00:01Europe 1, 11h-13h, Eliott de Valais-Vous.
00:07Il est 11h03 sur Europe 1, édition spéciale consacrée à ce samedi 17 octobre qui restera dans l'histoire comme
00:17le jour où la France a été plongée dans le chaos, dans la violence insurrectionnelle.
00:23Au lendemain de ce chaos, on vous donne la parole dans Eliott de Valais-Vous. Vous êtes un riverain habitant
00:31et témoin de ces scènes de chaos à Paris, à Lyon, à Limoges, à Marseille, à Grenoble, à Bordeaux.
00:39Prenez votre téléphone, appelez-nous, parlez-nous de ce que vous avez vécu hier.
00:45Et je le disais, c'est une journée tristement historique puisque la France a été plongée dans le chaos et
00:53les médias ce matin ne se trompent pas, du moins la presse ne se trompe pas.
00:59La France s'embrase, le chaos, titre le JDD. Le Parisien dimanche, scène d'insurrection, titre le Parisien. La Provence
01:06titre également le chaos.
01:08Ouest France, un samedi de mobilisation entachée de scènes de chaos pour Ouest France et enfin l'indépendant.
01:14Après le cortège, le chaos, titre donc l'indépendant.
01:18Et vous n'imaginez pas ce qui est dit dans la presse internationale sur ce que nous avons vécu hier.
01:24Pourquoi c'est tristement historique ? Parce que pour la première fois, vous aviez la jonction, ce mariage insupportable
01:32entre l'extrême gauche habituée des violences lors des manifestations, avec des émeutiers qu'on avait pu voir au moment
01:41des émeutes de Naël,
01:43au moment de la finale de Ligue des Champions, s'associer non pas directement, mais participer ensemble à ce désordre
01:52national, à ce chaos national.
01:54Et vous avez eu des violences contre les forces de l'ordre et ensuite des pillages.
01:59Et je suis incapable, à 11h ce dimanche, je suis incapable de vous dire exactement combien de magasins ont été
02:07pillés,
02:07combien de villes ont été frappées, combien de policiers ont été blessés.
02:13Dans le studio d'Europe 1, Estelle Laffont bien sûr. Bonjour Estelle.
02:16Bonjour Eliott, bonjour à tous.
02:17On est avec Georges Fenech.
02:18Bonjour Eliott.
02:19On est avec Mathieu Hocq, directeur général du Think Tank le millénaire.
02:23Et on est avec Benjamin Cambouliv, porte-parole alternative police.
02:28Merci d'être avec nous. Je le répète, 01 80 20 39 21.
02:34Appelez-nous. Appelez-nous pour nous raconter ce que vous avez vécu, quelle que soit la ville dans laquelle vous
02:39habitez.
02:40Si vous êtes un commerçant, que votre magasin a été pillé, si vous avez des proches qui ont été victimes,
02:46appelez-nous parce qu'il va s'opérer ces prochains jours, une opération si vous voulez, en irresponsabilité.
02:54C'était inédit. On ne pouvait pas le prévoir une telle violence.
02:57On ne savait pas.
02:58Et puis certains vont essayer de se défausser en disant
03:01non mais pourquoi la police nationale n'est pas intervenue plus tôt ?
03:05Pourquoi elle était sous-dimensionnée ?
03:07Mais c'est une faillite qui est généralisée.
03:10On a laissé sur notre sol prospérer cette idéologie d'extrême-gauche qui avance en toute impunité
03:18et on a laissé prospérer sur notre sol la capacité d'individus à venir piller, saccager,
03:27sans que la justice ne réponde fermement.
03:29On l'a même encouragé, si vous permettez.
03:30C'est un cocktail explosif qui entraîne aujourd'hui cette haine de la France
03:37et qui se définit et se traduit par les scènes que nous avons vécues.
03:42Adèle est déjà avec nous.
03:43Elle nous appelle de Limoges et je voudrais quand même commencer par Limoges.
03:46C'est très important.
03:46Mais évidemment Mathieu, vous avez raison.
03:48C'est un symbole parce que la mairie a été attaquée, incendiée, c'est un incendie criminel
03:53et vous avez le clocher de la mairie qui s'est effondré hier.
03:58Bonjour Adèle.
03:59Bonjour.
04:00Merci de nous appeler.
04:01Vous êtes habitante de Limoges depuis longtemps ?
04:04Oui, depuis plus une trentaine d'années.
04:07Effectivement.
04:08Est-ce que vous pouvez nous raconter ce que vous avez vécu hier ?
04:12Écoutez, on savait de toute façon qu'il y avait des manifestations,
04:18mais on ne pensait pas qu'ils allaient s'attaquer à un bâtiment de la République, ça c'est certain.
04:23Mais c'était des éléments incontrôlés et incontrôlables.
04:26Mais par contre, je pense malgré tout que c'était un mouvement qui était organisé
04:29puisqu'il y avait beaucoup de jeunes qui étaient autour de la mairie pendant l'après-midi.
04:33On se demandait ce qu'ils faisaient par là alors que la manifestation n'était pas aux abords.
04:39Et connaissant la mairie, parce que j'y ai travaillé quelques années,
04:43ils ne pouvaient que connaître les bâtiments parce qu'en plus ils sont passés par la cave
04:48puisque j'ai vu sur les réseaux sociaux et ils connaissaient les plans, ce n'est pas possible autrement.
04:53Mais c'est pour ça qu'on n'est pas simplement dans des violences.
04:58Et les mots ont un sens.
05:00On vit là des scènes d'insurrection.
05:04Quand vous en prenez aux institutions publiques, c'est l'insurrection.
05:09Et l'insurrection, ça ne dérange pas certaines personnes.
05:12Ça a été même théorisé.
05:14Merci Mathieu Hocq, il faut le dire.
05:16Bali Bagayoko, maire de Saint-Denis, a théorisé l'insurrection populaire.
05:20Donc il y a aussi des responsabilités politiques et nous y reviendrons dans un instant.
05:26Adèle, que vous disent les riverains à Limoges ce matin ?
05:30On est tous choqués.
05:31La mairie, c'est quand même notre maison commune.
05:33La République, il y a des gens qui se sont mariés dans cette mairie,
05:39qui étaient particulièrement belles.
05:41C'était un monument historique depuis 1883.
05:45Même les guerres n'ont pas touché cette mairie.
05:47On en arrive quand même au 10 octobre, dans les manifestations.
05:50On ne sait même plus pourquoi ils sont intervenus, ces jeunes.
05:53On ne sait même pas si c'est des jeunes.
05:54De toute façon, on verra bien.
05:55Mais c'est quand même quelque chose qui nous appartient tous.
05:58Je vous dis, c'est notre maison commune.
05:59C'est la République pour nous.
06:01Ils ont voulu toucher la République.
06:04C'est un enfer d'entendre ça.
06:06Parce que ce n'est pas que la République.
06:09Certains ont voulu attaquer la République.
06:11Mais d'autres ont voulu attaquer la France.
06:15Et c'est cette jonction des haines qui crée ce cocktail-là.
06:20Merci de nous avoir appelés, chère Adèle.
06:23Je me tourne vers Benjamin Comboulivre.
06:26Et je vais vous donner la parole, évidemment,
06:29Mathieu Hauck et Georges Fenech.
06:30Mais je voudrais avoir la parole du policier.
06:32Comment il définit ce qui s'est passé ?
06:34Moi, j'ai eu des retours de policiers sur le terrain qui m'ont dit
06:36« J'ai jamais vécu ça.
06:38Jamais en 20, 30 ans d'exercice, j'ai jamais vécu ça. »
06:41Non, on n'a jamais vécu ça.
06:43Mais surtout, on commence seulement à le vivre.
06:45C'est-à-dire que là, on récolte ce qu'on a semé depuis des décennies.
06:48Donc, il ne faut pas jouer les vierges effarouchées
06:50devant le constat de cette violence qui s'abat sur la France.
06:53Ce qu'on a vu hier, c'est le début.
06:55C'est le début parce qu'on a 40 ans de laxisme et d'impunité
06:58qui ont engendré cette violence.
07:00Donc, ce n'est pas le moment de se féliciter de quoi que ce soit.
07:02Quand j'entends certains dire qu'après tout, ça ne s'est pas si mal passé que ça.
07:05Non, on n'a rien maîtrisé.
07:06On s'est fait défoncer.
07:08Les symboles ont été attaqués.
07:09On a vu que la police n'avait pas la capacité
07:12pour gérer cette situation,
07:13pour se confronter aux violences.
07:15Donc, on peut parler, effectivement, de manque d'effectifs.
07:17Parce que quand ça pète partout, vous n'avez pas de la police partout.
07:19Donc, au bout d'un moment, on est débordé.
07:23Et c'est là qu'on voit, comme vous le disiez, cette convergence,
07:25non pas des luttes, mais des violences et des haines,
07:27qui fait qu'on est dépassé par tout ça.
07:30Parce que tout se mêle.
07:31Oui, vous aurez les casseurs qui vont être politisés
07:33et qui sont, évidemment, dans une volonté d'insurrection.
07:35Quand vous voulez renverser le pouvoir par la violence,
07:37vous êtes dans une volonté d'insurrection.
07:38Se mêle à eux.
07:39Les pilleurs qui, eux, sont dans l'opportunisme le plus basique.
07:43Ils viennent pour tirer ce qui est à tirer.
07:45Ils sont dans une violence folle.
07:46Vous vont voir avec quoi ils sont prêts à repartir.
07:48Il y a des gars qui sont partis tout fiers avec des peintres à McDonald's.
07:51Il y a un beau trophée, ça vaut le coup de péter la ville.
07:53La France, hier, elle a vu sa limite, sa faiblesse, sa vulnérabilité.
07:58Et tout ce que l'État est capable de faire,
07:59c'est d'envoyer au charbon des policiers
08:01qui se font littéralement massacrer 150 blessés
08:04des collègues qui ont été transportés inanimés à l'hôpital.
08:07C'est ça, le tribut que paye la police,
08:08parce que l'État n'est pas capable de gérer la sécurité
08:10depuis des décennies.
08:12Et encore une fois, a engendré cette situation
08:14à grands coups d'impunité.
08:16Et maintenant, on se la prend à grands coups de pavé dans la gueule.
08:18Vous dites, c'est une formule qu'on retiendra,
08:21on s'est fait défoncer.
08:23Mais littéralement, 150 blessés.
08:24Et encore une fois, c'est sous-évalué.
08:28C'est sous-évalué, très probablement.
08:30Les blessés vont monter petit à petit.
08:31Et ça s'accumule avec les autres.
08:33On en est à 1000 blessés en quelques semaines de ce mouvement.
08:36Mais ce que je veux noter, c'est que puisqu'on est en train de parler d'insurrection,
08:38encore une fois, nous, Alternative Police,
08:40ce mot d'insurrection, il y a longtemps qu'on l'emploie
08:41pour désigner ce mouvement.
08:43Quand on veut faire tomber le pouvoir par la violence,
08:44on parle d'insurrection.
08:45Donc cette volonté-là, ça ne correspond pas à un mouvement lycéen,
08:48ça ne correspond pas à des Gilets jaunes.
08:50Le sujet, il est bien plus lointain que cela.
08:53Le sujet, c'est la volonté de bordélisation politique,
08:55de bordélisation de la voie publique.
08:57On en a à minima jusqu'aux élections.
08:59On ne tiendra pas dans cette configuration-là.
09:01La police nationale, elle a besoin d'effectifs,
09:03elle a besoin de soutien politique.
09:04Elle n'en a pas.
09:05Parce que ce n'est pas pour appeler au calme la veille,
09:06comme a fait le président de la République.
09:07On voit bien que ça ne marche pas tant que ça d'appeler au calme.
09:10Il y a un moment, ce qu'il faut,
09:11c'est un constat lucide sur les manques.
09:13On a besoin de moyens opérationnels sur le terrain.
09:16Vous voyez qu'un coup, il ne faut pas prendre les LBD,
09:18un coup, il faut les prendre,
09:19un coup, il ne faut pas prendre les grenades assourdissantes,
09:20un coup, il faut les prendre.
09:21Ce qu'il faut, c'est modifier le schéma national de maintien de l'ordre
09:23pour nous permettre de répondre aux violences.
09:26Si on avait une police qui osait y aller,
09:28croyez-moi qu'en face, ça n'avancerait pas comme ça face à nous.
09:31Ils n'ont pas peur de nous.
09:32C'est ça le problème.
09:320-1-80-20-39-21,
09:35si vous souhaitez réagir,
09:37édition spéciale consacrée à ce samedi d'insurrection en France.
09:42Et aux premières réactions,
09:44c'est très intéressant de voir que ce dimanche matin,
09:47les trois maires des villes de gauche
09:50qui ont été frappés massivement par ces insurrections
09:54ont pris la parole,
09:56ces dernières heures du moins.
09:57Il y a eu Emmanuel Grégoire,
09:59il y a eu Benoît Payan,
10:01il y a eu Grégory Doucet.
10:02Il faut rappeler le climat dans ces villes
10:04où il est plus question de violence policière
10:06que d'appeler au soutien de la police
10:08et à lutter contre l'extrême gauche.
10:10Et je pense notamment à Lyon,
10:11quand Grégory Doucet a pris la parole
10:13et qu'il a quitté le lieu
10:15où il fait cette petite conférence
10:18avec le place Belcourt.
10:20Cet office du tourisme qui a été ravagé.
10:22Il a été hué par les personnes qui étaient présentes.
10:24Mais on va prendre dans quelques instants
10:26la direction de Marseille,
10:28rejoindre notre auditrice Emma.
10:31Et si vous avez été témoin de ces violences,
10:33n'hésitez pas à nous appeler,
10:34je rappelle le numéro 0-1-80-20-39-21,
10:37mais également sur WhatsApp, Estelle.
10:38Exactement, on a de nombreux messages,
10:39notamment du côté de Lyon.
10:41Quelqu'un nous a dit que le centre-ville
10:43a été intégralement pillé,
10:45il ne reste aucune boutique.
10:46On voyait des gens sortir des boutiques,
10:48les bras pleins,
10:48comme s'ils avaient fait leur course.
10:50Donc voilà, vraiment des scènes de chaos
10:51dans le centre-ville de Lyon.
10:52On reviendra, comme vous le disiez,
10:53à Marseille, juste après la pause.
10:5511h13 sur Europe 1.
10:56Restez bien avec nous,
10:57Eliott de Valais-Vous.
10:57Ça continue jusqu'à 13h.
10:59À tout de suite.
10:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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