand, président du Conseil constitutionnel.
01:06:38Jean-Luc Mélenchon en veut beaucoup et demande pratiquement la démission du président de la Banque de France.
01:06:45Est-ce que chacun a ses obsessions comme ça dans cette campagne ?
01:06:49Non, mais ce n'est pas une question d'obsession. C'est un problème. On a quand même un problème
01:06:52posé.
01:06:54Bon, moi, je n'ai pas du tout envie de faire une guérilla avec M. Moulin, qui est govérateur de
01:06:57la Banque de France,
01:06:58ou Mme de Montchalin, qui préside à la Cour des comptes.
01:07:04On a quand même un problème objectif posé sur la question, normalement, de l'indépendance de ces deux institutions par
01:07:11rapport à des pouvoirs ou à des aspects partisans de la vie politique française.
01:07:16Bon. Donc voilà, j'ai eu un début de polémique avec M. Moulin, parce que j'estimais qu'il avait
01:07:23franchi une certaine ligne rouge,
01:07:26non pas en défendant un certain type de politique monétaire. Ça, il a le droit de le faire.
01:07:30Et il a l'obligation aussi de supporter la contestation, parce que manifestement, il a réagi, parce que j'ai
01:07:35contesté sa façon de voir.
01:07:37Bon, il doit l'accepter. Mais je trouvais que la manière dont il avait attaqué, en l'occurrence, mon candidat,
01:07:43mais j'allais dire presque,
01:07:44ça aurait été n'importe quel candidat, j'aurais réagi, je crois, pareillement. Je pense que, voilà, on est dans
01:07:49une période électorale
01:07:50et qu'il doit impérativement en rajouter sur la réserve. Sinon, évidemment, il va réanimer ce qui s'est passé,
01:08:02je vous rappelle, au moment de son élection,
01:08:03puisqu'au moment de son élection, les 3 cinquièmes des députés ont voté contre en disant que ce n'est
01:08:09pas possible que quelqu'un
01:08:10qui a un tel CV encore récent, puisqu'il était directeur de cabinet d'Emmanuel Macron quelques semaines avant, devienne,
01:08:16on puisse nous persuader qu'il va devenir indépendant. Voilà.
01:08:19Ça vaut pour M. Ferrand aussi ?
01:08:22On n'a pas mis M. Ferrand dans le viseur, mais on l'a pas mis dans le viseur. Moi,
01:08:29là, pour l'instant, je regarde ce...
01:08:31Alors, je vais vous répondre là-dessus. Je regarde ce qu'ils en font. D'accord ?
01:08:35S'il s'avère de manière évidente que M. Macron a en réalité placé des têtes de pont pour assurer
01:08:43la pérennité de sa politique
01:08:45une fois qu'il ne sera plus élu, c'est quand même un problème, quoi. Voilà. C'est un problème
01:08:49posé à la démocratie
01:08:50qui doit être examiné. Et j'allais dire qu'on va voir comment ils réagissent.
01:08:53Moi, je remarque que Mme de Montchalin, moi, je pense qu'elle n'aurait pas dû assumer
01:08:59de présenter l'avis du HCFP pour le budget 2027, puisque normalement, les textes financiers
01:09:08de déontologie disent que dans les 3 ans, vous devez vous garder d'avoir un positionnement
01:09:17ou un avis sur les organismes dans lesquels vous étiez dans les 3 dernières années.
01:09:23Bon, évidemment, elle l'était, donc elle aurait mieux fait de le faire.
01:09:25Je remarque, par contre, que pour l'instant, sur la forme, force est de constater
01:09:29qu'elle n'a pas mordu le trait. Et d'ailleurs, comme elle est assez maligne,
01:09:34j'avais dit qu'elle était filoute de temps en temps, elle s'est débrouillée
01:09:37pour faire présenter l'avis du Haut Conseil des Finances Publiques 2026
01:09:41par Michael Zemmour, pas n'importe quel économiste. Je trouve que ça va dépendre
01:09:48un peu de la façon dont il procède. M. Moulin, pour l'instant, il va falloir
01:09:52qu'il donne un peu des garanties sur sa indépendance, je trouve.
01:09:56Donc on va voir comment ça se passe. Donc voilà, je réponds là-dessus.
01:10:00Stan, pour terminer.
01:10:00Pour le moment, il semble que M. Bardella soit le Premier ministre désigné par Marine Le Pen.
01:10:05Est-ce que vous êtes favorable à ce que Jean-Luc Mélenchon désigne
01:10:09qui pourrait être son Premier ministre ? Et avez-vous une idée de qui ça pourrait être ?
01:10:15Non, non. Je pense pas qu'il compte le faire. Par contre, on voit bien, il le fait.
01:10:21Il l'a fait avec moi hier, par exemple, dans ses conférences de presse,
01:10:24que quelque part, il commence un peu à faire émerger qui pourrait être à la tête
01:10:29de tel ou tel ministère. Donc ça, c'est des choses qui se construisent.
01:10:34Si vous êtes très observateurs de ce que font les Insoumis, vous pouvez avoir quelques idées.
01:10:39mais non, parce que, j'allais dire, ça va dépendre...
01:10:45Ça sera un choix collectif, d'ailleurs, déjà aussi, même si, au dernier instant,
01:10:48c'est lui qui, évidemment, prendra la décision.
01:10:51Mais non, je crois que c'est pas très nécessaire. On sait bien que Mme Le Pen,
01:10:54c'est un autre... D'ailleurs, c'est peut-être un souci qu'elle a, d'ailleurs, maintenant.
01:10:58Mais ça fait partie de notre construction. C'est que si elle se présentait pas,
01:11:01c'était M. Bardella. Donc c'est une espèce de... Ils estiment que présenter ce duo
01:11:07est plus rentable électoralement. Bon. Je sais pas si elle le pense encore.
01:11:11Merci beaucoup, Éric Coquerel, de nous avoir accordé une heure
01:11:14alors que vous siégez jour et nuit sur le budget dans l'hémicycle.
01:11:17Merci. Bon après-midi à tous.
01:11:31Merci.

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