00:07J'ai indiqué que c'était une affaire inédite. Et pourquoi justement ? Parce qu'il y a une
00:12policière qui est mise en place ? Oui, il est très rare de retrouver sur les
00:19ponts des prévenus une policière, un gardien de la paix. Alors vous, vous avez insisté sur votre
00:28client, la victime, a toujours dit la même chose ? C'est la vérité ? C'est sa vérité en
00:35tout cas. Il est important de noter que dans ce dossier également, le second aspect inédit de
00:42ce dossier, c'est que c'est un dossier qui est à la fois en instruction avec une ouverture
00:46d'information pour des violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. C'est le
00:51qualificatif de mise en examen de mon client. Et le fait de retrouver mon client aujourd'hui en
00:57qualité de victime, totalement. Donc c'est relativement inédit puisque n'oublions pas
01:02qu'en matière d'instruction, il est formellement interdit de violer le secret de l'instruction.
01:08Or, et je me suis gardée quand même d'entrer dans les détails, je pense que vous l'avez
01:12constaté, les détails de, je dirais, de la situation et les faits, puisque je ne pouvais
01:16pas entrer dans les détails concernant la défense, je dirais, le soutien des intérêts
01:20de mon client parce que je ne pouvais pas aller au-delà de ce que je pouvais dire, si
01:23ne ce n'est que de le recevoir dans sa qualité de partie civile pour ne pas déflorer l'instruction
01:27et ne pas violer ce secret.
01:29Oui, parce que justement l'instruction n'est pas terminée.
01:31Mais pas du tout. L'instruction a été ouverte justement le 18 juillet pour, je pense,
01:36un minima de deux ans. C'est le minimum qu'on puisse demander à une instruction dans
01:42un tel dossier.
01:43Oui, parce que même à la sortie de cette audience, on a quand même du mal à appréhender
01:47la vérité, justement.
01:49C'est un dossier qui est compliqué. Comme je vous le disais, en fait, c'est la passion
01:52et la déraison d'un côté. De l'autre côté de la barre, vous avez aussi la totale, je
01:58dirais, le manque d'investigation et le manque d'empathie. Et la difficulté de ce dossier,
02:03c'est justement se dire, oui, il y a un manquement professionnel vis-à-vis d'un des prévenus,
02:10mais il y a aussi, je dirais, une forte immoralité sur l'utilisation de son outil de travail,
02:17appelons un chat, il s'agit de son arme de fonction et de l'intérêt, c'est-à-dire
02:23l'utilisation à défaut de celle-ci et son implication ou non. Il s'agira pour ce
02:28tribunal, à la sortie de cette audience qui a été relativement longue, de se dire
02:33si effectivement cette personne, elle est coupable des faits qui lui sont reprochés
02:37de complicité, ça va jusque-là, et à quelle limite et à quel niveau, effectivement, il
02:42faudra l'impliquer et la juger. Et de ce fait, lui infliger une peine.
02:46C'est une peine qu'on demande contre les grands délinquants, contre les criminels
02:52correctionnalisés. C'est une peine, voilà, délirant, c'est le mot très exact que j'ai
02:57prononcé et que je pense.
02:59Vous avez l'impression qu'on veut faire un exemple de votre cliente pour dire que de
03:03temps en temps, il faut condamner fermement un policier ou un membre des fauteurs.
03:08Voilà. Ce que j'ai expliqué, c'est qu'on a affaire à une personne qui s'est
03:12dévouée depuis ses premiers diplômes au service de la nation. Le métier de policier
03:17est un métier très difficile. Je le dis en toute objectivité, puisqu'il m'arrive
03:20de taper aussi sur la police quand la police fait n'importe quoi. C'est un métier
03:23difficile. On ramasse des suicidés, des gens qui sont accidentés de la route, qui
03:27sont tués. Un métier très, très stressant. Et de voir comment le ministère
03:32public est capable de traiter l'un de ces policiers comme le pire des délinquants,
03:39c'est inacceptable.
03:40Dès le début de sa guerre d'avion, on lui a clairement expliqué qu'elle ne serait
03:43plus jamais policière.
03:45Déjà, c'est sûr qu'elle va perdre cette qualité de policier. Vous avez quelqu'un
03:49dont la vie perd de son sens, puisqu'elle a fait des efforts pour devenir policière.
03:55Elle sait qu'elle ne le sera plus. Ce n'est pas suffisant déjà, à titre de punition.
04:00Elle s'occupe d'un enfant handicapé qui a 14 ans. Le père a disparu. C'est elle
04:05qui s'en occupe. Il faut mettre cette personne-là en prison, comme je le disais, avec des personnes
04:10qu'elle a peut-être contribué à faire condamnées. C'est ça la justice en 2026
04:15en Guadeloupe.
04:17Vous soutenez la thèse qu'on lui aurait volé son arme. Elle ne lui l'a pas fièrement
04:21prêtée et surtout, elle ne savait pas ce qui allait se passer après.
04:24Chaque semaine, je suis dans cette salle d'audience et j'entends la caricature des
04:30violences conjugales parce qu'on est souvent dans la caricature. Bien sûr qu'il y a des
04:34violences conjugales et qu'il faut les réprimer sérieusement, mais il ne faut pas tomber
04:38dans la caricature. On est souvent dans la caricature. Et là, aujourd'hui, quand vous
04:42avez quelqu'un qui explique que j'étais seul, j'étais un peu déprimé, j'ai rencontré
04:47cette personne. Il était gentil. Il était soutenant. Et donc, je lui ai fait confiance.
04:53J'avais du mal à lui refuser peut-être des choses. Il était vraiment là pour moi.
04:58Alors qu'elle apprend après qu'il avait trois ou quatre femmes différentes, que souvent,
05:01elle l'amenait sans le savoir chez sa maîtresse officielle. Et donc ça, on ne peut pas comprendre
05:06ça. On ne peut pas comprendre que cette personne ait pu avoir de l'emprise sur elle.
05:10Voilà. C'est pour ça que je dis qu'il faut de la mesure.
05:12Oui, parce que l'accusation, elle, a dit qu'elle pensait qu'elle savait ce qui
05:16allait se passer en prêtant cette arme. Elle savait qu'il y aurait peut-être un mort
05:21à la fin. Où est la démonstration ? Il ne s'agit pas d'imaginer. On est devant
05:25un tribunal. Lorsqu'on accuse quelqu'un, il faut démontrer. Là, vous avez zéro
05:29démonstration.