00:00Avant ça, comme chaque matin, c'est Gallibert raconte. Bonjour William Gallibert.
00:04Je vous dis bonjour deux fois ce matin parce que je suis très poli avec vous.
00:07Vous nous racontez donc ce matin ces riverains et ces commerçants qui se sentent bien seuls depuis 48 heures.
00:12Et c'est peut-être encore plus vrai dans la capitale.
00:14Oui, livré à eux-mêmes. Et je voulais vous décrire deux scènes filmées dans le centre de Paris hier, deux
00:19parmi tant d'autres.
00:21Début de soirée d'abord, Châtelet-Léal. On entend les projectiles volés, les débris de verre.
00:27Et on voit que les pillards masqués sont revenus faire leur shopping parce que le coin regorge de magasins de
00:32grandes marques.
00:32Et tout d'un coup, face à eux, il y a une dame, petite, mais avec un grand bâton à
00:37la main.
00:38Elle s'est postée sur le seuil d'une boutique de chaussures de sport et elle essaye littéralement de leur
00:43barrer la route.
00:44C'est peut-être la commerçante, à vrai dire, on ne sait rien d'elle.
00:47Mais on comprend tout en la voyant faire face et en l'entendant répéter, mais pourquoi vous faites ça ?
00:53Pourquoi vous faites ça ?
00:54Scène lunaire, les casseurs lui demandent de se calmer.
00:58Finalement, d'autres personnes interviennent et ce magasin conserve ses deux immenses vitrines intactes sur le moment.
01:04Mais on sait que la nuit a été longue.
01:06Et puis deuxième scène, dont une vidéo a été relayée hier soir par un journaliste de l'Opinion.
01:11On est dans le Marais, là aussi c'est l'hypercentre de Paris.
01:14Attroupement devant un magasin de lunettes.
01:16La porte a déjà été brisée.
01:1830 minutes avant, Emmanuel Macron répétait à la télévision
01:21« Ceux qui ont détruit doivent payer. Ceux qui ont pillé doivent rembourser. »
01:26Mais là, les types sont littéralement en train de se servir.
01:28Et dans l'immeuble mitoyen, au deuxième étage, il y a un homme qui a ouvert sa fenêtre
01:33et qui balance des bassines pleines d'eau sur les casseurs pour essayer de les faire fuir.
01:37Il y a quelque chose d'à la fois tragique et dérisoire dans cette scène.
01:41Ce riverain qui regarde sa rue se faire démolir
01:44et qui finit par défendre son quartier avec ce qu'il a sous la main.
01:48Une casserole et le robinet de sa cuisine.
01:50Et les représentants des commerçants ont mis des mots, William, sur cette colère et sur cette impuissance.
01:54Oui, Franck Chomès, le nouveau patron de l'UMI, le principal syndicat des hôteliers et restaurateurs,
01:59a parlé au magazine Le Point.
02:01Son constat, là, va bien au-delà de la capitale.
02:04Il concerne tout le pays.
02:05Il raconte avoir reçu des dizaines de coups de téléphone depuis samedi soir
02:08de collègues complètement désespérés.
02:11Je le cite.
02:12Ils me disent, Franck, maintenant, on va s'armer.
02:16On va prendre des battes de baseball.
02:17On va prendre des armes.
02:19Il faut comprendre ces gens.
02:20C'est toute une vie qui est en jeu.
02:22Bien évidemment, j'ai essayé de les raisonner,
02:24de leur expliquer que ce n'était pas une solution.
02:26Mais il dit aussi, ce représentant des hôteliers et restaurateurs,
02:30il y a des professionnels qui ne vont pas s'en remettre,
02:33qui ne s'en remettront jamais.
02:36William Galibert, ce matin sur RTL.
02:38Si vous faites partie de ces commerçants qui ont vu leur boutique vandalisée ce week-end,
02:43si vous avez essayé de vous interposer,
02:45si vous avez été témoin de ces violences,
02:46on attend, vous le savez, vos témoignages.
02:48À partir de 9h, c'est notre époque.
02:49Ce sera entièrement...