00:00Une, on est en direct sur CNews et sur Europe 1, édition spéciale L'État est-il dépassé ?
00:05On va continuer à évoquer peut-être les réactions politiques, mais d'abord j'ai la parole, je voudrais donner
00:10la parole à Roudimana,
00:12du délégué national UNSA Police de la région PACA. Bonsoir Roudimana, je crois que vous avez vécu des journées vraiment
00:18compliquées
00:19hier dans le sud et que vous êtes un peu désespérée en réalité de ce qui se passe, qui se
00:23passe encore.
00:24On a encore des images ce soir de pillages à Paris, peut-être que vous allez vous dire qu'à
00:27Marseille c'est la même chose,
00:28on parle de 3000 pillards à Marseille aussi, ça paraît absolument insensé.
00:34Bonsoir à tous, effectivement hier à Marseille on a vécu une journée cataclysmique, c'est le seul terme qui me
00:42vient à l'esprit
00:42quand je passe à cette journée. La préfecture nous a annoncé 30 000 émeutiers cet après-midi, en tout cas
00:48il y en avait
00:48un nombre considérable. J'ai eu des retours de policiers qui m'ont appelé ce matin, je ne vous dis
00:54pas dans l'état psychologique
00:55dans lequel ils étaient. Ils m'ont dit on s'est fait massacrer. Ils ont employé ce terme, on s
01:01'est fait massacrer.
01:03On a perdu le contrôle de la ville. C'est des mots qui vous marquent quand vous êtes flics.
01:08Vous savez quand vous êtes flics, nous on est rentrés par vocation, et je peux dire ça devant Mathieu Vallée
01:12parce que je sais que c'est la même chose pour lui. On est rentrés par passion et par vocation.
01:16Quand vous rentrez par vocation, quand ce métier de policier, vous l'avez embrassé depuis tout gamin,
01:21et que vous voyez des frères d'armes qui doivent prendre la fuite parce qu'ils sont assaillis de pavés,
01:28parce qu'on leur tire des mortiers d'artifices pleines têtes. En bas de Canebière, les images qu'on a
01:33vues hier soir
01:33pour cette compagnie départementale d'intervention qui est ma compagnie de cœur puisque je suis affecté là-bas.
01:38Vous savez, vous êtes profondément touchés quand vous voyez ça. Et toute l'après-midi, toute la soirée,
01:44et une partie de la nuit, nous étions seuls face à tous ces émeutiers pour essayer de sauver cette ville
01:51de Marseille.
01:52Parce que je vous assure que s'il n'y a pas la police nationale hier, tout le centre-ville
01:56de Marseille aurait été en feu.
01:57Il aurait été pillé et ils auraient mis le feu au centre-ville de Marseille.
02:01Alors moi, je tire mon chapeau à tous ces policiers, tous ces gendarmes aussi qui sont venus en renfort hier
02:06sur Marseille
02:06et dans toutes les villes de France. Parce qu'ils ont fait preuve d'un courage, d'une ablégation
02:11et d'une détermination pour ce pays qui est sans limite.
02:15Et franchement, le taux de résilience, la capacité de résilience qu'on a eu hier, elle est incroyable.
02:23Cependant, il faut quand même le dire, cette capacité de résilience, elle est arrivée dans la gorge rouge là.
02:28Et je vous le dis, Laurence Ferrari, beaucoup de policiers m'ont dit, franchement, on a été très très très
02:34très très résilients.
02:35Mais aujourd'hui, je ne suis pas sûr qu'on arrive à le rester encore longtemps, si ça continue avec
02:41autant de violence à notre égard.
02:43C'est grave ce que vous dites, Rodimana, c'est-à-dire que vous nous dites que vous n'êtes
02:46pas sûr d'avoir la force,
02:47les munitions, accessoirement, pour continuer à vous battre contre ces hordes de pillards.
02:51Il y en a en ce moment même à Paris et il y en a encore à Marseille, c'est
02:55ça ?
02:55Bien sûr, il y a encore ce soir quelques émettes à Marseille.
02:58On a beaucoup de policiers qui ont été encore, qu'on devait mettre au propos aujourd'hui,
03:02qu'on a été auto-obligés d'employer. Paris, c'est la même chose, on a au quartier des Halles
03:06aussi à Paris,
03:07c'est très compliqué, il y a des CRS qui s'emploient énormément pour essayer de les interpeller, de les
03:12faire dégarpire.
03:13Mais effectivement, ce matin, j'ai eu des messages que je n'avais jamais eus.
03:17Et puis vous savez, tous les policiers que j'ai eus hier au téléphone et que j'ai eus ce
03:21matin,
03:21ils m'ont dit, c'est bien plus violent que ce qu'on a vécu pour les émettes de Naël.
03:26C'est bien plus violent que ce qu'on a vécu pendant les gilets jaunes.
03:29Le taux de violence est arrivé à un point indéfinissable.
03:34Ils avaient de la haine dans les yeux.
03:36Ils voulaient tuer un flic et ils voulaient mettre à bas l'État.