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  • il y a 8 heures
Selon l’UFC-Que Choisir, 77% des Français estiment que leur pouvoir d’achat s’est dégradé ces derniers mois.

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Transcription
00:00Justement, l'enquête de la matinale à 6h50 sur le pouvoir d'achat des Français en Berne.
00:0577% des Français estiment que leur pouvoir d'achat s'est dégradé ces derniers mois, selon le magazine Que
00:10Choisir.
00:11Il faut faire des choix, et pour beaucoup de familles, cela veut dire renoncer à partir en vacances.
00:16Frédéric Boubli, de la consultant commerce et consommation, est avec nous.
00:20On est ravis de vous accueillir à nouveau sur ce plateau.
00:22Et Mathis Meunier, on va peut-être commencer par faire un point avec vous, Mathis.
00:25Les vacances scolaires commencent donc là, maintenant, et elles entrent dans la catégorie superflu dans laquelle les Français se restreignent.
00:34On n'a plus les moyens de partir en vacances.
00:36Oui, exactement. C'est une tendance qu'on avait déjà constatée avant l'été.
00:39Près d'un Français sur trois n'affichait pas l'intention de partir en vacances.
00:43C'est 9 points de plus comparé à l'an dernier, selon une étude IFOP de mars dernier.
00:47Et on note une persistance des inégalités sociales.
00:50Si on regarde le niveau de vie, par exemple, les intentions de départ sont à 84% chez les catégorisés,
00:5658% chez les catégories pauvres.
00:58Et même chose pour le lieu de résidence, on est à 83% en agglomération parisienne et 60% en
01:04zone rurale.
01:04En tout cas, cette chute des départs, elle se confirme.
01:07Aujourd'hui, moins 12,5% de réservations pour les vacances de la Toussaint.
01:12On est allé demander aux Français ce qui coinçait.
01:15La réponse est unanime.
01:30Voilà, budget serré.
01:38Et même pour ceux qui partent quand même en vacances, 1530 euros en moyenne, c'est 150 euros de moins
01:44par rapport à 2025.
01:45Deux facteurs qui permettent d'expliquer ça.
01:48D'abord, l'inflation, notamment la flambée des prix du carburant.
01:51Et puis, les tensions internationales qui vont inviter notamment à la prudence.
01:55Ce contexte, il influence les comportements, si bien que certains procèdent à des arbitrages.
02:00Cet été toujours, 60% prévoyaient de réduire leurs dépenses sur place.
02:04Par exemple, en faisant moins d'activités, moins de shopping, moins de restaurants.
02:07Par exemple, on peut prendre un pique-nique à la place.
02:0961% aussi voulaient réduire l'amplitude de leurs vacances, c'est-à-dire partir moins souvent, moins longtemps et
02:15moins loin.
02:16Frédéric Boubli, on avait déjà parlé des Français qui se restreignent.
02:19Mais là, on a l'impression, quand on regarde les chiffres donnés par Mathis Menuc, c'est d'une ampleur
02:23sans précédent.
02:25Oui, effectivement, quand on regarde ces chiffres-là, on s'aperçoit que même sur des domaines qui étaient sanctuarisés jusqu
02:31'à présent,
02:31il y a des arbitrages qui s'opèrent.
02:34Et ce qui est intéressant aussi de voir dans ce que vous dites, c'est qu'il y a quand
02:37même une partie de la population qui, elle, n'est pas concernée par ça.
02:41Et en fait, on s'aperçoit qu'on a deux ou trois Frances maintenant.
02:43C'est-à-dire qu'on a ceux qui passent en fait un peu au-delà de cette situation économique
02:50et de ce contexte,
02:51ceux qui sont obligés de faire des arbitrages.
02:53Et enfin, le troisième groupe qui est ceux qui sont obligés carrément d'arrêter et de couper des dépenses.
03:00Et ce qui est important justement, c'est de voir que dans ces trois groupes, le groupe le plus contraint,
03:06il augmente en nombre.
03:08Bon, Laure l'évoquait il y a un instant, c'est vrai que peut-être le format des vacances a
03:13changé.
03:14C'est-à-dire qu'on part moins loin, moins longtemps, mais on part quand même pour certains.
03:18En fait, c'est cette capacité d'adaptation des Français que vous avez aussi bien pour les vacances que pour
03:23la consommation alimentaire.
03:24C'est-à-dire qu'il y a toujours des leviers pour toujours partir en vacances, mais en dépensant un
03:31peu moins.
03:31Donc effectivement, les variables, c'est je pars moins loin, j'ai des dépenses sur place qui sont moins importantes.
03:37On a effectivement ces leviers et c'est la même chose qu'on a dans l'alimentaire.
03:40C'est-à-dire qu'on a des petits plaisirs sur lesquels on choisit de renier et d'autres sur
03:44lesquels on se dit,
03:45ah ben non, ça, c'est un totem, je sanctuarise.
03:48Et ma bouteille de champagne, je l'aurai à Noël parce que celle-là, je ne peux pas l'enlever.
03:52Alors ce qui est intéressant dans l'étude de que choisir, c'est que ne pas partir en vacances,
03:57ça entraîne pour beaucoup de familles un sentiment de déclassement.
04:00Donc ce n'est pas seulement le fait de ne pas partir en vacances, mais c'est aussi ce que
04:04l'on ressent en ne partant pas.
04:06Oui, et en fait, il y a l'aspect à la fois économique et l'aspect psychologique.
04:10Et l'aspect psychologique prend le pas.
04:12Parce qu'en fait, vous êtes sur un arbitrage qui touche votre décision,
04:16mais aussi celle de votre famille, de votre foyer.
04:18Donc c'est forcément beaucoup plus difficile à assumer.
04:21Vous êtes aussi dans le regard de l'autre.
04:23Parce que dans une logique sociale, vous racontez que vous ne partez pas,
04:28ou que vous partez moins, ou que vous avez moins de choses à raconter.
04:30Et dans un monde où tout se met sur Instagram,
04:32où en fait on est content de montrer toute sa vie,
04:35et bien là, on est en face de sa propre réalité qui est difficile.
04:39C'est vrai, c'est dur, Laure, non ?
04:41Oui, ce qui est intéressant, ce que vous dites sur le renoncement,
04:43c'est que l'INSEE, quand il donne les chiffres macroéconomiques,
04:46parfois ça ne parle pas, et on ne se retrouve pas dans les chiffres de pouvoir d'achat, par exemple.
04:50Du coup, ils ont créé un nouvel indicateur,
04:51qui est un indicateur de sentiments.
04:54Et justement, il y a dix thèmes qu'on regarde,
04:56par exemple le restaurant, l'achat de nouvelles chaussures,
04:58un nouveau téléphone.
04:59Si vous avez cinq fois dû vous restreindre sur un resto,
05:05sur un achat,
05:06vous rentrez dans un indice
05:08où vous êtes frustré.
05:09C'est un indice de la frustration,
05:10et ça mesure peut-être aujourd'hui mieux les questions de pouvoir d'achat
05:14qu'un simple chiffre macroéconomique
05:15qui ne parle pas.
05:17C'est quoi le coût pour ces familles
05:20qui renonçaient, le carburant
05:22essentiellement qui a entraîné
05:24ce changement de comportement ?
05:26Récemment, oui.
05:27Mais ce qui se passe, c'est que ça vient après d'autres
05:30coups de massue.
05:31On a eu, après la guerre en Ukraine,
05:33une hausse significative des prix alimentaires.
05:36On était à plus 15, plus 16,
05:37voire plus 20% d'augmentation.
05:39Donc ça a été un premier coup.
05:41Et maintenant, on a le deuxième coup
05:42qui est le coût d'essence.
05:43Et on se dit, mais qu'est-ce qui va se passer après ?
05:45Donc là aussi, il y a un aspect factuel
05:47qui est, maintenant je dépense beaucoup plus
05:49en alimentation parce qu'il y a eu cette hausse.
05:52Et on a l'impression qu'il y a eu une hausse encore,
05:54alors que ce n'est pas vrai.
05:55Sur l'inflation alimentaire, aujourd'hui,
05:56elle est relativement contrainte,
05:59même si ça risque d'évoluer dans les prochains mois.
06:01Mais ce qui arrive maintenant,
06:02le deuxième effet,
06:03c'est effectivement l'essence
06:06qui grève une partie,
06:08en tout cas pour une partie de la France
06:09qui bouge beaucoup en voiture,
06:13qui a besoin de sa voiture
06:14et qui a des moyens limités.
06:16Pour eux, c'est vraiment contraignant.
06:18Voilà, et dans six mois,
06:19il y a une élection présidentielle.
06:20Je voulais vous donner ce chiffre de l'étude.
06:22Près de huit Français sur dix
06:23annoncent que la thématique du pouvoir d'achat
06:25va jouer dans leur vote à la présidentielle.
06:28Merci beaucoup Frédéric Boublil
06:30d'avoir été avec nous dans l'enquête de la matinale.
06:33Sous-titrage Société Radio-Canada

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