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  • il y a 10 heures
Au Sénégal, un député réclame le retour d’ossements de soldats sénégalais collectés durant la colonisation française. Il rouvre ainsi le débat sur la question de la restitution des restes humains.

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Transcription
00:00Lui, c'est Amadou Tal, un chef religieux et militaire qui a combattu la colonisation française au XIXe siècle.
00:06Mais si on reparle de lui 129 ans après sa mort, c'est parce qu'un député sénégalais réclame à
00:12la France le retour des crânes de six soldats de son armée.
00:15Alors, on ne sait pas exactement où sont ces crânes.
00:18En France, plusieurs musées conservent dans leur collection des ossements africains, notamment collectés durant la colonisation.
00:25Par exemple, au moins 106 restes humains d'origine sénégalaise sont entreposés au Muséum National d'Histoire Naturelle à Paris.
00:33Des ossements qui, à l'époque, faisaient office de trophées de guerre et de spécimens pour des recherches prétendument scientifiques.
00:39Par exemple, dans le cadre d'études de craniométrie, où à partir de la taille des boîtes crâniennes,
00:45certains anthropologues du XIXe siècle établissaient la supposée supériorité d'une race biologique sur une autre.
00:52Depuis décembre 2023, une loi permet une restitution plus facile des restes humains, selon plusieurs conditions.
00:59Tout d'abord, la demande doit être déposée par un État étranger à la France, pour une personne morte après
01:06l'an 1500.
01:07Et seulement si les restes avaient été collectés de manière indigne, comme les combattants d'Amadoutal décapités.
01:12Autre condition possible, si la technique de conservation en France va à l'encontre des traditions et de la culture
01:19d'origine de la personne.
01:20Enfin, dernière condition, lorsque ces restes humains seront restitués au pays demandeur, seuls des rites funéraires seront autorisés.
01:29Pour l'heure, aucune demande officielle de la part du gouvernement sénégalais n'a été faite.
01:34Mais le sujet soulève déjà des questions du côté français.
01:37Car les crânes revendiqués par le député sénégalais ne seraient peut-être pas ceux de l'armée d'Amadoutal.
01:42Dans ce type de cas, la loi de 2023 propose de réunir un comité de scientifiques,
01:47composé à 50% d'experts français et à 50% du pays demandeur.
01:52Les scientifiques doivent ensuite remettre leur avis au ministre de la Culture,
01:56qui est chargé de prendre la décision finale.

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