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  • il y a 15 minutes
Vendredi 16 octobre 2026, retrouvez Sylvain Levy (Collectionneur, DSL Collection) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:08Bonjour à toutes et à tous, je suis ravie de vous retrouver pour une nouvelle émission d'Art et Marché,
00:12l'émission qui vous ouvre les portes du marché de l'art.
00:15Comment devient-on collectionneur et comment cette passion évolue-t-elle à l'heure du numérique ?
00:21Alors que le dernier rapport Art Basel UBS révèle les nouvelles habitudes chez les collectionneurs,
00:26notamment parmi les jeunes générations, certains explorent déjà d'autres façons d'acquérir et de partager l'art.
00:33C'est le cas de Sylvain Lévy qui a fondé avec son épouse DSL Collection,
00:37une collection consacrée à l'art contemporain chinois,
00:41devenue pionnière dans l'utilisation des nouvelles technologies.
00:44Je suis ravie de le recevoir dans l'émission Art et Marché, c'est parti !
00:52Comment devient-on collectionneur et comment faire vivre une collection à l'heure du numérique ?
00:57En 2005, un voyage en Chine marque un tournant pour Sylvain Lévy et Dominique Lévy
01:02qui décident de consacrer leur collection à l'art contemporain chinois.
01:0520 ans plus tard, ce que le couple a appelé la DSL Collection rassemble plusieurs centaines d'œuvres
01:11et explorent les nouvelles façons de les partager avec le public, notamment grâce aux technologies numériques.
01:16Alors que le rapport Art Basel-UBS sur les manières de collectionner vient d'être publié,
01:21je reçois Sylvain Lévy, collectionneur. Bonjour Sylvain.
01:24Bonjour.
01:24Merci beaucoup d'être avec nous dans Art et Marché.
01:27Alors vous avez commencé à collectionner l'art contemporain, puis du design,
01:30avant de vous passionner pour la scène artistique chinoise.
01:34Qu'est-ce qui a provoqué ce déclic, cette passion, donc en 2005 ?
01:39Qu'est-ce qui a provoqué cette passion ?
01:41D'abord, collectionner est une passion, une addiction.
01:46C'est une addiction.
01:48C'est à beaucoup de choses.
01:50D'ailleurs, je vous fais une parenthèse, parce que je suis fasciné, j'ai un petit fils qui a 5
01:53ans,
01:53qui collectionne les Pokémon.
01:55Déjà, il a la collectionnite.
01:57Il a déjà la collectionnite.
01:58Et c'est intéressant, parce qu'il n'y a pas du tout de notion de marché.
02:01Et il collectionne, il échange avec ses amis.
02:05Donc collectionner peut commencer très tôt.
02:08Sans forcément d'aspect financier derrière, c'est juste le fait de ramasser, d'amasser.
02:11D'amasser et de se créer une histoire.
02:15Parce qu'il se crée une histoire avec sa collection.
02:17Alors, on va peut-être dire quelques mots de notre histoire.
02:19Alors, notre histoire a commencé il y a 40 ans.
02:21Il y a 40 ans, on est un jour...
02:23On n'est pas de famille de collectionneurs.
02:26Oui.
02:27Mais le hasard de la vie a fait que ma belle-sœur était mariée avec un monsieur qui était très
02:33collectionneur.
02:34Il nous a fait découvrir les galeries, il nous a fait découvrir les collections.
02:38On a commencé par ce qui avait de facile, si je puis dire.
02:41Facile ne veut pas dire pas intéressant.
02:44Facile, on a commencé par Dupuis Godot, qui est un peintre de Pont-Avennes.
02:47Et puis, au fur et à mesure que vous avancez dans une collection, d'une certaine façon, enfin, je parle
02:58pour nous, vous devenez un peu plus exilisant et vous voulez vous challenger un peu plus.
03:04Donc, vous passez de l'impressionnisme au contemporain, au contemporain plus dur, plus complexe, plus conceptuel.
03:15Puis après, à un moment, on en avait... On voulait changer complètement.
03:19On considère aussi un parcours de collectionneurs, c'est aussi... J'ai des chapitres différents.
03:24Et on est partis sur le design.
03:25On est partis sur le design il y a 30 ans, quand personne ne connaissait des designs.
03:29Et c'était extraordinaire parce que globalement, on était très peu de collectionneurs.
03:33Il y avait quelques galeries seulement.
03:35En fait, ce qui vous guidait à chaque fois, c'était de découvrir un nouveau monde.
03:38Ce qui nous guidait, c'est les rencontres avec... Des rencontres, avec des objets, des idées, des nouveaux personnages.
03:44D'accord.
03:45Et puis, ces rencontres, à un moment, elles s'épuisent, où on a l'impression de tourner un peu en
03:49rond.
03:49Et là, on part sur autre chose.
03:51Oui.
03:52Et le virage sur la Chine, c'est vrai que ça a été un virage à 180 degrés.
03:57C'est un virage parce qu'en 2005, on est partis en Chine.
04:01Alors, quand vous arrivez d'une ville comme Paris, qui est une belle endormie,
04:04à une Shanghai, une ville qui est Red Bull, Red Bull City...
04:08Il y a toujours un temps d'avance.
04:10Et puis surtout, il y a une énergie à l'époque qui était absolument incroyable.
04:14Mon épouse et moi, on s'est dit, l'art est un des miroirs d'une société.
04:19La Chine est dans une transformation absolument incroyable de sa société.
04:25Essayons de découvrir à travers les yeux des artistes comment cette société,
04:29puisque l'art est un miroir d'une société,
04:31comment cette société se métamorphose et aussi s'est miroitée dans l'art.
04:38Et puis, ça a été le début d'un parcours qui nous a amené...
04:41Alors, c'est intéressant parce que ça a amené d'abord mes enfants à partir en Chine.
04:45Et pas à cause de ça.
04:46Ma fille est partie en Chine à cause de l'art,
04:49parce qu'elle a été très, très rapidement dans l'art.
04:52Dans le secteur.
04:53Et mon fils est parti en Chine, parce qu'après ses études, il a voulu vivre en Chine.
04:57Mon fils parle quoi, en chinois ?
04:59Il avait appris à l'école sassienne, et ma fille aussi.
05:02Et donc, mes enfants partent en Chine.
05:04Ils ont vécu trois ans en Chine, chacun.
05:06Donc, ça nous a amené en plus à...
05:09Encore développé...
05:11Mais on avait quand même l'impression d'être tintin au pied du milieu.
05:14C'est-à-dire que quand vous désirez de faire une collection
05:17qui concerne une culture qui n'est pas la vôtre,
05:19qui est à 10 000 kilomètres de là, vous ne parlez pas la langue,
05:22le marché est à peu près, je dirais, inconnu ou irrégulé ou inexistant.
05:30Du moins en Europe.
05:31En Europe.
05:32Ça ouvre quand même...
05:35C'est un peu un challenge.
05:37Mais justement, à l'heure de vos yeux de collectionneur,
05:38vous avez une visibilité de 20 ans de développement de l'art chinois
05:45sur la scène internationale.
05:46Comment est-ce que vous avez vu cette progression par où elle est passée ?
05:50Et aujourd'hui, justement, si vous pouvez faire les avant-après ?
05:53C'est intéressant parce que...
05:56D'abord, quand on a commencé à collectionner l'art contemporain chinois,
05:59les gens nous ont dit, mais attendez, c'est quoi ?
06:01La Chine, c'est exotique.
06:05Brôle, l'art contemporain chinois, c'était...
06:07On l'idée dans l'exotisme.
06:09En tout cas, c'est quelque chose qui ne se connaissait pas.
06:11Qui ne se connaissait pas.
06:12Et franchement, ils nous disaient, c'est un marché, c'est une niche, c'est quoi ?
06:16Je dis, vous savez, une niche, c'est un pays qui fait un milliard et demi d'habitants,
06:19qui a 3 millions de cultures, ce n'est pas tout à fait une niche.
06:21C'est une grosse niche.
06:23Bon.
06:24Et puis, petit à petit, ça a été extrêmement intéressant.
06:27Il y a eu le marché, comme d'habitude,
06:30s'est emparé de l'art contemporain chinois à partir de 2008.
06:34Et on a vu arriver des ventes.
06:37Des ventes à New York, des ventes, puis après, des ventes à Hong Kong.
06:41Et on a vu se monter un marché très spéculatif sur l'art contemporain chinois.
06:48Comme il y a d'autres marchés qui sont montés sur l'ultra contemporain à un moment.
06:53Enfin, on a eu cette impression que l'art contemporain devenait quelque chose qui attirait les foules,
06:58parce qu'il y avait un côté nouveau, un côté où on rêvait de ce qu'était la Chine.
07:05Et puis, très, très clairement, le soufflet est tombé.
07:08Le soufflet est tombé pour deux raisons.
07:10D'abord, les relations entre, je dirais, l'Occident et la Chine, c'est « je t'aime, moi non
07:16plus ».
07:17Pas seulement au niveau culturel, c'est au niveau général.
07:20C'est « je t'aime, moi non plus ».
07:22La deuxième chose, c'est que, globalement aussi, les musées n'étaient pas prêts à, si je puis dire, rentrer
07:33dans une étude de l'histoire de l'art contemporain chinois.
07:36Déjà, ils ont du mal à prononcer les noms.
07:38Donc, c'était déjà un deuxième frais.
07:41Troisième frais, c'était aussi que la Chine bougeait, que l'arrivée de Zenzhouping,
07:49que la scène artistique chinoise était en train de changer,
07:52qu'elle était peut-être moins intéressante pour les Occidentes Renteux que ce qu'elle avait été.
07:57En tout cas, aujourd'hui, elle a quand même une place très importante.
08:00C'est quand même une place de marché fondamentale.
08:02Oui, mais vous savez, ce n'est pas une place de marché seulement.
08:04Ce qui est extraordinairement important, c'est là où il faut...
08:08Je crois qu'il faut apprendre à discerner ce qui est la valeur culturelle de la valeur monétaire.
08:17Et de plus en plus, on est passé d'une période où c'était la valeur monétaire qui avait le
08:23devant de la scène.
08:25On est en train de changer nos modes de fonctionnement, nos modes de pensée,
08:30nos modes même de consommation, vers des choses qui sont beaucoup plus moins liées au marché.
08:38C'est-à-dire, ce qu'il y aura de la valeur sur la scène, si ce n'est pas
08:41une valeur pécuniaire,
08:42ce serait une valeur émotionnelle, de sens ?
08:46Vous savez...
08:47Pour moi, je vais être peut-être très direct et trop direct.
08:53Et je mets toujours deux phrases, mais ce que je dis, ça me concerne à moi.
08:58Collectionner, c'est une façon élégante de brûler une fortune,
09:02mais collectionner permet à une personne ordinaire d'avoir une vie extraordinaire.
09:08Alors, une fois que vous avez su ça, c'est-à-dire que le marché ne vous permet pas de
09:12vous enrichir,
09:14mais vous permet de vous enrichir en tant que vie,
09:18vous faites un choix dans une collection qui n'est pas uniquement liée à un choix monétaire.
09:23C'est là où la collection devient quelque chose d'important.
09:25Et justement, vous avez ces choix, parce que votre collection, c'est à peu près 250-300 oeuvres.
09:30Vous avez choisi d'apporter un petit renouvellement chaque année,
09:35justement pour la faire évoluer, mais de manière pas forcément grandiloquente.
09:41C'est toujours retravailler vraiment sur cette nouvelle oeuvre qui va rentrer dans la collection.
09:46Vous savez, on est passé par la case design.
09:49Et dans la case design, il y a une phrase qui est très importante, c'est « less is more
09:53».
09:55Et vous savez, finalement, lorsque vous décidez de...
09:59Mais encore, c'est chacun ses propres règles.
10:02On n'a pas inventé l'étape de la loi de la collectionnite.
10:06Mais on s'est dit que globalement, ce qui était intéressant,
10:09ce n'était pas d'enviser une collection comme quelque chose qui grandisse,
10:12mais quelque chose qui a plutôt la forme d'un bonsaï.
10:18Où plus vous la taillez, plus vous lui donnez une forme forte, une forme cohérente.
10:24Et le plus important, c'est la taille.
10:28Et dans une collection, l'idée de faire rentrer des oeuvres, faire sortir des oeuvres,
10:32nous oblige à regarder la collection d'une façon totalement différente.
10:35C'est encore une...
10:36Je parlais justement en introduction de la manière dont vous mettez en avance,
10:41vous utilisez le numérique pour mettre en avant votre collection.
10:44Justement, quel a été ce choix de moderniser tout cet ensemble
10:48pour la présenter aussi aux autres, qu'elle soit accessible, en fait ?
10:53D'abord, comme vous dites, les jeunes générations veulent découvrir
10:56une nouvelle façon de partager.
10:58Vous savez, même les jeunes, les anciennes générations,
11:00on s'y a été mis aussi un petit peu.
11:02Non, ce qui nous a poussés à nous mettre dans le numérique,
11:06ce n'est pas le numérique pour le numérique.
11:08Globalement, on s'est retrouvés devant un dilemme.
11:14On voulait que cette collection devienne publique,
11:17parce qu'on pensait que c'était intéressant de partager,
11:20surtout avec les Occidentaux, un petit peu ce qui se passait sur la Chine
11:25et pas seulement au niveau du marché.
11:27Mais on ne voulait pas entrer dans le cycle du musée traditionnel.
11:32Parce que, d'abord, j'ai beaucoup de respect pour ceux qui ouvrent des musées.
11:35Ça nécessite beaucoup d'engagement financier et personnel.
11:39Et je pense qu'il faut absolument les remercier.
11:42Surtout quand vous ouvrez des musées en Chine ou ailleurs,
11:45il faut vraiment les remercier.
11:47Mais ce n'était pas notre histoire.
11:49Et 2005, c'est le début de YouTube.
11:51Et on s'est dit, pourquoi ne pas adopter une vision qui soit figitale ?
11:56Avec, au début, un site Internet.
11:59Mais très, très vite, on est passé du site Internet à Second Life,
12:03Second Life à l'iPad, l'iPad à la VR, la VR au Metaverse.
12:07Metaverse, c'est l'intelligence artificielle et aux jeux vidéo.
12:09Mais surtout, ce qu'on s'est dit, on va faire un partage physique en prêtant les œuvres.
12:13Et on fera aussi un partage digital.
12:17Il ne nous reste que quelques secondes, justement, cette transmission,
12:21la vision que vous avez des jeunes qui collectionnent aujourd'hui.
12:23Vous remarquez quoi en 20 secondes ?
12:26En 20 secondes, on a la chance d'avoir des jeunes qui, aujourd'hui,
12:29puisque la collection appartient à mes enfants et à moi,
12:32je pense que c'est extrêmement important d'avoir cette nouvelle vision
12:37d'une génération qui n'est absolument pas modelée comme nous,
12:41et qui a une expérience dans l'art qui n'est pas forcément seulement l'expérience physique.
12:47Je pense qu'aujourd'hui, ce que l'art a besoin,
12:50c'est d'étendre ses champs, son audience, ses champs d'expérimentation.
12:58Et tout cela va passer aussi par le numérique.
13:00Merci beaucoup, Sylvain Lévy.
13:02Je rappelle que vous êtes donc collectionneur, fondateur de DSL Collection,
13:06de vos initiales et de celles de votre épouse.
13:08Merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
13:10C'était Arrémarché.
13:18Arrémarché.

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