00:00Mais qui croit un seul moment encore la parole d'un président qui, d'une certaine façon, semble tellement déconnecté
00:07de la réalité ?
00:07La première chose que le président de la République aurait dû dire, s'il avait voulu prendre les Français au
00:12sérieux ce soir, c'est de leur présenter ses excuses.
00:15Vous savez, le premier rôle de l'État, ce n'est pas de faire des choses pour les gens.
00:19Le premier rôle de l'État, c'est que l'État assume d'être. C'est sa fonction.
00:24En latin, État, ça veut dire stat. L'État, c'est ce qui demeure, ce qui est là pour garantir
00:29l'ordre et la sécurité.
00:31Et quand l'État manque à sa mission fondamentale, c'est tout le contrat social qui est remis en cause.
00:36C'est toute la raison d'être même de l'État qui est interrogée.
00:40Et moi, je partage ce que vous disiez à l'instant.
00:42J'éprouve une admiration infinie pour des policiers, les gendarmes, qui sont aujourd'hui en première ligne
00:47et qui savent que si jamais il y a le moindre dérapage de leur côté, rien ne leur sera pardonné.
00:53Et qui sont de fait désarmés par un État et par un chef de l'État qui leur a demandé
00:59tout au long des dernières semaines
01:00d'avoir, je le répète, de l'empathie pour les casseurs.
01:03C'est à ça qu'on a assisté.
01:05Donc le président de la République devrait commencer par présenter ses excuses.
01:09Il a manqué, il a failli à sa mission la plus fondamentale.
01:13Et encore une fois, je crois malheureusement, cette allocution, un symptôme de plus de la déconnexion totale
01:19entre un président qui parle comme si tout allait bien, alors qu'à quelques centaines de mètres de là,
01:23sur la place de la République, c'est le chaos qui continue.
01:25Et ça compte.