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Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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00:00Vous avez cherché à comprendre qui va manifester demain, c'est une question pas simple.
00:05Exactement, il faut aller du côté des réseaux sociaux Marc, notamment pour retrouver l'origine de cette date, le 17
00:10octobre.
00:11Et les premières traces, elles remontent au 8 septembre, donc ça commence effectivement à faire quelques semaines sur TikTok.
00:16Un internaute publie une vidéo à 1h30 du matin, très précisément, il parle du prix de l'essence, vous la
00:21voyez à l'écran.
00:22Il évoque pour la première fois cette date du 17 octobre, une bonne date à ses yeux d'abord parce
00:27que selon lui c'est un samedi
00:28et ensuite c'est le premier jour des vacances.
00:30Ça c'est le tout premier.
00:31Exactement, cette vidéo elle fait un carton, j'ai eu au téléphone justement cet internaute, il m'a expliqué, il
00:36a 20 ans, il vit dans le Val d'Oise,
00:39il m'explique qu'il a une voiture qui est en panne et qu'il a même renoncé à la
00:43réparer, faute de pouvoir payer l'essence pour l'utiliser.
00:46Sa vidéo elle cumule aujourd'hui plus de 4 millions de vues et dans la foulée, toujours sur TikTok, une
00:51multitude de comptes totalement inconnus
00:54publie des séries de visuels qui sont générées par intelligence artificielle.
00:59On est avant le mouvement lycéen et pourtant vous le voyez au premier plan, la Gen Z, la Gen Z
01:03c'est la jeunesse, est déjà mentionnée.
01:05C'est ni vous ni moi.
01:06Voilà, malheureusement, pour appeler à une nouvelle génération de gilets jaunes en quelque sorte.
01:12Et puis ça s'est accéléré ces dernières semaines, notamment avec le mouvement lycéen qui va lui donner un nouveau
01:16souffle.
01:17Les chiffres sont impressionnants depuis trois semaines, 500 000 messages publiés, 470 000 plus précisément depuis le 27 septembre sur
01:25TikTok, sur X, sur Facebook et sur Instagram.
01:29Et en fin de semaine dernière, deux figures emblématiques des gilets jaunes, Jérôme Rodriguez et Maxime Nicole,
01:34annoncent tous deux sur les réseaux sociaux leur soutien à cette mobilisation de demain.
01:40Au même titre d'ailleurs que la France Insoumise qui a repris cette date à son compte,
01:44qui a publié d'ailleurs un communiqué de presse sur son site hier, hier soir,
01:47et comme il l'avait fait d'ailleurs pour le mouvement lycéen,
01:49et accessoirement comme il l'avait fait il y a un an avec le mouvement Bloquons Tour, on s'en
01:53souvient,
01:54c'était le 10 septembre 2025, lui aussi parti des réseaux sociaux,
01:58en l'occurrence d'un compte télégramme anti-Union européenne.
02:01Voilà, on voit en tout cas que ce mouvement, il échappe en partie au radar, c'est nébuleux, c'est
02:05complexe,
02:06il y a beaucoup de gens qui vont manifester demain, peut-être d'ailleurs pas tout à fait tous pour
02:09les mêmes raisons.
02:09On en a réuni quelques-uns sur ce plateau, j'accueille Sophia Tizaoui, bonsoir.
02:13Bonsoir.
02:13Vous êtes ancienne présidente de l'Union syndicale lycéenne, à vos côtés Thomas Vacheron, bonsoir.
02:18Bonsoir.
02:19Secrétaire confédérale CGT chargée de l'intersyndicale sur les retraites,
02:23Sylvain Maillard va nous rejoindre dans un instant, député macroniste de Paris,
02:26Bruno Pommard, président du Tzinc, tant qu'initiative sécurité intérieure.
02:29Bonsoir.
02:29Bonsoir et à vos côtés Guylaine Brohan, vous êtes présidente de Familles rurales.
02:33Simplement, si on peut avoir une vue du plateau, Antoine Oubardor, vous ne votez pas,
02:37qui manifeste demain, pour qu'on y voit clair ?
02:39Bon, on vous a mis sur ma gauche, c'est un hasard, évidemment.
02:42Pourquoi vous manifestez demain ?
02:44Parce que c'est simple, demain c'est la journée qui va toutes et tous nous réunir.
02:48Nous, en tant que lycéens et étudiants, on est clairement concernés par cette date de mobilisation,
02:54parce que ça fait maintenant presque un mois qu'on se mobilise pour nos conditions d'études.
02:59Mais vous dites tout le monde est le bienvenu demain ?
03:01Pourquoi ? On a tous des raisons.
03:02C'est une question.
03:03Tout le monde est le bienvenu, quelles que soient les revendications ?
03:05Oui, parce qu'en fait, si vous voulez, on a tous et toutes une raison de se mobiliser demain.
03:09Et j'entendais dire, même sur certains de vos plateaux,
03:12mais est-ce que vous n'avez pas peur que votre message en tant que lycéen et étudiant soit dilué
03:15?
03:16Mais je ne pense pas qu'il faut voir la convergence des luttes comme une dilution des messages,
03:19mais bien comme un écho national à nos colères, en fait,
03:22et à nos revendications qui n'ont pas été répondues par le gouvernement.
03:26Je poursuis mon tour de table.
03:27Thomas Vacheron, vous êtes d'accord avec toutes les revendications des lycéens ?
03:30C'est pour ça que vous êtes dans la rue demain, ou il y en a d'autres ?
03:32Alors, nous, on a les nôtres.
03:34Ils ont les leurs.
03:35Ils et elles ont les leurs.
03:36Ils ont une plateforme, 10 mesures d'urgence, une pétition sur Change.org.
03:39Ils n'ont pas besoin des vieux comme moi de 46 ans pour s'organiser.
03:41Ils le font extrêmement bien tout seuls.
03:43Ils le font avec intelligence collective, de manière apaisée.
03:45Et ce qu'on constate, je vois les images derrière vous,
03:48c'est qu'en fait, le gouvernement ne communique que sur 0,01% des manifestants.
03:54Alors 99% des manifestations, c'est des centaines de milliers de manifestants jeunes et moins jeunes,
03:59puisque lycéens, étudiants, enseignants, et demain, qu'est-ce qu'il va y avoir ?
04:02C'est la question de la vie chère.
04:03Vous savez, il y a quelque chose de très incrémenté dans le pays.
04:06Les gens n'arrivent pas à vivre de leur travail,
04:08n'arrivent pas à vivre de leur bourse d'études, n'arrivent pas à vivre de leur retraite.
04:10Et on se demande pourquoi il y a une colère extrêmement forte.
04:13Moi, je ne fais pas de pronostics comme ça au hasard.
04:15Il y a une colère qui est en train de converger.
04:17Et ce qu'il faut entendre maintenant, c'est d'entendre la parole des travailleuses et des travailleurs,
04:20des privés d'emploi, des jeunes et des retraités.
04:22Et les sujets sont assez similaires.
04:24Il y a la question du budget.
04:26Ils veulent des enseignants, ils veulent en face des locaux pour étudier.
04:30Les soignants veulent avoir de l'hôpital correct.
04:32C'est tout ce qu'on demande.
04:33Et nous, dans le privé, on veut vider notre salaire et donc augmenter les salaires.
04:36Donc pour ça, il faut enfin entendre la voix de celles et ceux qui travaillent et qui font trouver le
04:40pays.
04:40Guylaine Brun, vous n'avez pas levé la main quand j'ai dit à ce que vous manifestez demain.
04:43Pourquoi ?
04:44La famille rurale ne veut pas donner de mots d'ordre.
04:46Nous, notre plan d'action, c'est d'être dans les territoires ruraux.
04:49Avec nos 130 000 familles, on fait remonter leurs difficultés, leurs problèmes de pouvoir d'achat.
04:56Et vous dites que c'est deux fois plus dur en ce moment pour ceux qui vivent loin des villes,
05:01loin des grandes villes.
05:02C'est la double peine notamment parce qu'il faut prendre sa voiture matin et soir pour aller travailler.
05:06C'est une voiture le matin et le soir. L'alimentation, les prix ont beaucoup augmenté.
05:1136% des familles sont en très grande difficulté.
05:16C'est trois fois plus qu'il y a trois ans.
05:19Donc on est vraiment là.
05:21Mais nous, notre façon de faire, c'est d'écouter les familles,
05:25de travailler dans les territoires avec nos 1700 associations locales
05:29pour faire remonter auprès des pouvoirs publics ce qu'on ressent, ce qu'on voit.
05:34Il y a une France qui n'y arrive plus aujourd'hui ?
05:36Oui, il y a une France qui n'y arrive plus.
05:38Elle va jusqu'où cette France-là ?
05:40Jusqu'aux classes moyennes ?
05:42Alors voilà.
05:43Donc on parle des classes en grande difficulté, de la grande précarité.
05:49Et après, il y a les classes moyennes.
05:51Et il y a deux, trois ans, il y a des personnes qui arrivaient très bien à vivre
05:55et qui maintenant sont en grande difficulté.
05:58Donc il y a vraiment une inquiétude par rapport aux familles dans le milieu rural.
06:02Et par rapport aux lycéens, on a aussi l'inquiétude des jeunes
06:08qui vont faire leurs études en ville et qui habitent dans le milieu rural
06:11et qui ont les coûts de transport et qui ont l'alimentation à payer.
06:17Ils n'ont pas du tout leurs parents sur place.
06:19Donc c'est quand même une inquiétude aussi pour les lycéens.
06:22Mais ça, c'est vraiment ce qu'on remonte de tous nos territoires.
06:25Sylvain Maillard, vous avez quoi à leur dire ?
06:27Vous êtes le seul représentant du bloc central ce soir sur ce plateau.
06:33Est-ce que c'est quelque part un peu le bilan de 10 ans d'Emmanuel Macron ce qu'il
06:36y a là ?
06:36C'est-à-dire cette France qui vous dit « on n'y arrive plus ».
06:39Il y a des vraies difficultés et on doit l'entendre.
06:43Je suis aussi le député de Paris et avec une grosse inquiétude sur des manifestations
06:47où on a le sentiment, encore tout à l'heure avec le préfet de police,
06:53que partie d'entre elles peuvent se passer mal.
06:56Et je pense aussi aux jeunes qui, dans les manifestations,
07:00j'espère que la protection se fera correctement,
07:03qu'ils puissent manifester en toute sécurité.
07:05Parce que ce n'est pas tout à fait la même chose que quand des lycéens manifestent,
07:08que quand des adultes manifestent.
07:10Sur les différents sujets, c'est un sujet très très différent.
07:13C'est la convergence des luttes, c'est ça ?
07:14Non, je crois qu'il y a des attentes qui sont importantes et qui sont en temps.
07:20Est-ce que nous souhaitons, est-ce que nous, on porte le fait que les salaires soient plus importants ?
07:24Évidemment, on pense que le salaire ne paye pas, le travail ne paye pas assez en France.
07:28Mais qu'il y a un moment, il faut aussi être…
07:30C'est pour ça qu'on se bat, nous, en ce moment, je sors de l'Assemblée nationale,
07:33on est en train de…
07:34Vous parlez du budget.
07:35Vous parlez du budget, on dit, non, pas d'augmentation d'impôts
07:38et qu'il faut baisser les dépenses de l'État et qu'on se bat pied à pied avec ça.
07:43J'espère que dans le budget, vous prenez bien nos 10 milliards en compte
07:45parce que ça, si on ne les a pas sur la table, on sera dans les rues jusqu'à ce
07:48que vous les lâchez.
07:48Et pour les lycéens, il y a des revendications qui sont tout à fait légitimes.
07:53Certaines revendications sur le bâtimentaire, par exemple.
07:55Il y a des choses qui ont été faites.
07:56Il y a aussi une responsabilité des régions.
07:58Je rappelle que c'est, en tout cas pour les lycées, une responsabilité des régions.
08:02Faut-il l'accompagner, évidemment.
08:04Il y a aussi le problème du coût de la vie, vous avez tout à fait raison,
08:07qui touche tout le monde, le prix de l'immobilier.
08:11Il y a des vraies difficultés sur le prix de l'alimentation.
08:14Et donc, il faut qu'il y ait des salaires qui puissent faire en sorte que le travail paie plus.
08:17On passe notre temps à le dire.
08:18Mais il faut pour ça aussi faire en sorte que nous travaillons collectivement un peu plus
08:24pour créer un peu plus de richesse et de faire en sorte que le travail paie plus.
08:27C'est bizarre parce que vous parlez comme si vous ne faisiez pas partie de cette minorité présidentielle
08:35qui n'avait pas eu de pouvoir sur les politiques mis en place depuis 10 ans.
08:38Enfin, pardon, mais à un moment donné, le stress chez les jeunes qui augmente,
08:42c'est le résultat des politiques d'Emmanuel Macron.
08:44Vous avez dans votre camp Gabriel Attal qui a fièrement porté cette mesure du choc des savoirs.
08:51Mais ce qui nous choque aujourd'hui, nous, c'est de savoir qu'il y a près de 20%
08:54des jeunes
08:54qui ont eu des pensées suicidaires.
08:57Mais est-ce que vous vous rendez compte des politiques que vous mettez en place ?
08:59Et après, vous venez nous expliquer que oui, il y a des progrès à faire.
09:02Mais les progrès, il fallait les faire quand vous étiez au pouvoir.
09:04Il ne faut pas se plaindre une fois après.
09:06Et puis c'est drôle parce qu'à chaque fois, on nous dit qu'il n'y a pas d
09:08'argent.
09:08Alors moi, j'entends, il n'y a pas d'argent.
09:10Mais c'est bizarre parce que quand il faut faire des cadeaux fiscaux, il y a de l'argent.
09:13Quand il faut livrer des armes à Israël, il y a de l'argent.
09:15Mais par contre, pour investir massivement dans l'éducation nationale, là, il n'y a plus d'argent.
09:19Et vous parlez des collectivités locales, je suis d'accord.
09:21Vous êtes une SN qui est très, très investie dans la politique, je vois.
09:24Effectivement.
09:24Et je pense que...
09:26Je pense que pour répondre, il y a des vrais problèmes de lycéens.
09:31Et puis il y a des vrais problèmes de lycéens sur lesquels on peut, d'ailleurs, lycée par lycée,
09:35y compris moi dans le centre de Paris où j'ai eu beaucoup de blocages sur des lycées qui ont
09:39été intégralement refaits.
09:40Sur le fait qu'est-ce qu'il y a des classes à 38 et qu'on souhaite que ce
09:43soit des classes à 30, ils ont raison.
09:45Regardons comment faire.
09:47Regardons comment faire, vous avez eu 10 ans.
09:48Par contre, ce que vous êtes en train de me dire, je crois que c'est peut-être dans un
09:54autre cadre,
09:55c'est un tract politique et on peut y répondre.
09:58C'est une pensée, une réflexion que je n'ai pas à moi.
10:00C'est une réflexion, on peut dire que vous êtes plutôt gauche toute.
10:03La France livre des armes à Israël, c'est factuellement faux.
10:14Non, mais ce que je veux vous dire, c'est que vous parlez des collectivités locales,
10:16et effectivement, il faut les accompagner pour rénover les bâtiments scolaires.
10:19Mais à un moment donné, quand chacun de vos budgets vous coupez littéralement des subventions aux collectivités locales,
10:24comment vous voulez qu'ils fassent ? Et aux régions par ailleurs, parce que les régions sont aussi responsables des
10:28bâtiments dans les lycées.
10:28– Oui, allez-y.
10:29– Parce que j'entends le… Montrez-moi depuis dix ans sur… On a d'abord baissé les impôts, y
10:36compris pour les…
10:38Montrez-moi pour les collectivités, les collectivités, dans ce qu'elles ont décidé, pourquoi elles ont enlevé de la réforme
10:44bâtimentaire.
10:45Moi, je suis député de Paris. À Paris, on s'occupe des lycées, des collèges.
10:49Vous savez quoi ? C'est la municipalité de Paris qui a décidé d'investir deux fois moins dans les
10:54collèges.
10:54– Vous avez pas fait des coupes budgétaires dans les collectivités locales et dans les régions ?
10:58– Il y a des choix qui ont été politiques, qui ont été portés par des municipalités qui sont pas
11:02forcément…
11:02– Vous avez fait des coupes budgétaires dans les régions ou pas ?
11:05– Vous avez fait des coupes budgétaires dans les régions ou pas ?
11:06– Mais on assume ce qui se passe sur l'éducation nationale.
11:07– Est-ce que vous avez fait des coupes budgétaires dans les régions, oui ou non ?
11:09– Je crois qu'on n'arrivera globalement pas à vous réconcilier ce soir.
11:12Je voudrais qu'on dise un mot d'autre chose, Antoine de Obendorf, pardon.
11:16C'est le rapport des Français aujourd'hui à la violence.
11:19L'Institut Elab a interrogé les Français sur est-ce que vous comprenez que la violence parfois soit légitime ou
11:24pas ?
11:24Les Français dans l'ensemble disent non, 82%.
11:27Quand on interroge plus spécifiquement les jeunes, majoritairement ils sont contre la violence,
11:32mais il y en a 3 sur 10 qui disent oui, dans certains cas, notre violence peut être légitime.
11:38Qu'est-ce que ça dit ça ?
11:38– On voit un clivage générationnel qui s'est construit aussi sur un rapport bien sûr aux images visionnées sur
11:44les réseaux sociaux
11:45et un rapport à la violence qui n'est pas tout à fait le même en fonction évidemment de l
11:50'âge que l'on est
11:51parce que les Français, pour citer les grands auteurs, sont traditionnellement, n'aiment pas trop la pagaille.
11:56Ceci étant, il y a, et je pense que les lycéens ont leur parfaitement l'esprit,
12:00un enjeu pour la mobilisation de rester dans les clous de manière à ne pas s'aliéner les soutiens.
12:05Parce qu'on voit que parallèlement à ça, quand vous testez item par item les revendications des lycéens,
12:10suppression de parcours sup, abaissement du nombre d'élèves par classe,
12:14tout ça, ce sont des revendications potentiellement majoritaires.
12:17Donc il ne s'agit pas pour eux de s'aliéner des soutiens dans telle ou telle partie de la
12:21population
12:21par des images objectivement choquantes.
12:23Lorsque vous avez évidemment le policier à Belfort
12:28qui se fait tirer un pénalty dans la tête de la même manière que quand vous avez un lycéen
12:34qui perd un bras mutilé à Lens, ça chocke de manière équitable, je pense les Français,
12:39qui ne sont pas hémiplégiques, moins que la classe politique en tout cas.
12:42Simplement d'un mot sur la convergence des luttes.
12:44Parce que c'est un vieux serpent de mer, on en entend parler depuis très régulièrement à chaque mobilisation.
12:49Et généralement ça ne marche pas.
12:50Et généralement ça ne s'est pas concrétisé.
12:52Je tiens à rappeler qu'il y a une époque où il y avait à la place de M. Vacheron,
12:57un peu au-dessus d'ailleurs, à la place de Mme Binet, un secrétaire général de la CGT
13:00qui s'appelait Georges Ségui, qui au moment de 68 disait
13:02« Mais qui c'est ce Cohn-Bendit ? La classe ouvrière est suffisamment grande,
13:06on ne va pas lui dicter ses mots d'or, nous ne voulons aucune ingérence. »
13:09Il le disait textuellement.
13:11Donc cette convergence des luttes, quand vous allez demain voir dans la rue
13:13des gens de la coordination rurale qui veulent des bassines,
13:16des pêcheurs qui veulent moins de normes,
13:19des étudiants qui veulent la suppression de parcours sup,
13:21j'attends de voir la convergence des luttes.
13:22Vous parlez de l'agriculteur, une agricultrice attend depuis quelques minutes,
13:25je voudrais qu'on…
13:26Je voudrais simplement…
13:28Elle patiente depuis longtemps du côté de l'Ardèche.
13:30C'est Fanny Mettra qui est avec nous, qui est porte-parole nationale de la Confédération Paysanne.
13:35Pourquoi votre syndicat appelle à manifester demain ?
13:38Expliquez-nous simplement, est-ce que vous avez le sentiment
13:41que votre profession aujourd'hui est en train de dégringoler ?
13:45Déjà, le monsieur juste avant parle de la coordination rurale.
13:48La coordination rurale n'appellera jamais à se mobiliser
13:50dans une convergence comme demain.
13:53Là, on parle bien de la Confédération Paysanne.
13:55C'est deux syndicats très distincts.
13:57La FNSEA n'appellera jamais…
13:58Chacun a un bout du spectre politique.
14:01Bien sûr, et puis parce qu'on ne défend pas les mêmes choses.
14:05Nous, actuellement, on vient de vivre un été catastrophique.
14:08Forcément, on va converger parce que les colères dans le monde paysan
14:11et dans le monde rural, elles sont immenses.
14:13Et moi, je remercie cette jeunesse magnifique,
14:16non mais vraiment, de nous redonner de l'espoir.
14:19Parce qu'en fait, vous n'auriez pas été là,
14:21on serait descendus quand même dans la rue.
14:23tellement c'est impossible d'imaginer un avenir pour nous,
14:27paysannes et paysans, avec le changement climatique
14:29et les lois complètement déconnectées,
14:32les lois d'urgence, les lois du plomb,
14:34toutes ces fausses lois qui ne répondent en rien aux besoins du monde paysan,
14:37qui s'agglutinent et qui nous emmènent droit dans le mur.
14:40Pour nous, demain, c'est une évidence, ça n'est qu'un début.
14:43Je pense que cet hiver, ça va être un hiver chaud
14:46et ce n'est pas que dans les conditions climatiques.
14:48Nous, ce qu'on veut, c'est un avenir viable et durable.
14:50Et cette jeunesse-là, on est derrière à 100%.
14:53On aimerait, notre projet politique d'agriculture paysanne,
14:56c'est d'avoir un nombre suffisant de paysannes et paysans
15:01pour faire advenir la souveraineté alimentaire demain en France.
15:04Si je vous dis que ça ne sert à rien d'aller manifester
15:06et qu'il y a une élection présidentielle dans six mois,
15:09vous me répondez quoi ?
15:09Ça vous fait sourire, mais est-ce que c'est vraiment utile d'y aller là
15:13sachant qu'on change de président ?
15:15Alors en fait, juste avant 2027, il y a 10% des fermes françaises qui vont disparaître.
15:23Là, l'État français parle de débrancher 35 000 fermes d'ici 2027.
15:28Nous, la colère, elle est maintenant.
15:29On ne sait pas comment on va nourrir nos animaux cet hiver.
15:31On est en train de décapitaliser tous les troupeaux.
15:34Les maraîchers, on ne connaît je ne sais pas combien de maraîchers
15:37qui ont mis la clé sous la porte.
15:39Il y a la prochaine réforme de la politique agricole commune qui est en jeu
15:42et on continue à signer des accords de libre-échange,
15:44à faire croire que la compétitivité sur le marché mondial
15:47est la seule solution pour sauver l'agriculture française.
15:50Nous, on se bat pour tout le monde.
15:51L'alimentation, c'est l'affaire de toutes et tous.
15:54C'est l'avenir de demain.
15:56Et du coup, forcément, les convergences, elles sont liées.
15:58Il y a aussi ce mépris de classe,
16:00ce mépris de cette élite bourgeoise qui décide à notre place,
16:03qui est insoutenable.
16:04C'est pour ça que demain, pour nous, ça va de soi,
16:07d'être auprès des jeunes, auprès des syndicats salariés,
16:11auprès des Gilets jaunes, ça va de soi.
16:13On était auprès des pompiers, on était auprès des jeunes depuis 15 jours.
16:16C'est une continuité.
16:17On entend votre message.
16:19Merci beaucoup, Fanny Métra, porte-parole de la Confédération paysanne.
16:21Cette colère qui revient quasiment dans tous les discours,
16:24est-ce qu'elle vous réjouit ?
16:25Vous dites qu'il faut qu'à un moment, tout ça sorte.
16:27Ou est-ce qu'elle vous inquiète, Bruno Pommard ?
16:28Écoutez, je vais le prendre sur le plan sécuritaire.
16:30C'est très inquiétant.
16:32C'est d'autant plus inquiétant.
16:33Il n'y a pas de saine colère.
16:39Moi, je vois l'aspect de cette manifestation,
16:43de ces 80 mouvements totalement hybrides,
16:46puisqu'il y a de tout là-dedans,
16:47excusez-moi de le dire comme ça,
16:48mais entre les agriculteurs, les ouvriers, les lycéens, les collégiens, etc.
16:52Donc ça, ça fait peur.
16:53Pourquoi ça fait peur ?
16:53Tout simplement parce qu'en matière d'organisation sécuritaire,
16:56ça pose un réel problème.
16:57Et encore une fois, on va retrouver au devant de la scène
17:00nos forces de police et gendarmerie qui seront là,
17:02évidemment pour assurer la sécurité des jeunes lycéens et collégiens
17:05qui seront évidemment sur le terrain.
17:07Mais surtout, surtout pour pouvoir contrer évidemment les mouvements d'ultra-gauche
17:11qui sont là pour casser.
17:12Vous les avez en photo là.
17:13Ceux qui sont masqués, ce ne sont pas des lycéens, c'est des racailles.
17:16J'aime bien ce terme parce que ça mérite ça.
17:18Ce ne sont pas des jeunes lycéens, ce ne sont pas des collégiens.
17:21Vous parlez comme Sarkozy.
17:22Mais oui, mais Sophia, mais non, excusez-moi.
17:24Non, mais les gens qui cassent et qui balancent des pavés de 2 kilos sur les policiers,
17:27ce sont des racailles.
17:28Est-ce que vous savez que c'est résiduel ?
17:30J'assume totalement.
17:30Vous savez que c'est résiduel ?
17:32Oui, mais vous voyez ce que ça veut dire.
17:32Non, mais on ne parle que de ça.
17:33Enfin, je suis désolée à un moment donné.
17:34Oui, mais bien sûr.
17:34Oui, mais...
17:35Et ça tue votre mouvement.
17:36Mais ce qui tue notre mouvement, c'est ce qu'on montre dans les médias.
17:38C'est la surreprésentation de ces gens-là.
17:40Non, mais c'est ça, c'est ça qui est du cul.
17:42Sophia, ce qu'on voit là, au moment des dissolutions, etc., vous avez su la semaine dernière,
17:47avec les parents, avec les services d'ordre de syndicats, avec les syndicats, les jeunes lycéens
17:51qui étaient là, qui ont encadré les manifestations, ça s'est super bien passé.
17:55Bien sûr.
17:55Vous arrivez à la dissolution, place de la nation, et là, ça part.
17:59J'étais aussi à Bassi pour vous dire, et comment expliquez-vous qu'ils veulent vraiment
18:04nous faire quitter cette place ?
18:05Oui, c'est normal.
18:06Oui, mais par contre, qu'est-ce qu'ils font ?
18:07Ils nous nascent et ils nous gazent.
18:09Comment voulez-vous qu'on quitte les lieux ?
18:10Franchement, j'étais présente.
18:11Il y avait un jeune homme en sang, la main sur la tête, il ne voulait pas les sortir.
18:15Est-ce que vous vous rendez compte du niveau de répression et d'inhumanité chez certains ?
18:19Non, mais ça fait peur.
18:20Vraiment.
18:20Sophia, non.
18:21Écoutez-moi, il y a un dispositif qui est mis en place.
18:24Le général, tout à l'heure, a très bien parlé, d'ailleurs.
18:25Non, mais écoutez-moi.
18:26Après, vous en ferez ce que vous voulez.
18:27Si vous n'aimez pas les policiers, je peux l'admettre.
18:29Mais quoi qu'il en soit, quand il y a un moment, une dissolution, dispersion d'une foule,
18:33il faut entendre les sommations qui sont faites.
18:36Il y a une règle, vous savez, c'est très hiérarchisé, c'est très contrôlé.
18:40Le ministre de l'Intérieur, il tient.
18:41Il y a des sommations, trois sommations.
18:44À partir de la troisième, vous êtes censé dégager.
18:46C'est aussi simple que ça.
18:48Ceux qui ne dégagent pas, généralement, ce sont les casseurs, parce qu'eux veulent se faire du flic.
18:52Et qu'est-ce qui reste autour ?
18:53Des badauds qui s'amusent avec des téléphones à dire « je vais prendre de belles photos ».
18:56Voilà un petit peu la scène.
18:57Oui, mais c'est ça.
18:58Et quand il y a des moments de dispersion, quand les policiers ou les gendarmes font des bons offensifs
19:03vers les manifestations, qu'il est canard de deux cailloux, de deux kilos,
19:06j'en ai ramassé un l'autre jour, on a 900 blessés, je vous rappelle.
19:11Je vous rappelle le nombre de mains arrachées et de dents cassées.
19:13Non, il y a une main.
19:14Il y a la justice.
19:15Moi, je ne joue pas ce jeu-là parce que...
19:17Est-ce que vous savez que dans les 900 blessés policiers que je déplore par ailleurs,
19:22est-ce que vous savez que certains ont été blessés par leur propre gaz lacrymogène ?
19:25Est-ce que vous pensez que nous, manifestants, on a des gaz lacrymogène ?
19:28Et les professeurs sont blessés par qui ? Par les policiers aussi ?
19:31C'est pas ce que j'entends de vous dire, mais c'est qu'à un moment donné,
19:33le chiffre est là, mais par contre, on n'explique pas comment ils ont été blessés,
19:37par qui et à quel point.
19:39Mais c'est grave, il y a une enquête IGP.
19:41Il y a une enquête IGP.
19:42Vous avez raison, derrière la réalité des chiffres, 36 enquêtes de l'IGDN,
19:45mais parmi les lycéens qui sont comptés comme blessés aujourd'hui,
19:49certains sont des casseurs.
19:50On les appelle lycéens aussi.
19:51La réalité des chiffres est un peu complexe.
19:53Mais bien sûr, je reviens parce qu'il y avait énormément d'enquêtes IGPN
19:57aussi pendant les Gilets jaunes, et combien ont été menées à l'artier ?
20:00Est-ce que c'est normal ?
20:01Non mais Sophia, écoutez-moi, l'IGPN, moi j'ai connu, je suis resté 36 ans à la police.
20:04J'en avais peur de l'IGPN, vous voyez ?
20:06Non, non, ne croyez pas...
20:07Mais admettez qu'il y a un problème aussi.
20:08Ne croyez pas que les policiers lavent leur linge de salle en famille, ça n'existe pas.
20:12L'IGPN d'abord est tenu par un magistrat,
20:15et c'est quoi un dernier ?
20:16Après, la deuxième carte l'IGPN, c'est la justice.
20:19Un mot et un seul, Thomas Vacheco.
20:20Un mot et un seul.
20:21Il y a une référence à Messe 68, tout à l'heure, pour citer Georges Ségui.
20:28Messe 68, c'est une mobilisation lycéenne, étudiante extrêmement puissante,
20:32puis une grande grève ouvrière de 8 millions de salariés dans ce pays.
20:34Première chose.
20:35Deuxième chose, moi je viens de Haute-Loire.
20:36Donc la ruralité, je connais, les mois difficiles, je connais.
20:38Et là, je suis à Paris.
20:39Et ce qui est en train de se passer, c'est une convergence des colères, des difficultés,
20:43et il y a une seule question qui est posée à tout le monde.
20:46C'est où est-ce qu'on prend l'argent ?
20:47D'un côté, c'est Omar et Kavya,
20:49de l'autre côté, c'est une violence sociale
20:51pour celles et ceux qui ne peuvent pas faire le clin du frigo,
20:53pas faire le clin du carburant.
20:54Et donc la question qui est posée à tout le monde maintenant,
20:56c'est qu'il faut répondre aux aspirations sociales.
20:58Puisqu'on discute des violences...
20:59Non, mais pourquoi on parle des violences ?
21:03C'est au gouvernement et aux députés qui sont ici
21:05de répondre à celles et ceux qui nous regardent aujourd'hui.
21:08C'est ça qui vous est posé.
21:09Ce n'est pas possible d'avoir fait tant sur la question de maintien de l'ordre
21:12des gilets jaunes et borniers,
21:13aujourd'hui des jeunes mutilés,
21:158000 enfants, 8000 interpellations d'enfants.
21:18C'est ça le mouvement.
21:19Il y a un mois de manifestation.
21:20Donc maintenant, il faut apaiser.
21:21Demain, il y a une manifestation à 14h,
21:23en République, avec les services d'ordre des syndicats.
21:26Très bien.
21:27Oui, mais ce qu'il faut faire,
21:28c'est que moi, je n'incrimine pas le policier.
21:29Et on verra comment ça se fait.
21:30Il est en manifestation avec nous le 29.
21:32On est en crimine.
21:33Les politiques de maintien de l'ordre
21:34et ils font entendre les revendications de la jeunesse et des salariés.
21:37Merci beaucoup à tous les cinq.

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