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  • il y a 8 minutes
Avec Didier Meillerand, journaliste expert en santé mentale et fondateur du Psychodon

Retrouvez Brigitte Lahaie du lundi au vendredi à partir de 14h sur Sud Radio.
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##BRIGITTE_LAHAIE-2026-10-16##
Transcription
00:00:04Bonjour à tous, nous allons passer ces deux heures ensemble sur Sud Radio et on va parler de notre santé.
00:00:10C'est vrai qu'elle est essentielle et on a tous envie d'être en bonne santé, même si on
00:00:15ne fait pas toujours ce qu'il faut pour rester en bonne santé.
00:00:17Mais il y a une santé dont on parle de plus en plus, mais peut-être pas assez, c'est
00:00:22la santé mentale.
00:00:23Alors moi j'aime mieux d'ailleurs parler de santé psychique parce que justement ça ne dépend pas tellement de
00:00:29notre mental.
00:00:30Mais bon, peut-être que le mot psychique est moins populaire que mental, donc on verra.
00:00:34Je poserai la question dans un instant à mon invité qui est avec nous, Didier Mellerand,
00:00:38et qui oeuvre beaucoup justement pour comprenner le sujet de la santé mentale à bras-le-corps.
00:00:43Les chiffres sont assez inquiétants et les solutions sont rarement à la hauteur des chiffres qui sont plutôt en augmentation.
00:00:51D'ailleurs sans doute à cause du Covid, mais tout ça on va l'aborder aujourd'hui.
00:00:55Alors c'est un vrai sujet parce que quoi qu'on en dise, on est tous confrontés de près ou
00:01:00de loin à quelqu'un qui a un problème de santé mentale.
00:01:03On a un proche qui ne va pas bien, on ne sait pas toujours très bien d'ailleurs comment l
00:01:07'aider.
00:01:07Et ce sujet, nous allons en parler avec Didier Mellerand.
00:01:10Il va exprimer les solutions qui pourraient être mises en place dans les années qui viennent.
00:01:14Et bien sûr, je vous invite vous aussi à réagir, à donner votre avis.
00:01:18Vous connaissez notre numéro 0 826 300 300.
00:01:23Vous pouvez aussi envoyer un SMS, vous envoyez Brigitte au 7 20 18.
00:01:28Merci d'être avec nous Didier Mellerand.
00:01:31Alors c'est ce week-end, 18-19 octobre au Palais des festivals de Cannes.
00:01:37C'est pas rien, hein.
00:01:38Le Palais des festivals de Cannes, c'est quand même un lieu magique, j'ai envie de dire.
00:01:44Et donc c'est ce forum de la santé mentale que vous avez organisé.
00:01:48Vous étiez celui qui avait organisé le psychodont à l'Olympia l'année dernière.
00:01:53Vous œuvrez énormément pour la santé mentale.
00:01:56Et vous avez sorti un gros livre, le bleu, blanc, rouge de la santé mentale.
00:02:01Vous expliquez pourquoi ces trois couleurs d'ailleurs dans ce livre.
00:02:05C'est aux éditions Hermann.
00:02:07On va parler de tout ça avec vous.
00:02:10Mais d'abord, si ça ne vous ennuie pas, j'ai envie que les auditeurs vous connaissent un petit peu
00:02:14mieux.
00:02:15Et comme vous m'avez fait des confidences il y a quelques temps, j'ai envie de revenir là-dessus.
00:02:20Vous, vous avez eu un moment dans votre adolescence, vous n'alliez pas si bien.
00:02:24Vous avez un frère qui ne va pas bien.
00:02:26Et c'est grâce à un psychiatre que quelque part vous avez su avancer sur votre chemin.
00:02:34Oui, bonjour Brigitte.
00:02:36Alors tout d'abord, c'est toujours un vrai bonheur de venir vous rencontrer.
00:02:40Je vois dans votre regard une telle joie de vivre que on a l'impression, dès le début, on va
00:02:48passer un moment agréable.
00:02:50Oui, mon premier livre s'appelait La poire en bois, grandir avec un frère schizophrène.
00:02:57Aujourd'hui, je l'appellerais autrement, mais à l'époque, le diagnostic est tombé comme ça.
00:03:02J'avais 22 ans et puis je suis allé, je terminais mes études de journaliste et puis je suis allé
00:03:06à l'hôpital psychiatrique à Lyon.
00:03:08Et le psychiatre m'a dit, venez, on va aller voir votre frère.
00:03:11Il est dans un atelier d'ergothérapie.
00:03:13Je ne savais vraiment pas ce qu'était l'ergothérapie.
00:03:16Et en fait, il était dans un atelier du bois et il y avait plein de personnes, des joyeux fous,
00:03:23qui faisaient des statues, des avions en bois.
00:03:28Et mon frère faisait une poire en bois.
00:03:31Et quand j'ai vu ça, je me suis dit, ça ne va pas être simple.
00:03:35Mon frère a 28 ans, il fait des poires en bois à l'hôpital psychiatrique.
00:03:40Quand j'ai repris le métro, je me suis dit, ça va être très compliqué.
00:03:44Et en fait, ce que nous apprend la maladie psychique, la différence psychique, c'est justement une ouverture au monde
00:03:51et aux autres.
00:03:51Très vite, dans le métro, je me suis dit, mais qu'est-ce que ça peut me dire une poire
00:03:55en bois ?
00:03:56Oui, et puis vous venez de le dire, les fous.
00:03:58C'est-à-dire qu'il y a encore dans l'esprit populaire, quelqu'un qui n'a pas toute
00:04:05sa tête, il est fou.
00:04:06Alors qu'en fait, on est tous le fou de quelqu'un d'autre.
00:04:11C'est ça, on est tous le fou de quelqu'un d'autre.
00:04:13Et le jugement, en jugeant l'autre et les personnes qui sont différentes sur le plan de leur psychisme,
00:04:22souvent nous nous trompons.
00:04:23La poire en bois de mon frère, elle m'a fait explorer des espaces que je n'imaginais pas.
00:04:30Je me suis dit, une poire pouvait être en bois.
00:04:32Moi, dans ma petite tête bien faite, j'avais imaginé une poire blette, tatin, sorbet, haute vie, mais jamais en
00:04:38bois.
00:04:39Il m'a montré que l'autre pouvait être d'une autre matière.
00:04:43Et ensuite, quand je me suis retrouvé à l'antenne, à interviewer les grands patrons de ce pays,
00:04:47ou les stars de la pop, ou les présidents de la République, peu importe,
00:04:49toujours je me suis dit, mais lui, il est de quelle matière en fait ?
00:04:53Mon frère m'a appris mon métier, il m'a appris à regarder l'autre en lui disant qu'il
00:04:57n'était pas de cette matière avec laquelle il se présentait,
00:05:00ou celle qui m'apparaissait.
00:05:03Et oui, et parfois, il vaut mieux être avec quelqu'un qui est bonne poire.
00:05:09Bref.
00:05:09Oui, aussi, c'était aussi induit peut-être.
00:05:13Les gentils, vous savez, moi, je prône la gentillesse.
00:05:16Quelqu'un qui est une bonne poire, ça peut peut-être être péjoratif,
00:05:19mais quelqu'un qui est gentil dans ce monde, dans cet environnement dans lequel nous vivons,
00:05:24eh bien, ça fait du bien à la gentillesse.
00:05:27Alors, dans votre livre, le livre bleu, blanc, rouge de la santé mentale, Didier Mellerand,
00:05:33vous parlez qu'il y a des choses qui pourraient déjà bien aider à ce que nos jeunes aillent mieux.
00:05:40On sait que le post-Covid, enfin, que le Covid a provoqué beaucoup d'anxiété.
00:05:45On a quand même beaucoup de jeunes qui font des tentatives de suicide, voire ont des idées suicidaires.
00:05:50Les chiffres sont quand même effrayants.
00:05:52Vous dites un ado sur trois, c'est quand même pas rien.
00:05:55Et surtout que l'adolescence, c'est ceux qui vont demain gouverner notre...
00:06:00Et qui, ces jours-ci, sont dans les rues pour manifester leur anxiété, leur colère et leur joie en même
00:06:05temps.
00:06:05Oui, j'allais dire aussi, on voit aussi à la fois, on peut comprendre qu'à cet âge-là,
00:06:12on a envie de changer le monde et on a envie de se rebeller.
00:06:14Et on voit en même temps des jeunes qui ont l'air complètement paumés.
00:06:18Enfin, je veux dire, tout détruire, ça montre forcément un très grand mal-être.
00:06:25Oui, et en même temps, peut-être, comme vous le disiez, Brigitte, il faut bien que jeunesse se fasse.
00:06:30Les grandes révolutions du monde ou en France se sont souvent faites dans la violence,
00:06:35dans les pavés que l'on jette, dans les destructions que l'on opère.
00:06:40Et moi, je suis allé dans ces manifestations ces jours-ci.
00:06:43Et en même temps, j'ai eu beaucoup d'espoir en voyant ces jeunes
00:06:46qui savent finalement se mobiliser, faire foule.
00:06:49Bien sûr, il y a des casseurs à droite à gauche.
00:06:52Et on le redit, ces casseurs-là, ce n'est pas notre jeunesse.
00:06:55Par contre, ceux qui manifestent, ils manifestent leur anxiété par rapport à des outils comme Parcoursup
00:07:01qui les traitent comme des numéros alors qu'on doit humaniser leurs études.
00:07:06On peut comprendre aussi qu'il y a plusieurs choses qui peuvent faire peur aux jeunes d'aujourd'hui,
00:07:11notamment l'IA, l'écologie, tout ça.
00:07:16C'est vrai que le monde de demain paraît plus incertain que le monde qui m'attendait, moi, quand j
00:07:21'avais 20 ans.
00:07:22Oui, nous, on n'avait pas de ces anxiétés-là.
00:07:25Vous vous rendez compte qu'aujourd'hui, pour aller à la FNAC, ils passent des barrières, on fouille leur sac.
00:07:29Ils ouvrent la télévision ou ils écoutent nos radios.
00:07:32Ce sont les guerres en Ukraine, les conflits en Russie.
00:07:35Ça, les guerres, malheureusement, il y en a toujours eu.
00:07:37Mais là, c'est cumulé. Il y a les guerres.
00:07:41Mais il y a aussi les chaînes d'info en continu qui n'annoncent que des horreurs, de toute façon.
00:07:46Et ça, ça nourrit des boucles.
00:07:47Et il y a autre chose aussi dont vous parlez dans votre livre et qui, finalement, est assez peu dit.
00:07:52J'assistais lundi à une conférence de Laurent Carilla et je crois qu'il faudrait quand même qu'on en
00:07:58parle plus souvent de ça.
00:07:59Toutes ces drogues que les jeunes prennent, le cerveau, il est fini à 25 ans, quand on a 25 ans.
00:08:06Donc, tout ce qui est pris avant 25 ans abîme le cerveau.
00:08:10Et ça, c'est aussi quelque chose qui me semble important.
00:08:13Si on veut améliorer la santé mentale d'un pays, il faut prendre soin des jeunes.
00:08:17Oui. Les addictions, c'est un vrai sujet.
00:08:20Ça va du Poppers à la coke, à In.
00:08:25Et c'est vrai que le cerveau des jeunes est un cerveau en construction.
00:08:28Et des neurones qui sont détruits alors que le cerveau s'élabore, ils ne se reconfigureront pas.
00:08:35Et puis, ça crée aussi une relation au monde.
00:08:37Un jeune qui se construit en étant addict au Poppers pour ses relations sexuelles, par exemple,
00:08:42ou addict à la cocaïne pour tenir en termes d'énergie ou autre chose,
00:08:47il va développer des pathologies qu'on appelle des pathologies duels.
00:08:51C'est-à-dire, à côté de son addiction, il va souvent développer un trouble dépressif.
00:08:54Et là, ça devient très compliqué.
00:08:56Alors, on va parler de tout ça, mais je vais juste donner un dernier chiffre
00:09:01avant de donner la parole à Quentin, justement, qui ne va pas très bien en ce moment.
00:09:0612 millions de Français sont concernés par des problèmes de santé mentale.
00:09:11Oui, 12 millions de personnes en France sont concernées par un trouble psychique,
00:09:16un trouble dépressif, anxieux, schizophrénique ou bipolaire.
00:09:22Ça fait quand même pas mal de monde.
00:09:24Oui, c'est un vrai défi de santé publique.
00:09:26Il faut que ce soit pris en charge par le prochain locataire d'Elysée.
00:09:29s'ils veulent bien appliquer ce qu'il y a dans ce livre.
00:09:32Tout est dit, il n'y a plus qu'à faire.
00:09:33Oui, c'est un livre très précis qui s'adresse évidemment plutôt à la politique.
00:09:40D'ailleurs, il faut l'envoyer à tous les prochains candidats.
00:09:43Ça y est, il est parti auprès de tous les candidats.
00:09:45On espère que les maires de France vont s'en faire des échos,
00:09:48l'engager dans leurs communes, les associations, les médecins.
00:09:52Vraiment, il y a une feuille de route, un plan, une méthode de gouvernance, un budget.
00:09:56Et il faut sortir du blabla.
00:09:59On a eu deux années de grande cause nationale santé mentale.
00:10:03Permettez-moi de faire un petit jeu de mots en disant qu'il s'agit de deux années de grande
00:10:07causerie.
00:10:08Mais que c'était le produit ? Rien.
00:10:12Aucun effet. L'hôpital psychiatrique est dans une misère.
00:10:14Les CMP ferment.
00:10:17Et les prises en charge liées à la prévention sont toujours aussi faibles.
00:10:23Donc maintenant, il s'agit d'agir.
00:10:25Eh bien nous, en tout cas, on va écouter ceux qui nous vont témoigner,
00:10:29qui peut-être ont besoin aussi de vos conseils, Didier Mellorand.
00:10:34Dans un instant, c'est Quentin qui sera avec nous.
00:10:3714h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:10:41Et nous évoquons la santé mentale avec Didier Mellorand aujourd'hui à l'occasion de ce grand forum de la
00:10:47santé mentale
00:10:48qui aura lieu ce week-end au Palais des festivals de Cannes, à Cannes, donc le 18 et le 19
00:10:54octobre.
00:10:55C'est ouvert au grand public ?
00:10:57C'est ouvert au grand public, c'est gratuit, c'est le début des vacances de Toussaint.
00:11:00Donc je vous invite toutes et tous à converger vers Cannes.
00:11:03Pourquoi Cannes ? Parce que Cannes, le Palais des festivals de Cannes, c'est un lieu de lumière.
00:11:07Il se tient à des grands événements, comme le festival du film.
00:11:10Et la maladie psychique, les personnes qui souffrent d'un handicap invisible ont besoin d'être éclairées.
00:11:17Ce n'est pas pour faire joli qu'on va à l'Olympia ou qu'on va au Palais des
00:11:20festivals de Cannes.
00:11:21C'est pour éclairer ces personnes.
00:11:23La porter de la lumière sur un sujet qui est très noir, justement.
00:11:26Qui est très noir, qui est dans le déni, plein de culpabilité, plein de rejet.
00:11:29Et bien non, en fait. Moi, quand j'étais enfant, mon oncle disait toujours
00:11:35« Vous viendrez dimanche, mais vous viendrez manger sans Alain. »
00:11:38Alain, c'est mon frère. Parce que vous comprenez, quelqu'un qui est différent dans un village, ça fait peur.
00:11:42Mais en fait, non. Il faut qu'on vive ensemble avec les personnes différentes sur le plan psychique
00:11:47et qu'on les éclaire, que ce soit à l'Olympia ou au Palais des festivals de Cannes.
00:11:51C'est pour ça que je produis dans des lieux comme ça de lumière.
00:11:53Oui, mais Didier Melleron, moi je pense à une rencontre qui était très éclairante pour moi, justement.
00:12:00Je pourrais presque dire lumineuse.
00:12:02Je parle d'une personne qui était autiste.
00:12:05C'était un homme.
00:12:06Et on a beaucoup discuté justement sur comment la personne qui est autiste réagit dans son couple.
00:12:15Et c'était drôle parce que ça m'a ouvert vraiment les yeux sur une autre manière de voir les
00:12:20choses.
00:12:21Par exemple, il me disait « Mais puisque je l'aime, pourquoi elle a besoin que je lui dise ?
00:12:25»
00:12:27Et c'était drôle parce qu'il y avait une sorte de quelque chose de tellement naturel que je trouvais
00:12:33ça magnifique.
00:12:34Oui, mais si on sait écouter les personnes qui sont différentes, et en particulier les personnes qui, pour celles que
00:12:42je connais le mieux,
00:12:43souffrent d'une maladie psychique, on apprend plein de choses.
00:12:46Vous savez, dans nos failles passe la lumière.
00:12:50Et c'est dans nos failles que l'on peut être éclairé.
00:12:54Et ça, c'est formidable de se dire en fait, lui ou elle, il est différent de moi.
00:13:00Il a un psychisme qui est différent de moi.
00:13:02Je vais pouvoir apprendre.
00:13:04Il va pouvoir m'éclairer sur un monde nouveau.
00:13:06On va découvrir plein de gens dans sa tête, par exemple.
00:13:08On va découvrir plein d'événements tristes ou joyeux.
00:13:13On va partager des émotions qu'on ne connaissait pas.
00:13:15C'est vraiment une expérience de la vie.
00:13:17Eh bien, l'expérience de la vie, c'est aussi de vous écouter tous les jours.
00:13:20Et c'est Quentin qu'on va écouter, justement.
00:13:22Bonjour, Quentin.
00:13:23Bonjour, Brigitte.
00:13:24Bonjour, Didier.
00:13:25Merci de m'accueillir.
00:13:27Alors, du coup, moi, je voulais parler, en fait, de ma situation.
00:13:31Depuis quelques semaines, je suis séparé de ma compagne.
00:13:35On a voulu se laisser un petit peu de temps l'un et l'autre suite à plusieurs différents dans
00:13:42le couple.
00:13:43Et en fait, je me rends compte que depuis qu'elle est partie, j'ai une hygiène de vie qui
00:13:47est catastrophique.
00:13:49Je le sors beaucoup, beaucoup le soir.
00:13:51Je le vois beaucoup d'amis, beaucoup de proches.
00:13:53Mais en fait, je me couche à des heures pas possibles.
00:13:56Enfin, je me rends compte que je reprends une consommation d'alcool peut-être un petit peu excessive par rapport
00:14:01à ce qu'elle devrait être.
00:14:04Et en fait, j'ai l'impression que le fait de m'évader comme ça, ça me permet de ne
00:14:08pas me retrouver seul dans un appartement avec mes pensées.
00:14:11Quentin, j'ai une image qui me vient, qui est assez juste.
00:14:14Vous remplissez du vide.
00:14:15Elle a laissé un grand vide.
00:14:18Un grand vide.
00:14:18Et vous remplissez du vide en sortant, parfois en picolant un peu trop.
00:14:22Et ce n'est pas plus mal que de vous retrouver face au vide, parce que face au vide, on
00:14:27peut sombrer vraiment.
00:14:28De toute façon, Didier Mellorand, on le sait, un chagrin d'amour, c'est aussi un moment qui peut faire
00:14:34disjoncter le cerveau.
00:14:37Oui.
00:14:38En vous écoutant, bonjour Quentin.
00:14:39J'ai pensé exactement à la même chose que Brigitte.
00:14:41Je me disais, avec cet alcool, vous remplissez un vide.
00:14:45Le vide qui a laissé dans votre vie cette rupture-là.
00:14:49Et en même temps, vous savez, la maladie psychique, on dit souvent que c'est la maladie du lien.
00:14:56Donc, le risque que vous êtes en train d'appréhender, c'est peut-être de vous confronter à une maladie
00:15:04du lien.
00:15:05Mais c'est très chouette que vous puissiez aller boire des coups, alors n'en buvez pas trop, avec vos
00:15:11camarades.
00:15:13Et que vous soyez en lien avec d'autres.
00:15:15C'est dans ces liens-là que vous irez mieux.
00:15:19Ça, c'est évident.
00:15:21Le lien, on dit souvent que le lien social, c'est un lien de soins.
00:15:25Oui.
00:15:27Alors, peut-être, Quentin, qu'il faut voir qu'est-ce que vous pouvez faire qui soit plus valorisant à
00:15:35vos yeux.
00:15:35pour toujours en étant entouré, bien sûr, voyez, parce que c'est comme ça que vous allez...
00:15:42De toute façon, il va falloir passer cette étape de deuil.
00:15:48C'est-à-dire que là, pour l'instant, vous êtes encore attaché à elle.
00:15:52Et on vous l'a arraché, si je puis dire, pour prendre une image un peu violente.
00:15:58Et donc, ça fait mal.
00:15:59Et le temps de cicatriser, il le faut, le temps de cicatriser.
00:16:05Moi, je ne peux rien vous dire qui va faire que ça va cicatriser plus vite.
00:16:10Ça va dépendre de vous, de votre capacité à rebondir, à trouver de l'élan vital en vous.
00:16:18Mais si vous sentez que de voir vos copains, ça vous fait du bien, continuez, surtout continuez.
00:16:23C'est sûr que pour mes amis, ça fait du bien, en fait.
00:16:26Mais j'ai l'impression que c'est un peu une sorte de cercle vicieux.
00:16:29Parce que finalement, je dors très mal.
00:16:32Je suis fatigué tout le temps.
00:16:33Et j'ai l'impression qu'en fait, ce qui me fait du bien d'un côté, me fait du
00:16:36mal de l'autre, finalement.
00:16:38Alors, pourquoi vous dormez mal ?
00:16:40Peut-être que c'est important de voir comment, à quelle heure vous vous couchez.
00:16:44Pourquoi vous avez du mal à vous endormir ?
00:16:46Ou si c'est parce que vous n'avez plus assez d'heures de sommeil.
00:16:49Vous voyez, ça, c'est peut-être une question très pratique.
00:16:55Oui, et puis, Quentin, quand il y a des passages comme ça dans la vie qui sont un petit peu
00:16:58difficiles,
00:16:59est-ce que vous avez pensé, est-ce que vous êtes pour, est-ce que vous êtes contre à consulter
00:17:03un psychologue
00:17:04et à échanger avec un professionnel de santé mentale qui va pouvoir vous accompagner ?
00:17:09Et pourquoi pas trouver une alliance thérapeutique qui soit réparatrice,
00:17:13le temps de passer cette période de cicatrisation qu'évoquait Brigitte ?
00:17:18Complètement. Quand j'étais plus jeune, j'ai déjà été suivi par un psychologue étant beaucoup plus jeune.
00:17:24Ça s'est très bien passé. Ça a pu soigner un peu mes troubles et mes problèmes.
00:17:28Donc, oui, oui.
00:17:30Alors, vous voyez, ce que vous dites, c'est important.
00:17:32Très souvent, une rupture sentimentale réactive quelque chose soit de l'enfance, de l'adolescence
00:17:40ou de son premier chagrin. Donc, ça réactive sans doute quelque chose qui n'avait peut-être pas été suffisamment
00:17:49élaboré à l'époque.
00:17:50Oui, c'est là où je voulais en revenir, Quentin. C'est que souvent, l'histoire que nous vivons,
00:17:55elle est la manifestation de ce que nous appelons en santé mentale une ritualisation.
00:17:59C'est-à-dire que ce que vous avez vécu par avant ou plus enfant ou adolescent, etc.,
00:18:04on le reproduit, on le ritualise. Et cette rupture que vous vivez aujourd'hui, c'est peut-être un mécanisme
00:18:11qui est à l'œuvre
00:18:12que vous pouvez observer, soigner, adoucir avec un professionnel de santé mentale qui va vous accompagner
00:18:18pour peut-être sortir, d'une manière ou d'une autre, de cette ritualisation et aller vers une relation différente
00:18:24et nouvelle.
00:18:25Parce qu'on en a tous besoin.
00:18:29Vous savez, Quentin, peut-être que c'est pas mal, déjà, que vous-même, vous puissiez exprimer
00:18:34ce que vous ressentez. Est-ce que vous vous êtes sentie abandonnée ? Est-ce que vous êtes en colère
00:18:38parce qu'elle vous a quittée ? Est-ce que vous avez peur de ne jamais retrouver quelqu'un ?
00:18:45Vous voyez, c'est pas les mêmes sentiments, tout ce que je viens de dire.
00:18:49Non, c'est complètement opposé.
00:18:51Donc, vous voyez, c'est aussi ce que ça vous fait à vous
00:18:55qui va vous permettre de mieux comprendre encore ce vide que vous ressentez.
00:19:01Et ça, et se parler à soi, c'est refaire du lien aussi.
00:19:08Absolument.
00:19:09Oui, des fois, je m'entre-seille avec mes pensées.
00:19:11Oui, mais exprimez-les à haute voix.
00:19:16Vous voyez, exprimez-vous et dites
00:19:18« Oui, oui, je me sens tout bête, je me sens tout seul, j'ai été nul. »
00:19:23« Je me sens triste. »
00:19:24« Je me sens triste. » Qu'importe. Alors, vous ne sabotez pas trop.
00:19:28Si vous dites « Je me sens nul. »
00:19:31Dites-vous bien que là, c'est du sabotage.
00:19:36Mais alors, soyez conscients qu'elle a provoqué chez vous
00:19:39une réactivation de ces pensées négatives qu'on a sur soi.
00:19:43Vous voyez, c'est tout ça aussi qui va vous permettre...
00:19:46Et si vous voyez que ça tourne un peu en rond
00:19:49et que vous n'arrivez pas à en faire quelque chose,
00:19:51à ce moment-là, oui, allez en parler à quelqu'un
00:19:53qui va justement tirer le bon grain de l'ivraie, si je puis dire.
00:19:57Absolument. Et puis rappelez-vous, Quentin,
00:19:59que vous n'êtes pas le nuage, vous êtes le ciel.
00:20:03Souvent, lorsque l'on va mal,
00:20:05nous sommes focus sur ce qui est de la météo,
00:20:07par exemple le nuage dans nos vies.
00:20:09Mais en fait, derrière les nuages,
00:20:11le ciel, il est tout le temps limpide,
00:20:13il est tout le temps bleu, il est tout le temps immense.
00:20:15Donc, vous n'êtes pas le nuage,
00:20:18vous êtes le ciel.
00:20:19Et ça, en se le rappelant au fil de nos journées,
00:20:23ça nous aide beaucoup à prendre
00:20:25ce qu'on appelle en santé mentale
00:20:27du discernement, de la distance.
00:20:29Ayez confiance en vous, Quentin,
00:20:31vous êtes le ciel, pas le nuage.
00:20:33C'est...
00:20:34Oui, effectivement, c'est un point de vue
00:20:36que je n'avais jamais pensé,
00:20:37mais avec un petit peu de réflexion,
00:20:39c'est vrai que c'est positif.
00:20:41Ah, j'entends votre voix qui se réanime.
00:20:44Ça me fait plaisir.
00:20:46Non, non, mais c'est vrai que c'est intéressant,
00:20:48effectivement, de ce point de vue,
00:20:49oui, le dernier nuage, il y a le ciel et le soleil.
00:20:53C'est vrai ?
00:20:54Tout le temps.
00:20:55Tout le temps.
00:20:55Il y a toujours une sortie du tunnel, comme on dit.
00:20:58Et puis, je pense que vous avez compris
00:21:01qu'il ne faut pas...
00:21:02C'est normal de traverser quelque chose de...
00:21:05Vous traversez quelque chose de difficile,
00:21:06donc c'est normal.
00:21:07Il ne faut pas vous inquiéter plus que ça.
00:21:10Et vous le savez, vous aussi, Brigitte,
00:21:11comme moi, les ruptures, parfois,
00:21:13ça nous a fait grandir.
00:21:15Et oui, mais...
00:21:15Souffler et grandir.
00:21:16Sur le moment, on n'a pas l'impression.
00:21:20C'est vrai, sur le moment, c'est la souffrance qui est de vous.
00:21:22On a tout fondu trop, mais...
00:21:23C'est sûr que...
00:21:24C'est plus tard, c'est plus tard.
00:21:26Oui, ça arrivera.
00:21:27Bon, je ne me fais pas trop de soucis, alors.
00:21:29Non, non, non, il ne faut pas.
00:21:30Vous avez retrouvé votre joie.
00:21:32Votre voix est bien plus gaie qu'au début,
00:21:34donc tout va bien.
00:21:35Oui, oui, oui.
00:21:37Effectivement, c'est vrai que pouvoir échanger,
00:21:38discuter, effectivement,
00:21:39c'est un petit peu libérateur, quelque part.
00:21:42Bon, eh bien, tant mieux.
00:21:43Merci, Quentin.
00:21:44Merci beaucoup pour cet échange.
00:21:46Merci.
00:21:46Et on va se retrouver pour le Love Conseil du jour.
00:21:49On va parler du journal intime.
00:21:51Nous aurons Aurélie, dans un instant,
00:21:53qui veut parler aussi de...
00:21:55Ben là, du deuil, ne sont pas pas.
00:21:57Elle nous raconte ça, dans un instant.
00:21:59Brigitte Lae et Sud Radio, le Love Conseil.
00:22:02Alors, à mon avis, Didier Melleron,
00:22:05vous serez assez d'accord avec ce Love Conseil.
00:22:07Je propose d'écrire son journal intime.
00:22:09Parce qu'écrire son journal intime,
00:22:11justement, ça a plusieurs intérêts.
00:22:13Le premier, c'est déjà de dialoguer avec soi-même.
00:22:16Et ça n'a rien de narcissique.
00:22:18C'est de faire du lien avec soi.
00:22:20C'est justement, comme on vient de le dire à Quentin,
00:22:22pouvoir dire ce qu'il y a de plus important pour nous
00:22:26et éviter de laisser nos sentiments se perdre.
00:22:29Ça libère, en quelque sorte, d'écrire ce qu'on ressent.
00:22:34Et puis, c'est un autre avantage non négligeable
00:22:37lorsqu'on se relie quelques temps plus tard,
00:22:40parfois même deux, trois ans plus tard.
00:22:42Ça apporte une lumière sur nous-mêmes.
00:22:44Et c'est, je dirais, comme une petite thérapie personnelle,
00:22:48en quelque sorte.
00:22:48Alors, ça n'a rien à voir avec une vraie thérapie.
00:22:50Mais c'est quand même une belle manière
00:22:52de s'éclairer soi-même.
00:22:55Alors, il y a quand même quelques règles à respecter.
00:22:57Le journal doit rester secret.
00:22:59Même votre meilleur ami ne doit pas le lire
00:23:01parce que sinon, vous n'aurez plus la même authenticité
00:23:05si vous savez que quelqu'un pourrait lire
00:23:07ce que vous êtes en train d'écrire.
00:23:09Il faut être honnête.
00:23:10C'est-à-dire, il faut écrire ce qui se passe par la tête,
00:23:12même si c'est des horreurs.
00:23:13On a le droit d'écrire des horreurs.
00:23:15Il n'y a que le passage à l'acte qui est interdit.
00:23:17On a le droit d'avoir envie de tuer son voisin.
00:23:21Je dirais même que de l'écrire,
00:23:23ça peut éviter de passer à l'acte, parfois.
00:23:25Et puis, ça va vous faire du bien.
00:23:27Et puis, il faut écrire régulièrement.
00:23:29Je dirais au moins une fois par semaine,
00:23:31même si vous n'avez pas grand-chose d'important à écrire.
00:23:33Écrivez quand même,
00:23:34parce que c'est en écrivant au fur et à mesure
00:23:37que justement, j'allais dire,
00:23:41la conscience lâche un peu
00:23:42et on va être plus vrai, plus juste
00:23:45dans ce qu'on va écrire.
00:23:46Alors que si on écrit que quand on a, par exemple,
00:23:48une bonne nouvelle,
00:23:49on ne sera pas authentique.
00:23:50Et voilà.
00:23:53Et je compléterais peut-être,
00:23:55si vous le permettez, Brigitte,
00:23:56en disant que de poser les mots,
00:23:58M-O-T-S,
00:24:00ça nous demande un effort focus.
00:24:02Ça nous demande d'être là présentement
00:24:04avec son stylo et son carnet
00:24:06et de poser des mots,
00:24:07et souvent des mots M-O-T-S
00:24:08qui sont des mots M-A-U-X
00:24:10et qui vont permettre de se focusser,
00:24:13de se concentrer,
00:24:14alors que parfois, quand on va mal,
00:24:15on a tendance à s'éparpiller,
00:24:17à être nulle part et partout.
00:24:20Et puis, la deuxième observation que je ferai,
00:24:24c'est comme vous l'avez dit,
00:24:25c'est que trois mois après,
00:24:26six mois après,
00:24:27deux ans après,
00:24:27quand on va relire,
00:24:28on va se dire,
00:24:30ah là, je n'écrirai plus comme ça.
00:24:33Ou là, pourquoi j'ai voulu dire ça ?
00:24:35Et ça va nous permettre,
00:24:36ce qui est très intéressant
00:24:37lorsque l'on travaille sur soi,
00:24:39d'élaborer de la distance
00:24:41entre soi et les mots de ce moment,
00:24:44entre soi et les mots
00:24:45que l'on pose actuellement.
00:24:46Et tout ce cheminement,
00:24:48cette distance,
00:24:49c'est ça qui nous fait faire du chemin,
00:24:51c'est ça qui nous fait progresser.
00:24:52C'est pour ça que le calepin,
00:24:54le carnet intime,
00:24:55c'est extrêmement fort
00:24:58pour ceux qui veulent bien se livrer
00:25:00à cet exercice,
00:25:00de poser des mots,
00:25:01un rendez-vous avec soi,
00:25:03tous les jours, peut-être,
00:25:05à une heure fixe.
00:25:06Oui, c'est vraiment un cadeau
00:25:07qu'on se fait à soi-même.
00:25:09Et alors, le cadeau que vous fait Sud Radio,
00:25:12c'est ce coffret de jeux coquin
00:25:14de la marque Passage du Désir,
00:25:16qui est composé de cinq jeux différents.
00:25:19De quoi pimenter votre vie de couple ce week-end,
00:25:21si vous n'êtes pas au Festival de Cannes
00:25:23avec Didier Mellrand.
00:25:24En tout cas, si vous voulez le gagner,
00:25:26vous envoyez par SMS Brigitte au 7-20-18
00:25:29et l'un d'entre vous sera tiré au sort
00:25:30à la fin de l'émission.
00:25:32Et nous allons continuer
00:25:34cette émission sur la santé mentale
00:25:37avec vous, Didier Mellrand,
00:25:38et avec Aurélie.
00:25:39Aurélie, je crois que vous avez fait
00:25:42quelques tentatives de suicide.
00:25:44Quatre.
00:25:45Quatre.
00:25:46Bravo.
00:25:48Deux oreilles.
00:25:49Mais non, je vous en prie.
00:25:50C'était de l'humour, Aurélie.
00:25:52C'est important.
00:25:54C'est important qu'on en parle justement
00:25:56avec vous parce que ça fait partie
00:25:59des grands problèmes de santé mentale,
00:26:03la tentative de suicide,
00:26:04parce que parfois ça réussit.
00:26:06Une tentative de suicide aboutit
00:26:10toutes les heures dans notre pays.
00:26:12Donc en effet, c'est un vrai défi de santé publique.
00:26:16Et dans le livre Bleu, Blanc, Rouge de la santé mentale,
00:26:19on se fixe un objectif sur le nombre de suicides
00:26:22pendant les cinq ans à venir,
00:26:24à le réduire si possible de quasiment de la moitié.
00:26:30J'en ai fait quatre ans, un an et demi.
00:26:32Oui.
00:26:35Et alors, qu'est-ce qui...
00:26:37Alors moi, j'aime bien rappeler Aurélie que la...
00:26:40Oui, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:26:42C'est que mon père est décédé il y a cinq ans.
00:26:45Oui.
00:26:45Trois mois après, je rencontrais quelqu'un.
00:26:48C'était une relation toxique horrible
00:26:52où j'étais insultée pas plus tard que tous les jours.
00:26:56J'étais jetée pas plus tard que deux jours.
00:27:00Et je restais, et je restais.
00:27:05Et du coup, niveau hygiène,
00:27:08par rapport à ce qu'on a dit,
00:27:10j'arrive plus à travailler plus d'une semaine
00:27:13parce qu'après, je vais mal.
00:27:15Oui, mais Aurélie, on entend bien que vous allez mal.
00:27:18Est-ce que vous êtes suivie actuellement par quelqu'un ou pas ?
00:27:21J'ai été internée.
00:27:22J'ai été internée et je suis en suivi psychiatrique.
00:27:25D'accord.
00:27:26Et qu'est-ce qui vous donne envie de nous parler, Aurélie ?
00:27:31Par rapport à la chaîne de vie,
00:27:33moi, j'arrive pas à faire du sport,
00:27:34mais j'aimerais que les gens, ils réagissent mieux que moi
00:27:37et j'aimerais juste parce que ma mère et ma famille
00:27:40disent que je suis pas désolée
00:27:42et j'aimerais leur dire que je suis vraiment désolée
00:27:45d'être comme je suis.
00:27:47Mais vous êtes comme vous êtes, Aurélie,
00:27:49et on vous accepte telle que vous êtes
00:27:50et il faut vous accepter telle que vous êtes.
00:27:52Ce sera la première marche pour aller mieux.
00:27:54Et vous n'êtes responsable de rien, Aurélie.
00:27:57Vous n'êtes responsable de rien.
00:27:59Oui, apparemment, je me victimise.
00:28:01Oui, parce que lorsqu'on a une maladie psychique,
00:28:05par exemple une dépression,
00:28:06souvent on a l'impression qu'on a une part de responsabilité.
00:28:10Mais vous savez, et je ne connais pas votre histoire,
00:28:13mais on dit souvent que la personne qui a une maladie psychique,
00:28:16elle est en fait la révélatrice de ce qu'on appelle un écosystème.
00:28:21Mais pour être simple, elle est la révélatrice
00:28:23de ce qui se passe bien plus largement autour d'elle.
00:28:25Peut-être que vous éclairez d'autres tensions,
00:28:29d'autres maladies, d'autres blessures,
00:28:31peut-être dans votre famille, dans votre environnement, etc.
00:28:35Oui, parce que mon papa a été méchant.
00:28:37Voilà.
00:28:37Vous savez ce qui s'est passé, Aurélie.
00:28:39Vous avez perdu votre père.
00:28:41Et à mon avis, je ne sais pas quel âge vous aviez à la mort de votre père,
00:28:44mais vous deviez être assez jeune.
00:28:4522 ans.
00:28:47Votre père s'en va, il meurt,
00:28:48donc vous ne pourrez jamais plus réussir à ce qu'il vous dit,
00:28:52ce qu'il vous aime.
00:28:53Et je pense que ça a été une blessure narcissique énorme.
00:28:57Tout d'un coup, vous perdez tout espoir.
00:29:00Et non, la blessure, c'est que je suis la seule qui essaie de faire quelque chose.
00:29:04Mon frère était la victime.
00:29:06Et moi, j'essayais du coup d'aider ma mère.
00:29:09Ma soeur, elle se cachait.
00:29:11Et je pense que c'est ça où j'en veux beaucoup à ma mère.
00:29:14Parce que je me suis dit, j'étais beaucoup là.
00:29:16Et j'ai l'impression qu'on ne connaît pas les valeurs.
00:29:20Écoutez, ce qui s'est passé ensuite,
00:29:22comme vous étiez totalement dévastée par la mort de votre père,
00:29:27vous étiez donc très fragile.
00:29:29Et un homme toxique a repéré, un prédateur a repéré la proie.
00:29:33Et donc, il vous a séduite.
00:29:36C'était facile de vous séduire, puisque vous étiez très fragile.
00:29:39Et ensuite, il vous a totalement détruite.
00:29:42Donc, vous avez besoin d'être totalement reconstruite.
00:29:45Et ça, ça prend du temps.
00:29:46Et je pense qu'il faut que vous acceptiez que vous avez besoin de temps.
00:29:52Et vous avez besoin d'accepter que, pour l'instant, ça ne va pas bien.
00:29:58Mais ne perdez pas...
00:29:59Des fois, il revient.
00:30:01Qui est-ce qui revient ? Votre père ?
00:30:04Mon ex, il revient, il vient sans dire, il frappe à la fenêtre.
00:30:08Et je n'arrive pas à dire non.
00:30:10Vous savez, dans les relations toxiques,
00:30:14enfin, Brigitte connaît ça parfaitement,
00:30:16il y a une sorte de paradoxe.
00:30:19C'est-à-dire que vous savez que ce n'est pas bon pour vous,
00:30:21mais en même temps, vous n'arrivez pas à vous en défaire.
00:30:24Non.
00:30:25Et regardez, pour prendre un peu de recul et sortir de votre cas,
00:30:30regardez souvent les femmes battues,
00:30:33elles sont très peu nombreuses à vraiment témoigner,
00:30:37à quitter leur conjoint.
00:30:39C'est très compliqué, parce qu'il y a une sorte d'amalgame
00:30:42qui est faite dans la relation.
00:30:44Je te bats, tu m'aimes, tu m'aimes, je te bats.
00:30:46Et c'est très, très compliqué de trouver la bonne distance.
00:30:50Qu'est-ce que vous voulez dire, Aurélie ?
00:30:52J'ai dit, il m'a tapé.
00:30:54Oui.
00:30:54Bien sûr qu'il vous a fait du mal.
00:30:57Écoutez, Aurélie, ce que je voulais vous dire,
00:30:59c'est que le message que vous nous envoyez,
00:31:01là, aujourd'hui, on fait une émission sur la santé mentale,
00:31:05eh bien, vous êtes malade.
00:31:06Vous n'êtes pas, vous n'êtes pas, vous voyez ce que je veux dire.
00:31:09Et la maladie, on n'y est pour rien.
00:31:11On n'est pas coupable.
00:31:12Non, mais au moins, ce que je voulais dire,
00:31:14c'est que j'ai pris les choses en charge,
00:31:17j'ai partie à l'hôpital.
00:31:18C'est bien.
00:31:19Je suis suivie tous les deux semaines environ.
00:31:23J'ai un traitement.
00:31:25Et c'est là où j'en veux un peu à tout le monde,
00:31:27parce que je me dis, j'ai un traitement.
00:31:30Waouh, super, j'ai un traitement,
00:31:32alors que je n'avais pas mérité d'avoir un traitement.
00:31:34Et donc, c'est pas grave.
00:31:35Écoutez, vous avez un traitement parce que vous êtes malade.
00:31:37Quand on est malade, on prend des médicaments.
00:31:39Ça n'a rien d'anormal.
00:31:40Donc ça, c'est bien.
00:31:41Il faut prendre vos médicaments.
00:31:43Et puis, peut-être que vous pouvez vous approcher
00:31:45d'une association pour vous faire aider
00:31:46par rapport à cet homme toxique qui vous harcèle
00:31:49parce que vous n'avez peut-être pas la force actuellement
00:31:52de vous défendre toute seule.
00:31:55Non, non.
00:31:56Je ne vous remercie pas.
00:31:58Bon.
00:31:59Donc, n'hésitez pas à éventuellement faire appel
00:32:01à une association.
00:32:02Il y a tout ce qu'il faut en France.
00:32:05Sur tous les territoires, vous savez,
00:32:07tout proche de chez vous, vous tapez une affamme
00:32:10et vous trouverez une association
00:32:12qui pourra vous accompagner.
00:32:14Parce qu'il n'est pas qu'il est le job contre lui.
00:32:16Je n'ai pas envie qu'il est le job contre lui.
00:32:19Eh bien, il faut d'abord vous aimer, vous.
00:32:22Et puis après, vous pourrez protéger les autres.
00:32:25Mais pour l'instant, vous devez d'abord vous protéger, vous.
00:32:28Et s'il vous fait du mal,
00:32:30c'est qu'il ne vous mérite pas.
00:32:33Vous comprenez ?
00:32:35Oui.
00:32:36Donc, il faut vous protéger de lui.
00:32:39Et je ne vous dis pas d'aller porter plainte
00:32:41ou si vous ne voulez pas lui faire de mal,
00:32:43OK.
00:32:44Ma mère m'a dit ça, elle m'a dit
00:32:45parce que non, je suis partie au gendarme il y a deux jours.
00:32:48Bon.
00:32:50Écoutez, je crois que pour l'instant,
00:32:53vous avez plutôt intérêt de vous rapprocher
00:32:55d'une association avec votre famille.
00:32:56Parce que je pense que votre famille,
00:32:57elle est un peu toxique aussi.
00:33:00Oui.
00:33:01Il faudrait vous rapprocher d'une association.
00:33:03Si vous en avez la force,
00:33:04regardez où est l'UNAFAM sur votre territoire.
00:33:07OK.
00:33:08Et essayez de les contacter pour discuter.
00:33:10Et puis, je ne sais pas si dans le suivi que vous avez,
00:33:14il y a un rendez-vous hebdomadaire avec le psychiatre
00:33:16ou le psychologue pour une thérapie.
00:33:18Mais vraisemblablement,
00:33:19il faut que vous soyez accompagnée
00:33:21parce que, voilà, vous souffrez.
00:33:25Oui.
00:33:27Et vous savez,
00:33:29on a dit tout à l'heure
00:33:30que quand il y a un nuage,
00:33:33après, il y a du beau temps.
00:33:35Oui, j'ai écouté.
00:33:36Eh bien, c'est pareil pour vous.
00:33:38Même si vous, Aurélie, on est d'accord,
00:33:42il y a beaucoup de gros, gros nuages noirs.
00:33:44Mais ça sera plus long
00:33:46pour que le ciel soit nouveau bleu.
00:33:48Mais ça va arriver.
00:33:50Il est là, le ciel.
00:33:51Il est toujours bleu et limpide derrière les nuages.
00:33:54La météo, ce n'est qu'une expression.
00:33:56Ce n'est pas la réalité du ciel.
00:33:58D'accord.
00:33:59Et puis, merci de votre témoignage.
00:34:02Est-ce que tu veux demander votre code
00:34:04pour avoir le cadeau, si on veut ?
00:34:08Vous voulez le cadeau, le coffret de chez...
00:34:11Je vais vous laisser taper pour essayer de l'avoir.
00:34:13Bon, écoutez, on va vous l'envoyer.
00:34:15C'est notre cadeau.
00:34:16C'est notre cadeau.
00:34:19On va vous envoyer le coffret,
00:34:21mais vous en profitez pour aller un petit peu mieux.
00:34:24Oui, je suis désolée.
00:34:26Je suis désolée.
00:34:29Et ne soyez pas désolée.
00:34:31On fait une émission sur la santé psychique
00:34:33et on voit que vous êtes vraiment malade.
00:34:35Donc, ce n'est pas du pipeau.
00:34:37C'est vraiment une question de santé publique,
00:34:40la santé mentale.
00:34:41Donc, merci de votre témoignage.
00:34:43Merci beaucoup.
00:34:44Merci à vous.
00:34:45Merci.
00:34:46Au revoir.
00:34:47On se retrouve dans un instant
00:34:48et on va parler de bonheur avec Yann
00:34:50parce que le ciel se dégage de temps en temps.
00:34:5414h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:34:57Et nous parlons aujourd'hui de la santé mentale
00:34:59avec Didier Melran qui est avec nous.
00:35:01Je rappelle que vous organisez ce forum de la santé mentale
00:35:05au palais du Festival de Cannes.
00:35:07C'est ce week-end.
00:35:08Donc, demain et dimanche.
00:35:10et vous élevez...
00:35:12Il y a du boulot.
00:35:14Moi, je le sais.
00:35:15J'entends beaucoup de gens qui ne vont pas bien.
00:35:18Et je sais aussi à quel point
00:35:19il y a des familles dysfonctionnelles
00:35:22avec des pères violents,
00:35:24des mères violentes aussi.
00:35:28Oui, oui, oui.
00:35:29Bien sûr.
00:35:29Bien sûr.
00:35:30Et des mères qui ferment les yeux
00:35:31quand le père abuse de sa fille.
00:35:35Je suis totalement d'accord avec vous.
00:35:37Je ne mets pas...
00:35:38Je ne suis pas...
00:35:40Je suis d'accord que...
00:35:41Tout est...
00:35:42Voilà.
00:35:42Et puis, vous êtes également l'auteur de ce livre
00:35:44Le Livre bleu, blanc, rouge
00:35:46de la santé mentale
00:35:47aux éditions Hermann
00:35:48pour ceux qui veulent mieux comprendre
00:35:49ce qu'on peut faire dans notre société.
00:35:53Eh bien, oui.
00:35:54C'est un vrai enjeu politique.
00:35:56Il y a bientôt des élections présidentielles.
00:35:58Donc, il faut qu'on en prenne conscience.
00:36:00Bonjour, Yann.
00:36:02Oui, bonjour Brigitte.
00:36:03Bonjour, Didier.
00:36:04Bonjour.
00:36:05Et vous avez envie de parler de bonheur,
00:36:07de ciel tout bleu.
00:36:10Oui.
00:36:10Et puis, en plus, c'est vrai.
00:36:11Moi, je suis dans le sud
00:36:12et il y a ciel bleu, la mer est bleue.
00:36:14Enfin, je dirais que le bonheur,
00:36:16c'est quelque chose qu'il faut voir.
00:36:19Le bonheur, des fois, il est devant nous
00:36:21et on ne le voit pas.
00:36:23Et puis, j'aimerais dire que ça se construit.
00:36:27Le bonheur, ça ne tombe pas du ciel.
00:36:31Il y a des moments favorables, certes.
00:36:34Mais quand les moments ne sont pas favorables,
00:36:35il faut aller chercher la voie
00:36:38où il y a le soleil,
00:36:39où il y a quelque chose qui va nous rappeler
00:36:41que si on se penche un peu sur soi-même,
00:36:46on peut trouver des solutions.
00:36:48Alors, vous savez, Yann, moi, j'ai écrit au mois de mai
00:36:50un livre qui est sorti qui s'appelait
00:36:52« 50 nuances de bonheur ».
00:36:53Donc, j'ai beaucoup et beaucoup travaillé
00:36:55sur justement cette notion.
00:36:57Mais je pose la question à Didier Mellrand.
00:36:59Est-ce qu'il n'y a pas des gens
00:37:00qui sont plus aptes au bonheur que d'autres ?
00:37:04Yann, vous avez l'air d'être très apte.
00:37:06Sûrement.
00:37:06Je pense qu'il y a des prédispositions.
00:37:08Il y a des prédispositions au bonheur.
00:37:10Parce qu'on ne vit pas tous dans les mêmes milieux,
00:37:11à la base, vous le savez bien,
00:37:13en fonction de qui je vais grandir.
00:37:15C'est comme les plantes.
00:37:16En fonction de là où tu es planté,
00:37:18comment tu es arrosé,
00:37:19comment tu es tourné vers la lumière,
00:37:21tu vas devenir un adulte et un être vivant,
00:37:25un être social, un être humain différent.
00:37:28Et ça, c'est évident.
00:37:30On n'a pas tous les mêmes chances de départ.
00:37:34Et moi, quand je pense au bonheur,
00:37:36je vais vous donner un scoop.
00:37:39Parce qu'au Palais des festivals de Cannes,
00:37:42le 18 et le 19,
00:37:43bien sûr, c'est le Forum national de la santé mentale
00:37:45dans ce magnifique palais.
00:37:47Et nous aurons la joie d'accueillir Miss France.
00:37:50Et c'est un vrai bonheur
00:37:51parce que Miss France dédie son règne à la santé mentale.
00:37:55Elle a décidé d'être ambassadrice de la santé mentale.
00:37:57Nous la recevrons samedi, dimanche et lundi.
00:38:00Et cette beauté qui se met au service
00:38:04des personnes les plus fragiles
00:38:06qui ont des maladies psychiques,
00:38:08c'est formidable.
00:38:09Je précise qu'elle est en formation de psychologue
00:38:11et que son papa est psychiatre à Montpellier.
00:38:13Et nous le saluons.
00:38:15Très bien.
00:38:16Très bien.
00:38:16Et alors Yann,
00:38:18oui pardon Yann,
00:38:19quel est votre secret du bonheur, vous alors ?
00:38:21Quels conseils vous pouvez donner ?
00:38:23Déjà de lire le livre de Brigitte.
00:38:26C'est pas mal.
00:38:28Non mais c'est vrai, c'est sérieux.
00:38:31Quand on n'est pas équipé naturellement,
00:38:33comme le disait Didier,
00:38:34avec son passé, son histoire,
00:38:37son formatage initial,
00:38:39peut-être qu'il faut aller chercher des recettes
00:38:41chez les autres.
00:38:42Bien sûr.
00:38:42que ce livre, il est bourré de bon sens,
00:38:47de simplicité.
00:38:49C'est pas pour vous que je le dis,
00:38:50c'est pas parce que je parle avec Brigitte,
00:38:52c'est parce que je l'ai lu et que j'ai trouvé
00:38:54qu'il ressemblait à ce que je concevais du bonheur.
00:38:57C'est-à-dire que les choses doivent être simples,
00:39:01elles doivent rester simples,
00:39:02il faut voir les choses simples.
00:39:03C'est sûr qu'après, comme le disait Didier,
00:39:05on a un passé.
00:39:07Et il faut...
00:39:09Il faut faire avec, oui,
00:39:10mais en même temps,
00:39:11moi, depuis que je vous écoute
00:39:14depuis plus de 25 ans,
00:39:16j'ai quand même remarqué que
00:39:18c'est très...
00:39:19Enfin, chaque personne est un individu
00:39:21à part entière.
00:39:22Et moi, j'entends des gens
00:39:23qui ont l'air plutôt bien,
00:39:25heureux dans leur vie
00:39:26et qui pourtant ont eu des drames.
00:39:29Et puis d'autres qui ont finalement eu
00:39:31quand même une vie assez facile,
00:39:33on va dire,
00:39:33et qui sont pas heureux.
00:39:36Donc c'est très, très curieux.
00:39:38Moi, j'ai pas...
00:39:39Enfin, j'ai donné dans ce livre,
00:39:41évidemment, des recettes
00:39:43pour qu'on comprenne bien
00:39:45quels sont nos obstacles,
00:39:47finalement, au bonheur.
00:39:49Mais je crois que...
00:39:52Je crois que c'est à chacun
00:39:54de se comprendre,
00:39:55de se connaître
00:39:56et d'avancer avec ses outils, quoi.
00:39:59Et avec ses propres boulues à l'âme.
00:40:02Oui, bien sûr, bien sûr.
00:40:04Pour paraphraser ce que vous dites
00:40:05tous les deux,
00:40:06la beauté de Miss France,
00:40:08elle n'est pas qu'extérieure.
00:40:10C'est-à-dire qu'il faut aller chercher
00:40:12aussi ce que l'on ne voit pas.
00:40:14Et c'est vrai que dans le livre de Brigitte,
00:40:17les éclairages sont sur 360 degrés.
00:40:21Et c'est ça qui est intéressant,
00:40:22c'est que le bonheur,
00:40:23il n'a pas une existence en face de soi.
00:40:26Il faut aller le chercher.
00:40:27Le matin, en se réveillant,
00:40:29il faut peut-être se poser la question
00:40:30de savoir si on est heureux
00:40:31d'être réveillé.
00:40:33Et puis, aller un peu plus loin.
00:40:34Est-ce que je suis heureux
00:40:35de me mettre debout ?
00:40:36Est-ce que je suis heureux
00:40:36de me dire bonjour dans la glace ?
00:40:39Et tout ça, c'est un travail.
00:40:40Alors moi, j'ai la chance
00:40:41d'avoir un petit peu d'âge maintenant.
00:40:43J'ai 67 ans,
00:40:44donc on a un peu d'histoire.
00:40:46On a effacé certaines choses
00:40:47qui étaient négatives,
00:40:49on va dire,
00:40:50avec le temps.
00:40:52Mais il faut avoir surtout aussi
00:40:53le courage de se dire,
00:40:55tiens, là, il va falloir
00:40:56que je fasse un effort
00:40:57pour aller vers ce qui va me rendre heureux.
00:41:00Oui, oui, mais c'est vrai
00:41:02que si on veut être heureux,
00:41:05il faut déjà, à un moment donné,
00:41:07se regarder en face
00:41:08et pas se plaindre tout le temps.
00:41:11C'est pas de ma faute.
00:41:12J'ai pas eu de chance.
00:41:14Je suis une victime.
00:41:15Enfin, oui, il faut...
00:41:16Mais en même temps,
00:41:17c'est pas donné à tout le monde.
00:41:18Vous avez des personnes
00:41:20qui n'y parviennent pas
00:41:21parce qu'elles sont malades.
00:41:23J'entends bien.
00:41:23Oui, oui.
00:41:23Non, mais je suis d'accord.
00:41:24Je suis d'accord.
00:41:25Mais cela dit,
00:41:26vous avez des personnes
00:41:27qui ont des problèmes
00:41:28de santé mentale
00:41:29et qui sont formidables
00:41:31et très heureux aussi.
00:41:32Absolument.
00:41:33Comme quoi, il n'y a pas de règle
00:41:34et que les bleus à l'âme
00:41:36que nous nous portons,
00:41:37que nous faisons,
00:41:38que nous...
00:41:39auxquels nous nous confrontons,
00:41:40c'est très différent.
00:41:41Moi, je prends souvent
00:41:41un exemple qui est très parlant.
00:41:43Vous savez,
00:41:43quand quelqu'un se cogne,
00:41:44il va se faire un bleu
00:41:46plus ou moins élaboré.
00:41:47Vous avez des gens,
00:41:48ils vont marquer beaucoup.
00:41:49Puis vous avez des gens,
00:41:51ils vont faire un petit thématome.
00:41:52C'est pareil pour la santé mentale.
00:41:54En fait, vous avez des personnes
00:41:55qui, sur un impact psychique,
00:41:57vont être extrêmement marquées.
00:41:59Et puis, on ne sait pas vraiment pourquoi,
00:42:00parce que c'est neurologique.
00:42:03Et puis, sur le même impact,
00:42:05d'autres personnes,
00:42:06elles vont être marquées
00:42:08différemment ou moindres.
00:42:09Comme si on n'était pas égaux
00:42:12par rapport au risque psychique.
00:42:15On n'est pas égaux,
00:42:16de toute façon,
00:42:16face au risque psychique,
00:42:17face à la mort de manière générale.
00:42:18Mais même face à la maladie physique.
00:42:20Face à la maladie physique, etc.
00:42:22Non, non, mais ça,
00:42:23la seule égalité qu'on a,
00:42:25c'est qu'on a tous 24 heures par jour.
00:42:28Donc, qu'est-ce qu'on en fait ?
00:42:30Ça, c'est gagné.
00:42:32Mais peut-être qu'on peut se poser la question
00:42:35dans l'inégalité que l'on a.
00:42:37C'est vrai qu'il y a le formatage initial,
00:42:39les parents, l'histoire.
00:42:41Mais surtout, je crois,
00:42:43c'est qu'on oublie d'apprendre aux gens
00:42:44à être curieux.
00:42:46Et on oublie de leur dire,
00:42:47voilà, t'as un éclairage aujourd'hui
00:42:49à 16h50.
00:42:51Mais à 16h60,
00:42:52enfin, à 16h55,
00:42:54ça ne sera pas le même.
00:42:55Et ce qu'il faut,
00:42:56c'est apprendre à voir
00:42:57tous ces éclairages
00:42:58pour justement, à un moment,
00:43:00trouver l'endroit
00:43:00où on va se sentir bien.
00:43:02Oui.
00:43:02Et je crois qu'il faut oublier
00:43:06cette chose un peu idiote
00:43:08qui est de dire,
00:43:08j'ai pas de chance.
00:43:10J'ai une petite...
00:43:11Parfois, je suis dit,
00:43:12c'est de dire que la chance,
00:43:13pour moi, c'est un petit train.
00:43:14Il y a plein de petits wagons
00:43:15dans ce train.
00:43:16Il y a des portes qui sont ouvertes.
00:43:18Il y a des portes fermées.
00:43:19Eh bien, si tu sais monter
00:43:21dans la porte qui est ouverte,
00:43:23il va se passer quelque chose.
00:43:25Et je crois qu'il faut oser monter.
00:43:27Il faut oser faire le pas de la marche
00:43:30et qui va aider les gens, peut-être,
00:43:32à trouver quelque chose
00:43:33de plus sympa à vivre
00:43:34que ce qu'ils vivent en ce moment.
00:43:36Oui.
00:43:37Et la recherche du bonheur,
00:43:38pour moi, c'est un peu ça.
00:43:39C'est la curiosité.
00:43:41C'est de ne pas avoir peur
00:43:43d'aller vers les autres.
00:43:44Vous savez, je vous entends.
00:43:45Vous m'entendez.
00:43:46Moi, j'entends des gens qui sourient.
00:43:49Je pense que vous entendez aussi
00:43:50quelqu'un qui sourit.
00:43:52Et je crois...
00:43:52Mais déjà, rien que le fait de sourire,
00:43:54ça nous fait aller mieux.
00:43:56Même si on sourit sans raison,
00:43:59ça nous fait aller mieux.
00:44:00D'ailleurs, on dit que le sourire s'entend.
00:44:02Oui, oui, c'est vrai.
00:44:03Et vous savez, moi, j'ai grandi à la campagne
00:44:06et ma grand-mère, elle avait des poules
00:44:09et tous les jours, elle s'émerveillait
00:44:11de nourrir ses poules.
00:44:12On peut s'émerveiller de regarder Brigitte travailler.
00:44:16On peut s'émerveiller du matin
00:44:18où on se lève et de se dire
00:44:19« Waouh, il fait beau aujourd'hui »
00:44:20d'un oiseau qui chante,
00:44:21de quelqu'un qui passe dans la rue
00:44:23avec une paire de chaussures sympa.
00:44:24Il faut regarder les choses
00:44:26avec beaucoup de simplicité.
00:44:27On a tendance à vouloir être plus fort que les hommes,
00:44:30plus fort que les humains,
00:44:32plus fort que tout, etc.
00:44:33Alors qu'en fait, en regardant tranquillement autour de nous,
00:44:36il y a plein de réponses.
00:44:37Il suffit de regarder un arbre, un animal,
00:44:39le soleil, un sourire, un regard.
00:44:42Et le bonheur, il est dans toutes ces petites choses-là.
00:44:44Elles sont toutes proches de nous.
00:44:45Bien sûr.
00:44:46Merci beaucoup, Yann,
00:44:48de nous avoir parlé du bonheur
00:44:50qui est quand même quelque chose
00:44:52qui est à la portée de tous, rappelons-le.
00:44:55Petite devinette,
00:44:57et moi, ça me mettrait en joie
00:44:58à ce que vous trouviez la réponse.
00:45:00Je suis nul dans les devinettes.
00:45:01Vous allez voir,
00:45:02si vous réfléchissez bien,
00:45:03vous devriez trouver.
00:45:05Justement, quel est le point commun
00:45:07entre toutes les personnes
00:45:08que vous avez aimées, Didier Mellerand ?
00:45:12Je vous laisse le temps des infos
00:45:13pour trouver la réponse.
00:45:14A tout de suite.
00:45:1714h-16h, Brigitte Laé, Sud Radio.
00:45:20Eh bien, c'est Didier Mellerand
00:45:24qui nous tient compagnie
00:45:25pour parler de la santé mentale.
00:45:28Moi, ça va à peu près, pour l'instant.
00:45:31Je ne sais pas ce qui m'attend
00:45:31dans les années qui viennent.
00:45:33Nous sommes tous fragiles.
00:45:34Je crois.
00:45:35C'est pour ça que j'en profite.
00:45:37En tout cas, vous organisez
00:45:39ce forum de la santé mentale
00:45:41ce week-end, à Cannes,
00:45:43dans ce magnifique palais
00:45:45des festivals de Cannes.
00:45:46Et il y aura du monde, évidemment.
00:45:49C'est ouvert au grand public.
00:45:50N'hésitez pas si vous êtes dans la région.
00:45:52On va venir, parce qu'il y a plein de gens
00:45:54qui viennent de Paris, de Bordeaux,
00:45:55de Boïdjik ou d'ailleurs.
00:45:56C'est les vacances de Toussaint.
00:45:58Et Miss France fera l'ouverture
00:46:01dimanche matin,
00:46:02avec cet engagement,
00:46:04faire de son règne
00:46:07volonté de déstigmatisation
00:46:09des personnes concernées
00:46:10par une maladie psychique.
00:46:10Et si le sujet vous intéresse,
00:46:13vous pouvez vous procurer ce livre
00:46:15sous la direction de Didier Mellrand.
00:46:17Le livre bleu, blanc, rouge
00:46:19de la santé mentale.
00:46:20C'est aux éditions Herman.
00:46:21Alors, on va retrouver Coralie
00:46:23qui va nous donner
00:46:25son témoignage également.
00:46:26Mais je voudrais d'abord
00:46:27la réponse à ma devinette.
00:46:28Quelle est la bonne réponse
00:46:30à cette question ?
00:46:31Quel est le point commun
00:46:32entre toutes les personnes
00:46:33que vous avez aimées,
00:46:34Didier Mellrand ?
00:46:38Il y a un point commun.
00:46:40Toutes les personnes
00:46:41que j'ai aimées,
00:46:44j'ai l'impression
00:46:45qu'elles étaient
00:46:50toutes bienveillantes
00:46:51envers moi.
00:46:52Mais non, mais le point commun,
00:46:53c'est vous.
00:46:54Ah ben c'est moi ?
00:46:54Ben voilà, c'est tout.
00:46:55Ah voilà !
00:46:56Il ne faut pas chercher plus loin.
00:46:57Je cherchais un truc compliqué.
00:46:59Mais voilà.
00:46:59Oui, oui, mais j'ai eu de la chance
00:47:01parce que j'ai été aimé
00:47:03par des personnes
00:47:04qui m'ont accompagné,
00:47:05porté, etc.
00:47:07Et ce n'est pas fini ?
00:47:08Et ce n'est pas fini, non.
00:47:09Vous êtes toujours là.
00:47:12Coralie, bonjour.
00:47:14Bonjour Brigitte.
00:47:16Bonjour.
00:47:17Didier était avec nous.
00:47:19Didier, pardon.
00:47:20Excusez-moi,
00:47:21j'ai le nez qui coule.
00:47:22Excusez-moi.
00:47:23Ce n'est pas grave.
00:47:24Bonjour.
00:47:25Alors, votre témoignage
00:47:27montre aussi
00:47:28qu'on peut avoir
00:47:29quand même
00:47:30un petit peu tendance
00:47:31à avoir quelque chose
00:47:33qui ne fonctionne pas très bien
00:47:34parce que vous dites
00:47:35que j'ai toujours fait passer
00:47:36tout le monde avant moi,
00:47:37mes enfants,
00:47:38mon mari,
00:47:39mon boulot.
00:47:39C'est exactement ça.
00:47:40Et vous ne savez pas ?
00:47:41J'ai 42 ans.
00:47:42Oui, c'est ça.
00:47:43Ah, mais...
00:47:43J'ai 42 ans,
00:47:45deux enfants,
00:47:46un travail qui me prend
00:47:47énormément de temps,
00:47:48comme le commun des mortels,
00:47:49je pense.
00:47:50Pendant des années,
00:47:51j'ai toujours fait passer
00:47:51les autres avant moi
00:47:52et que ce soit mes enfants,
00:47:54mon mari ou mon boulot.
00:47:56Vous voyez ce que je veux dire ?
00:47:56Moi, j'étais en second plan,
00:47:58voire troisième plan,
00:48:00voire peut-être quatre semaines.
00:48:01Bref.
00:48:02Et aujourd'hui,
00:48:02je me rends compte
00:48:03que je ne sais même plus
00:48:05ce qui me fait plaisir à moi
00:48:08profondément.
00:48:09De voir les autres contents,
00:48:10ça me rend heureuse.
00:48:12Est-ce que vous l'avez su ?
00:48:14Est-ce que vous avez eu
00:48:15une époque ?
00:48:15Je ne me rappelle pas.
00:48:18D'accord.
00:48:19Et vous aviez envie
00:48:20d'avoir des enfants ?
00:48:21C'était votre projet ?
00:48:22Oui, oui, oui.
00:48:23Oui, oui, ça c'est un...
00:48:25Alors, il y a quelque chose
00:48:26d'essentiel.
00:48:27Vous savez que je fais
00:48:27un peu d'astrologie,
00:48:29beaucoup même, Coralie.
00:48:30Oui.
00:48:30Et vous avez un âge important,
00:48:3242 ans,
00:48:33c'est l'âge un peu
00:48:34où on est au sommet
00:48:35de sa vie
00:48:36et où on fait souvent
00:48:37des bilans.
00:48:38D'ailleurs,
00:48:38on n'appelle ça
00:48:39le démon de midi
00:48:40chez certains hommes,
00:48:41etc., etc.
00:48:42Oui.
00:48:42Vous aviez un objectif,
00:48:44c'était fonder une famille.
00:48:45Vous avez réussi
00:48:46votre objectif.
00:48:47Vos enfants doivent avoir
00:48:48un âge
00:48:50qui commence à faire,
00:48:51qui s'envole.
00:48:52Oui.
00:48:52Et là, tout d'un coup,
00:48:53vous n'avez plus
00:48:55d'objectif.
00:48:56Et je crois que donner
00:48:57du sens à sa vie,
00:48:58ça fait partie des choses
00:48:59essentielles pour aller bien
00:49:00sur le plan de sa santé mentale.
00:49:02Et je crois que vous êtes
00:49:03d'accord, Didier Mellerand.
00:49:04Oui.
00:49:05Et Coralie,
00:49:06c'est un espace
00:49:08nouveau
00:49:08qui s'ouvre à vous.
00:49:09En fait,
00:49:10si j'ai bien compris,
00:49:11vous souhaitiez
00:49:12fonder une famille
00:49:13et faire que dans cette famille,
00:49:15vos enfants
00:49:16s'épanouissent,
00:49:17mission accomplie,
00:49:18vraisemblablement,
00:49:20c'est chouette.
00:49:22Vous avez tout un espace
00:49:24qui s'offre à vous
00:49:25et vous allez pouvoir
00:49:28observer vers quel jardin
00:49:30vous voulez aller semer,
00:49:32vers quel chemin
00:49:33vous voulez aller marcher
00:49:34et vous offrir
00:49:36des opportunités
00:49:37qui seront les vôtres.
00:49:39Et sans regret,
00:49:40ce que vous avez fait,
00:49:41c'est formidable.
00:49:42Ces enfants sont grands,
00:49:43votre mari,
00:49:44vous l'aimez,
00:49:45vous avez eu
00:49:46cet arrangement-là.
00:49:48Vous n'êtes peut-être
00:49:48plus ensemble,
00:49:49j'en sais rien.
00:49:49Peut-être que vous n'êtes
00:49:49plus ensemble,
00:49:50peut-être que vous êtes
00:49:50encore ensemble.
00:49:51Si, bon.
00:49:52On est encore ensemble.
00:49:53C'est formidable.
00:49:54J'ai l'impression
00:49:56que quand je pense à moi,
00:49:57c'est super égoïste.
00:50:00Et du coup,
00:50:01je culpabilise.
00:50:02D'accord.
00:50:03Mais ça, c'est nouveau.
00:50:04Vous ne pensiez pas
00:50:05comme ça
00:50:06il y a dix ans.
00:50:07Avant,
00:50:08je ne pensais pas du tout
00:50:08à moi.
00:50:09Donc là,
00:50:09quand j'essaye
00:50:10de penser à moi,
00:50:11je me sens égoïs.
00:50:12Mais attendez,
00:50:14vous aviez décidé
00:50:16de porter
00:50:17cette armure
00:50:18de combattante
00:50:19qui allait bien
00:50:20réussir sa famille,
00:50:21son travail
00:50:22et puis on rapporte
00:50:23beaucoup d'argent
00:50:23parce que sans doute
00:50:24vous avez eu une enfance
00:50:25où vous manquiez
00:50:26peut-être un peu d'argent
00:50:27donc vous ne vouliez pas ça.
00:50:29On est d'accord.
00:50:29Vous voyez,
00:50:30j'ai tout compris.
00:50:32Et là,
00:50:32tout d'un coup,
00:50:33tout d'un coup...
00:50:33Je vous écoute tout le temps
00:50:34donc vous avez tout le temps raison.
00:50:36Oh non,
00:50:36je n'ai pas tout le temps raison.
00:50:38Et là,
00:50:38tout d'un coup,
00:50:39vous avez envie d'autre chose
00:50:40parce que ça y est,
00:50:41vous avez réussi
00:50:42vous vous rendez compte ?
00:50:42Vous avez réussi
00:50:43votre premier objectif de vie.
00:50:46Donc c'est formidable.
00:50:47Mais évidemment,
00:50:49là,
00:50:50vous avez enlevé l'armure,
00:50:51vous êtes un peu
00:50:51à vif,
00:50:52un peu à nu,
00:50:53si je puis dire.
00:50:54Et il va falloir
00:50:56que vous trouviez
00:50:57d'autres objectifs
00:50:58qui vont vous donner envie.
00:51:00Et ça,
00:51:01ce n'est pas moi
00:51:02qui peux vous les donner.
00:51:03C'est vous.
00:51:03Et on entend
00:51:05beaucoup d'émotions
00:51:06dans votre voix.
00:51:07Et donc,
00:51:08ça veut dire
00:51:08que vous ressentez
00:51:10des émotions nouvelles
00:51:10et ça aussi,
00:51:11ce sont des opportunités nouvelles.
00:51:13Vous allez les entendre,
00:51:14ces émotions nouvelles.
00:51:16Vous nous dites
00:51:16que vous vous sentez
00:51:17plus vulnérable,
00:51:19voire coupable
00:51:20de penser à vous.
00:51:21Eh bien,
00:51:21c'est formidable
00:51:22que de ressentir
00:51:24cette émotion nouvelle.
00:51:25Elle vous dit de vous.
00:51:26Elle vous dit
00:51:26de perspective.
00:51:29Et ça,
00:51:30c'est chouette.
00:51:31Vivez-le vraiment
00:51:31comme une opportunité.
00:51:33Et moi,
00:51:34je vais vous dire,
00:51:34ça peut être une occasion
00:51:35d'aller voir
00:51:36une bonne,
00:51:37moi je pense par exemple
00:51:38à Sophie Cadalen
00:51:39qui travaille toujours
00:51:40beaucoup sur nos désirs.
00:51:41Là,
00:51:41vous ne les connaissez pas
00:51:42vos désirs actuels,
00:51:43mais ça peut vous alloir le coup
00:51:45d'aller en parler
00:51:46à quelqu'un
00:51:47qui va vous écouter
00:51:48et qui va vous aider
00:51:50à les faire surgir
00:51:51parce que
00:51:52vous avez forcément
00:51:53d'autres désirs.
00:51:54Mais pour l'instant,
00:51:55vous ne vous les autorisez pas
00:51:57parce que vous avez
00:51:58votre gendarme intérieur
00:51:59que j'appelle comme ça
00:52:00parce que je n'aime pas
00:52:01utiliser le mot
00:52:01sur moi
00:52:02qui est un mot trop psy
00:52:04qui vous dit
00:52:05non,
00:52:05non,
00:52:05tu n'as pas le droit.
00:52:06Vous voyez,
00:52:07vous êtes encore dans la...
00:52:07Je sais ça.
00:52:08Vous êtes encore
00:52:09dans votre croyance
00:52:10quand vous étiez jeune
00:52:12mais ça y est là,
00:52:13vous avez accompli
00:52:14votre devoir.
00:52:15Alors,
00:52:15il faut trouver.
00:52:18Alors,
00:52:18je ne sais pas moi,
00:52:19est-ce que c'est...
00:52:20Est-ce que vous avez envie
00:52:20de vivre dans un endroit
00:52:22qui serait plus proche
00:52:23de la nature ?
00:52:23Est-ce que vous avez envie
00:52:24de faire un métier
00:52:25qui serait plus épanouissant ?
00:52:26Est-ce que vous avez envie
00:52:27de vous réaliser enfin
00:52:29dans un art
00:52:30que vous n'avez jamais osé
00:52:31comme par exemple
00:52:32la peinture,
00:52:33le dessin,
00:52:34le chant ?
00:52:36Vous voyez,
00:52:37essayez de voir
00:52:39dans quel domaine
00:52:40vous pourriez vous réaliser.
00:52:42Et oui,
00:52:43parce que vous parlez du vide
00:52:44et dans quel domaine
00:52:45vous pourriez vous re-remplir
00:52:48de nouvelles émotions,
00:52:50de nouveaux liens
00:52:51parce qu'on ne le répétera
00:52:53jamais assez,
00:52:54la santé mentale,
00:52:55c'est une affaire de lien.
00:52:57Le lien social,
00:52:58c'est un lien de soins.
00:53:00Rejoignez une association
00:53:01où vous pourrez exprimer
00:53:02une passion culturelle,
00:53:04musicale.
00:53:04Au-delà d'exprimer
00:53:05cette passion,
00:53:06vous allez être en lien
00:53:08avec d'autres,
00:53:09vous reconstruire,
00:53:10vous renourrir,
00:53:12vous re-remplir.
00:53:13Et ça,
00:53:14c'est formidable
00:53:15de pouvoir
00:53:17vous le proposer
00:53:18que vous,
00:53:18vous le proposiez.
00:53:19J'aime bien,
00:53:20vous savez,
00:53:21Coralie,
00:53:21cette expression,
00:53:22beaucoup de femmes
00:53:22ont besoin de procréer
00:53:24pour se sentir existées,
00:53:26utiles et donner du sens.
00:53:27Et puis à un moment donné,
00:53:28il faut qu'elles se créent.
00:53:30Et je pense que c'est la phase
00:53:32dans laquelle vous devez vous créer,
00:53:34mais vous êtes un peu perdus
00:53:35parce que vous vous êtes
00:53:36tellement occupés des autres
00:53:38que vous n'avez pas laissé
00:53:39assez de temps
00:53:40pour que la petite graine
00:53:42de génie qu'il y a en vous
00:53:43puisse grandir.
00:53:45Donc il est temps maintenant
00:53:46de l'arroser
00:53:46et de laisser la plante sortir.
00:53:49C'est gentil.
00:53:50Je pense que je vais aller voir
00:53:52le salon de Didier.
00:53:53C'est ça ?
00:53:54C'est ce week-end ?
00:53:55Alors le forum de la santé mentale
00:53:57se déroule en France
00:53:59au Palais des festivals de Cannes
00:54:00le 18 et le 19 octobre.
00:54:04C'est demain et après-demain.
00:54:05Je suis de Nice, je suis de Nice,
00:54:06donc le venez-vous.
00:54:07Ah ben voilà, vous êtes tout à côté.
00:54:08Et il y a plein de tables rondes.
00:54:10La santé mentale et les addictions,
00:54:11la santé mentale et les femmes,
00:54:13la santé mentale et la justice,
00:54:14la santé mentale et le travail.
00:54:15Il y a aussi plein de tables rondes
00:54:17qui peuvent vous aider
00:54:18en termes de développement personnel.
00:54:20Et je vous invite à rejoindre
00:54:21la table ronde
00:54:22qui sera tenue par Michel Coury,
00:54:23qui est un expert
00:54:26du développement personnel.
00:54:28Vous savez,
00:54:28il n'a plus de 3 millions
00:54:29de followers
00:54:29sur les réseaux sociaux.
00:54:30et il tiendra une conférence
00:54:32qui s'appelle
00:54:32« Prends ta place ».
00:54:35Et je crois qu'il y a quelque chose
00:54:36à dire pour vous.
00:54:37« Prends ta place ».
00:54:39Je vous remercie beaucoup
00:54:40pour tous ces conseils.
00:54:42Je vous en prie à très vite.
00:54:43Merci Corée.
00:54:43Merci beaucoup.
00:54:44Merci.
00:54:45On retrouve dans un instant
00:54:46notre expert psychiatre.
00:54:48Vous allez être ravis
00:54:51de pouvoir échanger
00:54:52avec Patrick Lemoyne
00:54:53qui sera avec nous
00:54:54dans un instant.
00:54:59Didier Mellrand,
00:55:00aujourd'hui,
00:55:00notre expert,
00:55:01il est psychiatre.
00:55:02Donc,
00:55:02vous allez pouvoir
00:55:03parler de santé mentale.
00:55:05C'est Patrick Lemoyne
00:55:06que nous avons le plaisir
00:55:07de retrouver.
00:55:09Bonjour Patrick.
00:55:10Bonjour Gitte.
00:55:11Plaisir partagé.
00:55:13Mais toujours.
00:55:14Est-ce que vous avez lu
00:55:15le livre de Patrick Lemoyne,
00:55:17La santé psychique
00:55:18des écrivains
00:55:18et de leurs personnages
00:55:20aux éditions
00:55:20Odile Jacob,
00:55:22Odile Mellrand ?
00:55:23Non,
00:55:23je ne l'ai pas encore lu
00:55:24mais ça me semble
00:55:28très croussillant
00:55:29parce que les récits
00:55:31révèlent beaucoup
00:55:32évidemment
00:55:34de l'état d'esprit
00:55:35et du psychisme
00:55:36bien sûr de l'auteur
00:55:37et de sa relation au monde.
00:55:38Ben oui,
00:55:39bien sûr.
00:55:40Bon,
00:55:40en tout cas,
00:55:40Patrick Lemoyne,
00:55:41là on va lire
00:55:42le SMS de Alexia
00:55:44qui dit
00:55:45« Bonjour,
00:55:45j'ai l'impression
00:55:46que mon copain
00:55:46avec qui je suis
00:55:47depuis 5 ans
00:55:48est assez dans ses pensées
00:55:49en ce moment
00:55:50quand il est à la maison.
00:55:51Est-il possible
00:55:52qu'une personne
00:55:52souffre de dépression
00:55:53tout en continuant
00:55:54à travailler,
00:55:55à sortir,
00:55:56à plaisanter,
00:55:57à donner l'impression
00:55:57que tout va bien ?
00:55:58Certaines personnes
00:55:59semblent parfaitement
00:56:00fonctionner en société
00:56:02alors qu'elles se sentent
00:56:03profondément vides
00:56:04ou épuisées intérieurement.
00:56:05Comment peut-on
00:56:06reconnaître cette souffrance
00:56:07quand elle est
00:56:08si bien dissimulée
00:56:09et comment aborder le sujet
00:56:11sans risquer
00:56:11de le braquer ?
00:56:14Alors première chose
00:56:15à dire quand même
00:56:15c'est qu'il n'y a pas
00:56:17que la dépression
00:56:18qui peut causer
00:56:19ce genre d'état.
00:56:20Il peut y avoir
00:56:20tout simplement
00:56:20un souci au travail
00:56:22ou de santé
00:56:24dont ce garçon
00:56:25ne veut pas parler.
00:56:26Il peut être
00:56:27donc préoccupé
00:56:28par autre chose.
00:56:29Oui et souvent
00:56:30et pardon je vous coupe
00:56:31mais souvent
00:56:32les hommes
00:56:32quand ils ont des soucis
00:56:33par exemple au travail
00:56:34ne sont pas fans
00:56:35d'en parler à leur femme.
00:56:37Absolument,
00:56:37absolument.
00:56:38Ou bien s'il a fait une bêtise
00:56:39ou bien s'il a dépensé
00:56:41trop de sous
00:56:42ou s'il a une maladie
00:56:43qu'il ne veut surtout pas
00:56:44en parler.
00:56:45Bref,
00:56:45il peut y avoir
00:56:45des tas de raisons
00:56:47pour lesquelles
00:56:48ce garçon
00:56:51réfléchit
00:56:51et perdu dans ses pensées
00:56:52comme elle le dit très bien
00:56:53et qui peuvent expliquer ça.
00:56:55Mais si on va
00:56:56sur l'hypothèse dépression
00:56:57il y a des petits trucs
00:56:59de cliniciens
00:57:00qui permettent
00:57:01de se faire une idée
00:57:02sans justement
00:57:03le braquer,
00:57:04l'indisposer.
00:57:06c'est les trucs fondamentaux
00:57:08en fait.
00:57:08Ce qui est atteint
00:57:09dans la dépression
00:57:10souvent c'est les rythmes
00:57:12c'est le sommeil
00:57:13et l'appétit.
00:57:14Donc par exemple
00:57:15si elle a remarqué
00:57:16qu'il est mieux le soir
00:57:19que le matin
00:57:19qu'au réveil
00:57:20il n'a pas le moral
00:57:21il a mal à tête
00:57:22mal au dos
00:57:22etc.
00:57:23et que le soir
00:57:24il pète la forme
00:57:25ça sent vraiment
00:57:26la dépression.
00:57:28Donc tous ceux
00:57:29qui sont
00:57:30pas bien le matin
00:57:31et mieux le soir
00:57:31ça peut être déprimé.
00:57:32C'est intéressant
00:57:33donc on peut être dépressif
00:57:34donc on va pas bien le matin
00:57:35mais par contre
00:57:36le soir
00:57:36on pète la forme.
00:57:38Absolument.
00:57:39Absolument.
00:57:40D'ailleurs
00:57:40combien de fois
00:57:41j'ai fait visiter
00:57:41mon service
00:57:42de déprimé
00:57:43à des gens
00:57:45le soir
00:57:45ils me disaient
00:57:46enfin ils sont pas déprimés
00:57:47ils rigolent tous
00:57:47ben reviens demain matin
00:57:49et tu diras
00:57:49et ils pleureront tous.
00:57:51Donc il y a vraiment
00:57:51des rythmes dans la dépression
00:57:52qui sont très spécifiques
00:57:54et ça
00:57:55ça ne trompe pas.
00:57:56Et puis autrement
00:57:57dans la dépression
00:57:58il y a toujours
00:57:59ou presque
00:57:59un trouble de l'appétit.
00:58:01Soit on mange plus
00:58:02soit on mange moins
00:58:02soit on perd du poids
00:58:04soit au contraire
00:58:05on grossit
00:58:06et ça
00:58:06il faut être attentif
00:58:08à ce phénomène
00:58:09qui est
00:58:10plus que fréquent.
00:58:12Et j'imagine
00:58:13qu'on a plus de projet
00:58:14quand on est en dépression.
00:58:16Bien sûr
00:58:16bien sûr
00:58:17avant de parler de ça
00:58:18justement
00:58:18qui est très important
00:58:19Brigitte
00:58:20il y a aussi
00:58:21le sommeil
00:58:21qui est perturbé
00:58:23dans 100% des cas.
00:58:25Donc
00:58:2680%
00:58:27des déprimés
00:58:28sont insomniaques
00:58:2920%
00:58:30sont hypersomniaques
00:58:32dorment plus
00:58:32et 100%
00:58:33dorment mal
00:58:34et ne sont pas bien
00:58:36en réveil.
00:58:37Donc ça
00:58:37il y a souvent
00:58:38un réveil
00:58:38à 3h du matin.
00:58:40Autrement
00:58:40donc
00:58:41ce que vous dites
00:58:41Brigitte
00:58:42est tout à fait exact
00:58:43c'est que la dépression
00:58:44c'est aussi
00:58:44une incapacité
00:58:46à anticiper.
00:58:47Et là
00:58:47la question
00:58:48que j'utilise
00:58:49de temps en temps
00:58:50sournoisement
00:58:51dans mes entretiens
00:58:52c'est de dire
00:58:53à un patient
00:58:53que je soupçonne
00:58:54de dépression
00:58:54et au fait
00:58:55vous faites quoi
00:58:55cet été ?
00:58:56Et là
00:58:57il reste
00:58:57complètement interloqué
00:58:58incapable
00:58:59de se projeter
00:59:00à l'été prochain
00:59:01et ça aussi
00:59:02ça ne trompe pas.
00:59:03Par contre
00:59:05chacun de nous
00:59:06n'est pas forcément
00:59:07avec une formation
00:59:10médicale
00:59:10et il est très difficile
00:59:12de repérer
00:59:13un proche
00:59:14ou une proche
00:59:14qui a un trouble dépressif
00:59:16et pour l'illustrer
00:59:18je vais vous raconter
00:59:19cette histoire
00:59:19très très brève
00:59:20c'est l'histoire
00:59:21d'une dame
00:59:22que je suis allé voir
00:59:23récemment
00:59:23à Saint-Anne
00:59:24qui est dans
00:59:25l'hôpital psychiatrique
00:59:26à Paris
00:59:26bref
00:59:26qui a 65 ans
00:59:29elle est dépressive
00:59:30depuis très très longtemps
00:59:31personne ne l'avait vue
00:59:32ni son mari
00:59:33ni ses enfants
00:59:35elle a eu
00:59:35toute une carrière
00:59:37quasiment conventionnelle
00:59:38elle allait travailler
00:59:39tous les jours
00:59:40dans sa commune
00:59:42elle a élevé ses enfants
00:59:44vraisemblablement
00:59:44elle prenait
00:59:45ses antidépresseurs
00:59:46sans que son mari
00:59:47ne le voit
00:59:47sans que ses enfants
00:59:48ne le sachent
00:59:49et puis
00:59:49le temps a passé
00:59:51et là
00:59:51ils sont confrontés
00:59:52à l'hospitalisation
00:59:53et permettez-moi
00:59:55l'expression
00:59:55mais le mari
00:59:56s'est pris
00:59:57un TGV
00:59:58dans la figure
00:59:58c'est-à-dire
00:59:59qu'ils n'avaient rien
01:00:00vu arriver
01:00:01ni des enfants
01:00:02tout cela pour vous dire
01:00:03que les personnes
01:00:04atteintes par un trouble
01:00:05dépressif
01:00:06souvent
01:00:06elles sont
01:00:07en capacité
01:00:08à composer
01:00:09à organiser
01:00:10leur vie
01:00:10de manière
01:00:11à ne pas montrer
01:00:12qu'elles souffrent
01:00:13à ne pas culpabiliser
01:00:15leurs proches
01:00:15et pour ça
01:00:16elles sont prêtes
01:00:17à beaucoup composer
01:00:18à beaucoup faire
01:00:20et elles se fatiguent
01:00:21énormément
01:00:22et quand ça dure
01:00:23très longtemps
01:00:24ça craque
01:00:26je suis complètement
01:00:27d'accord avec ça
01:00:28et même encore pire
01:00:30c'est que
01:00:31j'ai la prétention
01:00:32d'être pas un trop
01:00:33mauvais clinicien
01:00:34et je me suis fait
01:00:35piéger plusieurs fois
01:00:36avec mes proches
01:00:36alors qu'avec les patients
01:00:38je ne crois pas
01:00:38que je les laisse
01:00:39trop passer
01:00:39mais avec les proches
01:00:40on a des peaux
01:00:41de saucissons devant
01:00:42les yeux
01:00:42comme on dit avion
01:00:43et on ne voit pas
01:00:45les trucs
01:00:45c'est pour ça
01:00:45que j'ai donné
01:00:46ces trucs très basiques
01:00:47sur le sommeil
01:00:48sur l'appétit
01:00:49sur les rythmes
01:00:50parce que ça
01:00:51c'est des choses
01:00:52assez objectives
01:00:53c'est très clair
01:00:53oui c'est en effet
01:00:54très clair
01:00:55ça me paraît
01:00:57assez facile
01:00:58si on nous garde
01:00:59ça en tête
01:01:00de pouvoir voir
01:01:00si quelqu'un
01:01:02est un petit peu
01:01:03dépressif
01:01:03mais encore une fois
01:01:05on parle de dépression
01:01:06il y a la dépression
01:01:08qui est sous-jacente
01:01:10et puis il y a
01:01:11le vrai
01:01:11enfin la grave dépression
01:01:14où on peut
01:01:15presque mourir
01:01:16enfin je veux dire
01:01:17c'est là aussi
01:01:18là dans le témoignage
01:01:19la celle dont on parle
01:01:21c'est ce qu'on appelait
01:01:21autrefois
01:01:22ça a disparu ce concept
01:01:23on parlait de dépression
01:01:24masquée
01:01:25et ça disait assez bien
01:01:26les choses
01:01:26les gens fientent du mot
01:01:28fonctionnaient bien
01:01:29et puis en réalité
01:01:30ils cachaient le truc
01:01:31mais moi je me méfie
01:01:32de ces dépressions
01:01:33pas grave
01:01:33parce que
01:01:34elles aussi
01:01:35elles peuvent quand même
01:01:36mal se finir
01:01:37surtout quand il arrive
01:01:38un drame
01:01:39c'est là où
01:01:40on décompose
01:01:41on décompense
01:01:42et puis on peut
01:01:43il y a une question
01:01:44que je vous pose
01:01:45Patrick Lemoyne
01:01:46qui n'est pas la question
01:01:46d'Alexia
01:01:47mais je sais
01:01:49qu'il y a plus de femmes
01:01:50qui ont des problèmes
01:01:51de dépression
01:01:52que d'hommes
01:01:52on sait pourquoi
01:01:54alors il y a plusieurs choses
01:01:55déjà
01:01:56il y a le fait
01:01:57que les hommes cachent
01:01:58et puis se soignent
01:02:00souvent au bistrot
01:02:01ou avec une bouteille
01:02:02et donc
01:02:03je ne suis pas sûre
01:02:03que ce soit le meilleur
01:02:04médicament
01:02:05pas le meilleur
01:02:06mais c'est malheureusement
01:02:07pas grave
01:02:08mais autrement
01:02:08les femmes
01:02:09ont beaucoup plus de raisons
01:02:12que les hommes
01:02:12de déprimés
01:02:13je parle là
01:02:14de raisons biologiques
01:02:14parce qu'après
01:02:15il y a effectivement
01:02:16la double journée
01:02:16les violences
01:02:19conjugales
01:02:19enfin il y a des tas
01:02:20de raisons
01:02:20on va dire sociologiques
01:02:21pour les femmes
01:02:22de déprimés
01:02:23mais il y a quand même
01:02:24des dépressions
01:02:25spécifiques de la femme
01:02:26par exemple
01:02:28dans 15 jours
01:02:29on va rentrer
01:02:30dans la dépression
01:02:32saisonnière
01:02:33qui touche
01:02:33à peu près
01:02:345 femmes
01:02:35pour un homme
01:02:36c'est à dire
01:02:36une envie de dormir
01:02:37une frilosité
01:02:39une envie de manger
01:02:40des lucreries
01:02:41une prise de poids
01:02:42qui s'aggrave
01:02:43jusqu'à ce qu'on arrive
01:02:44au solstice d'hiver
01:02:45c'est à dire à Noël
01:02:46et qui guérit progressivement
01:02:48pour être totalement guérie
01:02:49à Pâques
01:02:50ça c'est quand même
01:02:51essentiellement les femmes
01:02:52il y a les dépressions
01:02:54post-partum
01:02:55le baby blues
01:02:56et puis il y a aussi
01:02:59des dépressions terribles
01:03:00parfois
01:03:01avant les règles
01:03:02vous savez qu'il y a
01:03:03beaucoup plus
01:03:04de tentatives de suicide
01:03:05et d'hospitalisation
01:03:06dans la semaine
01:03:07qui précède les règles
01:03:08par rapport à celles
01:03:09qui succèdent aux règles
01:03:10alors il y a des tas
01:03:11de raisons
01:03:11un peu compliquées
01:03:12à expliquer maintenant
01:03:13aussi brièvement
01:03:14mais c'est déjà
01:03:16des plus grosses raisons
01:03:17pour les femmes
01:03:18pour déprimées
01:03:19que évidemment
01:03:20les hommes n'ont pas
01:03:20les hommes n'ont pas
01:03:21de raisons spécifiques
01:03:22de déprimées
01:03:24pour moi
01:03:25j'aime beaucoup
01:03:26la médecine évolutionnée
01:03:28c'est-à-dire
01:03:28tous les symptômes
01:03:29ont un sens
01:03:29et en fait
01:03:31notamment la dépression
01:03:32qui démarre
01:03:34au moment de l'ovulation
01:03:35à J14
01:03:35c'est en fait
01:03:37un ralentissement
01:03:38une somnolence
01:03:39et en fait
01:03:40c'est une bonne manière
01:03:40pour être enceinte
01:03:42pour accueillir l'œuf
01:03:43donc on peut dire
01:03:44que cette dépression-là
01:03:46qui est extrêmement pénible
01:03:47douloureuse
01:03:48qui peut mener parfois
01:03:49au suicide
01:03:49mais autrefois
01:03:51en fait le temps
01:03:51de Cro-Magnon
01:03:53elle avait un sens
01:03:54parce qu'elle mettait
01:03:55les femmes
01:03:55en position
01:03:56de se reproduire
01:03:58et oui
01:03:58et d'ailleurs
01:03:59pour élargir
01:04:00le propos
01:04:03la clinique
01:04:04psychosomatique
01:04:05est très
01:04:06très publiée
01:04:07c'est-à-dire que
01:04:09mon corps
01:04:10me parle
01:04:11de ma santé mentale
01:04:12vous le savez bien
01:04:12moi je prends toujours
01:04:13des exemples simples
01:04:14pour être clair
01:04:15si j'ai mal au dos
01:04:16ça dit de moi
01:04:16ça me dit
01:04:17de quelle charge mentale
01:04:18je suis équipé
01:04:20si j'ai la gorge nouée
01:04:22ça dit de moi
01:04:23qu'est-ce qui m'empêche
01:04:24de parler
01:04:26si je sens
01:04:29que j'ai sans cesse
01:04:30des maux de tête
01:04:31ça dit de moi
01:04:32qu'est-ce qui me prend la tête
01:04:34qu'est-ce qui envahit ma tête
01:04:35notre corps
01:04:36nous parle
01:04:36de notre santé mentale
01:04:37en fait
01:04:38ce que nous pourrions dire
01:04:40pour être très simple
01:04:41le mot est un peu lourd
01:04:42c'est que
01:04:43observons-nous
01:04:43de manière holistique
01:04:45vous Brigitte
01:04:46et moi
01:04:46et chacun d'entre nous
01:04:47nous sommes un corps
01:04:48et un esprit
01:04:49et ça fonctionne
01:04:50dans les deux sens
01:04:51dans les deux sens
01:04:52absolument
01:04:52merci beaucoup Patrick Lemoyne
01:04:54c'était très intéressant
01:04:56et on va prendre soin de nous
01:04:58les femmes
01:04:59puisque nous sommes
01:05:00absolument
01:05:01heureusement
01:05:01on est là pour prendre soin de vous aussi
01:05:03mais absolument
01:05:04et les femmes prennent soin de nous
01:05:05parce que
01:05:06nous ne serions pas des hommes
01:05:07vraiment complets
01:05:08sans les femmes
01:05:09moi je suis persuadé
01:05:09que les femmes de ma vie
01:05:10ont fait de moi
01:05:11une partie de l'homme
01:05:12que je suis
01:05:13dans un instant
01:05:14on va en accueillir
01:05:15une femme
01:05:15et pas n'importe laquelle
01:05:16puisque c'est Macha Mery
01:05:17qui va nous rejoindre
01:05:18merci beaucoup Patrick Lemoyne
01:05:20je rappelle le titre
01:05:21de ce livre
01:05:22la santé psychique
01:05:23des écrivains
01:05:23et de leurs personnages
01:05:24c'est aux éditions
01:05:25Odile Jacob
01:05:27et puis
01:05:28dans un instant
01:05:29pourquoi les femmes
01:05:30font-elles semblant
01:05:31de jouir
01:05:31c'est notre sexe au conseil
01:05:32du jour
01:05:37et bien
01:05:38vous savez que j'aime bien
01:05:40mettre les pieds dans le plat
01:05:42de parler un peu
01:05:43de tout ce qui est tabou
01:05:44au sujet de la sexualité
01:05:46et justement
01:05:47ce sexe au conseil
01:05:48va un peu tordre le cou
01:05:49aussi à une idée reçue
01:05:51il ne faut pas que les femmes
01:05:52simulent
01:05:53et bien pourtant
01:05:53beaucoup de femmes
01:05:55simulent
01:05:55pourquoi font-elles
01:05:56semblant de jouir
01:05:57et c'est vrai
01:05:59qu'il y a certaines
01:05:59qui mériteraient un Oscar
01:06:00parce que franchement
01:06:02certaines sont
01:06:02c'est un vrai sujet
01:06:03la sexualité
01:06:03la santé mentale
01:06:04oui oui
01:06:05on pourrait faire une émission
01:06:06rien que là-dessus
01:06:07je suis bien d'accord
01:06:07avec vous
01:06:08bref
01:06:08toutes les femmes
01:06:09pratiquement
01:06:10ont un jour simulé
01:06:12celles qui disent que non
01:06:14je pense qu'elles mentent un peu
01:06:15mais enfin bon
01:06:16bref
01:06:16les raisons sont en tout cas
01:06:17très nombreuses
01:06:18la première
01:06:18c'est peut-être à cause
01:06:19de la fatigue
01:06:20on est un peu fatigué
01:06:21pour avoir un orgasme
01:06:22on n'a plus trop d'énergie
01:06:24pour expliquer pourquoi
01:06:25et comme on veut
01:06:26que ça se finisse très vite
01:06:27on simule
01:06:27et en général
01:06:28ça marche bien
01:06:29l'homme est ravi
01:06:30et tout le monde est content
01:06:31et on s'endort
01:06:32voilà
01:06:33parce qu'on est très fatigué
01:06:34et les hommes sont très crédules
01:06:36ça nous arrange
01:06:38et ça fonctionne comme ça
01:06:39depuis la nuit des temps
01:06:40ça c'est une première raison
01:06:41et puis de toute façon
01:06:43tous les signes de l'orgasme
01:06:44chez une femme
01:06:45ne sont pas évidents
01:06:46donc on peut toujours
01:06:47vous raconter des histoires
01:06:48bon c'est vrai
01:06:49il y a la respiration
01:06:50qui s'accélère
01:06:51il y a quelques spasmes
01:06:52mais tout ça c'est très facile
01:06:53à jouer
01:06:54quand on a un petit peu
01:06:55d'expérience
01:06:56alors par contre
01:06:58il est plus simple
01:06:59de faire semblant
01:07:01et c'est vrai
01:07:02qu'il y a aussi
01:07:03la raison
01:07:03de mentir par charité
01:07:05pour ne pas blesser
01:07:07parce qu'on vous aime bien
01:07:08et puis vous êtes tellement
01:07:09sensible sur ce point
01:07:10que parfois il vaut mieux
01:07:11faire semblant
01:07:12et puis c'est pas
01:07:13parce qu'il n'y a pas eu
01:07:15d'orgasme
01:07:15qu'on n'a pas aimé
01:07:16le rapport
01:07:17et c'est ça aussi
01:07:18qui est important
01:07:19on peut avoir
01:07:20vraiment beaucoup de plaisir
01:07:21sans forcément avoir
01:07:22un orgasme
01:07:23mais comme vous êtes
01:07:24totalement incrédule
01:07:25et que vous ne nous croyez pas
01:07:26quand on vous dit ça
01:07:27et bien là on vous dit
01:07:28qu'on a eu de la jouissance
01:07:29et puis voilà
01:07:30et puis on joue un peu
01:07:31sur le mot jouissance
01:07:32orgasme
01:07:32parce qu'après tout
01:07:33de la jouissance
01:07:34c'est un plaisir
01:07:35et puis pour certaines
01:07:37et ça c'est plus triste
01:07:39il y a des femmes
01:07:40qui n'arrivent vraiment pas
01:07:41à avoir un orgasme
01:07:42qui n'arrivent pas à jouir
01:07:43et donc c'est pour elles
01:07:44une preuve de leur incapacité
01:07:46à être une bonne amante
01:07:47donc elles préfèrent mentir
01:07:48et puis voilà
01:07:49et pourquoi pas
01:07:50après tout
01:07:51si ça leur fait du bien
01:07:53de faire comme ça
01:07:55moi je n'ai pas
01:07:56à juger
01:07:57je n'ai pas à dire
01:07:57voilà
01:07:58alors comment vous
01:07:59devez réagir vous
01:08:00les hommes
01:08:01et bien
01:08:02ne demandez pas
01:08:03si on a eu un orgasme
01:08:05faites semblant
01:08:05de nous croire
01:08:06ou pas
01:08:06parce que de toute façon
01:08:07on va nier en bloc
01:08:08si on a menti
01:08:08on ne va pas mettre
01:08:10les pieds dans le tapis
01:08:11mais par contre
01:08:12demandez ce qu'on a
01:08:13le plus apprécié
01:08:15demandez ce qui pourrait
01:08:15nous faire plaisir
01:08:17communiquez sur
01:08:18ce qui pourrait
01:08:19être encore mieux
01:08:19et peut-être
01:08:20qu'à ce moment-là
01:08:21la prochaine fois
01:08:22on aura réellement
01:08:23un orgasme
01:08:24voilà
01:08:25je note que
01:08:28la santé mentale
01:08:29parlons-en
01:08:30nous avons comme slogan
01:08:31et alors là
01:08:32sur la sexualité
01:08:34je ne suis pas sûr
01:08:35que toutes les femmes
01:08:36puissent parler
01:08:38avec tellement
01:08:38de liberté
01:08:41de ce que vous venez
01:08:43d'évoquer
01:08:45c'est-à-dire
01:08:46la jouissance
01:08:47de la femme
01:08:48et pour les hommes
01:08:49si je me place
01:08:50de mon point de vue
01:08:51je pense qu'il nous faut
01:08:52beaucoup d'humilité
01:08:53parce qu'on passe
01:08:53toute une période
01:08:54de notre vie
01:08:55vous savez qu'il y a des hommes
01:08:56qui simulent aussi
01:08:56oui bien sûr
01:08:58on passe nous
01:08:58toute une période
01:08:59de notre vie
01:08:59à être un peu
01:09:00dans la recherche
01:09:01de la performance
01:09:02vous savez
01:09:02comme on a été levé
01:09:03tu tombes
01:09:04tu ne pleures pas
01:09:04il faut faire jouir
01:09:05machin
01:09:06et puis en fait
01:09:07ce sont les femmes
01:09:08qui nous apprennent
01:09:09les femmes nous apprennent
01:09:11vous nous apprenez
01:09:12aussi
01:09:12au fil des années
01:09:13je voudrais juste rappeler
01:09:15qu'il vous reste quelques minutes
01:09:15pour peut-être gagner
01:09:16ce coffret
01:09:19de la marque
01:09:20Passage du Désir
01:09:21et qu'il faut envoyer
01:09:22un SMS
01:09:23au 72018
01:09:24vous envoyez Brigitte
01:09:25alors comme on accueille
01:09:26Macha Meryl
01:09:27qui est une femme
01:09:28d'expérience
01:09:29et qui est une femme
01:09:31qui aime
01:09:33la sensualité
01:09:34la sexualité
01:09:34vous aviez écrit
01:09:35un livre
01:09:36d'ailleurs remarquable
01:09:37il y a déjà
01:09:38une petite
01:09:38qu'est-ce que vous pensez
01:09:39de ce sexe au conseil
01:09:41qu'est-ce que vous avez envie
01:09:42de dire vous
01:09:42alors justement
01:09:43je suis très intéressée
01:09:44parce que je pense
01:09:45que l'orgasme féminin
01:09:46est beaucoup plus profond
01:09:48et plus compliqué
01:09:49que l'orgasme masculin
01:09:50parce que
01:09:51pour les hommes
01:09:52c'est très simple
01:09:52il y a la semence
01:09:53qui sort
01:09:54et puis bon
01:09:55pour les femmes
01:09:56c'est toute une autre affaire
01:09:57c'est-à-dire
01:09:58qu'il y a plusieurs parties
01:09:59du corps
01:09:59qui répondent
01:10:00et puis
01:10:01il y a aussi
01:10:04que franchement
01:10:04on a envie
01:10:05de lui faire plaisir
01:10:06on a envie
01:10:06je pense que
01:10:07celle qui simule
01:10:08c'est pas pour se débarrasser
01:10:10du mec
01:10:10pour dire bon allez hop
01:10:11parce qu'il n'y arrive pas
01:10:12donc et moi non plus
01:10:13c'est pas ça
01:10:14c'est aussi
01:10:15une forme de sociabilité
01:10:17c'est gentil
01:10:19c'est aussi pour
01:10:20dire on reprendra ça
01:10:22la prochaine fois
01:10:23on va recommencer
01:10:24je trouve qu'il y a
01:10:25de la tolérance
01:10:26dans cette simulation
01:10:28de la générosité
01:10:29de la gentillesse
01:10:30voilà
01:10:30bon alors cela dit
01:10:31comme vous avez dit
01:10:32j'ai connu des mecs
01:10:33qui simulent
01:10:34parce que moi j'avais
01:10:35j'ai eu un partenaire
01:10:36qui était
01:10:37alors vraiment
01:10:38un prix à pic
01:10:40c'est-à-dire un homme
01:10:41qui vraiment avait besoin
01:10:42qui baisait trois femmes
01:10:44par jour
01:10:44c'est une maladie
01:10:45c'est un truc
01:10:46sauf qu'il n'y arrivait pas
01:10:47chaque fois
01:10:48parce que je pense
01:10:49que son organisme
01:10:51ne répondait pas
01:10:52aussi efficacement
01:10:54chaque fois
01:10:55et moi je l'ai surpris
01:10:56en train de
01:10:57de simuler
01:10:58avec moi
01:10:58et je lui ai dit
01:11:00alors
01:11:01c'est très juste
01:11:01ce que vous disiez
01:11:02M. Meyran
01:11:03c'est que
01:11:05il y a aussi
01:11:06la conversation
01:11:07comment est-ce qu'on
01:11:08parle de tout ça
01:11:09entre un homme
01:11:10et une femme
01:11:10c'est ça qui a
01:11:11beaucoup évolué
01:11:12je dirais
01:11:13grâce au ciel
01:11:14pas pour tout le monde
01:11:15parce que
01:11:16je pense que les jeunes
01:11:17j'espère qu'on va
01:11:18parler de ça aussi
01:11:18ils sont un peu
01:11:20en ce moment
01:11:21troublés
01:11:22par la pornographie
01:11:24c'est-à-dire
01:11:24la pornographie
01:11:25les emmène
01:11:26dans un terrain
01:11:27terrible
01:11:27qui ne les empêche
01:11:29d'adoucir
01:11:31la relation
01:11:32c'est que les mecs
01:11:33les jeunes garçons
01:11:34ils y voient ça
01:11:35et ils se disent
01:11:35je ne serai jamais
01:11:36à la hauteur
01:11:37alors que
01:11:38ce n'est pas du tout
01:11:38de ça qu'il s'agit
01:11:39pareil pour les femmes
01:11:40elles voient ça
01:11:40elles se disent
01:11:40comment je vais faire
01:11:41pour être à la hauteur
01:11:42moi je n'ai pas
01:11:42des gros seins comme ça
01:11:43je ne sais pas faire ça
01:11:44c'est épouvantable ça
01:11:45alors que
01:11:46ma génération
01:11:47puisque nous
01:11:48qui avons fait 68
01:11:49et qui avons changé le monde
01:11:51surtout
01:11:51depuis 66
01:11:53c'est-à-dire
01:11:53l'arrivée
01:11:54de la pilule
01:11:55qui a modifié
01:11:57le monde
01:11:57à partir du moment
01:11:58où la femme
01:11:59maîtrise la procréation
01:12:00nous étions
01:12:01maîtresses
01:12:02du sexe
01:12:03maîtresses
01:12:03du plaisir
01:12:04enfin maîtresse
01:12:05de notre corps
01:12:06surtout
01:12:06et de notre corps
01:12:07et aussi
01:12:08de la curiosité
01:12:10de pouvoir en parler
01:12:11alors justement
01:12:12Masha Meryl
01:12:13je suis ravie
01:12:14de vous recevoir
01:12:14parce que
01:12:15j'ai été voir
01:12:15cette pièce magnifique
01:12:17où vous êtes
01:12:18Georges Sand
01:12:19je dis vous êtes
01:12:20parce qu'on vous voit
01:12:22comme si vous étiez
01:12:23vraiment Georges Sand
01:12:24tellement vous l'habitez
01:12:25ce personnage
01:12:26vous jouez
01:12:27ce Georges Sand
01:12:29alors le titre
01:12:31du spectacle
01:12:32c'est
01:12:32Sand Chopin
01:12:34et il y a
01:12:35à côté de vous
01:12:36ce magnifique
01:12:39pianiste
01:12:41Eric Berchot
01:12:42qui joue
01:12:43Chopin
01:12:44pendant que vous
01:12:44vous dites
01:12:45des textes
01:12:46de Georges Sand
01:12:47donc ça c'est
01:12:48vraiment magnifique
01:12:49et je conseille
01:12:50ceux qui nous écoutent
01:12:51d'aller vous voir
01:12:51c'est au théâtre
01:12:52vert de poche
01:12:53à Montparnasse
01:12:56et c'est donc
01:12:58ça c'est vraiment chouette
01:13:00et puis vous avez écrit
01:13:01deux livres aussi
01:13:02enfin vous êtes
01:13:04vous présentez aussi
01:13:05deux livres
01:13:05un que vous avez écrit
01:13:06où vous parlez
01:13:07de la mort de votre sœur
01:13:10de votre grande sœur
01:13:11plus âgée
01:13:12Je marche vers elle
01:13:14c'est aux éditions
01:13:15Alba Michel
01:13:15Didier Mellerand
01:13:16c'est un livre
01:13:17que je vais vous offrir
01:13:18parce que je pense
01:13:19que ça vous intéressera
01:13:20on parlait tout à l'heure
01:13:21du journal intime
01:13:23écrire sur la mort
01:13:24de votre sœur
01:13:25je pense que ça a été
01:13:26une manière
01:13:27d'aller mieux
01:13:28de me réconcilier
01:13:30avec la mort
01:13:30moi-même
01:13:31et surtout
01:13:31elle m'a emmenée
01:13:32avec elle
01:13:33on n'a jamais parlé
01:13:34de la mort
01:13:34mais dans ces six
01:13:36dernières semaines
01:13:36que j'ai passé auprès d'elle
01:13:38je savais qu'elle partait
01:13:39elle savait qu'elle partait
01:13:40et ensemble
01:13:41on a fait ce cheminement
01:13:42je l'avais déjà fait une fois
01:13:44avec Michel Legrand
01:13:45avec mon mari
01:13:46mais seulement
01:13:47c'était pas la même chose
01:13:48parce que nous n'avions pas
01:13:49vécu autant d'années ensemble
01:13:51ma sœur
01:13:52j'ai vécu 80 ans avec elle
01:13:53j'ai 86 ans
01:13:54elle avait 10 ans
01:13:55de plus que moi
01:13:56donc c'était un chemin
01:13:59que je lui
01:14:00j'oublierai jamais
01:14:01parce que c'est
01:14:02tout d'un coup
01:14:03elle a tout renversé
01:14:03c'est-à-dire qu'au lieu
01:14:04de penser que la mort
01:14:06est une fin
01:14:09elle m'a laissé comprendre
01:14:10que c'était le début
01:14:11de quelque chose
01:14:12le début
01:14:12d'une relation avec elle
01:14:14et de la fin
01:14:15de la peur
01:14:16de la mort
01:14:16la mort c'est un passage
01:14:17c'est pas grave
01:14:18c'est pas grave
01:14:18ce qu'il faut
01:14:19je vais vous dire une phrase
01:14:20de Georges Sand
01:14:21je ne suis pas de ceux
01:14:22qui croient que les choses
01:14:24se résolvent en ce monde
01:14:25elles ne font peut-être
01:14:26qu'y commencer
01:14:27et à coup sûr
01:14:29elles n'y finissent point
01:14:30cette vie d'ici bas
01:14:32est un voile
01:14:33que la souffrance
01:14:34et la maladie
01:14:34rendent plus épais
01:14:35à certaines âmes
01:14:36qui ne se soulèvent
01:14:38que par moment
01:14:38pour les organisations
01:14:40les plus solides
01:14:41et que la mort
01:14:44déchire
01:14:44pour tous
01:14:45alors moi je suis ravie
01:14:47de ce que vous venez
01:14:48de dire
01:14:49Masha Merrill
01:14:50parce que Didier Emelrand
01:14:51qui fait donc
01:14:51qui organise ce forum
01:14:54sur la santé mentale
01:14:55je crois que la notion
01:14:57de la mort
01:14:57chez l'être humain
01:14:58elle est très présente
01:15:00même si elle est
01:15:01très inconsciente
01:15:02et je pense que
01:15:03ça joue beaucoup
01:15:04dans la santé mentale
01:15:05justement
01:15:06notre rapport
01:15:07à la mort
01:15:07et c'est bien
01:15:09que des gens
01:15:10comme vous
01:15:11Masha Merrill
01:15:11puissent dire ces choses
01:15:12magnifiques
01:15:13parce que ça montre bien
01:15:13que votre santé mentale
01:15:14va bien
01:15:15oui
01:15:16et puis Masha Merrill
01:15:16appuie et nous éclaire
01:15:18sur notre mortalité
01:15:20c'est à dire que
01:15:21notre mortalité
01:15:23elle est dans notre vie
01:15:25c'est un grand événement
01:15:26de la vie
01:15:27c'est un grand événement
01:15:28de la vie
01:15:28et rien ne sert
01:15:30et la mort
01:15:31et rien ne sert
01:15:32de courir
01:15:34de courir
01:15:34ou de dénier
01:15:35elle nous rattrapera
01:15:36mais surtout de la déni
01:15:37c'est ça le déni
01:15:38le déni
01:15:38de l'ignorer
01:15:39ou de faire
01:15:40comme si c'était
01:15:41une chose un petit peu sombre
01:15:42et un peu moche
01:15:43qu'il faut cacher
01:15:44qu'il ne faut surtout pas affronter
01:15:45non
01:15:46non seulement il faut l'affronter
01:15:47mais il faut peut-être
01:15:48alors il y a les croyants
01:15:49moi je ne suis pas croyante
01:15:50ceux qui sont croyants
01:15:52on résout le problème
01:15:53parce qu'ils pensent
01:15:53que c'est le paradis
01:15:54c'est mieux là-bas
01:15:55tout ça
01:15:55il y a l'enfer aussi
01:15:57mais au moins il fait chaud là-bas
01:16:00ça c'est une bonne version
01:16:01c'est au sud
01:16:03l'enfer
01:16:03non
01:16:04mais
01:16:05à part ces visions
01:16:07qui sont des visions
01:16:08un peu simplistes
01:16:09que donnent les religions
01:16:10je pense que
01:16:13cette échéance
01:16:14est une échéance
01:16:15qu'il faut aller
01:16:17affronter
01:16:17avec gourmandise
01:16:18c'est terrible
01:16:19ce que je vous dis
01:16:20mais moi je suis curieuse
01:16:21de ma propre mort
01:16:22je suis curieuse
01:16:23surtout des dernières années
01:16:24j'espère qu'on va parler
01:16:25de ça Brigitte
01:16:25de la vieillesse
01:16:27la vieillesse
01:16:28c'est formidable
01:16:29parce que c'est une apothéose
01:16:31c'est le moment
01:16:31où on a toutes ces consciences-là
01:16:33qui s'éveillent
01:16:34qui sont de plus en plus aiguisées
01:16:35c'est formidable
01:16:36quand on a su
01:16:37tirer profit
01:16:38de toute l'expérience
01:16:39de sa vie
01:16:40et je suis d'accord
01:16:42vous êtes une femme
01:16:43une vieille femme formidable
01:16:45et très jeune
01:16:46en fait
01:16:46j'ai envie de dire
01:16:47mais Didier Mellerand
01:16:48qui travaille beaucoup
01:16:50pour la santé mentale
01:16:51malheureusement
01:16:52tout le monde
01:16:53n'a pas cette chance
01:16:54de faire
01:16:55de cette
01:16:56toute humilité
01:16:58vous avez bien sûr
01:17:00préservé
01:17:01mais vous êtes une femme
01:17:01d'exception
01:17:02toutes les femmes
01:17:03n'ont pas cette capacité-là
01:17:06à appréhender le monde
01:17:08à s'éveiller à la culture
01:17:09tout ce qui vous nourrit
01:17:10tout ce qui fait ce regard
01:17:12et votre posture
01:17:12ce que vous dites là
01:17:13c'est la conscience
01:17:14et la conscience
01:17:14c'est un apporté de tout le monde
01:17:17moi je crois qu'on n'est pas tous
01:17:18surtout si on écoute des personnes
01:17:19comme Brigitte et moi
01:17:20et oui
01:17:21mais faut-il encore y avoir accès
01:17:22moi je pense
01:17:24d'où je viens
01:17:24dans mon milieu modeste
01:17:26tout le monde n'a pas accès
01:17:28à la culture
01:17:29à l'éducation
01:17:30vous voyez
01:17:31toutes ces chaînes en boucle
01:17:32ouvrir des livres
01:17:33et ouvrir des cinémas
01:17:35elle est au cinéma
01:17:36je m'excuse
01:17:36c'est sans
01:17:37je suis de votre avis
01:17:39mais dans la plupart
01:17:40des villages
01:17:41où nous allons
01:17:42à travers la France
01:17:43pour les consultations citoyennes
01:17:44sur la santé mentale
01:17:45j'en vois
01:17:46je vois des familles
01:17:47où des chaînes de télévision
01:17:48tournent en boucle
01:17:49et rappellent
01:17:50et ressassent
01:17:51sans cesse
01:17:52les mêmes peurs
01:17:52à envahir
01:17:53les consciences
01:17:54avec des clichés
01:17:55qui finalement
01:17:56ne font pas des êtres
01:17:58ouverts au monde
01:17:59alors je suis désolé
01:18:00ils s'enferment
01:18:01dans l'ignorance
01:18:02on peut s'enfermer
01:18:03dans l'ignorance
01:18:03comme on peut aussi
01:18:04s'ouvrir à la connaissance
01:18:06vous savez moi
01:18:07quand j'ai créé
01:18:07ma association
01:18:08je voulais parler
01:18:09de cette auditrice
01:18:11que vous avez eue
01:18:11la Coralie
01:18:12c'est extraordinaire
01:18:14parce que
01:18:14quand j'ai créé
01:18:15les cinquantièmes jubilantes
01:18:16vous étiez à 25 ans
01:18:18j'avais 50 ans
01:18:19j'avais 50 ans
01:18:20et avec les actrices
01:18:21de 50 ans
01:18:22on a décidé de se réunir
01:18:23il y avait
01:18:23Anna Karina
01:18:26Alexandra
01:18:27Stewart
01:18:29pauvre
01:18:29elles sont toutes
01:18:31plus
01:18:31de ce monde
01:18:32c'est terrible
01:18:32et on a décidé
01:18:34de se dire
01:18:34mais pourquoi
01:18:34est-ce que les femmes
01:18:35de 50 ans
01:18:35ne sont plus désirables
01:18:37c'est pas vrai
01:18:38nous sommes archi désirables
01:18:39à partir du moment
01:18:41où on le décide
01:18:42à partir du moment
01:18:42où on s'impose
01:18:45on est tous descendus
01:18:46au Festival de Cannes
01:18:47avec des films
01:18:47maillot rayés
01:18:48comme dans les films
01:18:48de la Nouvelle Vague
01:18:49il y avait 300 journalistes
01:18:51qui nous attendaient
01:18:52à la place du Carlton
01:18:53et donc
01:18:54à partir de ce jour-là
01:18:55moi j'ai pris conscience
01:18:56c'est moi qui ai trouvé
01:18:57le mot
01:18:59les cinquantièmes jubilantes
01:19:01c'est-à-dire la joie
01:19:03la jouissance
01:19:056000 lettres
01:19:06j'ai reçues
01:19:06aujourd'hui
01:19:06ce seraient les réseaux sociaux
01:19:07je ne sais pas combien
01:19:08de followers
01:19:09c'est un autre système
01:19:10mais j'aime beaucoup mieux
01:19:11avoir reçu des lettres
01:19:12parce que les gens
01:19:12qui donnent le mal
01:19:13d'écrire une lettre
01:19:14qui m'envoyaient
01:19:15des photos d'elle
01:19:15alors il y avait une
01:19:16qui était plaquée
01:19:17par son mari
01:19:18qui me montrait
01:19:18une photo d'elle
01:19:19en maillot de bain
01:19:19au bord de la piscine
01:19:20en me disant
01:19:20je suis encore belle
01:19:21qu'est-ce que
01:19:22sans méchance
01:19:23une autre qui voulait
01:19:24faire un métier
01:19:24qu'elle n'avait pas réussi
01:19:25à faire quand elle était jeune
01:19:26qui voulait être coiffeuse
01:19:27une autre qui voulait
01:19:27être chanteuse
01:19:28c'est-à-dire que
01:19:29c'est exactement
01:19:30la vieillesse
01:19:31le début de la vieillesse
01:19:32c'est 50 ans
01:19:33quand les enfants sont grands
01:19:34quand ils quittent la maison
01:19:36et que tu fais
01:19:38autre chose
01:19:39tu mènes
01:19:39une autre vie
01:19:41le fameux second printemps
01:19:43et c'est passionnant
01:19:45parce qu'en plus
01:19:46on se rappelle
01:19:47qu'on ne sait rien
01:19:48et qu'on a besoin
01:19:49de ce sens
01:19:50on va faire une petite pause
01:19:52on va se retrouver
01:19:52dans un instant
01:19:53et on va continuer
01:19:54Didier Mellrand
01:19:55Macha Meryl
01:19:55j'ai l'impression
01:19:56que vous avez
01:19:56beaucoup de choses
01:19:57à vous dire
01:19:57donc on va vous redonner
01:19:58la parole dans un instant
01:20:0114h-16h
01:20:02Brigitte Laé
01:20:03Sud Radio
01:20:04on est avec
01:20:05Didier Mellrand
01:20:06je précise que
01:20:07à partir de demain
01:20:08vous organisez
01:20:09au palais des festivals
01:20:10de Cannes
01:20:11le forum sur la santé mentale
01:20:13vous êtes également
01:20:13l'auteur de ce grand livre
01:20:15bleu, blanc, rouge
01:20:17de la santé mentale
01:20:18et nous sommes aussi
01:20:19avec Macha Meryl
01:20:20toujours aussi
01:20:21pleine de jouissance
01:20:23j'ai envie de dire
01:20:24oui oui oui
01:20:25ça va
01:20:25c'est le plus beau mot
01:20:28de la langue française
01:20:29jouir
01:20:29c'est vrai
01:20:30il y a quatre voyelles
01:20:31c'est magnifique
01:20:32et en tout cas
01:20:33vous avez une actualité
01:20:36extraordinaire
01:20:37il y a cette pièce
01:20:38au théâtre de poche
01:20:39Sande Chopin
01:20:40qui est vraiment magnifique
01:20:41je vous conseille
01:20:42d'y aller avec
01:20:43Eric Berchot
01:20:44ce pianiste
01:20:46vous êtes aussi
01:20:47l'autrice de ce livre
01:20:48Je marche vers elle
01:20:49aux éditions
01:20:50Alba Michel
01:20:50où vous parlez
01:20:51de la mort de votre soeur
01:20:53on en a parlé
01:20:53il y a un instant
01:20:54et puis il y a ce livre
01:20:56de photos
01:20:57que j'ai regardé
01:20:59alors je viens de le recevoir
01:21:00donc j'ai pas eu le temps
01:21:01de lire
01:21:01mais
01:21:02Macha Meryl
01:21:03l'homme de Naples
01:21:04alors d'abord
01:21:05vous êtes très belle
01:21:06mais vous étiez
01:21:08aussi très très belle
01:21:09quand vous étiez jeune
01:21:11et à l'époque
01:21:12des photos de nus
01:21:13c'était pas si fréquent
01:21:14quand même
01:21:15alors c'est des photos
01:21:16qu'il a fait
01:21:16j'ai eu cette liaison
01:21:18avec un grand photographe
01:21:19qui n'était pas un photographe
01:21:20d'actrice
01:21:20ou de femme
01:21:21c'était un photojournaliste
01:21:23il photographiait
01:21:24les guerres
01:21:24les tremblements de terre
01:21:25les magnifiques
01:21:27et
01:21:28il avait tout le temps
01:21:29son Leica autour du cou
01:21:30il me photographiait
01:21:31sans arrêt
01:21:31ça me cassait les pieds
01:21:32je peux pas vous dire
01:21:33parce que moi je suis actrice
01:21:34donc il faut quand même
01:21:35que je sois un peu préparée
01:21:36pour faire des photos
01:21:36non
01:21:37et bien
01:21:39quand des années après
01:21:40on m'a envoyé
01:21:41toutes ces photos
01:21:42je les ai trouvées magnifiques
01:21:43vous êtes magnifiques
01:21:44oui
01:21:44parce que c'est des photos
01:21:46de photographes
01:21:47c'est-à-dire
01:21:47c'est son point de vue
01:21:48et lui
01:21:49c'est très intéressant
01:21:50parce que ça explique
01:21:51comment les hommes
01:21:52n'arrivent pas
01:21:53à percer la féminité
01:21:55ils n'arrivent pas
01:21:56à comprendre
01:21:57qu'est-ce que c'est
01:21:57qu'est-ce qu'il envoûtait
01:21:58c'est mon histoire sexuelle
01:22:00la plus importante
01:22:01de ma vie
01:22:01et pourtant
01:22:03je voudrais aussi dire
01:22:05un petit mot là-dessus
01:22:06que le cliché
01:22:07qui circule
01:22:08sur les types
01:22:08qui soi-disant
01:22:09sont des bons coups
01:22:12comme on dit
01:22:13c'est faux
01:22:14il n'y a que
01:22:14mes meilleures histoires
01:22:16étaient avec des intellectuels
01:22:17avec des types
01:22:18qui n'étaient pas forcément
01:22:18des beaux garçons
01:22:19mais qui sont intéressés
01:22:21par la femme
01:22:22ça c'est toute la différence
01:22:24quand il y a celui
01:22:25qui veut faire
01:22:25une performance
01:22:27et bien celui-là
01:22:27il se lasse fatiguement
01:22:29rapidement
01:22:29et il se fatigue
01:22:30tandis que les hommes
01:22:31qui sont véritablement
01:22:32intéressés
01:22:33par la féminité
01:22:34ceux-là
01:22:35sont intéressés
01:22:36par l'amour aussi
01:22:37c'est cette histoire
01:22:38que j'ai voulu raconter
01:22:39à travers ces photos
01:22:40parce que ça m'a
01:22:41ça m'a rendu perplexe
01:22:42pourquoi
01:22:43cette histoire d'amour
01:22:44qui ne marchait pas
01:22:45qui est une histoire
01:22:46qui n'a pas abouti
01:22:47qui a duré 5 ans
01:22:48mais on se quittait
01:22:49on se remettait
01:22:50on se quittait
01:22:50on se remettait
01:22:51parce que ça ne marchait pas
01:22:52on n'était pas du tout
01:22:53fait l'un pour l'autre
01:22:53mais néanmoins
01:22:54j'ai vécu cette grande histoire
01:22:56avec un homme
01:22:57qui
01:22:57m'a aimé
01:23:00mais aimé
01:23:00de toutes ses forces
01:23:02en tant que femme
01:23:03en tant que femme
01:23:04en tout cas
01:23:05les photos sont magnifiques
01:23:06vous avez pu le feuilleter
01:23:07Didier Mellrand
01:23:09Macha Meryl
01:23:10l'homme de Naples
01:23:11c'est aux éditions
01:23:12l'archipel
01:23:13Macha Meryl
01:23:14vous avez
01:23:15une énergie
01:23:17qui est extraordinaire
01:23:18aujourd'hui
01:23:18on a beaucoup parlé
01:23:20de santé mentale
01:23:21avec Didier
01:23:21on a écouté
01:23:22des témoignages
01:23:24qui sont
01:23:25qui sont parfois difficiles
01:23:27quel serait
01:23:28à votre avis
01:23:30parce que vous avez
01:23:30quand même
01:23:31vous aussi
01:23:31eu une enfance
01:23:32pas si simple que ça
01:23:33immigré russe
01:23:35dans des années
01:23:36pas si simples
01:23:37etc
01:23:38à votre avis
01:23:38quel est votre secret
01:23:39quel secret
01:23:41vous pouvez dire
01:23:42et Didier
01:23:42je vous proposerai
01:23:43de réagir
01:23:45la curiosité
01:23:47oui
01:23:47quand la vie
01:23:48me fait un signe
01:23:50j'y vais
01:23:50donc c'est pas peur
01:23:52est-ce qu'on pourrait dire
01:23:52que c'est
01:23:53oui pas peur
01:23:53ça c'est sûr
01:23:54mais c'est aussi
01:23:55que vous avez gardé
01:23:55votre âme d'enfant
01:23:56pourrait-on dire
01:23:57probablement
01:23:58et d'ailleurs
01:23:58à propos de Georges Sand
01:23:59pourquoi c'est tellement bien
01:24:01ce que je fais là
01:24:02c'est parce que j'adhère
01:24:03à ce qu'elle dit
01:24:03que j'ai une immense admiration
01:24:06pour Georges Sand
01:24:07je crois que le fondement
01:24:09de la vie
01:24:10c'est commencer par admirer
01:24:12des personnes
01:24:13des livres
01:24:14des oeuvres
01:24:15des tableaux
01:24:16avoir des héros
01:24:18on manque de héros
01:24:19alors attendez
01:24:20attendez
01:24:20c'est un peu plus tordu
01:24:22le héros
01:24:22parce que le héros
01:24:23ça peut être aussi
01:24:24une échappatoire
01:24:24c'est aussi
01:24:26on désigne quelqu'un
01:24:27qui va sauver le monde
01:24:28non
01:24:29moi je dis
01:24:29qu'il faut cultiver
01:24:31la beauté
01:24:33et la franchise
01:24:34moi je suis tout à fait
01:24:36capable de sentir
01:24:37quand je lis un livre
01:24:38ou quand je regarde un film
01:24:39quand le type qui fait ça
01:24:40est franc ou pas
01:24:41les artistes
01:24:43faiseurs
01:24:43Michel Legrand
01:24:44il appelait ça
01:24:45les faux bonnayeurs
01:24:46on est envahi
01:24:47de faux bonnayeurs
01:24:48de gens qui savent faire
01:24:49qui savent écrire
01:24:49qui savent parler
01:24:51et qui savent te filmer
01:24:52des films
01:24:53épétus
01:24:54c'est pas vrai
01:24:54et ils te trompent
01:24:56ils te dupent
01:24:56donc peut-être
01:24:59pour arriver
01:25:00à une certaine sérénité
01:25:01il faut être capable
01:25:02de détecter ça
01:25:03la curiosité
01:25:04je vous rejoins
01:25:05ma chamele là-dessus
01:25:06une des recettes
01:25:07pour être en bonne santé mentale
01:25:08c'est de rester en éveil
01:25:10d'être curieux
01:25:11et aussi
01:25:13deux choses
01:25:13très simples
01:25:14je l'ai dit tout à l'heure
01:25:17sentir l'air
01:25:18que l'on respire
01:25:19et savoir remplir
01:25:20ses poumons
01:25:21en le percevant
01:25:22vous regarder
01:25:23vous regarder
01:25:24et être dans
01:25:26votre regard
01:25:27vous sentir
01:25:28être dans le regard
01:25:30c'est-à-dire
01:25:30entre
01:25:31personnes vivantes
01:25:33vous regarder
01:25:34sourire
01:25:35capter
01:25:36la lumière
01:25:37sortir
01:25:38entendre un oiseau
01:25:39des choses
01:25:39simples
01:25:40et rester en éveil
01:25:41et curieux
01:25:42de soi
01:25:43et de l'autre
01:25:44en fait l'autre
01:25:45nous apprend beaucoup
01:25:46moi je crois
01:25:47mais en même temps
01:25:48pas tout écouter
01:25:49parce qu'il y a des gens
01:25:50qui vous trompent
01:25:51il faut les détecter
01:25:54il faut avoir l'oreille
01:25:54pour déceler
01:25:56mais tout le monde
01:25:57n'a pas la chance
01:25:58d'être aiguisé
01:25:59vous et moi
01:26:00on a des spécificités
01:26:02vous savez
01:26:03qu'est-ce qui donne la clé
01:26:04c'est le savoir
01:26:05c'est la culture
01:26:06donc quand vous me dites
01:26:07il y a des femmes
01:26:08qui sont comme ça
01:26:09enfermées dans les provinces
01:26:11elles ont qu'à
01:26:11ouvrir des bouquins
01:26:12elles ont qu'à
01:26:13s'ouvrir à la culture
01:26:15parce que
01:26:15c'est pas facile
01:26:16quand les personnes
01:26:17sont enfermées
01:26:18par des boucles d'infos
01:26:20ou par des traditions
01:26:21ou par des croyances
01:26:21parce que c'est commode
01:26:22parce qu'elles s'enferment
01:26:23parce que c'est là
01:26:24et se libérer
01:26:25c'est pas facile
01:26:26pour toutes les femmes
01:26:26mais je suis d'accord avec vous
01:26:27dans l'idéal
01:26:28c'est ce qu'il faudrait
01:26:29et la curiosité
01:26:31c'est aussi quelque chose
01:26:32qui s'apprend
01:26:33par la maladie psychique
01:26:34moi je le disais tout à l'heure
01:26:35mon frère
01:26:36qui a un trouble schizophrénique
01:26:37il m'a appris
01:26:39à être curieux
01:26:39parce qu'il n'y avait
01:26:40pas 36 solutions
01:26:41soit c'était le rejet
01:26:43soit il fallait
01:26:44que j'apprenne
01:26:45comment il vivait
01:26:46comment il percevait l'autre
01:26:47comment il faisait
01:26:48avec toutes ses voix
01:26:48dans sa tête
01:26:50plus tard
01:26:50quand j'ai été journaliste
01:26:52et même maintenant
01:26:53quand je reçois mes invités
01:26:54quand on me met
01:26:55le casque sur les oreilles
01:26:56et que je pose mes mains
01:26:57là sur la table
01:26:58je me dis toujours
01:26:59je sais pas comment vous faites
01:27:00vous Brigitte
01:27:00j'ai 35-45 secondes
01:27:02pour me dire
01:27:03à qui j'ai affaire
01:27:04que je reçoive
01:27:05le patron de Danone
01:27:06ou le patron de Michel-Eauard-Leclerc
01:27:08ou que je reçoive
01:27:09Emmanuel Macron
01:27:09peu importe
01:27:10ça vaut pour tout le monde
01:27:11je suis bien d'accord
01:27:13pendant le généris
01:27:15dans le casque
01:27:16je me dis
01:27:17à qui j'ai affaire
01:27:19et ça
01:27:20cette curiosité là
01:27:21il faut qu'on la déploie
01:27:22j'ajouterais peut-être
01:27:23puisque vous m'avez interpellé
01:27:25et que j'écoute
01:27:26moi tous les jours
01:27:26quelqu'un que je ne connais pas
01:27:28et il faut tout de suite
01:27:29que je sente
01:27:29et bien je me fais confiance
01:27:31et je crois que c'est peut-être ça
01:27:32elle, c'est différent
01:27:33elle est un peu médium
01:27:34elle sent les trucs
01:27:35à distance
01:27:35absolument
01:27:36d'ailleurs je pense que vous n'auriez pas pu faire
01:27:39cette formidable émission
01:27:40que vous faites depuis si longtemps
01:27:41si vous n'aviez pas cet instinct formidable
01:27:44alors tout le monde n'a pas ça
01:27:45effectivement
01:27:45on peut se laisser embobiner
01:27:47et on est dans un monde
01:27:48avec la ultra consommation de tout
01:27:51tout est devenu une marchandise
01:27:53même l'amour est devenu une marchandise
01:27:55l'intox, info, où est la frange
01:27:56ah c'est très compliqué
01:27:57lorsque nous étions jeunes journalistes
01:27:59on avait une carte de presse
01:28:00on était formés à trier d'informations
01:28:02aujourd'hui il n'en déplaise aux influenceurs
01:28:04qui m'écoutent
01:28:05il y en a qui sont très brillants
01:28:06mais il y en a qui vous balancent
01:28:07de la mouise
01:28:08il y en a peu
01:28:09et qui vous donnent de l'intox
01:28:10à fil de toutes les journées
01:28:13et les personnes finissent par le croire
01:28:15attention, restez curieux
01:28:16ouvert à la culture et au monde
01:28:17tout ce qu'on vous dit
01:28:18n'est pas vraisemblablement vrai
01:28:20je suis désolée
01:28:21il faut que je rende l'antenne
01:28:22donc voilà
01:28:23mais c'était passionnant de vous écouter
01:28:25tous les deux
01:28:25et merci à vous d'exister
01:28:27Didier Mellerand
01:28:28pour qu'on avance
01:28:30sur cette question de santé mentale
01:28:32et allez
01:28:32si vous êtes à Cannes
01:28:34allez ce week-end voir
01:28:35ce forum sur la santé mentale
01:28:37et on fait le jeu
01:28:38que le prochain président
01:28:39va s'en saisir
01:28:39alors un petit mot
01:28:40sur la vie sexuelle
01:28:42de Georges Sand
01:28:43elle a été une femme
01:28:44qui a eu beaucoup d'amants
01:28:46et chaque fois
01:28:47elle avait l'impression
01:28:47qu'elle progressait
01:28:48de l'un à l'autre
01:28:49et elle ne s'est jamais remariée
01:28:51la première fois
01:28:51elle s'est mariée
01:28:52ça a été un flop épouvantable
01:28:53et après elle ne s'est plus jamais remariée
01:28:55merci d'exister
01:28:57Masha Meryl
01:28:58et bravo
01:28:59parce que ça donne
01:29:01beaucoup d'espoir
01:29:02à toutes les femmes
01:29:02qui nous écoutent
01:29:03on peut rester
01:29:04une femme désirable
01:29:06jusqu'au bout
01:29:07voilà
01:29:07c'était
01:29:08merci Brigitte
01:29:09très jolie émission
01:29:10merci à tous
01:29:11lundi on sera avec Sarah Barouk
01:29:13on va parler des violences sexuelles
01:29:15au sein du couple
01:29:16et tout de suite
01:29:17vous retrouvez
01:29:17Alexandre Delevan
01:29:18merci à tous
01:29:21merci à tous
01:29:22merci à tous

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