00:01Souvenirs.
00:04Je m'appelle Sophia, j'habite à Agnès et je suis une élève au lycée Renaud-Frey,
00:09en classe de première. Sur la poubelle, il y avait quelqu'un qui l'avait, comme on créait la
00:13Marseillaise, je l'ai pris. Après, je l'ai montré comme ça à toute la foule qui avait devant moi.
00:16Et donc, du coup, en même temps, on chantait la Marseillaise, tout en chœur et tout. Je l'ai
00:19hissé avec fierté à ce moment-là. Pour moi, c'est le meilleur moment de se réapproprier le drapeau
00:22français. Il est souvent associé à un parti ou bien à des idées patriotes. Moi, pour moi,
00:26je ne suis pas d'accord avec ça. Le message que je voulais faire passer, par exemple, à mes camarades,
00:30à ce moment-là, c'était que la République, c'était nous aussi, qu'on avait le droit d'être
00:34fiers.
00:34J'avais dans les commentaires des personnes qui disaient « notre nouvelle Marianne », comme ça,
00:38voilà, c'est toujours drôle un peu ou bien aussi ça fait plaisir. Il y a aussi dans la vraie
00:41vie,
00:41mes camarades qui m'appellent la Marianne parce que je suis, sauf que je suis quelqu'un qui lutte,
00:45qui aime bien militer pour ses droits. Du coup, avec cette image-là où je brandais le drapeau,
00:49ça rappelle le célèbre tableau sur la Révolution française. Je pense que, comme dans la Marianne,
00:54c'est une femme blanche, etc. Aujourd'hui, le fait que je sois associée à la Marianne en étant
00:59une jeune fille noire, je pense que ça montre aujourd'hui que la France, ce n'est pas ce qu
01:02'elle
01:02était en 1700. La France, elle évolue et je pense que c'est OK. Ceux qui ont dit, par exemple,
01:09qu'on ne sera jamais français ou quoi que ce soit, on ne cherche pas leur validation. A aucun moment,
01:13on a cherché leur validation. Moi, ce que j'aimerais leur dire, c'est qu'on est totalement légitime,
01:17que c'est le pays dans lequel on est nés. Aujourd'hui, notre avenir dépend d'un algorithme. Il y
01:20a des gens
01:21qui n'ont pas leur vœu alors qu'ils avaient peut-être les meilleures moyennes. Moi, je trouve ça désolant
01:25le fait que, par exemple, moi, je viens du 92, que je sois scolarisée dans le 92, que je peux
01:29avoir
01:29la meilleure moyenne de l'établissement et être moins classée par rapport à le pire élève d'Henri IV,
01:35par exemple. Moi, personnellement, ça me révolte, en tout cas, le fait qu'on soit mis sur le côté
01:41ou bien qu'on n'ait pas les mêmes chances de réussir alors qu'on a le même niveau, le
01:46même programme.
01:47C'est ça, c'est ça, c'est ça, c'est ça.