- il y a 7 heures
Á Point est le nouveau rendez-vous des légendes du sport présenté par Vanessa Lemoigne. Au programme : discussions, confessions et reportages.
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00:01Bonjour, bonjour M. Karamati, bonjour Mme Bleu Moine.
00:04Merci.
00:05C'est bon, hein ?
00:05Moi je savais que j'allais faire ma demande, j'allais chercher la bague et tout.
00:08J'adore gamme autrement.
00:09En fait j'ai peur des volatiles, les dindons là, je m'enlève tu vois.
00:12J'ai pris toute la sauce ?
00:14On parait que c'est bon.
00:15Je l'avais mais j'étais pas sûr.
00:18Là j'avais rencontré pour la première fois une vraie vraie, plus qu'une difficulté quoi,
00:21quelque chose où j'étais très très tombé très bas.
00:23Je suis invaincue donc je suis limite invincible.
00:26C'est ton rêve de gamin qui se réalise et c'est des émotions tellement fortes.
00:32C'est très très bon ici.
00:33C'est très vegan.
00:34Ouais, c'est pas trop vegan.
00:36Carpaccio de bœuf et une neige de parmesan.
00:39Deux kilos de tartare de bœuf pour mon champion, c'est drôle.
00:42Glace à la viande.
00:43C'est chelou.
00:44J'ai jamais goûté.
00:45C'est peut-être des trompe-l'œil.
00:46Ça te va ?
00:48Tout me va.
00:50Je crois qu'ils ne mangeaient pas de viande.
00:51Non, je mange de la viande mais je mange de la bonne viande.
00:55De la vraie viande d'éleveur de chez nous.
01:00Pas des poulets qui sont dans 30 cm² et qui galèrent en fait.
01:08Ils sont en précarité.
01:10Oui, je comprends.
01:11Une démarche saine du coup.
01:12Non mais c'est une vanne.
01:14Je pense qu'ils ont tout ici.
01:16On peut se faire un petit repas un peu healthy.
01:18Je suis un peu comme toi.
01:19Moi, je ne mange pas beaucoup de viande.
01:20Mais j'essaie, oui.
01:21La plupart du temps, j'ai beaucoup réduit la viande et le poisson et je mange plutôt...
01:26Et ça ne te fait pas de problème par rapport à ton gabarit ?
01:28Parce que moi, je pensais que quand tu étais un peu costaud, tu es obligé de manger quand même pas
01:34mal de viande, de poisson.
01:37Je n'en sais rien en fait.
01:39Tu n'as jamais demandé ?
01:40Tu n'as pas un nutritionniste ?
01:41Si, j'ai bossé avec une nutritionniste justement qui m'a expliqué que c'est un peu une idée préconstruite
01:48de manger la viande, la viande rouge, jour de match.
01:52Quand je jouais à Barcelone, on mangeait une entrecôte jour de match avec des frites, des pâtes.
01:56C'était très old school.
01:59Et quand j'ai commencé à m'intéresser un peu à la nutrition, à l'impact qu'elle avait sur
02:04moi, mais aussi sur l'environnement,
02:06et que j'ai bossé avec une nutritionniste, elle m'a expliqué que non, on n'était pas obligé de
02:09manger de la viande tout le temps,
02:11que jour de match, il fallait manger plutôt le midi léger, quelque chose qui ne nous impacte pas au niveau
02:16de la digestion,
02:17et que la viande rouge, ce n'était pas forcément conseillé jour de match.
02:21Donc voilà, j'ai commencé à essayer de m'instruire un petit peu comme ça, et à tester aussi, à
02:25voir.
02:25Je teste, je réduis un peu, est-ce que ça m'impacte ou pas ?
02:29Et j'ai vu que ça ne m'impactait pas trop de manger, de réduire un peu ma consommation de
02:34viande.
02:34J'ai dû apprendre à consommer aussi des légumineuses, d'aller chercher de la protéine ailleurs.
02:40Donc c'était assez intéressant.
02:41Comment on alimente mieux la machine, entre guillemets, et en étant un peu plus respectueux de l'environnement ?
02:48Exactement.
02:49Et des animaux aussi, peut-être ?
02:50Oui, parce que j'ai pris conscience que l'alimentation avait un impact, bien sûr, sur nous,
02:55parce que ce qu'on met à...
02:56Ce qu'on met à...
02:58On peut réaliser la force, ça rentre par là, donc notre corps, c'est ce qu'on mange, en fait.
03:03Et du coup, déjà l'impact sur nous-mêmes, c'est facile à comprendre.
03:06Mais je n'avais pas tout de suite compris l'impact, tu vois, sur l'environnement.
03:10Je n'avais pas compris que l'élevage de viande, ça avait un vrai impact.
03:15Parce que ça consommait de l'eau, ça consommait le déplacement, la livraison, les transports,
03:20enfin, tout ça, je ne l'avais pas compris.
03:21Et quand je l'ai compris, je me suis dit, ah oui, ça ne me coûte rien de réduire un
03:25peu,
03:25en fait, ma conso de viande, de le faire de meilleure manière, de consommer de plus local,
03:32d'essayer de voir d'où vient la viande aussi.
03:35Donc, voilà, je me suis un petit peu éduqué comme ça, sans être juste qu'une boutiste, tu vois.
03:39Démarche responsable.
03:40Moi, par contre, vous allez vous régaler.
03:42Ah, super !
03:43Ah, mais c'était...
03:44Oui, je me suis trompée.
03:45C'est une connerie, en fait, le menu.
03:46Mais je me suis trompée, c'était le menu Obélix.
03:48Attends.
03:51Très belle entrée.
03:52Oui, oui.
03:52Là, c'est parfait.
03:53Des petits avocats, avec des petites grenades, tu vois, ça, c'est mon repas, moi, par exemple.
03:58C'est pour ça que, moi, ça m'intéresse que tu me parles de ça,
04:00parce que je me retrouve dans ce que tu dis, dans ta façon de manger.
04:03Et aussi, parce que moi, je ne mange quasi pas de viande.
04:06D'accord.
04:07Quand j'étais enfant, je ne sais pas ce qui s'est passé,
04:09mais je ne pouvais pas manger de...
04:10Enfin, je ne mangeais pas de viande.
04:12Le poulet, je n'en mangeais pas du tout.
04:13En fait, j'ai peur des volatiles.
04:15Ah, c'est vrai.
04:16Enfin, pas tous, mais une poule qui passe, je ne bouge pas.
04:20Mais je ne suis quand même pas tranquille, tu vois.
04:22Je n'aime pas leurs pattes, là, qui sont...
04:24Tu vois, c'est un peu les dindons, là.
04:26Un dindon, par contre, je m'enlève, tu vois.
04:28Un pigeon qui passe.
04:31Oui, oui.
04:31Je ne suis pas à l'aise.
04:33Donc, je pense que quand j'étais jeune, il a dû se passer quelque chose.
04:35Peut-être que tu as vu les oiseaux de...
04:37Je crois que c'est Nishkop, non ?
04:38Non, je ne pense pas.
04:38Je pense que ça te l'a lié à mon grand-père,
04:40qui était agriculteur, paysan en Croatie.
04:43Il avait des poules tout le temps.
04:44Donc, il a dû avoir un truc.
04:45Il a dû me faire quelque chose.
04:46Enfin, une de ces poules, et je ne mangeais pas de poulet quand j'étais petit.
04:51Impossible d'en manger.
04:52Tu as une autre phobie ?
04:54Regarde.
04:54Une autre phobie ?
04:55C'est la mode ?
04:56Je te parlais des pigeons.
04:59Attends, j'en ai plein.
05:00Donc là, on est sur un look.
05:01Ceux-là, il y a des pires.
05:03Tu vois, il y a ce style-là aussi.
05:06Ça, c'est très...
05:07C'est quand même le rôle.
05:09Ouais, c'est le style un petit peu Dawson à l'époque.
05:13Tu te souviens de Dawson ?
05:14Très chemise.
05:15Je n'ai pas regardé, ouais.
05:16Très chemise.
05:17Ouais, parce que c'est facile, en fait.
05:19Ça va vite.
05:20Ouais.
05:21Ça donne l'illusion que tu t'y connais et que tu as un look.
05:25La mode, ce n'est pas trop ton problème, quoi.
05:28Si, ça m'intéresse.
05:30Et j'étais plus mode dans les années 2000, au tout début,
05:33quand je n'avais pas confiance en moi.
05:36Oui, oui, oui, j'en ai vu une.
05:38Attends, j'en ai vu une.
05:39Il y a bien, bien, bien pire.
05:40Et je me fais brancher toujours par mon frère, par ma femme.
05:43Celle-là, avec le bonnet.
05:44Mais là, il y a une vraie recherche.
05:45Là, là, ça va.
05:47On voit qu'il y a une petite recherche.
05:49Le pull un peu avec le bonnet.
05:50Je pensais que tu étais aimé en dossier, tu vois.
05:52En dossier ?
05:53Déjà, bon, ça, c'est pas ouf, mais il y a bien, bien pire sur le net.
05:58Parce qu'en vrai...
05:58Non, mais je ne veux pas te vexer non plus.
05:59Ah, OK, c'est pour ça, d'accord.
06:00C'est pas, en fait, toi qui n'es pas bonne en dossier,
06:03c'est que tu ne m'es pas mevé.
06:04Tu sais très bien que je peux te sortir des vrais dossiers,
06:06que j'en sais, j'en ai pas capacité.
06:07Mais t'es plutôt, t'es homme, allez, je dirais, silhouette,
06:11Célio, Uniqlo, les basiques.
06:14Tu vois ce qu'il y a sur le mannequin, tu l'achètes.
06:18Eh bien, j'avais t'expliqué que, voilà,
06:20au début des années 2000,
06:21quand ma confiance en moi n'était pas encore au top,
06:25j'ai acheté beaucoup créateurs, des trucs...
06:28Ah, c'est vrai !
06:28Très farfelus.
06:30J'ai des images en tête de ma garde-robe qui sont...
06:35Voilà.
06:36C'était quoi ton inspiration ?
06:37C'était engagé.
06:37C'était très engagé.
06:39C'était plutôt mode italienne, tu vois,
06:41des marques style Dolce & Gabbana.
06:44Un peu, en plus, c'était des années 2000,
06:46donc c'était très voyant, tu vois.
06:48C'était très années 2000, justement.
06:50Très voyant, très années 2000,
06:51donc il ne faut pas se renier,
06:53on était en collé à notre époque.
06:54Mais aujourd'hui, jamais de la vie,
06:56tu me fais porter ce que j'avais porté à cet âge-là.
06:59Donc je suis content, ça a plutôt évolué.
07:01Donc aujourd'hui, les marques que j'aime beaucoup,
07:06c'est plus du type Ami, tu vois, Jacques Musch...
07:09Plus la simplicité, pas trop tape à l'œil dans les marques,
07:15dans la visibilité, plus sur la coupe,
07:19sur les matériaux,
07:21et donc c'est...
07:22Voilà.
07:22Ce style-là, mieux que ça avec un peu de sportswear,
07:25parce que je ne sais pas.
07:26Je travaille aussi avec une marque...
07:29aux trois bandes.
07:30Française, qui a trois bandes,
07:31que j'aime beaucoup.
07:32Donc voilà, c'est un peu mon style.
07:35Mange, hein !
07:35On peut manger ?
07:36Oui, oui, bien sûr.
07:37C'est de la vraie nourriture ?
07:38Oui, oui, non, mais c'est de la vraie nourriture.
07:40Oui, c'est de la vraie nourriture.
07:41Oui, oui, oui.
07:42T'as allé faire des courses ?
07:43Ben non, non, c'est bon,
07:44on est dans un vrai restaurant, Nicolas.
07:46D'accord, on peut manger avec les doigts ?
07:47Oui, oui, vas-y, fais-toi plaisir.
07:50Moi aussi, je vais manger avec les doigts.
07:51Du coup, on est d'accord que le Jules Koundé,
07:54tout ça, on ne verra jamais...
07:57Tu penses quoi des petits défilés de mode
07:58qui font d'ailleurs
08:00quand ils arrivent à Clairefontaine ?
08:03C'est très marrant.
08:05C'est la mode d'aujourd'hui.
08:06C'est la NBA qui a lancé ça.
08:10Avec les...
08:11En Inde, on n'en voit pas trop.
08:13Non, en Inde, on n'en voit pas trop.
08:15On a essayé.
08:16Ma dernière année, on avait essayé.
08:18On avait fait un truc en mode...
08:20On le fait.
08:21On a fait un match.
08:23Derrière, on a perdu nos trois matchs après.
08:25On a dit, on ne le fait plus, les gars.
08:27On s'est porté l'œil.
08:28Ce n'est pas pour nous.
08:29On est des handballeurs.
08:30On n'est pas des...
08:31Sinon, c'est très terre à terre.
08:33Qui a eu cette idée ?
08:34Je ne sais pas.
08:35Je ne sais pas qui a eu cette idée farfelue,
08:37mais elle n'a pas marché.
08:38Et donc,
08:40moi, je vois ça avec mon œil
08:41de sportif à la retraite
08:44qui a 42 ans
08:45et qui se dit,
08:49quand moi, j'étais en équipe de France,
08:52ce n'était pas comme ça.
08:53Tu ne faisais pas un défilé
08:55en arrivant au stage.
08:56tu faisais plutôt...
08:58Tu faisais profil bas, en fait.
09:00Tu faisais...
09:00Tu arrivais.
09:02C'était très cadré,
09:03très normé.
09:04À ce qui paraît,
09:04Thierry Meilleur,
09:05arrivé et arrive toujours
09:06à mettre dans son nouveau travail au PSG
09:09directement bien en gardien de vue.
09:10Peut-être, oui.
09:11Non, mais je veux dire,
09:12c'est des époques différentes.
09:13Après, il ne faut pas juger.
09:14Voilà, c'est comme ça.
09:16Mais tu aurais bien aimé
09:17avoir le petit flot.
09:18C'est aussi une manière de...
09:19C'est aussi du marketing.
09:20C'est de la com.
09:21C'est ça.
09:21Tu ouvres un autre espace
09:22qui te permet
09:25de valoriser
09:27l'image des...
09:28De ton sport et de la tienne.
09:29Pas forcément de ton sport,
09:30de ton image individuelle.
09:31Parce que là,
09:31ils arrivent individuellement.
09:32C'est un moment où ils sont
09:33quelque part hors équipe de France.
09:35Ils ne sont pas obligés
09:35de porter la tenue,
09:37l'équipe entier,
09:38les marques.
09:39Donc, c'est un moment
09:39où ils sont en équipe de France
09:41mais qui leur appartient individuellement.
09:43Donc, ils peuvent mettre en avant
09:44leurs sponsors.
09:46Tu t'en vois certains aussi
09:47avec des marques
09:48et je suppose qu'ils bossent avec eux.
09:49Donc, ça t'ouvre
09:50un autre moment
09:51de monétisation de ton image.
09:53Donc, c'est aussi le sport
09:54qui va vers ça.
09:56Donc, il y a un côté
09:56très com et marketing.
09:58Donc, moi,
09:59je n'ai aucun souci avec ça.
10:00Mais c'est sûr
10:01que ce n'est pas ma génération.
10:03Ma génération ne faisait pas ça.
10:06On arrivait...
10:06Nous, on arrivait en survêt
10:07en stage avec l'équipe de France
10:09à la Maison du Honde
10:10ou à l'hôtel.
10:12Mais je suis persuadé
10:13que si aujourd'hui
10:14j'avais leur âge,
10:16j'arriverais comme eux
10:17en faisant
10:17« Prenez attention
10:19à ce que je mets. »
10:21C'est un défilé de mode.
10:23Je pense même
10:24que c'est plus regarder
10:25et plus vu
10:25ce que portent
10:27les joueurs
10:28de l'équipe de France
10:29de foot
10:29quand ils arrivent
10:29avec la Fontaine
10:30que certains défilés.
10:31Donc, c'est devenu
10:32quelque chose d'important.
10:34La mode,
10:34ce n'est pas ton truc,
10:35mais tu as gagné
10:36quatre championnats du monde,
10:37trois Jeux Olympiques,
10:39quatre fois champion d'Europe,
10:40trois Ligues des champions,
10:4133,
10:4222 championnats.
10:44Mais ça, déjà,
10:44c'est un truc de fou.
10:46Et ça, tu le sais.
10:48Mais là-dedans,
10:49est-ce qu'il y en a un
10:50qui compte plus que les autres
10:52ou tu as un titre
10:53que tu préfères ?
10:55C'est un peu dur de dire
10:59que je préfère un titre
11:00de champion du monde
11:01ou un titre de champion d'Europe.
11:02Celui qui l'a le plus marqué.
11:05C'est plus par rapport
11:06aux souvenirs
11:07qui sont liés
11:08aux émotions.
11:11Chaque titre,
11:12surtout les grands titres,
11:12la chance que j'ai eue
11:13dans ma carrière,
11:14ce n'est pas que la chance,
11:15mais c'est de gagner
11:1711 médailles d'or
11:18avec les équipes de France,
11:19de gagner trois Ligues des champions
11:20avec mes clubs.
11:20Donc, d'avoir des moments,
11:24c'est des moments
11:24où tu es sur le toit du monde
11:27où quand tu es champion de France,
11:28c'est déjà incroyable.
11:30Déjà, de pouvoir avoir
11:31le privilège de dire
11:32je suis champion de France,
11:33mais il y a mieux encore.
11:34Il y a quelque chose
11:35de plus haut,
11:35de plus fort.
11:36Alors qu'il y a des joueurs
11:38qui n'ont jamais été
11:38champion de France.
11:40Mais voilà,
11:41d'être champion du monde,
11:42champion olympique,
11:42c'est incroyable.
11:44Tu es sur le toit du monde.
11:45C'est ton rêve de gamin
11:46qui se réalise
11:47et c'est des émotions
11:48tellement fortes.
11:49Et donc,
11:50si j'en ai un à retirer,
11:52un ou deux,
11:52c'est peut-être
11:53premier titre
11:54de champion olympique
11:55parce que j'ai pu le partager
11:57avec mon papa aussi
11:59qui l'a vu,
11:59qui l'a regardé
12:01avant qu'il parte.
12:03Donc ça,
12:03ça a été très fort
12:04parce qu'on a pu partager
12:05ce moment ensemble
12:06en famille
12:06avec ma mère
12:07et mon petit frère
12:08mais aussi avec mon père.
12:09Tu vois,
12:10d'avoir ce truc,
12:11ça y est,
12:11on a atteint.
12:12Et il t'a vu.
12:13Il m'a vu.
12:14Il m'a regardé.
12:15Il m'a regardé.
12:16Il m'a vu être
12:17gagné les JO
12:18avec l'équipe de France
12:19et faire une finale incroyable.
12:21et donc partager ça
12:23avec lui,
12:23ça a été très fort
12:24et bien sûr
12:25avec l'équipe
12:26et avec tout le monde.
12:27Et l'autre,
12:28c'est mon dernier titre
12:29du champion olympique
12:29avec Luca.
12:30En 2021,
12:31c'est le titre
12:31qui nous manquait
12:32ensemble
12:32en équipe de France.
12:34C'est un titre
12:35du champion olympique
12:35que toute une partie
12:36de l'équipe
12:37n'avait pas encore
12:37remporté.
12:38On s'était planté
12:40en 2016 à Rio.
12:41On avait perdu en finale
12:42et il y avait un peu
12:43cet aspect
12:44même si on remporte
12:46une médaille d'argent,
12:47tu perds en finale.
12:48Et en plus,
12:49ça n'avait pas
12:49le même statut
12:50par rapport au premier.
12:52En plus,
12:52je revenais de blessure,
12:53je m'étais fait les croisés,
12:55j'ai fait une embolie pulmonaire.
12:56Ça avait été un moment
12:59où,
13:01huit mois avant,
13:02je pensais
13:02que ma carrière
13:02était finie.
13:03Donc,
13:04ça rajoute encore plus
13:05à l'émotion
13:05qu'en finale,
13:06tu y arrives,
13:08tu remportes la médaille
13:09et que tu regardes
13:10ton parcours
13:10et que tu vois
13:11que jusque-là,
13:12mon parcours,
13:14tout avait été réalisé
13:17naturellement
13:17et ça venait.
13:18Là,
13:18j'avais rencontré
13:19pour la première fois
13:20une vraie difficulté,
13:22quelque chose
13:22où j'étais tombé très bas.
13:24Donc,
13:24ça,
13:24ça rajoutait encore
13:26plus d'émotion
13:27qu'en finale,
13:28tu es sur le podium
13:30avec tes potes,
13:31avec ton frère
13:31et que tu revois tout ça.
13:32Et puis,
13:33j'avais mes enfants
13:34et Géraldine
13:36qui ont,
13:37même pour la première fois,
13:39assisté,
13:40regardé à la télé
13:41parce que c'était à Tokyo,
13:42c'était en Covid,
13:42ils ne pouvaient pas venir.
13:43Donc,
13:43ils nous ont vu
13:45gagner la médaille d'or
13:47aux Jeux Olympiques.
13:48Donc,
13:48ça,
13:48c'était aussi très fort
13:49de pouvoir le partager
13:49avec la famille.
13:51Est-ce qu'on peut passer
13:51à la suite ?
13:52Ah ben non,
13:53je n'ai pas fini du tout,
13:54moi.
13:54On parle beaucoup.
13:56Ben oui,
13:56oui.
13:56Non,
13:57mais non.
13:58Je reviens,
13:59écoutez.
14:00Ben non,
14:00laisse-moi manger.
14:02C'est vrai,
14:02on parle beaucoup.
14:03C'est vrai qu'on parle beaucoup.
14:04Tu parles beaucoup d'émotion.
14:05Tu répètes beaucoup
14:06le mot émotion.
14:07C'est ça,
14:08toi,
14:08qui a été au final ton moteur ?
14:09C'était les émotions
14:10que ça te procurait
14:12de le parcours,
14:14j'imagine,
14:14mais surtout la victoire.
14:17Finale,
14:17les titres.
14:19C'est après ça
14:20qu'on court
14:21quand on est sportif
14:22de haut niveau ?
14:22Après ce shoot
14:23d'émotion ?
14:27Ben,
14:27je pense qu'une fois
14:28que tu touches
14:28à cette émotion,
14:30à cette sensation
14:31d'être le meilleur
14:33sur le toit du monde,
14:36c'est une drogue.
14:38Tu as envie
14:39d'y retourner,
14:40tu as envie
14:40de revivre ça.
14:41Tout ce qui est
14:42moins fort que ça,
14:43ça devient fade,
14:45moins bien.
14:46C'est pour ça
14:46que c'est dur,
14:48en fait.
14:48Une fois que tu es
14:49champion du monde,
14:51d'Europe,
14:52champion olympique
14:52pour la première fois,
14:53c'est déjà très dur en soi.
14:54Mais y retourner,
14:56en fait,
14:57c'est tellement dur
14:57parce que derrière,
14:58tout ce que tu peux faire d'autre,
15:00en fait,
15:01c'est moins bien,
15:01c'est un échec.
15:02Et on te le rappelle
15:03assez vite,
15:05les premières interviews
15:06quand tu es champion du monde
15:07ou champion olympique,
15:08c'est qu'est-ce que
15:10vous allez faire après ?
15:11Est-ce que vous allez être
15:12de nouveau champion olympique ?
15:13Là,
15:14vous marquerez encore plus
15:15l'histoire.
15:15Et donc,
15:16tu te rends compte très vite
15:17que tu as atteint le toit du monde.
15:18Et derrière,
15:19tout ce que tu vas faire après,
15:20si c'est moins bien,
15:22ce sera un échec.
15:24Donc déjà ça,
15:26une fois que tu es sur le sommet,
15:27au sommet,
15:29c'est plus dur
15:29parce que la motivation,
15:30c'est plus la même,
15:31c'est plus conquérir,
15:32c'est ne pas tomber.
15:34Donc déjà,
15:35c'est beaucoup plus dur
15:37et ça t'oblige
15:37à gagner de nouveau.
15:39Mais donc,
15:41au final,
15:41moi,
15:42naturellement,
15:42quand j'étais petit,
15:44je n'ai pas besoin
15:44d'être motivé.
15:45Ce qui me motivait,
15:47j'avais un esprit
15:47de compétition
15:48tellement grand en moi
15:50que je voulais être
15:50le meilleur,
15:51tout simplement,
15:52gagner avec mon équipe,
15:53mais faire gagner
15:54mon équipe aussi
15:55et individuellement
15:56être fort,
15:57être le meilleur.
15:58Donc j'avais cet esprit
15:59de compétition féroce en moi
16:01qui m'a servi de moteur
16:03pendant très longtemps
16:04dans ma carrière.
16:06Donc ce n'était même pas
16:06forcément les émotions
16:08qui me drivaient,
16:09c'était cet esprit
16:10de compétition en moi
16:11et cette volonté
16:12de gagner,
16:13de me prouver des choses
16:14à moi-même aussi.
16:16Ça veut dire que
16:17est-ce que parfois,
16:19vous gagnez un match
16:20collectivement,
16:21mais toi,
16:21ta performance
16:22était en dessous.
16:24Est-ce que ça te rendait mal ?
16:26Est-ce que tu le vivais mal,
16:27ça ?
16:28Ça t'est déjà arrivé ?
16:29Je le vivais pas mal,
16:30ça m'est déjà arrivé.
16:32Je le vivais pas mal
16:34parce que le plus important
16:36pour moi,
16:37c'était bien entendu
16:40la victoire avant tout,
16:41mais tu ne le vis pas
16:42de la même manière
16:42que si tu as contribué,
16:45si tu as été bon en fait.
16:45Si tu as été bon,
16:46que tu as été présent,
16:48pour ton équipe,
16:49pour tes coéquipiers
16:50qui ont pu compter sur toi,
16:52que tu as été acteur
16:53de la victoire,
16:54là,
16:55c'est une sensation
16:56vraiment différente
16:58que tu as gagné,
17:00mais en fait,
17:01toi,
17:01tu n'as pas été bon
17:02et heureusement
17:02que tes coéquipiers
17:03étaient là.
17:04Ils t'ont un peu
17:06sauvé les fesses
17:06parce que sinon...
17:07Mais la pire sensation,
17:08c'est perdre
17:09et perdre en étant
17:10toi mauvais individuellement.
17:12Et on les sent coupables
17:13aussi peut-être.
17:13Et du coup,
17:14tu te sens coupable,
17:15tu as la culpabilité,
17:16ça,
17:16c'est le pire du pire.
17:18Ça te suit à vie en fait.
17:20Tu vas repenser
17:21toute ta vie
17:22aux actions
17:22de tel match.
17:23C'est souvent en finale
17:24en fait,
17:25quand tu perds une finale
17:26et que tu n'as pas été bon
17:28ou même que tu as été bon
17:29mais tu as toujours
17:29des choses que tu rates
17:30dans un match,
17:30tu dis quelque part
17:32quelque chose au fond de toi
17:33qui te dit
17:33si cette action-là,
17:34tu ne l'avais pas ratée.
17:35Tu as des souvenirs
17:36comme ça
17:36qui te hantent encore
17:37aujourd'hui ?
17:39Oui,
17:39j'ai des moments
17:40comme ça
17:40qui reviennent,
17:41bien sûr.
17:42J'ai des moments
17:43comme ça
17:43qui reviennent
17:43de la finale
17:45des Jeux Olympiques
17:45de 2016
17:47contre le Danemark.
17:49J'ai des moments
17:50de la finale
17:51de Ligue des Champions
17:52avec le PSG
17:52qu'on perd d'un but
17:54à dernière seconde
17:55contre le Vardar.
17:56J'ai des moments
17:57comme ça,
17:58je me souviens d'actions.
17:58Mais ça, c'est fou.
17:59Psychologiquement,
17:59ça doit être tellement dur
18:01en fait.
18:01Tu sais,
18:02c'est le truc
18:02où tu as envie
18:02de faire un pomme-z
18:03pour revenir en arrière
18:05directement
18:06où ça y est,
18:07c'est fini.
18:10Au final,
18:11la force mentale,
18:12c'est ça,
18:12c'est être capable
18:13de vivre
18:14avec cette pression
18:15folle
18:16que tu te mets
18:16et avec ce mental
18:21qui aussi tourne là-dessus.
18:23Parfois,
18:24tu te sers aussi
18:24de motivation
18:25de ces moments-là.
18:26Tu as vécu
18:26ces moments-là
18:27qui ont été difficiles,
18:28tu as été au fond
18:28et ils te servent
18:29de moteur
18:30pour aller chercher
18:31plus loin,
18:31pour te surpasser
18:32le coup d'après.
18:33Mais malgré tout,
18:35il faut apprendre
18:35à vivre avec ça.
18:36Moi,
18:36je sais que toute ma vie,
18:37il y a des moments,
18:38tout va bien,
18:39mais il y a des moments
18:39et je vais repenser
18:40je ne sais pas pourquoi
18:40à ce moment-là.
18:42Je vais me dire
18:42mince,
18:43en fait,
18:44j'aurais dû avoir
18:46un quatrième titre
18:48de champion olympique.
18:51Et après,
18:51avec l'âge,
18:53tu apprends à
18:55prendre un peu de hauteur,
18:56pas apprécier,
18:57mais à te dire,
18:58à regarder avec un autre angle,
18:59à te dire,
18:59en fait,
19:01s'il n'y avait pas eu
19:01cette finale,
19:02par exemple,
19:03de Rio 2016
19:04qu'on perd,
19:06peut-être qu'il n'y aurait pas eu,
19:07très sûrement,
19:08il n'y aurait pas eu,
19:09tu n'aurais pas été champion du monde
19:10cinq mois après,
19:11en 2017,
19:12en France,
19:13où on n'aurait peut-être pas été
19:14champion olympique en 2021
19:15en prenant notre revanche
19:16face au Danemark.
19:17t'apprends à comprendre
19:19que les moments
19:19qui ont été durs
19:20dans ta vie,
19:22il ne faut pas les effacer,
19:24en fait,
19:24parce que ceux qui sont après,
19:26les moments après,
19:27ceux qui ont été plus beaux,
19:28ils n'auraient jamais été là
19:29si tu n'avais pas connu
19:30ce moment de down.
19:32C'est des épreuves
19:32qui te permettent
19:33de t'élever ?
19:34C'est linéaire,
19:35donc il ne faut pas revenir en arrière.
19:36Aujourd'hui,
19:36si tu me demandes
19:37de revenir en arrière,
19:38de faire,
19:39comme tu as dit,
19:40Erase,
19:40je n'efface pas
19:41ces moments-là,
19:42en fait,
19:42parce qu'ils m'ont permis
19:43de comprendre
19:44beaucoup de choses
19:45dans le sport,
19:46même dans la vie,
19:46sur moi-même.
19:47Donc,
19:47les moments durs,
19:49je ne les efface pas
19:50parce que j'ai appris
19:51à les regarder
19:52sous un autre angle.
19:53Il y a des saisons,
19:53il y a une saison
19:55où, pour le coup,
19:56tu es on fire.
19:57C'est celle avec le Paris Saint-Germain
19:59où vous terminez invaincu.
20:01J'imagine que ça,
20:02ce moment-là...
20:03Terminé ou un doggy bag ?
20:04Non, mais c'est bon.
20:05Un doggy bag, ouais.
20:06Allez.
20:06Tu sais faire ?
20:07Vous savez faire ça,
20:08madame Ténancière ?
20:09On ne se connaît pas.
20:10Oui, oui.
20:11Par contre,
20:11je ne vois pas.
20:13Il y a le plein à venir
20:14quand même après.
20:15Ce n'est pas terminé.
20:16Vous avez le menu complet, là.
20:17Ah oui, d'accord.
20:18Je vous prépare tout ça
20:19dans un petit...
20:19C'est gentil.
20:20C'est gentil.
20:21Excusez-moi,
20:22je...
20:22Je vais le...
20:23Rangez-le, non ?
20:24Voilà, je mange.
20:25C'est des forces.
20:30On va se faire engueuler, en plus.
20:32C'est Paris, hein ?
20:34Oui, c'est vrai.
20:35C'est Paris, c'est...
20:35C'est engagé.
20:36C'est beau aussi,
20:37c'est engagé.
20:38Du coup,
20:39la saison avec le Paris Saint-Germain,
20:40vous terminez invaincu.
20:41Il y a ce titre
20:41de champion de France.
20:43Celle-là,
20:44tu dois te sentir...
20:45Ouais, je vole.
20:45Parce que pour quelqu'un
20:46qui aime gagner,
20:47pour le coup,
20:48j'imagine que ça,
20:49c'est un vrai moteur
20:49de se dire,
20:50OK, je suis invaincu,
20:52donc je suis limite invincible.
20:55Ah oui,
20:56quand tu es sportif,
20:56tu cherches la perfection.
20:58Une fois que tu commences
20:59à gagner,
20:59tu veux...
21:00C'est plus...
21:01Non seulement gagner,
21:02c'est aller chercher
21:02des records.
21:03C'est faire des choses
21:05que les autres
21:06dans ton sport
21:07n'ont pas faites.
21:09Et donc,
21:09faire une saison invaincue
21:11avec le PSG,
21:13ça,
21:13c'était dingue,
21:14surtout dans un championnat
21:15qui était relevé
21:16avec des très fortes équipes,
21:18avec Nantes,
21:19Montpellier,
21:20où c'était vraiment serré,
21:22la vraie adversité.
21:22ce n'est pas juste gagner,
21:23être invaincu
21:25dans un championnat
21:26comme j'ai peut-être pu le vivre
21:27en Espagne avec Barcelone
21:28où le niveau
21:29avait commencé à chuter
21:32post-2008,
21:33post-la crise financière.
21:34Donc,
21:34ce n'est pas pareil.
21:35Quand tu as un vrai challenge
21:36et que tu arrives
21:37à le relever,
21:38là,
21:38c'est vraiment...
21:40ça vaut.
21:40Et donc là,
21:42atteindre des records,
21:43c'est ce que tu recherches
21:43quand tu es sportif
21:45et que tu commences
21:46à avoir ce potentiel
21:47de gagner.
21:47Donc,
21:48tu te crées
21:49des souvenirs à vie.
21:50Ça doit être génial
21:51de se sentir
21:53le plus fort du monde
21:55en tant qu'individu aussi.
21:58De se dire
21:58je suis dans mon domaine,
22:01dans le domaine
22:02où je suis
22:02le plus fort
22:04et le meilleur.
22:05Merci.
22:06Ça doit être incroyable
22:07à ressentir ce truc.
22:08C'est génial.
22:08Moi,
22:08c'est la meilleure salade grecque
22:10que vous allez manger.
22:11Je suis la meilleure
22:12dans ce domaine,
22:12moi aussi.
22:13C'est vrai ?
22:14La satisfaction,
22:15elle est bien ou pas alors ?
22:16Ouais,
22:17vous me direz après,
22:17mais je pense que
22:18vous allez vous régaler.
22:19Ok.
22:20Elle est un peu intrusive.
22:22Ça nous va,
22:23l'histoire.
22:24Mais ça,
22:24vous n'êtes pas beaucoup
22:25à ressentir ça.
22:26Tu vois,
22:26tu as des mecs de Jordan,
22:28tu es avec...
22:28En fait,
22:29tu es dans ce Hall of Fame
22:30aussi parmi des sportifs.
22:34Ouais,
22:35après,
22:35c'est toujours dur
22:35parce que...
22:36T'es humble.
22:38Non,
22:38c'est pas...
22:40En fait,
22:40on est...
22:41Dans ton sport,
22:42tu ne te mets pas
22:43avec Michael ?
22:45En fait,
22:45comme c'est que du hand
22:46et que depuis tout petit,
22:49tu te...
22:50En fait,
22:51on a ce syndrome
22:51de se rabaisser
22:52parce qu'on fait...
22:52Enfin,
22:53moi,
22:53je sentis ça
22:53parce que c'est
22:55que du hand,
22:56donc c'est pas au niveau
22:58de popularité du foot,
22:59du basket américain.
23:01Et donc,
23:01en tant que handballeur,
23:03t'as un peu ce côté...
23:04C'est pas de la...
23:06Le sucré,
23:07c'est ça.
23:08je me disais,
23:08il n'y a pas de sauce.
23:09D'accord.
23:10Ben voilà.
23:10C'est healthy.
23:12Donc,
23:13c'est pas...
23:13Non,
23:13c'est pas une fausse humilité,
23:15mais c'est...
23:16Moi,
23:16c'est aussi quelque chose
23:17qui m'a aidé
23:19à fonctionner.
23:21C'est d'avoir un peu
23:22cette double casquette
23:23de se dire...
23:24Ouais,
23:25je veux être le meilleur
23:26et je me comporte
23:28et je vis
23:29et je veux être le meilleur
23:30et je...
23:31Quelque chose au fond de moi
23:32est persuadé
23:33que je suis le meilleur
23:33et c'est aussi
23:34je veux atteindre des records.
23:35Je veux pas seulement
23:35être le meilleur
23:37au monde une fois.
23:38Je veux l'être
23:39le plus de fois possible.
23:40Je veux pas seulement
23:42marquer le hand français,
23:43je veux marquer le sport
23:44aussi français
23:45et être...
23:46Quand on parle
23:47des meilleurs sportifs,
23:48être dans cette conversation-là.
23:49Et avec la meilleure équipe
23:50de tous les temps,
23:51peut-être
23:51tout sport confondu.
23:53Ouais,
23:53mais après,
23:54ça,
23:54on sait pas.
23:55Et en même temps,
23:56t'as ce côté-là en toi
23:57et en même temps,
23:58tu sais que...
23:59Enfin,
24:00chez moi,
24:00j'ai ressenti ça,
24:01il y a une humilité
24:01de se dire...
24:02En fait,
24:03déjà,
24:03c'est un sport quo,
24:03donc il y a des coéquipiers,
24:05tu serais pas arrivé sans eux.
24:06Si j'avais joué...
24:07Si j'avais pas joué
24:08pour la France,
24:09si j'avais joué
24:09pour un autre pays,
24:10peut-être que j'y serais pas arrivé.
24:12Si j'avais pas eu mon père
24:13et mes parents
24:13quand j'étais petit
24:14pour m'accompagner
24:15et mon frère
24:16avec qui aiguiser
24:17cet instinct de compétition,
24:18j'aurais jamais fait
24:19ce que j'ai fait là.
24:20Donc,
24:20en fait,
24:21quand t'as atteint
24:22le Graal,
24:23le sommet,
24:23tu te rends compte
24:24qu'il y a beaucoup,
24:25beaucoup de choses
24:25que t'as pas maîtrisées
24:26dans ta vie
24:27et qui t'amènent
24:28une certaine humilité.
24:29Cette humilité,
24:29elle te pousse aussi
24:30à continuer
24:31à te remettre en question.
24:33Donc,
24:33il y a un peu ce paradoxe
24:34de...
24:35Tu veux être le meilleur,
24:36il y a quelque chose
24:36dans toi qui le sait,
24:37mais en même temps,
24:39t'es pas le meilleur.
24:41T'es pas le meilleur
24:42et tu te répètes ça
24:43pour justement
24:43aller encore plus loin
24:44tout le temps.
24:45Moi,
24:45je fonctionnais comme ça.
24:46Ce que j'avais gagné,
24:47je le regardais pas.
24:48Il y a quelque chose
24:49en moi qui me disait
24:50non,
24:51je suis pas le meilleur
24:52ou là,
24:52j'aurais dû être le meilleur.
24:53Ils m'ont pas élu meilleur
24:54joueur au monde
24:55cette année-là,
24:55c'est injuste,
24:56je vais aller encore plus loin.
24:57Donc,
24:58j'étais un peu dans ce paradoxe-là
25:01et en plus,
25:02voilà,
25:04j'ai conscience
25:04que j'ai fait quelque chose
25:05de très grand
25:05dans mon sport,
25:07mais c'est du hand.
25:09Toi,
25:09tu te dis c'est du hand,
25:10genre c'est le sport de hangar ?
25:11C'est le sport de préau
25:12en France,
25:12c'est un sport de préau.
25:14Mais comme le foot ?
25:15Non,
25:16c'est le hand,
25:17c'est le sport des profs
25:19de sport à l'école.
25:20Oui, c'est vrai.
25:21Le sport de l'école,
25:21on a tous fait à l'école,
25:22mais après,
25:23pas en club
25:23et on n'est pas...
25:25En France,
25:26je peux sortir...
25:27On me reconnaît dans la rue,
25:28mais je peux sortir
25:29quand même tranquille.
25:30En Croatie,
25:31je ne sors pas tranquille
25:32dans la rue.
25:32Il y a des paparazzi
25:33qui me suivent.
25:35Mais en même temps,
25:35c'est cool parce que...
25:37Oui, parce que
25:37tu n'aurais pu jouer
25:39pour la Croatie.
25:40Et puis surtout,
25:41j'aurais pu me prendre
25:42pour un autre
25:43si j'avais eu ce niveau
25:44de reconnaissance-là.
25:45Au final,
25:46je suis content
25:46d'être un handballeur
25:47parce que je peux vivre
25:48une vie aussi
25:49quand même normale.
25:50Tu n'as pas l'avis
25:50de la paix.
25:51Je connais les deux extrêmes.
25:52Je n'ai pas l'avis
25:52de Kylian
25:53qui est génial,
25:55mais qui doit aussi
25:55être très difficile
25:56parce qu'il ne peut pas
25:58sortir de chez lui.
25:59Il ne peut pas vivre...
25:59Il ne peut pas aller
26:00au restaurant
26:00avec Esther Esposito
26:01sans qu'on le photographie.
26:02Est-ce que Géraldine
26:03aurait pu vivre ça ?
26:05Je ne sais pas,
26:06mais je suis...
26:07Enfin,
26:08j'ai connu
26:09les deux spectres
26:10et donc c'est cool.
26:11J'ai connu l'anonymat
26:12et aussi le côté
26:14où j'avais des paparazzi
26:15qui me suivaient
26:16en vacances.
26:18Je pense que c'est une force.
26:19Ça me fait marrer.
26:22Tu vois un mec
26:23qui se planque ?
26:24J'étais à Dubrovnik
26:26avec mon frère
26:28et mon meilleur pote.
26:29On était en vacances
26:31dans les petites rues
26:32Dubrovnik
26:33qui a servi de set
26:35à Game of Thrones.
26:36Donc,
26:36les petites rues médiévales,
26:37tout ça.
26:38Très beau Dubrovnik.
26:39Superbe !
26:40Ah oui, oui.
26:40Il faut que tu ailles.
26:41Oui, oui.
26:42J'adore Game of Thrones.
26:43On se baladait
26:43et j'ai un photographe
26:45qui a déboulé,
26:46qui est sorti
26:47derrière un muret
26:48comme ça
26:49en sautant.
26:50Paf !
26:50Il s'est posé
26:51qu'il a pris en photo
26:53et la photo derrière
26:54dans les journaux croides
26:55c'était Nicolas en vacances
26:58avec son frère
26:59et ses meilleurs potes
26:59mais il n'y a que des mecs.
27:00C'était genre
27:01ils se posaient des questions
27:03sur ma sexualité.
27:04Ah ouais ?
27:04Ouais.
27:05Le lendemain,
27:06j'ai vu ça.
27:06J'ai halluciné en fait
27:08parce qu'en France
27:08je ne vivais pas du tout ça.
27:09Trop marrant ça.
27:10Ça fait une bonne anecdote
27:11à raconter.
27:12Vous avez dû vous marrer derrière.
27:13Tu l'as gardé le papier
27:14ou pas ?
27:15Le journal ?
27:16Je dois pouvoir le retrouver.
27:18C'est génial.
27:19Je dois pouvoir le retrouver.
27:20Vous avez dû rigoler.
27:23On a dû rigoler, ouais.
27:23Mais t'es pas fâché
27:24avec la sauce.
27:26Tu en veux ?
27:27J'ai pris toute la sauce ?
27:29Je pensais que t'avais pris.
27:30Tiens.
27:32C'est bon.
27:33Ça me bat comme ça.
27:34D'accord.
27:35Je cacote plutôt nature,
27:36tu vois.
27:36D'accord.
27:38Il est un peu sec quand même
27:39dans sa salaire.
27:39Un petit peu.
27:40Il en reste un peu.
27:41Un peu de l'huile d'olive.
27:42Moi je mets l'huile d'olive.
27:43Je fais que toi l'huile d'olive.
27:44Non, ça va.
27:44Il en reste un petit peu.
27:45J'étais mauvaise langue.
27:46Oui, moi aussi,
27:47je mets l'huile d'olive.
27:48J'aime bien.
27:50Aujourd'hui,
27:51t'acceptes de perdre
27:52contre tes enfants ?
27:54Mon esprit de compétition,
27:56il est là.
27:59Vous devez jouer à des jeux,
28:00des fois.
28:03Aujourd'hui,
28:05ah oui,
28:05enfin,
28:06aujourd'hui,
28:07j'accepte de perdre
28:08contre mes enfants.
28:11Aujourd'hui,
28:12j'ai aussi essayé
28:13de travailler
28:13sur mon esprit de compétition
28:16pour en faire un peu le deuil
28:18parce que
28:21j'en avais plus besoin.
28:22J'en ai plus besoin.
28:23J'ai plus rien à prouver
28:25à personne
28:26ni à moi-même.
28:27Et donc,
28:29je me suis aussi aperçu
28:30plutôt vers la fin de ma carrière
28:32que l'esprit de compétition,
28:34c'est génial,
28:35mais que ça part quand même
28:36d'un manque
28:36de quelque chose
28:37chez moi.
28:38et après,
28:39en me renseignant un peu,
28:40en lisant,
28:41en écoutant des podcasts,
28:44de psychologues,
28:45de psychologues du sport,
28:47de tout un tas
28:49de personnes différentes
28:50qui parlaient
28:51de développement personnel,
28:52qui parlaient
28:52d'inconscient.
28:55ils disent que
28:56cet esprit de compétition
28:58qu'on a
28:59certaines personnes
29:00dans différents domaines,
29:02le sport,
29:02l'entreprise,
29:03tout ça,
29:03ça vient quand même
29:04d'un manque
29:09dans sa jeunesse,
29:10dans son inconscient
29:11que certains vont transformer
29:12en quelque chose
29:14d'aller repousser ses limites,
29:15de conquérir,
29:16de gagner des titres,
29:18mais que d'autres,
29:19chez d'autres personnes,
29:20ça va les inhiber.
29:22C'est vrai que je l'ai ressenti,
29:23j'ai ressenti
29:24cet esprit de compétition.
29:25Et tu sais d'où ça vient
29:26exactement ?
29:27Je ne sais pas trop,
29:28j'ai essayé de travailler dessus,
29:29je me suis rendu compte
29:30que c'était beaucoup aussi
29:31lié à ma famille,
29:32à mon père.
29:34Il te challengeait
29:35quand tu étais petit ?
29:36Il ne me challengeait pas du tout,
29:36c'est ça qui était
29:37assez paradoxal,
29:38mon père ne me challengeait pas,
29:38il ne m'a jamais poussé,
29:39mon père,
29:40mais il m'a accompagné,
29:41et surtout je l'ai...
29:42Parce qu'il t'a entraîné ?
29:43Il m'a entraîné,
29:44ça a été mon prof de sport
29:45à l'école.
29:46Et aussi,
29:47quand j'étais petit,
29:47ancien international yougoslave,
29:50il était gardien de but,
29:51et surtout,
29:52il est parti,
29:52lui,
29:53jouer en France
29:54quand moi j'étais petit,
29:55quand je venais de naître
29:56en ex-Yougoslavie,
29:57à Niche,
29:58et pendant 4 ans,
29:59ma mère terminait ses études
30:01en yougoslavie,
30:02de médecine.
30:03Donc pendant 4 ans,
30:04je ne voyais pas trop mon père,
30:05donc je me suis dit,
30:06en essayant d'analyser,
30:08en essayant de comprendre
30:08pourquoi j'ai voulu faire du honde,
30:11pourquoi cet esprit de compétition,
30:13il était si exacerbé chez moi,
30:15et c'était peut-être pas le même
30:16chez mon frère,
30:17alors qu'on a la même famille et tout.
30:18Donc j'ai essayé de travailler,
30:20j'ai essayé de réfléchir.
30:21Je me suis dit,
30:21peut-être que,
30:22il y a eu un manque
30:24de présence paternelle,
30:25peut-être que j'ai voulu l'impressionner,
30:27peut-être que j'ai voulu rechercher
30:28son amour
30:30en lui montrant
30:31que j'étais le meilleur
30:32dans son domaine à lui.
30:35Et donc,
30:36voilà,
30:37je suppose que c'est ça.
30:39Et en tout cas,
30:41j'ai essayé de travailler là-dessus,
30:42j'ai essayé de voir ça,
30:45de l'apaiser,
30:46puis du coup,
30:47de le mettre de côté,
30:47parce qu'à un moment donné,
30:48maintenant,
30:49ça ne me sert plus à rien.
30:50Je ne vais plus être en compétition,
30:51en fait,
30:52et de comprendre que la vie aussi,
30:53ce n'est pas une compétition.
30:54Moi,
30:54j'ai ressenti le besoin
30:56pour passer à autre chose,
30:57stop.
30:58Je ne fais plus les choses
31:00pour la compète,
31:01je ne fais plus les choses
31:02pour...
31:04Je ne fais plus de projet
31:05pour me prouver quelque chose
31:06à moi-même ou aux autres.
31:07Je ne fais plus les choses
31:08pour...
31:08On garde la notion de plaisir
31:10quand on est dans la compétition,
31:11comme ça ?
31:11Ou pas ?
31:12Justement,
31:13pas forcément.
31:15Et le fait de travailler là-dessus,
31:17pour moi,
31:18ça m'a aidé
31:19à aller vers du plaisir.
31:21Parce qu'à un moment donné,
31:23quand tu es pro,
31:25qu'en plus,
31:25tu commences à gagner des titres
31:26champion du monde,
31:27champion olympique,
31:28champion d'Europe,
31:29déjà,
31:30tu commences à être payé,
31:31donc tu commences à avoir
31:32une obligation de résultat.
31:33Donc,
31:34la pression,
31:34ce n'est pas la même.
31:36Ta passion peut devenir
31:37aussi un boulot.
31:38Tes entraînements,
31:39selon l'entraîneur que tu as,
31:40peuvent être très chiants,
31:41les entraînements,
31:42très rébarbatifs,
31:43tu as de la vidéo dans tous les sens,
31:44des réunions,
31:45ça peut très vite devenir un métier
31:47alors que tu fais un métier passion.
31:49Et tu peux aussi,
31:50toi-même,
31:51te mettre tellement de pression
31:51que tu es heureux
31:53que si tu es bon,
31:53si tu es de nouveau champion du monde.
31:54ta passion peut te rendre malheureux.
31:57Tu peux,
31:57tu vois tes mondes sportifs malheureux
31:58et je pense qu'aujourd'hui,
31:59il y en a beaucoup qui parlent
32:00de cette difficulté-là
32:02et de cette santé mentale
32:04et combien c'est dur,
32:05en fait.
32:05Et en fait,
32:06je me suis rendu compte de ça aussi
32:07et le fait de travailler pour moi
32:09sur faire l'introspection,
32:11sur pourquoi j'ai voulu faire tout ça,
32:12m'a aidé à aller aussi vers du plaisir,
32:15surtout en fin de carrière.
32:17Donc,
32:18la fin de carrière,
32:18je me suis concentré sur
32:22va vers le plaisir,
32:24reconnecte-toi
32:24à ce qui te faisait plaisir
32:25quand tu étais enfant,
32:26de faire du sport
32:27avec tes copains,
32:28de kiffer
32:29et de comprendre aussi
32:30quelque part
32:30que ce n'est pas antinomique
32:31parce que dans une société aujourd'hui,
32:33dans le sport,
32:34on pense que si tu n'es pas à fond,
32:36si après le match,
32:37tu n'es pas dévasté,
32:39si tu as perdu,
32:40ce n'est pas normal.
32:42Pendant un moment,
32:43j'étais comme ça.
32:44Donc, vers la fin,
32:45j'ai appris que
32:45tu peux être à 200%
32:47sur un match à fond
32:48et donner le meilleur de toi
32:50même
32:50et en même temps,
32:51le faire avec plaisir
32:52et qu'au final,
32:55que tu gagnes
32:55ou que tu perds,
32:56ce n'est pas forcément
32:56entre tes mains.
32:58C'est vrai que tu as connu
32:59plein de trucs
33:00très très hauts
33:01avec des vraies émotions
33:05et puis tu as connu aussi
33:06des choses plus difficiles.
33:08Il y a eu ton papa,
33:08évidemment.
33:09Je pense que ça,
33:09c'est peut-être
33:10un point de départ
33:12de tout ce qui va se passer
33:13derrière
33:13et que tu es une machine,
33:14toi.
33:15En vrai,
33:15tu as toujours continué
33:17à...
33:17Tu ne t'es pas arrêté,
33:18tu n'avais pas de vacances.
33:19C'est un truc
33:19que je me suis toujours dit.
33:21Vous,
33:22vous êtes en équipe de France
33:23et tout,
33:23vous n'avez pas de vacances.
33:24On s'enchaînait
33:24avec le club.
33:26Ensuite,
33:26c'était l'équipe de France
33:27et c'est vrai
33:29que je te voyais tout le temps
33:30sur les plateaux
33:30ou alors sur les matchs
33:31et je lui disais
33:32mais moi,
33:33je vais aller en vacances,
33:33pas lui.
33:34On avait des petites vacances
33:36quand on n'était pas
33:37en année olympique.
33:38Le reste du temps,
33:39on enchaînait.
33:39On n'avait pas de trêve
33:42à Noël,
33:43des trucs comme ça.
33:44C'est vrai que l'on de balle,
33:45on n'en parle pas
33:46mais ça,
33:46c'est fou.
33:47Oui,
33:47on a des rythmes assez élevés.
33:48On a des rythmes très élevés
33:49surtout quand tu joues
33:50Ligue des Champions
33:51dans un club comme PSG,
33:53Ligue des Champions,
33:54championnat,
33:54championnat élevé,
33:55l'équipe de France
33:56avec une compète tous les ans.
33:58Toujours la tête dedans.
33:58C'est intense, oui.
33:59Et puis derrière,
34:00t'es arrêté par ton corps
34:02parce qu'on parlait de sport
34:02mais là,
34:03on était dans le sport santé.
34:04Mais vous,
34:05les athlètes de haut niveau,
34:06à un moment donné,
34:07on est aussi dans l'extrême.
34:09Vous poussez votre corps
34:10quand même très très loin
34:12et te fais les croiser.
34:13Donc ça,
34:13c'est une blessure
34:14qui peut arriver
34:17à tous les sportifs
34:18de haut niveau
34:18mais derrière
34:19tout ce que tu vas accumuler
34:20comme problème de santé
34:21dans les mois qui vont suivre,
34:23ça,
34:24tu te dis quoi ?
34:25En fait,
34:25ta tête,
34:25elle doit te dire
34:27mais ça y est,
34:28j'ai perdu mon mojo,
34:29j'ai pas de chance
34:31et puis peut-être même
34:32que je vais jamais reprendre l'urne.
34:34Ah ouais,
34:34carrément,
34:34tu passes par des états.
34:36Moi,
34:37je me fais les croiser
34:38à 37 ans
34:39après la pause Covid
34:40où tu parlais de vacances,
34:41on n'avait jamais eu,
34:42j'avais jamais eu
34:43autant de vacances de ma vie.
34:44Il y avait beaucoup d'incertitudes,
34:45on ne savait pas où on allait
34:46mais deux mois,
34:48même trois mois quasiment
34:49de pause,
34:50deux préparations physiques,
34:51je n'avais jamais fait ça.
34:52Donc quand je me blesse,
34:53je suis en méga forme.
34:54En fait,
34:54je n'étais autant reposé.
34:56Ma blessure,
34:57je suis tout seul,
34:58je suis un peu en l'air,
34:59poussé,
34:59je revois les images,
35:00mon genou,
35:00il ne bouge même pas.
35:02Donc,
35:02plein de questions
35:03de la culpabilité
35:03de se blesser
35:04en pleine saison,
35:05de laisser ses coéquipiers,
35:06des JO qui arrivent.
35:09Mon ego qui prend un coup
35:12de ouf
35:13parce que je pensais
35:14que j'étais une machine.
35:15Et que tu étais invincible,
35:16justement.
35:16J'étais invincible,
35:17j'étais incassable.
35:18J'avais eu des petites blessures
35:19mais mon corps,
35:21il ne m'avait jamais lâché.
35:22Donc,
35:22j'avais cette fierté,
35:23cet ego-là.
35:24Donc là,
35:24mon ego qui prend un coup de ouf
35:26où tu te retrouves au fond
35:28et en plus,
35:29derrière,
35:29après mon opération
35:30qui se passe bien,
35:31je fais flébite
35:31et embolie pulmonaire.
35:33Mais ça,
35:33c'est incroyable.
35:34je suis sur le lit
35:35pendant 10 jours à l'hôpital
35:36et là,
35:36je comprends
35:37qu'il y a la possibilité.
35:38Déjà,
35:39il m'explique
35:40que j'aurais pu mourir.
35:41Au début,
35:42je ne comprends pas trop.
35:43Et après,
35:44les médecins,
35:44quand je les vois
35:45me parler de hand,
35:46c'est plutôt
35:47tu ne vas pas rejouer au hand.
35:48Il y a une possibilité
35:49que tu ne rejoues peut-être pas
35:50si on ne trouve pas
35:51pourquoi tu as fait la flébite
35:52et tout.
35:54Et donc,
35:54là,
35:54tu passes par plein d'états différents
35:58et au final,
35:59c'est ce qu'on disait tout à l'heure,
36:01aujourd'hui,
36:01je suis tellement heureux
36:02d'avoir vécu ça
36:03parce que ça m'a mis
36:04un tel coup
36:05au fond,
36:06ça m'a mis au fond.
36:07Derrière,
36:07tu es champion olympique.
36:08Oui,
36:09derrière,
36:09on est champion olympique.
36:10Déjà,
36:10la manière dont j'ai vécu
36:12ces JO
36:12et le plaisir
36:14et les émotions
36:15ont été décuplées,
36:15mais après,
36:16j'ai tellement appris sur moi
36:18et j'ai appris aussi
36:19sur le mode de fonctionnement,
36:22sur le lâcher prise,
36:23l'acceptation,
36:24sur le fonctionnement
36:25d'être dans le moment présent
36:26parce que quand tu vis ça,
36:28là,
36:28tu es dans l'instant présent.
36:30Tu penses,
36:31si tu perds trop de temps
36:32à être dans l'avant,
36:33pourquoi ça s'est passé,
36:34pourquoi c'est injuste,
36:35là,
36:36tu flippes complètement
36:37et sur le futur,
36:38tu ne sais pas du tout
36:39ce qui arrive devant toi.
36:40Il y a une possibilité
36:40que tu ne rejoues plus
36:41jamais au monde
36:41ou que tu reviennes
36:43et que tu n'es pas
36:43le niveau des JO
36:44et que tu sois juste
36:45un joueur de championnat.
36:47Donc,
36:47tu as tellement d'inconnus.
36:49Donc,
36:49ce moment-là
36:50m'a appris à être
36:50dans le moment présent
36:51et à savourer,
36:53à vivre une résilience
36:54différente
36:55qui n'était plus
36:57j'ai un mur,
36:57je fonce,
36:58je traverse,
36:58je suis plus fort,
36:59je suis une machine.
37:00Là,
37:00je ne suis plus une machine,
37:01je suis faible.
37:03Ce qui m'arrive,
37:04c'est peut-être injuste,
37:05je ne le comprends pas,
37:06mais je vais le vivre,
37:07je vais prendre du plaisir
37:08à le faire,
37:09je vais peut-être apprendre
37:10de nouvelles choses
37:11sur moi-même
37:11et donc,
37:12ça m'a
37:14complètement recâblé
37:16dans mon mental,
37:17dans ma manière
37:17de vivre aussi mon sport
37:20et donc,
37:21à partir de là,
37:21j'ai commencé à changer
37:22aussi petit à petit
37:23au niveau mental,
37:25au niveau profond
37:26et le dernier coup
37:28qui m'a encore plus
37:29fait changer,
37:30c'est quand j'ai fait
37:31un épisode de commotion
37:32un peu burn-out
37:34trois ans avant
37:35la fin de ma carrière.
37:36Là,
37:37ça a fini
37:37de me faire comprendre
37:39des choses
37:39sur le mental,
37:40sur les émotions,
37:42sur...
37:43t'avais trop
37:44emmagasiné de choses,
37:45tu penses
37:45à un moment donné,
37:46justement,
37:46comme ton corps,
37:47c'est ton corps
37:48qui t'alerte,
37:49qui te dit
37:50Nico,
37:50stop,
37:51là,
37:52ça ne va pas.
37:53Il y avait déjà
37:54de ça,
37:54parce que comme
37:55ce que tu disais
37:55tout à l'heure,
37:56c'est totalement vrai,
37:56quand tu es sportif,
37:58tu pousses les limites
38:00de ton corps,
38:01tu les apprends
38:02et tu es tout le temps
38:04sur un fil,
38:06tu es à la limite
38:07et tu pousses,
38:08tu pousses,
38:09tu apprends un peu
38:10des signaux
38:10qui t'envoient,
38:11mais quand tu as mal,
38:12tu vas à la limite
38:13de la douleur,
38:14on est un sport de contact,
38:15donc quand on joue,
38:17tu joues avec des douleurs
38:18tout le temps
38:18et donc tu sais,
38:19les doser,
38:20bon là,
38:20ça, ça va,
38:21j'ai mal,
38:21mais je peux jouer avec,
38:23avec l'adrénaline,
38:24ça va...
38:24Tu apprends à te connaître,
38:25mais tu es toujours
38:25à le pousser ton corps,
38:26en fait,
38:28et tu es une vraie machine,
38:30donc tu en prends soin,
38:31mais tu le pousses
38:31au bout du bout.
38:32Et donc là,
38:33il y avait le fait aussi
38:34que j'étais à HS
38:36complètement
38:37et énergétiquement,
38:38mais avant,
38:38je ne savais pas
38:38ce que c'était pour moi,
38:39l'énergie,
38:40l'énergie,
38:41c'est ce que tu manges,
38:42limite le sommeil,
38:43ce que tu bois,
38:44donc je n'avais pas compris
38:45que l'énergie,
38:45c'était aussi
38:46tout un tas de choses
38:47différentes aussi,
38:48ton attitude,
38:49que l'énergie,
38:50tu pouvais aussi
38:50te balader en forêt,
38:52faire un câlin à un arbre
38:53et que ça,
38:53ça rechargeait de l'énergie,
38:54tu vois ça ?
38:55Donc tu es parti là-dedans,
38:56tu fais des câlins aux arbres ?
38:58Oui,
38:59je suis un...
39:01Ecoute,
39:01moi,
39:01j'ai parlé avec eux.
39:02Je suis un farfelu.
39:03Je vais me poser avec vous
39:04deux minutes.
39:06Je vais faire ma petite pause
39:07avec vous.
39:08Ça vous manque pas ?
39:09Ça, c'est à la mode
39:10à Paris.
39:11La ténancière
39:12vient de prendre
39:13le café avec nous.
39:14Ça t'est déjà arrivé ?
39:15Ça vous manque pas ?
39:16Les parquets ?
39:17Non,
39:18non,
39:18non,
39:18pas du tout.
39:19Du coup,
39:20vous organisez comment
39:20votre temps avec votre femme
39:22les partages des tâches ?
39:24Les poubelles,
39:24vous les sortez ?
39:25J'apprends à être...
39:27À sortir une poubelle,
39:28c'est pas qu'il vous ?
39:28Non,
39:28à m'impliquer.
39:29Non,
39:30je sais quand même
39:30sortir une poubelle.
39:32Non,
39:32j'apprends à...
39:34Mais c'est même plus
39:35de m'impliquer
39:35parce que je me suis
39:36fait engueuler là-dessus
39:37et j'ai compris le truc
39:38de comment je peux
39:40t'aider ma chérie
39:41et c'est...
39:42Mais non,
39:43mais c'est pas
39:44comment tu peux m'aider
39:45parce que c'est encore moi
39:46qui ai toute la charge mentale,
39:47c'est...
39:48Prends aussi de la charge mentale.
39:50Prends de l'initiative.
39:51Ouais.
39:51Donc,
39:52on a aussi beaucoup discuté
39:53là-dessus,
39:53de comprendre que...
39:54je lui ai dit,
39:55il faut que tu me laisses aussi.
39:56Laisse-moi prendre
39:56de l'initiative.
39:57Alors,
39:57je peux vous aider.
39:59Génial ce que tu viens de dire.
40:00Donc,
40:05elle me l'a montré,
40:06elle me l'a envoyé,
40:07elle m'a dit,
40:07c'est pas une critique,
40:09mais regarde pour que tu comprennes
40:10quand je te parle
40:11de Charlemagne.
40:12Il faut sentir le truc.
40:13Si vous voulez,
40:13je fais une petite formation.
40:14Venez samedi soir,
40:16je fais une soirée karaoké.
40:17Donc,
40:18j'ai besoin d'un extra.
40:19Venez me filer un coup de main.
40:20J'ai pas prévu de karaoké.
40:22Il a fait une embête.
40:23Karaoké,
40:24je vais vous préciser.
40:24Kara,
40:25Oh,
40:25c'est drôle.
40:27C'était une manne ?
40:28Non,
40:29pas du tout.
40:29Chanson française,
40:30années 70-80.
40:31Vous n'allez pas dire non ?
40:32Chanson française,
40:34années 70-80.
40:35Si vous ne voulez pas,
40:35on fait rap,
40:37Aurel San,
40:38Aurel San Ayam.
40:39Rap Ayam,
40:40Aurel San.
40:41Venez en chambre.
40:42Rap Ayam.
40:42Non,
40:43mais Francis Cabrel,
40:44je peux connaître
40:45certaines chansons.
40:46tu te maries.
40:48C'est quoi ?
40:48Bien sûr,
40:49c'est un chorégal.
40:50C'est un répertoire comment ?
40:53J'ai un répertoire
40:54qui n'a ni que ni tête,
40:56qui va de Francis,
41:00Céline Dion,
41:01Aznavour,
41:02Ayam NTM.
41:03Bien sûr,
41:04j'ai grandi avec
41:06Génération Skyrock.
41:07Toi aussi,
41:07tu as basculé sur Chérie FM,
41:09de Skyrock à Chérie FM.
41:10Donc aujourd'hui,
41:11on est sur un peu...
41:13Chanteux France.
41:14Non,
41:15il y a une radio qu'on met,
41:16il n'y a pas de pub,
41:17ça s'appelle Radio Collector,
41:18il y avait plein de vieux sons,
41:19très cool.
41:20Un peu de Radio Nova,
41:22France Inter.
41:24Qu'est-ce qu'on écoute ?
41:26Et puis,
41:26bien sûr,
41:27j'essaie de me tenir
41:28au courant,
41:29avec les enfants
41:30qui commencent...
41:31Mon fils qui commence
41:32à écouter
41:33tous les derniers sons
41:35par le français.
41:37Pas être trop à l'ouest.
41:38Checker s'il n'y a pas
41:38trop de gros mots.
41:40L'expliquer que ceux-là...
41:41Tu les écoutes,
41:42tu les entends,
41:43mais tu n'as pas le droit
41:43de les dire
41:43et de les sortir.
41:45Tu veux de l'eau ?
41:46Il joue aussi,
41:48tu vois ?
41:48Votre fils ?
41:49Oui.
41:50Est-ce qu'il joue
41:51aux jeux vidéo aussi ?
41:52Il joue aux jeux vidéo.
41:53Moi, je jouais pas mal
41:54aux jeux vidéo.
41:55Je sais.
41:56Donc, ouais,
41:57il joue aux jeux vidéo.
41:58Vous l'avez appris,
41:58la technique ?
42:00Quand le jeu se recharge ?
42:02Oups, je fais les pompes.
42:03Les pompes, les pompes.
42:04J'ai essayé...
42:04Ouais, il le fait
42:05un peu de temps en temps
42:07quand il me voit
42:07le faire à côté.
42:08Vous continuez à le faire,
42:09en fait ?
42:10Parce qu'en fait,
42:11de temps en temps,
42:11lui, il joue
42:13à la PS5
42:14ou à Mario Kart
42:16sur la Switch
42:16et moi,
42:18je fais ma séance
42:19de muscu
42:21en même temps,
42:22à côté.
42:23Donc, de temps en temps,
42:23je lui dis...
42:24Mais maintenant,
42:24il y a moins de temps
42:25de chargement,
42:25c'est chiant.
42:26Les jeux sont plus...
42:27C'est vrai que nous,
42:28on a connu une époque
42:28où c'était un peu long.
42:30C'était long.
42:30Il fallait s'occuper, quoi.
42:32Donc, c'était
42:32une bonne occupation.
42:34Et du coup,
42:34est-ce que vous dormez mieux
42:34parce que vous avez été traumatisé
42:36pendant les JO d'Athènes
42:37avec une chambre
42:38qui n'avait pas de volet.
42:39Donc, il y avait du bruit,
42:40du soleil,
42:41la lumière
42:42et votre technique,
42:43c'était de mettre
42:43un coussin sur la tête
42:44et ça vous est resté ?
42:45Vous dormez toujours comme ça ?
42:46Ça a été une technique
42:47très dure à faire partir.
42:49En 2004,
42:50aux JO d'Athènes,
42:51comme on l'avait dit,
42:52c'était des apparts.
42:53En fait, les JO,
42:54quand tu vas aux JO,
42:56là où tu dors,
42:57après, ça se transforme
42:58en appart.
42:58Et donc,
42:59on dormait dans un appart
43:00avec l'équipe
43:01et avec Mika Guigou,
43:02on était le plus jeune
43:02de l'équipe,
43:03on a dormi dans...
43:03C'était la future cuisine.
43:05Donc, pas de volet.
43:06C'était juste des petits stores.
43:07Et moi, la lumière,
43:08enfin, je dors dans
43:08l'obscurité totale.
43:09Il me faut l'obscurité totale.
43:10Et donc là, impossible.
43:11J'avais demandé
43:12un deuxième coussin
43:13que je m'étais mis
43:13sur la tête,
43:14comme ça,
43:15que je tenais avec mon bras.
43:17Donc, très souvent,
43:17je me suis réveillé
43:18dans la nuit
43:18avec le bras,
43:19plus de force dans le bras.
43:20Et donc, pendant 15 ans,
43:22j'ai dormi avec...
43:23Il me fallait un coussin
43:24sur la tête.
43:25Et donc, je l'ai...
43:26Tu sais qu'il a mis
43:26des masques quand même ?
43:27Impossible pour moi.
43:28Alors, un masque,
43:29je n'arrive pas
43:30avec le masque qui me touche.
43:31Et du coup, là,
43:31ça y est.
43:32Donc là, ça y est.
43:34La méditation,
43:34ça m'a aidé
43:35à apprendre à dormir
43:37droit sur le dos,
43:38à essayer de...
43:39Je l'ai vaincu
43:40un tout petit peu.
43:40De temps en temps,
43:41il y a un petit coussin
43:41qui revient,
43:42mais ça va mieux.
43:43Excusez-moi,
43:44ça fait un peu stalker,
43:45quand même.
43:46Genre, je connais tout
43:46et en plus, je viens...
43:48Je ne sais pas.
43:49Oui ?
43:50C'est un déjeuner.
43:52Régalez-vous,
43:52c'est très bon.
43:53On parie que c'est bon ?
43:55Je n'ai pas à goûter encore.
43:58Vous êtes passé au travers
43:59de la blague ?
43:59D'accord,
44:00je l'avais,
44:01mais je n'étais pas sûr.
44:02Tu vais faire du squat.
44:03Je n'ai pas vu
44:03comment c'était fait.
44:08Donc, du coup,
44:08on ne lui donnera pas de tips.
44:09On est d'accord.
44:11Ça, maintenant,
44:11tu en gardes quoi
44:12de cette story ?
44:14Tu le vois un peu de loin.
44:16On parlait tout à l'heure
44:16des choses qui t'ont permis
44:17de grandir
44:18et aussi d'évoluer.
44:20Ça, c'est quand même
44:21une méga épreuve,
44:22ce que vous avez vécu.
44:24Oui, c'était une méga épreuve.
44:26En fait, cette histoire,
44:28cette aventure
44:29m'a permis aussi de grandir
44:30pendant très longtemps
44:30après,
44:31je me suis servi
44:32de la colère
44:35que ça avait généré en moi
44:36et un peu du côté,
44:39je vais montrer à tout le monde
44:40que je ne suis pas fini,
44:42que je vais revenir
44:42encore plus fort,
44:44que je suis le meilleur joueur au monde
44:45et que je vais l'être.
44:46Je me suis servi de la colère
44:48que cet événement
44:48avait généré en moi.
44:49T'as eu peur pour ta carrière
44:50à ce moment-là ?
44:52Potentiellement, ouais.
44:53Tu te dis,
44:53tu ne sais pas où ça va.
44:54Il y a un moment,
44:55tu ne sais pas du tout où ça va.
44:56Je me suis servi de cette colère-là,
44:57mais après, en même temps,
44:59à un moment donné,
44:59j'ai vu que cette colère
45:01ne m'a amené
45:02que de la rancœur
45:03tous les soirs
45:04à penser
45:06et si ça n'avait pas eu lieu
45:07et si, et si,
45:08et un tel a dit ça
45:09et lui, il a dit ça
45:10alors qu'avant,
45:11il me cajolait dans le dos.
45:13Donc, j'ai vu
45:13où ça m'a amené.
45:14Tu parles des journalistes ?
45:16De tout le monde.
45:17Enfin, un panel très large.
45:19Donc, j'ai vu
45:19où ça m'a amené
45:20en termes d'état d'esprit
45:23et d'esprit et de mental.
45:24À un moment donné,
45:25ça a été de se dire,
45:26en fait,
45:27je le regarde
45:27comme quelque chose
45:28qui m'est arrivé,
45:29de ne pas me juger,
45:32de se dire,
45:33voilà,
45:34que j'ai vécu
45:35m'a permis
45:36d'être là aujourd'hui
45:37ou là où j'en suis aujourd'hui.
45:39Sans ça,
45:39je ne serais pas là.
45:42Et donc,
45:42presque de dire,
45:44en fait,
45:45ça a été vraiment dur
45:46mais ça a été vraiment bénéfique.
45:49Et donc ça,
45:50ça m'a aidé beaucoup
45:51à ne plus ressasser,
45:53à ne plus être sur la colère,
45:55sur la rancœur,
45:56sur le côté désabusé.
45:58Donc, voilà,
45:59c'est essayer au final
46:00d'apprendre
46:00de tout ce qui t'arrive.
46:01Donc, c'est plus facile
46:02d'apprendre
46:03quand c'est quelque chose
46:04de négatif
46:05qui t'arrive
46:05que quand c'est positif.
46:07Quand c'est positif,
46:08tu n'apprends pas grand-chose,
46:10ça te monte plutôt
46:12et tu penses
46:13que tu es le roi du monde.
46:15Et donc, ouais,
46:16c'est un peu
46:17l'exercice.
46:19Ah, justement.
46:20Parlez-moi.
46:21Mon café, il est...
46:22Pardon, votre café
46:22n'est pas fou, fou, fou.
46:24Je vous l'offre,
46:25mais je dépose la note.
46:27J'avais une dernière question.
46:29Je peux la poser ?
46:30Je peux.
46:32Qu'est-ce qui était le plus dur
46:33de dire oui
46:33à un contrat du PSG
46:34ou de dire oui
46:34à Géraldine pour la vie ?
46:36Elle est un peu incroyable.
46:37Qui a été le plus dur
46:38en négociation ?
46:40Eh bien,
46:41ce n'est pas moi
46:42qui ai eu à dire oui.
46:44C'est moi qui ai fait
46:44la proposition.
46:45Donc, c'est elle
46:46qui a hésité pendant...
46:48Je pense qu'elle n'a pas hésité,
46:49mais pendant...
46:50Elle a fait genre ?
46:50Quelques temps.
46:51Elle n'a pas fait genre.
46:51Elle était tellement
46:52sous l'émotion
46:53qu'elle ne parlait pas.
46:55Et c'est notre fille, Nora,
46:58qui, au bout d'un moment,
46:59maman a dit oui.
47:01Parce que quand j'ai fait
47:02ma demande,
47:02il y avait les enfants
47:03qui étaient là.
47:04Donc, j'ai fait participer
47:06à toute la famille
47:06à la demande
47:07et elle ne savait pas
47:08à quoi dire.
47:08Ou pendant l'histoire
47:09ou pas ?
47:09Ça s'est passé comment ?
47:10C'était où ?
47:11Avec qui ?
47:11C'était à la maison.
47:14C'est moi qui...
47:15Voilà, ça a commencé
47:17plein de choses à...
47:18Un peu ce dont on parlait
47:19tout à l'heure.
47:20Je n'ai jamais voulu me marier.
47:21C'est plutôt enfant, famille.
47:23Je pense qu'il y avait aussi
47:23peur de l'échec.
47:24Un peu lié aussi au sport,
47:26voir que tout soit parfait.
47:28Mais bien évidemment,
47:28dans un couple,
47:30rien n'est parfait.
47:33Il y avait des moments
47:34où Géraldine
47:34me courait fortement
47:35sur les nerfs
47:36et vice-versa.
47:37Et je me disais
47:37mais en fait,
47:38on ne peut pas se marier
47:38parce que ça peut
47:39à tout moment
47:40partir à l'échec.
47:41Donc, d'avoir travaillé
47:42sur moi,
47:43j'ai accepté
47:44que ça puisse aussi
47:45être un échec
47:46et que du coup,
47:47on peut aussi lâcher prise
47:48et que si je l'aime,
47:50on peut aussi passer le pas.
47:51Le mariage,
47:52c'est important.
47:52Bref,
47:53l'histoire est longue.
47:53Ce qui fait que
47:54je fais ma demande
47:55en mariage.
47:56Ce qui est marrant,
47:57c'est que la veille,
47:58on a joué au paddle
47:59avec mon frère
48:00et Jenny,
48:01ma belle-sœur.
48:03Bon,
48:03Géraldine,
48:04elle s'est joué au paddle
48:04mais ce n'est pas encore
48:05fou fou fou niveau.
48:07Elle veut se servir
48:08de la vitre arrière.
48:08Elle s'ouvre l'arcade.
48:11Elle avait un oeil au berneur.
48:13Donc, ça,
48:14c'était en pré-demande
48:15et le lendemain,
48:16moi, je savais que
48:16j'allais faire ma demande.
48:17J'étais allé chercher
48:18la bague et tout
48:19et je voulais faire
48:20participer les enfants
48:21sans qu'ils le sachent
48:22pour pas qu'ils balancent
48:23parce qu'à 10 ans,
48:25à 8 ans,
48:26c'est des balances.
48:26Oui.
48:28Et donc,
48:28j'avais préparé
48:29un petit dîner.
48:30J'avais coïncidé ça
48:32avec le jour de son anniversaire
48:33pour pas qu'elle se doute
48:35que je prépare un dîner,
48:36c'est pour ton anniversaire,
48:37il va y avoir un cadeau
48:38donc on a mis la table
48:38et tout.
48:42J'ai dit Nora,
48:43cache les yeux de maman.
48:44Alec, vas-y, filme.
48:45Alec, il a filmé
48:46et je me suis mis à genoux
48:48et les enfants,
48:49on ne savait pas
48:49et donc ça a été
48:50un moment très cool
48:51parce qu'on l'a partagé
48:52en famille.
48:53On a tous pleuré,
48:54c'était génial.
48:55Alec, il a filmé en plus
48:56donc c'était bien.
48:58En termes d'émotions,
49:00les jeux
49:01ou le mariage
49:02avec Géraldine ?
49:03C'est la question horrible.
49:04Non, ouais.
49:05Là, c'est différent.
49:06Ah ouais ?
49:07C'est tellement différent.
49:10À chaque époque,
49:11c'est Nico ou quoi ?
49:11Non, mais les jeux,
49:12c'est fort en fait ça.
49:14L'intensité de l'émotion,
49:16tu ne peux pas la retrouver
49:18parce que c'est déjà
49:20un soulagement
49:22d'arriver enfin
49:24ton rêve depuis tout petit,
49:25de le toucher,
49:26d'être là,
49:27le meilleur au monde
49:27avec ton équipe,
49:28tes potes,
49:29une dose d'amour,
49:30tu aimes tout le monde en fait.
49:32Même ton coéquipier
49:33que tu n'aimes pas,
49:34tu as toujours des coéquipiers
49:35avec qui tu as
49:36plus ou moins d'attaches.
49:37Oui, oui.
49:37Même celui que tu n'aimes pas,
49:38tu l'aimes.
49:39Des mots ?
49:40Même ton coach,
49:41tout le monde,
49:41tous ceux qui passent.
49:42C'est que l'amour,
49:43l'émotion,
49:44c'est tellement fort,
49:45c'est tellement beau.
49:46Le mariage,
49:46c'est différent.
49:48C'est un moment intense.
49:49Pareil,
49:50tu reçois ta famille,
49:51tes amis qui sont là
49:52pour toi,
49:53pour ce moment.
49:54Et puis là,
49:54il n'y a que des gens
49:54que tu aimes que tu aimes.
49:56Ça ressemble à des JO,
49:59mais c'est sur une journée.
50:01Ça dure pendant une journée.
50:03C'est peut-être moins intense
50:04en force au moment
50:05du coup de sifflet final,
50:06mais c'est ce que tu ressens
50:07après des JO,
50:08ce bonheur,
50:09cette énergie,
50:11cette banane que tu as.
50:14Tu aimes tout le monde,
50:15tu as tous tes potes
50:15qui sont là,
50:16tu partages un moment magique.
50:19Dur de comparer,
50:20mais ça y ressemble.
50:22Tu n'es pas obligé
50:23de répondre en vrai
50:24à un genre de question,
50:24c'est une question bête.
50:25Non, non.
50:26Non, ce n'est pas
50:27une question bête,
50:28mais c'est intéressant
50:28et c'est dur de décrire
50:29des émotions.
50:30C'est clair.
50:31Sur le coup.
50:32Et tu fais quoi
50:32dans la vie maintenant,
50:33du coup ?
50:34J'ai cette possibilité-là
50:36de faire,
50:38d'avoir le loisir
50:39de choisir un peu
50:40ce que je vais faire
50:41et je vais essayer
50:42d'aller dans des projets
50:43qui me tiennent à cœur,
50:45avec lesquels
50:46je ressens une connexion.
50:47Donc, c'est hyper varié.
50:49Allez, Dougie.
50:50Dougie bag.
50:51Un merci.
50:52Donc, c'est hyper varié.
50:54Je suis beaucoup
50:54dans la transmission.
50:55Je fais des livres
50:56avec mon frère.
50:58Deux BD,
50:59un livre,
50:59j'ai fait une autre bio.
51:00On a des stages
51:01pour enfants
51:02qu'on veut développer.
51:03On veut faire une académie.
51:03On a un fonds de dotation
51:04aussi avec Luca.
51:06J'investis aussi
51:07dans des startups
51:07avec Team Impact,
51:08avec d'autres sportifs,
51:09dans des startups
51:10à impact positif,
51:11santé et climat.
51:12Un club de paddle,
51:14business, entrepreneur,
51:15athlète
51:16avec ce que ça peut se faire.
51:17Dans le sens,
51:18dans tout ce qui va
51:18te faire vibrer
51:19et être dans l'énergie positive.
51:22Comme quoi, finalement ?
51:25Comme ça,
51:26je recrée des teams
51:27en différents projets.
51:29et j'ai plus de temps
51:31aussi pour ma famille,
51:32mes enfants.
51:33Ce soir,
51:33je vais entraîner
51:34mon fils au hand
51:36pour les accompagner
51:37à l'école,
51:38pour être présent
51:39aux anniversaires,
51:40aux galas de danse
51:41de ma fille,
51:41pour être un...
51:43C'est family first
51:44et après,
51:45tout plein de projets
51:46différents.
51:47J'ai une startup
51:49aussi avec ma cousine
51:50dans les compléments alimentaires,
51:51parler de nutrition.
51:52Dans la continuité de...
51:53Ça, ça me parle beaucoup.
51:55Donc voilà,
51:55plein de projets différents
51:58et j'essaie de démonter
51:59avec des personnes
51:59avec qui aussi...
52:01Ça fitte.
52:02Je ressens une connexion
52:03et ça fitte, ouais.
52:04Reste au basket ?
52:05Comment ça,
52:06reste au basket ?
52:06Il y a la note, tiens.
52:07Oh, mais toi,
52:08t'étais trop relou !
52:09Ah mince !
52:10C'est une blague !
52:11C'est une blague !
52:12Je peux pas courir,
52:13j'ai plus trop misé.
52:15Dis donc !
52:15Dis donc,
52:16tu vas payer !
52:17Allez, allez, allez !
52:17Sous-titrage Société Radio-Canada