00:06Nous avons le plaisir d'accueillir un grand comédien, solide et tendre, une star internationale qui a joué avec Tom
00:13Cruise,
00:14Denis Rowe, Nathalie Portman et Tom Hanks, le grand invité d'RTL Soir et Jean Reynaud. Bonsoir Jean Reynaud.
00:21Bonsoir, comment allez-vous ?
00:22Très bien et vous ?
00:24Ça va bien, merci beaucoup.
00:26Alors je précise que vous n'avez pas eu le temps d'arriver jusqu'à notre studio,
00:29donc on fait cet entretien à distance, on le regrette bien, sachez-le à RTL, il y avait du monde
00:34qui était venu.
00:35Et moi aussi, je suis désolé, on m'extrait d'une autre émission, on est très en retard, mais je
00:42suis très content de parler avec vous.
00:44Alors vous nous parlez d'un spectacle que vous jouez sur scène à partir du 1er décembre au théâtre Edouard
00:49VII à Paris,
00:50qui raconte votre parcours de Casablanca à Hollywood.
00:53Ce spectacle c'est le chameau, la traversée de la vie, le chameau c'est vous.
00:58Le chameau c'est moi, c'est mon animal interne, et à travers lui on fait un spectacle qui est
01:03joyeux, mais très touchant aussi.
01:06Mais il s'enseigne par Ladislage Sola à l'Edouard VII, donc en décembre.
01:11Alors ce spectacle raconte votre parcours, votre traversée de la vie donc.
01:15Cela débute avec votre enfance au Maroc à Casablanca, dans le 3 pièces de vos parents, où vous manquiez un
01:20petit peu d'espace et de liberté ?
01:23Dans le 2 pièces.
01:242 pièces pardon.
01:25En fait, il n'y a qu'une chambre et une cuisine, c'est tout.
01:28Oui, oui, oui, c'est un peu à l'étroit d'ailleurs, c'est dans le spectacle.
01:31Oui, ça commence là, et il y a la traversée de la Méditerranée, il y a l'arrivée, il y
01:38a le service militaire qui se fait en Allemagne,
01:40il y a l'arrivée en France, il y a le théâtre, il y a toutes les rencontres, toutes les
01:46périspécies, le haut, les bas, ça monte, ça redescend, ça monte, ça redescend.
01:50Et le théâtre, c'est à Montpellier, lorsque vous êtes collégien, parce qu'on vous envoie à Montpellier parce que
01:54vous êtes asthmatique,
01:55et c'est en jouant les précieuses ridicules de Molière que vous avez eu le coup de foudre, qu'est
02:00-ce qui vous a plu ? Le texte, l'ambiance, l'adrénaline ?
02:05Oui, la scène, mais aussi les coulisses, tous ces bruits feutrés, ces odeurs, le bruit des étoffes, la loge des
02:14femmes, tout, les lumières, le public,
02:18c'est un endroit formidable, le théâtre.
02:21Vous êtes tout jeune pour le coup de foudre, mais il va être long, le chemin est difficile avant que
02:25vous puissiez être comédien,
02:28que vous puissiez en vivre, ça va être possible grâce notamment à une rencontre avec Luc Besson ?
02:37Oui, c'est la rencontre la plus importante par rapport au cinéma, c'est quand Luc était premier assistant,
02:45je viens pour postuler, il m'emploie dans une petite comédie parce qu'il pensait, il m'avait remarqué ce
02:55jour-là,
02:56alors il m'emploie pour voir comment je travaille, et de là il me propose un court-métrage, et hop,
03:02on a fait quatre ou cinq films ensemble.
03:04Et dont, évidemment, le grand bleu, il vous plonge au fond de l'eau pendant des mois, je crois que
03:11vous arriviez à rester trois minutes sous l'eau, c'est ça ?
03:13Trois minutes sous l'eau, Jean-Marc avait trois minutes vingt-trois, je me souviens exactement du temps d'apnée,
03:21il fallait, parce qu'il fallait descendre à trente mètres et ça met à peu près une minute,
03:26donc on avait une minute pour descendre sans bouteille, sans air évidemment en apnée,
03:31une minute pour jouer la scène, c'est quand même assez long, et remontée, voilà, il y avait de la
03:37sécurité.
03:38Et votre personnage, Enzo, vous l'aimiez ce personnage ?
03:42Oui, j'aimais sa faconde, j'aimais aussi sa destinée, parce qu'il ne pouvait que s'en aller par
03:54le fond, quelque part,
03:55oui, son romantisme, quelque part.
03:58Il y aura Enzo, puis il y aura une galerie de prénoms de personnages, des durs, des drôles.
04:03Vous êtes en fait John Wayne et Bourville.
04:06Être John Wayne et Bourville
04:10Le cow-boy et l'imbécile
04:15Le soldat et le fragile
04:20Jouer l'idiot et l'homme tranquille
04:23Ah ben voilà ! C'est la belle surprise !
04:26Notre John Wayne et Bourville
04:28Oui, c'est une très belle chanson écrite par Didier Barbelivien, il y a très longtemps.
04:34Et donc vous chantez ?
04:36Je résume un petit peu, oui, je chante huit chansons, qui ont été, les unes sont de Pierre Dominique, les
04:44autres de Didier Barbelivien.
04:46Il y a une chanson que mon fils a écrite, à la fin, qui résume un peu le parcours.
04:52C'est un spectacle qui est joyeux, qui touche les gens, parce qu'on a déjà tourné au Japon, on
04:59l'a joué 34 fois à Tokyo et on tourne au Japon.
05:03Et j'espère que la France sera touchée par ce spectacle à son tour.
05:08Mais alors c'est fou d'inaugurer un spectacle français au Japon.
05:12Il faut dire pourquoi vous êtes un dieu vivant au Japon ?
05:15Vous avez un public qui est assez acquis.
05:18J'ai des connaissances là-bas et donc les théâtres nationaux ont proposé qu'on le fasse et on a
05:24réussi à financer la tournée, oui.
05:29Et il y avait une traduction qui apparaissait ?
05:32Non, au Japon on joue dans sa langue et il y a une traduction en haut, il y a un
05:38bandeau qui traduit les mots que vous dites.
05:42Alors John Wayne et Bourville, c'est un peu Léon et Godefroy de Montmirail, des rôles que vous avez abordés
05:48avec la même rigueur, le même sérieux.
05:51Un petit peu, oui, avec tout le respect que je dois bourriller évidemment à John Wayne.
05:56Oui, dans les genres que je voulais décrire, je crois que quand vous travaillez vos personnages, vous êtes extrêmement méticuleux,
06:06sérieux et vous vous demandez toujours pourquoi, pourquoi il fait ça, pourquoi il dit ça, vous vous interrogez en permanence
06:12sur ses motivations.
06:13Pourquoi ? Oui, pourquoi est un mot que j'ai appris à l'atelier Andreas Voudinas au Bouffe du Nord
06:18quand je suis arrivé à Paris pour construire le personnage.
06:22Le mot pourquoi m'aide beaucoup ? Parce qu'il permet de définir les choses que le personnage ne peut
06:27pas faire.
06:29Et je défini mon personnage souvent par les choses ou les pensées ou ce qu'il ne peut pas faire.
06:36C'est un peu la méthode d'acteur studio à la française, hein ?
06:39Un peu la méthode d'acteur studio à la française, exactement, oui.
06:43La méthode d'acteur studio, c'est aussi celle de Robert De Niro, votre ami.
06:47Oui.
06:48Il se pose aussi beaucoup de questions ?
06:51Beaucoup. Robert est un méticuleux, c'est un stacanoviste.
06:56Il répète, il répète comme un malade.
06:58Jodie Foster a subi la méthode de travail dans Taxi Driver, vous vous rappelez de ce film,
07:04où Jodie Foster était très jeune, comme Nathalie Portman dans Léon,
07:08et Robert la faisait répéter presque jour et nuit.
07:12Alors, vous avez joué, vous, avec lui, dans Ronin.
07:17Oui.
07:17Et je crois que c'est comme ça que vous l'avez rencontré.
07:19Vous avez, parce que vous avez une carrière américaine, depuis Léon, notamment, de Luc Besson,
07:24Godzilla, Mission Impossible, Da Vinci Code.
07:27Vous avez joué avec Tom Cruise, Tom Hanks, vous disiez Nathalie Portman.
07:31Mais vous racontez aussi, dans votre spectacle, avoir croisé Romy Schneider, Yves Montand, Michel Piccoli.
07:39Qui vous a le plus inspiré dans votre carrière ?
07:43Ah, chacun vous apporte quelque chose.
07:46Chacun vous donne une parcelle de ce qu'il est.
07:51Michel aussi était quelqu'un qui avait un amour du travail.
07:56Michel Piccoli.
07:56Il m'a dit des choses très gentilles.
08:00Lesquelles ?
08:00Il m'a beaucoup encouragé.
08:02Oh, il m'a dit, ne regarde pas derrière, avance.
08:07Des choses comme ça.
08:08Et il était dans ce qui m'a philosophie, moi, je ne regarde pas derrière, j'avance.
08:13Il m'a dit, aie confiance en toi.
08:15Il m'a nommé ça, et c'est important.
08:18Il avait une voix magnifique.
08:20J'adorais cet homme-là.
08:22J'ai joué au théâtre de Nanterre avec lui.
08:25Oui.
08:26Cinquante-quatre fois.
08:28Il disait, oui, il parlait des femmes, et il disait, ah, les femmes.
08:33Alors quand je le dis comme ça, c'est vide.
08:35Et nous, on attendait derrière le rideau, dans les coulisses, on attendait.
08:39Il disait, ah, les femmes.
08:42Et tous les soirs, c'était différent.
08:45Tous les soirs, il mettait quelque chose dans...
08:47Ah, les femmes.
08:49Qu'est-ce qu'on aimait ça, sa voix et son talent.
08:54Je célèbre sa mémoire aujourd'hui.
08:56Je salue sa mémoire.
08:57Et qu'est-ce qu'on aime votre voix aussi.
08:59Merci beaucoup, Jean-Rénaud, de nous avoir accordé cet entretien un petit peu à distance, forcément.
09:06Oui, absolument.
09:07On vous retrouve donc en décembre avec ce spectacle
09:09Le Chameau, la traversée de la vie au théâtre Édouard VII, à Paris,
09:13mise en scène par Ladislas Chola,
09:15et à l'Anthéa d'Antibes aussi, les 26 et 27 novembre.
09:18Merci encore, Jean-Rénaud.
09:19Merci à vous, bonne soirée.
09:21Bonne soirée.