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00:00Nous sommes le lundi 19 octobre, il est 7h.
00:06J'ai mis 20 ans pour créer cette société, aujourd'hui j'ai plus rien.
00:09Je viens de perdre ma vie dans une nuit à cause de casseurs.
00:12Une vie de travail réduite à néant le désarroi de cette commerçante lyonnaise
00:16dont le magasin était saccagé ce week-end, Lyon,
00:19où les pillards ont tenté une nouvelle fois de s'attaquer au commerce hier soir et cette nuit.
00:24Détention également à Paris où les pillards ont repris jusque tard dans la nuit.
00:27Europe 1 en direct de Châtelet-Léal dès le début de ce journal.
00:31Le quartier porte les stigmates des affrontements et des dégradations du week-end.
00:35Le gouvernement et l'État montraient du doigt pour son incapacité dans cette crise
00:40à l'anticiper et à repousser les casseurs.
00:44Europe 1
00:46Le journal de 7h sur Europe 1, Christophe Lamarre. Bonjour Christophe.
00:50Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:51Paris face au grand chaos, nous serons en direct de Châtelet-Léal dans quelques instants
00:56pour mesurer l'ampleur des dégâts puisque la soirée et la nuit ont encore une fois été marquées par les
01:01tensions.
01:01Le centre de la capitale où la CRS8 spécialisée dans les violences urbaines vient d'être déployée.
01:05Bonjour Antoine Bienveau.
01:06Bonjour Christophe, bonjour à tous.
01:08Vous êtes en direct de Châtelet-Léal.
01:10Le quartier, ses habitants, ses commerces ont encore connu une soirée assez agitée.
01:15Oui Christophe, nouvelle nuit de tensions.
01:17Ici en plein cœur de Paris, autour de moi, au sol, se sont d'innombrables amas de déchets,
01:23parfois brûlés, que ramassent depuis tôt ce matin les services de propreté de la ville.
01:27Sur les façades des halles, certaines vitrines de magasins sont brisées.
01:32Signe du passage des casseurs.
01:34Des casseurs qui a attentivement surveillé cet agent de sécurité d'une boutique de téléphonie mobile.
01:40Le magasin dévasté avait été pillé samedi soir.
01:44Alors cette fois, il a veillé toute la nuit pour empêcher de nouvelles intrusions.
01:48Il y avait beaucoup d'attroupements.
01:49Donc il y a également eu des tentatives d'intrusions.
01:52En face, ils ont quand même essayé de forcer le magasin.
01:55Ce qui m'a, moi, le plus marqué et choqué, c'était qu'il y avait des très jeunes.
02:00Donc il y en avait qui étaient, bien sûr, encagoulés.
02:02Je n'avais pas l'impression qu'ils avaient conscience que c'était grave.
02:05J'avais l'impression que c'était plus un jeu que autre chose, quoi.
02:10Des individus très jeunes, donc, et déterminés,
02:13qui n'ont quitté les lieux que très tard, dans la nuit,
02:16après de larges et nombreuses interventions des forces de l'ordre.
02:19Antoine Bienvaux, en direct de Châtelet à la Paris.
02:22On vous retrouvera, Antoine, dans le journal de 8h,
02:23puisque le bilan de la soirée et de la nuit n'est pas terminé.
02:26Détention également hier en région, à Marseille, à Nantes ou encore à Lyon.
02:31La capitale des Gaules, où la sidération le dispute à la colère après les événements du week-end.
02:35Un centre-ville défiguré par endroit, violence en spirale qui s'est auto-alimentée.
02:39Est-elle une tornade à tout dévastée sur son passage ?
02:42Commerçants et habitants continuent de constater les dégâts du verre brisé,
02:46l'odeur persistante de brûlée qui s'échappe de l'office de tourisme détruit par les émeutiers.
02:50Le traumatisme est profond comme irréparable.
02:53Reportage Noé Miloisel.
02:54Près de la place des Jacobins, la bijouterie de Vanessa a été entièrement pillée.
02:58Les vitrines fracassées, les meubles saccagés et les présentoirs dévalisés.
03:01Devant sa boutique, Vanessa est anéantie.
03:04Je suis à mon compte, je ne suis pas une grosse entreprise.
03:07J'ai mis 20 ans pour créer cette société.
03:08Aujourd'hui, je n'ai plus rien.
03:10Je viens de perdre ma vie dans une nuit à cause de casseurs, de gamins.
03:13Parce que là, j'ai cité des gamins casseurs.
03:15Sur la presqu'île, les habitants constatent impuissant l'ampleur des dégâts.
03:18L'office de tourisme incendier Place Bellecour, parmi eux Mathieu 60 ans.
03:22On est affligé, l'État se laisse déborder et on ne comprend pas.
03:25Il faut juste avoir un peu de sévérité envers les casseurs,
03:28qui ne sont qu'une minorité, mais qui déstabilisent toute la ville, tout le pays.
03:31Marie, habitante du quartier, elle aussi est indignée.
03:34Effarée de tant de violences, de haine gratuites.
03:37Ça n'a plus rien à voir avec la cause des lycéens.
03:39Qui va réparer ? Qui va payer ?
03:41Ça va être probablement les contribuables, les municipalités.
03:43Mais face à ces scènes de désolation, la solidarité s'organise.
03:46Des habitants se mobilisent pour aider les commerçants et nettoyer les rues du centre-ville.
03:50Lyon, Noé Miloisel, Europe 1.
03:52Tension aussi à Marseille, où le maire attend aujourd'hui et de pied ferme
03:55la venue du ministre de l'Intérieur, Benoît Payan,
03:58sidéré par le chiffre de 30 000 pilleurs avancés par la préfecture,
04:01sidéré et en colère face à la faiblesse des effectifs policiers dans sa ville.
04:05Selon l'information du Figaro qui vient de tomber,
04:07Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur, a présenté sa démission.
04:10Hier soir, Emmanuel Macron, qui l'aurait refusé
04:13au nom de la continuité du commandement des forces de l'ordre.
04:17Des policiers submergés dans tout le pays, pas seulement à Marseille.
04:20Défaut d'anticipation, absence de consignes claires,
04:23la gestion du maintien de l'ordre est sous le feu des critiques,
04:25tout comme le ministre de l'Intérieur, on vient de l'entendre,
04:27dont une partie de la classe politique réclamait pourtant sa démission,
04:29Jean-Baptiste Marti.
04:30Jusque vendredi veille de manifestation,
04:32le renseignement avait du mal à connaître l'ampleur de la mobilisation.
04:36Il anticipait des heures dans certaines villes avec les traditionnels Black Bloc,
04:40mais très loin d'imaginer ces scènes de guérilla.
04:42Pour Jean-Christophe Couvy, policier et secrétaire national du syndicat Unité,
04:46la venue de jeunes de banlieue a été sous-estimée.
04:49L'inconnu, c'était les cités et les quartiers.
04:51Est-ce qu'ils allaient venir ou pas ?
04:53C'est très difficile de prévoir.
04:55Il y avait un risque que les renseignements ne pouvaient pas évaluer.
04:58Conséquence, le renseignement territorial anticipait jusqu'à 170 000 manifestants
05:02partout en France, trois fois moins que le nombre de participants final.
05:06Conséquence aussi, pas assez de forces de l'ordre mobilisées,
05:08des policiers mal équipés.
05:10Certains n'avaient pas assez de boucliers, d'autres ont manqué de munitions pour se protéger.
05:14On en veut à notre hiérarchie de ne pas prévoir justement cette logistique.
05:17Dans certains services, ils ont fait des rappels sur des policiers
05:19qui étaient en congé ou en repos, qui ont refusé de venir.
05:22C'est bien la première fois que je vois ça.
05:23Après ce fiasco sécuritaire, certains policiers se sentent abandonnés.
05:27D'autres réclament à voix basse la démission du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.
05:31Et démission refusée, on vient de l'entendre, par le président de la République,
05:34Jean-Baptiste Marty du service police-justice d'Europe 1.
05:372400 interpellations pour la seule journée de samedi.
05:39Près d'un millier de policiers et gendarmes blessés, dont 7 graves.
05:43Emmanuel Macron promet fermeté avec des casseurs et transparence
05:46sur les failles éventuelles du dispositif de sécurité.
05:48Lors de son allocution télévisée hier soir, le chef de l'État a laissé au préfet
05:52la possibilité de prendre des décisions, y compris celles d'interdire les rassemblements.
05:56Alors justement, qu'en pensez-vous ?
05:57Est-ce suffisant, cette possibilité d'indirection des rassemblements ?
06:00Faut-il aller plus loin ?
06:01Instaurer un couvre-feu en France ?
06:04La question du jour sur Europe 1, vous votez dès maintenant sur le site et l'appli Europe 1.
06:08Les premiers chiffres aussi en ce qui concerne les dégâts commis sur l'ensemble du territoire.
06:121500 commerces touchés, plusieurs centaines de millions d'euros de dégâts.
06:17Estimation d'Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour et président de la Fédération de la Grande Distribution.
06:22Les représentants de l'ensemble de la filière ainsi que les banques, les assurances,
06:25ont rendez-vous aujourd'hui avec le ministre du Commerce Serge Papin.
06:29Un mouvement est aussi montré du doigt ce matin, c'est la France insoumise.
06:32LFI accusé d'avoir non seulement soufflé sur les braises, mais encouragé la violence.
06:36L'ensemble de la classe politique, à quelques exceptions près, pointe du doigt la responsabilité d'un homme,
06:41Jean-Luc Mélenchon, à qui elle demande désormais des comptes, Alexis Delafontaine.
06:45Oui, pour Emmanuel Macron, ça ne fait aucun doute, l'ultra-gauche est la seule responsable de ces violences.
06:50Des factieux, issus de groupuscules d'ultra-gauche,
06:54rejoints par de nombreux délinquants, se sont livrés à une violence débridée dans nos villes.
06:58Avec ses propos, le chef de l'État vise les proxys de la France insoumise.
07:02De son côté, son ancien Premier ministre, Edouard Philippe, explique pourquoi Jean-Luc Mélenchon attise la violence.
07:08Sa volonté de casser l'ordre républicain et de conflictualiser le plus possible la situation.
07:14Et la responsabilité politique de LFI est en la matière considérable.
07:18Marine Le Pen va encore plus loin.
07:21Elle assimile directement la France insoumise à des organisations terroristes comme le Hamas ou le Hezbollah.
07:26Ce courant, avec sa branche politique LFI et sa branche armée, les groupes antifas,
07:31qui se réfèrent de manière absurde aux révolutions sanglantes sud-américaines
07:35ou plus graves aux conflits du Proche-Orient,
07:38voudraient faire croire que la violence serait devenue un moyen légitime d'expression politique
07:41et une solution aux problèmes des Français.
07:43La classe politique semble enfin ouvrir les yeux sur le danger que représente la France insoumise
07:48et se rapproche petit à petit de la position de Bruno Rotaillot
07:51qui demande l'interdiction de ce parti politique.
07:55Alexis Delafontaine du service politique d'Europe 1.
07:57Merci Christophe Lamarre, c'était votre journal.
07:59Il est 7h07 sur Europe 1, à suivre l'édito éco de Marc Toitier.
08:03Quel sera le coût de ces émeutes pour les commerces et les dégradations des biens publics aussi ?
08:08Pour l'image de la France, on verra ça avec Marc dans 10 minutes.
08:11Et puis à 7h22 comme tous les matins, c'est l'édito de Laurent Tessier.
08:13Bonjour Laurent.
08:14Bonjour Dimitri, bonjour Anissa.
08:15Bonjour Laurent.
08:16Emmanuel Macron refuse la démission de Laurent Nunez,
08:18ministre qui donnait début octobre sa définition de la perte de contrôle.
08:20Perde le contrôle, c'est si jamais vous aviez des hordes de personnes qui défilaient dans les centres-villes,
08:24qui pillaient les magasins, qui commettaient des exactions.
08:26Eh bien on y est.
08:27Allez, à tout de suite.
08:28Et dans un instant, Dimitri Pavlenko, l'invité d'Europe 1 Matin.
08:31L'écrivain et essayiste Laurent Oberton, auteur de la France Orange Mécanique.
08:35Il est avec nous dans un instant sur Europe 1.
08:377h07, bon réveil.

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