Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure
Émission spéciale depuis Reims, à l'occasion du 95e Congrès des Départements de France. Oriane Mancini reçoit François Sauvadet, président de Départements de France, à quelques heures de son discours devant les élus. Au coeur des échanges : l'inquiétude des départements face aux annonces budgétaires du gouvernement. Puis place au débat avec trois présidents de conseil départemental : Jean-Luc Gleyze (PS, Gironde), Florence Dabin (centre droit, Maine-et-Loire) et Nicolas Lacroix (LR, Haute-Marne). Finances, autonomie fiscale, solidarité de proximité : quelles marges de manoeuvre pour les départements ? Année de Production :

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:03Générique
00:10Bonjour à tous, ravis de vous retrouver ici en direct de Reims, dans la Marne où se tiennent les assises
00:16des départements de France en pleine colère sociale, en plein examen du budget au Parlement.
00:20Les départements reprochent au gouvernement de leur faire les poches.
00:24Il demande des explications à Sébastien Lecornu qui ne sera pas présent pour conclure ce rendez-vous comme il est
00:30de tradition, ce qui accentue un peu plus la colère des élus.
00:34On est ensemble pour une matinée spéciale, on suivra les temps forts de la clôture de ce 95e congrès et
00:41durant cette première heure, deux temps forts à retenir dans 30 minutes le débat politique entre trois présidents de région.
00:48Et pour commencer, nous sommes avec François Sauvadet. Bonjour.
00:52Bonjour.
00:52Merci beaucoup d'être avec nous, vous êtes le président du département de la Côte d'Or, vous présidez l
00:56'Assemblée des départements de France.
00:58Des assises qui, on le disait, se tiennent en pleine colère sociale.
01:01On est à la veille d'une grande mobilisation dans le pays. Dans quel état d'esprit êtes-vous ce
01:06matin ?
01:07Écoutez, d'abord extrêmement inquiet.
01:09Vous voyez bien, on est à la veille d'un appel au retour des Gilets jaunes, la jeunesse qui était
01:13dans les rues et qui a témoigné d'une inquiétude.
01:17On est dans un climat très anxiogène, une situation internationale tendue, ses conséquences en France, une incompréhension, une sorte de
01:24sentiment aussi d'impuissance à régler leurs problèmes qui éprouvent beaucoup de Français.
01:28Donc oui, c'est une situation de tension qu'on n'avait pas connue, si ce n'est pendant la
01:34première crise des Gilets jaunes,
01:36qui témoigne aussi un malaise profond, une précarité montante, des gens qui ont du mal à vivre tout simplement, à
01:43faire le plein d'essence,
01:44qui ont du mal à aller faire leurs courses et qui se disent « mais comment on peut en arriver
01:48là ? »
01:49Vous venez d'un département rural, la Côte d'Or, et évidemment vous connaissez ces territoires, vous les sillonnez.
01:55Comment vous la sentez la journée de demain ? Comment elle peut s'exprimer, selon vous, cette colère ?
02:00J'espère que la colère ne s'exprimera pas par la violence, parce que quand les personnes ont le sentiment
02:05qu'il n'y a pas de réponse,
02:06et puis qu'il y a aussi, il faut bien dire, un peu d'agitation politique.
02:10Moi, j'ai plusieurs fois dénoncé la position de LFI qui attise les colères, qui électrisent le débat public,
02:17et qui le rend, avec une violence de mots, qui attise les haines aussi parfois.
02:23Et donc vraiment, je crois qu'il faut vraiment que chacun...
02:26La colère du peuple, elle appelle à la responsabilité.
02:28La colère du peuple, elle appelle à des réponses.
02:31Sans quoi, évidemment, elle s'accélérera, et n'oublions pas que nous sommes à six mois des présidentielles.
02:38Est-ce que le gouvernement répond suffisamment ?
02:41Alors, il y a la colère, mais il y a particulièrement les mobilisations de la jeunesse, on va en dire
02:44un mot.
02:44Est-ce que, selon vous, les réponses sont à la hauteur ?
02:47Je ne crois pas que les réponses du gouvernement soient à la hauteur, parce qu'on a trop attendu.
02:53Enfin, franchement, qu'est-ce qui s'est passé dans 10 ans ?
02:55Moi, je revendique un droit d'inventaire de ce qui s'est passé en 10 ans.
02:58En disant aucune réforme de fond.
03:00L'État a continué à dépenser, à alimenter des dépenses qui, aujourd'hui, nous conduisent dans une situation qu'on
03:09avait dénoncée.
03:10Rappelez-vous, il y a quatre ans ici, je disais, il faut arrêter.
03:15Il faut arrêter cette explosion de la dépense sociale.
03:18Songez que pour les départements, en trois ans, on a augmenté de 3 milliards et demi la dépense sociale.
03:23Donc, il y a un moment donné, il faut que tout le monde fasse preuve de responsabilité.
03:26Moi, j'attendais du gouvernement qu'il réduise la dépense, au lieu de la constater, et ensuite de venir chercher
03:32de l'argent dans les poches des Français,
03:34parce que c'est un peu le cas de ce qui va se passer dans les entreprises,
03:38ou venir chercher l'argent dans les poches des départements et des collectivités.
03:42Donc, je trouve qu'il y a eu là un manquement, je le dis simplement, on a augmenté la dette
03:47de 1 600 milliards.
03:48Alors, je vais bien croire qu'il y a eu des épisodes.
03:51On a tous soutenu le gouvernement pendant la Covid, il est venu en aide aux entreprises, c'était légitime.
03:56Mais après, on a continué comme avant.
03:58Et donc, continuer comme avant...
04:00De quoi qu'il en coûte a duré trop longtemps ?
04:01Bien sûr, ça a duré trop longtemps, il fallait revenir.
04:04Et puis qu'on ait un dialogue franc sur comment on fait dans un pays pour alléger le poids de
04:09l'État,
04:09qui est devenu de plus en plus prégnant.
04:11Jamais, je vous le dis, on a autant recentralisé, reconcentré que sous le président Macron.
04:17Jamais on a autant dépensé et jamais il y a eu autant d'insatisfactions.
04:21C'est ce problème-là qui nous est directement posé, qui sera posé d'ailleurs aux candidats aux présidentielles.
04:25Et on va revenir sur ce sujet et sur cette question des finances,
04:27mais vous attendiez des réponses du gouvernement, vous attendiez Sébastien Lecornu,
04:31vous lui avez demandé de venir, qu'il vienne s'expliquer devant les départements.
04:35Il ne sera pas là ce matin.
04:36Comment vous prenez le fait que le Premier ministre ne vienne pas conclure vos assises comme il est de tradition
04:40?
04:40Je trouve que c'est une erreur politique.
04:42Vous savez, on ne peut pas se mettre à dos les collectivités,
04:45tous ceux qui pensent qu'on va faire le destin français en se mettant à dos tous les élus locaux
04:49qui vivent au milieu de nos compatriotes, qui sont là pour tenir le pays.
04:52Comment voulez-vous que ça marche ?
04:53Donc j'attendais à ce qu'ils viennent, oui, s'expliquer, nous dire pourquoi
04:58ils étaient en train de nous prélever plus de 1,8 milliard à un moment donné
05:04où nous sommes déjà au bord de la faillite.
05:06Mais là, il s'est mis à dos les présidents de départements, il s'est mis à dos les élus
05:09départementaux.
05:09Il s'est mis à dos.
05:10Mais en ne venant pas s'expliquer, j'ai découvert, madame, le budget de la France
05:17comme tout le monde lorsqu'il était présent au Parlement.
05:21Nous n'avons eu aucun échange.
05:23Ça fait des mois et des mois que j'alerte.
05:24J'ai vu le Premier ministre au mi-juillet.
05:27Il est conscient de la situation des difficultés des départements.
05:31Nous avons fait des économies considérables.
05:33Simplement, l'explosion de la dépense sociale est telle qu'aujourd'hui, elle représente
05:3770% de nos budgets, là où il est représenté 30%.
05:41Et en même temps, les pompiers nous attendent pour renforcer le financement des SDIS.
05:44En même temps, on nous attend pour aller refaire les routes.
05:47La Fédération Nationale des Travaux Publics est très inquiète.
05:50L'investissement a baissé d'un milliard et demi.
05:52On est à l'os, que voulez-vous.
05:54Et on continue, on nous a chargés.
05:56On nous a chargés sur le social.
05:58On n'a pas revisité notre système social.
06:00Et on vient chercher un milliard 8.
06:03Mais je vais vous le dire, moi je dois sortir 18 millions d'euros dans mon département
06:06pour le redonner à l'État.
06:08Les collectivités ne sont pas responsables du déficit public.
06:11Il faut arrêter avec cette thèse de pointer du doigt les gestionnaires locaux
06:15qui seraient dispendieux pendant que l'État lui aurait fait tous les efforts.
06:18Mais enfin, c'est complètement injuste et incompréhensible.
06:21Comment ça va se faire le corps ?
06:22C'est de nous mettre tous en colère.
06:24Mais justement, et je vois que vous êtes très en colère ce matin,
06:26mais comment il a justifié le fait de ne pas venir ?
06:28Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
06:29Il vous a appelé ?
06:31Comment il vous a expliqué ça ?
06:31Madame Gatel viendra, la ministre,
06:34elle nous a expliqué que voilà, compte tenu de la situation,
06:37effectivement, à la veille, des gilets jaunes,
06:39des jeunes qui étaient dans la rue, l'agrégat des colères,
06:42et puis en plus, c'est la cyberattaque.
06:44Mais enfin, il y a un moment donné,
06:45il faut quand même bien qu'on dialogue dans ce pays.
06:47On ne peut pas opposer les collectivités locales,
06:49les pointer du doigt sans cesse,
06:50alors que j'ai même apporté les preuves de notre situation.
06:55On a créé data, j'ai des données qui montrent
06:58que la dégradation est telle que des départements sont en quasi-faillite.
07:02Regardez la situation des Ardennes,
07:04la situation dans l'Aisne, la situation Gironde.
07:06Moi-même qui ai fait des efforts de gestion considérables,
07:08aujourd'hui, je ne sais pas comment je vais financer
07:11ce que l'État me demande.
07:13Et en plus, écoutez bien,
07:15comme si la situation s'était améliorée,
07:17non content de nous prélever,
07:19deux fois plus que ce qu'on a prélevé les années passées,
07:22mais non content de ça,
07:23le fonds d'aide aux départements les plus fragiles,
07:26quasiment supprimés.
07:27On fait comment ?
07:28La situation va mieux aujourd'hui qu'hier.
07:29Parce qu'on va en parler, évidemment, de tous ces sujets,
07:32mais pour finir sur Sébastien Lecornu,
07:33vous êtes en colère ce matin,
07:35vous, les présidents de départements, sont en colère.
07:37Mais comment vous allez l'exprimer, cette colère ?
07:39Est-ce qu'il va y avoir quelque chose,
07:42un signe de manifestation,
07:43au moment de l'arrivée de Françoise Gattel, par exemple ?
07:46Je ne suis pas dans la posture.
07:48On est tous des élus responsables.
07:51J'ai moi-même exercé des responsabilités gouvernementales.
07:53On ne va pas s'amuser à faire de l'agitation
07:55et à se l'effiser.
07:57Ce n'est pas ça le sujet.
07:58On a vu dans d'autres congrès des élus tourner le dos, par exemple,
08:01au discours du gouvernement,
08:02des élus partir.
08:04Est-ce que ça pourrait être le cas ?
08:05Bien sûr, ça peut être le cas.
08:07Mais en tout cas, je vous le dis,
08:08moi, j'ai appelé à la responsabilité.
08:11Je vais dire clairement,
08:12puisqu'il n'est pas là, je vais vous le dire,
08:14je m'adresserai directement à lui.
08:16Je pense que d'ailleurs, avec les médias,
08:17avec les moyens de communication que nous connaissons,
08:21les réseaux sociaux,
08:22je pense qu'il entendra ce que je vais lui dire.
08:24On retransmettra votre discours en direct, d'ailleurs.
08:25Par contre, ce que j'aimerais bien,
08:27c'est que lui nous explique.
08:28Il nous a écrit, regardez la méthode,
08:30je vous dis, il n'y a eu aucune discussion sur le budget.
08:33Aucune avec le département de France.
08:35Aucune présentation des mesures sur le budget.
08:37Et en plus, on nous envoie une lettre hier soir,
08:40en me disant, écoutez, voilà,
08:43monsieur le président,
08:44messieurs les présidents de départements,
08:45puisque moi, je l'ai reçu comme président de Côte d'Or,
08:48il nous a expliqué que, de toute façon,
08:49circulait, il n'y a rien à voir sur le prélèvement.
08:51On est dans une situation difficile,
08:53donc ça, d'abord, on ne discute pas,
08:54alors que c'est l'essentiel du problème,
08:56du prélèvement qui est opéré pour,
08:58soi-disant, résorber le déficit public.
09:00Comme si le prélèvement d'un milliard 8
09:01allait régler le problème du déficit public français,
09:04qui est d'abord le fonctionnement même de notre État.
09:06Et la deuxième chose qui me dit,
09:08oh, je veux bien ouvrir le débat,
09:09notamment pour le financement du vieillissement de la population,
09:12sur une part,
09:13enfin, je ne vais pas rentrer dans la technique,
09:14mais sur une part de CSG,
09:15il dit, on en parlera au Parlement.
09:17Simplement, au moment même où il nous écrit ça,
09:19l'Assemblée nationale refusait d'ouvrir une part de CSG
09:23pour les départements,
09:24au motif qu'on ne savait pas comment ça allait le gérer.
09:26Enfin, permettez-moi de vous le dire,
09:28on est dans un monde de fous.
09:30Les Français le ressentent,
09:31et aujourd'hui, nous le partageons tous.
09:33Mais il a prévu de vous rencontrer.
09:35Est-ce qu'il vous a donné rendez-vous, le Premier ministre ?
09:36Oui, alors, c'est un rendez-vous par courrier.
09:38Donc, j'ai vu que c'était mi-novembre.
09:41Je n'ai pas fixé leur parcourrier.
09:43Il vous invite à Matignon ?
09:44Il nous invite à Matignon.
09:45Je n'en connais pas le format.
09:46Vous irez ?
09:47Écoutez, moi, je n'ai jamais refusé le dialogue.
09:50D'ailleurs, j'ai lancé une main tendue,
09:52puisque j'avais demandé au Premier ministre
09:53que lui-même vienne nous expliquer
09:56pourquoi il avait pris ses décisions
09:57et quels étaient leurs effets attendus
09:59pour qu'on lui dise
10:00quelles allaient être les conséquences,
10:01notamment sur l'investissement.
10:03Mais ça vous surprend de sa part ?
10:04Il était président de département pendant longtemps.
10:07Il fait bien vos problématiques.
10:08Je pense qu'on a un problème systémique en France.
10:10Je pense qu'on a trop attendu
10:12et qu'on est aujourd'hui au bout du chemin.
10:15Au bout du chemin.
10:16On voit bien que la dette continue de croître.
10:20La dette continue de nous coûter de plus en plus cher.
10:23Les taux d'intérêt dégringolent.
10:24Vous l'avez vu.
10:25On a, près d'avec l'Allemagne,
10:26une différence de plus d'un point et demi.
10:28Donc, on ne sait pas où ça va s'arrêter.
10:30Donc, on a laissé filer les choses
10:33au point qu'aujourd'hui,
10:34on a la dernière minute,
10:35la dernière limite.
10:36Mais le problème, c'est qu'on va,
10:38par les décisions de taper sur les collectivités locales,
10:41on va aggraver les fractures.
10:43On va aggraver la fracture territoriale.
10:45Et on fait de l'agrégat de mécontentement.
10:47Les pompiers savent,
10:48je suis allé à la Fédération nationale des sapeurs-pompiers,
10:51ils savent que nous ne pourrons plus les aider.
10:54Nous ne pourrons plus investir.
10:57Imaginez un peu les 200 millions supplémentaires.
10:59C'est l'État qui dit,
11:00je vais les prendre pour moi,
11:01c'est moi qui les distribuerai.
11:02Enfin, on est dans l'incompréhension la plus totale.
11:06Juste pour préciser,
11:07parce que sur le financement des SIS,
11:09vous demandez-vous une réforme du financement des SIS,
11:10les services départementaux d'incendie et de secours.
11:15Sébastien Lecornu, flèche, 200 millions ?
11:17C'est 200 millions ?
11:17Parce qu'hier, je crois que Gérard Larcher
11:18a parlé de 150 millions.
11:20C'était vraiment, là encore,
11:22on a vigue à vue,
11:23j'ai jamais connu ça.
11:25La veille, c'était 200 millions,
11:27on avait du Congrès.
11:28Après, le matin du Congrès, c'était 150.
11:31L'après-midi du Congrès des pompiers,
11:33c'était 200 à nouveau.
11:34Enfin, vraiment, c'est...
11:35Donc, entre 150 et 200 millions,
11:36mais au lieu de le flécher...
11:38Pour moi, c'est 200 millions.
11:38Au lieu de le flécher directement sur les SIS
11:40et donc sur les départements,
11:42c'est flécher sur l'État, c'est ça ?
11:43Absolument, absolument.
11:44J'ai d'ailleurs eu le ministre de l'Intérieur,
11:46je lui ai dit, écoutez,
11:47il faut absolument nous accompagner.
11:49On a connu un été caniculaire,
11:51il y a des attentes des pompiers
11:52avec des incendies,
11:54d'une violence inouïe
11:55qu'on n'avait jamais connue.
11:56Et je lui ai dit,
11:57il faut vraiment accompagner
11:59les départements qui sont exsangues
12:00et qu'on veut en plus ponctionner
12:02pour financer les services
12:03des départements d'incendie et de secours,
12:05notamment en équipement.
12:07On a besoin aussi d'équipement aérien.
12:09Et nous étions tous d'accord sur ce sujet.
12:11Simplement, au lieu de nous le confier
12:13pour que département par département,
12:16on adapte la réponse aux risques incendies,
12:19aux couvertures des risques d'inondation, etc.
12:21Il dit, non, non, c'est moi qui vais gérer,
12:23c'est moi qui prends les 200 millions.
12:25Enfin, sans dialogue.
12:26Donc c'est un signe de défiance
12:27envers les départements pour vous ?
12:28Mais non, mais c'est une gestion incohérente.
12:31Vous savez, j'ai employé pour la première fois,
12:34ici même, à Reims,
12:37les mots d'incompréhension et de colère.
12:41Bon, je ne l'ai pas fait,
12:43j'ai conscience de la gravité de la situation.
12:45Mais laisser, continuer de laisser filer
12:48cette idée selon laquelle
12:49les collectivités locales
12:53auraient laissé filer eux-mêmes leurs dépenses
12:55qui fragiliseraient la situation de la France,
12:59c'est un non-sens,
13:00c'est une faute politique.
13:03Toutes les collectivités ont tenu bon,
13:06nous avons fait des efforts,
13:07nous avons été de toutes les crises.
13:09Même en ce moment,
13:10nous sommes solides aux côtés des plus fragiles.
13:13On a tenu le pays quand tout vacillait,
13:15y compris dans la crise des gilets jaunes.
13:18Et moi, le vrai problème,
13:20c'est le fonctionnement de l'État.
13:22Il ne s'est pas réformé.
13:23L'État ne fait pas aujourd'hui d'économie.
13:26C'est une part d'impôt,
13:27d'être aux entreprises qu'on ne fera plus,
13:29qu'on ne fera plus.
13:30Et puis, on va chercher l'argent
13:31dans la poche des Français
13:32et dans la nôtre.
13:33Sauf que le gouvernement dit
13:34l'effort demandé à l'État
13:35est plus important que l'effort demandé aux politiques.
13:36Pas du tout.
13:37Il a même écrit l'effort
13:38et serait quatre fois plus supérieur à l'État.
13:41Qu'est-ce qui a changé ?
13:42Qu'est-ce qui a changé dans l'État ?
13:44Quelles sont les économies ?
13:45Les agences, le fonctionnement,
13:47les agences nationales du sport,
13:49le ministère du sport.
13:50Est-ce qu'on a réformé quoi que ce soit dans ce pays ?
13:52Mais par contre, on a recentralisé.
13:54C'est un échec de la recentralisation.
13:56C'est un échec d'un État omnipotent
13:59qui n'a pas réussi à maîtriser sa dépense.
14:02Nous sommes le seul pays,
14:04dans l'environnement européen notamment,
14:06qui a recentralisé au moment où il fallait décentraliser.
14:09Décentraliser, ça veut dire quoi ?
14:10Ça veut dire rapprocher les centres de décision
14:13au plus près de nos compatriotes
14:14qui ont le sentiment aujourd'hui
14:16que quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise,
14:18il n'y a plus de capacité à répondre à leurs problèmes.
14:21C'est un vrai problème démocratique.
14:24Et donc, d'ailleurs, c'est la raison pour laquelle
14:26ce matin, je vais...
14:28On doit passer cette période,
14:30mais c'est pour six mois.
14:32Les candidats sont déjà sur la ligne de départ.
14:35Qu'est-ce que vous allez faire ?
14:36Avec des propositions parfois qui ressemblent à la foirefouille.
14:39J'ai vu, on veut redécouper,
14:41comme c'était le problème des Français de redécouper.
14:43Les Français se moquent de savoir qui fait quoi.
14:45Ce qu'ils veulent, c'est qu'on réponde à leurs difficultés.
14:47Donc, moi, je vais leur dire ce matin une adresse.
14:50Une adresse, c'est qu'il faut qu'ils s'engagent
14:53sur un nouveau fonctionnement français.
14:55D'abord, réinterroger notre modèle social,
14:57qui est à bout de souffle.
14:59Mais de quelle manière ?
15:00D'abord, on ne peut pas continuer sur ce train de dépenses.
15:07Il faut qu'on se ressente sur l'essentiel.
15:09Qu'est-ce qui est essentiel ?
15:10D'abord, le vieillissement de la...
15:11D'abord, nos jeunes.
15:12D'abord, nos jeunes.
15:14On est dans un monde oxygène.
15:15Il faut les écouter, les entendre, les accompagner.
15:18Revoir ces parcours subs
15:19dont tout le monde sait que ça dysfonctionne.
15:23Demander à des jeunes de faire des choix
15:24à 13-14 ans au moment de l'adolescence
15:26plutôt que de les accompagner dans leur destin.
15:28On a aussi à travailler vraiment
15:31sur tout notre système social.
15:32On a des ARS, on a un système administré.
15:36On a créé des ARS, des agences régionales de santé
15:38qui passent leur temps à compliquer la situation.
15:41Il faut simplifier les circuits.
15:43Il faut décomplexifier.
15:45Arrêter la norme.
15:46Les normes nous coûtent une fortune.
15:48On a passé plus de temps.
15:49On passe plus de temps à contrôler
15:51l'action des uns et des autres
15:53plutôt que de se dire
15:54comment allons-nous répondre aux problèmes des femmes.
15:56Mais par exemple, sur le modèle social,
15:57vous, une grande partie de vos dépenses
15:58sont liées aux prestations sociales,
16:01notamment au RSA.
16:02Est-ce que pour vous, il faut revoir
16:03les critères du RSA ?
16:05Bien sûr.
16:06Et revoir même la conception du RSA.
16:08Aujourd'hui, parmi les bénéficiaires
16:11de revenus de solidarité active,
16:12j'ai des personnes qui devraient être en retraite.
16:15L'un de mes collègues m'a dit
16:16j'ai une personne qui a 80 ans
16:17qui touche le RSA.
16:18Il ne faut pas revisiter.
16:19La méthode même de suivi d'accompagnement
16:22pour avoir un juste droit.
16:24Il faut que j'aille voir la CAF
16:25qui ne veut pas me délivrer les données
16:27pour savoir si oui ou non
16:29la personne y a droit.
16:30Je voudrais qu'on nous confie
16:32l'instruction des dossiers
16:33et le versement des dossiers.
16:35Vous savez combien ça coûte le RSA en France
16:37aujourd'hui ?
16:3712 milliards d'euros.
16:39D'ailleurs, je vais rappeler les chiffres
16:40au Premier ministre
16:41quand il nous dit
16:43allez-y, vous contribuez
16:44à un effort qui est supportable.
16:46C'est faux.
16:4612 milliards d'euros le RSA.
16:494 milliards d'euros le handicap
16:51financé même pas à 30%.
16:53Nous avons la même chose
16:55pour l'APA, l'autonomie.
16:58L'autonomie, nous ne sommes financés
17:00qu'à hauteur de même pas de 40%.
17:01Et on nous laisse bien seuls
17:03parce qu'on nous impose
17:04toujours plus de dépenses.
17:06Donc je pense qu'il faut décentraliser,
17:08confier la gestion des EHPAD
17:10en direct avec la fusion,
17:12ce qu'on appelle les sections,
17:13au département,
17:15qu'on arrête cette espèce
17:17de dégringolote permanente.
17:18Songez qu'en France,
17:19on a un ministère des Sports
17:20qui n'a même aucun moyen financier.
17:22Et puis à côté,
17:23on a créé une agence nationale du sport.
17:25Mais concrètement,
17:25la situation financière
17:27des départements
17:27pour les Français,
17:29est-ce que, par exemple,
17:30vous pourriez être en mesure
17:31de ne plus verser
17:31ces manifestations sociales,
17:32de ne plus les financer ?
17:33Bien sûr.
17:34Vous avez entendu l'Essonne
17:35qui a annoncé que,
17:37avec le prélèvement
17:38qui est annoncé,
17:38mais d'ores et déjà,
17:39il n'est plus en capacité
17:41de financer,
17:42notamment le RSA.
17:42Il arrête de financer le RSA ?
17:44Voilà la situation
17:45dans laquelle nous sommes.
17:46Et lorsqu'on pose le problème...
17:47Et combien de départements
17:48sont dans ce cas ?
17:49Ou pourraient être dans ce cas ?
17:50Écoutez,
17:51moi, je pense que,
17:53en l'état actuel des choses,
17:54nous avons une...
17:55Moi, je prends les chiffres
17:57de la Cour des comptes.
17:58Comme ça,
17:58on arrêtera les polémiques
17:59du c'est vrai,
17:59c'est pas vrai, etc.
18:01Il faut qu'on soit bien au clair
18:02sur les données.
18:03Actuellement,
18:04nous avons une trentaine
18:05de départements
18:06qui sont
18:09en quasi-faillite.
18:11C'est-à-dire
18:11qui sont en dessous
18:12de 7% de marge...
18:14C'est un terme technique,
18:15en dessous de 7% de marge nette.
18:16Donc,
18:17ils sont en situation
18:17de très, très grande fragilité.
18:19Avec ce prélèvement,
18:20je pense que
18:22de très nombreux départements
18:24seront en situation
18:25de difficulté.
18:26D'ores et déjà,
18:27la Gironde,
18:27je vous ai cité,
18:28les Ardennes,
18:30j'ai rencontré
18:31de nombreux présidents
18:32de départements
18:33qui m'ont dit,
18:34avec les prévisions
18:35de prélèvement
18:36de l'État,
18:37je ne sais pas
18:38comment je vais financer.
18:39Et derrière,
18:39c'est lourd,
18:40parce qu'en même temps,
18:41nous avons des routes
18:42à entretenir,
18:43380 000 kilomètres
18:44des routes,
18:45aucun financement
18:46de l'État
18:46pour 380 000 kilomètres
18:48de routes,
18:48100 000 ponts,
18:50des pompiers,
18:50je l'ai dit,
18:51nos collèges,
18:52dans certains endroits,
18:53on doit construire
18:54des collèges,
18:54même si une décroissance
18:55de population
18:56et de jeunes.
18:58Donc,
18:58voilà,
18:59moi,
18:59ce qui me...
19:01Moi,
19:01ce qui me...
19:01Aujourd'hui,
19:02ce qui me rend vraiment
19:04très en colère,
19:05je le dis,
19:06je pèse mes mots,
19:06c'est vraiment,
19:07il n'y a eu aucun dialogue,
19:08aucun...
19:09Le 1er ministre,
19:10je suis conscient
19:11de la situation
19:11des départements,
19:12qu'est-ce qui s'est passé ?
19:14Ben voilà.
19:14Donc,
19:15si vous n'attendiez
19:15qu'une mesure ce matin
19:16du gouvernement,
19:17c'est qu'il renonce
19:18à ce super prélèvement,
19:19à cette contribution
19:20pour réduire la dette publique ?
19:22Il y a deux questions.
19:23Le cœur de la réponse,
19:25c'est d'abord
19:25qu'on n'aggrave pas
19:26la situation
19:28par rapport
19:28à des dépenses
19:30qui nous sont imposées
19:31et qui explosent.
19:32Qu'on ne l'aggrave pas,
19:33c'est-à-dire qu'on renonce
19:34à ce prélèvement.
19:36Et la deuxième chose,
19:37qu'on assure
19:37un financement
19:38à égalité,
19:4050%,
19:4150%,
19:42de toutes les allocations
19:43individuelles de solidarité.
19:45Ça,
19:45c'est pour passer le cap.
19:46Et ensuite,
19:47il faut qu'on revisite
19:48notre système social,
19:49qu'on le revisite.
19:51Un mot, François Sauvadet,
19:52sur une mesure
19:54qui est le gel
19:55d'indices
19:56dans la fonction publique.
19:57Alors là,
19:57ce serait plutôt
19:58une bonne nouvelle
19:59pour les départements
19:59puisque ce seraient
20:00des dépenses moindres.
20:01Mais en même temps,
20:01vous avez été,
20:02vous, ministre
20:02de la fonction publique.
20:04Comment vous l'accueillez,
20:04cette mesure ?
20:05Bonne ou mauvaise nouvelle ?
20:06Ce n'est pas une bonne nouvelle.
20:08C'est une bonne nouvelle
20:08pour personne.
20:09D'abord, ça...
20:10Pour vos finances un peu.
20:11Non, mais attendez.
20:12Ce n'est pas comme ça
20:13qu'on doit présenter les affaires.
20:14Est-ce que c'est une bonne
20:15ou une mauvaise nouvelle ?
20:16Il faut que tout le monde
20:20social a fait
20:21de nombreux efforts.
20:23On a supprimé,
20:24il faut être clair,
20:24on a supprimé
20:25dans beaucoup
20:26de nos départements
20:27des emplois
20:28parce que nous ne pouvions
20:28plus faire face.
20:29L'État n'a pas fait de même.
20:30Vous l'avez vu,
20:31on a eu le débat
20:31sur les agences.
20:32Rien n'a changé.
20:34Rien n'a changé.
20:35Donc il y a un effort
20:35collectif à faire.
20:37Moi, je n'aime pas
20:37les mesures générales.
20:39Je n'aime pas
20:40la mesure générale
20:41en disant
20:41circuler, il y en a à voir,
20:42toute la fonction publique,
20:43c'est zéro.
20:44Ce n'est pas ça.
20:44Je pense que, d'abord,
20:45il y a une question
20:46de bas salaire,
20:47il y a une question
20:48de fonction exercée
20:50par les agents
20:51de la fonction publique.
20:52Il faut vraiment
20:53qu'on accompagne
20:54la fonction publique.
20:55Et je pense
20:56que la suppression
20:57du point d'indice
20:59généralisé
20:59n'est pas la bonne méthode
21:00de ressources humaines
21:01de la fonction publique,
21:03notamment qu'elle soit
21:03d'État ou territoriale
21:04ou hospitalière.
21:05Est-ce qu'il faut baisser
21:06le nombre de fonctionnaires ?
21:07C'est un débat aussi,
21:08ça, qui commence
21:08à prendre dans la campagne
21:09présidentielle.
21:10On a trop...
21:13Le baisser,
21:13ce n'est pas le nombre
21:14qu'il faut baisser,
21:14c'est les tâches
21:15qu'il faut revisiter.
21:17C'est les tâches
21:18qu'il faut revisiter.
21:18Il y a des domaines
21:19où nous avons besoin
21:20d'agents dans la fonction publique.
21:22Toute l'aide à la personne,
21:23dans nos hôpitaux,
21:25dans le problème
21:25de santé psychiatrique
21:26et mentale,
21:27on voit bien
21:27qu'on a des problèmes.
21:28Tous les gestes
21:29de l'accompagnement de la vie,
21:30on a des problèmes
21:31de recrutement.
21:32Après, évidemment
21:33qu'il faut rebaisser.
21:34On a un État
21:35qui est devenu obèse,
21:36lourd,
21:37et qui dysfonctionne.
21:39Donc, évidemment
21:40qu'il faut le revisiter.
21:41Évidemment
21:42qu'il y a des secteurs
21:43dans lesquels il faut revoir ça.
21:44Il faut qu'on ait
21:45un vrai dialogue franc
21:46avec l'éducation nationale.
21:47On ne peut pas voir
21:48se dégrader
21:49notre PISA
21:50et la formation des jeunes.
21:51On discutait aujourd'hui
21:53un jeune chinois
21:54de 8 ans,
21:55écoutez-moi bien,
21:56dispose de plus de potentiel
21:57et de connaissances
21:58en mathématiques
21:58qu'un de nos jeunes
21:59à 14 ans.
22:00Donc, il faut quand même
22:01qu'on revisite
22:02notre système
22:03d'éducation nationale,
22:04qu'on gère mieux aussi.
22:06Bien sûr,
22:06il faut moins de fonctionnaires,
22:08mieux gérer,
22:09leur donner confiance.
22:10Nous sommes dans un système
22:12où il y a trop de strates
22:13en ploi
22:14sous le poids
22:16d'une organisation
22:18hiérarchisée,
22:18administrée,
22:19administrative.
22:20On n'en peut plus.
22:21Et les fonctionnaires
22:21eux-mêmes, d'ailleurs,
22:22n'en peuvent plus.
22:23Un mot de politique
22:23pour terminer
22:24puisqu'on est à 6 mois
22:25de la présidentielle.
22:26Vous l'avez dit,
22:26vous allez vous adresser
22:27également ce matin
22:28au candidat à la présidentielle.
22:29Dans notre dernier
22:30baromètre Odoxa
22:31pour Public Sénat,
22:32la presse régionale,
22:33Marine Le Pen
22:33est à 37-38%.
22:35C'est elle aujourd'hui
22:36qui capte
22:37cette colère des Français ?
22:39Oui, absolument.
22:40Je crois que...
22:41C'est l'échec
22:41du bloc central ?
22:42Aujourd'hui,
22:42s'il n'y a pas
22:43d'organisation,
22:44s'il n'y a pas
22:44C'est l'échec
22:45de votre camp aussi ?
22:47Quel camp ?
22:48Le bloc central ?
22:49Moi, mon camp,
22:49c'est la France.
22:50Donc voilà,
22:51je ne suis pas
22:52du bloc central.
22:54Moi, je parle
22:54au Côte d'Orient,
22:55je parle aux Français.
22:56Vous êtes centriste,
22:57François Sauvade,
22:58politiquement.
22:58Je suis centriste.
22:59Moi, je suis indépendant
23:00et j'ai conscience
23:01qu'il faut apporter
23:02des réponses au peuple.
23:03Je ne vais pas me ranger
23:04sous une bannière.
23:05Ça fait longtemps
23:05que je ne suis plus
23:06sous des bannières.
23:07Vous ne soutiendrez personne
23:08à la présidentielle ?
23:09Pour l'instant ?
23:10Vous ne soutiendrez aucun candidat ?
23:11Bien sûr que si,
23:12je soutiendrai un candidat.
23:12Pour l'instant,
23:13vous soutenez qui ?
23:13Vous connaissez mon combat
23:14de toujours.
23:16J'ai toujours combattu
23:17l'extrême gauche
23:18à équivalence
23:18avec l'extrême droite.
23:20Donc évidemment
23:21que je ferai tout
23:21pour éviter
23:23la place qu'elle amène.
23:24Et comme citoyen,
23:25qu'on soit contraint
23:26à un choix
23:27entre deux extrêmes
23:30et une fracture pour le pays.
23:32Et qui parmi les candidats
23:33actuellement déclarés
23:34est le mieux
23:34à même d'éviter ça ?
23:35Écoutez, d'abord j'attends
23:36leur programme
23:37et leur vision de la France.
23:38J'ai entendu au Parti Socialiste,
23:40je ne suis pas socialiste,
23:41vous le savez,
23:42je ne suis pas de gauche,
23:43j'ai entendu au Parti Socialiste
23:44qui passaient leur temps
23:45à se dire
23:45qu'est-ce qu'on fera
23:46après le deuxième tour
23:47pendant la primaire ?
23:48Ils ont même réussi
23:49cette prouesse
23:50à mettre les filles
23:51au cœur du débat socialiste
23:53tout simplement en disant
23:54qu'est-ce qu'on va faire ?
23:54Est-ce qu'on doit s'allier
23:55ou pas avec les filles ?
23:56Enfin franchement,
23:57on est un monde de fous.
23:57Moi j'attends que chaque candidat
23:59me dise ce qu'il veut
24:00pour la France.
24:01Et d'ailleurs,
24:02je m'adresserai ce matin
24:03à eux
24:04en leur disant
24:05dites-nous clairement
24:06ce que vous voulez
24:07pour le pays.
24:09Ayons un échange.
24:10On ne gagnera pas
24:11la bataille de France
24:12et du destin français
24:13en opposant les élus locaux,
24:15en opposant finalement
24:16les représentants du peuple
24:18au plan de la finale.
24:18Mais à l'heure actuelle,
24:19il nous reste 30 secondes,
24:20François Svazek,
24:21qui a votre préférence
24:22à l'heure actuelle ?
24:22Edore Philippe,
24:23Gabriel Attal,
24:23Bruno Retailleau ?
24:24J'en veux un.
24:26J'en veux un.
24:27Et comment on le désigne un ?
24:28Écoutez,
24:29je pense que la montre
24:32joue contre notre espace
24:34de centre et droit.
24:36J'appelle à la responsabilité,
24:38je leur demande
24:39de se mettre d'accord
24:41avant fin décembre,
24:43avant la trêve hivernale.
24:44Parce qu'à partir
24:45de la trêve hivernale,
24:46si on recommence ce cycle
24:48de compétition,
24:49de ligne de départ,
24:51et finalement
24:51où on ne se consacre pas
24:52à l'essentiel,
24:53c'est de dire au peuple
24:54quel destin on veut forger,
24:55et je les invite
24:56à un dialogue,
24:57je les invite à un dialogue
24:59avec les départements,
25:01parce que j'ai une conviction profonde.
25:02L'identité de la France,
25:04elle se bâtira
25:05à partir d'un retour
25:06aux fondamentaux.
25:07Il y a deux espaces
25:08qui comptent pour les Français,
25:10qui doivent revenir
25:10les espaces d'action publique
25:12aux côtés de l'État.
25:13C'est la Commune
25:14parce qu'on est tous
25:15de quelque part,
25:16et c'est le département
25:17parce que c'est notre histoire.
25:18Merci François Sauvadet,
25:20merci beaucoup
25:20d'avoir été notre invité,
25:22président de l'Assemblée
25:22des départements de France.
25:23On suivra à 11h en direct
25:25votre discours,
25:26bien sûr,
25:27sur notre antenne,
25:27et avant de recevoir
25:28trois présidents
25:29de départements
25:30pour un débat,
25:32on va écouter Gérard Larcher,
25:33le président du Sénat,
25:35qui était ici à Reims
25:36hier pour un discours.
25:38Il parle notamment
25:39de l'acte de décentralisation
25:41et de la question
25:41des finances.
25:43Les annonces du gouvernement
25:45peuvent vous inquiéter,
25:46et j'en ai vraiment conscience.
25:48Alors que plus de 3 600 000 personnes
25:52dépendent des allocations
25:53individuelles de solidarité
25:56versées par les départements
25:57entre RSA, APA, PCH,
26:00il est indispensable
26:01de vous donner
26:03de la visibilité
26:03sur les recettes
26:04pour assurer
26:05la solidarité humaine
26:07qui est au cœur
26:08de vos missions.
26:09Nous sommes convaincus
26:10qu'il est indispensable
26:11d'aboutir enfin
26:12à un nouvel acte
26:13de décentralisation
26:14et vous donner
26:15la liberté d'agir.
26:17L'objectif est simple,
26:19il faut pouvoir gérer,
26:20j'y reviens au mot
26:21proximité,
26:22ce qui ne peut l'être,
26:23ça s'appelle
26:24la subsidiarité
26:25et nous devons renforcer
26:26le pouvoir réglementaire local.
26:28Cela signifie aussi
26:30plus d'autonomie
26:31financière et fiscale.
26:33Souvenez-vous quand même
26:34que la suppression
26:35de la taxe d'habitation,
26:37vous avez perdu
26:39la cascade
26:40des leviers
26:41fiscaux
26:42et financier
26:43par le transfert
26:44en compensation
26:45aux communes
26:46mais
26:47ça a coûté
26:48chaque année
26:49un minimum
26:50de 24 milliards
26:51au budget de l'État.
26:52Quand on voit
26:53dans quel état
26:53le budget de l'État,
26:55on voit bien
26:55qu'il faudra revoir
26:57complètement le mode
26:58de fonctionnement
26:59des finances publiques
27:01locales.
27:02Suite de notre émission
27:03spéciale ici à Reims
27:04dans la Marne
27:05où se tiennent
27:05les assises
27:06des départements de France
27:08et avec nous
27:08pour un débat
27:10trois présidents
27:11de départements.
27:12Bonjour Jean-Luc Glaze,
27:13merci beaucoup
27:13d'être avec nous.
27:15Vous êtes le président
27:15PS du département
27:16de la Gironde.
27:17Nicolas Lacroix,
27:17bonjour,
27:18merci également
27:19d'être avec nous
27:19président LR
27:20du conseil départemental
27:21de la Haute-Marne
27:22et Florence Dabin.
27:23Bonjour,
27:24merci d'être là
27:25présidente
27:26centre-droit
27:27du conseil départemental
27:28de Maine-et-Loire.
27:29Nicolas Lacroix,
27:29vous présidez le groupe
27:30des départements
27:31de droite
27:31et du centre.
27:32Jean-Luc Glaze,
27:33vous présidez vous
27:33le groupe
27:34des départements
27:35de gauche.
27:36Alors on va évidemment
27:37parler de vos problématiques
27:38de la question
27:39du budget,
27:39de la question
27:40des incendies aussi.
27:41La Gironde a été
27:42particulièrement touchée.
27:43Jean-Luc Glaze,
27:44mais d'abord,
27:45pour commencer,
27:46un mot sur votre état d'esprit.
27:48Ce matin,
27:48on a appris que Sébastien Lecornu
27:50ne viendrait pas
27:51ici à Reims
27:52conclure le congrès
27:53comme il est de tradition.
27:55C'est traditionnellement
27:56le Premier ministre
27:56qui vient ici faire
27:57la conclusion.
27:59Comment vous avez pris
27:59ce choix du Premier ministre,
28:01Florence Dabin ?
28:02C'est la compréhension
28:03la plus totale
28:04pour avoir eu la chance
28:05d'accueillir
28:05dans le département
28:06de Maine-et-Loire
28:07les assises en 2024.
28:08Le Premier ministre,
28:09Michel Barnier,
28:10à l'époque,
28:11nous avait fait l'honneur
28:12de sa présence
28:12avec un discours d'État,
28:14avec un discours
28:15pour les départements
28:16où on se sentait accompagnés.
28:18Alors,
28:18cette incompréhension totale,
28:19elle est d'autant plus
28:20que Sébastien Lecornu
28:22a été président
28:23d'un département.
28:24Il connaît
28:25les complexités,
28:26il connaît
28:27nos responsabilités,
28:28il sait à quel point
28:29nous sommes
28:30les collectivités
28:32de la proximité,
28:34pardon,
28:34des solidarités.
28:35et on a besoin
28:36de dialogue.
28:37Donc,
28:37c'est extrêmement regrettable
28:39cette absence.
28:40Comment s'est pris
28:41du côté des présidents
28:42de droite et du centre,
28:43Nicolas Lacroix ?
28:44Très mal,
28:44parce que nous sommes
28:46un peu de la famille
28:46de Sébastien Lecornu
28:47et nous avons aussi
28:48entendu son message
28:49l'an dernier
28:50avec beaucoup d'annonces,
28:52beaucoup de promesses
28:52et pour lui,
28:53c'est un peu difficile
28:54de venir aujourd'hui
28:55ici à Reims
28:56parce que les promesses
28:57n'ont pas été tenues.
28:59Et donc...
28:59Notamment,
29:00le fonds de sauvegarde,
29:01on va y revenir,
29:01vous avez promis 600 millions
29:03et finalement,
29:04ce fonds est supprimé.
29:05Oui,
29:05il y a bien sûr
29:06ce fonds de sauvegarde
29:07mais il y a aussi
29:07tous les engagements
29:08qui ont été pris
29:08l'an dernier Albi.
29:09Sur la location sociale unique.
29:10Et puis,
29:11il y a tous ces échanges
29:11qui ont eu lieu
29:12cette année
29:12sur la reconnaissance
29:15des difficultés
29:16des départements.
29:16Effectivement,
29:17la lecture du projet
29:18de loi de finances,
29:18nous n'avons pas été entendus.
29:20Jean-Luc Gleize,
29:22du côté des départements
29:23de gauche,
29:24c'est quoi ?
29:24Pareil ?
29:24L'incompréhension ?
29:25La colère aussi ?
29:26Oui,
29:26en tout cas,
29:27un sentiment de mépris
29:29et une sorte de camouflet
29:33sont importantes chaque année.
29:34Elles le sont particulièrement
29:35cette année
29:36où nous savons
29:37combien nous attendions
29:38finalement
29:38de gestes du gouvernement.
29:40Je me souviens
29:41des propos de Sébastien Lecornu
29:43l'an dernier
29:43aux dernières assises
29:45à Albi
29:46où il avait prononcé
29:48un discours
29:48qui était prometteur
29:49qui parlait
29:50d'une décentralisation
29:52qui ne soit pas
29:52un grand soir
29:53mais en tout cas
29:53une réforme
29:54autour de laquelle
29:56le département
29:57serait le pivot.
29:58Force est de constater
29:59qu'un an après,
30:00nous sommes désormais
30:02méprisés
30:02puisqu'il ne vient pas.
30:03Alors je peux comprendre
30:04qu'il soit occupé par ailleurs
30:05mais effectivement
30:06comme Florence Dabin le disait
30:07il a été président
30:08de département
30:09il a siégé
30:10au sein des départements
30:11de France
30:11c'est donc d'autant plus
30:12incompréhensible.
30:13Mais vous dites
30:13qu'il nous méprise
30:14ça va jusque là
30:15pour vous
30:15vous le voyez
30:16comme une forme de mépris ?
30:17Oui,
30:17je trouve qu'une absence
30:18à des assises
30:20qui représentent
30:21une strate de collectivité
30:23dans la République française
30:25mérite la présence
30:26du Premier ministre
30:27pour avoir
30:28au moins un échange
30:29si ce n'est
30:30quelques annonces.
30:31Justement
30:32sur les annonces
30:33qu'est-ce que vous attendiez
30:34de Sébastien Lecornu ?
30:36Qu'est-ce que vous attendez
30:37des armées
30:37de Françoise Gattel
30:38la ministre
30:39de la décentralisation
30:40qui viendra
30:41à sa place
30:42conclure vos assises ?
30:43Quel est le message
30:44que vous aimeriez
30:45entendre ce matin ?
30:47Eh bien quelque part
30:48c'est d'être accompagné
30:49on est tous
30:50en train de préparer
30:51notre budget 2027
30:52on se demande
30:53comment nous allons
30:54le construire
30:55quelle va être
30:56l'architecture
30:57puisque l'idée derrière
30:58c'est qui va accompagner
31:00si nous ne pouvons pas
31:01être au rendez-vous
31:02les plus fragiles ?
31:04C'est vrai que j'ai
31:04une appétence particulière
31:06comme d'autres collègues
31:06sur le sujet
31:07de la protection
31:07de l'enfance
31:08qui va protéger
31:09les enfants ?
31:10Qui va protéger
31:10les collégiens ?
31:11Nous avons à l'heure actuelle
31:12les lycéens dans la rue
31:13est-ce que demain
31:14après-demain
31:15ce seront les collégiens
31:16par défaut
31:17d'avoir pu les accompagner ?
31:19Et puis pensons aussi
31:20au chemin
31:21du vieillissement
31:22dans mon département
31:24j'ai 54 000 personnes
31:26qui ont plus de 80 ans
31:27dans très peu de temps
31:28ce sera 84 000
31:30il faut préparer tout ça
31:31et ça
31:32ça doit se construire
31:33ensemble
31:34en responsabilité
31:35et peut-être un message
31:37si l'Etat
31:37pouvait s'inspirer
31:39de notre capacité
31:40et notre obligation
31:41à voter
31:42un budget
31:43en équilibre
31:44je pense qu'il y a eu
31:45sans doute
31:45un travers
31:46depuis de trop
31:47nombreuses années
31:47et encore une fois
31:49nos collectivités
31:50sont bien gérées
31:51alors nous enlever
31:52des moyens budgétaires
31:54encore une fois
31:55qui va s'occuper
31:56de ces personnes
31:57je pense également
31:58puisque j'ai moi-même
31:59dans mon département
32:00subi les feux de forêt
32:01qui va s'occuper
32:02de nos sapeurs-pompiers
32:03nous avons besoin
32:04d'un accompagnement
32:05de décision
32:06et qui soit pérenne
32:08sur le mode
32:08de fonctionnement financier
32:10et on va parler
32:10particulièrement
32:11de la question
32:11des pompiers
32:12dans quelques instants
32:12on ira d'ailleurs
32:13voir un reportage
32:14chez vous
32:14Jean-Luglaise
32:15en Gironde
32:16mais pour rester d'abord
32:17sur cette question
32:18du budget
32:18qui reste le principal
32:19motif de colère
32:20et les conséquences
32:21qui vont avec
32:22sur les collèges
32:23sur les routes
32:23sur l'autonomie
32:24on va évidemment parler
32:26qu'est-ce que vous demandez
32:27principalement au gouvernement
32:28Nicolas Lacroix
32:29c'est quoi
32:29c'est de renoncer
32:31à vous faire contribuer
32:32à l'effort de redressement
32:33des finances publiques
32:34d'abord je voudrais vous dire
32:35que l'absence de Sébastien Lecornu
32:37ne va pas nous empêcher
32:38de lui passer
32:38un certain nombre
32:38de messages
32:39et Françoise Gattel
32:40va repartir
32:40avec un cartable
32:41bien plein
32:42de propositions
32:43et de messages
32:44à envoyer au Premier ministre
32:45vous savez nous
32:46on est quand même
32:46dans un esprit
32:47de responsabilité
32:47on connaît
32:48la situation
32:48de notre pays
32:49donc on n'a pas non plus
32:50on ne souhaitait pas
32:51avoir plus de recettes
32:53on ne souhaitait pas
32:53avoir plus de nouvelles
32:57on n'attendait pas
32:58de bonnes nouvelles
32:58pas un nouvel
32:59un peu local par exemple
33:00sur les départements
33:01c'était pas votre demande
33:02on souhaitait d'abord
33:03une certaine stabilité
33:04des engagements
33:05qui avaient été pris
33:05l'an dernier
33:06des accompagnements
33:07qui avaient été apportés
33:09aux départements
33:10les plus fragilisés
33:11et on souhaitait
33:12une certaine stabilité
33:13on a l'habitude
33:14de le faire
33:14on a l'habitude
33:15de gérer nos budgets
33:16comme vient de le dire
33:17ma collègue Florence Dabin
33:18mais là c'est un coup
33:19de massue en fait
33:20on en rajoute
33:21c'est le double
33:21c'est le triple
33:22qu'on nous demande
33:23comme effort
33:23on demande plus d'efforts
33:25aux collectivités
33:25qu'on nous demande à l'Etat
33:26donc on va aussi parler
33:27de ça ce matin
33:27on va regarder un peu
33:28les efforts qui n'ont pas
33:29été réalisés
33:30du côté de l'Etat
33:31on ne peut pas nous donner
33:32des leçons de gestion
33:33en permanence
33:33et nous demander
33:34de nous serrer la ceinture
33:35alors que l'Etat
33:36ne le fait pas
33:36on ne peut pas
33:38entendre que
33:38les dotations versées
33:40aux collectivités
33:40aux communes
33:41ne diminuent pas
33:42quand elles sont
33:42à la main de l'Etat
33:43et nous nous obliger
33:44à regarder les maires en face
33:46et à leur dire
33:46on ne peut plus vous accompagner
33:47c'est aussi la solidarité territoriale
33:49qui va en prendre un coup
33:50ce sont nos investissements
33:51qui vont diminuer
33:52on a rencontré des partenaires
33:53ici à l'occasion
33:54de ces assises
33:54des partenaires du BTP
33:56des partenaires du réseau
33:59on ne va plus pouvoir
34:00accompagner les communes
34:01on ne pourra plus accompagner
34:02on ne sera plus
34:02le grand partenaire
34:03des collectivités territoriales
34:04et ça c'est vraiment
34:05des conséquences directes
34:06sur nos territoires
34:07et sur l'emploi
34:08Vous aussi
34:09Jean-Luglaise
34:10vous demandez au gouvernement
34:11de renoncer
34:12à cette super contribution
34:14à ce super prélèvement
34:15Oui peut-être rappeler
34:17que nous avons déjà
34:18d'une certaine manière
34:18contribué nous
34:20à retenir finalement
34:22les besoins
34:23que peut avoir l'Etat
34:24concernant la résorption
34:25du déficit
34:25nous assumons
34:26depuis 3 ans
34:273,3 milliards d'euros
34:29supplémentaires
34:30de dépenses sociales
34:31alors que nos droits
34:32de mutation
34:32n'ont augmenté
34:33que de moins de 600 millions d'euros
34:34Les droits de mutation
34:35c'est les frais de notaire
34:36Oui les frais de notaire
34:37pardon
34:38et donc ça veut bien dire
34:39que le différentiel
34:40nous l'avons assumé
34:41sur nos propres budgets
34:42donc quelque part
34:43nous faisons
34:44aujourd'hui
34:45nous jouons un rôle
34:45d'amortisseur
34:46par rapport au déficit national
34:48ce que nous attendions
34:49c'est effectivement
34:50d'être considéré
34:51parce que nous sommes
34:52sans doute
34:52le niveau de strat
34:53de collectivité locale
34:54le plus fragilisé aujourd'hui
34:55et puis ne jamais oublier
34:57une chose
34:57toutes les actions
34:58que nous menons
34:59et Florence l'a dit
35:00tout à l'heure
35:01et Nicolas également
35:02vont à l'attention
35:03des habitants
35:04que nous représentons
35:05quand on s'occupe
35:06des enfants sous protection
35:07quand on s'occupe
35:08des personnes âgées
35:09des personnes handicapées
35:10de l'entretien
35:11de nos collèges
35:12ou de nos routes
35:12c'est tout un tas
35:13de services publics
35:14qui sont destinés
35:15aux habitants
35:15et aujourd'hui
35:16nous amener à dégrader
35:17la qualité de notre service public
35:19c'est amener à dégrader
35:20à terme
35:20la vie des habitants
35:21que nous représentons
35:22et ça
35:22ça n'est pas acceptable
35:23Mais est-ce que tous les départements
35:24sont logés à la même enseigne ?
35:25Si Françoise Gattel
35:26vous dit
35:27il y a un certain nombre
35:28de départements
35:29qui seront exonérés
35:30de cet effort
35:31mais certains peuvent
35:32y contribuer
35:33est-ce que là
35:33vous accepterez ça ?
35:34Ou vous demandez
35:35qu'aucun département
35:36ne participe
35:37à cette contribution ?
35:39Mais c'est la diversité
35:40des départements
35:41on n'a pas un département
35:42qui se ressemble
35:43on a aujourd'hui
35:43des départements
35:44qui sont en difficulté
35:45d'autres qui le sont moins
35:46et d'autres qui y seront demain
35:48donc on a déjà fait
35:49cette péréquation horizontale
35:51on a déjà fait
35:52cet effort entre nous
35:53de solidarité
35:54on a déjà contribué
35:56pour certains
35:56plus que d'autres
35:57donc ce discours
35:58on le connaît
35:58on l'a toujours fait
35:59on est prêt à le faire
36:00mais là finalement
36:01on va continuer
36:03à enfoncer
36:04l'ensemble des départements
36:05d'une façon
36:06jamais connue
36:07c'est certainement
36:08l'effort
36:09le plus important
36:10qu'on ait connu
36:10depuis 30 ans
36:12dans un moment
36:13où en fait
36:13les personnes
36:14que nous accompagnons
36:15ont besoin d'être
36:16davantage accompagnées
36:17ça a été dit
36:17vieillissement de la population
36:18précarisation
36:19aujourd'hui
36:20tous ceux
36:20qu'on accompagne
36:21ne peuvent plus rouler
36:21ne peuvent plus mettre
36:22d'essence
36:22dans leur
36:23et c'est l'année
36:24où on demande
36:24plus d'efforts
36:25à tous les plus fragiles
36:26à tous ceux
36:27qu'on accompagne
36:28dans un pays
36:29qui va mal
36:30les départements
36:30sont encore plus sollicités
36:32je rappelle qu'on est
36:32le département
36:33des solidarités
36:34dites humaines
36:34et donc
36:35c'est évidemment
36:36des personnes
36:37dans nos départements
36:38qu'on accompagne
36:39qu'on ne pourra plus
36:40accompagner
36:41et ça c'est vraiment
36:42le pire qui puisse arriver
36:43et vos dépenses sociales
36:45forcément
36:45elles vont de manière
36:46croissante
36:47compte tenu des difficultés
36:48que connaissent aujourd'hui
36:49un bon nombre de français
36:50elles représentaient
36:5154% de vos budgets
36:53il y a 10 ans
36:53aujourd'hui
36:54elles représentent
36:55environ 70%
36:56de vos budgets
36:57est-ce qu'il y a un risque
36:58que demain
36:59les départements
37:00ne puissent plus
37:00accompagner
37:01ces français en difficulté
37:03et c'est la raison
37:04pour laquelle
37:04on se mobilise
37:05on a besoin d'être ensemble
37:06et de faire comprendre
37:08à ceux qui sont
37:09en responsabilité
37:10au plus haut niveau
37:10que nous avons besoin
37:12d'être accompagnés
37:12on ne dément pas
37:13le fait que l'on participe
37:15à l'effort national
37:15c'est une réalité
37:16on est citoyen avant tout
37:18et parce qu'on aime
37:19notre pays
37:20on a besoin d'avoir
37:21une vision collective
37:22partagée
37:23et construite ensemble
37:24et justement
37:25lorsqu'on les alerte
37:26depuis déjà
37:27de nombreuses années
37:28sur ce vieillissement
37:29de la population
37:29sur le fait
37:30qu'on signale
37:31de plus en plus tôt
37:32et de mieux en mieux
37:33par exemple
37:34les violences sexuelles
37:35sur mineurs
37:36le sujet de la protection
37:38de l'enfance
37:38il va bien nous falloir
37:40avoir davantage
37:41de latitude financière
37:42même si depuis des années
37:43là encore
37:44on a réinterrogé
37:45nos propres manières
37:46de fonctionner
37:47ce que disait très bien
37:48Jean-Luc Blaise
37:49et également Nicolas Lacroix
37:50tout à l'heure
37:50nos propres agents départementaux
37:52ont travaillé
37:53sur leurs pratiques
37:54on intègre désormais
37:56une partie de l'intelligence artificielle
37:58pour faire en sorte
37:59de libérer du temps de travail
38:01et faire en sorte
38:02que nos agents
38:03soient encore plus
38:04sur l'accompagnement
38:05sur le parcours humain
38:07et j'ai envie de dire
38:08déléguer des tâches
38:10chronophages
38:10et sans grande plus-value
38:11donc les missions
38:12des fonctionnaires départementaux
38:14ont changé
38:14des agents départementaux
38:15ont évolué
38:16notamment vous le dites
38:18grâce à l'intelligence artificielle
38:19est-ce que vous avez
38:19un exemple
38:20de ce que ça donne
38:22concrètement ?
38:22Oui concrètement
38:23je vais vous donner
38:24le dernier exemple
38:25qui est celui
38:25avec la Banque des Territoires
38:27et Mistral
38:28qui concerne
38:28le département de Ménéloir
38:30que j'ai l'honneur de présider
38:31on va justement
38:32travailler sur l'année
38:33avec l'ensemble des données
38:34qui vont nous permettre
38:35justement de travailler
38:36avec l'ensemble
38:37des instituts
38:39des établissements
38:39médicaux sociaux
38:41pour justement
38:42faire en sorte
38:43que l'offre
38:44soit davantage
38:46homogénéisée
38:46et faire en sorte
38:47de mieux accompagner
38:48ce parcours
38:49parce qu'encore une fois
38:49parce que nous sommes
38:51des élus
38:51de proximité
38:52et en responsabilité
38:53en contact
38:55au quotidien
38:56avec ces personnes
38:57on sait
38:58ce qui est attendu
38:59et parce qu'on est
39:00dans l'anticipation
39:01on va pouvoir y répondre
39:02il n'empêche
39:03qu'à un moment donné
39:03on a beau être
39:04dans l'innovation
39:05on a besoin
39:06même avec le meilleur
39:07des optimistes
39:08de se faire entendre
39:09et puis respecter
39:10parce que respecter
39:11les collectivités départementales
39:13de proximité
39:14et de solidarité
39:14c'est respecter
39:15les français
39:16et avec un reste à charge
39:18qui croit aussi
39:19pour les départements
39:20c'est à dire
39:21que l'état
39:22décide
39:22du montant
39:23et de la manière
39:24dont marchent
39:24ses prestations sociales
39:26et puis les finances
39:28le reste à charge
39:28et bien c'est pour
39:29les départements
39:30Jean-Luc Lies
39:30Oui un des grands changements
39:32a été la disparition progressive
39:35de toute capacité
39:36à travailler
39:37sur l'impôt local
39:38puisque nous n'avons plus
39:39aucun impôt local
39:40donc un certain nombre
39:41de recettes
39:42nous sont données
39:42en compensation
39:43de manière à financer
39:44nos actions publiques
39:46mais je voudrais citer
39:47un exemple
39:47par exemple
39:48qui est quelque chose
39:49qui me paraît
39:50assez choquant
39:51lorsque la dernière taxe
39:53dont nous avons bénéficié
39:54qui était le foncier bâti
39:55nous a été enlevé
39:56il nous a été accordé
39:57une fraction de TVA
39:59pour compenser
40:00ce que nous perdions
40:00et ce qui nous était dit
40:02à l'époque
40:02donc il n'y a pas si longtemps
40:03il y a à peine 3 ou 4 ans
40:05était que la dynamique
40:06de la TVA
40:07serait bien supérieure
40:08à celle de la taxe
40:09sur le foncier bâti
40:10en réalité
40:11nous avons pu constater
40:12que l'évolution
40:13de cette taxe
40:13sur le foncier bâti
40:14est bien plus dynamique
40:15que la TVA
40:16et en plus
40:17le gouvernement a décidé
40:18de nous priver
40:19d'une partie
40:20de la croissance
40:21de cette TVA
40:22donc on ne peut pas
40:23continuer à fonctionner
40:24en étant sous
40:25une sorte de robinet
40:27plus ou moins ouvert
40:28de financement
40:29qui nous oblige nous
40:30à pratiquer des économies
40:32sur l'action publique
40:33et départementale
40:34et donc celle des solidarités
40:35qui ont été évoquées
40:36et aujourd'hui
40:37le risque
40:38je veux insister là-dessus
40:39il est certes
40:40au niveau de la collectivité
40:41de département
40:42mais il est aussi
40:43au niveau de tous les partenaires
40:44avec lesquels nous travaillons
40:45et nous avons
40:46un certain nombre
40:47de partenaires
40:48dans le médico-social
40:49qui sont des associations
40:50qui gèrent
40:51des établissements
40:51médico-sociaux
40:52pour le compte du département
40:54et avec lesquels
40:54nous travaillons
40:55et bien si nous décrochons-nous
40:56c'est toute la nation solidaire
40:58qui décroche derrière nous
40:59et aujourd'hui
41:00on voit l'état
41:01des EHPAD publics
41:02de plus en plus en difficulté
41:03la souffrance
41:04des services à domicile
41:05donc on voit
41:06à quel point
41:07tous ces établissements
41:08tous ces partenaires
41:09souffrent aussi
41:10des contractions budgétaires
41:11que nous supportons
41:12au niveau des départements
41:13Peut-être un mot
41:14sur cette question
41:15de l'autonomie
41:16puisque le vieillissement
41:17de la population
41:17c'est évidemment un enjeu
41:19dans les années à venir
41:20vous avez de plus en plus
41:22de mal aujourd'hui
41:23à financer
41:25ces questions d'autonomie
41:26il y a les EHPAD
41:27il y a l'allocation d'autonomie
41:28Bon d'abord
41:2910 ans
41:30ça fait 10 ans
41:31qu'on nous promet
41:32une loi grand âge
41:3310 ans
41:34que tous les ministres
41:34en charge de cette question
41:36nous la promettent
41:37aujourd'hui
41:37on fait le constat
41:38que cette loi grand âge
41:39n'est toujours pas là
41:39alors évidemment
41:40il y a la partie financement
41:42c'est le l'ère de la guerre
41:43mais il n'y a pas que ça
41:44parce qu'aujourd'hui
41:44on a un vrai problème
41:46de main d'oeuvre
41:48on a un vrai problème
41:48de métier
41:49on ne trouve plus
41:50de personnes
41:51qui veulent travailler
41:52pour accompagner
41:53les personnes à domicile
41:54on a aussi
41:55et ça a été dit
41:56des difficultés énormes
41:57dans nos établissements
41:58donc le système
42:00qu'on souhaiterait tous
42:01le maintien à domicile
42:02le plus longtemps possible
42:02dans les meilleures conditions possibles
42:05ça on a parlé
42:06du droit à mourir
42:07moi je voudrais aussi
42:08qu'on parle du droit
42:09à vieillir dignement
42:11parce qu'aujourd'hui
42:12ce modèle est complètement
42:14enrayé
42:15vieillissement de la population
42:16dans mon département
42:17je sais de quoi je parle
42:17le département de la Haute-Marne
42:19en 2026
42:20écoutez bien
42:21c'est la France de 2060
42:22donc le mur du vieillissement
42:24on l'a déjà pris
42:25on voit comment
42:26on ne peut plus prendre en charge
42:27nos aînés
42:27parce qu'on n'a pas les personnels
42:29et évidemment
42:30on a aussi un problème
42:30de financement
42:31alors on a eu des tas
42:32de mesurettes
42:33on a eu la loi
42:33bien vieillir
42:34on a parlé de choses
42:35certes importantes
42:37les animaux
42:38dans les EHPAD
42:39enfin voyez ce genre
42:40de mesurettes
42:40mais la loi Grantage
42:41attendue depuis très longtemps
42:43n'est toujours pas là
42:44et vraiment
42:45je le dis hier
42:46et je le redirai aujourd'hui
42:47sur le vieillissement
42:48sur la dépendance
42:50il faut que le candidat
42:51à l'élection présidentielle
42:52le nouveau président de la République
42:54s'en empare
42:54c'est un sujet de société
42:56c'est un sujet
42:57qui concerne nos parents
42:57nos grands-parents
42:58qui concerne tous les français
42:59aujourd'hui dans les débats présidentiels
43:01personne n'en parle
43:02donc on peut craindre le pire
43:03sauf que nous sur le terrain
43:04on voit déjà les conséquences
43:06de ne plus pouvoir exercer
43:10cette compétence
43:10qui est essentielle
43:12ça veut dire que vous
43:12dans la Haute-Marne
43:13il y a des personnes âgées
43:15dont vous ne pouvez pas
43:16vous occuper
43:16faute de financement
43:18faute de personnel
43:18faute de financement
43:20faute de personnel
43:20on ne peut plus apporter
43:21le soutien nécessaire
43:23pour un maintien à domicile
43:24digne
43:25et évidemment
43:26on n'a pas non plus
43:27la possibilité
43:28de trouver des solutions
43:29dans tous les établissements
43:30donc oui
43:31on a un sujet énorme
43:33sur comment on prend en charge
43:35comment on finance
43:36et là il va falloir aussi
43:37se réinterroger
43:38de comment on finance
43:39ce système
43:40du vieillissement
43:40de la population
43:41dans notre pays
43:42Florence Zabin
43:43oui quelques mots
43:44de la même manière
43:44que tout à l'heure
43:45on parlait de l'enfance
43:46et je vois dans mon département
43:47on est passé de 121 millions
43:48à 178 millions
43:49pour compenser
43:51l'absence de l'Etat
43:51encore une fois
43:52nous nous accompagnons
43:53nous protégeons
43:54et l'Etat nous abandonne
43:56idem
43:56parce que vous vous occupez
43:57juste de l'aide sociale
43:58à l'enfance aussi
43:58voilà exactement
44:00et concernant l'autonomie
44:01soyons clairs
44:02dans notre département
44:03quand on s'est rendu compte
44:04à quel point il y avait
44:04un certain nombre
44:05d'établissements
44:06pour personnes âgées
44:07qui étaient particulièrement fragiles
44:10on connaît le sujet
44:11de l'attractivité des métiers
44:12on a fait un plan
44:13de 18 millions d'euros
44:15sur le principe
44:16c'est pas dans notre compétence
44:17mais on l'a fait
44:18on l'a fait
44:19pour la dignité justement
44:20des usagers
44:22des résidents
44:22pour faire en sorte
44:24qu'on ait envie justement
44:25de travailler
44:25dans ces établissements
44:27et encore une fois
44:28on voit aussi
44:28des maladies
44:29qui prennent
44:30de plus en plus le pas
44:31regardez le nombre
44:32de femmes et d'hommes
44:33qui sont victimes
44:35de cette maladie
44:36Alzheimer
44:37on n'a pas assez
44:38de place
44:39pour justement
44:40leur permettre
44:41d'être accueillis
44:41comme c'est dramatique
44:43pour des enfants
44:44pour des petits-enfants
44:45de ne pas être en capacité
44:46de trouver une place
44:47d'accueil
44:48et encore une fois
44:49on en parle depuis
44:49des années
44:50et là aussi
44:51les départements
44:52sont au rendez-vous
44:53en l'absence d'eux
44:55il n'empêche
44:56qu'on ne peut pas
44:57faire tout seul
44:58Un dernier mot
44:59sur cette question sociale
45:00on va après parler
45:01des incendies
45:02Nicolas Lacroix
45:03est-ce qu'aujourd'hui
45:04il y a des départements
45:06qui ne sont plus
45:06en mesure
45:07de financer
45:08les prestations sociales
45:09notamment le RSA
45:11On en connait
45:12on a déjà
45:12un département
45:13qui a renationalisé
45:14le RSA
45:15certains sont tentés
45:16de le faire
45:17Oui bien sûr
45:18certains sont tentés
45:19de le faire
45:19et je pense qu'il ne faut pas
45:20qu'on en arrive là
45:20c'est quand même
45:21le cœur de métier
45:21de nos compétences
45:23Mais même dans les départements
45:24de la droite et du centre
45:25certains sont tentés
45:26de le faire
45:27Oui on a un débat
45:28entre nous
45:28un débat qui a été tranché
45:30c'est évidemment
45:31pour l'instant
45:31c'est négatif
45:32mais il y a eu ce débat
45:34on peut être tenté
45:35effectivement
45:35de se désengager
45:37d'un certain nombre
45:37de sujets
45:38on a eu la question
45:39sur les MNA
45:41est-ce que c'est
45:41la protection de l'enfance
45:42les mineurs
45:43ne l'accompagnent
45:44ben oui
45:44on a considéré
45:45effectivement
45:45que ça concernait
45:46des mineurs
45:47et qu'on gardait
45:47évidemment
45:49ces jeunes
45:49dans la protection
45:51de l'enfance
45:52mais je crois
45:52que ça serait
45:53la pire des solutions
45:53de commencer
45:54à retirer
45:56un certain nombre
45:56de compétences
45:57ce que nous exerçons
45:58parce que nous n'aurions
45:58plus les moyens
45:58de le faire
45:59donc oui
46:00on peut être tenté
46:01de le faire
46:02Un dernier mot là-dessus
46:03Juste un dernier mot
46:04pour évoquer aussi
46:06le fait que
46:07l'État ne fait pas
46:08sa part
46:08la part qui lui revient
46:10lorsque nous avons
46:11des personnes
46:11qui ont une notification
46:13en maison d'accueil
46:15spécialisée
46:15des adultes
46:16et que des places
46:17ne sont pas créées
46:18dans une compétence
46:19de l'État
46:20nous devons
46:21à ce moment-là
46:22assurer une prestation
46:23de compensation
46:24du handicap
46:2524 heures sur 24
46:26pour des personnes
46:27c'est une charge
46:28qui revient au département
46:29quand des enfants
46:30relèvent plutôt
46:31des sujets
46:33du handicap
46:33et de la santé mentale
46:35plutôt que de la protection
46:36de l'enfance
46:37on nous laisse
46:38les enfants sous protection
46:39alors qu'ils n'ont pas
46:40la prise en charge nécessaire
46:41et nous avons
46:42la même chose
46:43sur la protection judiciaire
46:44de la jeunesse
46:45pas suffisamment
46:46de place créée
46:47et donc des enfants
46:48qui restent dans le champ
46:49de la protection de l'enfance
46:50à la charge
46:50des départements
46:51Autre sujet de préoccupation
46:53les moyens alloués
46:54à nos pompiers
46:54ils sont en grève
46:55depuis le mois de septembre
46:57grève qui se poursuit
46:58on va aller voir
46:59la mobilisation
47:00notamment dans votre département
47:01de la Gironde
47:02Jean-Luc Gless
47:02particulièrement évidemment
47:04marqué par le méga-feu
47:05qui a touché le département
47:06il y a seulement quelques jours
47:08qu'il a été déclaré
47:09officiellement éteint
47:1042 000 hectares
47:11partis en fumée
47:12ce qui a accentué
47:13évidemment la colère
47:14des pompiers
47:15face au manque de moyens
47:16Cécile Cixou
47:16les a rencontrés
47:17il y a quelques jours
47:19Les méga-feux
47:20au Porges
47:20cet été
47:21ont marqué
47:22les paysages
47:23et ravagé
47:24les habitations
47:25mais ils ont aussi
47:27laissé des traces
47:28chez les pompiers
47:28de Gironde
47:29lassés par des conditions
47:31de travail
47:31de plus en plus difficiles
47:33un ras-le-bol
47:34qu'affichent
47:35les soldats du feu
47:35de cette caserne
47:36dans le centre-ville
47:37de Bordeaux
47:38où ils sont en grève
47:39depuis le 8 septembre
47:40notamment pour dénoncer
47:42le manque d'effectifs
47:43devenu
47:44un véritable casse-tête
47:46pour le responsable
47:47des plannings
47:47ce jour-là
47:48La personne qu'on va mettre
47:49elle va passer la nuit ici
47:51après
47:51donc ça va être une nuit de merde
47:52De toute façon
47:53à un moment donné
47:54il faut quelqu'un
47:54d'accord ?
47:55Et c'est pour ça
47:56qu'il faut définir quelqu'un
47:57parce que sinon
47:57personne ne voudra s'y mettre
47:58Normalement jusqu'à samedi
47:59ils doivent trouver deux personnes
48:00J'ai fermé le chef
48:01Car en plus des feux de forêt
48:02à répétition
48:03les opérations de secours
48:05quotidiennes
48:05sont de plus en plus
48:07nombreuses
48:07et les pompiers
48:08n'arrivent pas à suivre
48:10Concrètement
48:10on fait plus de missions
48:12mais avec moins de personnel
48:13d'accord ?
48:14ou en utilisant
48:15en sur-sollicitant
48:16les sapeurs-pompiers volontaires
48:18pour qui ce n'est pas le métier
48:19ce ne sont pas des employés
48:20Donc forcément
48:22ça a tendance
48:22à rallonger
48:23les délais de secours
48:25Aujourd'hui
48:26on a perdu quasiment
48:27on a rallongé
48:28le délai de secours
48:28de plus de deux minutes
48:29par rapport aux dernières années
48:31Et deux minutes
48:32c'est des pourcentages
48:34énormes
48:34de chances de survie
48:35en moins pour les victimes
48:36Ces pompiers demandent
48:37aussi plus de moyens
48:38notamment
48:39la réhabilitation
48:40de leurs locaux vétustes
48:41Les toilettes de la caserne
48:43pour les hommes
48:44pour les femmes
48:44qui ont 60 ans
48:46à l'âge de la caserne
48:47qui n'ont jamais été
48:49réellement entretenus
48:51les peintures
48:52qui s'écaillent
48:54un minuscule jet d'eau
48:55pour nettoyer
48:56Mais aussi
48:56un renouvellement
48:57du matériel
48:58Un peu les propos
48:59sur un pare-choc
49:00qu'a vécu
49:01sur une ambulance
49:03qui est assez vieille
49:06obligé de fonctionner
49:07avec des ambulances
49:08qui comme celle-là
49:09ont 191 000 km
49:11pour aller sauver des vies
49:13Pour répondre aux demandes
49:14des pompiers
49:15le département de la Gironde
49:17principal financeur
49:18avec les communes
49:19des services de secours
49:20et d'incendie
49:21les 10
49:21demande depuis 2022
49:24et les mégafeux
49:24dans la région
49:25l'augmentation
49:26de la taxe spéciale
49:27sur les conventions
49:28d'assurance
49:28Nous estimons
49:30que tout bien
49:31et toute personne sauvée
49:32évite au régime assurantiel
49:34d'avoir à indemniser
49:36les conséquences
49:37des aléas climatiques
49:39et donc à ce titre
49:40il nous semble
49:41que la taxe spéciale
49:43sur les conventions
49:43de l'assurance
49:44dont nous percevons
49:45une partie
49:46pour les 10
49:47devrait être revue
49:49au niveau de son assiette
49:50pour qu'elle soit
49:50plus importante
49:51et qu'elle nous permette
49:52véritablement
49:53de doter
49:53les services
49:54d'incendie de secours
49:55des moyens humains
49:56et des moyens techniques
49:57nécessaires
49:58pour anticiper
49:59préparer
50:00et évidemment agir
50:01au moment où
50:01les risques climatiques
50:03se produisent
50:04Le gouvernement
50:05a inscrit cette mesure
50:06dans son projet
50:07de loi de finances
50:08de 2027
50:09ce qui pourrait dégager
50:10200 millions d'euros
50:11sur 5 ans
50:12et permettre aux pompiers
50:14de souffler
50:15après un été en enfer
50:16Jean-Luc Glez
50:17évidemment vous êtes
50:18président du conseil
50:19départemental de la Gironde
50:20vous avez vécu
50:21un été extrêmement difficile
50:24avec des pompiers
50:25toujours en grève
50:27racontez-nous
50:27juste un petit peu
50:28personnellement
50:28comment vous avez vécu
50:29ces dernières semaines
50:31Je dévie d'abord
50:32parfois auprès d'eux
50:33parce que le piquet de grève
50:34que vous avez aperçu
50:35je suis allé parler avec eux
50:37et en fait
50:37nous menons un combat
50:39une lutte commune
50:40parce que nous avons besoin
50:41effectivement
50:42de moyens supplémentaires
50:43à la fois pour des recrutements
50:44de sapeurs-pompiers
50:45à la fois pour améliorer
50:47encore le matériel
50:48même si le SDIS de la Gironde
50:50a beaucoup évolué
50:51entre 2022 et 2026
50:52nous avions subi
50:53des incendies en 2022
50:54il y a eu beaucoup d'efforts
50:56qui ont été faits
50:56certains d'ailleurs
50:57via des aides de l'Etat
50:58notamment le pacte capacitaire
51:00pour le renouvellement
51:00de matériel
51:01nous sommes équipés
51:02en drones
51:03en caméras de vidéosurveillance
51:04en groupes d'intervention
51:06feu de forêt
51:07en prévention
51:07nous avons formé
51:09nos sapeurs-pompiers
51:10professionnels
51:11des milieux urbains
51:13au feu de forêt
51:14et nous avons développé
51:15un centre de formation
51:16qui aujourd'hui
51:16est une référence nationale
51:17sur les incendies de résineux
51:19et les feux souterrains
51:20pour autant
51:21il faut continuer
51:21et ce que j'ai dit
51:23au président de la République
51:23comme au Premier ministre
51:24lorsqu'ils sont venus en Gironde
51:25c'est qu'il faut faire évoluer
51:27la culture du risque
51:28en France
51:28nous n'avons plus aujourd'hui
51:30les risques que nous connaissons
51:31depuis 50, 60 ou 70 ans
51:33il faut désormais
51:35considérer que
51:35ce qui est hors norme
51:36cette année
51:37sera la norme
51:38très probablement en 2050
51:39et donc il faut impérativement
51:41les moyens ad hoc
51:42pour que nous puissions avancer
51:44Nicolas Lacroix
51:44comment répond à ces pompiers
51:46des pompiers en grève
51:47c'est pas rien
51:47on connaît leur sens extrême
51:49du dévouement
51:50ils sont en grève
51:51depuis le 8 septembre
51:52ça va durer au moins
51:53jusqu'au mois de décembre
51:55qu'est-ce qu'on peut leur dire
51:56et qu'est-ce que vous demandez
51:57au gouvernement ?
51:58d'abord notre modèle
51:59de sécurité civile français
52:01tient sur le volontariat
52:03dans mon département
52:04c'est quasiment 90%
52:06de volontaires
52:07et on parle beaucoup
52:08de sapeurs-pompiers professionnels
52:10mais il faut aussi
52:11regarder ce qui se passe
52:12dans nos casernes
52:13avec nos sapeurs-pompiers
52:14volontaires
52:14le malaise il est partout
52:16et aujourd'hui
52:17même les sapeurs-pompiers
52:17volontaires sont en grève
52:18ce qu'on n'a jamais vu
52:21on a discuté
52:22pendant deux ans
52:22avec le gouvernement
52:23certains de mes collègues
52:24se sont impliqués
52:25plus que moi
52:25mais aujourd'hui
52:26le résultat
52:27il est néant
52:28l'annonce des 200 millions
52:30200 millions
52:31après ce qu'on vient
52:32de vivre cet été
52:33est totalement ridicule
52:35200 millions
52:35imaginez
52:36104 départements
52:37comment les choses
52:38vont être réparties
52:39et en plus
52:39c'est plus à la main des 10
52:41puisque ça a été
52:41directement fléché
52:43dans le budget
52:43dans le budget de l'état
52:44donc ce qui avait été demandé
52:46par les départements
52:47n'a pas été entendu
52:48ce qui est demandé
52:48aujourd'hui par la
52:49Fédération nationale
52:49des sapeurs-pompiers
52:50n'est pas entendu
52:50puisque la Fédération nationale
52:51des sapeurs-pompiers
52:52soutient la position
52:53des départements
52:53je rappelle quand même
52:55qu'on a été départementalisé
52:57et donc c'est à nouveau
52:58l'état qui recentralise
53:00sur cette question
53:01et puis c'est pas du tout
53:02à la hauteur
53:02et puis je voudrais dire
53:03quand même
53:03qu'à l'occasion
53:05de ces feux
53:06ces grands feux de l'été
53:07tous les départements
53:08ont été mobilisés
53:10et tous les départements
53:11ont montré une nouvelle fois
53:12la solidarité entre nous
53:13le Grand Est
53:14est descendu dans le sud
53:15comme il le faisait
53:16d'habitude
53:16mais aussi dans le sud-ouest
53:17et puis maintenant
53:18on a les feux aussi chez nous
53:19il faut qu'on s'y prépare
53:20on aura certainement
53:21demain
53:22des feux
53:23dans nos forêts de feuillus
53:24on a vu ces forêts
53:26du Grand Est
53:27aujourd'hui
53:28en situation de danger
53:29et donc aussi
53:30il faut qu'on s'y prépare
53:31et on ne peut pas oublier
53:33ce qui s'est passé cet été
53:34et on ne peut pas non plus
53:35oublier la façon
53:36dont on a été traité
53:37aussi sur cette question
53:38à la fois les départements
53:40et à la fois les sapeurs-pompiers
53:41donc ce mouvement
53:42il est légitime
53:43évidemment
53:44les sapeurs-pompiers
53:45l'ont bien compris d'ailleurs
53:46ils savent où sont
53:47les responsables
53:48sur ces questions
53:48on assume nos responsabilités
53:50parce que l'état
53:50souvent nous dit
53:51on est en charge
53:52de ces questions
53:52non
53:52ça a été redit
53:54par mon collègue
53:55à Gironde
53:55qui finance
53:56aujourd'hui les SDIS
53:57les départements
53:58et les communes
53:59il y a un peu
54:00effectivement
54:01de financement
54:02qu'on a eu
54:02dans le cas du PAC capacitaire
54:04mais c'est minime
54:05donc là aussi
54:06là-dessus
54:06il nous faut des moyens
54:07parce qu'on a une mutation
54:08incroyable
54:09le changement climatique
54:10on ne peut pas
54:10non plus nier
54:11ce qui se passe
54:12il va falloir
54:12qu'on soit évidemment
54:13vigilant à ce qui nous arrive
54:15Florence Dabin
54:16votre département
54:17était aussi touché
54:18il y a quelques années
54:19qu'est-ce que vous dites
54:20vous à vos pompiers ?
54:22que je suis avec eux
54:23pour aller chercher
54:24des moyens supplémentaires
54:25que je les soutiens
54:26dans cette démarche
54:27puisque en 2022
54:28en effet
54:29on faisait partie
54:30des départements
54:30particulièrement touchés
54:32je me souviens
54:33des mots
54:33du président de la République
54:35qui avait annoncé
54:36de très grands moyens
54:37et notamment aériens
54:39alors oui
54:39il y a eu du pacte capacitaire
54:41c'est une réalité
54:42merci
54:43parce qu'en effet
54:43ça nous a permis
54:44d'investir pour les engins
54:46mais en attendant
54:47les moyens aériens
54:48c'est essentiel
54:49on sait à quel point
54:50nous allons sauver
54:51des hectares
54:52donc potentiellement
54:54également des vies
54:55donc ça c'est essentiel
54:57on a aussi
54:58et on l'a vu
54:59de la même manière
55:00qu'on parle
55:01sur les autres politiques publiques
55:02une manière
55:03d'être solidaire
55:04entre nous
55:04de former des cadets
55:06de la sécurité
55:06pour leur donner envie
55:08de s'impliquer plus tard
55:09en étant sapeur-pompier volontaire
55:10sapeur-pompier professionnel
55:12mais quelle image
55:13on renvoie
55:14en attendant
55:14là aussi
55:15les départements
55:16nous avons mis
55:17énormément de moyens financiers
55:19ces dernières années
55:19parce qu'on a vu
55:20l'évolution climatique
55:22j'ai un département
55:23qui a connu
55:24la neige en janvier
55:25des crues centenaires
55:26en février
55:27début mars
55:27et puis les feux de forêt
55:29encore plus tôt
55:29que d'habitude
55:30donc là encore
55:31il nous faut des moyens
55:32de durée
55:33il nous reste moins de deux minutes
55:34pour conclure
55:35vos assises
55:36elles se tiennent
55:36à six mois
55:37de la présidentielle
55:38est-ce que vous avez
55:38un peu le sentiment
55:39que les départements
55:40sont les oubliés
55:41de cette campagne présidentielle ?
55:43je crois que c'est une
55:44c'est une question
55:46assez fondamentale
55:47qu'il va falloir poser
55:48à la ministre
55:49tout à l'heure
55:49quelle est la place
55:51des départements
55:52dans une république
55:53décentralisée
55:54dans laquelle
55:55depuis la révolution française
55:56les départements
55:57ont démontré
55:58leur importance
55:58ont démontré
55:59leur proximité
56:00ont démontré
56:01leur capacité
56:02à porter
56:02les solidarités
56:03humaines et territoriales
56:04et cette question
56:05elle est fondamentale
56:06au-delà du sujet
56:06des financements
56:07il faut que nous comprenions
56:09ce que ce gouvernement
56:10et les suivants
56:11probablement
56:12voudront faire
56:12du département
56:13dans une des républiques
56:15décentralisées
56:15Nicolas Lacroix
56:17pour devenir
56:17président de la république
56:18il faut d'abord une armée
56:20il faut des soldats
56:21et je crois que les candidats
56:22à la présidence de la république
56:23doivent entendre le message
56:24ils ne pourront pas faire
56:25sans les départements
56:26sans les conseillers
56:28départementaux de France
56:29et donc il faut qu'ils entendent
56:30nos messages
56:31et ils auront besoin de nous
56:32et ça a été dit ce matin
56:34par François Sauvadet
56:35ils ont déjà eu besoin de nous
56:36à l'occasion des grandes crises
56:37qu'on a pu connaître
56:38et ils ont fait appel
56:39au département
56:40et à l'époque
56:40on a joué le jeu
56:41et on le referait
56:43si ça devait arriver
56:44donc le message
56:45il est simple
56:46c'est qu'aujourd'hui
56:47une république décentralisée
56:49ne peut pas se faire
56:50sans les départements
56:51on est en capacité
56:52aujourd'hui
56:53d'accompagner
56:54l'ensemble des français
56:55l'état
56:56et les départements
56:57doivent évidemment
56:58être sur la même ligne
56:59et dans la même direction
57:01on verra
57:01qui sera président
57:03ou président de la république
57:04mais ça ne pourra pas
57:04se faire sans nous
57:05Florence Dabin
57:06il nous reste 20 secondes
57:07simplement
57:07construisons la France
57:08de demain ensemble
57:09en responsabilité
57:11et espérons que l'état
57:12protège l'ensemble des français
57:14comme les départements
57:15le font au quotidien
57:16merci
57:17merci beaucoup
57:17merci à tous les trois
57:18d'avoir été avec nous
57:20pour ce débat
57:21fin de cette première émission
57:22on se retrouve en direct
57:23à 10h30
57:24toujours ici au coeur
57:25de ces assises des départements
57:26vous suivrez
57:27la séance de clôture
57:29de ce 95ème congrès
57:31et avec
57:32sur ce plateau
57:32évidemment
57:33d'autres présidents
57:34de départements
57:35à tout à l'heure
57:35à tout à l'heure
57:41Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations