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Pourquoi les cathédrales continuent-elles à nous toucher, parfois même au-delà de la foi ? À travers leur architecture, leur lumière, leur verticalité et leur vocation liturgique, l’émission s’interroge sur ce que ces édifices disent encore aujourd’hui de Dieu, de la transcendance et du besoin de silence. Avec Pauline de Préval, le Père Thomas Chapuis et Joshua Colin.
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Enquête d'Esprit sur CNews et Europe 1.
00:04Depuis Notre-Dame de Paris jusqu'à Albi, en passant par Amiens, Beauvais et Chartres,
00:08les cathédrales dominent nos villes depuis des siècles.
00:11Elles impressionnent par leur hauteur, leur lumière, leurs vitraux.
00:14Mais au-delà de la prouesse architecturale, que disent-elles encore de Dieu,
00:19de la foi et du désir de transcendance ?
00:22Derrière la pierre, la lumière, la verticalité, cette même question qui demeure,
00:26vers quoi l'homme veut-il s'élever ?
00:28Pourquoi leur beauté touche-t-elle encore les croyants comme les non-croyants ?
00:33Comment ces édifices pensés pour la liturgie peuvent-ils devenir des lieux de conversion aujourd'hui,
00:38de silence et de refuge dans un monde saturé de bruit ?
00:41On en parle aujourd'hui avec nos invités d'Enquête d'Esprit,
00:44cette émission qui est en partenariat avec l'hebdomadaire France Catholique.
01:02Bonjour Marie-Liès Chevalier, les informations avec vous.
01:04Et bien sûr, la santé du pape qui préoccupe tous les fidèles.
01:08Oui, bonjour Aymeric, bonjour à tous.
01:09Le Saint-Père est malade, il l'a annoncé lui-même et a été opéré mardi matin à l'hôpital
01:14Gemelli de Rome.
01:15Une opération qui a révélé un cancer du poumon et a provoqué une vague de prière fervente chez les catholiques
01:20du monde entier.
01:23C'est une nouvelle qui a fait la une des journaux et provoqué une vague de prière dans le monde
01:28entier.
01:29Alors que le souverain pontife a subi une ablation pulmonaire qui a dévoilé un cancer du poumon,
01:34les fidèles se sont réunis pour prier pour sa santé.
01:38Au Vatican, d'abord, ils sont venus en ombre sur la place Saint-Pierre.
01:44J'avais hâte de le voir, mais comme il est malade, je me suis dit, je vais simplement prier pour
01:48le Saint-Père.
01:49J'espère que tout ira bien et qu'il sera bientôt de retour parmi nous, auprès de tout le monde.
01:55En France également, après son dernier voyage qui a profondément marqué les catholiques.
02:00J'ai appris aujourd'hui qu'il y avait une messe qui était célébrée à son intention pour confier le
02:06pape sa santé.
02:07Et surtout, la force de la messe, c'est que c'est le sacrifice de Jésus.
02:11Donc voilà, c'est, Seigneur, que votre volonté soit faite.
02:14Mais aussi au Pérou, où le pape est très attendu mi-novembre.
02:19Je pense que nous espérons tous qu'il se remettra vraiment et qu'il viendra seulement à ce moment-là.
02:25Laissons-le se reposer, laissons-le retrouver son calme.
02:29Et quand il se sera rétabli, nous savons qu'il viendra ici.
02:33Une vague de foi et d'espérance qui répond à l'appel du pape et qui unit les fidèles catholiques.
02:40Et au Brésil, à l'occasion de la fête nationale de la Vierge d'Aparissida,
02:44Lula, 80 ans, et Flavio Bolsonaro, 45 ans, ont assisté à des messes séparées dans la capitale.
02:50Un signal politique fort adressé à l'électorat catholique, véritable pivot de l'élection.
02:55La Vierge d'Aparissida est devenue la sainte patronne du Brésil
02:58après la découverte miraculeuse de sa statue par des pêcheurs en 1717,
03:03suivi d'une prise de poisson exceptionnelle.
03:06Et depuis jeudi, le reliquaire de la Sainte Crèche a été déplacé de sa crypte habituelle
03:11vers une chapelle latérale de la basilique Sainte-Marie-Major.
03:14Ce transfert temporaire permet aux fidèles de bénéficier d'une proximité inédite
03:18avec la relique pour la prier.
03:20Avant son retour prévu sur le Grand Hôtel, pour la nuit de Noël,
03:23ces reliques montrent notamment un fragment de tissu de l'Enfant Jésus.
03:27Le tout est visible à travers les parois transparentes,
03:30d'un grand berceau en cristal et en argent massif richement sculpté.
03:35Et enfin, pour sa troisième édition, le pèlerinage Nostophé a battu de nouveaux records de fréquentation
03:40avec plus de 3000 participants entre tradition et enracinement local.
03:44Regardez ce reportage sur place.
03:48Il est 7h30 le samedi lorsque les 77 chapitres que forment les pèlerins s'élancent sur les routes de Provence
03:54jusqu'à la Sainte-Baume.
03:56Pour beaucoup de pèlerins, cette expérience est une première.
03:58C'est éprouvant physiquement et je ne suis pas du tout habituée à camper.
04:02Mais Nostophé, je ne l'ai pas fait pour moi, je l'ai fait pour porter ma famille et mes
04:07malades.
04:08C'est mon premier pèlerinage.
04:09C'est une bonne expérience.
04:10Des amis m'en ont parlé et il faut croire que c'est un pèlerinage qui a rapporté à la
04:15tradition et c'est quelque chose qui m'intéresse.
04:17Un pèlerinage local ancré dans les traditions.
04:19On souhaitait offrir à la Provence un pèlerinage à la fois enraciné dans ce qu'on a l'habitude de
04:27dire, une double tradition.
04:28C'est-à-dire d'un côté nos coutumes, nos traditions provençales et puis aussi l'enracinement dans la foi
04:34de nos pères.
04:34Ce premier but de notre pèlerinage c'est de pouvoir prier et pour ça on s'appuie sur la liturgie
04:38tridentine qu'on a choisi pour irriguer notre pèlerinage.
04:41A la nuit tombée, tous se retrouvent autour d'un spectacle folklorique entre chants, danses et costumes traditionnels.
04:48Toute la nuit, le Saint-Sacrement est exposé au cœur de la grotte de la Sainte-Baume.
04:53Le dimanche et après 40 kilomètres de marche, le pèlerinage se conclut par une messe pontificale célébrée par Don Louis
05:00-Marie, père abbé du Barreau.
05:04Une célébration accompagnée bien sûr de chants provençaux dont le plus célèbre qui affirme ceci.
05:10Provençale et catholique, notre foi n'a pas failli.
05:18Et c'est la fin de votre journal, merci beaucoup de l'avoir suivi.
05:21Emmerick, c'est à vous.
05:22Merci beaucoup Marie-Liès Chevalier d'Enquête d'Esprit.
05:24Aujourd'hui on parle des cathédrales, en quoi leur beauté peut-elle encore aujourd'hui mener à Dieu ?
05:30On en parle avec l'abbé Thomas Chapuis.
05:32Bonjour mon père.
05:34Bienvenue, vous êtes prêtre du diocèse de Beauvais, architecte de formation et vous êtes notamment engagé dans la réflexion autour
05:40du renouveau de la cathédrale de Beauvais,
05:43qui est votre cathédrale, vous nous en parlerez.
05:45Avec nous également Pauline de Préval, bonjour et bienvenue.
05:48Vous êtes romancière et essayiste, spécialiste des cathédrales et de l'art sacré.
05:51Vous avez consacré plusieurs ouvrages à leur histoire, à leur dimension spirituelle.
05:55Et vous publiez récemment Le miracle gothique, une histoire des cathédrales, chez Frémeaux et Associés.
06:01C'est un livre à la fois érudit et très accessible, synthétique.
06:04Voilà, donc vraiment à découvrir.
06:06Avec nous également Véronique Jacquier, bonjour Véronique.
06:08Bonjour Emmerick, bonjour à tous.
06:10Vous nous parlerez d'un converti célèbre, Paul Claudel, à Notre-Dame de Paris.
06:13Voilà, mais il y en a d'autres.
06:15Il y a également Joshua Collin, bonjour.
06:16Bonjour Enric.
06:17Bienvenue, vous êtes auteur et jeune baptisé après un parcours de conversion, justement, commencé à la cathédrale de Rouen.
06:23Vous nous expliquerez, vous témoignez de ce retour à la fois au sein de la jeunesse,
06:27notamment avec ce livre « Nous, les nouveaux baptisés » publié au Cerf.
06:31Alors, on va commencer cette émission par dire quelques mots du pape Léon XIV,
06:36qui a été hospitalisé et qui se remet de cette opération,
06:41au cours de laquelle on a diagnostiqué un cancer du poumon.
06:45Père Thomas Chapuis, on est passé de la liesse du voyage du pape en France à l'épreuve du cancer.
06:51Finalement, c'est un peu des foules des rameaux, si on prend une métaphore biblique,
06:57à la passion qui, en quelques jours…
07:00Ça paraît être une belle image, puisque précisément, on est frappé encore par l'émotion de notre pape,
07:08sa joie communicative lors de ses journées à Paris et en France, plus globalement.
07:15Et en même temps, je trouve que c'est un beau témoignage pour voir comment, dans notre foi,
07:20nous associons en même temps cette joie profonde qui nous vient du Christ,
07:24qui rayonne comme rayonne la lumière dans les cathédrales,
07:27et en même temps quelque chose de l'épreuve de la passion.
07:32Et en même temps, il n'y a jamais de résurrection sans crucifixion, si vous me permettez l'image.
07:38Et notre pape nous montre très bien comment, avec cette confiance et cette espérance profonde,
07:44on peut affronter cette épreuve, mais sans perdre notre espérance et notre joie.
07:50Cette belle image qu'il nous fait.
07:52On a vu cette prière des fidèles.
07:53C'est une prière qui, certainement, d'une manière invisible, porte ?
07:57Certainement.
07:59Bien sûr, c'est sous le regard de la foi.
08:00Nous pensons que le Seigneur nous apprend à vivre selon sa volonté,
08:06et si sa grâce le désir, que nous puissions aussi sortir des épreuves victorieuses.
08:12Alors, le même Léon XIV à Notre-Dame de Paris, bien sûr, on s'en souvient encore.
08:17Les images étaient magnifiques avec ces mots, le 25 septembre 2026.
08:22Donc, le simple fait d'y entrer à Notre-Dame nous met en face d'une beauté
08:25qui parle à notre cœur inquiet et l'appelle à la paix.
08:29Pauline de Préval, vous avez aimé les cathédrales avant même d'avoir la foi.
08:33Qu'est-ce qu'elles ont éveillé chez vous à ce moment-là ?
08:36Il est vrai que j'ai été éduquée dans la foi catholique, mais je n'ai pas toujours eu la
08:40foi.
08:41Et je n'ai pas toujours trouvé dans l'Église telle qu'elle était de quoi alimenter ma vie spirituelle.
08:46En revanche, j'ai toujours trouvé dans les cathédrales de quoi me nourrir,
08:51justement, d'abord, par cette beauté.
08:53Cette beauté, parce que ce n'est pas une beauté purement esthétique,
08:56mais une beauté qui est le gage d'une présence.
08:59Dans les cathédrales, j'ai toujours senti une présence qui me faisait signe à travers chaque pierre et chaque morceau
09:03de verre.
09:04Si je veux donner des exemples, dans la basilique Saint-Denis,
09:07les gisants aux yeux éblouis du temps de Saint-Louis m'ont appris que le monde ne se réduisait pas
09:12à ce qu'on peut en voir et ce qu'on peut en concevoir.
09:16Quand tout semblait me dire le contraire autour de moi, ils m'ont confirmé dans l'idée qu'on n
09:21'était pas un tas d'atomes assemblés par hasard,
09:23voués à consommer avant d'être consommés par les verres, mais qu'une grande aventure nous attendait.
09:27Cette aventure, j'en ai eu le sens aussi devant les statues-colonnes, aux silhouettes effilées par la tente de
09:32la cathédrale de Chartres.
09:33Et sur leur visage, j'ai vu aussi un petit peu de la lumière que je recherchais se refléter.
09:39Autre exemple, vous avez montré ce magnifique ange au sourire de Reims.
09:43Sur ses lèvres, dans ses yeux en amende, j'ai vu aussi s'épancher un amour infini, un amour infini
09:49auquel on aspire tous.
09:52Plongé dans la lumière rougeoyante du déambulatoire de la cathédrale de Bourg, je me suis sentie plongée vraiment dans un
09:58autre monde.
09:59Un monde qui est fait à la fois de la matière de celui-ci, mais transfiguré et transfigurante.
10:04Joshua Collin, vous allez nous raconter tout à l'heure votre conversion dans la cathédrale de Rouen.
10:08Mais auparavant, est-ce que vous pensez que cette beauté dont parle Pauline de Préval, elle touche encore les jeunes
10:12aujourd'hui, croyants ou non-croyants ?
10:15Oui, je pense tout à fait. Moi, je viens d'une famille athée, donc on ne parlait pas de Dieu
10:19à la maison.
10:20Il était tout simplement absent. Ce n'était même pas un sujet.
10:23Et je ne connaissais rien, moi, de la foi chrétienne. Je ne savais à peine quitter le cri. Je ne
10:26connaissais pas le Notre Père.
10:28Et en fait, quand on arrive sans rien connaître, on arrive sans préjugés. On arrive avec une âme très innocente.
10:36C'est la chance de votre génération, on peut dire ?
10:37Exactement. On ne se positionne pas par rapport à l'institution, par rapport aux débats, aux querelles internes qui peuvent
10:42diviser l'Église.
10:43On arrive avec un cœur vraiment humble. Et en entrant, moi, dans cette cathédrale, j'ai ressenti le poids aussi
10:50de l'histoire, de ce qui nous avait précédé, qui me dépassait.
10:54Et le pape Léon parle d'un cœur inquiet. Mais je pense que ça s'applique très bien à ma
10:59génération. Il y a un grand paradoxe.
11:01C'est qu'on est une génération qui vit dans beaucoup de confort. On n'a jamais eu accès à
11:04autant de biens, à autant de loisirs.
11:06Et pourtant, on est une génération sous antidépresseurs. Donc il y a vraiment un grand...
11:11Une recherche de sens qui ne s'avoue pas, qui ne se dit pas.
11:14Absolument. Et en fait, quand un jeune rentre dans une cathédrale, il découvre quelque chose de plus grand que lui,
11:18qui s'impose à lui.
11:19Et je pense que c'est très... ça renoue avec l'âme intérieure.
11:24Père Thomas Chapuis, je reprends les mots de Léon XIV. Une beauté qui touche le cœur.
11:28Est-ce que c'est la vocation finalement même d'une cathédrale que de rendre sensible quelque chose d'invisible
11:33?
11:34Je pense que ça a même toujours été l'intention des bâtisseurs d'inscrire dans l'histoire et dans la
11:40matière sa foi.
11:42Et donc, à travers les éléments architecturaux, de pouvoir exprimer quelque chose de l'émotion et de la connaissance intérieure
11:53de Dieu.
11:54Le thème de la lumière, par exemple, est un thème absolument fondamental.
11:57Depuis le tout premier livre de la Bible jusqu'à aujourd'hui, nous percevons que d'une manière ou d
12:02'une autre,
12:04Dieu est une illumination du cœur, de l'intelligence, des pierres, du monde, une transfiguration du monde.
12:11Et l'assemblage de ces pierres, de ces statues, de cette foi, nous montre quelque chose d'une transfiguration du
12:19monde auquel nous sommes appelés.
12:21C'est saisissant.
12:23Pauline de Préval, vous parlez de Bible des illettrées.
12:25C'est une expression qui est assez emblématique.
12:28Qu'est-ce qui s'est passé au XIIe siècle ?
12:30Au moment, c'est le thème de votre livre, le miracle gothique, tout change dans l'histoire des cathédrales.
12:36Les églises montent, la lumière entre davantage, les vitraux prennent une place immense.
12:41Du XIIe au XVIe, on construit 80 cathédrales.
12:45À quoi correspond ce mouvement ?
12:47Comment vous l'expliquez ?
12:48Est-ce qu'on peut dire, vous dites dans votre livre, c'est un mouvement de réforme spirituelle finalement qui
12:51est à l'œuvre ?
12:52Oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, on est fasciné par la technique et donc on s'en tient souvent
12:55à des explications sur l'apparition d'une nouvelle formule technique.
13:00L'invention, enfin la combinaison de la croisée d'ogives, des piliers, des arboutants et des contreforts permettent d'élever
13:06des cathédrales beaucoup plus hautes et beaucoup plus lumineuses.
13:09Mais ces techniques elles-mêmes, elles sont appelées par une pensée nouvelle.
13:12Et cette pensée, c'était celle des prélats réformateurs, donc qui voulaient restaurer la grandeur et la sainteté de l
13:18'Église, qui voulaient aussi mieux éduquer les fidèles et les prêtres et qui voulaient mieux traduire la présence divine.
13:25Alors le père Thomas Chapuis a parlé de la mystique de la lumière qui est depuis l'origine celle de
13:31l'Église.
13:31Et l'Église du XIIe siècle a cherché à exprimer cette mystique de la lumière avec une recette architecturale nouvelle,
13:40sachant qu'à l'époque romane, cette mystique était la même.
13:43Simplement, comme on avait voulu voûter les églises en pierre à cause des incendies, elles étaient extrêmement sombres et petites,
13:51massives.
13:52Donc il y a la volonté de retrouver cette mystique de la lumière.
13:54Après, il y a aussi toute une pensée dont on parlera peut-être plus tard.
13:57Mais pourquoi est-ce que la lumière, particulièrement à ce moment-là, marque les esprits et on a envie de
14:01la voir ?
14:02Elle marque les esprits par contraste, parce que comme je vous l'ai dit, les cathédrales romanes étaient assez sombres,
14:07parce qu'elles étaient voûtées en pierre.
14:09Et ce qu'on réussit à faire les architectes du XIIe siècle dans le bassin parisien, parce que cet art
14:13est né dans le bassin parisien,
14:15c'est de trouver une nouvelle combinaison qui permettait à la fois de voûter en pierre, mais de faire des
14:19édifices aussi lumineux et aussi élevés,
14:22et même plus élevés encore que les basiliques paléo-chrétiennes et carolingiennes qui les avaient précédés en fait.
14:26C'est vraiment un changement d'époque. Véronique Jacquet.
14:29Oui, Pauline de Préval, vous parlez de pensée nouvelle. Est-ce qu'elle s'est incarnée à travers des hommes
14:33? Forcément, oui. Et lesquels ?
14:35Quels hommes ont porté cette pensée nouvelle à l'époque, au Moyen-Âge, pour construire les cathédrales ?
14:40On pense à ce sujet. Il a eu un rôle absolument clé dans ce développement, parce qu'il a donné
14:44en fait une...
14:46Il voulait articuler en fait la papauté, une alliance entre la papauté et la monarchie.
14:51Il a été un fer de lance à la fois de l'idéologie royale et de l'art gothique.
14:56À Saint-Denier.
14:57Il a eu un rôle clé aussi dans l'incarnation de cette mystique de la lumière.
15:00Mais il y a deux exemples encore qui peuvent être très très parlants.
15:06Maurice de Sully, au moment où on construit Notre-Dame de Paris, donc c'est lui qui a initié le
15:11chantier.
15:12Lui, il est l'auteur d'un traité sur le canon de la messe, c'est-à-dire sur la
15:15prière eucharistique.
15:16Donc il y a une grande influence de cette pensée-là, on en parlera peut-être plus tard.
15:22Et il y a aussi son successeur, Eudes de Sully, qui est sans lien de parenté avec lui.
15:25Mais à l'époque où s'élève la façade de Notre-Dame de Paris, la façade occidentale qu'on admire
15:30aujourd'hui,
15:31il promouvait le « Je vous salue, Marie » et l'élévation de l'hostie.
15:35Donc il y a un rapport évident entre ces cathédrales qui s'élèvent comme des corps de gloire au milieu
15:41des villes, en fait,
15:42et la pensée qui les sous-tend.
15:44Alors, on va y revenir bien sûr, mais je voudrais auparavant qu'on aille à Reims,
15:48parce qu'évidemment, c'est une des plus emblématiques cathédrales qui incarne aussi l'histoire de France.
15:55Justement, on va y fêter bientôt les 800 ans du Sacre de Saint-Louis.
15:59Regardez et écoutez ce reportage de Marie-Lièche Chevalier et Jean-Laurent Constantini.
16:05C'est au pied de cette cathédrale qu'a défilé, durant plus de 1000 ans, 25 rois de France venant
16:09recevoir leur sacre.
16:11Effectivement, on peut dire que cette cathédrale représente le cœur chrétien du royaume,
16:17en mémoire du baptême de Clovis, et dès le Moyen-Âge, on a considéré ce baptême comme l'acte fondateur
16:22du royaume.
16:23Sur la façade de l'édifice, construite après un grand incendie sous le règne de Saint-Louis,
16:28des références bibliques montrant au futur roi la charge qui allait lui incomber.
16:32Cette façade nous parle de la royauté.
16:35D'abord de la royauté du Christ, au gable principal, le Christ vainqueur de la mort, ressuscité,
16:40et qui accueille au ciel sa mère, la Vierge Marie, Reine du Ciel,
16:45qui, elle, dans cette cathédrale Notre-Dame, accueille ses fidèles.
16:48Le roi est un nouveau David, mais le roi aussi est un nouveau Clovis.
16:51Comme le rappelle tout en haut, dans la cuve baptismale Les Mains Jointes,
16:55le roi Clovis, entouré de Sainte-Cotilde et de Saint-Remy,
16:58et se succède tout autour, jusque sur le revers des tours, 56 statues monumentales de rois.
17:05Sur cette façade, une statue a particulièrement attiré l'attention des visiteurs,
17:10un ange au sourire indescriptible, mais bien connu.
17:13Mais pourquoi sourit-il ? Parce qu'il apportait la palme du martyr à l'évêque qui se trouve à
17:18côté de lui.
17:18Il apporte la bonne nouvelle qu'il l'emmène dans la gloire du ciel.
17:22A l'intérieur de la cathédrale, une grande sobriété, mais autour de la grande porte, un avertissement.
17:28On y retrouve le bon roi, tout en bas à gauche, le roi David, ancêtre du Christ.
17:34Mais on retrouve aussi un mauvais roi, le roi Hérode, qui commande le massacre des innocents et qui tire l
17:41'épée pour le mal.
17:44Or, l'épée qui est remise au roi, qui était posée sur l'autel, lui est remise pour qu'il
17:49se fasse régner la paix et la justice.
17:51Symbole de la paix, la cathédrale de Reims le reste encore.
17:54Largement bombardée lors de la Première Guerre mondiale, c'est sur son parvis que le général de Gaulle et le
17:59chancelier Adenauer
18:00scelleront la réconciliation franco-allemande en 1962.
18:04Alors Pauline de Préval, pourquoi est-ce qu'on parle d'un art français, à propos des cathédrales, pardon ?
18:09Vous parlez même de miracle français comme il y a un miracle gothique. Pourquoi en France ?
18:14C'est dans le bassin parisien, plus précisément dans le domaine capétien, qu'a émergé cette pensée que j'ai
18:22commencé à aborder.
18:24Les écoles de théologie parisiennes ont eu une influence déterminante, par exemple sur le concile de la 34,
18:29qui pose le dogme de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.
18:34Donc les écoles de théologie parisienne ont eu cette influence forte, il y a eu des prélats qui défendaient aussi
18:38cette pensée,
18:39et c'est eux qui ont impulsé aussi, qui ont impulsé toute cette nouvelle architecture.
18:45Et c'est aussi en France que s'est nouée cette alliance particulière entre la papauté et la monarchie capétienne,
18:52à partir du règne de Louis VI.
18:53Et l'art gothique est le fruit de cette alliance particulière, parce qu'elle traduit à la fois la pensée
18:59des prélats issus de la réforme grégorienne,
19:02et en même temps, quand les rois ont vu ce que donnait ce style à Saint-Denis et ailleurs, ils
19:07s'en sont fait eux-mêmes ensuite le vecteur.
19:09Donc c'est en France qu'a...
19:11Ils se sont appropriés en quelque sorte l'art...
19:13C'est en France qu'est né cet art, et c'est que tardivement qu'on s'est mis à
19:17parler d'art gothique.
19:18C'est à la Renaissance, et les théoriciens de l'art italien de la Renaissance, au XVIe siècle,
19:23qui se sont mis à parler d'art gothique.
19:24De manière un peu péjorative d'ailleurs, qu'on disait gothique, c'était les Gaules et barbares.
19:27C'était un art barbare qui avait détruit celui de la brillante civilisation gréco-romaine, en fait.
19:32Et ce terme péjoratif est resté.
19:34On a bien tenté, au XIXe siècle, il y a eu des tentatives de parler d'art ogival ou à
19:37nouveau d'art français,
19:38parce qu'on parlait à l'origine d'art français, mais le terme de gothique est resté,
19:42il était trop ancré dans les mentalités.
19:44Père Chapuis, juste avant la pub, qu'est-ce que ça nous dit aussi de la foi de cette époque
19:49?
19:49Parce que, effectivement, c'est le fruit d'une pensée, ce que disait Pauline de Préval,
19:52mais est-ce qu'on peut aller plus loin, qualifier cette...
19:55Est-ce qu'il y avait l'espérance, par exemple, du salut qui jouait derrière cet élan des cathédrales ?
20:00On ne peut pas ignorer que c'est quand même aussi le fruit d'un immense mouvement populaire.
20:05La France, à ce moment-là, est certainement le lieu d'une effervescence théologique et intellectuelle très forte.
20:12Albert le Grand, saint Thomas d'Aquin, c'est concomitant avec ses élévations de cathédrales.
20:17Mais c'est aussi une foi tout entière populaire qui célèbre le mystère de son espérance
20:23dans une société médiévale qui essaye de s'extraire de petit à petit de la violence par la justice,
20:28par les lois sur la paix, mais aussi par la convergence d'une foi de tout un peuple.
20:36Et donc, ça nous dit quelque chose compte tenu de notre problématique actuelle.
20:43On n'en est pas encore à cet élan de reconstruction.
20:46Ça a peut-être démarré à Notre-Dame de Paris, on y reviendra.
20:49Non, mais les symboles sont forts quand même de penser.
20:51Le pape a été très fin de nous dire, en quelque sorte,
20:56voyez cette cathédrale de Paris qui était en ruine.
20:58Voyez comment elle a été reconstruite, portée par un élan d'affection viscérale,
21:06non seulement du peuple français, mais du monde entier.
21:11Pour sa reconstruction, sa rédification, quelle image extraordinaire de la foi
21:17qui est appelée à renaître de ses cendres.
21:19C'est une belle image pascale, mais c'est aussi un appel pour nous, très fort.
21:23Nos cathédrales doivent être le lieu d'un renouveau de la foi.
21:27C'est un appel d'ailleurs qui est entendu par quelques jeunes,
21:31quelques dizaines de milliers même, en France notamment.
21:34On en reparle dans un instant avec des convertis célèbres aussi,
21:37Paul Claudel notamment.
21:38Vous restez avec nous, on se retrouve d'ici quelques minutes.
21:41De retour dans Enquête d'Esprit sur CNews et Europe 1,
21:45en partenariat avec l'hebdomadaire France catholique.
21:48Et on parle des cathédrales du formidable élan spirituel
21:51qui a contribué à leur naissance et à la renaissance aussi de tout un peuple,
21:56en France notamment.
21:57Et quelles leçons on peut en tirer pour aujourd'hui ?
22:00On est avec l'abbé Thomas Chapuis, prêtre du diocèse de Beauvais.
22:03Il s'investit dans la restauration et le renouveau de sa cathédrale,
22:07de la cathédrale de Beauvais, de la cathédrale de son diocèse.
22:10Avec Pauline de Préval également, qui publie un essai formidable,
22:13« Miracle gothique, une histoire des cathédrales » chez Frémaux et associés.
22:17Véronique Jacquet qui nous parlera d'un converti célèbre à Notre-Dame de Paris.
22:20Bien sûr, Paul Claudel.
22:21Et puis Joshua Collin, un autre converti à la cathédrale de Rouen.
22:24Et vous avez publié cet ouvrage, notamment « Nous, les nouveaux baptisés ».
22:28Et c'est effectivement un des enjeux de cette beauté des cathédrales
22:31qui n'est pas juste purement esthétique, publié au Cerf.
22:36Alors justement, il y a des convertis célèbres dans les cathédrales.
22:40Paul Claudel, on va en parler dans un instant avec Véronique.
22:43Mais Joshua, d'abord, racontez-nous le point de départ de votre conversion.
22:47Vous avez 18 ans, vous entrez dans la cathédrale de Rouen et vous restez 2h30.
22:51Qu'est-ce qui s'est passé pendant 2h30 ?
22:53Écoutez, moi je viens d'une famille, comme je vous ai raconté, qui est athée.
22:57Donc je n'avais pas du tout grandi avec cette éducation chrétienne.
23:00Et j'étais assez ignorant en fait.
23:02Je ne connaissais rien du tout de la foi.
23:04Je savais à peine qui était le Christ, ce qu'était la Bible.
23:07Je n'avais vraiment aucune base.
23:10Et le jour de mes 18 ans, en fait, je me balade dans les rues de Rouen
23:13et j'arrive sur cette place de la cathédrale.
23:16Une cathédrale très impressionnante pour ceux qui la connaissent.
23:19Et je reçois un appel à y entrer.
23:21Je n'y étais jamais entré auparavant.
23:23Vous aviez des interrogations spirituelles ou pas du tout ?
23:26Pas spécialement, mais comme c'était le jour de mes 18 ans,
23:29mon entrée dans la vie adulte, je faisais un peu le bilan de mes 18 premières années sur Terre.
23:33J'avais un petit moment d'introspection en fait.
23:35Et je décide d'entrer dans cette cathédrale.
23:38Et en fait, je m'assois dans la nef face à la croix.
23:40Et j'y reste deux heures et demie, comme vous l'avez rappelé.
23:44Et en ressortant de cette cathédrale, je réalise que je crois en Dieu.
23:48Et je me dis, en fait, c'est ça qui te manquait à ta vie.
23:52Tu n'as pas de spiritualité.
23:53Il faut que tu ailles à la rencontre de ce Dieu dont tu ignores tout.
23:56Et à partir de là, j'ai entamé un grand parcours de rattrapage de culture catholique
23:59à travers des lectures, à travers des visites d'abbayes, de cathédrales, d'églises partout en France.
24:06Mais aussi des voyages.
24:07J'ai voyagé en Terre Sainte, j'ai voyagé au Vatican.
24:10Et suite à cette petite période de recherche spirituelle,
24:14j'ai décidé de rejoindre un groupe de catechuména
24:15et d'entamer mon vrai parcours de conversion qui m'a mené à être baptisé l'année dernière en 2025.
24:20Mais alors, je reviens à cet épisode quand même.
24:22Deux heures et demie dans une cathédrale.
24:24Qu'est-ce que vous vous êtes dit à ce moment-là ?
24:27Est-ce que c'était une émotion esthétique ?
24:29Est-ce qu'il y avait, je ne sais pas moi, un dialogue intérieur ?
24:33Qu'est-ce qui s'est joué à ce moment-là ?
24:36Écoutez, deux heures et demie, en fait, c'est assez court, une cathédrale.
24:39Parce qu'il y a beaucoup de choses à voir.
24:41Moi, je me suis vraiment mis dans un état de prière, en fait, sans le savoir.
24:45Et c'est aussi le poids de l'histoire qui m'a touché.
24:47D'avoir ces bâtisseurs qui ont construit les cathédrales
24:50en sachant très bien qu'ils ne verraient pas la fin du chantier.
24:52Donc il y a aussi cette idée de la transmission.
24:54Ils léguaient des cathédrales aux générations futures.
24:57Et ils l'ont fait.
24:58Il y a une grande muséification aujourd'hui de la cathédrale.
25:01Mais en fait, c'est des éléments de foi.
25:03Et les bâtisseurs ne l'ont pas construit pour faire un musée.
25:06Ils l'ont construit.
25:07Et ça, vous l'avez perçu à ce moment-là ?
25:08Et je me suis dit, en fait, il y a des millions de Français qui m'ont précédé
25:12qui ont construit ça pour moi.
25:14Et je me suis senti aussi héritier de quelque chose de plus grand que moi,
25:16qui s'est imposé à moi et qui m'a touché intérieurement.
25:20Alors, merci pour ce témoignage.
25:22Véronique, il y a un autre converti.
25:24Évidemment, Paul Claudel à Notre-Dame de Paris.
25:27Racontez-nous.
25:28Alors, Notre-Dame de Paris, c'est le lieu de trois rendez-vous pour Paul Claudel.
25:31Sa conversion, sa profession de foi et ses funérailles.
25:35En fait, c'est comme Joshua.
25:36Il n'y a pas l'ombre d'une vocation spirituelle dans son entourage.
25:40Son père est anticlérical.
25:41Sa mère est insensible à la question religieuse.
25:44Aucun de ses amis n'a à la foi.
25:45Sa première communion, comme il l'écrira,
25:47fut à la fois le couronnement et le terme de la vie religieuse de son enfance.
25:52Donc, pour lui, c'est terminé.
25:53Et il y a la mort de son grand-père
25:55qui lui fait découvrir l'angoisse de la fin de la vie.
25:59Mais ce n'est pas pour autant qu'il se tourne vers Dieu.
26:01En revanche, il va se tourner vers la poésie et la contemplation de la nature.
26:05Arrive donc la révélation.
26:06C'est le 25 décembre 1886.
26:09Il a 18 ans.
26:10Il vient d'assister à la messe de Noël,
26:12la messe du jour dans laquelle il trouve, dira-t-il, un plaisir médiocre.
26:17Il revient quand même pour les vèpres.
26:19Il entend le chant du Magnificat,
26:21chant de louange de la Vierge Marie.
26:23Et tout d'un coup, Dieu est là, présent.
26:26Ça s'impose à lui et il écrira.
26:29« En un instant, mon cœur fut touché et je crus.
26:32Je crus d'une telle force d'adhésion,
26:34d'un tel soulèvement de tout mon être,
26:36d'une conviction si puissante,
26:39d'une telle certitude ne laissant place à aucune espèce de doute
26:43que, depuis, tous les livres, tous les raisonnements,
26:46tous les hasards d'une vie agitée
26:48n'ont pu ébranler ma foi,
26:51ni à vrai dire la toucher. »
26:53Dieu s'impose à Paul Claudel, à Notre-Dame,
26:55en un lieu bien précis,
26:57près du second pilier,
26:58à l'entrée du cœur,
27:00à droite, du côté de la sacristie,
27:02et surtout, surtout,
27:03à côté de la statue de la Vierge du Pilier,
27:06la fameuse statue de la Vierge du Pilier.
27:08Et c'est pour elle qu'il écrira ensuite
27:10l'un de ses plus beaux poèmes,
27:12« La Vierge à midi ».
27:13Merci beaucoup pour ces explications, Véronique,
27:16et ce témoignage historique, bien sûr.
27:18On se souvient aussi, plus récemment,
27:19de l'émotion de Léon XIV
27:21devant une autre Vierge du Trésor de Notre-Dame de Paris,
27:25Vierge offerte par Charles X,
27:27et devant laquelle le pape a ressenti cette émotion en priant.
27:33Père Thomas Chapuis, aidez-nous à décrypter ce qui s'est passé
27:35dans le cas de Paul Claudel, dans le cas de Joshua.
27:37Comment est-ce qu'on passe de l'émotion esthétique
27:39qui peut saisir, en entrant dans une cathédrale,
27:41de la beauté à la fois ?
27:44Je ne sais pas si j'ai la prétention
27:46de pouvoir faire un diagnostic
27:48de ce qui s'est passé pour Joshua
27:49ou pour Paul Claudel.
27:52Ce qui est certain, c'est que le grand danger
27:54pour nous aujourd'hui,
27:56c'est de considérer simplement la cathédrale
27:58comme une prouesse esthétique.
28:01Parce qu'elle n'est pas qu'une prouesse esthétique,
28:03elle est au profit de plus que ça.
28:06En réalité, elle est un dialogue,
28:09elle est un poème,
28:09elle veut parler à l'âme,
28:12elle est une catéchèse,
28:13plus encore.
28:14Elle est vivante ?
28:17Elle est habitée, en tout cas, jusque dans les pierres,
28:21par un esprit,
28:22et cet esprit peut parler à notre cœur,
28:24et cet esprit peut être l'esprit de Dieu
28:26qui parle à notre cœur.
28:28Donc c'est une rencontre qui est portée
28:31par un appel, une parole.
28:34La cathédrale a quelque chose à nous dire.
28:36Rien n'est plus dramatique
28:37quand on fait de nos édifices cultuels
28:39simplement des lieux esthétiques
28:41pour faire un beau concert.
28:43Avec les dérives qu'on peut connaître aussi
28:45sur l'art,
28:46les choix esthétiques qui sont faits,
28:48c'est un vrai sujet.
28:48C'est un sujet pour l'Église
28:50parce que ça veut dire
28:50est-ce que nous avons abandonné
28:52le désir de dire quelque chose
28:54lorsque nous construisons
28:56des édifices religieux
28:57ou lorsque nous bâtissons
29:00du mobilier liturgique ?
29:02Est-ce que nous nous retranchons
29:05derrière la possibilité
29:06de dire un discours,
29:07une sorte d'apophatisme,
29:09un refus de dire ?
29:11Ou est-ce qu'on peut faire ?
29:12De suivre les canons
29:12de l'art contemporain par exemple
29:14pour ne pas le citer.
29:15L'art contemporain c'est bien souvent
29:17une opposition très claire au discours.
29:20Nous ne voulons rien dire
29:21car il n'y a rien à dire.
29:22Mais nous avons quelque chose à dire.
29:23La cathédrale, elle veut nous parler.
29:25Elle a quelque chose à nous dire de Dieu.
29:27Dieu a quelque chose à nous dire
29:28à travers ce qui a été à l'origine
29:32de ces cathédrales.
29:34Et Claudel, peut-être Joshua,
29:36je ne saurais le dire,
29:38ont été saisis par une présence
29:40et par un dialogue.
29:41Ils sont entrés dans une relation,
29:43pas simplement dans une satisfaction esthétique.
29:50Aussi belle soit-elle,
29:51cette cathédrale, elle parle.
29:54Alors justement, elle parle,
29:55mais qu'a-t-elle à dire ?
29:56Pauline de Préval, notamment,
29:57s'agissant de l'esprit
29:59qui a présidé à la construction
30:00de ces cathédrales au XIIe siècle.
30:01Vous avez commencé à en parler tout à l'heure.
30:03Et vous dites dans votre livre
30:04que la cathédrale,
30:05c'est le fruit d'une pensée eucharistique.
30:07Oui, mais en fait,
30:08les cathédrales ont été créées aussi
30:10à une époque où il s'agissait
30:12de réaffirmer le mystère de l'incarnation.
30:14Et ça, il faudrait qu'on puisse
30:16le redécouvrir aujourd'hui,
30:17ce mystère de l'incarnation.
30:19Et les architectes,
30:20les artistes de l'époque gothique
30:22ont trouvé des moyens magnifiques
30:23de magnifier ce mystère.
30:24Il faut rappeler le contexte,
30:26c'était celui de la lutte
30:28contre les albigeois,
30:29c'est-à-dire des manichéens.
30:31Donc une hérésie.
30:33Voilà.
30:34Qui pensaient que Dieu
30:35n'avait pas pu se commettre
30:36dans la chair et dans la matière.
30:37Donc ils remettaient en cause
30:39l'eucharistie,
30:40le mystère de l'incarnation
30:42et la médiation des prêtres.
30:43Donc il s'agissait de réaffirmer
30:45ce mystère par tous les moyens.
30:47Et tous les arts, en réalité,
30:50qui s'expriment dans les cathédrales,
30:51étaient là pour magnifier une présence.
30:53Donc pour non seulement
30:55délivrer un enseignement,
30:56un catéchisme,
30:57à la manière des bibles,
30:58pour les élyttrer,
30:59comme on les appelle,
31:00mais pour faire sentir une présence.
31:02Aussi pour ravir les sens,
31:03pour ravir l'intelligence
31:05et pour les mener à une présence.
31:08Père Thomas Chapuis,
31:09vous vous dites,
31:11l'architecture même,
31:12et c'est votre spécialité,
31:13d'une cathédrale,
31:14d'une église plus généralement,
31:16est faite pour que tout converge
31:17vers l'hôtel.
31:19Est-ce que ça,
31:21la personne non-croyante
31:22qui rentre dans une cathédrale,
31:23le perçoit immédiatement
31:24dans nos cathédrales aujourd'hui ?
31:25Alors, je ne sais pas
31:26s'il le perçoit.
31:27En tout cas,
31:27il faut qu'on l'aide
31:28à le comprendre.
31:30La grande matrice,
31:31l'une des grandes matrices bibliques
31:33pour les édifices religieux
31:34est un livre assez méconnu
31:36qu'on ne connaît que par Ouidire souvent
31:38qui s'appelle
31:38le livre de l'Apocalypse.
31:40Et dans ce livre de l'Apocalypse,
31:42il y a une grande description
31:43du mystère de l'Église
31:44qui est comme un édifice,
31:46une cité qui descend du ciel
31:47sur la terre.
31:49En fait, les cathédrales
31:50sont à cette image.
31:51Et au cœur de cet édifice,
31:54il y a un trône.
31:56Et sur ce trône,
31:57il y a un agneau.
31:58Évidemment, c'est une image
31:59de Jésus qui offre sa vie
32:01dans l'Eucharistie.
32:02Et la lumière jaillit
32:05non plus simplement
32:06des astres créés,
32:08mais de l'agneau lui-même.
32:10Et donc, l'autel
32:12est le lieu de la convergence
32:14à la fois de notre foi,
32:16de tout l'édifice.
32:17Il est la convergence de la lumière
32:19et il est le lieu
32:20d'où la lumière jaillit.
32:22Et donc, il faut que nous puissions
32:25exprimer dans notre liturgie
32:27et dans le mobilier.
32:29Alors, il se trouve qu'en ce moment,
32:31en fait, vous m'avez tendu une perche
32:33et j'essaye de l'attraper.
32:34Allez-y, mais...
32:34En ce moment, oui,
32:35vous travaillez à la restauration...
32:36À la cathédrale de Beauvais,
32:37nous travaillons à la restauration
32:39du mobilier du cœur,
32:41dont le thème central, évidemment,
32:42est aussi l'apocalypse,
32:43pour que nous comprenions bien
32:45que ces voûtes extraordinaires
32:46de 48,50 mètres de la cathédrale
32:48de Beauvais
32:48ne sont pas simplement
32:49une prouesse technique.
32:50Ils sont les crains
32:51pour que la lumière
32:54jaillisse
32:55du cœur
32:56de cette cathédrale
32:57par la célébration
32:59de l'union
33:00entre Dieu
33:01et son peuple,
33:02la cité qui descend du ciel
33:03et le Christ
33:06qui rayonne dans les âmes
33:07et que nous manifestons,
33:09que nous essayons de manifester,
33:11parfois improprement,
33:12comme le disait Peggy tout à l'heure,
33:13mais en même temps,
33:14c'est un mystère de foi
33:15par lequel on rentre par la foi
33:16dans la Sainte Eucharistie.
33:18La cathédrale,
33:19c'est le lieu,
33:19le siège de l'évêque
33:21et donc forcément,
33:21il y a un aspect
33:22de représentation
33:23de toute l'Église
33:24qui est en jeu.
33:25Certainement,
33:26c'est le deuxième aspect
33:27de la cathédrale.
33:28On a parlé de l'Eucharistie centrale,
33:30mais c'est aussi la cathèdre,
33:31c'est-à-dire le lieu
33:32de l'enseignement de la foi.
33:34Et donc,
33:34c'est un éclairage
33:36par la raison
33:37et par la proclamation
33:39de la révélation
33:41de ce qui se passe
33:42sur l'autel
33:43et les deux sont indissociables.
33:45Ce qui se passe
33:46sur l'autel,
33:47la parole faite chère
33:48vient aussi dans notre âme
33:50à la fois par la foi
33:51et par la communion eucharistique.
33:53Véronique Jacquier.
33:53Père Thomas Chapuis,
33:54qu'est-ce que vous dites
33:55justement à ceux
33:55qui n'ont pas la foi
33:56et qui vont quand même
33:59vous dire
33:59mais moi je suis sensible
34:01à une cathédrale
34:01et je reçois aussi
34:03le message ?
34:03Qu'est-ce que vous leur dites ?
34:04Qu'est-ce qu'il manque en fait ?
34:06Quelle grille de lecture
34:07leur manque-t-il ?
34:08Ben oui,
34:08mais c'est important
34:08parce que ceux qui nous regardent,
34:09ceux qui nous écoutent
34:10n'ont pas tous la foi
34:11et pour autant,
34:12ils vont vous dire
34:13mais moi j'ai été bouleversé
34:14en rentrant dans la cathédrale de Reims
34:15et ça me suffit ?
34:16Il faut se plonger
34:17sur la signification
34:18de ce qui a été fait.
34:20Essayer de replonger
34:21à l'essence
34:22de ce qui a édifié
34:23ces cathédrales.
34:24Ce qui a édifié
34:24ces cathédrales,
34:25ce n'est pas simplement
34:26l'acquisition
34:27d'une technique nouvelle
34:29avec le matériel
34:31qui nous était donné
34:32mais une intention profonde
34:33et c'est ça
34:34qui resplendit
34:35à travers notre cathédrale.
34:37Alors,
34:38certainement,
34:38il y a un pas à faire.
34:40Il y a un pas à faire
34:41d'une sorte
34:42d'acquiescement
34:43de ce que quelque chose
34:44de plus haut
34:45puisse nous être donné.
34:46Ce mettre à genoux peut-être ?
34:47Peut-être ce mettre à genoux.
34:48Joshua Collin,
34:49vous souhaitiez réagir ?
34:50Je pense que quand on entre
34:51dans une cathédrale,
34:52on change de monde
34:52en réalité
34:53parce qu'on trouve
34:54trois choses
34:54qu'on ne trouve plus
34:55à l'extérieur.
34:57La première chose,
34:57c'est le silence.
34:58Le cardinal Sarah
34:59a écrit un très beau livre
35:00qui explique que le silence
35:01est la condition première
35:02pour se mettre en état
35:03de prière
35:04et pour ralentir
35:05par rapport au monde.
35:06La deuxième,
35:07c'est la verticalité.
35:08On passe nos journées
35:10à tête baissée
35:11sur un écran
35:11et en fait,
35:12quand on entre
35:12dans une cathédrale,
35:13on lève la tête.
35:14C'est déjà se mettre
35:15en état de prière
35:16parce que c'est cette beauté
35:16qui s'impose à vous
35:17et qui est plus grande que vous.
35:19Enfin, il y a quand même
35:19cette idée de gratuité.
35:20On a reçu gratuitement
35:22ces cathédrales.
35:23Il y a un héritage
35:23qui a été fait
35:24par nos ancêtres
35:25dans la volonté
35:27de servir le Christ
35:27mais aussi dans la volonté
35:29de léguer
35:31aux générations futures
35:31quelque chose
35:32de grand
35:32et de beau.
35:34C'est ça aussi
35:35que les gens viennent chercher
35:36je pense en entrant
35:37dans une cathédrale.
35:38Alors justement,
35:39ça nous amène
35:40à la dernière réflexion
35:41de cette émission.
35:42C'est finalement
35:43à partir de ces cathédrales
35:44qui sont magnifiques,
35:45on est tous d'accord.
35:47Quel est l'enjeu
35:47pour aujourd'hui ?
35:48Parce qu'on a parlé
35:50de cet élan formidable
35:51Pauline de Préval
35:52qui a présidé
35:53à leur construction
35:54au XIIe siècle notamment
35:55et puis plus tard
35:56au Moyen-Âge.
35:57Mais aujourd'hui,
35:58qu'est-ce qu'elles nous disent
35:59et surtout
36:00quel appel elles nous lancent ?
36:01Parce que j'imagine
36:03que si vous avez écrit ce livre,
36:04c'est aussi en résonance
36:05avec aujourd'hui.
36:06Quel est le message
36:07qu'elles nous transmettent
36:08et qu'il faudrait transmettre
36:10pour les années à venir ?
36:11Elles ont un message
36:12à la fois personnel
36:13pour chacun d'entre nous
36:15qui est que nous sommes appelés
36:16à une grande aventure,
36:17que nous sommes appelés
36:18que nous sommes des créatures aimées
36:20et nous sommes appelés
36:21à être des dieux
36:21à la suite de Dieu.
36:23Donc ça,
36:23c'est un message fort.
36:24On n'est pas juste
36:24un tas d'atomes comme ça
36:25assemblés par hasard
36:26et voués à se dissoudre.
36:28Il y a un message
36:29pour l'homme,
36:30pardon,
36:30je vous coupe,
36:31mais ça ne concerne pas
36:32uniquement Dieu,
36:33ça concerne aussi
36:34la vision anthropologique.
36:36Ça concerne notre vocation,
36:36en fait.
36:37Les cathédrales sont des miroirs
36:38à la fois individuels
36:39et sociaux.
36:40Ils nous projettent
36:42l'image de notre vocation
36:43divine, en fait.
36:44Et quand on suit
36:45tous ces saints,
36:46il y a un chemin
36:47qui se dessine.
36:47Et je sais que c'est
36:48un chemin aussi
36:49qui est inépuisable.
36:50On en découvre
36:50tous les jours
36:51à leur suite.
36:52Après,
36:52il y a aussi
36:53un message social
36:54extrêmement fort.
36:55Vous avez dit
36:55tout à l'heure,
36:56Père Thomas Chapuis,
36:57que les cathédrales
36:58étaient le fruit
36:59d'un élan collectif.
37:00et c'est vrai
37:00que toutes les composantes
37:02de la société
37:03s'y sont illustrées.
37:04Elles ont projeté
37:05toutes leurs forces
37:05à un moment donné
37:07pour les construire.
37:08Et ça,
37:09c'est un message fort
37:10aujourd'hui.
37:11Je pense qu'on vit
37:12dans une société
37:13qui est de plus en plus
37:13atomisée,
37:14qui a besoin
37:15de projets communs,
37:17de constructions communes.
37:19Et moi,
37:20j'ai lancé l'idée
37:21de faire
37:22un grand chantier
37:23de restauration
37:24des cathédrales
37:25qui permettent
37:26à tous nos artisans
37:27de s'illustrer
37:28et qui permettent
37:28aussi à toutes
37:29les composantes
37:29de la société
37:31de se retrouver.
37:32Parce que
37:34le chantier
37:35de la restauration
37:36de Notre-Dame de Paris
37:36a montré
37:37que les Français
37:38étaient prêts
37:39à poursuivre l'aventure,
37:40qu'ils y aspiraient
37:41pleinement.
37:41Ce n'est pas une question
37:42d'argent,
37:42c'est une question
37:43de volonté politique,
37:44c'est une question
37:45de foi.
37:46Les Français
37:46sont prêts à ça
37:47et je pense
37:48que ça peut être
37:49un magnifique exemple
37:52de projection
37:54commune
37:54vers quelque chose
37:55de positif
37:55et non pas
37:56qui nous divise.
37:56Alors vous dites
37:57que ce n'est pas
37:57une question d'argent,
37:58c'est quand même
37:58aussi un peu
37:59une question d'argent,
38:00c'est-à-dire que
38:01les cathédrales
38:02appartenaient à l'Église,
38:04l'État se les a appropriées,
38:07aujourd'hui,
38:07faute d'argent,
38:08il se désinvestit aussi,
38:10il faut bien le dire,
38:10malheureusement,
38:11de la restauration
38:12de ces édifices
38:13qui sont magnifiques,
38:14donc comment faire ?
38:15C'est vrai que
38:17les cathédrales
38:18ne représentent
38:19que 1 à 2%
38:20du budget
38:20du ministère de la Culture
38:22qui lui-même
38:22ne représente
38:23que 0,7 à 0,8%
38:24du budget de l'État,
38:25alors c'est dire
38:26que ce n'est pas grand-chose.
38:27Alors récemment,
38:28ils ont investi
38:28quelques millions d'euros
38:29pour la sécurisation
38:31des cathédrales,
38:31mais il est évident
38:32que ça ne suffit pas.
38:34Quelqu'un comme
38:34Didier Reckner
38:35qui préside
38:35la Tribune de l'Art
38:36a proposé
38:37des moyens
38:37de financement alternatifs
38:38qui pourraient être
38:39très intéressants,
38:40comme l'augmentation
38:41de la taxe de séjour
38:42des étrangers
38:43ou d'autres,
38:45prendre prélevé
38:46sur les taxes
38:47de la loterie,
38:47créer un national trust
38:48à la française.
38:49On peut aussi
38:50développer le mécénat,
38:51notamment en direction
38:53des entreprises,
38:54il y a un groupe
38:54essentiel ici.
38:56Et il faut dire
38:56que comme à l'époque
38:57des cathédrales gothiques,
38:59ce qui finance
38:59les cathédrales,
39:00c'est l'impôt
39:01et c'est les dons.
39:02Même à l'époque
39:03où c'était l'Église
39:04qui était maître des murs
39:06et qui finançait
39:06les chantiers,
39:07leur richesse,
39:08elle provenait quand même
39:08du travail des paysans
39:10et des impôts
39:11des droits seigneuriaux
39:12qu'elles prélevaient.
39:13Donc c'est toujours
39:13l'impôt et le don.
39:14Alors pour l'impôt,
39:15c'est une question
39:15d'arbitrage budgétaire
39:17et les dons.
39:18L'ampleur des financements
39:20participatifs,
39:21par exemple pour Notre-Dame
39:22de la Garde à Marseille,
39:23montre que les Français
39:24sont prêts à s'investir
39:26pour les monuments
39:27emblématiques de leur ville.
39:29Joshua Collin,
39:30est-ce qu'il y a un lien étroit
39:32selon vous aussi
39:33entre ces cathédrales
39:36et l'unité d'une nation
39:38comme ça a été le cas
39:40à l'origine ?
39:40Mais peut-être
39:41ça peut le redevenir aujourd'hui ?
39:43Comment vous voyez les choses
39:44en termes de transverses
39:45de cette transmission
39:46de cet esprit
39:46des cathédrales ?
39:48Oui, j'en suis convaincu
39:49parce qu'on arrive vraiment
39:50avec ma génération
39:51à la fin de cette chaîne
39:52de la transmission rompue.
39:53Il y a un héritage volé.
39:55Les jeunes Français
39:56aujourd'hui grandissent
39:56dans un pays
39:57qui est la fille aînée
39:58de l'Église,
39:58qu'on le veuille ou non,
40:00sans savoir vraiment
40:00ce qu'il a construit.
40:03Les cathédrales vous permettent
40:04de renouer avec ça.
40:06On vit dans un décor chrétien
40:08sans...
40:08Enfin, on n'est oublié
40:09la scène qui s'y jouait.
40:11On ne sait plus
40:12qui a construit la maison.
40:13Et en fait,
40:15en entrant dans une cathédrale,
40:16on renoue
40:17avec la chrétienté
40:18de la France
40:18qui explique
40:20le nom de nos rues,
40:22qui explique
40:22nos fêtes religieuses,
40:23qui explique aussi
40:25beaucoup d'expressions populaires,
40:27qui explique que le dimanche
40:27soit le jour de repos.
40:29Donc, on rentre
40:30dans cet univers chrétien.
40:31Il y a tout un explicatif
40:32finalement à développer
40:33autour des cathédrales,
40:35notamment.
40:35Et en fait,
40:35les cathédrales,
40:36par leur présence,
40:38nous rappellent
40:39nos origines.
40:40J'en suis convaincu.
40:40Alors après,
40:41cette histoire,
40:41elle peut nous mener très loin.
40:43On commence par chercher
40:44ses racines
40:44et puis en fait,
40:45on tombe sur une personne,
40:46Jésus-Christ.
40:46Donc, je pense que
40:47si la beauté peut nous amener
40:48à la cathédrale,
40:49ce qui nous fait y rester,
40:50c'est vraiment cette foi
40:51en Jésus-Christ.
40:52Pauline de Préval ?
40:53Oui, je pense aussi
40:54que cette génération
40:55qui n'a pas reçu
40:56de culture chrétienne
40:56peut être un grand atout
41:01capable de recevoir
41:02à nouveau
41:03entièrement
41:04cet héritage-là
41:05et de le renouveler en fait.
41:07Parce que moi,
41:08ce pourquoi je prie
41:09en ce moment,
41:09c'est pour que notre soif
41:11de Dieu redevienne
41:12suffisamment forte
41:13pour féconder à nouveau
41:14les cœurs
41:15et les traditions qu'on a.
41:16Ce n'est pas uniquement
41:16pour défendre des coquilles vides
41:18qu'on va raptasser, etc.
41:19C'est vraiment pour que
41:20les générations suivantes
41:21y ajoutent leurs touches
41:22dans l'esprit
41:23qui a présidé à leur naissance.
41:24L'appel est lancé
41:25en tout cas à la génération.
41:27Père Thomas Chapuis,
41:28le lien aussi
41:28avec le renouveau de l'Église,
41:30renouveau spirituel.
41:33Vous en avez commencé
41:34à en parler
41:35au début de cette émission
41:36avec cette phrase
41:36de Léon XIV
41:37appelant à la renaissance
41:38spirituelle de l'Église.
41:39Est-ce qu'aujourd'hui,
41:40vous le constatez,
41:42ce renouveau ?
41:43Est-ce qu'il est à venir ?
41:44Comment faut-il agir pour ?
41:46Alors, je ne sais.
41:48Moi, je suis convaincu
41:49dans la foi
41:49qu'il est à venir.
41:50Et s'il s'agit
41:52de réinvestir
41:55les cathédrales,
41:56le premier appel
41:57que je fais
41:59avant même
42:00l'appel aux dons.
42:01J'en ferai un tout à l'heure.
42:02Mais bien sûr,
42:03vous avez raison.
42:03Avant même l'appel aux dons,
42:06il y a d'abord
42:07que nous,
42:08nous, chrétiens
42:09et nous, français,
42:10nous réinvestissions
42:11nos cathédrales.
42:12Quelle tristesse,
42:13parfois,
42:13de passer dans
42:13des édifices religieux
42:15où nous ne voyons
42:16personne en prière.
42:17Mais,
42:19certainement,
42:20on a farci les têtes
42:21de tous nos contemporains
42:24par des philosophies
42:25soit du doute,
42:26soit de l'athéisme.
42:28Et je ne demande pas
42:29à ce qu'on suspende la raison.
42:30Mais venons quand même
42:31nous agenouiller
42:32quelques instants
42:33et nous laisser saisir
42:35par ce qui est
42:36au cœur de ce lieu.
42:37Et c'est un langage
42:38pour notre vie spirituelle.
42:41Et réinvestissons
42:43profondément
42:44nos cathédrales
42:45de notre vie de prière.
42:48Parce qu'en fait,
42:49quand les cultures
42:52qui sont d'autres pays
42:54interrogent la France
42:55ou quand on les interroge
42:56sur la France,
42:57de quoi parle-t-il ?
42:58Ils parlent de nos châteaux,
43:00certainement,
43:00mais d'abord
43:01de nos cathédrales.
43:02Et que nous puissions
43:04l'ignorer,
43:05c'est très étonnant.
43:07Alors, réinvestissons-les.
43:09Ces cathédrales,
43:11elles sont aussi marquées,
43:11je pense à la cathédrale
43:12de Beauvais en particulier,
43:13elle a commencé
43:14à être édifiée
43:15au XIIIe siècle
43:16et elle a été terminée
43:18et non achevée
43:19au XVIe.
43:20Mais au XVIIIe encore,
43:22on avait construit
43:23des édifices,
43:24on a refait un cœur.
43:25Et au XXe siècle
43:27et au XXIe siècle,
43:28nous devons les habiter
43:29de notre présence
43:30et de notre vie liturgique,
43:31y investir
43:32de notre temps,
43:33de notre vie de prière,
43:35de notre foi,
43:35peut-être de notre argent.
43:37Voilà.
43:37En tout cas,
43:38la faire vivre
43:39pour qu'elle continue
43:41à parler.
43:42Donc, il faut rentrer
43:43dans les cathédrales,
43:44si je comprends bien,
43:44le premier pas.
43:45Mais attention,
43:46parce que ça peut coûter cher,
43:47comme Paul Claudel
43:48ou Joshua Colin.
43:49C'est un risque à prendre
43:50et puis pour nous,
43:50ça veut dire aussi
43:51qu'il faut qu'on assume derrière.
43:52Nous sommes ravis
43:53d'accueillir tous ces nouveaux convertis
43:55et il y en a de nombreux.
43:56Et en même temps,
43:57quel défi extraordinaire
43:58et quel témoignage
43:59de la grâce de Dieu
44:00qui parle
44:01par tous les moyens
44:02qu'elle a à ses dispositions.
44:05Vous avez parlé
44:06d'un appel aux dons.
44:06C'est peut-être le moment
44:07d'en dire quelques mots.
44:08Je vous remercie.
44:09Effectivement,
44:10la cathédrale de Beauvais
44:11qui est en reconstruction,
44:15l'État s'y investit beaucoup
44:17et je les remercie.
44:18C'est parfois le cas aussi.
44:19Il faut savoir
44:19en être reconnaissant.
44:22Nous investissons aussi,
44:23nous, le diocèse,
44:24dans un nouveau mobilier liturgique.
44:26Il n'avait pas été changé
44:29de manière pérenne
44:30depuis la suite
44:32du Concile Vatican II
44:34ou que par des mobiliers
44:36temporaires.
44:37Nous éditions
44:38un très beau cœur
44:39pour la liturgie
44:40et pour le peuple de Dieu
44:42et ça coûte un peu d'argent
44:44et en même temps,
44:45c'est forcément
44:46un peu l'argent des fidèles
44:47parce que c'est notre foi
44:48qui s'exprime.
44:49Je vous invite
44:50pour ce beau mobilier liturgique
44:52qui sera consacré,
44:53nous l'espérons,
44:53le 2 mai prochain.
44:55Je vous invite,
44:55si vous le voulez,
44:56c'est une très belle expérience
44:56à vivre
44:57et à partager vos dons.
45:01Nous faisons appel
45:01à du mécénat,
45:02évidemment,
45:02mais le don de chacun
45:03a souvent
45:04beaucoup plus de valeur
45:05et donc si vous avez
45:06un don à faire,
45:07n'hésitez pas
45:08don.diocèse-bovet.fr
45:12Voilà, et puis ça s'afficherait
45:13également pour les téléspectateurs
45:15de CNews sur l'écran.
45:16Merci, merci à tous.
45:18Donc, à nouveau,
45:19il faut rentrer dans les cathédrales,
45:21même si ce n'est pas forcément
45:22pour y prier tout de suite.
45:24Mais Pauline de Préval,
45:25je renvoie à votre ouvrage
45:26et je le recommande vraiment,
45:27le miracle gothique,
45:28une histoire des cathédrales
45:29chez Frémaux et Associés.
45:31c'est passionnant,
45:32c'est accessible,
45:33c'est court,
45:34vraiment,
45:35bravo.
45:36Et puis,
45:36Joshua Collin,
45:38nous les nouveaux baptisés,
45:39également un témoignage saisissant
45:41sur cette génération
45:41qui a soif,
45:43publié au Cerf.
45:44Merci, bien sûr,
45:44à Véronique Jacquet
45:45avec un dernier mot
45:46pour France catholique.
45:47Oui,
45:48un numéro sur les cathédrales.
45:50Reportage à Beauvais,
45:51justement,
45:51dans votre cathédrale,
45:52Père Thomas Chapuis,
45:53ainsi qu'à Amiens.
45:55Et il n'y a pas que les cathédrales
45:57dont parle France catholique.
45:58Il y a aussi, bien sûr,
45:59par exemple,
45:59la chronique de Ronan Arché
46:01en apologétique.
46:02Les contrôles se multiplient,
46:04par exemple,
46:04au sein de l'enseignement catholique.
46:06On craint,
46:07dit-on,
46:07dit le gouvernement,
46:08le prosélytisme religieux.
46:10Eh bien,
46:10où commence l'évangélisation
46:11et où termine
46:12le prosélytisme religieux ?
46:13Comment fait-on
46:14le distinguo entre les deux ?
46:15C'est une chronique passionnante
46:16que je vous invite donc
46:17à découvrir
46:18sur france-catholique.fr
46:20et sur abonnement.
46:21Voilà,
46:21l'iconoclasme continue de sévir,
46:23semble-t-il.
46:24Merci aussi à Cécilia Rançon
46:26et à Alexandra Boulin
46:27pour l'édition
46:28et toutes les équipes techniques
46:30de CNews.
46:31Bien sûr,
46:31la semaine prochaine,
46:32dans Enquête d'Esprit,
46:33nous parlerons du chapelet.
46:35Nous sommes au mois d'octobre.
46:36C'est le mois du rosaire.
46:37Léon XIV a appelé,
46:39justement,
46:40à prier le chapelet
46:41au mois d'octobre,
46:41particulièrement,
46:42pour prier pour la paix.
46:44Eh bien,
46:45nous verrons comment
46:46tout cela peut se faire
46:47à l'école notamment
46:47d'une bienheureuse,
46:49la bienheureuse Pauline Jaricot,
46:51une lyonnaise
46:51qui a beaucoup de choses
46:52à nous dire encore pour aujourd'hui
46:53sur la renaissance,
46:54justement,
46:54grâce à la prière du chapelet.
46:56Merci d'avoir suivi cette émission
46:58et bien sûr,
46:58l'info continue
46:59sur CNews et Europe 1.