- il y a 17 minutes
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, était l’invité du Face-à-Face de ce vendredi 16 octobre sur BFMTV et RMC.
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00:008h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Arnaud Rousseau.
00:04Bonjour Apéline Le Malheur.
00:04Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:07Vous êtes le président de la FNSEA, le premier syndicat agricole,
00:10et c'est l'autre crise qui couvre, celle des agriculteurs.
00:14Certains ne le voient peut-être pas arriver, mais ça va péter très fort.
00:17Voilà ce que dit l'entourage du Premier ministre.
00:19L'agriculture française ne peut pas attendre l'élection présidentielle.
00:24Sébastien Lecornu a déclaré cela.
00:25Il l'a déclaré, l'a-t-il prouvé qu'il allait vous aider
00:30pour que vous puissiez vous en sortir avant l'élection présidentielle ?
00:34En tous les cas, la prise de conscience du Premier ministre est factuelle.
00:38Il l'a rappelé, il a fait des annoncières.
00:40Ce qui compte pour les agriculteurs aujourd'hui,
00:42c'est que les choses très concrètement prennent forme dans leur corps de ferme.
00:46Il y a eu un plan d'urgence qui est annoncé, souvenez-vous, à la fin de l'été,
00:49dans lequel on a annoncé un certain nombre de mesures.
00:51Ce matin, dans ma ferme, sur mon compte en banque,
00:54est arrivé l'argent de la politique agricole commune.
00:57Donc ça, c'est ce matin.
00:59Ça, c'est la PAC ?
00:59Maintenant, c'est la politique agricole commune, absolument.
01:01C'est de l'argent qui est arrivé de Bruxelles, même si la France y contribue.
01:05Et ensuite, il y a tout un tas de mesures que nous attendons dans les jours prochains.
01:10Donc la prise de conscience est là.
01:11Mais ce qui compte maintenant, c'est la transformation de l'essai.
01:14Ce dont il a parlé hier, c'est un plan de rebond
01:17qui ne verra le jour que s'il y a un budget.
01:19Or, chacun comprend que dans le contexte actuel, nous n'y sommes pas.
01:22Nous, ce que nous voulons, c'est travailler à des solutions
01:25pour essayer de construire un avenir.
01:26Mais la réalité d'une exploitation aujourd'hui, c'est la trésorerie.
01:29Arnaud Rousseau, le problème, c'est la trésorerie.
01:31On va y revenir.
01:32Évidemment, c'est aussi le résultat de la question de la sécheresse,
01:35de la question des incendies,
01:36de ce que vous vivez aujourd'hui concrètement.
01:38Vous devriez semer.
01:39Mais la plupart des semis sont repoussés parce que la terre est trop sèche.
01:43Il y a effectivement des problèmes aussi d'inflation.
01:46Inflation avec des gens qui se restreignent.
01:48Et là, je pense aux autres, à ceux qui ne sont pas agriculteurs,
01:51qui aimeraient bien acheter les produits de votre agriculture,
01:53mais qui n'osent même plus y penser et qui renoncent.
01:56Les chiffres de l'inflation et les chiffres du pouvoir d'achat
01:59vont aussi dans le sens de moins de viande,
02:01moins de produits français parce qu'ils n'ont pas les moyens.
02:04Comment on fait pour trouver la solution à la fois pour la consommation
02:07et pour les agriculteurs ?
02:09Mais si on s'arrête sur ce plan de relance,
02:11il y a eu un peu plus d'un milliard à la fin d'été.
02:13Et là, on nous annonce en effet 500 à 700 millions de rallonge
02:17en fonction du budget.
02:18Ça servirait à quoi ? Ça irait où ?
02:21Alors, je ne sais pas vous répondre, Apolline de Malière,
02:23puisque cette annonce de 500 à 700 millions,
02:25d'abord, 200 millions d'écarts pour nous, c'est beaucoup.
02:28Oui, je vous avoue que je me suis dit,
02:30quand on peut dire à la louche 500 à 700 millions,
02:32dans un moment où chaque euro compte,
02:34j'ai un peu du mal à comprendre.
02:35Alors, je ne sais pas vous répondre ce matin.
02:37En revanche, on considère que c'est une nouvelle intéressante,
02:40qu'on veut travailler, d'ailleurs.
02:41Le Premier ministre a dit qu'il nous recevrait mi-octobre.
02:44Nous y sommes, donc nous avons très envie
02:46de découvrir ce qu'il va mettre dans le pacte Gennevard,
02:49puisque c'est ainsi qu'il a appelé ce plan.
02:52Il y a des mesures...
02:52En fait, vous avez l'enveloppe,
02:53mais vous ne savez pas à quoi ça correspond.
02:54Pardon, mais au moment où on se parle,
02:55on n'a même pas l'enveloppe.
02:56Si nous avons un budget,
02:57et ça nous permet de dire que nous avons besoin d'un budget,
03:00c'est ce que nous disons tous les hivers à la même époque,
03:03puisque la crise agricole ne date pas simplement de cet été,
03:06c'est que nous avons besoin d'un budget
03:07avant la présidentielle
03:09pour apporter un certain nombre de réponses.
03:10Nous voulons construire ce plan,
03:12nous avons besoin que ce soit concret
03:13pour que rapidement les choses arrivent.
03:16Pourquoi je vous dis ça ?
03:17Parce que, par exemple,
03:18dans la loi d'orientation agricole de mars 2025,
03:21il y avait un article qui a été voté par les parlementaires
03:24qui est une aide au relais.
03:26Vous savez, quand vous êtes éreinté,
03:27vous êtes fatigué,
03:28vous n'en pouvez plus,
03:29vous êtes au bout du rouleau,
03:30ce qui est le cas dans beaucoup d'exploitations aujourd'hui,
03:33eh bien, vous avez la possibilité,
03:35quand vous avez 59 ans,
03:36d'avoir une aide au relais
03:37qui vous permet de transmettre votre exploitation,
03:40de préparer l'avenir.
03:41Eh bien, vous voyez,
03:42cet article de loi voté en mars 2025,
03:45il n'a même pas de décret d'application.
03:46Il y a un an et demi.
03:47Non, c'est-à-dire que ça fait un an et demi
03:49et c'est resté totalement théorique.
03:51C'est resté totalement théorique.
03:53Il n'y a pas de décret d'application,
03:54il n'y a pas de finance.
03:55Donc, vous voyez qu'à la fois,
03:56on a envie de construire l'avenir,
03:58mais qu'en même temps,
03:59quand il y a eu des engagements,
04:00des lois votées par les parlementaires,
04:02il y a un an et demi,
04:02on n'a même pas le décret d'application.
04:04C'est saisissant,
04:05c'est saisissant,
04:06parce que ce qui vous arrive à vous,
04:07ça arrive dans tous les domaines,
04:08c'est-à-dire qu'en fait,
04:08il y a un décalage total
04:10entre les annonces et la réalité.
04:12Dans le réel,
04:13ça n'a pas atteint le mur du réel.
04:15Nous voulons travailler
04:16à des solutions pour l'agriculture,
04:18mais les annonces ne suffisent pas.
04:20Nous avons besoin d'un budget.
04:21Nous faisons le constat
04:22qu'un certain nombre d'éléments
04:23qui ont été construits
04:24dans des lois agricoles
04:25depuis près de trois ans
04:26ne trouvent pas de débouchés.
04:27Et je le redis,
04:28la situation,
04:30y compris psychologique,
04:31et la ministre,
04:31Mme Gennevard,
04:32l'a rappelé il y a quelques jours,
04:33de l'agriculture,
04:34nécessite que ce qui a été promis
04:35soit tenu.
04:36Vous m'avez dit
04:36que vous aviez touché
04:37les aides de la PAC,
04:38que ça y est,
04:39elles sont sur le compte en banque
04:41des agriculteurs.
04:43Les aides, en revanche,
04:44du gouvernement,
04:45c'est-à-dire les aides françaises,
04:47ça, vous ne les avez pas touchées ?
04:48Alors, le plan d'urgence
04:50annoncé à la fin de l'été
04:51devrait arriver
04:52dans quelques jours,
04:53nous dit-on,
04:54fin octobre.
04:55Donc, au moment où je vous parle,
04:56ça n'est pas le cas,
04:57mais ça devrait arriver,
04:58nous avons commencé
04:59à toucher les aides
05:00sur le gasoil,
05:01puisque vous parliez
05:02de la situation,
05:02mais le gasoil,
05:03par exemple,
05:04au même titre que les Français,
05:05nous nous mettons
05:05dans nos tracteurs
05:06du gasoil non routier,
05:07du GNR,
05:08ce GNR a beaucoup augmenté,
05:10nous avons une aide
05:10de 15 centimes,
05:12cette aide,
05:13elle est versée
05:14trop doucement,
05:15alors, il y a un peu
05:15de rattrapage maintenant,
05:16mais ça a été très long.
05:18L'aide de mai,
05:19pour les routiers notamment,
05:20elle n'a été perçue
05:22que fin septembre.
05:23Est-ce que c'est à peu près
05:24les mêmes délais
05:25pour vous, les agriculteurs ?
05:26Oui, absolument,
05:26nous avions maintenant
05:28les aides d'avril,
05:29puisque ça a commencé en avril,
05:30sont quasiment totalement payées,
05:32les aides de mai sont bien avancées,
05:34mais par exemple,
05:35pour juin,
05:36nous ne sommes qu'à 70%
05:37et pour juillet,
05:39nous ne sommes pas encore
05:39en rendez-vous,
05:40donc vous voyez,
05:41ça, ça tarde trop,
05:43je le redis,
05:43le sujet numéro un,
05:44c'est la trésorerie.
05:45Et puis il y a Total,
05:46qui sur le GNR
05:47comme sur le reste,
05:48dit je vais encore plus plafonner,
05:50est-ce que ça vous paraît
05:51à la hauteur là aussi ?
05:52C'est une très bonne nouvelle,
05:54puisque le PDG de Total,
05:56M. Pouyanné a annoncé
05:57qu'il aiderait aussi
05:58le monde agricole
05:58avec à partir du 1er novembre
06:00une baisse de 20 centimes,
06:02c'est une très bonne nouvelle
06:03parce que tout ce qui contribue
06:05à réduire nos charges
06:06va dans le bon sens.
06:07Mais je le dis,
06:08le gasoil non routier
06:09a fait plus que doubler
06:10dans les fermes,
06:11nous ne pouvons pas
06:12nous passer de mettre du carburant
06:13dans nos tracteurs
06:14et donc c'est une aide
06:16bien reçue,
06:16moi je remercie
06:17le président PDG
06:18de Total Énergie
06:19pour ce geste,
06:20mais il faut aller
06:21encore plus loin
06:22tant les charges sont importantes.
06:22Arnaud Rousseau,
06:23la colère,
06:24il y a la France
06:25et il y a l'Union Européenne.
06:27Il y a eu ces dernières années
06:29de nombreuses colères agricoles,
06:30non seulement en France
06:31mais aussi partout en Europe
06:33avec vos collègues
06:35des autres pays
06:35qui convergeaient vers Bruxelles.
06:37En ce moment même,
06:38il y a le money time européen,
06:40comme on dit,
06:40c'est-à-dire le moment
06:40où justement on négocie
06:41le budget européen.
06:43Si ça se passe mal,
06:44ça pourrait plonger
06:45nos agriculteurs
06:46dans une très très forte mobilisation.
06:48Voilà ce que dit le cabinet,
06:50aussi non seulement le vôtre
06:52mais aussi de la ministre
06:54de l'Agriculture
06:54qui sait que c'est aussi là
06:56que ça se joue.
06:57Qu'est-ce que vous attendez
06:58de Bruxelles ?
06:59D'abord,
06:59on est déjà dans une situation difficile
07:01parce que le budget
07:02tel qu'il est annoncé
07:03par la commission
07:04n'est pas au rendez-vous.
07:05Pour la France,
07:06simplement pour que les gens
07:07aient conscience,
07:08aujourd'hui les aides de la PAC,
07:09ça représente de l'ordre
07:10de 130 euros par français
07:11et par an
07:13versés aux agriculteurs français
07:14pour contribuer
07:15à produire une alimentation
07:16parmi les plus sûrs
07:17de la planète.
07:18Et là,
07:19on a une amputation
07:19de l'ordre
07:20de 13 à 15%
07:23et nous n'avons pas
07:23de sécurisation
07:24de la totalité du budget.
07:26Le président de la République,
07:27M. Macron a dit
07:27je ferai en sorte
07:28qu'il ne manque pas un centime.
07:30Mais aujourd'hui,
07:31avec nos collègues européens,
07:32nous ne sommes pas satisfaits
07:34de la sécurisation
07:34qui est apportée
07:35à cette politique
07:35et je peux vous annoncer
07:37que nous sommes en train
07:37de discuter
07:38pour nous mobiliser
07:39à Bruxelles
07:40en novembre ou en décembre
07:41au moment des conseils
07:43des ministres
07:43et des chefs de gouvernement
07:44parce que nous voulons redire
07:46que pour l'Europe,
07:48la question de la PAC
07:49de la politique agricole commune,
07:50c'est la colonne vertébrale
07:51et que si demain,
07:52nous réduisons l'ambition
07:54de cette politique,
07:55le risque,
07:55c'est de voir encore plus
07:57d'importations.
07:57Je vous rappelle
07:58qu'aujourd'hui,
07:58à peu près un tiers
07:59de ce que nous consommons
08:00en France est importé.
08:01Tout le monde a conscience
08:02que la France
08:02est un grand pays agricole.
08:04Elle l'est de moins en moins.
08:05On va y revenir
08:06sur cette question
08:06de la consommation
08:07et des produits français
08:08mais quand vous dites
08:09je vous annonce
08:10qu'on réfléchit
08:11à cette mobilisation,
08:12est-ce que ça veut dire
08:13que vous envisagez
08:15une nouvelle marge
08:18des agriculteurs,
08:18c'est-à-dire concrètement
08:19des tracteurs
08:20vers Bruxelles
08:21voire même des blocages
08:22en France ?
08:22Oui absolument,
08:23je peux vous dire
08:24que nous avons
08:24la ferme volonté
08:25et l'ensemble
08:26de mes homologues européens
08:28des syndicats agricoles
08:29étaient réunis
08:29hier en Suède
08:31à Stockholm
08:31et qu'il y a une volonté
08:33rapidement
08:34de pouvoir élaborer
08:36une action
08:37à Bruxelles
08:38dont la forme
08:38n'est pas définie
08:39encore aujourd'hui
08:40parce qu'il nous paraît
08:41important
08:41comme nous l'avions fait
08:43il y a quelques mois
08:44sur le Mercosur
08:45de redire que
08:46sur cette question
08:47de l'alimentation européenne
08:48de la politique agricole commune
08:49il n'est pas question
08:50de lâcher du terrain.
08:51Donc vous pourriez
08:53je repense aux images
08:54de l'année dernière
08:55de tracteurs
08:57devant la commission européenne
08:58à Bruxelles
08:59ça avait viré quand même
09:00à l'empoignade
09:00est-ce que vous vous dites
09:03s'il le faut
09:03on recommence ?
09:04Absolument
09:04je suis absolument déterminé
09:07et encore une fois
09:07avec un certain nombre
09:08de nos collègues européens
09:09à réfléchir à la manière
09:11dont nous pouvons dire
09:12à la commission
09:13qu'il n'est pas question
09:14de reculer sur ce point
09:15vous avez parlé
09:15de Money Time
09:16c'est maintenant
09:17qu'il faut agir
09:18pour redire
09:18que les agriculteurs européens
09:20n'entendent pas réduire l'ambition.
09:21Deux points
09:21un sur l'Union européenne
09:23parce qu'elle est en train
09:24de remettre en cause
09:26un de nos patrimoines
09:28français de l'agriculture
09:29l'andouille de Guémené
09:30j'y reviendrai dans un instant
09:31mais sur la question
09:33des mobilisations
09:33la mobilisation de demain
09:35journée de mobilisation
09:36à l'appel à l'origine
09:37des Gilets jaunes
09:38mais désormais
09:39poursuivi par les syndicats
09:40un certain nombre
09:41de partis de gauche
09:41et les lycéens
09:42est-ce que vous estimez
09:44que les agriculteurs
09:44doivent être aux côtés
09:45de cette mobilisation demain ?
09:46En tous les cas
09:47pour ce qui concerne
09:47la fesseure-là
09:48nous n'y serons pas
09:49pour une raison assez simple
09:50c'est que c'est la pleine période
09:52du boulot dans nos champs
09:53nous sommes en ce moment
09:54en train de récolter
09:55le peu de maïs
09:56que l'été nous a laissé
09:57nous sommes en train
09:58de semer nos céréales
09:59nous sommes en train
10:00de récolter nos betteraves
10:01les éleveurs
10:02essaient de se battre
10:03pour trouver des fourrages
10:05et donc le mois d'octobre
10:06comme tous les ans
10:07si je puis dire
10:08est un mois
10:08où les agriculteurs
10:09sont au travail
10:10mais la question
10:11se posera
10:12Mais est-ce que vous êtes
10:12en solidarité ?
10:13C'est-à-dire que vous dites
10:14bon on n'y sera pas
10:14parce qu'on sera dans nos champs
10:15mais est-ce que vous estimez
10:17qu'il y a
10:18et qu'il faut qu'il y ait
10:19une forme de convergence
10:20des luttes
10:20pour reprendre l'expression
10:21d'un certain nombre de partis ?
10:22Ça n'est pas aujourd'hui
10:23les solutions
10:23que nous portons
10:24nous comprenons
10:25que les lycéens
10:26puissent avoir
10:26un certain nombre
10:27de revendications
10:27que d'autres corps de métier
10:29j'ai eu un échange
10:30il y a quelques minutes
10:30avec des gens du bâtiment
10:31qui nous disent aujourd'hui
10:32que dans la promotion immobilière
10:34c'est une catastrophe
10:35et bien il y a aujourd'hui
10:37tout un tas de métiers
10:38qui sont en forte difficulté
10:40mais pour ce qui nous concerne
10:42nous avons des revendications
10:43très claires
10:43je vous ai parlé
10:44du vol européen
10:45je vous ai parlé
10:45de la nécessité
10:46de rendre concrets les aides
10:47il y a eu quelques avancées
10:49la ministre a annoncé
10:49par exemple le prêt à taux zéro
10:51mais demain
10:52le 17
10:52nous ne serons pas
10:54contrairement à
10:55la coordination rurale
10:57autre syndicat
10:58la confédération paysanne
10:59pardon
11:00qui sera sur place
11:00oui encore une fois
11:01chacun fait ce qu'il veut
11:03nous nos revendications
11:04sont des revendications agricoles
11:06nous portons
11:07un projet très clair
11:08nous voulons
11:09renouveler les générations
11:10nous voulons nous battre
11:11pour le revenu des agriculteurs
11:12ces sujets là
11:13de convergence
11:14vous savez
11:14il y a déjà du chaos
11:15en agriculture
11:16et beaucoup
11:16d'étapes psychologiques
11:19difficiles
11:19pour nous
11:20ce n'est pas le chaos
11:21demain
11:21qui est la solution
11:22ils sont à bout
11:22les agriculteurs
11:22mais bien sûr
11:23qu'ils sont à bout
11:23vous savez
11:24quand vous n'avez pas rentré
11:25vos fourrages
11:25quand vous avez un tas de factures
11:26sur le coin du bureau
11:28c'est difficile
11:28d'envisager l'avenir
11:29et donc le sujet pour nous
11:31c'est à la fois
11:32de trouver les solutions immédiates
11:33et puis d'essayer de se projeter
11:34parce qu'il va bien falloir
11:35qu'on essaie de se construire
11:36un avenir
11:36en revanche
11:37nous avons besoin
11:38que les engagements pris
11:39soient tenus
11:40et je vous ai pris
11:41cet exemple très concret
11:42de l'aide au rebond
11:43nous avons besoin
11:44que les engagements pris
11:45soient tenus
11:45et je suis très frappée
11:46par effectivement
11:47le décalage
11:48entre les promesses
11:48qu'on vous a fait
11:49et la réalité ensuite
11:50tangible
11:51de ces promesses
11:51l'an dernier
11:53vous avez obtenu combien
11:54et ça a servi à quoi ?
11:55Moi j'aimerais comprendre
11:56où va
11:57quand on vous dit
11:57une enveloppe
11:58quand récemment
11:59ils disent
11:59il y a une enveloppe
12:00d'un milliard
12:01ça va où concrètement ?
12:03Alors il y avait
12:04dans cette enveloppe
12:05un certain nombre de choses
12:05il y a des choses très concrètes
12:07qui se mettent en oeuvre
12:07par exemple
12:08l'abattement de la taxe
12:09sur le foncier non bâti
12:10les agriculteurs
12:11les propriétaires de terres
12:13payent une taxe
12:14sur le foncier non bâti
12:15qui finance les communes
12:16les collectivités
12:17cette taxe
12:18elle a été réduite
12:19dans de nombreux endroits
12:20et le propriétaire
12:21doit l'imputer
12:22à l'exploitant
12:23à tout ou partie
12:24donc ça c'est très concret
12:25c'est maintenant
12:26les aides au GNR
12:27elles viennent
12:28soulager les trésoreries
12:29je dois soulager
12:29parce que le prix du carburant
12:31reste élevé
12:31il y a eu
12:32nous l'avons demandé
12:33un prêt à taux zéro
12:34on va voir s'il se met en place
12:36mais en tous les cas
12:36qui est nécessaire
12:36pour financer
12:37les cycles d'exploitation
12:39il y a eu
12:39200 millions
12:40qui ont été mis
12:41au plus près du terrain
12:42qui est une enveloppe
12:43qui n'est pas suffisante
12:44mais qui va être distribuée
12:45on vous avait promis aussi
12:46de vous soulager
12:47d'un certain nombre
12:48de normes
12:49qui parfois
12:50vous rendent
12:50très périlleux
12:52et difficiles
12:52l'agrandissement
12:54des exploitations
12:55on pense notamment
12:56à cette fameuse histoire
12:57des oeufs
12:57des poulaillers
12:58et de la question
13:00de
13:00on vous oblige
13:01à adapter
13:02la manière
13:03dont vous exploitez
13:05les poules pondeuses
13:06pour faire simple
13:08avec plus de plein air
13:09avec moins de cage
13:10ça oblige
13:11à des adaptations
13:12du bâti
13:12sauf que pour adapter
13:13le bâti
13:13si j'ai bien compris
13:14parfois vous en avez
13:15pour des années
13:16entre les arbitrages
13:17les décisions
13:18des uns et des autres
13:19les documents
13:20que vous devez
13:20et les recours
13:22est-ce que ça
13:23très concrètement
13:24ça avance ?
13:24la réponse à ce stade
13:26c'est non
13:27mais nous avons
13:28dans la loi
13:28d'urgence agricole
13:29un certain nombre
13:29de décrets
13:30qui vont nous permettre
13:31sur la question de l'eau
13:31sur la question
13:32des bâtiments
13:32mais vous parlez tout
13:33au futur
13:33je parle au futur
13:34parce que je crois
13:35vous avoir dit
13:36que c'était non
13:37au moment où on se parlait
13:38mais moi mon boulot
13:39c'est d'essayer
13:39de se projeter
13:40donc nous avons
13:41un texte de loi
13:42qui a été voté
13:43cet été
13:43qui prévoit
13:44un certain nombre
13:44d'avancées
13:45mais qui ne sont pas
13:46encore appliquées
13:47nous n'avons pas
13:47les décrets d'application
13:48nous les attendons
13:49mais clairement
13:51vous voulez construire
13:52un poulailler aujourd'hui
13:53c'est non
13:54mais c'est pire que ça
13:55Pauline de Manière
13:56vous avez parlé
13:56des cages par exemple
13:58il n'y a plus de cages
13:58en France
13:59très peu
13:59elles ont été vendues
14:00il y a une dizaine d'années
14:01notamment aux ukrainiens
14:02qui aujourd'hui
14:03nous importent des oeufs
14:05produits en cage
14:05qu'on leur a vendues
14:06il y a 10 ans
14:06à des prix
14:07et dans des conditions
14:08de production
14:09qui ne respectent pas
14:10nos standards
14:10voilà les sujets
14:11qui héritent profondément
14:12les agriculteurs
14:12c'est-à-dire qu'à la fois
14:13vous n'arrivez pas
14:14vous à faire
14:15un nouveau poulailler
14:16on va préciser des choses
14:17au moment du début
14:18de la guerre en Ukraine
14:20une des manières
14:20d'aider les ukrainiens
14:22a été précisément
14:23de lever les barrières douanières
14:24pour qu'ils puissent
14:26puisqu'ils n'avaient plus
14:26accès aux marchés russes
14:28en gros
14:28pour qu'ils puissent
14:29écouler leurs marchandises
14:30vers nous
14:32pays de l'ouest
14:34mais avec des conséquences
14:35qui sont qu'effectivement
14:36là-bas il y a des gigas
14:38factories
14:39de poulaillers
14:40et on se retrouve
14:41avec des chiffres
14:42je ne sais pas
14:43s'ils sont vérifiables
14:43mais qui disent
14:44que près d'un poulet sur deux
14:46qui est consommé
14:47en France
14:48et de toute façon
14:49importé
14:49est majoritairement
14:50d'Ukraine
14:51oui c'est exact
14:52d'Ukraine
14:53et d'ailleurs
14:55mais avec des normes
14:55qui donc pour vous
14:56ne sont absolument pas
14:57les mêmes que nous
14:58donc forcément moins chères
14:59vous ne pouvez pas
15:00factuellement
15:01et c'est la raison
15:02pour laquelle
15:02à la fois
15:03nous avons besoin
15:04de réaffirmer
15:04une vision
15:05pour l'agriculture
15:06vous savez
15:07quand on parle
15:07de souveraineté alimentaire
15:08et c'est ça qui compte
15:10au-delà des Ukrainiens
15:10c'est qu'on puisse
15:12réaffirmer
15:12de la cohérence
15:13quand on dit
15:13qu'on veut avoir
15:14une agriculture
15:15parmi les plus durables
15:15pour défendre l'environnement
15:17pour protéger l'environnement
15:18pour défendre
15:18et protéger le consommateur
15:20Est-ce que vous demandez
15:20est-ce que ces accords
15:21avec l'Ukraine
15:21soient revus ?
15:22Non mais surtout
15:23on demande
15:23à ce que les règles
15:25qu'on nous demande
15:25soient respectées
15:26quand il s'agit d'importation
15:27nous l'avons dit
15:28pour le maire
15:28Donc importer
15:29ok mais aux mêmes normes
15:30que nous
15:31Mais dans les standards
15:31qui sont ceux
15:32qu'on impose
15:32aux agriculteurs européens
15:34d'ailleurs vous avez noté
15:35que concernant le Brésil
15:36la commission européenne
15:37Oui ils ont fini
15:38par se rendre compte
15:39que c'était pas terrible
15:39finalement ce qu'on importait
15:40du Brésil
15:41Il faut de la cohérence
15:42nous avons besoin
15:42de rester dans un monde ouvert
15:43mais il faut qu'on lutte
15:45L'objectif Apolline de Maillard
15:46c'est de ne pas perdre
15:47notre souveraineté
15:48et notre appareil productif français
15:49Le problème c'est la souveraineté
15:50mais le problème c'est aussi
15:51le pouvoir d'achat
15:51Ici même le 3 septembre
15:53je vous ai reçu
15:54vous me disiez
15:54qu'il allait falloir
15:56accepter un peu
15:57d'inflation alimentaire
15:58parce que le problème
15:59c'est que sinon
16:00quand on tire les prix vers le bas
16:02c'est vous les agriculteurs
16:04qui allez en crever
16:05c'était votre mot
16:06On a eu hier
16:08les chiffres de l'inflation
16:093,1%
16:10On sait et on voit
16:12et la plupart des grands distributeurs
16:13le disent
16:14que l'inflation
16:14elle va encore augmenter
16:17Est-ce qu'au moins
16:18on peut se consoler
16:19en se disant
16:19qu'une part de cela
16:20va dans vos poches ?
16:21Alors c'est ce qu'on veut vérifier
16:22parce que moi je veux aussi
16:24que l'effort consenti
16:25puisse bénéficier
16:26à la production
16:26Je vous parle de l'appareil
16:27productif français
16:28Donc nous avons
16:29un certain nombre d'échanges
16:30avec nos partenaires
16:31de l'industrie agroalimentaire
16:33de la grande distribution
16:34de la restauration
16:35ce qu'on appelle hors foyer
16:36de tout ce que les français
16:36consomment
16:37aux restaurants d'entreprise
16:39dans la cantine des enfants
16:40Oui parce qu'il y a
16:41ce qu'on achète
16:41et on vérifie l'origine
16:43mais il y a
16:43ce qu'il y a dans nos assiettes
16:45et on n'est pas tout à fait sûr
16:46Absolument
16:47En gros pour vous donner
16:48les chiffres
16:48c'est 45%
16:49dans la grande distribution
16:50et tout le reste
16:52est hors foyer
16:53Et ça
16:53on a besoin de vérifier
16:55que les centimes additionnels
16:57que les français
16:58consentent à payer
16:59et parfois
16:59de manière très difficile
17:00vous l'avez dit
17:01et nous en sommes conscients
17:03bénéficier la production
17:04Je dois voir
17:05très prochainement
17:06le président
17:06de la fédération
17:07du commerce
17:08et de la distribution
17:09Alexandre Bompard
17:10pour discuter
17:11de la répartition
17:11parce que ce qui compte
17:12Vous avez l'impression
17:13qu'il y a quand même
17:13une petite entourloupe ?
17:15En tous les cas
17:15il y a à certains endroits
17:16des doutes
17:17à certains endroits
17:18des doutes
17:18très clairement
17:19on ne peut pas
17:20Dans le trio
17:22agriculteur
17:23industriel
17:24distributeur
17:24à un moment
17:25il y a de l'argent
17:26qui se dilue
17:27Oui mais bien sûr
17:28je rappelle le chiffre
17:29sur 100 euros
17:31dans un cadier
17:32de supermarché
17:33c'est 7 à 8 euros
17:34dans la poche
17:35de l'agriculteur
17:35alors je ne dis pas
17:36que le reste
17:37il n'y a pas de la logistique
17:38de la valeur ajoutée
17:38et des biens
17:39Vous faites la matière première
17:41c'est un vieux débat
17:44mais aujourd'hui
17:45face à cette inflation alimentaire
17:47et à cette difficulté
17:48pour un certain nombre
17:48de nos compatriots
17:49de se nourrir
17:49il faut s'assurer
17:50que l'effort consenti
17:52bénéficie à ceux
17:53qui en ont besoin
17:54je parle des agriculteurs
17:54Dans la campagne
17:56présidentielle actuelle
17:56avez-vous le sentiment
17:57je sais que vous rencontrez
17:58petit à petit
17:59la plupart
18:00vous allez les voir tous
18:01d'ailleurs
18:01les candidats
18:01à l'élection présidentielle
18:02Oui c'est le souhait
18:02de la FNSA
18:03de rencontrer l'ensemble
18:04des candidats
18:04Y compris Marine Le Pen
18:05Jean-Luc Mélenchon
18:06Vous voyez tout le monde
18:07Vous estimez qu'il faut
18:08les alerter sur votre situation
18:10est-ce qu'ils répondent présent ?
18:12Alors d'abord
18:13il faut les alerter
18:14j'ai la faiblesse de penser
18:15que pour ne pas aujourd'hui
18:17voir la difficulté
18:17du monde agricole
18:18c'est difficile
18:19mais surtout
18:20ce qui nous intéresse
18:21c'est les solutions
18:21qu'ils entendent mettre en place
18:22comment ils entendent
18:24construire un projet
18:25viable pour l'agriculture
18:26pour les agriculteurs
18:27pour le renouvellement
18:28des générations
18:28pour le revenu
18:29et c'est tout ça l'enjeu
18:30et j'ajoute
18:31que nous avons nous
18:32à l'ÉFNSA
18:33produit un document
18:34dans lequel nous portons
18:34nos positions
18:35donc c'est pas seulement
18:36les entendre
18:36c'est aussi porter notre ambition
18:38Est-ce que vous allez réussir
18:39à sauver l'andouille de Guéméné ?
18:41Écoutez
18:41l'andouille de Guéméné
18:42comme tous les signes de qualité
18:43vous savez nous
18:44on est attaché
18:45à ce qui fait
18:45la singularité française
18:46Je vais expliquer
18:47ce qui se passe
18:48des normes sanitaires nouvelles
18:49ont été dictées
18:50par l'Union Européenne
18:51et elles pourraient remettre en cause
18:52la façon dont est préparée
18:54l'andouille de Guéméné
18:55parce que pour préparer
18:56l'andouille de Guéméné
18:57il faut la technique
18:59dite du fumage
19:00or le fumage
19:01est de plus en plus interdit
19:02progressivement
19:02on ne peut plus acheter
19:03de thé fumé par exemple
19:04dans l'Union Européenne
19:05et ça pourrait remettre en cause
19:07la fabrique même
19:08de l'andouille de Guéméné
19:09alors la ministre
19:10de l'agriculture hier
19:11a dit que c'était en particulier
19:13un fabricant
19:14dont le taux
19:15était légèrement au-dessus
19:16de celui qui est accepté
19:17mais est-ce que concrètement
19:18vous avez le sentiment
19:19que un certain nombre
19:21de nos traditions
19:22pourraient être supprimées
19:23par ça
19:23est-ce que l'andouille de Guéméné
19:24va quand même résister ?
19:25Mais qui peut accepter
19:26la pleine de Malherbe
19:27que de Bruxelles
19:28on édicte des normes
19:29qui nous fassent renoncer
19:30à notre identité
19:31à notre histoire
19:31vous savez
19:32les choses sont simples
19:33ou il y a un problème
19:34de santé publique
19:35c'est dangereux
19:35pour le consommateur
19:36et là il faut prendre
19:37des décisions
19:38sans hésiter
19:38ou alors
19:40on nous fout la paix
19:41tous les sujets
19:42sur le lait
19:43au lait cru
19:43dans les fromages
19:44ce sujet spécifique
19:46de l'andouille de Guéméné
19:47et bien d'autres
19:47c'est des sujets
19:48qui irritent
19:49Et ils disent
19:49à l'Union Européenne
19:50que le bois libère
19:51des hydrocarbures aromatiques
19:54polycycliques
19:55qui pourraient être
19:56cancéreux
19:56Très bien
19:57je redis
19:58où il y a un problème
19:59de santé publique
20:00et il ne faut pas trembler
20:01et il faut prendre
20:01des décisions
20:03moi quand je consomme
20:04une andouille de Guéméné
20:05je prends du plaisir
20:06je ne veux pas mettre
20:07ma vie en danger
20:08donc où il y a un problème
20:09de danger
20:10et il faut prendre
20:11des décisions
20:11enfin ne nous cachons pas
20:13derrière
20:13des mots
20:14qui pourraient faire craindre
20:15voilà
20:16je vous ai parlé
20:17du lait cru
20:18qu'il y a un vieux débat
20:19sur lequel
20:20voilà
20:20c'est notre histoire
20:22il faut un moment
20:24que ces normes
20:25qui nous pourrissent
20:25la vie
20:26puissent faire en sorte
20:27de nous protéger
20:28quand c'est nécessaire
20:29mais cessons en permanence
20:30que ce soit Bruxelles
20:32qui explique à chaque français
20:33comment il doit vivre
20:34et la manière dont il doit vivre
20:35nous sommes attachés
20:36à nos traditions culinières
20:37vous savez
20:37il y a beaucoup de français
20:38sous signe de qualité
20:39produits français agricoles
20:41sous signe de qualité
20:41que les français adorent
20:43et dont nous avons besoin
20:44merci beaucoup Arnaud Rousseau
20:45président de la FNSEA
20:46vous avez dit
20:47que vous alliez voir
20:47Sébastien Lecornu
20:48vous avez une date
20:48je n'ai pas de date
20:49au moment où je vous parle
20:50mais je l'attends
20:50il avait parlé de mi-octobre
20:51nous sommes le 16
20:52ça devrait ne pas être
20:53oui ça y est
20:54on commence à basculer
20:55dans la deuxième partie
20:55merci Arnaud Rousseau
20:56d'avoir répondu à mes questions
20:58non il est