- il y a 7 minutes
La journée d'hier marquée par une forte mobilisation contre la "vie chère" avec plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues, a aussi été émaillée de nombreux incidents à Paris et ailleurs en France, avec notamment des commerces vandalisés et pillés.
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00:00Mesdames et Messieurs, je viens de faire le tour avec M. le maire de la situation des commerces dans la
00:06presqu'île.
00:09Et nous venons de voir dévisu, moi je l'ai vu toute la journée hier en salle de crise, l
00:15'ampleur des dégâts.
00:16Et d'abord je voudrais vous dire le caractère insupportable de ce que nous avons vu.
00:25Le caractère insupportable, la colère que je partage quand on rencontre les commerçants.
00:35Moi je voudrais dire derrière chaque commerçant, il y a des gens qui travaillent, il y a des familles, il
00:41y a des gens qui ont construit, il y a des gens dont c'est la vie et c'est
00:45détruit.
00:46Et donc c'est absolument insupportable.
00:49Deuxième message que je voudrais vous dire, c'est d'abord un remerciement pour les forces de sécurité et les
00:54pompiers.
00:56Notre priorité hier a été de protéger les vies.
01:01Protéger les vies, ça veut dire protéger les habitants dont l'immeuble était incendié, parce que le magasin était incendié.
01:08On a vu ça dans la presqu'île.
01:11Permettre l'accès des pompiers qui étaient souvent empêchés par certains manifestants, je vais y revenir.
01:20Protéger les vies de façon à ce qu'il n'y ait pas de victimes.
01:26Et il n'y a pas de victimes, et il n'y a pas de blessés.
01:29Il y a 100 blessés dans les forces de sécurité.
01:34Bilan, là, à date, 100 blessés dans les forces de sécurité.
01:38Je suis avec le directeur de la police nationale qui est à côté de moi.
01:43Nous avons interpellé cette nuit 160 personnes.
01:48160 personnes, 124 majeurs.
01:55Majoritairement masculins.
01:57Majeurs, masculins.
01:58160 personnes placées en garde à vue et qui vont être déférées à la justice.
02:05Au-delà de ces remerciements aux forces de sécurité des pompiers, je voudrais saluer leur courage physique,
02:13leur courage moral, leur courage mental, parce que ce sont des gens qui, au péril de leur vie,
02:20ont fait le maximum pour protéger nos concitoyens et les personnes et les habitants.
02:29Ça, c'est le premier point.
02:31On a eu face hier à trois types de situations.
02:34Au départ, une manifestation pacifique par différents cortèges qui pouvait reprendre certaines thématiques des manifestations étudiantes.
02:45Les manifestations lycéennes, elles sont finies, elles sont en vacances.
02:49Ça a été très, très vite remplacé, très vite, dès le départ, vers 13h30, 14h,
02:55par des radicaux beaucoup plus violents, agressifs, qui ont envahi l'espace public.
03:01On a eu jusqu'à 20 000 manifestants qui ont envahi l'espace public
03:06et qui ont été dans une attitude extrêmement hostile vis-à-vis des forces de l'ordre,
03:10qui se sont fait canarder, bombarder, toute la journée, des cocktails Molotov, des projectiles
03:17et tout ce que vous pouvez imaginer, qui ont empêché l'accès des pompiers à certains endroits pour éteindre le
03:26feu.
03:26C'est le cas de l'Office du tourisme dernier.
03:28Et ça, cette manifestation, c'est même pas une manifestation, ces émeutiers, ils ont occupé une très grande part.
03:36Et sur ces émeutiers, sur ces émeutiers se sont greffés, se sont greffés des pilleurs,
03:46sur ces émeutiers se sont greffés des pilleurs, des pilleurs, des voleurs,
03:51qui ont méthodiquement, méthodiquement, je le dis bien, méthodiquement, pillé un certain nombre de magasins.
03:58Je pense aux montres, je pense aux jeux vidéo, je pense aux magasins de luxe.
04:02Et là, ça n'a rien à voir avec des revendications.
04:06Rien. On a eu ces trois événements.
04:08La police a été partout le plus possible, avec un gros dispositif qui existait,
04:15mais nous avions, je pense qu'il faut le redire, et c'est quelqu'un d'expérience qui vous parle,
04:21une manifestation d'une ampleur inédite partout en France.
04:24On a tous vu ce qui s'est passé à Limoges, ce qui s'est passé à Bordeaux, ce qui
04:28s'est passé à Grenoble,
04:31une ampleur inédite.
04:34Et donc, ça, ce sont les circonstances.
04:39La suite.
04:41Trois priorités.
04:43Première priorité, assurer au maximum la sécurité.
04:47La sécurité dans la presqu'île, la sécurité dans la ville, la sécurité des habitants,
04:52la sécurité des commerces qui doivent se reconstruire.
04:56Et la sécurité, ça veut dire déployer des moyens.
04:59Cette nuit, moi, j'ai déployé des gendarmes.
05:01J'ai fait venir des gendarmes, donc on n'est pas en zone de gendarmerie, on est en zone de
05:04police.
05:04J'ai fait venir des gendarmes qui ont été toute la nuit dans la presqu'île.
05:07Ce matin, j'ai mis un escadron de gendarmerie sur place,
05:10et nous allons continuer de cette manière-là.
05:13Monter en puissance sur le renseignement, bien sûr,
05:15parce que cette manifestation totalement inédite,
05:19que l'on a connue partout en France et ici à Lyon,
05:21de façon particulièrement violente,
05:25il faut que l'on puisse faire le maximum
05:29pour naturellement analyser tout ce que l'on a sur les réseaux.
05:34Parce qu'il n'y a eu, je le dis bien,
05:35il n'y a eu aucune déclaration de manifestation.
05:38Vous avez des villes, moi je pense à Toulouse,
05:39il y a eu des déclarations de manifestation.
05:41Ici, aucune déclaration.
05:43Des gens qui ont, dès le départ,
05:45souhaitaient se mettre totalement hors de la légalité
05:48et qui étaient là pour casser.
05:51Deuxième priorité, le soutien psychologique.
05:53Le soutien psychologique,
05:55notamment avec la Chambre de commerce,
05:58auprès des commerçants.
06:00Et troisième point, le soutien économique.
06:02Nous aurons l'occasion demain
06:04de revenir sur ces sujets-là.
06:06Nous travaillons avec l'ensemble des services de l'État
06:08que je réunis cet après-midi
06:10avec la métropole.
06:11On travaillera avec la région.
06:13Donc celles et ceux qui ont des compétences
06:14en matière économique.
06:16Le Premier ministre s'est exprimé lui-même,
06:17vous l'avez peut-être entendu sur les ondes,
06:19il était 0h30 au minuit,
06:21lorsqu'il est allé à la préfecture de police,
06:23en évoquant la situation des commerçants,
06:25en disant que naturellement,
06:26ça ne resterait pas sans réponse.
06:27Voilà les éléments que je voulais vous donner.
06:32Et naturellement, on sera à votre disposition
06:34pour répondre dans les heures qui viennent.
06:37Monsieur le connectif a payé toutes les dégradations.
06:40Alors, vous savez d'abord qu'il y a un système d'assurance.
06:43Tout le monde n'est pas assuré de la même manière.
06:45On vient de voir des commerçants qui nous ont dit
06:46qu'on n'est pas assuré de la même manière,
06:48on ne sera pas forcément remboursé
06:50de nos pertes d'exploitation.
06:51Mais il y a d'abord des assurances
06:53qui doivent jouer,
06:54comme partout à chaque fois qu'on a un dégât.
06:56Et ensuite, on va regarder
06:59de quelle manière on peut apporter des réponses
07:01avec les acteurs que je vous ai indiqués.
07:04On travaille là-dessus en ce moment-là.
07:05Est-ce qu'il n'y a pas eu un problème de dispositif,
07:07de dimensionnement du dispositif ?
07:08On vous a senti, on a senti
07:10les forces de l'ordre dépasser hier,
07:11très clairement, totalement dépasser.
07:13Alors, on avait un gros dispositif,
07:15vraiment un gros dispositif
07:16avec plusieurs forces mobiles,
07:18avec des canons à eau,
07:19avec des centaures,
07:21donc des véhicules blindés
07:22de la gendarmerie,
07:23avec des drones,
07:24avec des hélicoptères.
07:25Mais, encore une fois,
07:26on a eu une manifestation
07:28d'une ampleur totalement inédite.
07:30Et moi, je suis à Lyon
07:31depuis quelques mois,
07:32depuis 5 mois.
07:33Ceux que me disent les Lyonnais
07:34que j'ai rencontrés,
07:35ils m'ont dit
07:35qu'on n'a jamais vu
07:37ce déchaînement
07:38de violence inédite.
07:40Mais ce n'est pas seulement à Lyon.
07:42J'étais à Toulouse-Avans,
07:43j'étais à Bordeaux,
07:43j'ai regardé ce qui s'était passé
07:44dans les villes où je suis passé.
07:45Ça a été exactement la même chose.
07:47Et quand vous voyez
07:48ce qui s'est passé à Grenoble,
07:49avec la mairie
07:49qui a failli être dégradée,
07:52avec le rectorat,
07:54quand vous voyez
07:54la mairie de Limoges détruite,
07:57quand vous voyez
07:57tout ce qui s'est passé,
07:59ce degré de violence inédit,
08:01avec la volonté de certains
08:03de casser ce qui représente
08:06l'État, la puissance publique,
08:07l'organisation institutionnelle
08:09et derrière la démocratie.
08:11Voilà.
08:11Donc, je le dis très clairement,
08:13il y a eu ce dispositif,
08:14mais cette manifestation inédite
08:19partout dans le pays
08:20n'a pas pu effectivement
08:22être appréhendée à ce point
08:25parce que ça a été absolument inédit.
08:29– M. le maire,
08:30vous avez une réaction
08:31par rapport aux personnes
08:31qui vous interpellent juste derrière ?
08:33– Oui, alors avant de répondre
08:34aux gens qui sont derrière vous,
08:35d'abord vous dire
08:36qu'avec M. le préfet,
08:40nous sommes sur le pont
08:42depuis hier
08:43et surtout depuis ce matin,
08:46on est en train,
08:47enfin depuis ce matin,
08:48on est allé voir les commerçants,
08:50on est allé voir les Lyonnais
08:51qui, notamment en Presqu'Île,
08:53ont eu peur,
08:55ont été inquiets
08:57et ce matin,
08:58découvrent comme nous
08:59le chaos total,
09:02le chaos total dans la ville.
09:03Moi, je vais vous dire,
09:05moi quand je vois
09:07cet office du tourisme
09:10incendié,
09:11pris d'assaut
09:12quand je vois
09:13les commerçants
09:14qui ont pour certains
09:15tout perdu
09:16parce qu'ils ont été attaqués,
09:19parce qu'ils ont été pillés.
09:20Voilà.
09:20Moi, je vais vous dire,
09:22j'ai eu à plusieurs reprises
09:23une émotion très forte.
09:25Ce matin,
09:25on a discuté
09:26avec un certain nombre
09:27de Lyonnais
09:28et de commerçants.
09:29Je comprends la colère,
09:31je comprends la peur
09:33parce que ces sentiments,
09:34je les ressens moi aussi.
09:36Quand je vois
09:37cet office du tourisme,
09:37c'est dans cet état,
09:39c'est un des bâtiments
09:41emblématiques de la ville.
09:42Alors bien sûr,
09:44je vais dire,
09:44heureusement,
09:45on n'a pas de blessés.
09:46Pour moi,
09:46c'était absolument
09:47la priorité.
09:48Je me réjouis d'abord
09:49que l'intervention
09:51des services de police
09:52a été concentrée
09:53sur la protection
09:54des personnes.
09:56Mais quand je vois
09:57cet office du tourisme,
09:58c'est un crève-cœur.
10:00C'est une catastrophe
10:01ce qui s'est passé.
10:02Le chaos qui a régné
10:03dans la ville
10:04pendant plusieurs heures,
10:05il est abominable.
10:06Et je pense qu'il n'y a pas
10:07un seul Lyonnais
10:08ou une seule Lyonnaise
10:09qui ne ressentent pas,
10:10qui n'aient pas
10:12les tripes nouées
10:13à cause de ce qui s'est passé hier.
10:15Voilà.
10:16Ça, déjà,
10:16je voulais vous le dire.
10:17Je voulais aussi,
10:18à mon tour,
10:18comme vous l'avez fait,
10:19M. le Préfet,
10:21remercier les services
10:22de la police nationale,
10:24les gendarmes,
10:25toutes celles et ceux
10:25qui ont été en première ligne.
10:26La police municipale aussi.
10:28La police municipale
10:29a sécurisé de nombreux lieux,
10:31a aussi été
10:32un auxiliaire important
10:34des services
10:35de la police nationale.
10:36Ils ont notamment protégé
10:37un certain nombre
10:38de bâtiments publics.
10:40Notre priorité,
10:41notamment une bonne partie
10:42de la soirée,
10:43a été de faire en sorte
10:44que l'hôtel de ville
10:45ne soit pas attaqué.
10:47Je voudrais aussi remercier
10:49tous les services
10:50de la ville,
10:51de la métropole,
10:53toutes les personnes
10:54qui, aujourd'hui,
10:54font en sorte
10:55que la ville retrouve
10:57un visage,
10:58progressivement, bien sûr,
11:00met un visage satisfaisant.
11:02On a toute la nuit
11:03des agents
11:03qui ont travaillé
11:04pour commencer
11:05à nettoyer.
11:06Et ça, c'est important.
11:08Bien sûr,
11:08devant cet office du tourisme,
11:11j'ai aussi une pensée
11:11pour les équipes
11:13de l'office du tourisme
11:14qui, aucun d'entre eux,
11:16je le disais un peu plus tôt,
11:17n'a été blessé,
11:18mais qui ont perdu
11:18leur outil de travail.
11:20Voilà.
11:21Il va falloir tirer
11:22les leçons de tout ça.
11:23Il va falloir réparer.
11:25Il va falloir reconstruire.
11:28Moi, j'ai demandé
11:29avec le maire de Marseille
11:31et le maire de Paris
11:32à pouvoir être reçus
11:33très rapidement
11:33par le Premier ministre
11:35parce qu'il va falloir
11:36établir un certain nombre
11:37de diagnostics.
11:38Il y a un certain nombre
11:38de leçons
11:39qui doivent être tirées
11:40de cela.
11:41Là, on est encore,
11:41en tout cas,
11:42c'est mon cas,
11:42encore dans l'émotion,
11:44très clairement,
11:45et aussi dans le souci
11:48de pouvoir apporter
11:48une réponse rapidement
11:49à celles et ceux
11:51qui ont été touchés.
11:54On a besoin
11:55que les assureurs
11:56se mobilisent vite
11:57pour les commerçants.
11:59On a besoin
12:00que les institutions,
12:02je pense, bien sûr,
12:03à l'État,
12:05à la région
12:06et à la métropole,
12:07se mobilisent aussi
12:08très, très vite
12:09pour venir en aide
12:11aux commerçants.
12:12Je faisais référence
12:14aux assureurs.
12:14Vous en avez aussi parlé,
12:16M. le Préfet.
12:17On sait que tout le monde
12:18n'est pas assuré
12:18de la même façon.
12:20Or, tout le monde
12:20a vécu
12:22les attaques
12:23globalement
12:24de la même façon,
12:24même si, bien sûr,
12:25certains ont été pillés
12:27d'autres pas,
12:27mais il va falloir
12:28venir en aide
12:29à nos commerçants
12:30pour qu'ils puissent
12:32rebondir.
12:33Et puis aussi,
12:34tout à chacun,
12:35en tant que citoyen,
12:36il va falloir
12:36qu'on aide aussi
12:37nos commerçants
12:37en allant les voir,
12:39en allant aussi
12:40dans les prochaines semaines
12:41quand ils seront
12:41de nouveau
12:42en capacité
12:44de pouvoir ouvrir,
12:45d'aller vers eux
12:46prioritairement.
12:47Voilà, je le dis aussi,
12:48c'est peut-être un peu tôt
12:49de penser à nos courses
12:50de Noël,
12:50mais en tout cas,
12:51il va falloir aussi
12:51qu'on aide nos commerçants
12:52de proximité
12:53pour les aider à se relever.
12:54Quelle action de la ville
12:55va être faite par rapport à ça ?
12:56Alors, vous le savez
12:58très certainement,
12:59ou si vous ne le savez pas,
13:00je vous le dis,
13:01la ville en tant que telle
13:02ne peut pas soutenir
13:03directement les commerçants.
13:04Nous, on soutient
13:05les associations de commerçants.
13:06On n'a pas la possibilité,
13:07ça ne fait pas partie
13:08de nos possibilités juridiques.
13:10Donc, on les soutient déjà
13:12les associations de commerçants.
13:14Mon adjoint à l'économie,
13:16Éric Lambert,
13:16qui est juste derrière,
13:18les réunira très rapidement
13:20cette semaine
13:21pour pouvoir identifier
13:22avec eux
13:24ce qui peut être refait
13:25pour redynamiser
13:26très rapidement le commerce.
13:27Mais la priorité,
13:28c'est l'aide individuelle
13:30à chacun d'entre eux
13:30en fonction de ce qu'ils ont pu
13:33perdre, des pillages
13:34dont ils ont fait l'objet.
13:35Qu'est-ce que vous avez demandé
13:36au Premier ministre ?
13:37Vous voulez lui parler,
13:38mais c'est un problème
13:40de diagnostic en avance
13:41sur cette journée-là
13:42qui n'a pas été bien fait.
13:43Qu'est-ce que vous voulez savoir ?
13:44Vous posiez la question
13:45tout à l'heure
13:46à M. le Préfet
13:46qui a commencé à vous répondre
13:47sur le caractère hors norme
13:50de ces pillages,
13:52de ces scènes d'émeute,
13:54de ces attaques.
13:56Oui, ça nous interroge.
13:57Ça doit nous interroger
13:59collectivement aussi
14:00sur notre capacité
14:01à anticiper
14:02et à répondre,
14:03assurément.
14:04Après,
14:06la mobilisation
14:06du dispositif,
14:08le nombre de forces
14:09qui étaient
14:11sur le terrain hier,
14:12c'est à M. le Préfet
14:13de répondre
14:14sur ce sujet-là.
14:15Mais bien évidemment,
14:16il y a des questions
14:17que nous devons poser,
14:19que nous allons devoir
14:21adresser collectivement.
14:22Et c'est pour ça
14:23qu'avec le maire de Marseille
14:26et le maire de Paris,
14:27on a souhaité être rapidement
14:28reçus par le Premier ministre.
14:31nous sont sentis démunis.
14:33M. le Préfet,
14:35qu'est-ce que vous répondez
14:35à votre observateur ?
14:37Vous savez,
14:37j'ai passé plusieurs heures
14:45auprès des services de la police,
14:47notamment dans notre centre de supervision,
14:50pour à la fois suivre
14:52la mobilisation
14:54des différentes forces de sécurité,
14:56mais aussi par moi-même
14:57me rendre compte
14:59de l'ampleur
15:00des assauts
15:01qui étaient donnés
15:02par les émeutiers.
15:05Je vous parlais tout à l'heure
15:07des émotions
15:07par lesquelles
15:09on est tous passés.
15:10Moi, j'ai eu peur.
15:12J'ai été angoissé
15:13à certains moments.
15:14J'ai craint pour la vie
15:15d'un certain nombre de personnes.
15:16Et c'est pour ça,
15:17encore une fois,
15:18que je tiens à remercier
15:19les forces de sécurité
15:21qui n'ont pas pu empêcher
15:23les pillages,
15:24qui n'ont pas pu empêcher
15:25que les biens soient cassés,
15:28mais par contre,
15:29qui ont tout fait
15:30pour que les personnes,
15:31que les vies soient préservées.
15:33C'était la priorité.
15:34On s'est eu à plusieurs reprises
15:35et dans la journée
15:36et dans la soirée
15:38avec M. le Préfet.
15:39C'était systématiquement
15:40ce dont on parlait,
15:42faire en sorte
15:42qu'il n'y ait personne de blessés.
15:45Alors, il y a eu des blessés
15:45côté forces de sécurité.
15:47Il y en a eu aussi
15:47du côté de la police municipale.
15:50Fort heureusement,
15:50des blessés légers.
15:52Mais c'était notre crainte absolue,
15:54c'était d'avoir
15:54des blessés graves
15:55ici à Lyon.
15:57Je ne vais pas vous dire
15:57qu'on a évité le pire
15:58parce que quand on voit
15:59l'état dans lequel est la ville,
16:00on ne peut pas dire ça,
16:01bien évidemment.
16:02Mais on a en tout cas
16:03fait en sorte
16:04qu'il n'y ait pas
16:05de blessés graves
16:06ici à Lyon.
16:07Vous dites quoi
16:07aux commerçants
16:08qui disent
16:09que vous les avez abandonnés
16:09et qu'il n'y avait pas
16:10ces policiers ?
16:11Alors,
16:13on n'a abandonné personne.
16:15On n'a abandonné personne.
16:17On a fait en sorte
16:18et c'était le service,
16:19c'était l'objectif
16:21de la police nationale
16:22de se mobiliser
16:23à chaque fois
16:24qu'il y avait un assaut
16:25qui était donné.
16:26Mais les assaillants
16:28étaient à la fois
16:29très nombreux
16:29et la police nationale
16:31était débordée
16:33par les événements.
16:34Monsieur le préfet,
16:35comment expliquer
16:35qu'il y avait
16:36si peu de policiers ?
16:38Alors,
16:40comme je l'ai indiqué
16:41tout à l'heure,
16:42il y avait un gros dispositif,
16:43plusieurs centaines
16:44de policiers.
16:47Je vais vous répondre,
16:48il y avait un gros dispositif.
16:50On a eu une manifestation
16:52ici,
16:53comme partout ailleurs,
16:54d'une ampleur inédite.
16:57Et donc,
16:58effectivement,
17:00nous avons priorisé.
17:02et en priorisant
17:04d'abord la vie des gens.
17:06C'est le B.A.B.
17:07c'est normal
17:08et on est là pour ça.
17:10Et la vie des gens
17:12au dépend
17:13de la sécurité physique
17:14des policiers,
17:16des gendarmes,
17:17des CRS
17:17et des pompiers.
17:20On a protégé
17:21les gens d'abord.
17:23Ensuite,
17:24je rappelle
17:25qu'il y avait
17:26une tactique
17:27de la part
17:29des émeutiers
17:31qui était
17:32de se séparer
17:33en plusieurs cortèges
17:35ou plusieurs groupes
17:36avec des logiques
17:37de prise en tonaille
17:38de la police
17:40et de gens
17:40qui attaquaient
17:42à coups de molotov.
17:44Vous voyez ?
17:46Les forces de sécurité.
17:50Et il y avait
17:51les pilleurs,
17:53les voleurs
17:53qui se surajoutaient
17:55là-dessus
17:55et qui, eux,
17:56étaient dans une logique
17:57d'opportunité.
17:58On va en profiter
17:59pour aller
18:00piller ce qu'on veut.
18:02Et on voit bien
18:03un certain nombre
18:04de magasins
18:04qui étaient barricadés
18:07avec des palissades
18:08en bois
18:09qui ont été
18:10ciblés
18:11méthodiquement
18:11parce qu'ils savaient
18:12très bien
18:13ce qu'ils cherchaient
18:13dans ce magasin.
18:15Ils ne s'en sont pas pris
18:15au commerce
18:16de nourriture
18:17ni au café-restaurant.
18:19Ils s'en sont pris
18:20à ce qui
18:22représente
18:22des biens.
18:24Voilà.
18:25Et donc,
18:26la police,
18:27elle a été
18:27le plus possible
18:28partout.
18:30Vraiment partout.
18:30Attendez,
18:31je réponds,
18:31je connais.
18:32Le plus possible
18:33partout.
18:34Et donc,
18:35je veux la remercier.
18:37Ça ne pouvait pas
18:37avoir plus de moyens
18:38?
18:38Vous étiez
18:39au niveau de la semaine ?
18:40Moi,
18:40j'ai eu des moyens
18:41comme en France,
18:42partout,
18:43on a eu des moyens.
18:44Maintenant,
18:44moi,
18:44je ne peux pas
18:46mettre un policier
18:47devant chaque magasin.
18:47Ça n'existe pas,
18:48ça.
18:48Ça n'existe nulle part.
18:50Mais dans le sens,
18:51ce n'est pas ce que je dis.
18:52Je dis simplement
18:54cette manifestation,
18:55elle était totalement
18:56inédite dans
18:56l'évaluation
18:57du nombre
18:58de manifestants
18:58parce qu'il n'y avait
18:59pas de déclaration
19:00non plus.
19:01Vous voyez ?
19:02On sait très bien
19:03qu'avec les réseaux sociaux,
19:04en deux heures,
19:05vous pouvez faire venir
19:07des centaines de gens
19:08à un endroit.
19:09Et donc,
19:10on s'est retrouvé,
19:11on a bien observé
19:12toute la semaine.
19:13Souvenez-vous,
19:15lorsqu'on a eu
19:15des manifestations précédentes,
19:16j'en ai interdit.
19:18Là,
19:18on n'avait aucune
19:19déclaration,
19:20on n'avait rien.
19:21si ce n'est
19:23quelques éléments
19:24sur les réseaux sociaux.
19:26Dernière question.
19:28Qu'est-ce que vous répondez
19:29aux observateurs
19:30qui estiment
19:31que c'est la banlieue
19:32qui s'est attaquée
19:33au centre-ville ?
19:35Moi,
19:35je dis
19:36que je ne sais pas
19:37si c'est la banlieue
19:38ou la ville.
19:39Je dis simplement
19:40que c'est une
19:44délinquance,
19:44des malfrats,
19:45des voleurs,
19:46des pilleurs
19:46d'opportunités,
19:48de gens
19:48qui,
19:50sachant qu'il y a
19:50une manifestation
19:52qui risque
19:53de dégénérer
19:54parce que
19:54les ultras
19:55avaient pour objectif
19:56de faire dégénérer,
19:58qui se sont dit
19:58on va en profiter
19:59pour faire nos courses.
20:00Voilà.
20:00C'est ça.
20:01C'est ça que je dis.
20:02On va analyser.
20:04La problématique banlieue,
20:05vous pensez que c'est une bêtise ?
20:06Je ne dis pas
20:07que c'est une bêtise.
20:08Je dis simplement
20:08moi je veux analyser.
20:10On a 160 personnes
20:12en garde à vue,
20:13124 majeurs.
20:14On va regarder
20:15exactement d'où ils viennent.
20:16On va regarder
20:17exactement
20:17est-ce qu'ils étaient inscrits
20:20otages,
20:20les antécédents judiciaires,
20:22est-ce qu'ils étaient inscrits ?
20:23Est-ce qu'on les connaît ?
20:23Est-ce qu'on ne les connaît pas ?
20:24On va faire ça
20:25très très vite.
20:26On va.
20:26Mais je ne veux pas
20:27vous dire des choses fausses.
20:29Monsieur le Préfet,
20:29vous craignez
20:29de nouveaux débordements
20:30à l'avenir ?
20:31On est toujours
20:32extrêmement prudents.
20:33On est extrêmement prudents,
20:35extrêmement vigilants,
20:37extrêmement mobilisés.
20:37Moi je n'exclus rien.
20:38Je suis extrêmement prudent
20:40et on est
20:41le plus mobilisés possible.
20:42Merci.
20:42Merci.
20:42Merci.
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