00:03Et à la une ce matin, deuxième nuit de chaos à Paris, des commerces pillés, des policiers attaqués, des quartiers
00:10saccagés et des habitants sidérés, parfois contraints de défendre eux-mêmes leur boutique.
00:16A Limoges, la colère devant l'hôtel de ville incendiée, 7000 habitants se sont rassemblés hier soir devant la mairie,
00:22détruite.
00:23Matignon promet désormais une aide directe de l'Etat pour la reconstruire.
00:27Et puis cette question ce matin, qui sont les casseurs ? Près de 90% des interpellés sont majeurs, jeunes
00:34issus de quartiers sensibles, pillards opportunistes mais aussi militants d'ultra-gauche aguerris.
00:39Les premières comparutions immédiates commencent aujourd'hui.
00:42Emmanuel Macron face aux Français hier soir, comment des Français peuvent faire cela à la France ?
00:48Le président condamne, promet la fermeté, mais était-il à la hauteur de la crise ? Visiblement non, selon les
00:56oppositions.
00:59Paris se réveille donc après une deuxième nuit de violence.
01:02Tout est reparti hier autour de République avant de gagner Boulevard Voltaire, Belleville et Léal.
01:07Des commerces pillés, des policiers pris pour cible, une camionnette de police municipale attaquée, des matraques volées.
01:13Dans le dixième arrondissement de la capitale, la porte d'un immeuble d'habitation a même été défoncé par plusieurs
01:18dizaines d'individus.
01:19A une heure et demie, 117 personnes avaient déjà été interpellées.
01:24Caroline Baudry, vous avez rencontré des Parisiens sidérés et écœurés.
01:28Rue de Turbigo à Paris, un cafetier emballe sa terrasse en catastrophe.
01:31Les centaines d'individus qui affrontent les forces de l'ordre s'approchent, tirent des mortiers d'artifice.
01:37Vu sur les flammes qui s'élèvent dans la foule, cette riveraine qui souhaite rester anonyme presse le pas pour
01:42se réfugier.
01:42On va s'enfermer chez nous et on va faire attention à nous.
01:45Mais c'est horrible, franchement c'est horrible.
01:48Ça fait peur, tout le monde est dépassé par la situation, c'est l'anarchie.
01:52Dans un mouvement de foule, des gens courent alors que des groupuscules cagoulées se dirigent vers Châtelet.
01:56Ils tentent de forcer les Alpes, puis pillent les boutiques alentours,
01:59avant de s'engouffrer dans les petites rues adjacentes sous le nez de Gaspard et d'Arnaud qui tient un
02:04bas.
02:04On a dû voir un groupement prendre les chaises, des terrasses, les jeter.
02:09Quelqu'un nous a demandé de rentrer à l'intérieur, qu'ils fermaient la terrasse du coup.
02:12Une centaine commençaient à attaquer les bars de la rue,
02:14qui ont des tonneaux et des gros trucs qui ont commencé à envoyer partout, attaquer les poubelles.
02:18Il y en a qui ont eu très peur.
02:20A quelques pas, une poignée de CRS tir au flashball tente de maintenir l'ordre
02:23dans ce quartier chaotique qu'il n'est possible de quitter par la chaussée
02:27qu'en slalomant entre des monticules de déchets calcinés.
02:31Le reportage à Paris de Caroline Baudry.
02:36Europe 1, il est 6h32.
02:37Et à Limoges, la colère ne retombe pas.
02:407000 habitants se sont rassemblés devant l'hôtel de ville ravagé la veille par les flammes.
02:46Le maire Guillaume Serrin a menacé de démissionner avec son conseil municipal.
02:50C'est l'état ne s'engageait pas financièrement.
02:53Matignon lui a répondu.
02:55Sébastien Lecornu promet un concours budgétaire direct de l'état.
02:59Notre envoyé spécial, Charles Huillier, était avec les habitants hier.
03:03Sur une place de la République noire de monde, comme un sentiment d'union sacrée derrière Guillaume Guérin.
03:09Le maire de Limoges menace de démissionner si l'état ne paie pas la reconstruction de la mairie.
03:14Il y a eu une rupture de munitions pour la police nationale,
03:16ce qui ne leur a pas permis de contenir les blackblocks sur les boulevards.
03:20C'est pour ça que l'hôtel de ville a été incendié.
03:22Donc je demande au gouvernement d'assumer ses responsabilités clairement.
03:25Donc l'état doit prendre en charge sans quoi démission du conseil municipal.
03:29Il est hors de question pour les limoges jaunes et à assumer le moindre centime dans la reconstruction de ce
03:33bâtiment.
03:33A ses côtés, le président de l'association des maires de France, David Lysnard, spécialement venu ici.
03:40Pour lui aussi, l'état doit payer, mais pas seulement.
03:42On doit évidemment faire payer les casseurs, travaux d'intérêt général,
03:45tous ces fils à papa qui se prennent pour des révolutionnaires
03:47et tous ceux qui ont des aides sociales ne doivent plus avoir d'aides sociales.
03:50C'est ça la justice.
03:51Et je ferai tout ce que je peux pour aider Guillaume dans ses démarches.
03:53Mais vous vous rendez compte, en arriver là aujourd'hui pour être entendu, c'est pas possible.
03:56Alors afin d'éviter la démission d'un maire d'une ville de 130 000 habitants
04:00et apporter des garanties, Sébastien Lecornu se rendra ici cette semaine.
04:05Limoges, Charles de Villiers, Europe 1.
04:08Et après les violences, Jacques, le temps des procès ?
04:10Oui, les premières comparutions immédiates commencent ce lundi,
04:14car pour la seule journée de samedi, il y a eu près de 2400 interpellations.
04:20Près de 1000 policiers et gendarmes ont été blessés,
04:23dont 7 grièvements.
04:24Désormais, l'attention se porte donc sur ceux qui ont été arrêtés.
04:28Qui sont ces casseurs ?
04:29Quel est leur profil ?
04:30Et qu'est-ce qui les risque concrètement devant la justice, Jean-Baptiste Marty ?
04:34Près de 90% des émeutiers arrêtés sont majeurs.
04:37Des jeunes hommes qui ont entre 18 ans et la trentaine d'années,
04:40et parmi eux, deux types de profils.
04:42Des jeunes issus de quartiers sensibles,
04:44mais aussi des éléments radicaux d'extrême gauche,
04:47comme l'explique Hubert Jiménez, policier délégué syndicale unité.
04:50Ce qu'on a vu, c'est du pilleur, pilleur d'opportunisme, d'opportunité.
04:54Et après, derrière, on a aussi des membres, bien souvent de l'ultra-gauche,
04:58dits black bloc, qui eux sont des habitués de la confrontation,
05:02des professionnels en fait, et viennent uniquement pour en découdre avec nos collègues.
05:05On n'est pas sur du lycéen, ni même du manifestant classique.
05:08Beaucoup de ces casseurs ont été interpellés pour vol,
05:11mais aussi pour violence envers les forces de l'ordre,
05:14des peines qui peuvent aller jusqu'à 7 ans de prison,
05:16mais qui ne seront jamais prononcées, selon Jean-Christophe Couvy,
05:19secrétaire général du syndicat unité.
05:21On attend à ce que la réponse judiciaire, elle soit très sévère.
05:24Or, on sait très bien dans l'absolu qu'encore une fois,
05:26beaucoup vont passer à travers, et que ça va être des réponses très très light.
05:29Et donc, du coup, ça donne le feu vert à des nouvelles violences.
05:32Les premières comparutions immédiates sont prévues aujourd'hui.
05:35À Paris, elles doivent débuter à 13h30 au tribunal judiciaire.
05:38Jean-Baptiste Marty, du service pour les justices d'Europe.
05:40Et c'est dans ce contexte, Jacques, qu'Emmanuel Macron s'est adressé aux Français hier soir.
05:44Oui, un peu moins de 10 minutes depuis l'Elysée.
05:46Et cette phrase, cette question, comment des Français peuvent faire cela à la France ?
05:51Rien ne l'explique.
05:53Le président dénonce des factieux issus de groupuscules de tragauche,
05:57rejoints par de nombreux délinquants.
05:58Il demande que ceux qui ont détruit paie, et que ceux qui ont pillé rembourse.
06:02Il exige aussi des explications sur les défaillances du renseignement et l'anticipation.
06:06Une cellule de crise doit se réunir aujourd'hui à Matignon.
06:08Mais pas de bouleversement immédiat du maintien de l'ordre d'Alexandre Cheveau.
06:13Ni état d'urgence, ni démission, ni élection présidentielle anticipée.
06:18Hier soir, Emmanuel Macron a fait dans le commentaire...
06:20Samedi 17 octobre, des factieux, issus de groupuscules d'ultra-gauche,
06:26rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes.
06:30Une violence que rien ne justifie, dit le chef de l'État,
06:33sidéré par les scènes d'émeutes et de pillages observés samedi.
06:36En regardant ces images, nous nous sommes tous demandés, qu'ont-ils dans la tête ?
06:40Comment des Français peuvent faire cela à la France ?
06:43En réponse, Emmanuel Macron promet d'être intraitable avec les auteurs de violences,
06:48comme après les émeutes de l'été 2023,
06:50ou celles ayant suivi les victoires du PSG en Ligue des Champions.
06:53Le président laisse par ailleurs la possibilité au préfet d'interdire de futurs rassemblements
06:58et cherche à apaiser la casse par le dialogue.
07:00Oui, il nous faut nous asseoir autour de la table et construire ensemble des solutions.
07:05Élèves, étudiants, enseignants, travailleront dès cette semaine avec le gouvernement à des propositions concrètes.
07:12Voilà le président qui en appelle au débat et au rassemblement pacifique,
07:15une réponse qui manque clairement de fermeté selon une grande partie de l'opposition.
07:20Alexandre Chauveau est dans le reste de l'actualité ce lundi.
07:22Rima Hassan, l'eurodéputée LFI, devant les juges aujourd'hui.
07:26Elle comparait à Paris pour apologie du terrorisme,
07:28après avoir relayé une citation de Kozo Okamoto,
07:31l'un des auteurs de l'attentat de Lotte-la-Vivre en 1972.
07:34A Aix-en-Provence, un procès sous très haute surveillance autour de la DZ Mafia.
07:39Cinq hommes sont jugés pour un triple assassinat commis en décembre 2020.
07:42Parmi les victimes, Brahim Chaban, demi-frère d'Amin Kessassi,
07:47figure de la lutte contre le narcotrafic.
07:49A l'étranger, Jacques, Donald Trump critique encore Volodymyr Zelensky.
07:52Il ne veut pas mettre fin à cette guerre et n'a probablement jamais voulu le faire,
07:57écrit le président américain au sujet du président ukrainien.
08:00Une nouvelle charge, alors que Volodymyr Zelensky maintient le dialogue avec Washington.
08:04Il a parlé hier avec Steve Witkoff et Jared Kushner.
08:07Et puis, le pape Léon XIV reprend progressivement ses activités.
08:12Quatre jours après son opération d'un concert du poumon,
08:14il est rentré au Vatican et est apparu hier devant quelques quinze mille...