00:00Je ne faisais que boire du matin au soir.
00:02Je ne pouvais plus rien faire du tout.
00:03J'étais chez mon père et il s'occupait de moi comme si j'avais 5 ans.
00:06C'est très utile, les outils qu'ils nous ont donnés.
00:10Ce qui m'a le plus aidée, ça a été les ateliers de psychothérapie en groupe.
00:16Ici, on est à la clinique Le Calme, à Cabris.
00:18C'est un SMR spécialisé en addictologie.
00:21On accueille 45 patients en cure complète de 5 semaines.
00:25La spécificité de cet établissement, on a 3 piliers pour la prise en charge.
00:30On a les groupes de psychothérapie, animés par un seul psychologue tout au long de la cure.
00:35On a les séances de SOMA, ce sont des séances de relaxation,
00:38pendant lesquelles les patients feront des exercices de respiration.
00:41Et on a les séances d'information, ce sont des séances d'éducation thérapeutique,
00:45qui sont animées par les infirmières, les médecins ou la pharmacienne,
00:48et qui proposent aux patients de s'informer sur une addiction,
00:52qu'est-ce que c'est, pourquoi, comment je reprends une vie normale après l'arrêt des produits.
00:59Ici, on essaie de proposer un environnement presque familial,
01:03c'est-à-dire que nous, on ne porte pas de blouse, on se tutoie, on s'appelle par nos
01:08prénoms.
01:08Et ça, le pari qu'on fait, c'est que ça va leur permettre, peut-être, de libérer la parole,
01:14chose qu'ils n'ont pas l'habitude de faire.
01:16Le fait d'être en groupe, c'est encore plus intéressant,
01:18parce que parfois, de la parole de l'autre, va surgir quelque chose de notre propre histoire.
01:25C'est-à-dire, il y a ce qu'on appelle, un petit peu ici, l'effet miroir.
01:28En écoutant les autres, finalement, on commence la réflexion sur soi-même.
01:32On invite les patients à parler de leurs symptômes,
01:35à en faire quelque chose, pour petit à petit, sans décaler.
01:40Donc, on met un point d'honneur à éviter les distracteurs,
01:42c'est-à-dire qu'il n'y a pas de télé dans les chambres.
01:45Le but étant de les confronter à eux-mêmes, finalement,
01:48et un petit peu au vide, qui est inévitable,
01:53quand on se sépare d'une addiction, finalement.
01:57Ça fait deux ans que je suis tombée vraiment dans l'alcoolisme.
02:00Je ne pouvais plus rien faire du tout.
02:02J'étais chez mon père et il s'occupait de moi comme si j'avais cinq ans.
02:05Je ne faisais que boire du matin au soir.
02:06Et le déclic, ça a été quand j'ai vu mon père avoir un malaise cardiaque
02:11et aussi la perte de confiance de mon fils,
02:14qui ne voulait plus venir chez moi.
02:16Si tu veux, physiquement, je n'arrivais plus à lire, par exemple,
02:20même avec mes lunettes.
02:21Et au bout de la troisième semaine, pouf, j'ai recommencé à voir.
02:25Vraiment.
02:26Et c'est le cas aussi sur ma vie, etc.
02:30C'est un vrai retour à la vie, enfin à la vue.
02:35Et ce qui m'a beaucoup fait, qui m'a le plus aidée,
02:38ça a été les ateliers de psychothérapie en groupe.
02:42Sans se connaître, on s'ouvre.
02:43Et donc, en fait, on a justement les échos.
02:45Il y a des effets miroirs avec certains d'entre nous.
02:48On réfléchit, on se conseille, on pleure, on rit ensemble,
02:51mais on ne s'ennuie pas.
02:53Et en même temps, ce qu'on peut qualifier d'ennui,
02:57ce n'est pas de l'ennui, c'est du travail sur soi.
02:59Je dirais que le sevrage plus dur, il est psychologique.
03:04Ça sera à la sortie.
03:06Donc, ça va être la volonté, les outils qu'on m'a donnés
03:10et l'amour des miens qui se sont inquiétés pour moi
03:12et que je n'ai plus envie d'inquiéter.